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Jeux vidéo

01 décembre 2008

Le Tiers-Beta, épisode 19 - Hello Kitty Online

Tous les épisodes du Tiers-Beta

Article conseillé aux femmes et aux mineurs

Hors-Sujet : Lisez le "Pendant ce temps" à la fin de l'article et agissez en conséquence. Merci.

Traitez-moi d'humaniste, de naïf ou d'imbécile, mais même après toutes ces années de communiqués de presse foireux, d'internet débile et d'adaptations de jeux de cul en animes innocents, je suis toujours choqué et attristé quand je remarque un mensonge. Ouais, c'est triste à dire, et ce n'est pas une bonne introduction pour un article.

img joli

L'idée de base, c'est que Hello Kitty Online se veut, comme tout jeu massivement multijoueur, accessible pour un nombre massif de joueurs. Il doit tourner sur un nombre massif de bécanes, même le pécé pourri d'Exelen. Mais il doit être amusant pour tout le monde : chacun doit y trouver son compte, qu'il cherche à être le plus riche, le plus connu ou le mieux équipé. Demandez à un joueur de MMO quel est son objectif actuel, celui qui justifie qu'il continue à payer son abonnement : gagner la prochaine instance avec son clan, choper l'épée machin, atteindre le niveau X en cuisine pour avoir la recette de la pizza faciale et j'en passe. Chacun doit avoir une activité qui lui plait : résoudre des quêtes, s'enrichir, créer des objets, se faire connaître... Il faut aussi que le produit dispose d'une fonctionnalité unique pour le différencier de la masse. En plus de la licence, Hello Kitty Online a quelques idées intéressantes, comme l'inclusion des blogs/photos/vidéos dans le jeu ou faire des dons à des associations caritatives en remplissant des quêtes.

img quete

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais chaque Tiers-Beta est généralement assez recherché : je me documente sur les intentions des développeurs, je consulte les forums de joueurs et les interviews autour du produit. Retrouver le passage où un mec d'Archlord dit que le gameplay de l'archlord est désactivé par manque de joueurs, s'inscrire dans les betas les plus obscures de la planète, ou encore, acheter des boites inutiles... Le but de cette rubrique reste d'explorer la jungle du massivement multijoueur pour comprendre ce qui marche ou ce qui foire, et pourquoi - la méchanceté gratuite est en bonus. Ainsi, Hello Kitty Online veut adhérer à la politique de la maison-mère Sanrio : assez de sucre pour filer du diabète à une pierre et pas de violence. Mais euh, on n'attaque ni les autres joueurs, ni l'environnement ? Un peu, ouais. Le PvP (inexistant pendant la beta) est limité à un match consentant, et assommer un monstre refile peu ou prou d'expérience. "Assommer" ? Une fois battu, l'ennemi voit 36 chandelles pendant quelques instants avant de reprendre ses esprits. Il n'y a jamais de "repop"(ulation), puisqu'on tape éternellement sur les mêmes créatures qui piquent un petit somme quand elles sont K.O.

img bucheron

Le but étant évidemment d'encourager d'autres formes d'interaction. Le craft (cuisine, couture, fabrication d'objets...) est généreusement récompensé. On peut construire sa propre maison (et jardiner dans son petit coin de verdure), mais la tâche est si intensive qu'il vaut mieux avoir l'aide de sa guilde. Sauf que.

img monstre

Sauf que tout cela part en burne par un petit détail monstrueusement oublié du game design. Dans les zones de "jungle" où vous faites votre cueillette pour remplir une quête/finir votre recette de gâteau aux pommes/revendre vos fruits, il y a des monstres. Et ils sont agressifs. Et ils sont vite très méchants. Alors vous vous faites tuer. A répétition. Et alors que vous savez que vous n'avez aucune expérience à y gagner, vous avez des quêtes qui vous demandent spécifiquement de partir à la chasse au nounours ou au crabe, contredisant la jolie Community Manager qui prétendait que la violence était découragée dans ce jeu. Très rapidement, la moindre opération devient impossible sans un minimum d'auto-défense, impliquant de dépenser des sous dans un meilleur équipement guerrier. Et paradoxalement, on retombe dans un mauvais MMO comme on en voit des tonnes, à "grinder" foireusement pour avoir une meilleure baguette de feu, dont la seule utilité est de casser du streum.

img résolution bloquée

En parlant des community managers, c'est rarissime d'en voir d'aussi dévoués. Bloqué dans le décor ? Ils se déplacent dans la minute pour vous téléporter en lieu sûr. La moindre question ? Répondue dans les 15 minutes. J'ai hésité à leur raconter que l'agressivité des monstres pétait complètement le game-design de leur produit, mais j'ai craint de voir mon mail affiché sur leur frigo à coté des complaintes de joueurs jamais contents.

img landry1

Pourtant, j'aurais bien voulu aimer Hello Kitty Online, mais le jeu ne pouvait s'empêcher de me filer régulièrement un coup de pied dans les noisettes. Tenez, un autre exemple : comme tous les amis de Hello Kitty sont représentés dans le jeu, mon premier objectif était évidemment de trouver Landry, le raton laveur obsessionnel-compulsif fan de musique classique. Là encore, déception : il est immédiatement trouvable au tout début du jeu, et il se contente de sortir cette phrase débile sans lâcher la moindre quête ou info. C'est comme avec Ryzom et ses ratons laveurs à têtes de bites, mais en pire.

En plus, il n'a même pas sa baignoire fétiche et il est moche.

 

Pendant ce temps : Grand Tournoi des Tsundere. Nous avons éjecté Haruhi Suzumiya à la force d'Asuka, par deux votes de différence sur plus de 1400 voix. Pourquoi "nous" ? Parce que quelques minutes avant la fermeture des suffrages, #editotaku était en feu, surtout avec Namkca, nyoronyolo et Garric qui ont contacté leurs vieilles relations sur MSN et compagnie pour battre une Haruhi qui était légèrement en tête. Un conseil : n'allez pas sur #haruhi, on s'y fait bannir à vue depuis les résultats. Quant à Kaname Chidori, notre favorite en provenance de Full Metal Panic!, elle est confortablement passée en tête sur Rin Tôhsaka de Fate/stay night.

N'oublions pas que le but de ce tournoi est de trouver la meilleure tsundere, autrement dit, le meilleur personnage avec une psychologie "froide au premier abord (tsun), chaleureuse par la suite (dere)".

Chidori Kaname, lycéenne belle et intelligente, vient de Full Metal Panic!, une oeuvre où elle est poursuivie par des terroristes pour des raisons qui la dépassent. Elle est protégée malgré elle par Soûsuke Sagara, un jeune militaire qui a du mal à s'inscruster parmi les civils. Leur relation est excellente, humoristique, tendue, légèrement romantique, bref, que du bonheur. Le tout existe depuis plus de 20 ans sous forme de romans, mais a été adapté en manga et surtout en anime, d'abord moyennement par le studio Gonzo, puis épiquement par Kyoto Animation. Kaname est doublée par Satsuki Yukino, une putain d'excellente seiyuu que vous avez entendue dans Genshiken, Higurashi No Naku Koro Ni, InuYasha, Love Hina et j'en passe.

C'est là que j'en appelle à l'union, lectorat adoré. Vous préférez Rei Ayanami à Asuka ? Venez. Vous avez été déçu par Rebuild of Eva ? Par ici. Vous êtes un fan du studio Type/Moon ? Nous vous aimons. Votez Chidori Kaname et Rin Tôhsaka. Vous pouvez aller immédiatement sur cette page et voter sur le menu à gauche, c'est tout public et vous pouvez faire ça au boulot. Nous sommes arrivés jusqu'en finale et nous avons dégagé des monuments comme Shana, Haruhi Suzumiya ou Louise. A présent, nous allons nous battre contre dix ans d'histoire décadente, intrônisant une excitée surmenstrualisée. Votez chez vos potes, au boulot, en cours, sur votre iPhone ou votre Nokia. Squattez des hotspots Wi-Fi avec votre portable, votre DS ou votre PSP. Contactez vos amis sur Xfire, Steam et les autres systèmes de discussion. C'est une guerre, mais rassurez-vous : nous ne sommes pas seuls. Les votes seront bouclés à minuit, pendant la session IRC sur #editotaku@irc.worldnet.net. Bonne semaine, bon courage et merci d'avoir lu ce texte. Surtout le gros passage sur Hello Kitty Online, hein.

25 novembre 2008

Taimanin Asagi - Article interdit aux demoiselles et aux mineurs

Lectrices, s'il vous plait : ne soyez pas offensées par ce titre. Je vous demande avec la plus grande humilité de ne pas lire cet article.

Mineurs : ouais, c'est sur du hentai, donc, euh, désolé. Passez sur le canal IRC, on s'y permet tous les excès sans vous demander votre âge. 

Lectrices et mineurs : le prochain article sera taillé sur mesure pour vous, promis.

Lire la suite...

17 novembre 2008

Halo Graphic Novel

Pour cet article, j'aimerais vous ramener à une époque lointaine : 2006. Une époque où Halo était encore cool. Halo 2 venait certes de légitimiser une pratique devenue courante par sa faute : l'histoire sans conclusion. Vous jouez peinardos, et entre deux niveaux, paf, le générique de chien (vanne pourrie). Certes, d'autres titres comme Golden Sun avaient déjà tenté la pareille, mais il fallut qu'un blockbuster comme Halo 2 s'y tente pour que tous les autres se jettent dans la brèche. On peut vendre un jeu sans les derniers niveaux ! Faisons comme Kill Bill où les frères Weinstein ont fait payer deux tickets de cinoche pour voir un seul film ! Sortons Tomb Raider Legend, Crysis et Clive Barker's Undying dès maintenant, Microsoft l'a fait avec Halo 2 !

Donc ouais. Avant qu'on découvre la non-fin de Halo 2, c'était cool. Master Chief était cool, héros anonyme et mystérieux qu'il était. A lui seul, il a mis la Xbox sur la carte, mec. Pour la première fois depuis Atari, les amerloques avaient une chance de montrer du jeu vidéo console à leur manière, appliquant la recette hollywoodienne du bigger, badder (*), better.

Un truc à propos du raton-laveur : il est du genre à s'intéresser aux scénarios dont tout le monde se fout. Wikipédia a un article jamais terminé (toujours à l'état de brouillon depuis des années) et qui fait office de pseudo-règle d'édition du site à ce sujet, dénommé "fancruft". Basiquement, tu peux écrire un article sur The King of Fighters, mais ne va pas nous faire chier avec les détails de l'évolution des relations entre les personnages ou la numérotation des épisodes. Alors que raton, lui, il va vous parler de Mai Shiranui et Andy Bogard qui ont des présentations spéciales différentes chaque année quand vous les mettez en duel, et nom d'un chien regarde combien ça en dit long sur leur humeur du moment ! Vous vous demandez pourquoi l'intro de KOF 2000 indique "Episode 6" alors que c'est le septième jeu ? Mais voyons, c'est parce que KOF '98 est un "Dream Match" de SNK incluant des combinaisons de personnages et de situations impossibles dans l'univers de KOF ; il n'est donc pas canonique ("special edition") et hors de la numérotation officielle ! Et je ne vais pas vous parler de la saga Orochi, sinon vous allez me tirer dessus avec une fléchette hypodermique. Voilà le cas d'un jeu de baston ultime où tout le monde révise ses combos, alors que je creuse une histoire dont tout le monde se fout.

Tout ça pour dire qu'il en est de même avec Halo. Le vide-cervelle par excellence selon Microsoft, le jeu pour les hardcore gamers de la console noire. Quand ils décidèrent de passer au blanc pour viser un public plus large, l'influence de Halo fut si forte qu'ils ne purent s'empêcher de le suppléer avec un autre défouloir pas vraiment plus casual, Gears of War, enfermant à nouveau la 360 dans une image d'acharnés de la gâchette. Mais hey, vous savez qu'il y a un scénario ? Complètement pompé sur un roman de SF appelé Starhammer, mais bon, c'est là encore une histoire de tout le monde se fout.

Par extension, ça signifie que ceci est un article dont tout le monde se fout. Si on atteint les dix commentaires, je veux bien parler d'une figurine tirée d'un jeu vidéo hentai, tiens.

Et en 2006, quelque part entre Halo 2 et Halo 3, le studio Bungie sortit la Halo Graphic Novel. Un comic-book assez luxueux, hardcover, édité chez Marvel. Je parle donc de la bédé et non des romans - encore de la littérature de haut vol ! Edité en français chez Panini, mais hey, qui achète des comics traduits, hmm ? On y trouve quatre bédés, une sélection d'artworks, et même une page parodiant les fins de comic-books périodiques avec un courrier des lecteurs.Mais là où ça troue le cul, c'est la liste de noms : Simon "Judge Dredd" Bisley, Moebius (allez lire mon vieil article sur l'expo Moebius - Miyazaki !), un dessin par Geof Darrow (le tueur de papier Canson dont le sens maniaque du détail m'a traumatisé avec Big Guy and Rusty), ou encore, serrez les fesses chers camarades otaques qui n'y connaissez rien aux comics et qui attendez un nom japonais, Tsutomu Nihei, auteur du culte Blame! . Attendez, vous ne savez pas le meilleur : sa contribution est une histoire de 12 pages entièrement en couleurs, plus un artwork en fin de volume. Et puis merde quoi, Moebius inside, même s'il ne cache pas qu'il fait ce genre de contribution pour être en bons termes avec son éditeur.

Alors, ils auraient pu utiliser cette occasion pour raconter à nouveau l'histoire pour ceux qui ont sauté les scènes cinématiques ou éclaircir des points obscurs dans l'histoire (et Dieu sait qu'il y en a). Mais hey, on s'adresse aux hardcore, donc s'ils sont intéressés au scénar', ils ont bien dû fouiller par eux-mêmes : l'incident de Reach raconté dans le roman, tout ça. Donc là, ce ne sont que des éléments extrêmement obscurs de l'univers Halo : comment le second couteau des méchants Covenants (qui n'avait même pas de nom avant ce livre) a eu sa cicatrice, comment le sergent Johnson s'est échappé du premier Halo, qu'est-ce que les civils ont vu pendant l'attaque de New Mombasa au début de Halo 2... Du gros enrobage pour le fan excessif, et une race bien précise de fan : non pas celui qui a passé trop de temps sur le jeu, mais bien celui qui s'est intéressé à une histoire dont tout le monde se fout. Je n'ose croire que ce bouquin s'est bien vendu - surtout que j'ai fait le sportif pour le trouver dans un Virgin à Paris. A réserver aux fans noyau-dur de Halo (y en a-t-il seulement ici ?) ou à ceux de Nihei et Moebius (qui ne verront pas ce billet s'ils passent sur l'éditotaku via Sama, vu qu'il est étiqueté "jeux vidéo" et non pas "japanime"). Je vous l'avais dit que c'est une époque reculée...


Pendant ce temps : Left4Dead sort demain à 7h du mat' ! Si vous faites partie de la communauté [editotaku], la team RaFaL vous accueille sur son serveur de jeu, qui contient trois instances de quatre joueurs. Bref, quand vous avez un groupe de joueurs et que vous lancerez la recherche d'un serveur, le jeu vous aiguillera prioritairement chez les RaFauX. Merci à eux, surtout qu'on aura bien besoin d'une armée de meidos (meidos qui ont maintenant une jolie bannière faite maison dans la liste de gauche) pour contrer tous ces zombies.

Mise à jour du mardi matin :

Le jeu est carrément plus difficile que la démo.

Grand Tournoi des Tsundere : Okay, cette semaine, deux quarts de finale décisifs. Haruhi Suzumiya contre Nagi (Hayate No Gotoku) et Chidori Kaname, notre favorite, contre Louise (Zero No Tsukaima). Stratégie : éliminer Haruhi dès que possible, parce que si elle tient le coup jusqu'en finale, les fanatiques la feront gagner. Ses soutiens s'émiettent déjà, aussi devons-nous porter le coup de grâce. Votez Nagi et Chidori Kaname. Merci.

03 octobre 2008

Game Shop of Horrors

Aujourd'hui, nous allons parler de boutiques de jeux vidéo.

Fût un temps où je vivais en Amérique du Nord, où les magasins de jeux vidéo n'étaient pas si diversifiés qu'on pourrait le croire. L'entonnoir a continué à se resserrer, et les franchises se sont évidemment bouffées entre elles. Et comme toujours, moins de concurrence, c'est plus de raisons de garder les doigts là où le soleil ne brille pas : prix fantaisistes, moins de services, vendeurs potiches… Parfois, quand une chaine en mange une autre, elle décide de lui laisser son nom au lieu de standardiser tout le monde sous la même enseigne – les gens ont une impression de concurrence. Exemple typique, GameStop dévore EBGames, mais ces derniers existent toujours. Certes, ils ont le même argus et les mêmes méthodes, mais qui verra la différence, mmhh ?

Pour comprendre la suite, il vaut mieux avoir lu les deux articles qui racontent la vie d'un vendeur de jeux vidéo.

Quand une boutique vend un jeu neuf, elle touche des cacahouètes — moins de 5€. Alors chez GameStop, ils ont appliqué une stratégie simple : vendre le moins de jeux neufs possible. Solution : forcer les clients à faire des préventes. Avantages ? Primo : on encaisse immédiatement quelques dollars, qui iront fructifier sur un compte en banque jusqu'à la sortie du jeu — yay pour Duke Nukem Forever. Secundo, comme le client a mis ses sous dans notre tirelire, on sait qu'il n'ira pas voir ailleurs. Tertio, et c'est le plus important quand on achète en volume, on peut commander le nombre exact de préventes sans craindre les disgracieux invendus sur les étagères.

C'est là que certains se demandent pourquoi je me casse les noisettes à vous parler de pratiques commerciales qui ont lieu de l'autre coté de l'Atlantique.

Comment forcer les gens à faire des réservations ? Simple. Si le client se pointe comme une fleur en s'attendant à trouver son bonheur sous blister, on l'envoie promener pour lui donner une leçon, même si le produit est en stock. On perd certes une vente, mais le presque-client aura retenu la leçon pour tous ses prochains achats. Et si un jeu n'a pas assez de préventes, il n'est tout simplement pas vendu dans le réseau de boutiques. Les préventes sont aussi encouragées en France, par exemple chez Game où l'on vous promet le dernier jeu à la mode pour 20€ - pourvu que vous vous rameniez avec une pelletée de disques à revendre. Ils seront rachetés en bons d'achat, parfois à un meilleur argus que si vous aviez demandé des euros. Votre prévente est placée, et vous contribuez à remplir le vrai trésor de guerre du magasin : le rayon des occasions.

Même en France, vous avez déjà remarqué que ces étagères sont mieux toujours mieux fournies que le neuf, non ? A l'heure où j'écris ces lignes, Smash Bros est repris chez les différentes enseignes pour 20€, revendu le double, et vendu à peine plus cher en neuf. La différence entre neuf et occase est parfois de moins de 5€, mais les reprises sont toujours au moins à moitié moins que le prix officiel. Ca, vous le savez déjà ; je le réécris juste ici pour que vous ayez bien conscience que 1) l'occase est la voie royale d'un boutiquier, 2) ledit boutiquier se fait des burnes en or massif. Et n'allez pas me dire que 5€ de différence représentent une économie substantielle justifiant d'avoir un CD rayé ou pas de manuel. N'oubliez pas que parfois, les Fnacs et autres hypermarchés font de gros destockages (plein de stocks sans réservations = plein de susceptibles invendus = bonnes affaires), et que plus généralement, les jeux vidéo se vendent dans suffisamment d'endroits différents pour que vous n'ayez pas à supporter les délires de certaines échoppes.

L'idée étant donc que vous achetez un jeu neuf avec vos "vieux" jeux, qui à son tour sera revendu pour des cacahouètes afin d'acheter un autre titre plus récent, et ainsi de suite. Afin de garantir que les nouvelles sorties vous donnent envie de poser une réservation, il faut faire mouiller les joueurs, il faut de la hype et des démos qui durent trois minutes montre en main - essayez celle de Quantum of Solace si vous ne me croyez pas. Pour ça, chacun sa solution : Micromania fait des critiques sur son propre site, et évidemment, pas une note sous la moyenne. Vous imaginez un magasin vous déconseillant d'acheter un jeu, vous ? GameStop a carrément acheté une feuille de chou, Game Informer, et propose à ses clients de s'y abonner. Vous imaginez l'indépendance du papelard, vous ? C'est un peu comme si Ubi Soft achetait jeuxvideo.com et que vous en attendiez toujours des critiques objectives, et, euh... non, rien, Hi-Media (une régie de pub, pour quels éditeurs de jeux ?) a racheté le site.

Voilà, l'image gag est postée, on peut maintenant boucler ça et expliquer pourquoi je vous ai fait chier avec GameStop. Ils viennent d'acheter Micromania, vous savez, la chaine de magasins franco-française qui était leader du marché. Vous allez me répondre deux trucs possibles :
  • mais raton, Micromania je les hais déjà et mon magasin local est tenu par des chimpanzés de laboratoire. Eh bien, vous avez lu toutes les aberrations en haut, genre forcer les réservations en notant les responsables régionaux, les directeurs de magasins et les vendeurs sur le nombre de réservations, tout en limitant les exemplaires sans préventes ? Ca va venir, et ça va donner des idées aux autres chaines.
  • mais raton, mon Micromania est tenu par des gens adorables. Je vous comprends, c'est mon cas. Vécu : ScoreGames bouffé par Game. Quand c'est arrivé près de chez moi/vous, les vendeurs compétents ont fui pour créer leur propre boutique, souvent franchisée sous un autre réseau genre Ultima. Le Game est maintenant tenu par un argus prohibitif, les vendeurs sont des raclures de lavabo et j'ai fini par le boycotter. Le problème, c'est qu'en visitant d'autres Game un peu partout en France, le résultat était le même. Pensez à prendre les mails des gens compétents, il y a des chances qu'ils aillent voir ailleurs en sentant venir le mauvais coup
C'est bien ça qui m'étonne dans cette histoire : les méfaits de GameStop sont largement connus en Amérique du Nord, et la nouvelle du rachat a été très peu médiatisée en France, et sous forme de copier/coller de la dépêche de presse qui plus est. Le journalisme vidéoludique dans sa plus belle forme, quoi ; le principal réseau français de boutiques de jeux va être prochainement transformé en un mauvais tas de boutiques d'occasion aux méthodes d'usurier, et tout le monde s'en fout. C'est à croire qu'ils nous encouragent à les abandonner pour tout acheter en téléchargement...

23 septembre 2008

Amusement 1

(article terminé à la hache parce que le numéro 2 vient de sortir)

Vous vous souvenez de cette scène de La Mort Dans la Peau, où Jason Bourne tabasse un mec avec un magazine avant de faire exploser les lieux à l'aide dudit canard ? Cette revue devait être le premier numéro d'Amusement.

Un mag' qui considère les jeux vidéo comme un style de vie ?

Déjà, en matière de papier sur les JV, il faut apprécier le pavé : 196 pages avec au grand max, cinq pages de pub. Il faut remonter aux Gen4 de notre adolescence pour trouver pareil gabarit, mais surtout plus bouffi de pubs. Rien qu'avec ça, Amusement est une étrangeté sortie de la dimension Bizarro - la même qui nous a donné Yoko Matsugane, Shenmue et le Nutella.

C'est clairement un magazine de luxe, le genre de produit "qui fait bien sur ta table basse quand les gens passent". Introuvable en kiosque, et après commande sur le site, c'est le papelard le plus cher de ma collection : 13€ en comptant les frais de port. Pour ce prix, je m'attends à le recevoir, rapidement... rien au bout de deux semaines. Après un email, ils se rappellent mon existence et envoient le bousin dans une enveloppe épaisse comme du papier à cigarette, garantissant une reliure déchirée. Par contre, l'abonnement est à 15€ par an pour 4 numéros, avec Echochrome PSP offert ? Et le numéro 2 est vendu 5€ ? Okay, là c'est vraiment bizarre. C'est imprimé sur du papier plus cher que le matelas sur lequel je dors, et c'est censé être rentable ? Le Gaming de Grégoire Hellot avait claqué après six numéros épiques toujours sur mon étagère, et il était loin d'être aussi opulent. Cependant, les gars derrière ce canard sont loin d'être des pingouins - allez savoir, ils ont dû trouver la Bourse de Fortunatus.

En fait, c'est carrément un mook (magazine/book) façon Pix'n'Love, mais avec un carnet d'adresses occidental et non japonais. D'ailleurs, on trouve un extrait de l'un dans Amusement 2 ! Occidental, donc : une interview de Sébastien Tellier ou de Will Wright, une autre de William Gibson (où l'interviewer spoile son dernier bouquin dans une question, merci mec), des pages en anglais...

Mais quand il s'agit de faire du nippon, on repasse : le texte sur Suda 51 est une paraphrase de son article sur Wikipédia, et une page mettant à l'honneur une dédicace de Tetsuya Mizuguchi, qui écrit lui-même Mizuguchi, a un joli texte où l'on trouve "Musuguchi" à plusieurs reprises.

Y'a quand même des moments où l'on se pose des questions sur l'expertise des auteurs. Non, pas l'orthographe en général, sur 200 pages c'est bien normal de se planter ou de ne pas avoir un secrétaire de rédac' dès le premier numéro. Mais "Actarus" écrit avec un K ? Teamspeak écrit avec un C ? Parler du wiki massif de David Perry sans donner l'adresse ? Ou même qu'on s'interroge sur la légitimité de certains écrits sur ce beau papier. Vous ressortez parfois de vieux mags, non ? Vous croyez vraiment que David Taborda avait conscience que ses conneries reviendraient le hanter quinze ans plus tard ? Y'a certains textes, comme celui où une demoiselle (qui écrit dans Technikart et pond un roman) raconte sa partie de Jackass sur DS. Mais c'est écrit au format blog, avec du caps lock et de l'introversion àdeuballes. Par format blog, j'entends ce dump mémoire sans filtrage, y'a pas de limite de place je suis sur le Net, et comme là je suis sur papier, ben je remplis ma page sans coûter bien cher en effort mental. Extrait : "un mec immobile semble attendre que je le sollicite. [...] Je me place à côté (sic) de lui. J'essaye de me fixer, bien en face de lui. [...] Ah non, là je suis trop à gauche. Trop à droite. En toute logique si je me mets derrière lui il ne pourra pas me parler." Et encore, j'abrège. Ca mérite vraiment d'être immortalisé, ça ? Ou la même chose avec Devil May Cry 4 en racontant une scène de baston. Youpiii. Quand j'écrivais dans des mags papier, je faisais au moins en sorte d'assumer. Ouais, même la rubrique hentai de Game Fan avec Sexy Beach.

Evidemment, on retrouve quelques poncifs de la presse jivé. L'article sur l'artiste Invader, celui sur les vendeurs de pénis dans Second Life(évidemment écrit par Michael Stora), et les thématiques genre "les femmes et les jeux vidéo", "le sexe et les jeux vidéo", "le jeu vidéo est-il un art", bref, le genre de texte qui fait acte de naissance de tout canard vidéoludique.

Voilà, Amusement, c'est ça. Des invités de plus ou moins haut vol, mais avec une opinion forcément haute de leur personne et du jeu vidéo. Vu l'apparat du mag', c'est de bonne guerre : des gravures de mode en pleine page, où les mannequins portent des lunettes 3D Master System ou des VFX1 empruntés à MO5, et des screenshots pixellisés en pleine page comme on en trouve chez GamesTM. Une thématique sur le jeu vidéo deupoinzéro, où le joueur exploite le produit à son propre compte via les bugs, les mods, les mouvements politiques dans les MMO, dans un magazine sans forum ou site web décent, sans contact avec les auteurs, sans inviter les lecteurs à participer.

C'est le magazine "paquet de textes que vous devriez lire" et non le magazine "paquet de jeux que vous devriez acheter ou éviter". On n'a jamais le moindre avis qualitatif sur le moindre produit, et après lecture, on ne risque pas de savoir ce qu'il vaudrait mieux se procurer dans les sorties récentes. Pour ça, démerdez-vous, allez sur le Net, demandez à vos potes, à Micromonio, mais pas à Amusement. Clairement au-dessus de ces considérations, qu'ils sont. Si vous n'avez pas compris que les mecs qui écrivent (et lisent ?) ça ont assez de blé ou de contacts pour se procurer tout ce qui sort, vous feriez mieux de retourner sur le site de votre banque pour voir si vos Assedic ont été versés.

Malgré tout, c'est difficile de bouder son plaisir. Quand Gaming sortait, on l'achetait sans sourciller, et les yeux n'ont commencé à réagir que lorsqu'il a cessé de paraître. Avec plein de larmes, la réaction lacrymale, hein. Et puis merde, quoi : comme je l'ai écrit au début, c'est tout simplement un des plus beaux mags de JV publiés en France.




Pendant ce temps : qu'est-ce que je foutais ? Ben, j'ai bouclé la pseudo-première partie de la vidéo sur Japan Expo, qui pèse 40 minutes. Et DailyMotion laisse le tout dans les limbes de la validation depuis la semaine dernière... Mais si vous avez 503 Mo à perdre, vous pouvez télécharger ça en regardant sur #editotaku@irc.worldnet.net .

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