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raton-laveur.net : design vendu séparément

Japanime

13 novembre 2008

Tokyo!

Voyons voyons... C'est quand la dernière fois qu'on a parlé d'un film à sketches dans cette colonne ? C'était pas pour Getting Any de Takeshi Kitano ? Je crois, ouais. Tokyo! est donc un ensemble de trois moyen-métrages réalisés par deux français et un coréen dans la capitale nipponne : Michel "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" Gondry, Leos "je suis un écorché par l'humanité alors c'est ma première réalisation depuis Pola X qui s'est tapé la honte à Cannes il y a dix ans" et Bong "zyva, fais-moi croire que toi aussi t'as vu The Host" Joon-Ho.On va faire un paragraphe par sketch, ça sera plus simple.

Michel Gondry avec "Interior Design" (interviewé par Arte, qui participe à la prod' du film - autre interview par Mad, bourrée de révélations sur l'histoire). Basé sur une bédé ricaine qui se déroule à New York, ici adapté chez les sushis avec un certain charme. Je me souviens de Sofia Coppola qui avait dit de son Lost In Translation que le Japon n'était qu'un prétexte de terra incognita, un endroit où ses deux personnages n'auraient personne et nulle part où se raccrocher. Bref, que ça aurait pu être filmé n'importe où, pourvu qu'on se sente paumé. Donc là, ouais, c'est pareil. Notez combien le scénario d'Interior Design est passe-partout, oublieux du lieu de tournage : l'histoire d'un couple qui cherche à se loger dans la capitale, du point de vue de la copine qui se démène pour un mec qui l'ignore. Carrément sympa, d'autant que ça sort du Japon "carte postale", entre petites rues sales et plans hallucinants : quand tu vois la fourrière automobile de Tokyo, tu tombes la mâchoire, point barre.

Leos Carax avec Merde. Lui aussi clame haut et fort que son histoire aurait pu se siter n'importe où et qu'accessoirement, il n'a rien à cirer du Japon. Une sorte de lutin trashy dénommé Merde (en français dans le texte, pensez-vous) vit dans les égoûts de Tokyo et en sort régulièrement pour bouffer des fleurs et du fric. Mellorine (à force de mettre des liens vers GameUp, je me suis tiré une balle dans le pied : ce site m'a grillé dans le classement Wikio) me fait remarquer qu'il est joué par Denis Lavant, qui a déjà tenu un rôle identique dans le clip de "Rabbit In Your Headlights" par U.N.K.L.E., clip que l'on peut aisément surnommer "Merde en Angleterre" tant le synopsis est proche. Perso, ça m'a laissé un peu froid. Serait-ce l'effet de rareté qui a séduit la presse ? La seule bobine de Carax depuis 1999 est unanimement encensée par la critique, qui y voit le meilleur élément de Tokyo!. Il y a l'obligatoire "nuit à Tokyo avec ses néons et ses écrans géants", mais c'est pour mieux la détruire, mon enfant. Car une chose est sûre, Merde est l'apogée de la Gaule visitant le Japon : le sale gnome aux cheveux roux et aux ongles rabougris qui erre en grognant dans les rues immaculées devant des japonais effarés, le même énergumène qui dit ensuite aux nippons qu'il les hait parce que "leurs yeux ressemblent à des sexes de femmes", le gaijin ignorant qui finit par être soutenu par ce peuple propret et politiquement correct, ça vaut mille reportages de M6 sur les waponais. Gag : c'est là qu'on se dit que le pseudo-otaque moyen, celui qui adore la J-Music dont il ne comprend pas un mot, qui a une énorme "collection" d'animes en fansubs et qui porte des oreilles de chat en public, il quitte la salle, offensé devant une telle insulte au peuple sushi. Sauf que ce même wapounet, tu le colles devant le même synopsis sous forme d'anime produit par Mad House ou Clamp, je te parie mes burnes sur la table qu'il reste jusqu'au bout, qu'il hurle au génie et qu'il en demande une deuxième saison. Carax assume au moins son appartenance aux nouveaux "enfants terribles du cinéma français" que les médias avaient collé à la fin des années 90 aux Dupontel, Kounen et autres Kassovitz. Même que dans Dobermann, un perso se torchait le cul avec des pages de Télérama et des Cahiers du Cinéma, yo. Bonus : Carax a rajouté à sa participation un "Hymne à Merde" diffusé sur le Net, dont les scènes semblent avoir été filmées pour l'occasion (peut-être coupées des 30 minutes qu'on voit à l'écran).

Bong Joon-Ho avec Shaking Tokyo. Vous avez déjà vu un film coréen qui ne soit pas lisse et sans aspérités ? Moi non plus. Et c'est pas maintenant que ça va changer, tant Shaking Tokyo semble vouloir réconcilier le public international qui aura tenu le coup pendant les deux productions des fromages-qui-puent. Au moins, le scénar' est un tant soit peu original : un hikkikomori a sa livreuse de pizzas qui fait un malaise chez lui. Non, il n'en profite même pas pour satisfaire ses bas instincts. Donc certes, le résultat est bien plus convenu que les deux gros délires frenchies, mais la production est incroyablement soignée. Le perso principal n'est pas sorti de son appart' depuis dix ans, et l'image retranscrit parfaitement ça : le moindre détail de la piaule est hallucinant, de la collection des rouleaux de papier-cul aux livres lus depuis tout ce temps. On se dit que comme l'hikkikomorisme limite le film à ce huis-clos, c'est logique qu'ils aient tant investi dans ce petit espace... sauf que la seconde partie finit de surprendre. Mon préféré des trois. 

Au final ? Sans faillir, ça sera dans quelques mois sur Arte, mais il y a encore quelques salles qui le passent. A voir pour se changer l'esprit des blockbusters de Noël, surtout que Quantum of Solace est assez moyen et qu'Arte a besoin d'audience.


Pendant ce temps : depuis une semaine, si vous avez CanalSat ou TPS, vous pouvez mater NHK World sur le canal 447. Non, pas d'animes, mais des doublages anglais sur la plupart des programmes et assez de kanji et d'effets spéciaux façon années 80 pour vous griller quelques neurones. Ah, et si vous faites partie de ces gens qui viennent de commencer un blog d'otaque motivé par la [caps lock]passion[/caps lock], essayez de jeter un oeil sur ces quelques conseils (si vous tiquez sur celui à propos du rythme de parution de vos articles, félicitations, vous êtes une grosse pute) ou postez un commentaire pour m'apprendre l'existence de votre site, ça serait cool. 

08 novembre 2008

Vidéo - Japan Expo 2008 - Face B

Vous n'êtes pas obligé de voir la Face A pour comprendre celle-ci :

Donc ouais, j'étais supposé poster ça avant la Chibi Japan Expo, mais des évènements indépendants de ma volonté blablabla. Le fichier MP4 est téléchargeable sur la page Blip.tv de la vidéo. Sortez le pop-corn, y'a même du bullet time.



Pendant ce temps : Vous avez vu Neon Genesis Evangelion ? Vous n'en gardez pas un souvenir impérissable ? Vous avez le temps de lire trois pages ? Allez voir ma fanfic qui a lamentablement échoué au concours de fanfictions.fr. Ne lisez pas les commentaires des autres lecteurs avant de l'avoir lue, vu qu'ils sont bourrés de révélations. Mais ils sont rigolos : sans fausse modestie, c'est pas tous les jours qu'on me dit "tu manques de vocabulaire" ou "je suis quand même heureuse que tout (sic) les auteurs n'écrivent ainsi."

20 octobre 2008

Bienvenue (à la censure) dans la NHK

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : vous avez un nouvel article. La mauvaise : il est pour les adultes. Ne continuez à lire que si vous êtes une grande personne.

Lire la suite...

01 octobre 2008

Vidéo - Japan Expo 2008 - Face A

Pas trop tôt, je sais. Deux semaines que la vidéo est en attente de validation chez DailyMotion, alors petit essai chez blip.tv :

L'article en version texte est ici. Vous pouvez aussi télécharger le fichier MP4 sur le site - 40 minutes, quand même. Mise à jour : ajouté une version pour iPod et iPhone.

Face B



Grand Tournoi des Tsundere : j'y ai écrit la présentation des poules 7 et 8, et les consignes de vote y sont incluses.

02 septembre 2008

Kimchie

(big up à ceux qui ont fait leur rentrée. tonton raton est avec vous)

La police du karma vient de passer par là : la société SEEBD, qui abritait quatre éditeurs de mangasses (quatre !) vient de mettre la clé sous la porte : game over pour Kabuto (Patlabor, Black Lagoon et Sanctuary quand même), Akiko (pour les filles : des garçons qui jouent avec des barreaux de chaises), Saphira (si vous ne pigez pas le latin, ça veut dire que c'est pour les filles), et Tokebi, qu'on ne présente plus.

Accessoirement, ladite société s'est fait bouffer par Soleil avant de claquer. Le monde est plein de coïncidences.

Pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les liens ou qui arrivent une fois que ces sites auront disparu du Net, toutes ces maisons d'édition ont un site strictement identique, comme s'il s'agissait de différentes collections à l'intérieur d'un éditeur commun. Sauf que non ; officiellement, leur existence était séparée. Et un choix éditorial commun : énormément de merdes et de l'impression à la chaine. Le marché du mangasse en France est assez large pour tout le monde, - de nouveaux éditeurs arrivent encore dans les étagères - alors pourquoi avoir édité tant de bouses qui ne se sont tout simplement pas vendues, surtout sans un gramme de pub ? Economie de bouts de chandelle ? On peut tourner le problème dans tous les sens, mais il suffit de regarder le catalogue de ces éditeurs pour comprendre pourquoi ils se sont viandés.

Chez Kabuto, Sanctuary a l'air d'être victime d'une malédiction : il avait déjà été édité (partiellement) chez Glénat, qui avait stoppé la publication devant une thématique trop adulte (à l'instar de NaruTaru). 12 volumes vendus à l'unité ou en 3 coffrets : lisez tant qu'on les trouve encore.

Pour la postérité et l'ironie, reproduisons l'éditorial du site de Kabuto : "Patlabor et Daigo vont venir égayer votre mois de mai respectivement avec les volumes 18 et 15 de leurs aventures et pour les retardataires, il n'est pas trop tard pour découvrir ces deux séries à partir de leur premier volume !"

Saphira et Tokebi faisaient uniquement du manwha, respectivement pour les filles et pour les mecs. La seule série un tant soit peu successful de Tokebi était Yureka - un manwha (coréen donc) taillé pour une audience manga (japonaise) et importé ici (en France) ; tu parles d'un mélange des genres. Tokebi aura surtout accompli l'exploit de prouver que le manwha est uniformément mauvais et copié sur le voisin nippon. Dans le catalogue, on retiendra aussi le manga Archlord, basé sur le lolesque jeu vidéo. Cet éditeur français de trucs coréens était tout simplement seul sur son créneau, sans la moindre concurrence - ce n'est que récemment que Ki-Oon a commencé à publier KuroKami, mais là encore, c'est un produit coréen taillé pour les japonais, et dont Ki-Oon a négocié les droits par ces derniers (Square-Enix pour être précis). Les gars de Tokebi ont évidemment dû négocier des contacts et des traductions tout à fait différentes du reste du marché des bédés asiatiques, à l'instar de Xiao Pan pour la Chine. Sûrement que leur tâche ne fut pas simple, mais au final, on se demande presque s'ils n'ont pas tapé dans le kimchi parce que c'est moins cher que le sushi.



Quant à Saphira et Akiko, peut-être que c'est parce que j'ai un chromosome Y, mais ces éditions resteront dans l'ombre où elles ont toujours été, surtout que les mâles dessinés font régulièrement des choses peu catholiques là où le soleil ne brille pas. En résumé : chopez Sanctuary, et priez pour que les derniers Black Lagoon et Patlabor sortent avant qu'ils ne mettent la clé sous la porte - mais si j'étais vous, je ne parierais pas ma chemise là-dessus. Pour le reste, p't'êt'ben que Soleil ninja-lootera le cadavre et récupèrera ce qui n'est pas trop moisi et vous aurez votre Patlabor 19 en même temps que votre deuxième enfant, ou p't'êt'ben que non. SEEBD : et rien de précieux ne fut perdu.

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