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Statistiques de raton-laveur.net pour le mois précédent : 15 visiteurs, 4 pages vues, 73 827,51 Mo de bande passante consommée

05 mars 2008

La copie d'Haruhi Suzumiya

(nan, pas "de Haruhi Suzumiya". Fuck les assonances)

Vous vous souvenez de Jumeaux, le film avec Schwarzie et Danny DeVito ? Les deux sont jumeaux, mais issus d'une expérience génétique où l'un hérite de tous les bons gènes alors que l'autre fait office de poubelle à ADN.
Les fansites francais sur Haruhi Suzumiya, c'est pareil. Y'en a deux, déjà : haruhi.fr, dont on a déjà parlé dans cette colonne et tenu par Axel. Puis, arrivé quelques mois après le premier, haruhi-fr.com, tenu par des nazis éjaculateurs précoces pédophiles cannibales sur personnes âgées. Ou, pour faire plus court, diffuseurs de fansubs et autres scans traduits. Pour les nouveaux visiteurs de l'éditotaku, allez lire l'affaire Narutards et ses 803 commentaires (!), qui résume assez bien mon point de vue sur les fansubs abusifs. En une phrase : il ne faut pas pirater ce qu'on aime.

Qu'on soit bien d'accord : l'idéal pour les fans du pays, c'est qu'Haruhi Suzumiya arrive officiellement en France et marche bien. Un fansite qui se veut représentatif et sérieux doit prouver aux éditeurs intéressés par la licence qu'il y a un public assez intelligent et friqué pour qu'une publication sous nos latitudes ait un certain succès. Ce qui est difficile à communiquer quand ledit site contient tous les épisodes, les CD audio et les mangas en téléchargement direct.

Mais au fait, pourquoi ces facho-pédo-cannibales se sont fatigués à faire un fansite concurrençant directement une initiative existante ? Pourquoi les jeunes dansent la tektonik ? Pourquoi sony a intégré un gyroscope dans sa Sixaxis peu après une annonce similaire dans la manette de la Wii ? Pourquoi Marc Maggiori a cru que ses "inspirations" seraient une bonne idée ? Pourquoi les gars d'haruhi-fr.com s'amusent à retraduire les romans du début (et depuis des traductions américaines) alors que haruhi.fr participe à un projet déjà bien avancé ? Je suis allé le leur demander sur leur canal IRC, et l'admin m'a répondu, je cite : "j'aime l'exclusivité". Jugeons ensemble du caractère "exclusif" de la traduction (américaine) et non autorisée d'un texte (japonais) que vous n'avez pas écrit.
Un traducteur n'est qu'un intermédiaire entre l'auteur et les lecteurs. Il doit faire ce travail en respectant les deux. Qu'est-ce qu'ils m'ont répondu ? Je cite : "la décision de la team a été prise il y a deux mois, s'tout". On sent tout l'intérêt apporté aux auteurs et aux lecteurs. Mmmhhhoui, en fait, ils font ça juste pour se la sortir et se la mesurer devant le miroir. C'est toujours la même mentalité pourrie du pseudo-fan qui n'y connait rien en japonais ou en vidéo, mais qui veut créer sa propre team au lieu d'en rejoindre une existante et mieux crier que tel ou tel anime lui "appartient". C'est comme ce que j'avais fait avec Yoshitoshi ABe l'an dernier : c'était pas par amour, c'était pour le pouvoir.

Accessoirement, les deux patrons d'haruhi-fr.com m'ont dit ignorer qui est animeland (le plus vieux magazine francais sur la japanime), animint (plus vieux site francais sur la japanime) ou Nolife.

Ah ouais, et les téléchargements des épisodes et des CD audio ? Mystérieusement disparus juste après un truc bizarre sur Wikipedia : ils ont - massivement - tenté d'ajouter le site sur l'article francais sur l'anime, mais les admins de Wikipedia effacaient toute mention d'haruhi-fr.com, avec pour explication : "pas de site de téléchargement illégal". Oh zut alors ! Ils ont encore essayé aujourd'hui, mais les modérateurs veillent. Ils ont pourtant effacé leurs divx et leurs mp3 ! Quand je lui ai demandé, le boss d'haruhi-fr.com (qui s'appelle TunR, ça ne s'invente pas) m'a dit qu'il ne savait pas que la loi du copyright s'appliquait aussi aux scans. Tant pis.

Alors ouais, Axel et les gens de haruhi.fr ont bien tenté d'inviter les gars d'haruhi-fr.com dans leur cour de récré. Mais non seulement ils voulaient pas lâcher leurs téléchargements illégaux, mais en plus, ils disaient qu'ils avaient de super-méga-exclusivités qu'ils voulaient garder pour eux. On a déjà parlé de leur traduction du roman, depuis l'anglais et alors qu'un projet plus important et avancé existe déjà. Mais c'est pas tout ! Ils ont aussi leurs scantrads (illégaux), et une FAQ sur les jeux vidéo. Pas encore en ligne, la FAQ, mais bon, exclu, hein. Ca déconne pas.

Mais le plus marrant, c'est le second admin du site. Il s'appelle rin-kun, et des fans de Fate/Stay Night (anime/manga/jeu vidéo où un perso s'appelle Rin Tohsaka) m'ont fait comprendre que le bonhomme doit être mentalement malade. Vous savez, sur IRC, quand on tape votre pseudo, vous pouvez configurer votre ordi pour qu'il bippe, histoire de vous prévenir qu'on parle de vous ; ledit Rin se mettait à engueuler les autres participants de la conversation quand ils parlaient de Rin Tohsaka, parce que son PC se mettait à sonner comme un réveil-matin...

Pour haruhi-fr.com, rin-kun a eu une super idée : faire une pétition pour prouver aux éditeurs de japanime qu'il y avait un public pour recevoir Haruhi Suzumiya en France. Public centralisé sur un site bourré de fansubs, mais personne n'est parfait, hein. Ils ont eu 30 signatures.
Alors, j'ai eu une idée pleine de lulz que j'ai exposée à Axel : comme ce genre de bouffon ne comprend que la loi du plus fort, il suffit qu'haruhi.fr s'amuse à faire une pétition qui fasse plus de signatures que la leur. Sitôt dit, sitôt fait : en une heure, il y avait plus d'une centaine de noms (allez ajouter le vôtre !). Dégoûté, rin-kun a viré la sienne et mis un lien vers celle de haruhi.fr. Mais il n'allait pas se laisser faire, et proteste à sa manière : sa signature sur IRC est une copie du slogan d'Axel, "levez vos brassards au ciel", tout ça. Quand je lui ai fait remarquer le plagiat, il a dit qu'il aime bien la phrase. Ah, alors comme toute citation, pourquoi ne pas citer l'auteur ? Pour toute réponse, il sort "mais quelle relou" (sic), et quand je lui demande s'il s'adressait à moi, il répond "à qui d'autre". Des couilles si molles qu'il n'arrive même pas à m'insulter directement sur IRC.

Bref. Récemment, Beez UK a annoncé la prochaine publication de l'anime en Angleterre. Beez étant la branche européenne de Bandai (B.E.E.Z = Bandai Europe Entertainment Zone), il y a de bonnes chances pour que la France soit également concernée. Ce jour-là, croyez-vous vraiment que Beez ira contacter un site de pirates immatures pour les aider à propager la bonne parole ? Mais avant cela, pensez-vous vraiment que cela leur donnera une bonne image d'un marché bouffé par de tels parasites ? Comment peuvent-ils les considérer comme fans ? Oh, puis merde. J'ai l'impression de paraphraser l'article sur les "fans" de Naruto qui lisaient tout par scantrad et appelaient au boycott de l'éditeur Kana, sauf que là, c'est avec une série qui mérite qu'on la soutienne.



Mise à jour : Kaze a les droits d'exploitation pour la France !

Mise à jour 2 : Allez voir dans les commentaires : suite à cet article, tous les téléchargements ont été dégagés de haruhi-fr !

02 mars 2008

Session IRC du dimanche soir : Pedobear en invité

Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, chaque dimanche soir à 21 heures, il y a une petite réunion sur IRC des gens qui lisent l'éditotaku. On va sur irc.worldnet.net, puis sur le canal #editotaku, et c'est tout. Si vous avez des questions ou des insultes à me transmettre, si récupérer un point Godwin que vous avez gagné ou chercher les indices vers le trésor de Barbaros, c'est là-bas. Ca compense l'absence de forum, et une fois par semaine, ça évite de zoner tout le temps en attendant qu'il se passe quelque chose - quoiqu'il paraît que c'est également peuplé en semaine.

Braiffe. Extrait d'il y a deux semaines :
AxelTerizaki: http://www.hlj.com/product/KBYPP-210 crrrr... crrr... must not... get VISA out...
raton-laveur: axel > ah ah pantoufles pedobear
AxelTerizaki: raton-laveur, mdr :)
AxelTerizaki: j'avais même pas fait gaffe


Puis, dans son article sur Clannad, il reparle des pantoufles de la figurine, repoussant la ressemblance avec Pedobear d'un "Que voulez-vous, c'est de Raton-Laveur dont on parle". Je lui demande des photos détaillées à réception du bousin (vieille habitude, que voulez-vous), qu'il fournit. A présent, lectorat adoré, je vous laisse juge :



Ce qu'il faut pas faire pour prouver qu'on a raison, je vous jure. Allez, on se retrouve à 21 heures.

29 février 2008

Le gros Now Playing qui m'a bouffé la semaine

(gros article qui résume la semaine écoulée à jouer. Lisez ça petit à petit pour compenser le pas-de-textes que vous avez subi)

Call of Duty 4 - Modern Warfare ou comment j'en viens de plus en plus à regretter mon abonnement à Canard PC. Qu'ils fassent des news dupliquées d'un numéro à l'autre, qu'ils écrivent en plein mois de février que Project Gotham Racing 4 n'est pas encore sorti, qu'ils soient emplis de parti-pris sur les consoles, qu'ils lâchent l'humour d'antan pour une grivoiserie douteuse, qu'ils gavent les intros de tests d'introductions foireuses puant le pigiste qui s'offre un pain au choco en écrivant dix lignes sur ses vacances, soit. Qu'ils allument The Witcher à 6/10 pour des temps de chargement longuets - sur sa version 1.0, depuis sérieusement raccourcis - alors qu'il réconcilie énormément de joueurs avec le RPG PC, genre quelque peu exsangue après Oblivion (n'en déplaise à Two Worlds ou Hellgate London), ça apporte le doute. Qu'ils récidivent sur Call of Duty 4 au même tarif de 6/10 en arguant un manque d'originalité, titre universellement encensé comme un des jeux de l'année à coté de Portal ou Bioshock (y compris par des institutions plus cérébrées que la normale, comme la Game Developers Conference), ça commence à faire beaucoup.
En multijoueur, COD4 est classique, comme un Soldier of Fortune 2 millésime 2007. C'est brut, simple, et y'a un système de points d'expérience pour encourager à rester. Bon, ils ont été assez cons pour stocker les infos d'XP sur le PC, donc si vous y jouez sur ordi, un peu trop de gens sur le Net sont déjà au niveau max après avoir généreusement hacké leurs fichiers. En solo, c'est aussi soigné que le premier opus (nom de Dieu, j'en avais parlé ici en 2003), avec des scripts omniprésents mais invisibles. Ce que l'on considère comme la faiblesse de COD, j'y vois sa force : l'expérience est très cinématique, tant le monde vit pour le joueur et rien que pour lui. Ce que chaque jeu vidéo tente plus ou moins de faire, mais qu'il réussit avec brio. Pas handicapés par une IA qui ne saurait être parfaite, coéquipiers et ennemis suivent un scénario précis comme du papier à musique.
Sur l'éternelle polémique de propagande sur les jeux de guerre, j'ai un peu de mal à répondre, là. Faut dire que je relis l'intégrale de XIII, avec toute la mise en perspective que ça apporte. Après les héros qui ne doutaient pas du bien et du mal, l'Amérique post-11 Septembre offre à sa culture contemportaine une seule mentalité, celle du doute. L'ennemi n'est pas celui qu'on croit, les actes bons et justes ne sont que le moins pire des choix, et en faisant des trucs cools pour notre pays, on fout le bordel chez les autres. A partir de là, tout effort de propagande en prend un coup, non ? Alors, les spots de pub pour l'armée américaine en reviennent aux vieilles recettes, sauf que le résultat est maintenant hilarant. Tant sur le fond que sur la forme, Call of Duty 4 emprunte pas mal à Jack Bauer et ses potes. Et garde ses citations à l'écran quand on meurt.
Débat suivant : la difficulté. Cherchez pas, écoutez NoFrag, jouez en difficulté max. [modeste]Même moi, j'ai pu le finir[/modeste], à l'exception de l'épilogue bonus que je retenterai un de ces quatre, par paquets de 100 essais. J'ai baissé la difficulté d'un cran, et j'y suis arrivé du premier coup ! Donc, n'hésitez plus, jouez en Hardest. Ce qui fout un coup dans l'aile de mes habitudes de joueur qui fait tout en Normal, à l'exception de MGS3 qui m'a fait chier. Sérieux, c'est pas bon là : Bioshock fait pour être bouclé par une grand-mère en Easy ? Les bots d'Unreal Tournament 3, si coriaces dans les opus précédents, qui se laissent faire en Normal ? Merde, maintenant on ne peut plus faire confiance aux développeurs ? Ces habitudes du niveau de difficulté à la première partie, ça varie selon les gens : Poshu met tout en Easy pour en voir le bout, un pote qui a grandi en économisant chaque centime pour s'acheter un jeu met tout en Hard pour en avoir pour son fric... Mais si ces niveaux de difficulté ne veulent plus rien dire, on est bien dans la merde.

Castlevania X - The Dracula Chronicles, compilation contenant Rondo of Blood (l'épisode sorti sur PC Engine) et Symphony of the Night, est bien symbolique de la difficulté réajustée en ce XXIème siècle. Konami ne sous-estime pas ses joueurs, c'est pas nouveau, mais c'est dur. Je parle de Rondo of Blood, hein. Le niveau 4 me résiste, et pourtant j'arrive à finir COD4 en Vétéran.

Démo Patapon, dont la version complète vient de sortir, mais si vous bouclez cet échantillon, vous débloquez un objet dans l'UMD. Jeu musicaloLemmingsesque, où l'on dirige des p'tites noireaudes en tapant des ordres en rythme avec la musique. J'aime bien les rythm games, quand ils laissent de la place au freestyle : tenir son bongo n'importe comment à Donkey Konga en faisant taper toute la salle dans ses mains, bouger son corps pendant que les pieds sont sur le tapis Dance Dance Revolution, ou garder les postures les plus idiotes en gardant les maracas de Samba De Amigo dans le champ des capteurs. Et je ne parle même pas des possibilités de REZ ou du multijoueur d'Ouendan... Puis il y a ceux qui sont très dirigistes, où taper en rythme sur des boutons n'est qu'un test du joueur pour voir s'il tient le coup. Space Channel 5 et Patapon sont de ceux-là. Vendu 20$ en Amérique et le double chez nous ? Pour le rapport profondeur de gameplay/prix, les ricains en auront peut-être pour leurs deniers. Sûrement pas nous.

CRUSH



Crush est un excellent exemple sur le fait que le design, c'est 'achement important. On y pivote un décor en 3D pour l'explorer en 2D sous toutes ses coutures, ramenant les plateformes éloignées sur un même plan aplati - matez la vidéo, vous pigerez mieux. Un peu comme dans Super Paper Mario, mais en bien plus évolué. Mais le scénario est flippant : un insomniaque enfermé dans ses psychoses. Alors dans les niveaux, on croise de gros cafards qui font peur.
Il y a des tas de trucs que je m'abstiens d'aborder sur l'éditotaku (ce qui amène à une auto-censure un peu trop serrée et des articles en retard, mais c'est une autre histoire), et le XNA en fait partie. Il s'agit d'un système pour programmer des jeux sur PC et Xbox 360, lancé par Microsoft pour injecter du sang neuf dans l'industrie et fournir une voie officielle de faire du homebrew sur leur console. Et sur le XNA, on trouve un autre jeu avec le concept de Crush : ça s'appelle Fez, et le design inspiré par Cave Story rend le truc infiniment plus abordable. Même gameplay, même système de jeu, mais design pixelokawai. Et d'un coup, on aime.

Super Paper Mario Les épisodes précédents étaient d'une traduction irréprochable, et ça continue. Dans ces jeux gavés de blablas, je m'amuse toujours à trouver les dialogues "cachés", ceux que le joueur lambda et/ou pressé ne verra pas. Dire non à un perso, les quêtes secondaires, vous voyez le genre. Psychonauts avait des heures de voix enregistrées pour ces âneries, par exemple. Super Paper Mario ne déroge pas à la qualité de ses prédécesseurs. A un moment, un perso m'a même dit : "décidément, les temps comme les oeufs sont durs" (*).

22 février 2008

Omoide Poro Poro - Souvenirs Goutte à Goutte

Récemment, Nolife est revenu sur ce film du studio Ghibli, arguant que maintenant que Buena Vista/Disney a sorti l'ensemble des chefs-d'oeuvre, ils ne se cassent plus trop le popotin pour lâcher la fin du catalogue. En l'occurence, Omoide Poro Poro, sortant chez nous avec son titre japonais écrit en caractères romains sur la jaquette (ce qui garantit un oubli immédiat dans l'esprit du profane), dans une typographie plus grosse que le titre français. Ceci dit, ça reste un détail comparé au fait qu'il n'y ait même pas de doublage FR sur le disque, cette édition se contentant d'un sous-titrage. Certes, "nous" n'allons pas l'écouter, mais [ceux qui ne sont pas "nous" et qui découvrent le studio Ghibli à travers les autres oeuvres publiées par Disney] sont en droit d'être choqués par cette absence.

S'il vous plaît, prononcez correctement Ghibli : ça se dit "djibli" et pas "Guibli". Merci.

Disney édite les Ghibli dans une collection attitrée et numérotée, pour bien encourager les otaques complétistes à tous les attraper. Ils seront d'ailleurs les seuls à mater ce DVD, tant ce film est oubliable. A l'instar d'Umi Ga Kikoeru, il ne se passe rien de tout le film. Synopsis : une japonaise célibataire de 27 ans (avec la pression familiale que ça implique pour se trouver rapido un mari) se fait un trip campagnard qui lui remémore son enfance. Comme on dit, c'est contemplatif, nostalgique, mais on serre quand même les dents pour ne pas s'endormir jusqu'au final, plutôt réussi. C'est réalisé comme un film avec de vrais acteurs, et ça tient le rythme d'un film francais. Je dis ça ni gentiment ni méchamment, je fais que décrire : ça ressemble vraiment à du cinoche d'ici.

Sur la jaquette, Buena Vista tente de vendre le bousin en affirmant que les souvenirs de cette nipponne trouvent un reflet en chacun de nous, aussi occidentaux soyons-nous. Ben non. Tout le long du film (2 heures bien tassées), le profane - encore lui - se demandera dans un coin de la tête pourquoi les écoliers font le service de la cantine, comment fonctionne le système scolaire ou l'autorité familiale du coin. Bis repetita : Omoide Poro Poro, réservé aux otaques complétistes.



Robbe-Grillet est mort : les pédophiles, violeurs et sado-masochistes de France sont en deuil.

19 février 2008

Le Tiers-Beta, épisode 17 - The Lord of the Rings Online

Episodes précédents : Connect08, Fury, Ragnarok Online 2, Tabula Rasa, Newsletter de Metin2, Trickster Online, RF Online, Auto Assault, Lord of the Rings Online, Vanguard: Saga of Heroes (seconde partie), Vanguard: Saga of Heroes (première partie), Archlord, Lineage II, Lineage II - Interlude, Dark Age of Camelot, Saga of Ryzom, Neocron, Planetside, Shadowbane, Face of Mankind. Le Tiers-Beta, souvent imité, jamais égalé !



Quand j'avais fait un article sur Civilization IV, j'avais vite fait de préciser que je n'avais jamais joué à un seul jeu de Sid Meier avant celui-là. Reproduisons ce shéma : je n'ai jamais lu un Tolkien. Le comics de Bilbo, okay, je l'ai, mais rien de plus. Vu les trois films, d'accord. En plus, j'imite super bien la voix de Gollum. Mais les bouquins, nan. Du coup, je n'ai pas fait le moindre pas dans la Terre du Milieu sans quelqu'un qui connaissait l'endroit, à savoir mdt. Il voulait essayer ce jeu, parce qu' "on" a dit que c'est le meilleur MMORPG de 2007, année autrement trustée par Burning Crusade. Vanguard s'est planté comme une merde, Tabula Rasa ne décolle pas, et Age of Conan ou Warhammer Online ont été repoussés aux calendes grecques.

Les Tiers-Beta, c'est super long à faire.

Faute de mieux, on s'en remet donc à Codemasters Online Gaming, éditeur en passe de devenir un chouchou du Tiers-Beta, puisque j'y reviens régulièrement. LotRO sera le troisième de leurs quatre jeux à passer sur le billard (après Archlord et RF Online), sans oublier un texte sur leur convention qui se déroule le mois prochain. Mais vous voulez savoir la meilleure ? Les gens de Codemasters savent qui je suis. Ils lisent l'éditotaku, et ils ne sont pas contents de ce qu'ils voient. Vous voulez une preuve ? Regardez ce que j'ai eu quand je me suis inscrit à Lord of the Rings Online :



A l'heure où vous lirez ces lignes, je serai déjà mort. Mon seul conseil aux générations futures : ne créez jamais de site web. Les gens veulent vous faire des procès, ça n'a jamais de fin et des éditeurs veulent vous assassiner. Pour en revenir à LotRO, je n'ose vous parler du chaotique téléchargement du client de jeu : plus de 8,2 Go (!) pour une période d'essai de 7 jours - vous sentez le rapport poids/temps ? Le tout sur des serveurs carapatant à 50 Ko/s la plupart du temps, et on obtient une excellente motivation pour essayer ça. C'est vraiment pour vous que je me tape ce merdier, hein.


Le temps que le jeu se télécharge, se décompresse, s'installe, se patche, se relance, plante, se relance encore une fois et se charge, j'ai eu le temps de faire ça. Oui, c'est un running gag avec cet article, merci de l'avoir remarqué.

Le débat de ce soir : pour ou contre les interfaces pompées sur celle de World of Warcraft ?

Dans les commentaires sur l'article de Vanguard, vous aviez été nombreux à tiquer sur l'interface, complètement calquée sur celle de WoW. Est-ce un mal ?
Pour :
Pour le pire ou le meilleur, c'est devenu l'interface standard. Un peu comme Word ou Windows : quand on sait l'utiliser sur un ordinateur, on peut en utiliser des centaines d'autres. Elle est intuitive, alors autant prendre un bon modèle.
Contre :
Elle est largement perfectible, personne n'osera y ajouter ses propres fonctionnalités sans risquer de briser son équilibre, et être obligé d'y adhérer pousse le joueur à considérer l'ensemble du produit comme manquant fortement d'imagination.
Perso :
Avoir la même interface que WoW, c'est savoir ce qui nous attend. Un MMO avec l'interface de WoW, c'est comme une sodomie : avant même de s'y mettre, on sait déjà que ça va faire mal.

Et c'est pire avec Warhammer Online.

Avant de jouer à LotRO :
En tout cas, le message est clair : venez, joueurs de WoW, vous ne serez pas dépaysés. Vous êtes 10 millions à être ainsi plus accessibles pour notre produit (ou l'inverse), et nous vous proposons un univers que vous aimez. Même vous, les lecteurs de Tolkien qui ne jouez pas tant que ça aux jeux vidéo, vous avez bien dû voir un pote sur WoW, alors vous aussi, venez, nous avons des hobbits et des anneaux en or.
Après avoir joué à LotRO :
Encore une référence à l'article sur Vanguard : dans ce dernier, la difficulté avait été réajustée en cours de beta. Au début, il était impossible de tuer le moindre moucheron, avant de devenir abordable par la suite. Mais là, c'est un peu pareil, sauf que LotRO n'est plus en beta : je suis mort de nombreuses fois pendant le tutorial.

A cet endroit de l'article, ceux qui y jouent me considèrent comme discrédité, donc maintenant qu'ils sont partis, nous sommes entre habitués du Tiers-Beta.


Vous appelez ça une pente, vous ? Et moi qui pensais que les jeux vidéo actuels bénéficiaient d'une modélisation du terrain...

Je n'ai donc joué qu'en compagnie de mdt, mais avant qu'on se rejoigne, je devais terminer un tutorial instancié dans le passé, à la manière de Guild Wars. Parenthèse sur mon style de jeu : dans tous les RPG, quand il est question de choisir une classe de personnage, je choisis invariablement un guerrier, un tank bien bourrin, sans me poser de questions. Mon impression est qu'il s'agit de la seule classe que l'on peut jouer seul : s'il est trois heures du matin, si on est un nolife, si on se sent d'humeur à s'aventurer seul, je crois que c'est l'unique personnage qui peut se démerder comme un grand. Les mages balancent quelques sorts à distance, mais les monstres courent vers eux pour les attaquer à bout portant, pareil pour les archers, les guérisseurs sont impuissants... Et bon, comme le Tiers-Beta aborde régulièrement des jeux complètement vides, autant être indépendant. J'insiste, ce n'est que mon impression : dites-moi si vous arrivez à vous débrouiller seul avec une autre classe. Fin de la parenthèse.


Caractéristique de race : Emo.


Du coup, mdt avait créé son perso avant moi, choisissant un guerrier. Las ! Il me fallait donc innover, surtout qu'il m'a menacé d'émasculation si je choisissais un archer elfe. Mon choix se porta sur une magicienne physiquement clonée sur Liv Tyler dans les films, en me disant que du coup, le tutorial m'apprendrait à manier un mage.

Attendre du tutorial de LotRO qu'il m'apprenne quelque chose, c'est comme penser que Naruto va vous apprendre à devenir ninja. Le tuto se torche le cul avec votre envie de savoir. il dit, on bouge avec ZQSD, et après, ben, plus grand chose d'utile, surtout pour le novice. [rime]Drôle d'animal que ce tutorial[/rime] : on a un jeu avec une interface pour les êtres humains, mais avec un guide de jeu pour les habitués de WoW.
C'est là que je pige un truc étrange : LotRO s'adresse principalement aux joueurs de WoW. Ceux qui en ont marre, qui sont passés à autre chose, dont le compte a été fermé, j'en sais rien moi pourquoi ils arrêtent de se sodomiser, mais ça s'adresse à eux. Ce tutorial qui me semblait difficile, qui me tuait à répétition et m'empêchait de jouer au jeu complet, j'ai l'impression qu'il me faisait passer le message que je n'étais pas prêt à y entrer. "Tu sais lire l'interface de WoW, mais étrangement, tu ne sais pas jouer un mage. Donc tu passes pas. En plus, tu portes des baskets." Paradoxe : un tutorial qui ne cherche pas à augmenter le nombre de joueurs en leur apprenant les ficelles du produit, mais qui cherche à le diminuer, en filtrant les pas-bons ! Okay, ça garantit que les Kevins et autres agitateurs resteront à la rue, mais peut-on vraiment avoir un jeu massivement multijoueur si on n'initie personne, ou pire, si on compte sur un concurrent pour le faire ?



Là, c'est facile d'y répondre, puisqu'il suffit de se promener dans la Terre du Milieu. Entre deux cassages de méchants, dès que nous arrivions dans une grande ville, on se disait : regardons combien de joueurs humains nous allons croiser. Dans les rues, les quartiers commerçants, partout, comptons combien nous en voyons. Lors de nos deux premières soirées bien tassées, nous avons dû croiser un total de vingt joueurs. Est-ce qu'ils sont tous en territoire de haut niveau ? Si c'est le cas, ce n'est pas une très bonne nouvelle non plus : pas de nouveaux joueurs = pas de sang neuf = univers condamné à mourir = peut-on inverser l'entropie ? Pas assez d'informations pour une réponse compréhensible.



Et bon, le jeu est franchement super méga vaste et profond. En témoignent les vendeurs de matériel pour fabriquer son équipement (ouais , le craft, quoi), dont l'inventaire est une monstrueuse tétrachiée d'objets. Dès les premiers magasins, plein de matos, accès au voyage pour se promener partout - même si mdt et moi étions respectivement humain et elfe, on s'est tous de suite rejoints - on est dans la cour des grands.



Et pourtant, même si ce monde est gigantesque, on se retrouve toujours avec des clones. Ici, nous croisons un autre joueur (miracle !), et ce dernier est le portrait craché de mdt. Tristesse !



En parlant de clonage, "/danser" produit exactement la même danse chez tous les joueurs de toutes les races. Honte !



Ou encore, les joueurs disposent d'instruments qu'ils peuvent utiliser librement. Ca demande un nombre effarant de touches, mon elfe avait un air parfaitement ridicule en jouant de la flûte, mais l'idée est géniale.

Même si Codemasters propose d'acheter le jeu en téléchargement, personne ne va utiliser cette méthode. Comme on n'entre pas facilement en Mortor, Lord of the Rings Online s'achète en boite, avec notice, carte dépliable et toutes les aides qu'on peut trouver. A ceux qui sont assez cons pour passer par l'achat digital, Codemasters propose un site web abscons et pas grand chose d'autre. Codemasters chie encore dans la colle, parfois avec des trucs tout cons - par exemple, les emotes ne sont disponibles qu'en francais (/rire, /danser), et avec des mots pas toujours évidents. A l'instar d'Archlord, nous avons encore une fois droit à une traduction francaise de qualité :



Sans parler des polices de caractère taille 78 qui se superposent quand deux persos parlent en même temps...



... ou d'un point de vue gameplay, d'un tas de petits trucs désagréables :



Pendant que nous jouions, mdt relatait une des raisons du succès de WoW : Blizzard n'avait rien promis avant la sortie de celui-ci. Alors que tous les jeux massivement multijoueur vous promettent un PvP évolué, des interactions multiples avec les joueurs, des instances qui font le café, WoW n'avait rien promis, donc pas trompé sur la marchandise. Sort ainsi un jeu avec un PvP minimaliste et bien peu de choses comparé à la concurrence (dont le Star Wars Galaxies d'origine). Les BattleGrounds étaient censés figurer dès le lancement, vous savez... Ainsi, WoW a lentement ajouté de nouveaux concepts, évitant aux joueurs de se perdre devant trop de contenu.


Vous ne le voyez pas, mais le champ de fleurs bouge avec le vent et c'est aussi beau que ce que vous imaginez.


Franchement, c'est chiant à expliquer. Parce que - on l'a déjà dit - LotRO est presque un jeu qu'on aurait envie d'aimer. Il est beau, il est super étendu et profond, mais il y a des trucs tout nuls qu'on se demande s'ils ont joué à leur propre jeu, surtout pour un produit qui n'est plus du tout en beta.



Mais surtout, LotRO, même s'il est un jeu de qualité, montre ce qui se produit quand on copie trop sur son voisin : on se fait royalement ignorer aux dépens de ce dernier. La solution simple et funky serait de fusionner les serveurs, mais c'est considéré comme un aveu d'échec pour l'éditeur. WoW est la littérature heroic-fantasy de gare qu'on trouve dans les collections des Royaumes Oubliés, là où LotRO, tel ses ouvrages originels, est une grande épopée dès les premiers niveaux d'expérience. LotRO est aussi spacieux que mon cul, mais aussi vide que ma vie sentimentale ; c'est un fabuleux gâchis d'excellente technologie et de contenu soigné, un testament pour les millions de pétrodollars inutilement investis dans l'industrie du MMO.

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