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21 février 2005

<a href="http://ratonlaveur.free.fr/editotaku/index.php?itemid=812">Reportage GameFAN</a>, bonus track





Merci encore à l'équipe de GameFAN et de J-Type pour son temps, ainsi qu'à Keul, QCTX et Tam.

20 février 2005

Une journée chez GameFAN

(articles sur le magazine)

En fait j'y ai passé deux demi-journées, mais 0,5 + 0,5 ça fait 1.

Samedi soir, j'appelle Stéphan "H.Falcon" Cahn, le big boss de GameFAN, pour convenir d'un rendez-vous. Il est 21 heures, et l'homme est à la rédaction. Occupé, il m'invite à le rappeler dans une heure. A 22 heures, il est toujours en train de bosser; au cours d'une interview improvisée, il parlera de son entreprise pendant une bonne heure ("il tchatche *beaucoup*", avait prévenu un collaborateur du magazine). Passionné, enchaînant les sujets à toute vitesse, il est difficile en face de lui d'en placer une. On se voit lundi après-midi.
GameFAN est édité par la société Japan Culture Press, qui avait auparavant édité Arkadia (l'ancêtre de GF version baston, qui subsiste au format 16 pages dans son petit frère) et Babylon, qui traitait d'animation japonaise. Falcon est également patron du magasin J-Type, proche du boulevard Voltaire (connu pour ses nombreuses échoppes vidéoludiques) dans le 11ème arrondissement. Pas de baie vitrée clinquante ou de grande enseigne fluo: il faut chercher le deuxième étage d'un petit immeuble avec une enseigne discrète, pratique plus habituelle au Japon. Une fois entré, le dépaysement continue: les étagères - non vitrées pour la plupart - sont en bois, les consoles en freeplay, des magazines et des mangas (français et japonais) en libre service. Les jeux sont presque tous des imports JPN ou US, le fond de la boutique est doté d'un projecteur "pour les soirées shmup et baston" et d'un cabinet MVS. Derrière un paravent et juste avant le bureau du patron, un local triste dans le plus pur style "cage à hamster" avec deux ordinateurs, des sacs de couchage roulés dans un coin et une pancarte "GameFAN" sur un mur. Bienvenue à la rédac'.

Recio reconnaît le raton-laveur, précise que le stick arcade sur le making of de la couverture est un clin d'oeil à une vanne de l'éditotaku, puis répond au téléphone. Il bosse dans la boutique, prévoit de sortir une BD en librairie et adore les change attacks dans KOF 2003 (il a dû m'en placer 10 par match). Les présentations se poursuivent: Fabien, Falcon et lui-même sont plongés dans la mise en page d'une publicité pour le magasin. Le soin est maniaque: la disposition du moindre élément est discutée au pixel près. Falcon dit de "laisser les fautes d'orthographe bien visibles pour montrer qu'elles sont voulues" et tout le monde se marre. Au fait, pourquoi autant de promo pour la boutique mais presque rien pour GF? Parce que les autres magazines n'en voulaient pas dans leurs pages. Et l'idée suggérée de laisser des affiches téléchargeables sur le site pour que les GameFanboys fassent eux même la pub est accueillie par un "il est hors de question que chez Japan Culture Press, quelqu'un fasse les choses gratuitement".

"Life is just a fucking coincidence", me dit Fabien. Il vient de raconter comment il est entré dans l'équipe de GameFAN, en poussant la porte de J-Type alors que le premier numéro était en préparation. Le monde de contraintes entre presse web et presse papier, qu'il s'agisse des délais ou de l'impossibilité de corriger une coquille une fois qu'on a publié - ou comment perdre quelques nuits de sommeil à cause d'une mauvaise version du hors-série "Game Museum" chez l'imprimeur. Ne pas oublier le funeste destin de Gaming, vécu en tant que stagiaire, maintenant qu'il est rédacteur en chef d'un autre magazine alternatif. Ou indépendant, sauf que c'est pareil dans la presse vidéoludique. Il y a un an, Fabien se demandait pourquoi la presse écrite n'interagissait pas avec le Web: commencer un débat sur le papier pour le finir sur le Net, y mettre des articles non publiés dans le magazine? Réponse, une fois de l'autre côté du miroir: parce que les lecteurs n'ont pas participé après qu'on ait tenté l'expérience, parce qu'on manque plus souvent de texte que l'inverse. Sans parler de la contrainte de continuité quand on prend les rennes du magazine après quelques numéros auxquels les lecteurs se sont habitués; si ça ne tenait qu'à lui, les notes disparaîtraient et les "tests" laisseraient place à des "critiques". Sur les mêmes ondes radio, on s'interrogeait sur ces groupes de presse qui paient leurs rédacteurs, embauchés parmi des passionnés, avec des queues de cerises et des coups de pied au cul ("les lecteurs sont les premiers pigistes, les gens sont mal payés, ont l'impression de participer à une grande aventure, mais s'usent, déchantent vite et la qualité s'en ressent", in Push Start Radio 8). Depuis que le prix de la pige chez Japan Culture Press est exposé aux yeux du pays sur l'éditotaku (15€ par page), la principale différence avec "l'entreprise au nom qui commence par F et finit par M" reste l'ambiance; ici, on paie aussi les gens une misère mais personne n'use sa semelle sur les autres, et c'est déjà ça de pris. Les collaborateurs de GameFAN ont conscience de devoir faire avec peu de moyens: il manque au moins un maquettiste et un(e) secrétaire de rédaction à temps plein pour avoir une équipe "entière", mais le magazine a au moins le mérite d'avoir tenu plus de six mois.
Toutes les questions qui s'empilaient avec les articles trouvent une réponse; JCP a peu de choses à cacher. Les repompes du Net aperçues ça et là? Evidemment que les rédacteurs sont tenus de citer leurs sources, et c'est en leur âme et conscience s'ils ne le font pas. De plus, les sites Web "utilisés" dans la création des hors-séries seront cités dans le deuxième opus. Pourquoi utiliser des captures d'écran trouvables sur le Net dans les tests Nintendo? Il s'agit d'une pratique exclusive à la firme au plombier et s'appliquant à toute la presse: les images utilisées doivent être fournies par Big N, afin de "mettre le jeu en valeur". Pourquoi autant de pseudonymes, souvent pour la même personne? Parce qu'à moins d'être pigiste, le poste de rédacteur impose de bosser exclusivement pour une maison sous peine de gros ennuis avec le patron. Qu'est-il arrivé au manga King of Gamers? Les pages publiées n'étaient qu'un avant-goût: le reste suivra en librairie à la fin de l'année. Quid du sondage? Les résultats étaient très hachés, et les questions posées dans un style peu académique n'ont pas aidé à obtenir des réponses claires ("on ne savait pas faire de sondage!"). Pourquoi y'a plus d'exemplaires du premier numéro alors qu'il a été tiré à 60000 exemplaires? Parce que les invendus de la presse ne sont jamais renvoyés à la société éditrice; ils finissent dans un broyeur. Quels sont les liens avec les éditeurs de jeux? Il n'y en a tout simplement pas, à l'exception de Nintendo. Pour être dans les petits papiers des Ubi et des EA, il faudrait parler un minimum de leurs jeux... GameFAN le paie par un manque d'exclusivités ou de previews, mais ces dernières étant rarement plus que de la hype, on ne le déplore pas. Mais pour citer Pust Start Radio 13, GameFAN ne se ghettoïse-t-il pas en ne parlant que de jeux importés? Deux réponses, au choix: Fabien dit que ça ne sert pas à grand chose de parler des mêmes jeux vidéo que tout le monde, surtout quand on veut aussi les aborder différemment. Falcon répond que GF ne parle pas de titres mainstream parce qu'il en est incapable; même Prince of Persia, il n'y arrive pas. 'Suffit de regarder le magasin hébergeant la rédaction pour s'en convaincre... Trop de ps2 dans le magazine? Peut-être parce que le catalogue de sorties de cette console est beaucoup plus fourni que celui des concurrentes.

Et fred b?

Ahhhhhh, le fred b du mois, pas trop tôt. Il est d'autant plus fourni qu'il s'agissait du dernier sujet de conversation du lundi, les "grosses" questions étant réservées pour le lendemain. J'ai donc pris sorti la caméra DV et demandé à Falcon de nous expliquer Frédéric B - et c'est pas triste.
Basiquement, ses articles sont à prendre "au dixième degré". Une zone de vide intellectuel après Emergency Broadcast ou les analyses de gameplay de Yan Fanel. Ils ne racontent pas grand chose, sont un condensé de prêt-à-penser, que l'on lira volontiers pour "rire un bon coup". D'après Falcon, des lecteurs ont même demandé à ce que la rubrique "GameHeure" reste, d'où son retour (elle avait disparu dans le n°6) au format 1 page. Là où ça devient finaud, c'est que connaissant le personnage (un mot qui revenait beaucoup était "mélo"), la rédaction est cependant convaincue qu'il écrit ses textes au premier degré, même s'il clame le contraire. Elle a donc demandé des pamphlets plus courts et leur a donné une maquette vide, "comme une attente dans un aéroport", afin de mieux faire comprendre l'optique de la rubrique. Est-ce qu'on doit rire de ses textes? Oui, il est là pour ça. Mais quitte à avoir une rubrique "censée nous faire réfléchir" (dixit le B), pourquoi ne pas y mettre quelqu'un qui le ferait bien? Parce que tel quel, "Frédéric est utile pour souffler dans le mag'" (à défaut de souffler dans le ballon, NdRL). Son orientation est cependant susceptible de changer pour profiter de sa formation de journaliste, unique dans l'équipe. On lui a récemment commandé un article sur un sujet orienté business, en sachant qu'il ira rouler son Katamari là où il faut pour avoir des réponses. Reste à ce qu'il se débarrasse de ses formules toutes faites, mais Falcon "sai[t] qu'il en est capable". Fred a également écrit un livre, "L'Absolu" ("à 22 ans, il refait le monde en 600 pages, et jusqu'au big-bang!"), en parution prochaine chez Publibook - "début 2005" d'après B, mais introuvable dans le catalogue des nouveautés. Si Stéphan Cahn a accepté de parler aussi librement, c'est tout simplement parce que tout ceci a déjà été dit au principal intéressé. En tout cas, l'organisation FSB (Fan Sans le B) a enfin le point de vue officiel.

Reste que GameFAN mérite son nom: c'est un mag' fait par des gens qui s'y connaissent (à défaut de savoir écrire français), mais qui aiment souvent un peu trop leur sujet. Embaucher des rédacteurs issus du fanzinat Web, c'est vraiment une excellente initiative. Voir ces derniers pondre des tests positifs à la chaîne dans le style "si vous aimez le catch féminin/Terminator/la chirurgie, c'est un bon jeu", ça ne répond pas trop à la mission d'un mag' de jeux vidéo - nous aider à sagement dépenser 60€ (ils se sont ramollis, c'était plus sévère il y a quelques mois!).
En fait, GameFAN fait sa mue: on passe d'Arkadia, un magazine sur le pro-gaming "complètement fait à l'arrache, et ses numéros sont devenus collectors pour ça", à une revue prévue pour un public plus large, mais en train de revenir vers une audience très ciblée. Le tirage va encore être réduit, l'équipe a diminué de moitié, et le magazine sortira maintenant tous les deux mois. Le n°9 va être fourni avec un Video-CD (pour pouvoir le lire sur la Saturn^^?) et est prévu pour la mi-avril. Bien que Falcon n'aime pas le terme de "nouvelle formule", le magazine va subir de profondes modifications; lesquelles? La rédaction le décidera après quelques séances intenses de brainstorming. Impossible pour le moment de savoir où GameFAN va, et ce n'est pas un compliment. Reste que l'équipe que j'ai eu l'occasion de rencontrer a beaucoup appris durant ces derniers mois et semble attentive à son lectorat. Sa plus grosse frustration reste, outre le manque de moyens (propre à la presse indépendante?), la difficulté à transmettre sa passion pour le jeu vidéo. Cette capacité à accrocher le gamer dès qu'il ouvre le magazine, à l'instar d'un Famitsu. Ca ne tient pas seulement à la maquette ou à l'orthographe; les discussions autour du sujet parlent de "faith", "d'oser", de "liberté" et de tout un tas d'autres mots qui font mal à la tête. Vont-ils dépasser le stade de la note d'intention pour faire une revue que nous pourrons acheter en toute confiance? C'est trop tôt pour répondre, mais c'est sur ce cheval que je parie mon argent.



Addendum à cet article

18 février 2005

Chansonnette

Au feu les pompiers, la Xbox qui brûle,
Au feu les pompiers, la Xbox brûlée!
C'est pas moi qui l'ai brûlée, c'est le Master Chief,
C'est pas moi qui l'ai brûlée, c'est la ps2!

16 février 2005

Exposition Miyazaki - Moebius

Conversation téléphonique le samedi: "ouais, j'y suis allé, t'inquiète, y'avait personne dans la queue".
Sauf que le dimanche, les magasins sont fermés alors les gens ils vont au musée. 45 minutes de queue au bas mot - encore heureux que Keul supporte relativement bien mes blagues sur les blondes. Donc dimanche, jour du Seigneur, mangez des patates au beurre mais n'allez pas attendre une heure.
Première chose: l'agencement de l'expo et le flux des visiteurs a été géré par quelqu'un qui a trop joué à Pipe Mania. Les salles n'ont qu'une seule entrée et une seule sortie (se finissant donc sur une impasse), les oeuvres sont exposées sur des galleries à double face disposées en cercle avec une seule ouverture, certains couloirs sont vraiment minces, il n'y a rien sur les murs... Le problème n'est pas la popularité de l'évènement (qui s'en plaindrait?) mais son organisation.
La première salle propose quelques vidéos déjà vues: les différents documentaires qu'on trouve sur l'édition collector et la rencontre entre les deux maîtres diffusée sur Arte. On y trouve aussi un passionnant "comparatif" Nausicaä / Harzac, situé au milieu d'une rapide biographie des auteurs. Il s'agit du lieu le plus peuplé de l'exposition.

Les autres salles suivent la même organisation: une oeuvre de Moebius dos à dos avec une oeuvre de Miyazaki. Les documents sont variés: cellulos (parfois à plusieurs couches et toujours avec l'arrière-plan, miam), story-boards, extraits de bédé/manga, concepts... Les pièces présentées se limitent à Miyazaki chez Ghibli et Giraud en Moebius (SF et fantastique, donc); on est d'ailleurs en droit de croire que les organisateurs sont allés frapper à la porte de Buena Vista Entertainment tant on se limite à ce qui est contenu dans le contrat Disney/Ghibli. Les légendes sont laconiques (avec des fautes d'orthographe en plus!), et alors que les originaux sont partout pour Moebius, les "sérigraphies" (terme poli pour désigner de vulgaires copies) sont nombreuses du côté Ghibli. Et il y en a qu'on trouve dans les art books officiels... Un comble pour une présentation censée nous ouvrir la collection personnelle des artistes!
Le résultat, bien que mitigé, est quand même loin d'être mauvais. Le sujet est audacieux, Jean Giraud n'y est pas allé avec le dos de la cuillère (il a sorti des morceaux de bravoure fabuleux de ses cartons; ce n'est pas tous les jours qu'on voit les concepts de la Planète Sauvage ou des Maîtres du Temps), et Ghibli a quand même mis quelques dessins de projets annulés qui vont mettre leur fanbase en ébullition (Doryu To Kushana et le prélude à Nausicaä: Sengoku Majo). Ca tombe bien: même si les photos sont interdites (pas indiqué, mais on reste quand même dans un musée), les vigiles sont pour faire joli. Pour résumer le négatif: 300 créations "seulement", on reste - évidemment sur sa faim (selon votre rythme, comptez entre 1 et 2 heures pour tout voir); évitez le week-end et les après-midis pour y aller; trop de copies pour ce qui est Ghibli; organisation des lieux très mal foutue; enfin, la boutique de l'expo est bien sûr hors de prix (30€ pour une affiche? Et ta mère, c'est les Beatles?). Moi je dis, à 9€ c'est trop cher, mais les tarifs Fnac ou étudiant (7€ et 6€ respectivement) sont plus proches de la réalité. En tout cas, je n'ai pas passé un mauvais moment.

Merci Fab



Le reste suivra après rédaction et repos, parce que je viens à peine de rentrer et chuis un peu d'équerre là. Merci de votre patience!

13 février 2005

Elfen Lied

Anime lancé dans cette deuxième moitié de saison télé. On comprend vite pourquoi il n'a pas eu les honneurs d'une diffusion en septembre. Attention, on tient la bouse du mois.

Scénario: alors ça commence dans une base secrète, on le sait tout de suite parce que tous les murs ils sont gris. Et il y a une gonzesse A POIL qui s'en échappe, genre super vénère, parce qu'elle DECHIRE les soldats qu'elle croise, mais tu vois, déchirer dans le sens que vraiment, à distance, chrrrric. Alors y'a du sang partout et elle fait ça à distance, exactement comme Tetsuo dans Akira, quoi. Et les soldats ils sont un peu cons, ils disent que comme elle maîtrise la télékinésie, il faut pas faire tomber des objets parce que sinon elle les leur enverrait à la gueule à mégavitesse supersonique - comme des shurikens quoi - mais ils la mitraillent et ils ont même pas de récupérateur de douilles alors ils en mettent partout! Ah ouais et elle a des super nichons la fille, elle se ballade la foune à l'air pendant tout l'épisode. Quand elle est sur le point d'être libre, y'a un sniper, il est trop trop fort tu vois, parce qu'il lui colle une balle en pleine tempe. Ca c'est rien du tout, je le fais tout le temps en campant sur de_dust2 avec mon AWP; mais ce qui tue trop sa mère, c'est qu'il la snipe avec une balle qu'il dit que c'est une 50mm anti-blindage de tank! Et moi comme j'ai lu la Gazette des Armes de tonton Rambo qui passe son temps à me parler du Viet-Nâm quand il a pas pris ses gouttes, je sais que y'a un truc qu'on appelle le coefficient de pénétration qui fait que c'est pas possible de sniper un tank.
Et pis ensuite l'épisode il passe de la repompe d'Akira à celle d'un shonen bien bâtard avec un gars qu'on se bat les keusses de savoir quelque chose sur lui et qui va vivre tout seul dans une maison gigantesque, comme dans Mahoromatic ou Happy Lesson ou Hanaukyo Maids ou n'importe quel autre anime de merde dans le genre. Et il tombe sur la gonzesse à poil sur la plage mais elle est amnésique et elle arrête pas de dire "Nyuu" alors il décide de l'appeller "Nyuu", et en plus elle a comme des cônes sur la tête! Mais y'a que des gens super pointilleux qui verront la repompe sur Chobits, ou alors les filles parce qu'elles lisent toutes Clamp alors Chobits c'est un truc de gonzesses et alors elles verront pas Elfen Lied parce que y'a du sang et des seins partout, la vache faut pas que ma mère elle voit ça parce que sinon elle dira encore qu'on est revenus à l'époque du Club Dorothée. Et le mec, il prend la fille avec lui dans sa grande maison, mais comme elle est recherchée par l'armée et qu'elle vire schizo quand on l'attaque, ben ils pourront pas jouer au docteur tranquillement.

Assez rigolé, je commence à avoir des crampes à me la jouer skyblog.

Nous avons donc affaire à un digne représentant de la saison 2004-2005: aux côtés de Mai HiME ou Kannaduki No Miko, Elfen Lied est un pot particulièrement pourri de mélange de tout et de rien, ou plutôt de ce que le téléspectateur considère "cool": à savoir, Akira sans la prise de tête sur l'histoire et les harem animes sans prise de tête sur les filles - on pense très fort à DearS quand même. La gent féminine est d'ailleurs ici réduite à une sorte de caricature grotesque: les femmes y sont assistées, se font battre sans ménagement, sont connes et ont des gros seins (le dernier point est habituellement toléré, mais cumulé avec les autres, on obtient le summum du stéréotype). Quoi de surprenant quand le studio ARMS, reponsable de ce navet, a principalement des animes hentai sous sa ceinture (jeu de mots voulu)? Les méchants y sont trèèèèès méchants et les gentils sont très gentils, formant ainsi le casting le plus manichéen jamais vu dans un anime depuis Grendizer (et pourtant, moi aussi j'aime Goldorak); ça sert à quoi que les autres productions se décarcassent à éviter le schéma "blanc contre noir"?

A me lire, on a l'impression de se retrouver face à un mauvais anime, rien de plus. Mais alors, qu'est-ce qui rend cette production bien plus médiocre que les autres? Quelle est, à l'exception d'un fansub de merde, la pointe de mauvais goût qui rend l'ensemble irrécupérable, plongeant le téléspectateur dans un état de choc? La raison est relativement tordue, donc on peut la mettre sans mal sur le dos d'un producteur zélé: cette saloperie se croit artistique. Ou donne l'impression qu'elle se veut artistique, au choix. Primo: le générique d'intro. Visuellement, l'art designer a crié à qui voulait l'entendre qu'il s'est inspiré du "Baiser" de Klimt. Sauf que j'ai une info pour Aoki Tomoyuki (qui a bossé au même poste sur les OAVs de Shin Hokuto No Ken, rien de moins): mettre des nichons protubérants dans une peinture expressionniste, c'est comme rajouter une barbe à la Joconde et dire qu'on s'en est inspiré. Ca ne fait pas de vous un génie, et le châtiment approprié à ce sacrilège tient de l'ablation des phalanges avec une cuillère à pamplemousse. Accessoirement, il vaut mieux être français pour peindre des seins et faire passer ça pour de l'art sans risque d'être pris pour un pervers, mais je digresse.
Un autre élément qui ne trompe pas est la musique, dont le thème principal (lui aussi "inspiré", cette fois-ci par un psaume de Saint Jean dans une édition latine de la Bible!) est doté de chants qui me sembleraient volontiers samplés à partir d'un enregistrement sur dictaphone de Luciano Pavarotti faisant ses vocalises le matin. Je sais pas comment ils ont fait ça, mais on dirait mon numéro de téléphone sous forme de chants grégoriens. Merci également aux titres des épisodes en allemand, les Xéno-jeux-vidéo ont déjà prouvé que ça les rend tout de suite plus cools.

Sérieusement, à quel point doit-on descendre son seuil de tolérance pour trouver cet anime tout juste visionnable? Pardon, je me "prends trop la tête"? Relisez le début de cet article. Serait-ce parce qu'il n'est visuellement pas trop moche? Ceux qui pensent ainsi sont du genre à penser que Dead Or Alive est une série de jeux vidéo géniaux, limités à un bel emballage pour juger l'ensemble. Il suffit de mettre des culs partout pour vendre? Bel exemple de démagogie. Une mémoire dont la durée de vie se mesure en nanosecondes, qui a déjà oublié Akira et DearS, principales "inspirations" de cet anime à la profondeur égale à celle d'une flaque de pluie? Suffit-il de rajouter un air d'opéra en guide de bande-son et trois dorures dans le générique pour tromper les autres ou mieux les convaincre que tout anime est un incunable de l'inspiration artistique au pays du Soleil Levant, et non un produit industriel trop souvent produit à la chaîne? Elfen Lied décroche fièrement la timbale du plus mauvais anime actuellement visionnable et une nomination pour le pire titre de l'année pour les Tanukis Awards 2005. Bien joué.

12 février 2005

J'ai deux amouuuurs

Ceux qui ont fréquenté le canal IRC cette semaine sont déjà au courant: de demain à mardi, je me rends à Paris. Pourquoi? Pour rien. Enfin si, pour l'expo Moebius-Miyazaki, même si tout le monde m'a dit que c'était toupourri. J'irai rendre visite à quelques amis et à la rédaction de GameFAN - parce que ça fait un moment que j'aimerais faire une demande de mariage à Gallou, la fille qui a dessiné la couverture du numéro 3.
En tout cas, il est possible que je ne puisse pas venir à la session IRC dominicale (#editotaku@irc.worldnet.net). Et si vous voyez un raton-laveur dans le métro, pas d'erreur, c'est bien moi!

11 février 2005

Quatre années d'attente pour ça



Moi je dis: "WoW".

EDIT à 23h33: le serveur d'inscription des comptes est de retour. Super, maintenant vous avez droit à la file d'attente puisque les sept serveurs français (comparé à une vingtaine pour le Royaume Uni, yeah) sont saturés. Ah pardon: huit serveurs, ils en ont ajouté un en catastrophe. Si vous hésitez, les lecteurs de l'éditotaku ont choisi Hyjal pour le Player VS Environment et Ner'Zhul pour le Player VS Player.

EDIT à 23h56: Ah, de nouveau morts les serveurs d'inscription. Ceux qui sont au milieu de ce fiasco remarqueront que Blizzard vous fait tout recommencer si vous prenez "trop de temps" pour remplir les formulaires, autrement dit plus de deux minutes par page. Les autres, faites comme moi: moquez-vous d'eux. Quelle bouffonnerie que toute cette histoire, quand même.

M'en fous, Cyrus m'a offert Tales of Symphonia, vraiment très bon - si on excepte les textures un peu pixellisées. C'est l'exemple même du jeu ultra-classique, qui ne cherche pas à inventer un système d'évolution innovant ou un scénario original; il cherche juste à être fun, et il y arrive en nous faisant une bonne recette dans une vieille marmite. Y'a plein de quêtes secondaires, et il est tout aussi amusant pour un pro du RPG ou un novice en la matière.

10 février 2005

Par la barbe du Prophète

(texte pour les technophiles et ceux qui chercheraient par Google une solution à ce problème; les autres, ne lisez pas)

La Xbox peut afficher des scintillements sur le haut et le bas de l'écran lorsqu'elle est en affichage RGB et 60 Hertz, si... le câble Ethernet branché a un connecteur RJ45 en métal. Même pas besoin de le connecter, un simple toucher entre la prise (métalisée) de la console et l'extrémité du câble (pourvu qu'il soit électriquement actif en étant branché à un hub, un routeur ou un ordi de l'autre côté) et paf, l'image à l'écran se met à clignoter.
Là où ça devient absolument délirant, c'est que si vous avez une multiprise Péritel avec d'autres consoles acceptant elles aussi le RGB et le 60 Hertz, ces dernières seront également affectées! Et ce n'est pas la faute au reste du matériel: ce problème qui me pourrissait la vie depuis des mois m'a fait dépenser des fortunes en câbles RGB (dont je mettais en doute la qualité ou l'isolation), en heures de tests et en duplicateurs Péritel. C'est d'ailleurs après avoir constaté que ça se produisait même avec un Joytech AV 965 à 50€ que j'ai commencé à tuer des lapins. Toutes les consoles branchées dessus "scintillaient" si le câble Ethernet était branché sur la Xbox...

Absolument rien de logique, à l'exception d'un éventuel problème d'isolation électrique (exclusif à ma console qui serait défectueuse?); sûrement le dysfonctionnement le plus étrange qu'il m'ait été donné de voir durant mes 20 ans de jeux vidéo - je n'ai pas 20 ans pour autant, parce que sinon y'aurait de quoi s'inquiéter. Bref: on peut diminuer le problème en branchant la console directement à la TV sans passer par un duplicateur, en utilisant le mode 50 Hertz (sacrilège!), en repassant à la connectique Cinch (même derrière un adaptateur Péritel), ou carrément s'en débarrasser en utilisant un câble avec un connecteur RJ-45 en plastique. Si comme moi, vous avez tiré un câble de 30 mètres et n'avez pas l'intention d'en racheter un autre, ajoutez un hub pour mettre un petit câble avec embout en plastoc au bout de la chaîne. Notez d'ailleurs que les câbles Ethernet Xbox officiels sont justement dépourvus de métal; Microsoft serait-il au courant?

09 février 2005

Full Metal Alchemist

Il était une fois une chaîne de télé française qui faisait une chute d'audimat. Et à chaque pourcentage en moins, elle se répétait: "jusqu'ici tout va bien... jusqu'ici tout va bien... mais c'est pas la chute qui compte, c'est l'atterrissage". Depuis que Canal Plus (ou Canal + pour les puristes) a décidé d'écouter son petit cousin qui regarde des fansubs, elle a fait une bonne et une mauvaise chose. La mauvaise: engager un réformé P4 de GameOne comme présentateur de la case horaire pour les 18-25 ans - chez Canal, on écrit pas "case" mais "Kaz" d'ailleurs. La bonne: taper dans le catalogue de Dybex et Kaze pour nous montrer des animes récents, mal doublés et avec le générique d'origine. Noir se termine (dixit Laura sur #editotaku: "ça vire au drame lesbien sur la fin"), et on enchaîne sur Full Metal Alchemist. La grande question étant: "vont-ils prononcer 'alkemist' ou 'alchemist'?"

Série en deux saisons commencée au Japon en octobre 2003; la vélocité de la chaîne cryptée est louable, voire détentrice du record de la diffusion d'un anime la plus rapide de la TV française. Au fait, les éditions Pika semblent être sur les starting blocks pour la version française du manga. C'est animé par le studio BONES (Wolf's Rain! Cowboy Bebop!), produit par Square-Enix (assurant une flopée de jeux certifiés pourris) et édité chez nous par Dybex (garantissant l'absence de piste audio japonaise sur C+ Numérique, contrairement à Kaze pour GTO). Faut voir le bon côté des choses: les dialogues, riches en termes ésotériques, ont plongé bon nombre de fansubbers dans une confusion proche de la mienne quand j'ai entendu Brandon de Beverly Hills 90210 expliquer à ses parents et avec l'air le plus sérieux du monde qu'il était bourré au volant et avait planté la décapotable parce qu' "on [lui] avait servi du ponch en lui disant que c'était du jus de fruits" (moralité: "maintenant, j'ai un casier judiciaire"). Bref, entre les homonculi et la pierre philosophale, les fansubs français ont donné des résultats hilarants.
Parce que c'est un peu ça, Hagane No Renkinjûtsushi (pour les frimeurs et les japonais) ou Full Metal Alchemist (pour les autres): une quête de la pierre philosophale pendant les 26 premiers épisodes, des homonculi (singulier: homonculus) pendant les 26 autres, et un peu d'humour pour diluer le tout.
L'histoire? Deux frangins enfreignent les lois de base de l'alchimie (c'est pas bien de sauter les pages écrites en rouge de "L'Alchimie pour les Nuls"; ça tombe bien, y'a un rappel au début de chaque épisode) et y laissent quelques plumes, plus un bras (pas d'inquiétude, il se fait greffer un bras bionic), une jambe et un corps entier. L'anime suit donc leur voyage initiatique dans un univers steampunk, avec une guerre civile qui couve et des alchimistes un peu partout. Le concept de cette "magie" dans l'anime est très écarté de la version de Nicolas Flamel pour pousser le facteur "fun" au maximum: résultat, des éclairs, des boules de feu, des Gatlings et des trucs délirants tout partout. Techniquement, c'est très agréable à l'oeil, les génériques (qui changent à chaque moitié de saison, un effort réservé aux valeurs sûres du marché) sont bons, la musique orchestrale est bien assumée... On voit où est passé l'argent et c'est tant mieux.

La première saison tient du shônen convenu, avec ses allusions à l'adolescence, la découverte du monde ou les horreurs que l'Homme peut connaître (l'épisode 7 a la réputation méritée de secouer les téléspectateurs; ne dites pas qu'on ne vous aura pas prévenu!). On se force un peu à regarder les 26 premiers épisodes (les personnages auxiliaires auraient peut-être mérité un peu plus d'attention), mais la suite est davantage à la hauteur; on passe d'un bon anime commercial à un très bon divertissement aux rebondissements calculés et à l'histoire développée. Ca change de Noir...

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