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Yukiism = Ayanamiism = Ruriism

06 juillet 2026

Japan Expo 2026 - La carte maximale

Pour les 25 ans de Japan Expo, voici la carte de l'évènement modifiée avec les stands qu'il faut visiter (en vert) ou fuir (en rouge), des conseils pour avoir ses dédicaces et passer un bon moment, plus quelques évènements notables. 

La liste des stands filtrée, détaillée et affichant leurs contenus est également disponible. 

La carte et la liste sont utilisables sur place même si vous n'avez pas d'accès Internet : la carte est une image enregistrable sur votre appareil, et la liste est une feuille Google Sheets que vous pouvez consulter hors-ligne avec l'application - ou exporter en Excel, voire imprimer si vous êtes masochiste.

Vous préférez la musique et les concerts ? FxMacCobra a fait un planning dédié

Je serai sur place tous les jours et je me réjouis à l'idée de vous rencontrer. Bonne convention ! 

Quelques détails sur la méthodologie

L'utilisation d'intelligence artificielle est rédhibitoire (Kawaii-Favie, L758), même si les organisateurs de Japan Expo restent circonspects. Et pour cause, puisque j'ai directement posé la question aux patrons de la SEFA à l'issue de Japan Expo 2025. Réponse officielle : les amateurs ont une interdiction contractuelle d'utiliser l'IA pour garder le caractère passionné et fait à la main, les professionnels y ont droit pour ne pas mettre à la porte les studios d'animation ou de jeux vidéo qui s'en servent dans leur production. Mieux : un invité cette année use et abuse de cette technologie... 

Les stands de gens de bon goût 

En parlant de selfies sous la Tour Eiffel : l'auteur du manga Hima-Ten sera présent à cette Japan Expo et a conclu son manga la semaine dernière dans Shonen Jump, pile avant de sauter dans l'avion. A croire qu'il l'a bouclé pour répondre à l'appel des baguettes de pain ! 

Les stands atypiques

  • Quelques stands de fanarts honorent des fandoms obscurs ou rarement abordés, et je n'ai pas manqué de les signaler dans la liste (cherchez "oui oui"). Le jeu vidéo Pathologic (Koalaquarelle, T747 et aussi Reikiwie, Q582), L'Ere des Cristaux (Sophingers, Q783), voire un trip nostalgique sur Ouran High School Host Club (Tomotoad, S769) ? J'ai ce qu'il vous faut, oui oui ! 
  • Idem pour certains artistes ayant fait un long chemin pour nous voir : Australie (Roy The Art, P753), République Tchèque (Wei.Aviii8, D603, partage son stand avec DorkDevil qui vient d'Autriche) et même Sibérie (Kantakerro, R608) : l'amitié entre les peuples à travers l'amour du Japon. 
  • Et comme d'habitude, les stands tenus par des professionnels qui cherchent à garnir leur carnet d'adresses de revendeurs européens. Des autels shintoïstes pour votre oshi (Kamidananosato, M609), une usine de boutons de chemise à Ōta (Iris Co, J583), des Baümkuchen (Juchheim, L582), autrement dit une pâtisserie allemande réinventée par les Japonais exposée dans une convention française ? Suivez le guide ! 

Entre les énièmes porte-clés/autocollants/badges, un nouveau type de gadget germe : les "clicky" (Moni Moni, N804). C'est un jouet type "fidget spinner" avec des touches de clavier montées en porte-clés

Les stands de mauvaise foi

Ce qui change à Japan Expo 2026

On rentre dans les détails de geek, vous pouvez vous arrêter de lire ici. Encore une fois : bonne convention, et j'espère vous croiser dans les allées. Merci de votre fidélité pour cette 17ème carte modifiée. 

A quoi s'attendre pour Japan Expo 2027 

 

30 juin 2025

Japan Expo 2025 - la carte avancée

Voici la carte de Japan Expo 2025, améliorée avec des conseils de survie, les stands sympathiques à ne pas rater et ceux qu'il vaut mieux éviter, les logos des éditeurs, plus des plaisanteries en bonus. 

Cliquez sur l'image ci-dessous pour l'enregistrer sur votre téléphone/tablette/pokédex et la consulter sur place, même si vous n'avez pas de connexion Internet. 

Sur le stand Mangetsu, c'est Uchujin Mumu, également en anime sur ADN
Liste des stands

La liste des stands est amplement commentée, indiquant les stands cools en vert, ceux à éviter en rouge, et les douteux (que je visiterai en direct pour le tri final) en jaune. Comme pour le plan, vous pouvez en profiter sur les lieux : utilisez le mode hors-ligne de Google Sheets pour utiliser la recherche une fois à Japan Expo et retrouver un stand ou identifier celui que vous avez devant vous. 

Je serai bien sûr à Japan Expo pendant toute la durée de l'évènement et me réjouis à l'idée de vous croiser dans les allées de la convention !

Le billet d'humeur sur le tri des stands, les nouveaux venus et Taro-san

Rappel : Japan Expo classe les stands en trois types : Animations, Loisirs et Professionnel. 

  • Animation : les stands qui n'ont rien à vendre et font le spectacle : l'association MO5 avec les consoles de rétrogaming (stand L717), les tables de jeux de rôle (Fédération Française du Jeu de Rôle, stand M018, juste avant la scène Yuzu) ou les hôpitaux à cosplay (Association Multiunivers Fantasy Cosplay, stand S143), Il n'y a aucun stand rouge dans ce type. 
  • Loisirs : les stands qui ont des choses à vendre, mais dont ce n'est pas le revenu principal. Les stands amateur (préfixés AMA en hall 6, typiquement dédiés aux doujinshi) ou le village passion (à gauche du jardin intérieur du hall 5, typiquement les bijouteries et accessoires de mode). Histoire d'éviter qu'un professionel paie moins cher son mètre carré en se glissant dans ces zones, il y a une flopée de restrictions : limites aux prix de chaque objet vendu, documents exigés à l'inscription pour prouver que votre salaire vient d'ailleurs... A moins de faire n'importe quoi (comme accoler un logo officiel sur un mug et prétendre qu'il a été personnalisé chez Customiz'Japon, stand AMA072), on n'y trouve que des stands verts. 
  • Professionnel : les stands qui ont des choses à vendre et dont c'est l'activité principale. Les éditeurs de mangas, les revendeurs de figurines, et les dingos. C'est évidemment le type que je scrute avec la plus grande attention, car on y trouve les sabres achetés en gros sur AliExpress (Manga Dori, stand H664), les revendeurs de boites mystère à 60€ contenant une figurine Sega Toys à 20€ et un tote-bag (Kawaii-Favie, stand M663), ou les bouffons qui mettent un filtre Photoshop sur une illustration officielle et m'insultent quand ils se font gauler (Ryukrabit, stand R678). En sus des espaces dédiés aux éditeurs (en bas du Hall 5), marchands (le gros du Hall 6) et le village Japon (à droite du jardin intérieur du Hall 5, dédié aux exposants étrangers), Japan Expo a des espaces "Coup de Pouce" (entre le village passion et le cosplay et en bas à droite du Hall 5, et devant l'entrée du Hall 6) pour les "semi-amateurs", des artistes qui veulent vendre des produits faits maison sans les restrictions des stands Loisirs et sans payer très cher leur venue à l'instar des éditeurs et revendeurs. 

Je le répète régulièrement : le type "Professionel" mélange donc les éditeurs qui paient leurs licences auprès des ayants droit japonais et les escrocs qui revendent 30€ une contrefaçon payée 7,5€ sur AliExpress (Toy Haven, stand H192), les créateurs d'un jeu de cartes original et auto-édité (Donjon & Procrastination, stand C211) et ceux qui vendent un support à téléphone avec un Naruto dessiné par intelligence artificielle renommé "Ninja" pour passer sous les radars (Shonen Sensations, stand Q679), parce qu'ils savent que ce qu'ils font peut être saisi par les douanes . C'est toujours la Cour des Miracles

Le prochain paragraphe est un mea culpa

Ce "saisi par les douanes" ci-dessus n'est ni une blague ni une menace en l'air, car c'est déjà arrivé. Les artistes qui ont pris un stand "Coup de Pouce" pour  vendre du Dragon Ball Z sur du papier calque dans un tableau éclairé par une LED (Equinox, stand C214) jouent avec le feu. En 2024, j'ai commis l'erreur de mettre ces stands en rouge, les considérant donc au même niveau que d'authentiques escrocs ; erreur qui m'a valu une critique méritée (Mi-Eau, stand R693) et un correctif de la carte et de la liste dès le premier jour. Cette année, j'ai compris que ces stands veulent rester discrets : ils ne sont pas mis en avant, mentionnés dans la liste par une formule comme "stand pro squattant une licence". Ce qui me brise le coeur quand un artiste vend des produits originaux de qualité que je ne peux conseiller à cause des fanarts autour (Jujumzz, stand P709)... 

Il y a un autre cas rare qui me rend si perplexe que j'irai sur leurs stands pour me renseigner : l'artiste professionnel qui a fait des collaborations officielles avec certaines licences, mais prend un stand à Japan Expo pour vendre non pas ses designs originaux, mais des fanarts (Origamigne, stand N703) ! Il a donc conscience des contraintes de la propriété intellectuelle sur la licence A, mais décide quand même de la contourner pendant les conventions pour la licence B ? Serait-ce parce qu'il ne sait que s'inspirer d'oeuvres existantes ? Qu'il doit encore se hisser sur les épaules d'un autre artiste alors qu'il est déjà pro ? Qu'il fait ça par facilité ? 

Les zones Coup de Pouce sont un fourre-tout qui ne mérite pas ce titre. Une artiste russo-italienne fascinée par les poissons (Elena Bansh, stand Q706) à quelques tables d'énièmes fanarts Dragon Ball (Fabr'eek, stand N701) ? En quoi une artiste qui en est à son quatorzième Kickstarter pour un puzzle Disneyland (Mademoiselle Renarde, stand P686) ou une illustratrice qui redessine des cartes Pokémon depuis dix ans (Mwoaa, stand R702) ont besoin d'un quelconque coup de pouce ? Quand tes financements participatifs sont honorés au triple du montant demandé et que tu as cinq employés rien que pour ton service client (Juapi Coffee Art, stand P691), peut-être que ton One Piece peut rester à la maison et que ton coup de pouce aurait pu aller à un collectif autoédité qui pond des bouquins de 160 à 300 pages cantonné au Village Amateur (Sazawen, stand AMA100) ? 

Et à part ça, quoi de neuf ? 

Il y a moins de stands que les années passées : 935 stands en 2023 et 966 en 2024 contre 880 cette année. Pour comparer ce qui n'est pas comparable, la convention Dokomi 2025 à Düsseldorf, visitée par 215000 personnes (Japan Expo 2024 : 200176 visiteurs) a hébergé 1883 stands. En feuilletant la liste, vous retrouverez pas mal d'exposants à Japan Expo, qui s'offrent ainsi un mois en Europe pour couvrir les deux évènements principaux du continent. Presque 1900 stands en Allemagne, le double de Japan Expo ? Le ratio Professionnel/Amateur est inversé outre-Rhin, sur le modèle du Comic Market japonais où les amateurs multiplient leurs petits stands, là où le modèle français repose sur le professionnel avec peu de grands stands. Ceci est dû aux espaces parisiens tenus par une société aux tarifs prohibitifs répercutés sur le prix de location des stands, mais c'est une autre histoire. Dokomi ou Japan Expo : la couronne du plus gros évènement otaku en Europe est en jeu.

Ayez une pensée compatissante pour le monde parallèle où je suis Allemand avec "Waschbär" pour nom de plume et fais une carte retouchée de la Dokomi.

Pour rester dans la géopolitique, la bataille du soft power asiatique s'étend à Japan Expo : une zone Corée fait son apparition dans le Hall 6, avec un stand de l'agence gouvernementale coréenne pour la promotion des contenus du pays au beau milieu (KOCCA, stand N659). Pour ne pas être en reste, Taïwan a également son bureau gouvernemental sur place (TAICCA, stand A156).

Triste : les tendances malsaines qui embrouillent votre quotidien ont leur place à Japan Expo. Les intelligences artificielles génératives sont présentes, par exemple sur un jeu de cartes à collectionner (Goddess TCG, C213). Bonne nouvelle : les stands Amateur et Passion n'ont contractuellement pas le droit de s'en servir sur leurs produits. Mauvaise nouvelle : les stands de type Coup de Pouce et Professionnel y ont droit, donc les exposants riches n'ont pas les mêmes interdictions que les stands modestes ! Autre présence moisie : les scalpeurs, comme ce revendeur de cartes Pokémon qui propose à 320€ un produit qu'on trouve à 215€ (Collectoyz, C670) ; c'est parfaitement légal et il est porté aux nues par la start-up nation car il monétise jusqu'à son passe-temps, mais le petit bonhomme du passage piéton passera au rouge quand il traversera la rue jusqu'à la fin de ses jours. 

Quels sont les stands sortant de l'ordinaire ? 

Dans le Hall 5, entre le jardin intérieur et la scène Washoku, il y a un "Espace Merchandising", dernier vestige d'une époque où le Hall 6 n'existait pas. Je suis persuadé que c'est l'endroit dédié aux retardataires qui ont pris un stand à la dernière minute, quand les autres exposants sont déjà tous casés. Résultat kamoulox : une épicerie japonaise venue de Bordeaux (Jieyo Japon, G136) collée à un disquaire anonyme (J Music, G138, restez vigilants), du hentai (Irodori Comics, H142) partageant un îlot avec un brasseur de bière belge (Breuvages de la Chaudasse, H146), de la vaisselle coréenne (Seoul Station, H144) et des yaourts à boire (Yoplait, G144), une chaine de magasins de costumes pour Halloween (So Fête, J120) adossée à un groupe de musique japonais qui a son propre jeu Nintendo Switch (Project Rabbie, J124)... Et ce Project Rabbie, un son taillé pour être écouté au volant, enregistré avec du matériel d'époque et des musicos doués, je vous dis de leur rendre visite. 

Une boite de com' japonaise ramène des bijoux fabriqués par des enfants handicapés dans une crèche spécialisée (Paris Konokono, L181). 

Autres curiosités : les stands publicitaires, organisés par des agences de communication et qui n'ont rien à vendre. Outre les offices de tourisme et habituels éditeurs de jeux vidéo qui proposent des démos jouables (Sega, E653), n'espérez pas acheter des burgers Quick (A156) !

Quels sont les stands de baltringues ? 

Le panier moyen du visiteur de Japan Expo 2024 fut de 196,88€, et les stands du Village Japon (Hall 5 à droite du jardin intérieur) montent souvent dans les tours : le pompon reste détenu par des arrière-plans de Masatoshi Kai en vente à Japan Expo 2023 pour la bagatelle de 24475€. Cette année, la tendance reste aux jouets d'art et goods onéreux, comme Kenelephant (stand M202) - je me demande s'ils vont apporter leur tote-bag avec intérieur en satin à 80€

Aussi, quand tu écris "Picachu" (Artiste Patrice Murciano, C147), "Japonnais" ou "Grandizer" (Kosmo Fusiko, N194), je doute de ta passion et t'imagine davantage attiré par mon portefeuille. Jaad (stand B206), déjà présent l'an dernier avec son Dragon Ball / Coca Cola / Ferrari à 2500€, revient l'exposer cette année ; pour une étrange raison, il n'a toujours pas trouvé preneur ! 

Enfin, il y a ceux qui croient dur en leur ange gardien : une figurine de Kirby vendue 300€ pompée sur la pose d'un amiibo (Artefakt Creation, H683), à 20 mètres de Nintendo (B682 et B704, pop-up store en A687) ? 

Si j'ai un coup de mou, où puis-je aller pour être entouré de gens de bon goût ? 

Hall 5 : Kawa Soft en K148. Hall 6 : Nekotsuki Studio en AMA121. Tous deux vendent des produits de qualité et sont les gars sûrs de la convention qui aident les vieilles dames à porter leurs sacs lourds dans les escaliers. Ne manquez pas de les saluer ! 

C'est quoi cette histoire de Taro-san au début de l'article ? 

C'est une parabole que j'utilise pour expliquer pourquoi les stands du village Japon ne viennent généralement qu'une seule fois. Par exemple, en 2024, un fabricant de tampons disposant de la licence Junji Itô était présent, évidemment pour trouver des revendeurs européens de leurs produits. Et voilà qu'en 2025 où Junji Itô est présent, ils ne sont pas revenus ! 

L'article est beaucoup trop long, donc voici la morale de cette histoire : si vous voyez un produit sur un stand tenus par des Japonais : au mieux, achetez sans hésiter, et au pire, attendez le dimanche - mais n'espérez pas les revoir l'année prochaine. Et cette promesse : si vous me croisez dans les allées de la convention, demandez et je vous raconterai cette fable. Amusez-vous bien ! 

12 juillet 2009

Japan Expo 2009 - Compte rendu

Les "fans de japanime" français (vous savez, ceux qui téléchargent pour ne pas acheter et qui s'autoproclament "otaku" comme s'il s'agissait d'un honneur) considèrent leur voyage à Japan Expo comme leur pèlerinage annuel. J'ai peut-être une définition pervertie, mais pour moi, un pèlerinage, c'est un voyage où l'on se sort les doigts du cul pour souffrir sa race et expier ses fautes, avant de ressortir grandi d'une expérience qui ne tient pas forcément de la partie de plaisir. Et ca tombe bien, parce que cette année, ceux qui venaient en croyant s'amuser en sont ressortis avec quelques douleurs bien placées

Dans notre pays, la plus grosse chaine de boutiques de jeux vidéo est Micromania. Cette réussite est dûe à une différence assez notable dans la politique d'embauche : les commerciaux avant les gamers. Pour chaque CV déposé chez Micromania, la direction préfèrera invariablement un BTS en marketing qui connait vaguement Wii Sports à un nerd qui joue depuis le berceau et a un diplôme en informatique. Peut-on dire que c'est une mauvaise politique quand on observe leur succès ? Bien sûr que non. A cet instar, rendons à César ce qui appartient à Mozart, ou un truc du genre : Japan Expo voulait devenir la plus grande convention de japanime d'Europe, et on peut dire que ce but est atteint. Une expansion vertigineuse d'un évènement qui s'est toujours voulu massif. Mais là aussi, à quel prix ? En vendant de l'espace de stand à prix d'or, et surtout, à n'importe qui ?

Pas besoin de revenir sur l'hypocrisie d'une entreprise qui se prétend contre toute forme de contrefaçon, mais continue à accueillir, année après année, les mêmes Konci, New City Games et compagnie. L'an dernier, Square-Enix avait fait constater par huissier et avocat les version piratées de leurs produits ; cette année, ils sont passés à l'attaque deux jours après Japan Expo. On peut cependant s'interroger quand cette même boite abandonne son public jeune et influençable à 20 mètres de la sortie, au milieu des organisateurs qui guident les arrivants, à des inconnus qui font la promotion d'une secte. On peut tout autant s'interroger sur la présence d'une actrice japonaise de films de cul, accompagnée de producteurs du cru. Pareil pour les équipes de fansub qui avaient un stand : combien travaillent sur une série en négociation chez un éditeur alors que les ayant-droits japonais de passage à la JE apprécient moyennement tant d'exposition pour ce qui reste une distribution sauvage de leurs produits ? 

Cet évènement est un véritable paradoxe entre professionnalisme et amateurisme. Rien que le budget de la scène accueillant les AKB48 et leurs textes qui m'empêchent de dormir doit dépasser la trésorerie de n'importe quel autre évènement en France. Et pourtant, on retrouve les mêmes stands importants des éditeurs et boutiques, tous agglutinés devant l'entrée qui piègent la foule, coinçant un monde fou au bout de 50 mètres et qui n'osera guère s'aventurer plus avant vers les fanzines ou les salles de conférences. C'est bien pour cette raison que les supermarchés gardent tous les achats primordiaux (la bouffe) au fond du magasin, vous obligeant à traverser de longs linéaires bourrés de tentations (fringues, divertissement) ; on sait pourquoi vous êtes venu, mais rien ne nous empêche de vous faire découvrir des trucs intéressants avant d'y arriver. 

Au Comiket, les stands les plus populaires sont repérés par les organisateurs et plaqués contre les murs, afin de limiter les files d'attente qui bloquent la circulation. Mais à Japan Expo, aucune gestion des flux, ou si peu ; le stand de la Brigade SOS a pu faire ses chorégraphies de Hare Hare Yukai sur une grande place en fin de hall (et non en squattant toute l'allée comme en 2008) uniquement parce qu'ils avaient réservé leur stand à la fin des inscriptions, et non parce que les organisateurs les avaient catalogués comme ayant besoin de place. Avec 160 000 visiteurs cette année, il serait peut-être temps de surveiller qui bloque les allées, non ?

En parlant de surveiller, je crois que nous avons été repérés avec nos cartes modifiées.

Je dois donner l'impression de râler, mais franchement, j'ai passé un bon moment. Je ne m'en cache pas, hein, mais comme l'an dernier, j'avais quelques avantages qui facilitaient mon existence par rapport au visiteur lambda. Avoir un point de chute sur le stand de la Brigade SOS avec de la bouffe et des chaises, ne pas faire la queue pour entrer, rencontrer des lecteurs et des lectrices dans chaque allée, mine de rien, ça aide. Ca aide face au déluge, face au boucan permanent, face aux free hugs qui commencent à sérieusement se comporter comme une infection virale - des poches de contamination qui se rencontrent et cherchent de nouvelles victimes, assez fascinant à observer.

On a même trouvé un bon vieil antidote contre ce fléau : le cordon de sécurité. Quand ils traînaient du coté des haruhistes, les mecs se mettaient en ligne à coté d'eux et les regardaient dans les yeux, façon régiment de CRS ou équipe de France de rugby face aux All Blacks ; et dans un réflexe quasi-animal, on voyait cette horde d'une centaine de personnes dévier sa route et continuer son défilé plus loin. Fascinant, je vous dis. Ils ont même cherché la provocation à quelques reprises, mais j'ose croire qu'ils réalisaient que si ça frittait, le mouvement free hug serait banni de toutes les conventions de la planète - certains évènements refusent déjà leurs pancartes à l'entrée.

 

Pendant ce temps :

  • Gag. Dans mon compte-rendu de Japan Expo 2008, j'écrivais : "Nolife est une chaine entièrement dédiée à ce pays, et je m'étonne que le ministre nippon des affaires étrangères n'ait pas encore investi dans cette voix du peuple." Devinez quel office du tourisme passe maintenant des pubs sur cette chaine ?
  • Blogosphère (Dieu que je hais ce mot) : dans la barre de menu sur votre gauche, j'ajoute les liens vers les copains de No-Xice (qui étaient à Japan Expo), Maxobiwan qui est le meilleur spy dans notre équipe Team Fortress 2, Tsuki-Board (ou MyFigureCollection) pour les figurines en plastique, Peav' qui a gentiment demandé, et pourquoi pas le vôtre ? Si vous avez une jolie bannière en 88x31, envoyez-moi ça dans un mail et je l'ajoute.
  • La chanson des Puyo ! Prenez le thème de Mon Voisin Totoro et remplacez "Totoro" par "Pupuyo". Merci Sega.
  • Blogosphère, suite : ceux qui suivent l'éditotaku depuis un bout de temps doivent savoir que quand j'avais un article trop crade ou hors-sujet, je le postais sur Soviet Voice. Et si vous ne le saviez pas, tant mieux, parce que le but de ce clivage était précisément de vous préserver de conneries aussi cruelles que Dating Slime, ma série d'articles sur les sites de drague. Mon sens de l'humour était d'ailleurs tellement violent que je viens de me faire bannir... Tout ça pour dire que si vous avez un site (pas forcément axé otaku) qui accueillerait irrégulièrement des textes sans rapport avec les animes ou les jeux vidéo et écrits par un raton-laveur qui frappe des bébés au petit-déj', vous devriez peut-être me contacter. 
  • Quartier Libre : la semaine où vous postez vos propres articles pour faire la promotion de votre plume arrive la semaine prochaine : ça commencera dimanche 19 juillet, pendant la session IRC. 
  • Les coyotes de chez Geek-Channel, qui m'avaient interviewé pendant l'Epitanime vers 2 heures du mat', ont finalement posté la vidéo. Il était 2 heures du matin, je vous dis !
  • Le gros tableau des arguments contre les téléchargeurs de fansubs qui n'achètent rien en retour est maintenant disponible indépendamment de l'article sur Made In Japan, en joli format HTML tout simple dans la section des vieux articles. Si vous avez la flemme de les raisonner, envoyez-les vers cette page et laissez reposer.

01 juillet 2009

Scène de Japan Expo


Histoire vraie illustrée par Sedeto, à mettre en parallèle avec la scène d'Epitanime publiée le mois dernier. Cette semaine, vous pourrez donc me trouver dans les halls de la Japan Expo 2009, cordialement forcé invité (une fois de plus) par Axel Terizaki. D'ailleurs, si vous paniquez une fois à l'intérieur, pensez à vous rendre sur son stand ("Brigade SOS"), largement signalé sur la carte améliorée par nos soins.

 

Pendant ce temps : vous vous souvenez de la japonaise cosplayée en Hatsune Miku que j'avais interviewée l'hiver dernier ? Elle a traduit notre petit échange avant de le poster sur Nico Nico Douga. A mater pour le plaisir des commentaires de japonais qui se moquent de mon accent.

28 juin 2009

Japan Expo 2009 - Carte boostée

Parce que la customisation de l'an dernier vous avait plu, Arez et moi avons passé une couche sur la version 2009. Les stands intéressants sont marqués en vert et les meilleurs ont un logo, les stands maléfiques sont en rouge, quelques logos sur les plus notables, des conseils divers et variés un peu partout et une dose de déconne. Cliquez sur l'image :

Fourrez la carte dans votre téléphone portable pour ne pas vous perdre sur place et faites passer le fichier pour que vos amis n'achètent pas de contrefaçons ; en attendant, on va tenter de faire pareil avec le planning. Les deux dessins en bas sont signés Sedeto (*). Si vous avez des suggestions, postez un commentaire ou passez ce soir pour la session IRC dominicale sur #editotaku@worldnet.net, dès 21 heures.

 

Pendant ce temps : vous voyez les logos des sites copains sur le menu à gauche de l'éditotaku ? Vous savez comment faire pour ajouter le vôtre ? Faites-en un joli (88x31 pixels) et envoyez-moi un mail avec l'adresse de votre site. C'est tout.

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