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Raton-laveur.net : lavé avec AJAX 2.0

31 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 6: Genshiken - Kujibiki Unbalance

Attention, coup de coeur! Au même titre que la série de courts Colorful, ce Genshiken est l'anime réservé à un public bien précis, que je pourrais résumer de façon paresseuse et nombriliste comme "les gens qui lisent ce site". Attention, ça va être long et élogieux.

Pour savoir ce qui passe comme nouveaux animes au Japon, il n'y a pas 36 façons. Cessons de nous voiler la face; la facilité d'utilisation, le faible coût et la rapidité du Net font que n'importe qui peut être aussi bien renseigné qu'un professionnel. Ou alors ce sont les pros qui se laissent aller et se réduisent aux mêmes moyens d'information que tout un chacun, allez savoir. La semaine dernière, GameOne a parlé du film Naruto en passant le fansub AnimeHeaven de la bande-annonce à l'antenne, sans rien créditer, brut de décoffrage et en croyant que ça se verrait pas. Puis le Level One Invité qui a suivi opposait yohann à la marjolaine de TF1 sur un SoulCalibur 2 JPN avec même pas tous les perso déverrouillés - morceau choisi quand l'asiatique prend Talim: "Alors, toi aussi tu mets des petites tenues sexy?" Pour ceux qui ne l'auraient pas encore réalisé, la seule chose qui différencie G1 des sites web d'amateurs, c'est qu'ils ont des caméras là où les autres ont un script PHP.
Mais revenons à notre sujet. Pour voir des animes tout frais sortis au Japon, soit on y habite et on les voit à la télé, soit on se fie aux gentils japonais qui les enregistrent et les postent sur le Net pour nous, soit on importe les DVD. Et là, même les pros n'ont pas d'autre moyen pour écrire leurs articles. Criez si ça vous fait du bien, mais tremblez d'effroi en suivant ma conclusion et en apprenant que AnimeLand ou Japan Vibes passent eux aussi par les fansubs.
Détrompez-vous: la phrase précédente et assassine n'était pas le véritable CQFD de deux paragraphes tout aussi bileux - continuons donc. En ce début de saison, comment savoir ce qu'il vaut mieux regarder? Les japonais ont des pubs à la télé. Nous n'avons qu'un nom de fichier avec les initiales d'un groupe de fansub et un code CRC en plus du nom de la série et du numéro d'épisode.

Pourquoi je parle de ça? Et pourquoi cet anime va nous amener à parler davantage de notre otakulture que de lui-même? Parce que c'est le sujet même de Genshiken. Présentation de la bête pendant que vous téléchargez le premier épisode.
C'est dès l'intro que le format fansub montre sa grosse faille: qu'est-ce que c'est que ce générique pour une série qui s'appelle "Kujibiki Unbalance" alors que j'ai téléchargé un fichier nommé "Genshiken"? Le chara design est ultra moe-moe, genre les chaussures plus grosses que la tête, Pita-Ten est dans la place, des champignons partout, et du Under17 dans les oreilles. Pour ceux qui ne connaissent pas, facile: quand un anime commence avec ce groupe de J-Pop, vous pouvez vous planter des cutters dans les oreilles et être à peu près sûr que vous pouvez ensuite vous les insérer dans les yeux. Vous êtes trop vieux pour cette série; le problème, c'est que votre petite soeur pense pareil, et celle d'avant aussi, et celle d'avant... Suicide collectif au cutter, beurk. Voilà, j'ai fait mon quota de gore pour Halloween.
Avec un générique aussi déstabilisant, les boulets qui jugent un anime au seul générique d'intro ont déjà quitté la salle. Et ils sont nombreux: ils se justifient en disant qu'il y a trop de choses à voir pour perdre son temps sur un épisode entier. Pour aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils sont généralement de la même trempe que ceux qui matent des saisons entières en une soirée quand ce même générique d'intro les séduit. Alors que ces pensées traversent l'esprit, le nom de l'épisode apparaît à l'écran: "Etude de la Culture Visuelle Moderne".

Voilà le scénario génial de Genshiken: on suit un otaku refoulé qui rejoint un club d'otakus assumés de son lycée, alors que la série qui passe dans leur télé et qui vient de commencer se nomme Kujibiki Unbalance - ou KujiAn pour les intimes. Nous ne verrons cette série qu'à travers leurs yeux - ou avec les quelques épisodes offerts sur les DVD à paraître au Japon. Evidemment que l'on pense à La Nuit Américaine de Truffaut, ne montrant un film que par les gens qui bossent dessus. La mise en abîme est d'ailleurs assumée à fond: le générique de fin montre le club devant un épisode de KujiAn observé par une non-otaku, et si vous aussi êtes observé par un copain de passage, la boucle est bouclée.
Toute la structure de Genshiken semble être en trompe-l'oeil: les persos discutent de l'équipe technique, des libertés prises par rapport au manga, ou font remarquer qu'un français a déjà posté un commentaire dans le forum officiel de la série. Le nom complet de leur club est le "Groupe d'Etude de la Culture Visuelle Moderne" (Gendai Shikaku Bunka Kenkyuu Kai, ainsi abrégé Genshiken), est hébergé dans un bâtiment pourri, et reste évidemment à l'écart des traditionnels clubs d'anime et de manga: une couverture comme une autre (mais quand même sacrément culottée) pour avoir la paix.

Il y a tellement de choses à remarquer dans cet anime: on voit une référence explicite (dans tous les sens du terme) à Kimi Ga Nozomu Eien, des doujinshis pour adultes, ou tout simplement des moments qu'on a tous vécu.


Ecrasés dans une chambre bourrée de bouquins et de plastique, en train de préparer un tournoi de jeux vidéo et bouffant de la junk food. Vous savez que ça vous est arrivé.


Les personnages sont des portraits à eux seuls, et cet article est déjà assez long comme ça - on en reparlera. Enfin, côté technique, rien de bien spécial: KujiAn ne révolutionne pas le WAFF, et ce n'est pas son but. Les recettes classiques sont appliquées, jusqu'au filtre un peu flou qui atténue les angles et donne l'impression qu'on a chopé la grippe. Pour Genshiken, le trait est vif, l'animation est dans les normes (après tout, ça ne bouge pas beaucoup), et on attend de voir plus de persos pour juger le chara design. Mention spéciale pour avoir mis Satsuki Yukino, la seiyuu qui a plus de ki que Jet Li, dans un rôle qui lui sied à merveille. Rien qu'avec un épisode, Genshiken devient l'anime à surveiller de près: il a le potentiel pour devenir le nouveau Otaku No Video, rien que ça.

30 octobre 2004

Plus tard

GameFan n°5 dispo. Je dis pas ça pour que vous alliez l'acheter, juste pour que vous sachiez qu'il est en train de se faire décortiquer. Belle couverture en tout cas.
Jouez à la démo de Guild Wars. Pensez à retarder les horloges internes de vos consoles de 60 minutes. Ca y est, il est 1 heure du matin dans 24 Heures Chrono Saison 3 et c'est la fin de la première partie: on commence un nouvel arc scénaristique. Votre braguette est ouverte. C'était le passage "les infos importantes pour nerds auxquelles vous ne pensez pas forcément" de ce billet. Ajoutez "plus que 11 jours avant Halo 2" si vous avez une Xbox, ou "plus que 11 jours avant le pack Xbox + Halo 2" si vous n'en avez pas.
Les critiques de la nouvelle saison d'animes continuent après la présente page de silence, qui n'est là que par retard de planning - désolé. Prochain à passer sur le grill: enfin une série de bonne qualité - ça changera du tunnel de bouses, qui même s'il est drôle à lire, n'aide pas à savoir ce qu'il faut regarder. Enfin, c'est déjà pas mal de savoir quoi éviter, non?

29 octobre 2004

Play or treat

Ce week-end, n'allez pas mendier des Twix chez des voisins sadiques. Restez à la maison et jouez à la fabuleuse preview de Guild Wars, qui ne fonctionnera que d'aujourd'hui à dimanche. 62 ko de données qui tournent sur le fossile qui me sert de PC ne peuvent se tromper! Les auteurs - transfuges de Blizzard - avaient déjà fait une démo qui avait duré pendant les 3 jours de l'E3; cette version permet enfin de jouer tous ensemble (après que vous ayez bouclé la première zone-tutorial, y'en a pour 10 minutes). Oui, il y a des français dans le coin et le jeu sortira officiellement chez nous. Oui, j'en ferai partie. Gardez les paquets de bonbons pour vous et matelassez votre porte: si vous n'êtes pas en train de jouer à GTA San Andreas, voilà de quoi jouer en attendant Halo 2.

28 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 5: W Wish

Pareil que pour Final Approach: harem anime, 5 filles, une qui sera choisie et que même un clébard il devine laquelle rien qu'en regardant le générique, sur la vie d'ma mère. Il y en a une autre qui jouera un simulacre de compétition, les 3 dernières feront office de figurantes, et vous avez déjà compris que c'est à éviter. Attendez-vous aux situations légalement requises dans ce genre de bouse: après-midi à la plage, hésitations sur la relation, autres persos masculins relégués au rang de faire-valoirs, gnagnagna-onii-chan-gnagnagna-kawaii-gnagnagna-daisuki-desu-gnagnagna. Là encore, un producteur tape mollement du poing sur la table en demandant à ajouter un élément scénaristique qui différenciera la série du reste des adaptations de jeux vidéo pour adultes: allez hop, le couple désigné sera un frère et une soeur. Cette dernière étant d'ailleurs mise en voix par Ai Shimizu, la seiyuu de Karen dans Onegai Twins, autre anime militant des mariages dans la même famille et dans lequel elle n'a apparemment pas pu épuiser son quota légal d' "oniiiiiii-san". A l'autre bout du monde, un raton-laveur soupire.
Je vous renvoie bien évidemment à l'article sur Koi Kaze, dans lequel je suppute que 2004 est l'année de l'Inceste au Japon. Peut-être qu'ils font ça pour voir quand est-ce que quelqu'un dira que ça va, les relations consanguines, ça suffit. Ou alors les auteurs sont eux-mêmes issus de ce genre d'accouplement. Voire que c'est dans le but de dégoûter le reste du monde et limiter les exportations d'animes - par égoïsme territorialiste, quoi. Toujours est-il que maintenant que Twins est fini, l'anime de W Wish arrive trop tard, à moins qu'on parle du timing pour faire la pub de la réédition du jeu vidéo, j'en sais rien. Ceux qui ne sont pas au courant de l'activité passionnante du tout aussi captivant monde des jeux pornos hurleront juste au plagiat: le frangin il a une vie de couple avec sa soeur, une autre fille vient mettre son bordel, le réveil hormonal du mec le fait hésiter entre les deux, il choisit sa soeur après une flopée d'épisodes inutiles et une déposition au commissariat du coin, fin. Un suspense à en avoir le souffle coupé!
Alors, qu'est-ce qu'il y a à sauver dans cet anime, à part l'hilarante coupe de cheveux en casque "Mireille Mathieu" de la soeurette? Pas grand chose, mais je tenais à souligner le ridicule capillaire du personnage. Et qu'on ne me dise pas que je suis trop vieux ou intello pour aimer ce genre d'anime: disons juste que c'est du déjà vu: les mêmes gags, les mêmes histoires, les mêmes personnages - il y a largement mieux à regarder en ce moment, on en parlera dans d'autres articles. En bref, W Wish: circulez, y'a rien à voir.

26 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 4: Final Approach

Harem Anime de base: 5 filles, un mec, humour réchauffé depuis une bonne décennie, techniquement rien de spécial. Un producteur s'est levé dans le studio et a hurlé qu'il fallait ajouter un petit quelque chose pour que la bête ne disparaisse pas dans les tréfonds de l'oubli. Qu'il en soit ainsi: le perso féminin principal fera son entrée dans le premier épisode par la fenêtre et en parachute, sujet d'une expérience du gouvernement pour être la femme parfaite du héros. Eloignez les plus jeunes de l'écran, parce que l'argument avancé risque de faire exploser les cerveaux les plus faibles: le Japon manque d'enfants, alors ce projet gouvernemental a pour but de repeupler le pays. Donc, monsieur perso-principal-totalement-insipide-dont-tout-le-monde-a-déjà-oublié-le-nom (et qui vit seul à 17 ans avec sa soeur de 15 ans, suivez mon regard), tu joues au docteur avec la fille ou c'est la taule sans passer par la case départ et sans toucher 3000€. Vlan.

Début d'une parenthèse.
Gouverment japonais, laisse-moi assumer mon rôle de français stéréotypé donneur de leçons pour te filer quelques infos. D'abord, pas besoin de se casser le cul avec des histoires de sélection de mâle et de femelle pour assurer la reproduction: la dernère fois que j'ai vérifié, c'est tellement facile et amusant de faire des gosses que n'importe quel abruti peut s'en occuper - c'est sûrement à cause de ça qu'il est si difficile de trouver quelqu'un qui soit foutu de poser correctement une tapisserie. Et entre nous, c'est même un argument sacrément cliché pour justifier une relation sexuelle. Secundo, s'il faut que les japonais soient moins effrayés par l'acte proprement dit, peut-être qu'il est temps d'arrêter de mettre des tentacules dans tous les animes de la Création. Ensuite, une petite réfome de la constitution-diktat d'après-guerre pour enfin retirer ces putains de mosaïques dans les films pornos ne coûterait pas bien cher et ouvrirait un peu plus les frontières. La preuve: j'ai montré une version non censurée à un copain, qui a découvert que la censure ne servait pas à cacher appareils génitaux et autres pilosités, mais à protéger la fierté des japonais. Découvrant qu'une fois au Japon, il serait considéré comme Rocco Siffredi malgré la taille vraisemblablement ridicule de son engin, il est actuellement en train de remplir une demande de passeport à usage unique pour ce pays, havre de femmes en fleur. Enfin, c'est ce qu'il pense. Personnellement, j'ai comme tout un chacun fini par développer un filtre optique interne qui élimine toute perception de mosaïque; ça pose parfois problème devant le Mode 7 de la Super Nintendo, mais c'est un autre problème.
Fin de la parenthèse.

Pour en revenir au cas Final Approach, on peut donc affirmer sans frémir que cet anime n'a strictement aucune prétention. Même le coup du héros entouré de filles contre son gré a déjà été fait (*tousse*Hanaukyo Maids*tousse*), ce qui aide vaguement le téléspectateur à relativiser sur sa propre condition, lui qui aurait déjà fait l'intégrale du Grand Culbuto avec la demoiselle avant la fin du premier épisode. D'ailleurs, n'oublions pas que la chose est issue d'un jeu vidéo hentai, tout comme W Wish, l'autre anime diffusé dans la même tranche horaire (nommée Princess Hour, puisque le studio à l'origine des deux jeux est Princess Software). Evidemment que ces animes ne sont pas pour autant réservés au public adulte! Ils font juste partie de la flopée de productions en provenance de cette f(r)ange prolifique (devrais-je écrire féconde?): Kimi Ga Nozomu Eien, les deux Onegai (Teacher et Twins), Kanon et Air (studio Key), Nurse Witch Komugi-chan, Popotan... Trop peu de gens le savent et ça ne les empêche pas pour autant de jouer les vierges effarouchées devant un jeu de cette trempe. Du coup, ils portent aux nues les adaptations moe-moe, continuent à mépriser le marché hentai, et la boucle se répète. Que ce paragraphe serve de leçon à celles et ceux qui l'ignorent: la production pour adultes est à prendre avec le reste. Les autres viennent de se trouver un argument en béton pour justifier leurs DVD douteux.

Cette discussion autour d'animes plus insipides les uns que les autres est en train de liquéfier ma conscience. On la continuera en parlant de W Wish.

25 octobre 2004

Mais ils mettent quelque chose dans l'eau ou quoi?

Au Japon, les bâtiments sont équipés de deux conduites d'eau: une qui fournit les évacuations des toilettes en eau retraitée, et l'autre qui fournit en eau pure pour les ablutions et le reste. Oui, cette info n'a rien à voir avec ce qui va suivre.
Le premier épisode de Kannaduki No Miko (ou "Kannazuki No Miko", au choix; "conseillé" par S13 dans les commentaires de l'article sur My HiME / Mai HiME) se termine sur un plan fixe qui résume tout.



Au premier plan, une fille (la plus populaire de l'école, arrivée à dos de cheval et armée d'un arc) roule un patin furieux à l'héroïne (qui vient de découvrir que tout ce qui lui manque pour être heureuse est un abonnement à Pink TV - surtout qu'on y voit des animes). Derrière cet émouvant couple, un mecha, qui est en fait le garçon le plus populaire de l'école - je n'invente rien. Il vient de battre un monstre au design pompé sur le quatrième Ange de Neon Genesis Evangelion, en train d'exploser dans un éclat de lumière également semblable à l'oeuvre d'Hideaki Anno. Encore une fois, nous sommes présentés à cette débauche de genres dès la fin du premier épisode.
Vous vous souvenez de l'épisode "Le Cerveau" des Simpsons (n° BABF22)? Au début, la famille visite un festival de l'animation, et Bart y voit un anime. Parodie assez hilarante où un loup-garou crache une toile d'araignée sur une fille à gros yeux, cette dernière se libérant en se faisant pousser une queue de sirène en métal. Lisa objecte la continuité de la chose à son frère, celui-ci répondant que c'est sûrement dû à la créativité des auteurs. Allons-nous retomber dans ces stéréotypes délirants des années 80? La saison télé vient de commencer, tout le monde est encore en train de trier le bon grain de l'ivraie, mais je commence à envisager de faire une marque sur mon bureau pour chaque "WTF" prononcé à haute voix. Comme si des animateurs, malmenés d'un projet à l'autre, venaient de créer une coalition secrète pour normaliser la production. Imaginez la conversation dans une cave sombre, autour d'une table drapée de noir:
-Conspirateur 1: Purée, j'ai bossé sur Love Hina, Gundam puis Gantz sans prendre de vacances! J'ai dû passer des nuits à me réhabituer à dessiner chaque genre!
-Conspirateur 2: Pareil! J'arrive plus à faire le moindre cellulo de petite culotte sans ajouter des implants cybernétiques quelque part (sanglots).
-Conspirateur 3: Marre de faire du Super Deformed, puis du Ghost In The Shell, avant d'être envoyé sur du hentai; faut trouver une solution!
-Conspirateur 4 (dans une voix sifflante): On a qu'à envoyer des ssssscénarios de notre cru aux producteurs, qui mélangent tout ce qu'on sait dessssssiner.
-Conspirateur 5: Ouiiii, comme ça on ne fera plus la différence... Qu'on me donne une feuille de papier pour écrire une liste de tout ce qu'on sait faire et qui est cool.
-Conspirateur 6 (levant la tête d'un rail de coke): Je vois des robots qui protègent des lesbiennes!

Non pas que ce soit systématiquement mauvais, mais ces croisements "mecha-romance-humour-fan service-aventure-baston-ajoutez votre genre favori" semblent être la nouvelle tendance, et je doute que ce soit pour le meilleur. Plaignons les éditeurs de DVD quand ils devront étiqueter certains animes actuellement en cours de diffusion... En attendant, sortez le Doliprane.

24 octobre 2004

Fourni sans carte mémoire

Chaque année, les fabriquants de console sortent leurs jolis packs: mesdames mesdemoiselles messieurs, la Xbox et la ps2 à 149€, c'est pas cher pas cher, mais en plus de ça mesdames mesdemoiselles messieurs, je vous rajoute un jeu gratuitement parce que je m'appelle Edouard Leclerc ou Carouf' et que j'ai les moyens de négocier. Alors que l'année dernière, les deux mastodontes avaient enchaîné les bundles, rien de neuf sous les cocotiers pour le moment; à part les grosses boîtes avec Halo 2 ou GTA San Andreas, que dalle. Okay, sony va sortir sa pstwo (faisant encore baisser le prix de la version normale de la console), sans parler du fait qu'eux et MS semblent comprendre que les gens achètent leur matos pour jouer - pas pour regarder des films. Donc pas de bundle avec télécommande DVD et le dernier blockbuster: sony peut pourtant fouiller dans le catalogue de sa filiale Columbia Tristar, et Microsoft réalise de plus en plus qu'ils ont besoin d'investir dans les médias (ils sont intéressés par la 20th Century Fox) pour continuer à grossir. Pauvre Billou: dès qu'il met le moindre morceau de musique dans Amped ou Project Gotham Racing, il doit sortir le portefeuille alors que sony peut coller à volonté des bouses faites maison dans SingStar ou EyeToy Groove. Avantage: MS semble un peu plus "alternatif". Désavantage: quand MS se la joue djeunz, c'est un coup dans l'eau - écoutez les voix dans Amped 2 si vous ne me croyez pas.
Et ma GameCube, elle est belle avec ses reflets en vert argenté pour Tales of Symphonia (les japonais ont le GBPlayer offert, nous on peut se carrer le même modèle noir où je pense). Oubliez le fait que fournir un RPG sans carte mémoire échappe au sens commun, après tout les jeux sont quasiment offerts. La preuve: MarioKart Double Dash!! et GC Platinum (la même couleur qu'avec Wind Waker) pour 99€. Entre nous, voir Nintendo ressortir le même pack GC+MKDD que Noël dernier est sérieusement symptomatique de la situation actuelle de leur console. Paper Mario 2, Donkey Konga, Metroid Prime 2, Tales of Symphonia: la main d'un Simpson suffit à compter les jeux de cette fin d'année qui vont faire vendre des Cubes, puisque Viewtiful Joe 2, Baten Kaitos et Mario Party 6 arriveront en Europe après Noël. Les GameFanboys peuvent sortir la carte de l'import, je leur réponds que la petite famille va devoir réviser son accent américain ou nippon pour prendre son pied avec le micro de Mario Party 6.

Comme on sait que la Nintendo DS va être, comme toutes les autres consoles portables, sans zonage géographique, le sport de la frange importatrice des hardcore gamers va être de trouver le magasin qui fera le moins de marge en revendant l'engin sur le Net à des européens trop contents de frimer dans le bus. Sûrement qu'ils cliqueront régulièrement sur le mode multijoueur de la démo fournie de Metroid Prime Hunters, pour voir si un autre masochiste dans leur genre est trouvable dans la zone d'influence Wi-Fi de la console. Evidemment qu'ils lanceront le débat pour savoir s'il y a meilleur accessoire que le stylet standard pour pointer sur l'écran (morceau de lard bien grillé? vieux clou? téton passé au glaçon avec Julio Iglesias en fond sonore?) , même si les voix officielles le déconseillent; peut-être que je suis le seul à me rappeler des discussions surréalistes autour de l'amélioration de la qualité d'image sur le GBA (au menu, lumières à UV et grillage de l'écran en déréglant un potentiomètre, montages ubuesques). Sans doute qu'ils planteront leur précieux stylet dans la carotide des sony-fanboys, las de discuter le bout de gras sur la durée de vie déjà hilarante de la psp (un émulateur de batterie, fallait y penser) et du prix dont les premières rumeurs font déjà frémir la Turbo GT, détenant le record actuel de la portable la plus chère au monde.
J'ai enfin vu un type avec une N-Gage dans un endroit non généré par une grande brulée dans un fauteuil roulant (*). Engagement de la conversation: il ne s'en sert que comme lecteur de MP3, et tous les jeux qu'il utilise sont pompés sur le Net et envoyés sur carte Flash. Non, il ne compte pas acheter la N-Gage QD ou la N-Gage 2, si jamais il y en a une. Outre les T-Shirts rigolos ou le boycott des rasoirs Gillette, avoir un accessoire techno ésotérique ou WarioWare planté dans la GBA est un signe de reconnaissance entre geeks irrécupérables - ma prochaine étape est de me payer une GP32. Tiens, la GP32 aussi est fournie sans carte mémoire; le titre de ce texte a plus d'implications qu'on aurait pu le croire :) .

22 octobre 2004

Gankutsuou

A ma gauche, le Comte de Monte Cristo, écrit par Alexandre "Les Trois Mousquetaires et mes nombreux nègres" Dumas. A ma droite - ou plutôt, à l'Est- , le Japon. Envoyez l'un dans la gueule de l'autre à une vitesse d'environ 253 km/h et vous obtenez Gankutsouou. Autrement dit, un remix nippon d'un pavé de la littérature française dont la couverture est affublée depuis quelques années de la bouille de Depardieu. Précisons: un remix cyberpunk, avec des vaisseaux spatiaux, des rave parties et des lumières qui font mal aux yeux. Pondu par le studio Gonzo (qui bosse aussi sur l'anime HellBoy, joie), réalisé par Maeda Mahiro (Blue Submarine n°6 et les deux épisodes de la Deuxième Renaissance dans l'Animatrix), mis en musique par un français, narré du point de vue d'un personnage tout à fait secondaire dans le roman original. Sur le papier, ça commence un peu mitigé, n'est-ce pas?

Commençons par une séance de rattrapage pour les gens qui n'ont pas lu le bouquin (ou pire, sont passés par le téléfilm). Militaire trahi par ses pairs, arrêté le jour de son mariage, jeté en prison où il rencontre un vieillard qui lui confie l'emplacement d'un trésor avant de mourir. Le héros s'échappe, met la main sur le jackpot, refait surface sous le nom de Monte Cristo et bien déterminé à se venger de ceux qui lui ont pourri la vie. C'est là que je fais le lien avec l'anime: il aide un jeune aristocrate le vicompte Arthur de Morcef - qui est le fils de la femme qu'il devait épouser (Mercédès), cette dernière s'étant remariée... avec un pourri de première qui a obtenu sa richesse en faisant des choses pas très catholiques. C'est bon jusque là, j'ai perdu personne? Monte Cristo, devenu comte, pénètre la jet-set de Paris pour préparer sa vengeance en fouillant le passé de ses ennemis. Il leur pourrira la vie un à un; par exemple, il poussera au suicide le mari de son ex-fiancée. Voilà voilà. Gankutsuou nous conte donc la vengeance de Monte Cristo vue par le jeune Arthur de Morcef, le garçon qui l'aidera malgré lui à foutre le boxon et à "suicider" son père. Moi je dis, cool.

Je crois que tous ceux qui parleront de cet anime seront amenés à parler du style graphique: voici donc le paragraphe obligatoire en la matière. Gonzo a choisi d'appliquer des textures - assez baroques au demeurant - pour les vêtements ou les cheveux. Franchement dépaysant au début: vous vous souvenez des costumes à rayures dans Tintin? Le motif écossais était tracé à la règle et restait parfaitement parallèle malgré les mouvements des personnages d'une case à l'autre: un des grands mystères de la vie en ce qui me concerne. On a la même chose ici, mais les textures bougent avec la caméra ou quand un personnage se déplace. Bizarre, je vous dis. Mais aussi bougrement efficace: aucun aplat de couleur, des robes sublimes, du relief dans les chevelures comme on en voit rarement - d'autant plus paradoxal qu'on ne voit pas les mèches puisque les surfaces ainsi décorées n'ont pas d'autre trait! Regardez un peu les designs sur le site officiel pour vous faire une idée.
Pour le reste de l'univers, c'est donc un joyeux melting pot. Un futur assez coloré, dont les unions insensées des époques font penser à Cowboy Bebop... ou au Cinquième Elément. Oui, moi aussi je pensais pas que je citerais un jour ce film comme exemple. Mais l'influence sur les auteurs est clairement visible: dans le premier épisode, Monte Cristo fait son entrée dans un opéra alors qu'on entend la Lucia di Lammermoor! Sauf que contrairement à Besson, la cantatrice ne part pas dans un délire technoïde vomi par Eric Serra; au moins, le Japon a compris que mettre du classique dans un space opera était suffisamment cool en soi pour qu'on ne pas avoir à faire le kéké sur un synthé Bontempi. En voyant certaines femmes, j'ai aussi eu une pensée pour la "Princesse Insensible", un court-métrage en 13 épisodes de 4 minutes (réalisé par Michel "Kirikou" Ocelot) qui passait au milieu des années 80 sur Antenne 2 - ça nous rajeunit pas tout ça.

Le deuxième gros point fort de Gankutsuou est quand même la prouesse de bien raconter le roman de Dumas d'un point de vue différent. Même si ça peut sembler bizarre, pensez à Big Trouble In Little China de John Carpenter: même si Kurt Russel est le héros, le film suit son acolyte. A l'origine, l'histoire c'est "Monte Cristo est de retour, et il est pas content"; vengeance, coups de pute à répétition, ça va décalquer dans la soie. Maintenant, on suit un pauvre type manipulé qui va se faire broyer par notre comte, du coup devenu le méchant de service. Et qu'il est beau dans ce rôle: une sorte d'Alucard, monstre qui porte de gros chapeaux et qui sait faire les gros yeux pour montrer qu'il faut pas le faire chier. La scène de la guillotine ou l'arrivée chez les ravisseurs sont exemplaires.
En bref, la surprise de ce début de saison: graphiquement décalé, scénaristiquement aux petits oignons, génériques tip-top, habillage SF aussi bien assumé que le fantastique Cowboy Bebop... Ca commence très bien pour Gankutsuou, qui mérite donc qu'on passe outre l'idée - reçue - sur le papier, faisant penser à un Alexandre Dumas faisant un salto arrière triple Lutz double vrille piquée dans son caveau. Reste à savoir si ça va tenir ses promesses, ou en voyant plus loin, l'accueil qui lui sera réservé lors de sa sortie officielle chez nous. En attendant, à voir!



Post Scriptum: Au fait, je suis le seul à avoir repéré le nom d'Ilan Nguyen (journaliste chez AnimeLand, commentaire audio du DVD Tonari No Yamada-kun chez TF1 Vidéo et orga du forum des Nouvelles Images du Japon) en tant qu'interprète dans le générique? Parce que c'est quand même bizarre d'avoir des français dans l'équipe et de laisser la voix japonaise de Monte Cristo prononcer les phrases (en français!) au début de chaque épisode; je sais, la continuité avant tout, mais bon...

21 octobre 2004

Contributions, deuxième édition

On y retourne: un mois après l'invitation à dessiner de super bannières pour le site, on passe aujourd'hui à la mascotte. Ce deuxième tour de table est surtout dû à la qualité de vos travaux... et au fait que certains ont explosé le canevas imposé pour faire des raton-laveurs kawai au possible. Autrement dit, si j'écris ça aujourd'hui, c'est parce que vous l'avez voulu^^. Au fait, encore merci d'être là: je sais pas si on devrait se regarder langoureusement dans les yeux ou un truc dans le genre.
Pour les détails de mission, c'est comme la dernière fois mais en plus libre: aucune limite dans le temps (on arrête quand les contributions s'arrêtent, donc prenez votre temps), dans la taille et dans le format. Faites quand même en sorte qu'il soit réutilisable en médaillon en haut à gauche, par exemple. Dessin, 3D, vectoriel et le reste, look anime, oldschool et j'en passe: éclatez-vous. Seule obligation, que votre travail ne soit pas basé sur des trucs avec des droits d'auteur dessus. Postez le tout en lien dans les commentaires ou par mail si vous avez une hémorragie de confiance; après tout, n'oubliez pas que je ne suis pas bien exigeant en la matière, donc n'effacez pas votre document en hurlant que votre art ne vaut rien. Il y a pire dessinateur que vous. Nous sommes sur le Net, les seuls gens qui vous jugent sont des pseudonymes égocentriques qui écrivent habillés vêtus d'un slip troué. Enfin, je pense; en tout cas, ils ont le ventilateur orienté sur les parties génitales quand ils jouent à Steel Battalion. La méritocratie mec, y'a que ça de vrai.

19 octobre 2004

Mai HiME / My HiME

(site officiel)

Yay, la nouvelle saison d'animes est là, telle un Noël avant Noël. Tout frais financés à coups de millions de yens, préparés par les esprits les plus fins du Japon qui ne sont pas encore devenus hommes politiques ou dessinateurs de hentai, vocalisés par des écolières qui ont trouvé autre chose que la prostitution pour payer leur troisième téléphone portable, regardés par des hordes d'otakus à 2 heures du matin, fansubbés par des étudiants en troisième mois de japonais et 6ème année de SMS, critiqués par des éditorialistes grippés dans des articles lus par un lectorat qui est un peu de tout ce qui est cité au-dessus, mais également particulièrement formidable dans le cas du présent site. Fin de la longue phrase d'intro suivie de l'avertissement pour ceux qui tombent sur ce texte au hasard de Google: ne criez pas, raton-laveur.net est un site qui aime la Japanime et les Jeux Vidéo. Let's Go!

Mai HiME (ou My HiME d'après le site officiel) ouvre donc les portes de la catégorie "grosse production", ici en provenance de la Sunrise. Autrement dit, l'anime techniquement bien sous tout rapport et dont l'univers tente de ratisser le plus large possible pour remplir les tiroirs-caisse. Ne pas s'attendre à de gros efforts intellectuels ou innovants, ne pas chercher bien loin, poser son cerveau avant de regarder, quoi. C'est pour ça que quand une prod' arrive à nous ressortir avec un brio particulier la même soupe qu'on bouffe depuis 25 ans, qu'il s'agisse de fan service (Love Hina), d'action qui dépote (Read Or Die), d'heroic fantasy (Full Metal Alchemist), des gros robots qui se mettent sur la gueule ("allez, encore une nouvelle saison de Gundam, on peut pas faire pire que G Wing après tout!"), on applaudit. Le reste du temps, on mate la chose d'un oeil distrait en cherchant les évolutions des techniques de dessin ou d'animation, en cherchant à trouver la prochaine star en matière de seiyuu ou de chara design. Fin du deuxième paragraphe d'intro, purée je suis en forme ce soir.

On dirait que les auteurs de Mai HiME ont pris une liste de tout ce qui est cool avant de scénariser ou dessiner quoi que ce soit. Voici donc la version 2004 de ce listing, aussi important que celui des courses chez Auchan:
-écolières diverses et variées, jupes courtes. Gros seins, gamines, fille mystérieuse à longs cheveux sombres - les autres peuvent avoir n'importe quelle couleur du spectre lumineux comme teint de crinière (Loi des Animes n°31). Mention spéciale si non pas une mais plusieurs d'entre elles ont un tic de langage débile et/ou entendu mille fois, genre l'éternel suffixe "-desu" à toutes les phrases.
-Flingues. Epées. Magie. Des trucs qui explosent, se font couper, détruire.
-Ninjas!
-encore des écolières. Ratisser large: stéréotypes de la fille excitée, de celle sous perfusion de Prozac, de la geisha soumise ou de la girl power de service. Kudos en cas de relation(s) lesbienne(s).
-Yuki Kajiura. Dites, si je préfère Yoko Kanno, ça fait de moi un élitiste ou juste un nostalgique?
-institution secrète. Points de bonus s'il s'agit du lycée où se réunissent les héros (Utena a touché le jackpot).
-fan service!
-des robots, ou au moins des dragons. Escaflowne a touché le pompon en combinant les deux.
-quelques références aux années 80 pour les téléspectateurs plus vieux. Je sais pas moi, des animaux cybernétiques armés (comme dans Bioman ou CosmoCats), des boules d'énergie à la DBZ et j'en passe.
Vous me voyez venir avec mes gros sabots: Mai HiME est un condensé de tout ça. Fille à gros seins fringuée en lycéenne pendant ses vacances voyageant sur un paquebot au milieu d'un lac (!), se découvrant des pouvoirs secrets et sauvant une gamine tenant une épée deux fois plus grosse qu'elle, attaquée par une ninja armée de flingues et accompagnée d'un chien-robot tirant des boules de feu qui détruisent tout le bateau avant d'arriver dans son lycée qui est en fait une couverture pour une organisation secrète: voilà le scénario du premier épisode, le tout avec une Yuki Kajiura qui ne se foule pas trop en fond sonore. Les relations lesbiennes arrivent par la suite, ne vous inquiétez pas.

On se sentirait presque vieux en bouffant un anime pareil, concentré de dizaines d'années de clichés et d'angles de caméra libidineux, fan service réduit à son sens primaire et originel: donner à l'auditeur ce que l'auditeur demande. Les nouveaux ont leur séance de rattrapage de tous les courants passés (ninjas, dragons-robots, aplats de couleur simplistes) et les anciens ne se sentent pas ringards en voyant que les "bonnes vieilles recettes" ne se perdent pas. Imparable. Et si on aime pas, soit on est un infidèle qui mérite d'être brûlé en place publique, soit on devient trop vieux et remater Evangelion serait un loisir plus approprié (amenant le nombre de rediffusions à un chiffre codable uniquement en hexadécimal). Rien à dire de plus, si ce n'est qu'il est encore un peu tôt pour juger de la qualité intrinsèque de la série - mais encore une fois, faudra pas non plus demander la lune.

Cette saison 2004-2005 s'annonce bien...

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