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La maman de Forrest Gump a dit : "L'internet, c'est comme une boite de chocolats, on sait jamais ce qu'on va trouver dedans."

13 janvier 2008

Votre article de ce soir




Mais si, avec un peu de sel et en regardant bien, on peut lire quelque chose.

Okay, je déconne. Vrai texte juste en dessous.

Une fenêtre sur le monde



Ouais, papa Noël a été sympa cette année. En même temps, mon vieux 19 pouces cathodique était devenu assez flou pour que le moindre visionnage d'anime soit automatiquement affublé d'un de ces filtres à l'image qu'on voit dans les Feux de l'Amour pendant un flashback. Vous savez, ces moments où l'on croit qu'on a une cataracte ou la grippe. 5 pouces, un dégraissage en profondeur et un format large plus tard, voilà monsieur IIyama.

Je ne l'aurais pas fait moi-même, je n'y aurais jamais cru : il y avait un pixel coincé en noir en bas de l'écran, et il s'est gentiment réveillé quand j'ai simplement pressé sur l'écran. Ces rumeurs sur les forums qu'il faut "masser ses pixels morts", c'est vrai.

Bien sûr, ma pauvre Radeon X800 n'a pas les tripes pour faire tourner la plupart des jeux en 1920x1200, mais (shocking) y'a pas que les jeux vidéo dans la vie(/shocking), et ça servira surtout pour la prochaine bécane. Alors, je pourrais parler de retouche vidéo (je suis en train de tomber amoureux de Vegas), de dessin (ah ah ah) ou de la navigation sur Internet, mais entre nous, on s'en fout un peu. Surtout qu'en plus d'avoir à s'habituer à une dalle TFT, à la taille du bousin (même les meilleurs DVD semblent mal encodés), je dois aussi me faire à ce format large. Je vous dis pas le merdier pour trouver des papiers peints de bonne qualité à cette résolution... Par exemple, l'éditotaku et son texte qui s'étale sur toute la largeur en devient déprimant si on le lit en plein écran. Mes paragraphes découpés avec amour et enchaînés avec soin sont réduits à de malheureuses lignes. Même un article comme celui sur Vincent Le Parc, qui m'a pris des mois de recherche et des nuits de rédaction, semble tenir sur un Post-It. Alors, autant qu'il reste un peu plus longtemps en haut de la page... Ouais, c'est pour ça que je n'ai rien posté depuis lundi : pour que vous appréciez à sa juste valeur ce bijou de journalisme amateur. Non mais.



Au moins, le widescreen en devient fort utile pour la pornographie. Yoko Matsugane semble presque être en grandeur nature, et j'ai enfin trouvé un écran qui semble contenir sa plastique. Okay, on a toujours l'impression que la dalle se gonfle à certains endroits, mais c'est plaisant.



Ce qui est très plaisant, c'est aussi le pied, pivotant à 90°. Là encore, l'éditotaku semble tenir sur une seule et longue page, rendant inutile toute barre de défilement vertical. Mais c'est surtout l'éclate pour lire ces doujinshis qui ont été mis en vente au Comiket il y a 2 semaines et dont les stocks ont été écoulés sur place en 2 secondes.

Bref. Flavien, dont l'écran est quasi-identique au mien, a pris une photo de Shikigami No Shiro 3 pour illustrer l'utilisation de shmups verticaux au format approprié. Occasion rêvée pour Ikaruga avec la Dreamcast, son stick arcade et sa VGA Box.



Yay ! Tout marche ! Je n'ai plus qu'à pousser une fois vers la droite pour changer l'option "Horizontal" en "Vertical" et je serai au summum du shmup verti-



O_o; ?!


C'est atroce : Ikaruga pivote l'écran dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, alors que le support de mon écran pivote de 90° dans l'autre sens. Ikaruga à l'envers. Ca ne se voit pas là, mais je me mords la lèvre pour ne pas pleurer. Très fort, je mords.


Ce soir, session IRC hebdomadaire sur #editotaku@irc.worldnet.net ! Là maintenant tout de suite, venez !

07 janvier 2008

Japanim-Sud, Vincent le Parc et le reste (avec mise à jour)

Avec l'impressionnante quantité de japanime disponible en France, nombreux sont ceux qui oublient que le Japon est toujours à l'autre bout du monde. Un pays complètement différent, au langage encore plus complexe que le nôtre, et avec des règles de business particulières. Ce n'est pas toujours facile d'importer tout ce que nous regardons, lisons et jouons. Le temps passe, mais la télé remplit encore son quota de reportages à la con, et on tombe régulièrement sur la "mode manga" et autres "japan maniacs", comme si tout cela n'était pas présent sous nos latitudes depuis trente ans. Car devant la télé, il y a régulièrement un esprit commercial qui voit là une manne d'argent et qui fera sa boutique pourrie ou partira au Japon en se prenant pour le roi du pétrole, y honorant l'excellente réputation du gaijin parfaitement con et irrespectueux. C'est difficile d'obtenir tel DVD ou tel contrat quand les japonais se rappellent de l'affaire Goldorak ou se font arnaquer lors d'une convention sur notre continent. Comme partout, il y a des brebis galeuses dans le milieu.

L'histoire que je vais vous raconter a commencé avec un paragraphe dans mon dossier de l'Epitanime 2004 (page du dimanche), continué avec quelques phrases dans celui de l'Epitanime 2005, et pourtant, ça ne se termine que maintenant. Je parle de ma petite enquête sur Japanim-Sud, la convention de, euh, japanime, dans, euh, le sud. De la France, s'entend. Certes, des évènements pareils qui sont annoncés mais n'apparaissent jamais, il y en a quinze à la douzaine, à l'image de leurs organisateurs, réunis en associations loi 1901 pour donner un vernis de légitimité sociale à leur otakisme. Sauf que là, non ; c'était financé par une société multinationale avec les moyens d'y arriver, mais qui avait chargé la mauvaise personne de s'en occuper.

Je vous préviens, ça va pas être joli

Ca commence donc en Suisse, avec une petite boutique de japanime comme nous en connaissons tous. Epris d'expansion, le patron ne veut plus se limiter à la revente de produits, mais carrément à leur import. Et pour illustrer ces échanges avec le Japon, créer un évènement où ils pourraient ainsi fournir eux-mêmes articles et invités. Pour s'occuper de tout ça, ledit patron trouve un certain Vincent Le Parc. Qui part au Japon tisser des relations, et y crée une société au nom de la boutique originelle. Ca se déroule plutôt bien, puisqu'ils ont aidé à la venue de Mai Yamane (chanteuse, entre autres, des génériques de fin de Cowboy Bebop) au Cartoonist 2002. Le temps passant, les ambitions grandissent ; il devient question de créer également un service de traduction d'animes, permettant ainsi aux éditeurs japonais de vendre leur came en territoire francophone sans passer par d'autres collaborateurs locaux. Et encore cette idée de faire une convention pour démontrer tout ça...

Pause. C'est qui, ce Vincent Le Parc ? Mes traces les plus anciennes remontent aux années 90. Etat des lieux de l'époque : pas d'internet, des fansubs clandestins créés sur Amiga et distribués sur VHS, et une boutique parisienne, Tonkam. Player One et Consoles+ y nourrissaient leurs pages, peu de gens râlaient devant la richesse de l'offre au Club Dorothée. Qui censurait à la hache, mais hey, on avait des mercredis matins longs de quatre heures entre Saint Seiya, City Hunter, Dragon Ball Z et j'en passe. AnimeLand était un fanzine, et les gens influents de l'époque tenaient sur une table de restaurant. Littéralement, d'ailleurs : chaque samedi, une ou deux petites associations de passionnés organisaient des gueuletons à Paris, où se retrouvaient ceux qui fonderaient plus tard Kaze ou Japan Vibes. Le boui-boui qui faisait office de lieu de rencontre s'appelait le Tenshi Bar, et l'association la plus importante à l'époque s'appelait Otaku New Wave. Qui deviendra Jade, organisatrice d'une certaine Japan Expo, qui eut lieu en 2000 à l'école d'informatique Epita. Avant que Jade se tire avec le nom pour créer sa propre convention, pendant que les étudiants d'Epita continueront cet évènement sous le nom d'Epitanime.
La seconde association s'appelait Made In Japan, précisément créée par ledit Vincent Le Parc. Ses membres allaient au Tenshi Bar et passaient quelques VHS. Il y rencontrera une japonaise, qu'il épousera avant de partir au Japon, et avant de se faire embaucher pour créer un évènement dans le sud de la France. Vous me suivez ? Fin de la pause, on continue.

En 2004, un bureau francais est ajouté aux vitrines suisse et japonaise. En fait de bureau, il s'agit juste d'un pied-à-terre pour remplir le carnet d'adresses, dirigé par le président d'une association de promotion des sentai/tokusatsu et un staff de même pas dix personnes (en comparaison, il faut plus d'une centaine de personnes pour qu'Epitanime puisse exister). Mais il faut bien comprendre qu'ils ont toutes les chances de réussir : les conventions dans le sud sont anecdotiques au mieux, ils ont des moyens financiers plus conséquents qu'une bête association de fans, et des contacts au Japon. Mi-2004, ils hésitent entre trois lieux pour l'évènement : Toulon, Montpellier et Marseille. Toulon, en raison du passif Cartoonist, bien sûr, mais qui risque de causer quelques problèmes avec la municipalité, justement échaudée par cette expérience. Marseille est ensuite écartée puisque le Cartoonist a sorti des affiches y annonçant sa renaissance (pour le résultat qu'on sait). Fin 2004, ce petit monde sera viré par Vincent, qui garde les carnets d'adresse et le boulot déjà fait auprès des salons. Pour cette année de travail, le gars à la tête de cet office francais empochera 150€. Voilà pour Japanim-Sud, qui même si elle n'a jamais existé, aura probablement contribué à faire passer les otaques pour une bande de comiques auprès de quelques offices municipaux.

Pendant tout ce temps, Vincent Le Parc n'a jamais quitté le Japon, continuant à y traîner ses guêtres. Il croise le chemin de talentueux fanzineurs francais, que vous connaissez peut-être. Indice : ils ont fait l'affiche des Japan Expo 2001 et 2004 ainsi que la couverture de Game Fan 3. Talentueux au point que la Shueisha, la célèbre maison d'édition japonaise, leur demandera de faire les illustrations d'un roman. Mais voilà, les p'tits francais ne lisent pas assez le sushi pour piger l'histoire ; Vincent se propose pour traduire la chose, sauf que le résultat sera bâclé et livré en retard. Et pour cause : malgré ses années passées sur l'archipel, lui-même parle japonais comme une vache espagnole, et il avait engagé un nègre pour faire la traduction. Les dessins livrés aux japonais seront régulièrement refusés, le projet prendra du retard, mais sortira finalement dans la souffrance. Même si un second tome est prévu, il reste dans les limbes... Encore un exemple où les francais passent pour des rigolos, ce qui ne manque pas de faciliter la tâche au prochain à passer dans les bureaux nippons. Je pense que vous commencez à voir la ligne directrice de ce texte.

Après avoir lâché l'affaire Japanim-Sud, il part se faire employer dans d'autres boites nipponnes, dont un éditeur d'art-books. Indice : si vous aimez Range Murata ou Yoshitoshi ABe, vous avez un de leurs ouvrages sur votre étagère. Le même ABe qui est passé à Epitanime 2007 et à Polymanga 2005 en Suisse... et c'est justement lors de ce dernier évènement qu'on retrouve Vincent. Engagé par la boutique suisse présentée en début de texte, il fait venir ABe. Puis à Polymanga 2006, toujours sous l'égide du magasin suisse, c'est Range Murata qui est invité. Vincent vend des artbooks de Murata : il remplit sa tâche... avant de disparaître avec la caisse, soit un million de yens (voir mise à jour en fin de texte). Le genre d'incident qui n'a pas facilité la venue d'ABe (qui travaille régulièrement avec Murata) à Epitanime 2007, vous en conviendrez.

Et ensuite ? Fin 2006, il ressort des brumes pour annoncer que Japanim-Sud est toujours d'actualité. Puis on en arrive à aujourd'hui... Il bosse à Akihabara, le célèbre quartier de Tokyo, dans une célèbre chaîne de magasins d'informatique au logo tout bleu. Pour vous dire combien le monde est petit, Vincent connait l'adorable Sébastien Jarry, ce dernier enchaînant les baitos dans les restaurants ou les boutiques entre quelques passages à la radio ou à la télé. Mais même s'il est recherché par pas mal de gens à qui il doit de l'argent (dont sa belle-famille japonaise), il ne se cache pas vraiment. Quand l'éditeur des artbooks le retrouve et lui demande l'argent disparu en Suisse, ce dernier finit par accepter de rembourser à pas de fourmi, prétextant une mauvaise situation financière. Sauf qu'il y a deux petits éléments qui ne rassurent pas. Primo, ses emplois sont systématiquement des "baitos", des jobs à la journée sans contrat de travail, d'où il peut s'envoler sans crier gare. Secundo, il a récemment déménagé - et croyez-moi, un déménagement au Japon, ça coûte très cher.

Mais lors du dernier week-end de décembre 2007, c'était le Comiket 73... Et qui était en train de se promener sur les stands de mangakas et designers réputés ? Vincent Le Parc. Et vous voulez savoir le mot le plus fin de l'histoire, celui qui m'a fait lâcher mon stylo pendant que je faisais mes recherches ? "Vincent Le Parc" n'est qu'un nom d'emprunt. L'impétrant s'appelle en fait Vincent Maltese, mais il a même utilisé le nom de Vincent Martinez. Vous vous souvenez de l'intro de cet article, où j'écris que pour chaque brebis galeuse, la diplomatie des otakus prend du plomb dans l'aile ? Je ne me sens aucunement investi d'une mission de nettoyage, mais à la lumière des agissements de certains, il y a des jours où l'on doit fermement rouler un magazine et donner un bon coup sec. Ce que je fais.



Mise à jour : Depuis la publication de cet article (qui a été repéré par Nonoche, merci !), de nombreuses personnes ayant bossé avec M. Le Parc ont réagi dans les commentaires. On trouve des gens qui ont participé à la fondation de Japan Vibes, qui bossent chez Mandarake, qui ont traduit nombre de mangas que vous avez dans votre bibliothèque ou organisé des conventions... Et c'est unanime : les informations de ce texte y sont confirmées, beaucoup ajoutant leur propre expérience avec le monsieur. Même JPopTrash est passé pour admettre que le portrait du fan mythomane était basé sur Vincent Le Parc. Puis Vincent en personne est venu, a fait quelques réponses, puis m'a lancé un ultimatum, exigeant que j'en dise plus sur mes sources, sous peine de plainte et tout le reste. En particulier, il tenait à savoir d'où je tenais le chiffre d'un million de yens, somme que j'attribue à la caisse de Polymanga avec laquelle il se serait envolé. Gag : il ajoute lui-même qu'il n'a pas une dette d'un million de yens, mais de 120 000 yens, avouant ainsi lui-même qu'il a effectivement "oublié" de rembourser de l'argent à un éditeur. En-dessous, j'explique par le menu cet élément de l'article. Ah oui, et j'en profite pour montrer qu'il a menti à plusieurs reprises dans ses explications.

Lire la suite...

04 janvier 2008

Tanuki Awards 2007

(Je poste ça depuis le fin fond de la campagne avec un adaptateur CPL que je garde connecté en tenant la prise avec le pied. Le tout sera édité dimanche soir, pendant la session IRC, avec les liens et le reste. Bon ouikende à vous !)



Meilleur jeu vidéo : Orange Box
Nominé : World In Conflict
On peut tourner le problème dans tous les sens, mais force est d'avouer que Valve a super bien joué sa mise en orbite. Avant Half-Life², ils lancent Steam sur les malheureux joueurs de Counter-Strike 1.6, pour tester la technologie d'authentification à distance. Les résultats sont si calamiteux que nombreux sont ceux qui restent sous C-S 1.5. Quand les choses finissent par se stabiliser, HL² est obligatoirement fourni avec la bestiole : comme il s'agit d'un des jeux les plus importants de l'histoire du jeu vidéo PC, les installations de Steam sur les PC de joueurs deviennent aussi communes que Napster en son temps (et c'était le bon temps !). Par des promotions intéressantes, Valve encourage à passer par sa plate-forme pour acheter les aventures de Gordon Freeman, éliminant complètement les revendeurs et éditeurs de l'équation. Certes, le téléchargement digital ne les avait pas attendus, mais à la manière d'iTunes pour la musique, Steam est le premier système qui propose des sécurités simples et peu invasives pour le client. Ainsi, de simple développeur, Valve devient éditeur à part entière et à part tout court, puisqu'il n'a pas pignon sur rue tout en proposant des centaines de produits. Ca commence par les indépendants, et voilà qu'Activision, Eidos ou Sega proposent leurs titres sur Steam.

Pour que ce texte ne ressemble quand même pas à une fellation, rappelons une forte et concrète réserve émise à son encontre. Okay, ça vient de George "When It's Done" Broussard, monsieur 3DRealms et grand clown du cirque Duke Nukem Forever, mais n'oublions pas que c'est aussi Apogee (devenu 3D Realms quand Duke3D est sorti) qui a généralisé le concept de shareware aux cotés de id Software. Bref, le monsieur s'y connait en matière de distribution digitale. Et George pense que Valve, en étant à la fois éditeur et développeur de jeux de shoot, est en conflit d'intérêts. Explication : Valve garde un secret absolu sur les chiffres de vente de son système. Si des concurrents des produits maison (Half-Life, Counter-Strike, Day of Defeat, Team Fortress...) sortent sur Steam, Valve dispose de précieuses informations sur les ventes des différents jeux, sans parler des autres pouvoirs, comme établir un agenda qui ne causerait pas de vagues pour ses propres titres. Et comme Valve finance ses jeux avec les bénéfices de Steam, les concurrents financent ainsi leurs rivaux ! Alors, George a deux solutions : primo, faire un concurrent de Steam. Ce qu'il fit, en soutenant le système Triton, qui hébergea Prey et était destiné à recevoir Duke Nukem Forever (*rires enregistrés*). Sauf que Triton s'est planté comme une merde sans que George soit au courant , et George a été obligé d'envoyer des boites de Prey par la poste à ceux qui l'avaient acheté par ce biais. Secundo, encourager Valve à ce que Steam devienne une société séparée, mais on voit mal Valve se séparer de pareille pompe à fric. Ironie du sort : Prey est devenu disponible sur Steam, sûrement en guise de ballon d'essai avec un produit en fin de vie.

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Pour mieux vous expliquer que Valve, développeur autofinancé par excellence, peut se permettre bien des choses qui font leur qualité. Avoir un support technique sous acides, inviter n'importe quel bozo dans leurs studios, recommencer quatre fois un jeu sur dix ans, embaucher des petits jeunes pour qu'ils sortent un jeu qui se termine en trois heures, ou sortir la meilleure compilation de jeux avec un nom et une jaquette incompréhensibles. Parce qu'ils peuvent se le permettre, c'est tout. L'Orange Box : Team Fortress 2, qui renoue avec les plaisirs simples du multijoueur sur le Net, éclipsant les trop gourmands Unreal Tournament 3, Crysis et Enemy Territory Quake Wars (en plus, ils sont moins marrants). Surtout, TF2 prouve à l'industrie qu'on peut faire un jeu "pour les grands" avec un design non réaliste, et d'ailleurs, qu'il y a autre chose que le réaliste et le cell-shading dans la vie. Un succès commercial visuellement atypique : cet évènement est aux graphismes ce que la Wii est aux manettes. Rien que ça.

Tout à l'heure, je parlais de Prey. Dans ce jeu, on sépare l'esprit de son corps, on flotte vers des boutons physiquement inaccessibles, et on retourne dans son enveloppe charnelle. Ajoutez quelques monstres, rincez et répétez pendant six heures. Ou les énigmes dans Soul Reaver 1 et 2 : le même enchaînement de puzzles avec des cubes à déplacer pour reconstituer des frises murales. C'est toujours comme ça : un développeur se réveille un jour avec une idée de génie, fait un jeu sur ce concept, un éditeur lui dit que le bousin doit durer au moins dix heures pour justifier ses 60 euros, alors le pauvre programmeur étire son gimmick comme un chewing-gum mâché toute la matinée. Portal n'aurait jamais fait autant d'effet sans son inclusion dans l'Orange Box : on l'aurait mis de coté, comme un effort philanthropique de Valve pour les gentils développeurs indépendants. Trois heures, pas d'armes, un cube et des trous dans les murs : le FPS le plus féminin qui soit, et en plus, il chante.

Enfin, les aventures de Gordon Freeman, qu'on se retrouve à mettre de coté - on en est le premier surpris. C'est comme si on regardait une éruption volcanique en haussant les épaules, arguant qu'on a déjà vu des évènements naturels plus impressionnants que ça. Voilà, c'est ça, l'Orange Box ; en plus, il paraît qu'il y a du gâteau dans cette boite.


Pire jeu vidéo : les jeux Wii par des éditeurs tiers.
nominé : la totalité de la logithèque ps3, à l'exception d'Uncharted Drake's Fortune.
A l'époque de la Nintendo 64, aucun développeur ne voulait se limiter à la taille des onéreuses cartouches qu'il fallait acheter à tonton Mario. Tout le monde développait sur CD pour la Saturn ou la psone. Alors Nintendo était tout seul sur sa machine. Le Gamecube doit son échec à une faible valeur ajoutée pour les éditeurs, coincé qu'il était entre une ps2 omniprésente et une Xbox plus puissante ; et Eternal Darkness ou Resident Evil 4 n'ont pas suffi à lui enlever son image de jouet.

Quand la DS est sortie, personne n'y croyait ; tout le monde pariait sur la psp, ses batteries qui fatiguent, ses pixels morts, ses UMD hors de prix gavés de jeux déjà sortis sur psone ou ps2, et ses temps de chargement. Nintendo a fait ses preuves, allant jusqu'à faire un blockbuster avec un simulateur de chiots. Alors, tous les éditeurs s'y sont mis : faire une 3D approximative, inviter le joueur à gratter l'écran, et vendre le tout à 40 €. Il y a des jeux du "devine à quel nombre je pense", le genre de truc que j'ai écrit à 7 ans sur mon Thomson TO8-D, nom de Dieu. Si Nintendo arrive à vendre un machin de QI ou pour les yeux, sortons un truc pour faire du yoga ou devenir ambidextre, ça marchera ! Ah, non, les gens ils achètent que des jeux Nintendo comme Animal Crossing ou Zelda. Alors, Nintendo vend tout seul sur sa machine.

La Wii, c'est pareil. Les éditeurs voient cette machine comme la solution "pas chère" pour faire des jeux de salon, contrairement aux ps360, où les coûts de développement n'autorisent pas l'échec. La Wii devient la nouvelle ps2, le cul du marché où l'on sort des merdes en rafale : c'est pas risqué et vu le parc installé, y'en aura bien qui achèteront. La ps2, elle, est devenue la chasse gardée des RPG nippons, niche hardcore s'il y en a. Le plus marrant, ce sont les nombreux articles où les éditeurs tiers se plaignent de l'hégémonie de Nintendo sur ses propres plate-formes, "comme à l'époque de la N64 et du Cube". Ils n'en foutent pas une rame et ils croient que ça va se vendre ? Vous pouvez me citer des jeux non-Nintendo qui soient vraiment intéressants sur la Wii ? Purée, vivement que Zack & Wiki débarque.

(maintenant que vous avez lu tout ça, vous avez pigé pourquoi ce texte a été posté en retard. Et c'est pas fini en plus)

Meilleure surprise de l'année : Nolife
Nominé : Francis dans Super Paper Mario
Ils décrivent toutes les transformations causées par le Midnight Bliss de Dimitri dans DarkStalkers et les autres jeux où il apparait. Ca laisse une plage horaire de plus de 50 minutes à un superplay commenté de Radiant Silvergun. Les jingles de la chaine sont composés par Akira Yamaoka, Sanodg et Yuzô Koshiro, qu'ils dénomment à l'antenne en mettant le nom avant le prénom. Ca diffuse les films de City Hunter en VO sous-titrée. Même les rarissimes publicités sont sympathiques. Ils propagent une otakulture d'élite sans être élitistes, et n'en cachent pas la difficulté quand ils doivent rester dans les rails du CSA ou de la comptabilité. Il paraît même que certains membres de l'équipe lisent l'éditotaku... Chaque journée de diffusion de Nolife est un gigantesque pied de nez surréaliste au reste du PAF. C'est comme si Radio Intrépides (*) existait pour de vrai ; ne riez pas, après tout c'est Red Fromage qui en est le patron. On regarde, et on se dit que c'est encore plus impossible que le Virus Informatique, Gaming ou Epitanime. Un matin, on se réveillera, et tout aura disparu, comme un réadjustement de la Matrice ou un truc du genre, prouvant bien que ça ne devrait même pas exister. Et pourtant, elle tourne.

(*) non, vous ne vous souvenez pas de cette vieille série télé sur Canal J où un Lorant Deutsch prépubère émettait une radio pirate depuis un studio fabriqué en Meccano.

Meilleur jeu indie de l'année : Rückblende
Nominé : GumBoy Adventures
Arrêtons de parler de Passage, merci. Rückblende dure 10 minutes (et pèse 500 Mo !). Ce n'est pas un jeu vidéo, plutôt un livre d'images virtuel. Le soin apporté à chaque détail fait qu'on aimerait évidemment en avoir plus, mais qu'on réalise parfaitement que c'est matériellement impossible pour un seul développeur. En plus, ça fait retomber en enfance. Les années précédentes, j'ai encensé The White Chamber ou Cave Story, des jeux gavés d'un super gameplay ; pour une fois, et surtout, pour cracher dans la soupe du formatage graphique de l'industrie, montrons quelque chose de différent.

Meilleure chose qui soit enfin arrivée sous nos latitudes : le manga Genshiken
Nominé : Elite Beat Agents
C'est bien édité, bien traduit, réservé aux otaques mais assez accessible à ceux qui nous observent sans être des nôtres, et en plus, c'est drôle. On en a déjà parlé dans cette colonne, alors contentons-nous de répéter que Genshiken fait preuve d'une certaine maturité éclairée sur l'otakulture - évidemment inspirée par du vécu - qui crée inévitablement une grande familiarité avec le lecteur. D'ailleurs, en parlant de ça...

Meilleur anime de l'année : Lucky Star
Nominé : Gurren Lagan, que je n'ai pas suivi au-delà des premiers épisodes : face à un tel degré de qualité, j'ai tout simplement refusé de regarder des téléchargements. J'attends les DVD. Vraiment.
Familiarité avec le spectateur, donc. Comme Sakura Mail, un de ces derniers animes principalement réalisés "à l'ancienne", avec les cellulos aux couleurs chaudes et aux décors tendrement colorés, montrant les saisons qui passent dans le coeur des lycéennes en fleur. Le genre d'anime qu'on matait sous une grosse couverture avec une énorme tasse de thé à la vanille, et qui explique bien pourquoi il y a tant d'otaques en ce bas monde.
Lucky Star réussit l'exploit d'être une de ces couvertures sous lesquelles on se laisse porter, un sourire béat et niais sur les lèvres. Je croyais que c'était fini, tout ça, envolé avec les cellulos, les teintes à l'huile et les VHS. Et Kyoto Animation arrive à ressusciter ce sentiment de chaleur capitonneuse, sans mièvrerie, avec juste des filles entre l'adolescence et quelque chose d'autre qui profitent tranquillement de leurs plus belles années. Peut-être que l'anime d'Azumanga Daioh (auquel Lucky Star a été comparé) avait tenté de faire pareil, je n'en sais rien, mais il restait encore dans l'humour slapstick du rythme à quatre cases du manga originel. Lucky Star profite plus largement des personnages, rajoutant du bien (un rythme sympathique) et quand même un peu de mal (la publicité permanente pour Haruhi Suzumiya). Je l'ai déjà dit, techniquement, ça vole pas bien haut, tant on sent que KyoAni se concentre davantage sur d'autres projets et considère Lucky Star comme nous : une bonne grosse récréation où l'on a le droit de somnoler à l'ombre des arbres. Mais en plus, et c'est là le bonus qui tue, la cerise sur le gâteau, le pin's parlant dans l'édition limitée : le téléspectateur est inclus à l'intérieur de la série. Coup de coeur, rien de plus et rien de moins.

Meilleure chose qu'on attend encore sous nos latitudes : le manga de Welcome to the NHK
Nominés : Nadesico, Full Metal Panic! The Second Raid
Welcome to the NHK tarde à arriver, en raison de son contenu quelque peu licencieux. Okay, c'est pas non plus Kodomo No Jikan (sorti aux USA sous les foudres des censeurs et sous le nom de Nymphet), mais dès les premiers chapitres, un des persos se pervertit en se planquant dans les buissons pour photographier des écolières à la sortie des cours. Alors oui, l'éditeur francais qui distribuera ça aura les reins assez solides pour essuyer une éventuelle invasion de grenouilles de bénitier. Ce qui nous amène à la catégorie suivante...

Meilleure page de manga de l'année :
Pas de nominé. Mais quand on voit la page gagnante, on comprend pourquoi : L'Amour en Cours, tome 2, aux éditions Tonkam. N'oubliez pas que ça se lit de droite à gauche.

31 décembre 2007

Quartier Libre d'hiver 2007 - résumé

Hoy ! Noël que vous avez été gâtés, et nouvel an de nolife que vous passerez avec vos cadeaux au lieu de mater des conneries enregistrées à l'avance pour la télé.

La semaine dernière, il y avait donc Quartier Libre : pour ceux qui débarquent, les gentils lecteurs que vous êtes avez eu l'occasion de poster vos propres articles. Pour écrire sur tout ce que j'ai (é)honteusement oublié, publier un billet d'humeur, présenter une tendance, montrer des bêtises... Que du bonheur. Enfin, à part la grammaire de certains, mais je suis d'humeur putassière. En huit jours, il y a eu 24 articles, et vous n'avez heureusement pas hésité à indiquer vos propres sites web pour élargir votre propre lectorat.

Pour les jeux vidéo, il y a eu un Tiers-Beta (coréen) de Konoro sur le fort polémiqué Ragnarok Online II, une réflexion tout aussi controversée d'Aer sur l'usage de la 3D, Smog ShadowSeth qui continue ses années de Quartiers Libres sur des jeux de stratégie avec une critique de l'addon Forged Alliance pour Supreme Commander, un texte shocking de Shikaze sur les célèbres Chô Aniki. Nataka a posté son avis sur Castlevania - Portrait of Ruin sur DS, Garric a tapé dans le rétro avec Blaster Master sur NES, et Codak, à travers une présentation de l'Angry Video Game Nerd (anciennement Angry Nintendo Nerd), se remémore sa première bouse vidéoludique. Ah, et Tetho y va de son hilarante description de l'émission TV Game Center CX. Enfin, le clan Editotaku sur Team Fortress 2 a étoffé mes conseils aux novices avec des guides détaillés : sur le Spy par Maxobiwan, sur le Pyro par Jashugan (*), et le Medic par Valderonce. Mention spéciale à Luz, qui signe purement et simplement le dossier francais le plus détaillé sur Artificial Girl 3, le nouveau jeu hentai du studio Illusion. L'an dernier, c'était l'article de neuro sur Fruits Basket qui avait continué à vivre toute l'année avec des commentaires régulièrement déposés ; on tient le nouveau lauréat...

La transition avec le paragraphe suivant est assurée par Amo, dont l'article - le 1400ème de l'éditotaku - aborde Guitar Hero 3 et Tony Taka.

Coté animes et mangasses, il y en a vraiment (vraiment !) pour tous les goûts. Arez râle sur ces producteurs de télé francaise qui pompent le pire de la télé nipponne, et pour rester dans les médias, QCTX qui annonce qu'il va passer à la radio le 8 janvier pour éclairer la France de la Vérité sur les Fanfics. Ninjigen parle (un peu) du Toulouse Game Show et (surtout) de Muryoh avec des liens partout dans le texte, Smog - encore lui - présente la version animée de Claymore d'une façon originale (car contrairement au reste du Net, il ne fait pas la sempiternelle comparaison avec Berserk). Le cultivé mt-i sépare moé et lolicon dans un texte très pointu qui me vaudra une visite du party van. Et Sonocle Ujedex soigne un super triplé avec une passionnante critique de School Days, une série de rébus que nous ne sommes pas arrivés à terminer, et, en transition pour le dernier paragraphe, une grosse bédé faite sur du papier rose.

Enfin, pour les inclassables billets, nous avons Psychômann qui rappelle l'existence de SomethingAwful, et les geekeries de Keul sur le XHTML et de TetraDavid sur le CSS.
Aussi, Garric en a profité pour annoncer la naissance de Soviet Voice, un blog communautaire où vous pouvez avoir un login en le contactant directement. Bref, si vous voulez continuer à écrire vos propres textes otakistes sans vous farcir la gestion d'un blog (les commentaires, le rythme de parution, tout ça), vous savez où vous adresser.

Voilà voilà, c'est tout pour ce Quartier Libre et pour cette année - quoiqu'il reste encore une petite rétrospective qui attend 2008 pour être publiée. Merci beaucoup à tous les participants, merci à vous tous qui lisez cette colonne ! Merci pour votre confiance cette année : l'éditotaku a fêté son cinquième anniversaire, et raton-laveur.net a sept ans depuis quelques jours. L'article pour les cinq ans a confirmé une tendance observée par les habitués : l'érosion du rythme de publication d'un article tous les deux jours, qui a rythmé cet éditorial pendant tout ce temps. En réponse à la petite liste de conseils pour les blogueurs, les commentateurs soulignaient que s'imposer et tenir un tempo était difficile quand on est étudiant ou qu'on a un job... Pensez bien qu'en sept ans, j'ai eu le temps d'étudier et de bosser. Puisque je ne suis plus arrivé à tenir le rythme, inutile de vous le promettre ; je continuerai à poster plusieurs fois par semaine, et c'est ainsi que sera nommé le rythme de parution. Et pour la peine, je vais faire ce que je déteste cordialement chez certains, à savoir faire mon connard prétentieux : spéciale dédicace à tous ceux qui ont râlé toutes ces années dès que je sautais un beat, je vous dois ma calvitie et l'échec de ma vie passée sur ce site au lieu de faire quelque chose de productif.
 

 


Là par exemple, au lieu d'écrire ça, je devrais me promener sous des arbres avec une fille qui m'a envoyé plein de sms pendant que j'étais avec vous hier soir sur irc, et je peux vous trouver des exemples similaires pour tous les autres jours d'avant. Trop tard pour corriger tout ça ? Alors, on est, euh, comme liés, vous et moi, pour le reste de la vie de ce site ? Faut croire. Pour la peine, papa nowel m'a offert un 24 pouces, pour que je puisse mieux vous regarder, mes enfants.

Bonne année à vous !

 

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