15 novembre 2006
Project Snowblind
- Bonjour, vous auriez Outrun2 C2C sur Xbox, sivouplé ?
- Non... Mais entre nous, vu comment sont les Need For Speed aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi on jouerait encore à Outrun2.
5, 4, 3, 2, 1.
A 5, votre tornade devient une tempête.
A 4, votre tempête devient un vent violent.
A 3, votre vent violent devient une bourrasque.
A 2, votre bourrasque devient une brise.
A 1, votre brise devient un air léger.
5, 4, 3, 2, 1.
Durant le compte à rebours, je reste figé comme un con, le même sourire diplomatique vissé à la face, et un ange a largement le temps de passer alors qu'on se regarde dans le blanc des yeux. Il finit par dire :"vous êtes un fan de Sega, non ?" Woaw, j'ai affaire à un prix Nobel : autant en profiter un peu. "Et ils sont comment, les NFS à présent ?" Le vendeur qui était à 50 cm de son collègue se casse, faisant un large geste d'exaspération, pour bien me faire comprendre qu'il préfèrerait qu'on me vendre un NFS plutôt que de se lancer dans un débat mort-né de pseudo-gamers gnagnagna Sega vaincra gnagnagna Nintendo c'est les plus forts. Mon interlocuteur porte aux nues la capacité de customisation des voitures, et que même si monsieur n'a rien d'un Jacky, me dit-il, il adore passer des heures à faire une jolie voiture. Mais euh, comme le jeu est axé solo, personne ne voit jamais sa voiture super cool, non ? Mais c'est juste pour un plaisir à soi. "Comme les glaces", qu'il me dit. Sauf qu'une glace, ça se partage, et pas avec des intelligences artificielles. J'abrège la conversation pour aller chercher un bol d'air frais.
Pendant ce temps, Pro Evolution Soccer 6 tourne en boucle dans toutes les bornes de démonstration des magasins visités. Alors, qu'est-ce qui est cool dans cette mise à jour ? 10 fois sur 10, on me répond en premier : les nouvelles licences de clubs achetées. FIFA se fait fort d'avoir toutes les licences, même si son gameplay est "inférieur". Donc, PES s'adresse avant tout à ceux qui cherchent un bon jeu, et secondairement, une simulation conforme aux transferts de clubs... Mais est-ce vraiment secondaire ? Le jeu a un meilleur gameplay, tout le monde y joue pour cette raison, et pourtant, le principal avantage de PES 6, ce sont ses nouvelles licences. Soit ça veut dire que le jeu est déjà parfait et que la seule façon de l'améliorer est en répondant aux autres attentes des joueurs, soit ça veut dire que la présentation est vraiment importante.
Comme le fan de NFS cité plus haut, tiens ; il préfère modéliser une belle voiture que personne ne remarquera à un jeu tout simplement fun (qu'il n'a probablement pas touché, mais ce n'est que supputation personnelle). La présentation dans les jeux, c'est un débat aussi vieux que les jeux eux-mêmes : de bons graphismes font-ils un bon jeu ? Pourquoi suis-je accro au hentai de Dead or Alive alors que je hais ce jeu ? Mais pourquoi met-on les pièces les plus simples en jouant à ChessMaster quand ce dernier propose des échiquiers avec des personnages en 3D qui s'entretuent quand on capture un pion ? Est-ce que le "vidéo" de "jeu vidéo" est si important que ça ? Est-ce qu'un jeu doit être innovant pour être fun, comme le dit ce monsieur d'EA qui - pour aussi hilarant que cela puisse paraitre - déplore le manque d'originalité de Gears of War ?
Exemple actuellement dans ma Xbox : Project Snowblind, du studio Crystal Dynamics, à l'origine de la saga Legacy of Kain, Tomb Raider Legend et plein de jeux à l'époque 32-bits comme Gex ou Pandemonium. Autant les Soul Reaver et Blood Omen, à force de tourner avec le même moteur 3D et les mêmes énigmes depuis la psone avaient fini par me faire lourdement chier, autant TR Legend et Snowblind me surprennent agréablement. Snowblind, donc, compulsivement acheté sans même avoir regardé le genre ou le studio - juste la jolie jaquette. C'est un FPS avec un soldat blessé au combat qui se fait gaver d'implants par ses supérieurs, genre Robocop. On avance dans de grands niveaux qui ne sont que de longs couloirs linéaires, les portes s'ouvrent quand tout le monde est à terre, et on se promène avec une dizaine d'armes sur le dos. Parfois, on vole une tourelle ou un véhicule. De temps en temps, on gagne un nouveau pouvoir : bloquer les balles adverses, vision passe-muraille, vous voyez le genre. Techniquement, la Xbox est parfaitement à l'aise, tant les niveaux et modèles 3D ont été taillés pour les limitations de la ps2, multiformat oblige. Quoique.
Même s'ils n'ont pas rééchantillonné les textures et le contenu 3D, la version Xbox est quand même soignée tant on n'a pas forcément l'impression d'avoir affaire à un portage bâclé. Effets spéciaux chiadés, parfaite intégration XboxLive, temps de chargement minimaux. C'est là toute la finesse et l'agréable surprise de Project Snowblind : sa présentation est absolument sans faille. Le jeu est générique, le scénario inexistant, les ennemis lobotomisés, la 3D loin d'être transcendante, mais le tout bénéficie d'un emballage somptueux. Les pouvoirs bioniques sont bourrés d'effets étonnants, les niveaux sont bourrés de petits détails (on peut piquer les voitures dans un parking, les messages de propagande balancés par les enceintes dans les rues), l'interface a vraiment un look de réalité augmentée... C'est le plus gros point fort du jeu. On joue parce qu'on a vraiment l'impression d'être un soldat dopé aux nanomachines avec des indicateurs à l'écran qui indiquent le prochain objectif alors que le QG nous conseille par une radio collée dans le crâne. Est-ce que ça en fait de la télépathie ? J'en sais rien.
Du coup, il y a de quoi réaliser combien la forme importe, et combien il peut parfois y avoir de l'hypocrisie dans les discours du genre "les graphismes ne sont pas importants". Exception faite du retrogaming : là, on s'étonne de la qualité graphique des gros pixels parce que le résultat était étonnant compte tenu de la technologie existante, ou des géniales pirouettes que les développeurs pouvaient trouver pour contourner leurs limitations (autrement dit, on ne les compare pas aux machines actuelles, tout comme on ne compare pas le cinéma noir et blanc aux films contemporains). Si je continuais à jouer à Command and Conquer même après une énième défaite, c'est parce que le jeu était vraiment immersif : l'interface magnifique ("contrôle du combat terminé" !), les cinématiques de Westwood, l'impression d'être dans un bunker en pleine troisième guerre mondiale. Rez n'est pas moche ; son graphisme en fil de fer a séduit ceux qui y ont vu une représentation post-moderne, justement inspirée par Kandinsky (à qui le jeu est dédié dans le générique de fin). Du coup, la question inverse : est-ce qu'une bonne présentation fait un bon jeu ? Ben non, puisque Dead or Alive est à chier.
Par Raton-Laveur le 15 novembre 2006, 23:59 - Jeux vidéo 17 commentaires
13 novembre 2006
Mangeons du poulet au gingembre

Allez chez votre volailler et achetez du blanc de poulet - genre un morceau par personne bien affamée, ça se dose un peu comme quand vous faites des burritos. Au supermarché, prenez une racine de gingembre, genre 50 grammes. Oh puis merde, regardez les photos pour vous faire une idée, j'ai pas de balance et ça se joue au feeling. C'est ça la cuisine, c'est pas du dosage au gramme près, nom d'une pipe.

Dans la marmite (ou le fait-tout, ou la grosse casserole, appelez ça comme vous voulez), mettez une moitié d'oignon coupé en lamelles que vous faites un peu revenir (rissoler, frire, chauffer, etc) dans de l'huile. Pas de l'huile d'olive, juste de l'huile de tournesol bien classique. J'essaie de faire simple, là, alors arrêtez d'analyser chaque mot. Au pire, si vous foirez la recette, vous jetterez ça à votre esclave. Donc, pendant que l'oignon cuit un peu, découpez le poulet : d'abord en lamelles, puis les lamelles en morceaux un peu gros, comme des dés à 20 faces mais juste à 6 faces.

Ce con de chat ne repère pas le poulet à l'odeur, mais au son du couteau sur la planche.

Le gingembre : prenez un économe, râpez l'écorce, puis découpez-le en petites tranches. Et comme on parle de poulet au gingembre, saupoudrez de poudre de gingembre, pendant qu'on y est. C'est totalement accessoire mais au moins, on fait pas les choses à moitié. Facultatif également : des grains de sésame. Ajoutez le tout et laissez cuire le poulet : pas trop doré, juste bien blanc et ferme. A feu moyen, quoi.

Interlude pour remplir le quota de sexe nécessaire à la qualité de l'article
Alors comme ça, le gingembre est aphrodisiaque ? Honnêtement, je fais pas trop la différence avec et sans - peut-être qu'il y en aurait une si je n'étais pas sous l'obligation médicale de mater du hentai toutes les 30 minutes.
Dans Mes Voisins les Yamada, il y a tout un sketch pour raconter que le gingembre cause des pertes de mémoire. Ca doit expliquer pourquoi je me suis retrouvé avec les mains couvertes de sang peu de temps après avoir dégusté le plat sur ces photos... Comment ça s'appelle déjà, ce truc au poulet ?
Fin de l'interlude

Maintenant, on va ajouter de quoi faire la sauce. Pas grand chose : on va tout mettre directo dans le fait-tout sans préparation séparée, et lorsque vous allez doser, gardez en tête qu'on n'essaie pas de faire un plat français. Parce qu'ici, on a pour habitude de faire des plats et leurs sauces. C'est la cuisine française, ça : le plat, et sa sauce. Il y en a toujours en quantité généreuse, elle est toujours là, et c'est généralement elle qui fait péter le taux de cholestérol tant elle est bien chargée en graisse. Donc n'allez pas me noyer ce poulet dans la sauce : elle doit juste servir à lier le poulet qui a déjà été parfumé par le gingembre, comme un petit lit au fond de la casserole. Quand vous servirez vos invités, n'en laissez filer dans chaque ration que quelques gouttes au-dessus du riz.

C'est pas bien compliqué, en fait : envoyez couler une ou deux grosses cuillères à soupe de sauce d'huitres. C'est aussi épais que du ketchup et la bouteille en verre y est aussi peu pratique, donc faites pareil et mettez-en autant que si vous étiez en train d'en mettre sur vos frites. Versez une larme d'huile de sésame (genre une cuillère à soupe), ajoutez deux ou trois cuillères à soupe d'eau pour liquéfier un peu et c'est tout bon. Salez et poivrez, avec un peu plus de poivre que de sel. Mettez à feu pas trop doux, vous en avez pour une demi-heure.
Et ça tombe bien, puisque c'est pile le temps qu'il faut pour faire cuire du bon riz. J'ai déjà fait un article à ce sujet, alors sortez une poêle et cliquez ici. Pendant que tout ça est en train de chauffer, allez arroser vos plantes dans Animal Crossing et revenez remuer un peu le riz et le poulet toutes les dix minutes pour que ça n'attache pas.
Quel con j'ai tout mangé avant de prendre une photo du plat terminé
Servez dans un bol : une moitié de riz, une couche de poulet et ses gouttes de sauce, et une couche de riz par-dessus. Mettez un DVD d'anime et mangez ça avec des baguettes afin de voir lequel de vos potes est encore infoutu d'utiliser ces ustensiles. Moquez-vous de lui, traitez-le de wapanese et tuez-le. Si quelques heures plus tard, vous avez les mains pleines de sang mais que vous ne vous souvenez de rien, ben là au moins, vous saurez ce qui s'est passé.
Par Raton-Laveur le 13 novembre 2006, 23:43 - Général 18 commentaires
11 novembre 2006
Out of service

Serveur de hentai, bécane de jeu, machine dédiée au Net, à peu près toutes hors-service pour causes diverses et variées. Là, je suis dans un état d'esprit qui me fait réaliser que la couture, c'est quand même un hobby super intéressant comparé à l'informatique.
Par Raton-Laveur le 11 novembre 2006, 23:56 - Général 17 commentaires
09 novembre 2006
Astroboy Omega Factor
En 2003, Astro le petit robot fêtait son quarantième anniversaire, avec un nouvel anime et deux jeux vidéo, pour ps2 et GBA. Ce n'est un secret pour personne, le machin en 3D sur console de salon est une horreur. Mais là, celui sur portable, c'est encore meilleur que Gunstar Future Heroes. C'est beau, soigné, rapide, digne de l'action d'un Probotector/Contra. Ca contient quelques concepts de gameplay du XXIème siècle (vies illimitées, sauvegarde automatique après chaque tableau...) dans un jeu qui semble avoir appartenu au meilleur d'une 16-bits. Même les sentiments sont identiques : on en chie sur un passage qu'on se retape 30 fois, et quand on y arrive, on s'exclame que finalement, c'était faciiileuh. On a connu ces jeux, et on se demande pourtant : est-ce que ce n'est pas un peu difficile pour un produit principalement créé pour des gosses ? Tu parles : quand on avait leur âge, est-ce que nous n'étions pas meilleurs gamers que nous le sommes à présent ? Sérieusement, vous avez tous ressenti cette grosse douleur dans les fesses en tentant de revenir à présent sur des jeux que vous torchiez avec une main dans le dos 15 ans plus tôt.
Astroboy Omega Factor est déjà un excellent jeu, mais ça tient de l'exploit quand on parle d'une licence ; il n'est pas peu commun de voir le nombre de bouses pondues par Bandai ou EA, persuadés que ça se vendra grâce au seul logo sur la jaquette. Mais en plus, Astroboy OF est un excellent produit licencié : il y a du Astroboy correspondant à l'anime de 2003, mais également plein de références aux versions précédentes... et aux autres mangas et animes d'Osamu Tezuka. Ils ont trouvé le moyen de coller le Roi Léo dans un boss fight, c'est dire. Et surtout, ça colle incroyablement aux nombreux messages de l'oeuvre originale ; les personnages, les histoires, les réactions, même la traduction sont fidèles à la saga mouvementée du premier anime de la télé nipponne (une bonne tranche de sa création est racontée là-dedans). Astro est un héros, mais c'est mélancolique, plein de rebondissements, et même si les petits sprites et les courtes scènes de papotages ne font pas passer beaucoup de scénario, on est vraiment dans Tetsuwan Atom jusqu'au cou. Ca marche vraiment à fond : ce petit jeu vidéo est étrange, tant il est d'une excellence inattendue sur tous les points, même sur ceux sur lequel on ne l'attendait pas.
Par Raton-Laveur le 09 novembre 2006, 23:57 - Jeux vidéo 15 commentaires
05 novembre 2006
105 secondes
Comme ils ont pompé sur m6, on a droit à la loli de 13 ans, "qui veut devenir mangaka" :
"Pour s'habiller comme une japonaise, faut regarder dans les mangas, et là on trouve l'inspiration." Pendant cette phrase, le montage nous montre ça :

alors qu'elle s'habille comme ça :

"Chuis allée comme ça à l'école, mais j'me maquille moins et je mets pas le sac" , où pendouillent des porte-clés Naruto et Keroro. Rien qu'avec ces fringues, elle doit porter plus de références à des mangas qu'une étagère de bibliothèque.
Ensuite, le "reportage" (comme j'aime abuser du sens de ce mot) se transforme en une vraie publicité pour une série de bouquins pour apprendre le japonais par les mangas, qui apparaissent à tous les plans de caméra, y compris dans les pattes de gros nerds en école d'ingé pendant des cours du soir. Un extrait de Naruto pour faire crier les cathos (avec le perso principal qui marche sur l'eau), des gamins qui jouent aux cartes - pratique marginale hors Yu-Gi-Oh-Rly et autres Pokémonneries - et voilààà. Votre vie semble bien vide quand tf1 peut la résumer en 1 minute 45.
En ce moment et depuis 21 heures, c'est la session IRC du dimanche soir. Ca se passe sur #editotaku@irc.worldnet.net, ou via la case prévue à cet effet dans le menu à gauche. A minuit, on autorise le hentai, et en attendant, ils doivent parler de quelque chose, mais je sais pas quoi. Nan parce que là ils m'ont encore spoilé sur un jeu vidéo, ces chacals. Que j'ai acheté hier, en plus. Quand je pense aux heures passées à tourner et retourner les articles pour vous parler de trucs sans vous gâcher l'effet de découverte, y'a de quoi retourner pleurer sous le bureau.
Par Raton-Laveur le 05 novembre 2006, 23:09 - Japanime 58 commentaires
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