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"Je suis pas gay, mais s'ils veulent une fellation, je peux les aider." -Raton-Laveur, à propos de l'équipe de Nolife.

07 mars 2005

Coup de foudre

Microsoft est donc en train de faire un rappel généralisé des câbles électriques de la Xbox. Sauf que nombreux sont ceux qui se demandent à quoi rime tout ceci: selon le communiqué officiel, on a plus de chances de s'électrocuter en esquissant la simple pensée de prendre un bain avec sa console. Et je sais de quoi je parle: cette idée m'a traversé l'esprit, et ZAP! J'ai pris une chataîgne. Ou alors c'est la Xbox qui m'a puni parce que je commençais à imaginer Mario qui me rejoignait dans la baignoire - elle n'a pas dû supporter pareille intrusion de l'ennemi dans mes fantasmes.



("-Quand même raton, il y a quelques bouses dans ta logithèque...
-Ah? Quoi par exemple?
-Dead or Alive 3.
-Oh, je ne l'ai acheté que pour les seins.
-Les seins?
-Oui, les seins.
-Les seins?!
-Les seins, ouais.
-...")

Le nouveau câble est une étrangeté à lui tout seul. La console étant un PC, elle a une alimentation similaire à celle de nos ordis. Sauf qu'ils ont dû prendre le modèle le moins cher, et comme Canard PC le répète régulièrement, l'alim', c'est le composant le plus important de votre bécane! Pourquoi ce gros boîtier au milieu du cordon? Et ces deux boutons bizarres, dont un à ressort et l'autre bien rouge et tentant? Après lecture de la sacro-sainte notice (86 pages au total pour tous les langages, ça doit pas être gratuit à imprimer), on en sait guère plus. En fait, nous avons affaire à un bon vieux fusible des familles: si EDF fait mal son boulot, chlac, le disjoncteur fait son boulot. Le bouton rouge est un testeur de tension (avec une diode de test à deux couleurs, y'a pas mal d'électronique dans ce machin), et le vert sert à remettre le fusible en place s'il saute. L'adaptateur secteur dans la console (à gauche sur cette photo) ne serait pas suffisamment protégé? D'après les infos distillées par MS, c'est ce que l'on est en droit de croire. Et après avoir découvert qu'un simple port métallique RJ-45 peut déclencher des scintillements sur l'image, plus rien ne peut m'étonner de la part de la Xboîte.
Sauf que ce nouveau câble pèse son poids et doit coûter une petite fortune à fabriquer. 14 millions de consoles dans le monde, et dans le cas de l'Europe, toutes celles fabriquées avant janvier 2004? Ca représente la quasi-totalité du cheptel! Même la plupart des modèles vendus dans le pack Halo 2 de Noël dernier seraient affectées. Ca va coûter une véritable fortune à Microsoft... Alors qu'il s'agit d'un problème plus qu'anodin et statistiquement acceptable et que nous sommes à la veille de la sortie de la Xbox 2 annoncée par tous pour la fin de l'année. Rien d'étonnant à ce que bien des gens voient toute cette histoire comme une opération de recensement mondial, à l'adresse de leur possesseur près, des consoles toujours opérationnelles, pucées ou pas, et qui ne dorment pas sur les étagères d'un magasin d'occasions. Le genre d'information qui vaut de l'or quand on est sur le point de lancer une nouvelle version du produit...

Assez parlé matos. C'est rigolo, mais il n'y a rien de mieux pour vous faire passer pour un geek.

Blacksad est passé chez moi avec une bonne et une mauvaise nouvelle. Vous devriez vous souvenir de ce lecteur fidèle du site pour les fanarts qu'il m'avait offerts l'an dernier; il est revenu avec sa planche à dessin - et ça, c'est la mauvaise nouvelle. Il a fait une "raton-laveuse", le problème étant qu'il s'agissait d'une de ces créatures anthropomorhes, mi-humaines, mi-fourrure. Ou furry, pour le terme anglais se rattachant à ce fantasme. Pour ceux qui ont la chance de ne jamais être tombés sur ce genre de choses, je résume en trois phrases: "vous avez de la chance", "les furries sont la lie de l'Internet" et "mangez des Prince Choco mais évitez les Double Choco". Evidemment, le brave garçon n'était pas au courant du risque qu'il prenait: devenir un furry artist. Il n'empêche que je suis resté ahuri devant le soin innocent apporté à cette oeuvre maléfique:


Damn furries!

La bonne nouvelle, c'est qu'il m'a apporté le disque du magazine officiel Xbox de ce mois-ci. Démos jouables de Splinter Cell Chaos Théorie (ils l'ont écrit comme ça dans GameFAN), Unreal Championship 2 - The Liandri Conflict (et jouable sur le Live!), Star Wars Republic Commando, TimeSplitters 3, SvC Chaos et j'en passe. Splinter Cell est beau comme un camion, avec des éclairages aussi soignés que Riddick sur console ou Doom 3 sur PC: ils n'ont pas chômé. Mais pour le gameplay ouvert promis depuis si longtemps, on retrouve bien des mécanismes toujours aussi énervants depuis le premier opus. Votre radio vous parle au moment précis où vous passez telle porte, tel emplacement de tel couloir; certains gardes vous entendent passer à dix mètres à la ronde, en étant dehors et au beau milieu d'une tempête digne du Déluge; vous pouvez déchirer une toile de tente, mais uniquement à un endroit précis... TimeSplitters 3, toujours développé par Free Radical (des anciens de chez Rare), est maintenant édité par EA. Ils ne veulent plus qu'on les appelle "Electronic Arts", juste "EA" - mais rien d'étonnant quand on voit les jeux qu'ils sortent. Enfin, je reparlerai plus tard de cet éditeur ;) . TS3 est donc un cas typique de licence qui marche et qu'EA rachète pour capitaliser sur son succès, si on en juge cette démo: le niveau jouable est l'exacte copie d'un passage de TimeSplitters 2. Le gars dans son vaisseau spatial se plante sur une planète rouge, cartonne des martiens avec quelques armes et des tourelles impatientes de se faire activer, et se défend avec des pisto-lasers qui font zap-zap. A la fin de la démo, vous êtes invité à entrer dans une base, mais si vous restez, vous pouvez combattre aux côtés de vos alliés des vagues d'ennemis qui sautent sur une corniche. Sauf qu'ils arrivent en nombre illimité et que vos coéquipiers sont invulnérables, dans un ridicule simulacre de combat en attendant que le joueur daigne pénétrer dans le bâtiment; je pensais que ce genre de script flemmard avait disparu depuis le premier Medal of Honor (encore un jeu édité par EA, tiens)... J'ai également essayé Unreal Championship 2, mais il a de nombreux mécanismes de jeu qui font leur apparition dans cet épisode - il semble vraiment être un Unreal à part entière. Les armes blanches sont un régal, on peut faire des sauts de 20 mètres de haut en s'aidant de quelques colonnes, et les effets graphiques sont bien délirants.

05 mars 2005

Pendant ce temps, hors d'Azeroth

Pendant que World of Warcraft a bouffé une semaine de ma vie, il s'est passé des choses intéressantes:

- Keul, le code monkey officiel de l'éditotaku, a fort joliment modifié les archives. Elles s'affichent à présent mensuellement, en commençant par le début du mois, et contiennent un aperçu de chaque article avec la catégorie qui lui est attachée. On me fait également remarquer que vous êtes de plus en plus nombreux à utiliser le lien RSS pour savoir quand est-ce qu'un article est posté; n'oubliez pas qu'il y a aussi une version WAP du site, pour celles et ceux qui s'ennuient en cours et pendant les réunions du patron.
-TPS est en train de passer une flopée de films asiatiques; de Kinji "Battle Royale" Fukusaku, de Takeshi "Beat" Kitano (dont Getting Any!) et des deux Kurosawa (Kiyoshi et Akira). Le tout en VO, évidemment. Pour ceux qui ont CanalSat, il paraît qu'ils vont contre-attaquer le mois prochain.
-L'épisode 5 de Welcome To The Scene vient de sortir. Cékoidonc? C'est une mini-série de courts-métrages en libre téléchargement, narrant l'histoire d'un groupe de distributeurs pirates de films récents en divx. C'est particulièrement mauvais, mal raconté, mal filmé, dégoulinant de niaiserie. A chaque épisode, on voit l'écran d'un ordinateur, et son utilisateur est montré dans un coin de l'image. Ainsi, pendant 20 minutes, le gars tape sur son ordi, ou dit à ses potes sur IRC d'attendre un moment pendant qu'il répond à sa môman sur son téléphone. Et c'est vraiment navrant: notre pirate (qui a beau avoir des terabits de divx, n'a que 5 MP3 différents dans son iTunes) rippe des DVDs, négocie leur vente avec des asiatiques sur ICQ, et son bureau de Windows XP est d'un bleu uni à se tirer une balle. Ses interlocuteurs sont devins (ils tapent une réponse AVANT que le gars tape sa question!), les dates des emails reçus ne correspondent pas, le sponsor de la série apparaît subrepticement quand le personnage principal va surfer sur son site. Cet épisode 5 suit un autre membre du groupe - joué par un très mauvais acteur qui ne bouge même pas les doigts quand il tape sur le clavier, et je ne crois pas avoir vu quelque chose d'aussi chiant depuis "le Projet Blair Witch" (les deux films hein, pas de débat). Pourquoi je le regarde alors? Parce que les p'tits gars d'eMule ont vu que cette série était en provenance directe mais discrète de chez sony. On sait donc que nos téléchargeurs du dimanche vont finir enfermés dans la cellule de Jojo la Savonette; mais franchement, quitte à vouloir dissuader les pirates, ça aurait cassé trois pattes à un canard de faire quelque chose d'intéressant à regarder? Regarder un loser taper sur son clavier pendant 20 minutes, est-ce vraiment la méthode pour inciter les gens à payer pour aller voir Catwoman?
-Deux semaines après mon reportage chez GameFAN, les infos sur le prochain numéro viennent d'être officialisées. Les buralistes de France et de Navarre, harcelés par les gamefanboys qui ne voyaient pas arriver de n°9, ont dû les forcer à cracher le morceau.

Demain soir à 21 heures, session IRC comme tous les dimanches. Passez par #editotaku@irc.worldnet.net si vous aimez les vidéos pondues par de grosses multinationales capitalistes, ou tapez votre pseudo dans le menu à gauche si vous aimez les choses simples.

03 mars 2005

Chroniques de World of Warcraft, finale

(chroniques précédentes)

Je n'ai pas joué à World of Warcraft depuis trois jours. Avouez que pendant une période d'essai de 10 jours, c'est un peu con. L'avantage, c'est qu'en laissant mon perso reposer aussi longtemps, il a vite récupéré plein de points d'expérience, et paf, level 17 vite fait. En relisant mes rapports de nuits passées sur le jeu, on voit bien que mon opinion glisse irrémédiablement. "Glissement", dans le sens qu'on a profité, entre deux contes d'Azeroth, pour réfléchir sur les jeux massivement multijoueur: ont-ils une fin? un but? un avenir? Mais également "glissement" dans le sens que l'enthousiasme n'est pas vraiment parti crescendo.
Qu'est-ce qui aura eu raison de mon plaisir? La vaste futilité de jouer un jeu qui n'a pas de fin, qui n'est qu'une vaste session IRC dont les membres ne suivent même pas la règle de "jouer un rôle" , et qui n'a pas de but non plus. Un univers incroyablement figé, aux maîtres de jeu portés disparus et aux personnages Non Joueurs qui ne sont que des robots vendeurs ou distributeurs de quêtes. Aux ennemis stupides, vulgaire chair à canon existant dans le seul but de masser votre ego dans le sens du poil. Même si WoW a des règles simples et efficaces, il n'innove rien - bien au contraire, il semble parfois en retard sur ses concurrents. Payer tous les mois pour ça? Non merci.

Avant de fermer mon compte, autant faire en sorte que le temps passé dessus (1 jour, 8 heures et 30 minutes environ) n'aura pas servi à rien. J'espère avoir fait ma part des choses pour encourager les joueurs à respecter le RolePlay, sur le seul serveur RP français, Kirin Tor. Si vous avez un personnage dessus, voilà ce que vous pouvez faire: demain soir à 21 heures, vous rendre à Ratchet, le village gobelin (et pas orc, merci Choucroot) en bord de mer. On peut y accéder aisément par son port ou les chemins des Barrens (qui sont sûrs tant que vous restez sur les sentiers), on y trouve une banque, et il est à côté de la Croisée des Chemins (qui dispose d'une voie aérienne). Rendez-vous sur le ponton.
Je distribuerai mes armes, mes objets et mon argent. Pas de quoi casser trois pattes à quelqu'un qui serait niveau 20 ou plus, mais vous pourrez sûrement en tirer un bon prix, équiper un nouveau personnage, ou faire des heureux dans votre guilde avec tout ça. Au menu, il y aura environ:
-1 pièce d'or, 63 pièces d'argent, 24 pièces de cuivre,
-une canne à pêche et une verroterie brillante,
-un oeil ténébreux,
-une pierre de foyer (ça sert à quelque chose d'en avoir deux?),
-un bouclier "targe en bois", protection 282, blocage 3, durabilité 55,
-pas loin de 50 morceaux de lin,
-5 élixirs de force du Lion,
-3 potions de sang de Troll faible,
-des gantelets, des bracelets, une ceinture et une veste en mailles entrelacées, respectivement d'armure 105, 60, 83, 136 et de durabilité 30, 25, 30, 75,
-divers objets de quête et autres menus gadgets (bandages en lin, bouffe, etc),
-des armes, mais comme pour les armures déjà citées, je ne sais plus ce qui est lié ou pas. On jugera sur pièce.

Ca sera simple et funky. A demain soir!

01 mars 2005

Le monde merveilleux des conventions d'animation japonaise, édition 2005

Vous le savez déjà, le proprio de ce site a la sale habitude d'écrire sur l'Epitanime - la convention pour les otaques qui sentent sous les bras, surtout quand il fait super chaud. Chaque année, j'écris un rapport qui fait rire les organisateurs et hocher la tête des visiteurs, ces derniers articulant lentement: "oui, ça s'est bien passé comme ça. Sauf que moi, je suis pas allé improviser la chorégraphie de Party Night de Di-Gi Charat à 3 heures du matin devant un amphithéâtre de 150 personnes". Quand j'ai envie de passer un bon moment, entouré de gens qui ne me font pas penser que je suis la lie de l'humanité (contrairement à mon miroir), pour remplir mon quota annuel de rayons UV sous un soleil de plomb, puis celui des sorties nocturnes durant lesquelles je n'ai pas à vendre ma virginité anale, je sais qu'Epitanime est prêt à m'accueillir. Pourvu que je fasse un total de 1200 bornes aller-retour, que je me retienne d'en coller une à des rédacteurs en chef aggressifs, et que je filme des vidéos débiles sans avoir dormi depuis 3 jours.

Et Japan Expo? Bah, je me contente des résumés. Je pourrais aussi vous raconter les origines de JE, née après avoir fait un enfant dans le dos d'Epitanime (ça ne vous étonne pas de voir qu'en 2000, Epitanime se nommait Japan Expo?), mais c'est pas le genre de la maison. Je ne sais pas si vous vous souvenez du mot fondateur de l'association Tsubasa (qui organise les activités de la plupart des conventions françaises): ils ne veulent plus qu'on reparte en se disant "j'ai acheté plein de DVD et de goodies" mais "je me suis bien amusé". La Japan Expo, ça reste, année après année, un supermarché organisé par Manga Distrib' avec des cosplayeuses sur une scène pour divertir les fauchés et de nombreuses activités pour masochistes: files d'attente avec tirage au sort pour des autographes, avoir à repayer si on veut y retourner après être allé manger, et mêlée de rugby permanente dans tous les couloirs pour avancer un peu. Si seulement j'arrivais à me souvenir où j'ai rangé ma combinaison en cuir, mon fouet et mes chaînes, je serais déjà en train de faire la queue pour avoir la chance de vivre ces expériences impérissables.
Sauf que l'attente ne serait pas que de quelques mois, à l'instar de ces bossus qui sont déjà avec thermos et sacs de couchage devant les cinémas pour Star Wars Episode 3. Elle serait de plus d'un an, pour l'édition 2006. Vous le savez tous depuis des mois, puisque ce n'est qu'un secret de polichinelle: Japan Expo 2005, vous la prenez, vous la roulez, et vous vous la carrez derrière l'oreille. Tout le Wired est déjà au courant depuis des mois, chaque source ayant gentiment demandé de ne le répéter à personne. On a donc eu en janvier des "rumeurs" sur Nihon-Fr, suivies d'un démenti alors que ça sentait déjà le sapin, divers messages sur tous les forums que je préfère ne pas lier ici (déjà qu'ils ne m'aiment pas chez Uso, on va pas empirer les choses), pour finir en apothéose sur le communiqué officiel tout rose et tout mignon. Oui, l'inspection du travail leur a rendu visite, et "aucune suite n'a été donnée à cette affaire", tout va bien madame la Marquise. Pourtant on déplore - entre autres - un tout petit rien: l'organisation fondatrice Jade ferme boutique et est remplacée par une nouvelle association, vierge comme la Marie, créée par un ancien responsable des relations humaines. Inutile aussi de vous parler des liens entre l'éditeur IDP et Japan Expo, c'est pas le genre de la maison non plus - et les gens du gouvernement ont l'avantage sur moi d'être payés pour creuser tout ça. Donc, retour en 2006 à Paris Nord, Villepinte, deux étages, (plus habitué à voir défiler des expositions d'armes de destruction massive), nouveau président, nouvelle assoce tout ça. Clair comme de l'eau de roche, je vous dis.

Donc, que reste-t-il comme conventions dans les grandes villes? D'après les Nuls, Stéphanie (de la principauté avec le circuit de Formule 1) aurait déclaré: "j'ai un pied à Paris et un autre à Monaco"; et Bruno Carette d'ajouter: "on plaint les lyonnais". On les plaint d'autant plus que Bakamanga 2005, là aussi, vous vous la taillez en pointe et vous vous la mettez où je pense. Mais bon, parler de Lyon, c'était juste pour faire une transition. Le Cartoonist? Après avoir avoir giclé de Toulon, après le triomphe de l'alliance avec Paris BD, Olivier Gilbert, l'homme qui ne peut plus mettre un pied dans un studio d'animation japonais depuis qu'il a vendu ses dédicaces sur eBay et qui est actionnaire dans Japan Culture Press (éditeur de GameFAN), tente d'aller à Marseille.

Et oui: à Paris, il ne reste plus qu'Epitanime. Eux, ils savaient depuis décembre que Japan-Expo 2005 était six pieds sous terre. Mon intuition féminine m'a toujours conseillé de me fier à la première impression, puisque c'est généralement la bonne. Vous savez quoi? Lorsque les organisateurs de la convention qui a fait 6321 visiteurs ("et un raton-laveur", dixit les orgas) en 2004 ont appris que la convention qui a fait 41000 visiteurs la même année allait se mettre au vert pendant un an, leur première impression a été: "on est dans la merde". Bonne pioche.
Epitanime 2005: ça n'a même pas commencé et ça va déjà éclater tous les records de fréquentation. Première idée: réduire la publicité à son strict minimum: le Web, les magazines spécialisés, quelques affiches - l'obligation de promotion de l'évènement, est stipulée dans le contrat avec les exposants. Les préventes (le "risque de forte affluence" sera d'ailleurs précisé dès cette étape!) serviront à prendre la température, mais des places au guichet seront toujours disponibles. L'équipe cogite sur des moyens de plaire au public JE, plus "mainstream", sans trahir le côté "hardcore" d'Epitanime. Comme il n'y a plus de lundi de Pentecôte, la convention ne durera que deux jours (de vendredi 27 mai en soirée jusqu'au dimanche 29). Des exposants qui devaient être présents à JE2005 sont déjà en train de voir avec Epita pour négocier une place. Et elles seront rares et limitées en taille, cette année: gros filtrage à l'entrée, les amateurs doivent "prouver la qualité de leur production" et les professionnels seront, ô joie, tenus de garder le HK (les fameuses contrefaçons) à la maison. J'attends cependant d'avoir des détails sur ce point, puisque Konci était en 2004 le principal partenaire de la convention - le voyage au Japon, premier prix du cosplay, c'était eux. Ils avaient gardé les DVD Zone 0 à la maison, mais ne s'étaient pas privés pour les CD audio et autres figurines. C'est encore organisé à 50-50 avec l'asso Tsubasa (aucune collaboration avec l'équipe de JE n'est envisagée), ils font de leur mieux pour avoir un écran à l'extérieur et relancer le karaoke en plein air (qui s'était fait porter pâle en 2004 par manque de budget), et tout le monde est sous pression. Ca va être une année bien chargée, et personne n'a envie de se taper une surpopulation genre Japan Expo 2004 en version Epitanime 2005. Surtout quand on n'arrive pas à retrouver sa combi cuir avec fouet, chaînes, tout ça.

Bon courage.

28 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, sixième nuit

(nuits précédentes)

De: wowgmeu@blizzard.com - World of Warcraft GameMasters Europe
A: raton-laveur@raton-laveur.net - Raton-Laveur


Salutations Ratonlaveur,

Vous nous avez fait parvenir une requête en jeu mais malheureusement, nous n'avons pas pu vous joindre en ligne.

Royaume : Kirin Tor
Date de la requête : 2005/02/25 12:07:27
Problème rencontré : Rapport de comportement hors charte.

Nous avons pris connaissance avec la plus grande attention de votre message nous signalant une violation de nos conditions d'utilisations.
Nous tenons à vous remercier pour ce rapport qui nous permettra de prendre les mesures appropriées si la violation de la charte est avérée, et de maintenir ainsi l'intégrité du jeu World of Warcraft.


Nous avons fermé votre requête. Merci de ne pas essayer de répondre à cet email. Une réponse automatique vous sera donnée. Si vous avez de nouveau besoin d'assistance en ligne, n'hésitez pas à nous contacter par le système de requêtes en ligne.

Cordialement,

L'équipe de Maîtres de Jeu
Blizzard Entertainment Europe


Allez lire la troisième nuit si vous n'avez pas compris. Qui sait, peut-être que par "mesures appropriées" pour non-respect du RolePlay, ils veulent dire qu'ils vont envoyer Jack Bauer...

Dernier chapitre

27 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, cinquième nuit

(nuits précédentes)

La question qui finissait mon article de vendredi continue à trotter dans ma tête: quand un jeu n'a pas de fin, quand est-ce qu'on arrête d'y jouer? Après tout, si Namco continue à sortir ses Namco Museum avec des Pac-Man ("fidèles au pixel près", dixit la jaquette) sur les consoles les plus puissantes du marché, c'est que quelqu'un, quelque part, doit bien les acheter. Je n'ai toujours pas lâché Puyo Puyo, et personne n'est contre un petit niveau de Sonic / Mario (rayez la mention inutile) pour finir la nuit. Sauf qu'il y a une différence avec les MMO: ces jeux ont une fin. Que ce soit parce que vous avez bouffé tous les fantômes, parce que vous avez atteint le haut de l'écran, ou parce que vous avez fait la nique à Robotnik / Bowser (rayez la mention utile, pour varier un peu). La replay value était déjà là, bien avant qu'on nous vende des jeux vidéo fermés comme des huîtres qui nous poussent à récolter un rein sur chaque soldat ennemi pour avoir un nouveau chapeau. On y revient parce que le défi est présent, parce qu'on a pu sauver le monde, parce qu'on passe un bon moment.
Or, dans les MMO, le critère de survie se limite à "si j'attaque seul cet ennemi qui est un ou deux niveaux au-dessus de moi, je suis mort". Les adversaires ne sont pas très vigilants: ils ont un poste à "garder", et si vous fuyez, ils vous laisseront partir après un bon jogging. Ils ne sont pas très intelligents non plus - et cette remarque s'applique aussi à bien des adversaires en PvP. Pourquoi jouez-vous? Quel est votre but? Gagner la guerre? Devenir le plus grand guerrier au monde? Etre le plus cool? Poser la question à des gens qui me voulaient dans leur guilde provoquait inévitablement, après un long silence radio, des réponses hilarantes.

Attendez, laissez-moi deviner: vous jouez parce que c'est fun. Parce que vous, au moins, ben vous trouvez ça amusant. Mais voyons, forcément que tuer des monstres qui ont le QI d'un skybloggueur mais ont un gros marteau, c'est rigolo! Forcément que faire ça avec des copains, c'est aussi marrant que faire n'importe quoi d'autre avec eux! C'est facile, joli à regarder, et on peut papoter en plus! Est-ce qu'on peut discuter pendant qu'on joue à UT2004? Est-ce que Tetris, c'est beau à regarder? Et vous en connaissez beaucoup vous, des jeux aussi faciles? Zéro prise de tête, les MMO! T'as une question? Savoir où se trouve trucmuche, qui a le dernier poil de couille de vache pour compléter ton herbier? Facile, y'a un canal de discussion pour le savoir tout de suite et ne pas avoir à se casser le cul à chercher un peu! Personnellement, je me demande encore où se trouve le plaisir à participer à une aventure sans vouloir se creuser un peu la cervelle, mais bon. World of Warcraft suit une règle ancestrale du milieu: un bon jeu est un jeu auquel on a gagné. Selon cette règle, WoW est un des meilleurs titres au monde, puisque nous sommes tous des winners. Faut être patient, c'est tout. Mais comme on l'a vu précédemment, personne ne gagne vraiment, puisqu'il n'y a pas de fin. Donc, il n'y a pas de perdants non plus.
WoW plaît donc à tout le monde, à l'instar du genre MMO - dont l'objectif avoué est finalement de brasser suffisamment large pour être aussi "massivement multijoueur" que possible. Pour arriver à ses fins, on réduit donc la difficulté au plus petit dénominateur commun. Imparable... Mais ça ne vous rappelle pas quelque chose, "le plus plus petit dénominateur commun"? La démagogie. Selon la définition de ce cher Cléon (l'inventeur de cette philosophie qui aide tant de chaînes de télé à vendre du temps de cerveau disponible), pour s'attirer les bonnes faveurs d'un public, il suffit de lui dire ce qu'il veut entendre. Les gens veulent gagner, donc on leur donne de la victoire au kilo pour pas cher, et en abonnement mensuel s'il vous plaît. WoW est un bon jeu parce qu'il est démago, à la manière d'un Dead or Alive qui est un bon jeu parce qu'il est beau, ou un magazine de chez FJM parce qu'il ne dit pas de mal de ce que vous aimez (scoop: je viens de donner la raison du succès des publications FJM). Conclusion: les MMO sont des jeux démagogues. Conclusion corrolaire: béni des foules sera le MMO qui proposera de la fesse facile.

Actuellement au niveau 16. Le jeu devient laborieux.

Sixième nuit

26 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, quatrième nuit

(nuits précédentes)

Ca y est: avec le titre de cet article, celles et ceux qui viennent pour les textes sur les jeux vidéo pour consoles et les animes ont compris qu'il serait plus sage de revenir dans 6 nuits, à la fin de ma période d'essai de WoW. Et bien que la question n'ait pas été posée dans le sondage, j'estime ce public à au moins 137,6% du lectorat. Ils sont donc partis sur un autre site web, et espérons qu'ils reviendront bientôt. Enfin, je dis ça, mais c'est pour brosser les lecteurs toujours là dans le sens du poil; entre nous, j'ai toujours pensé que les consoleux et les fans d'animes sentaient mauvais.

Votre abonnement est encore valable pour 7 jours

Avec une régularité digne d'une horloge suisse, des gars de l'Alliance sont venus rendre visite à la Croisée des Chemins. Il faut croire que c'est la culture du résultat qui prime chez eux, parce que l'effet est probant: une véritable marée de machabbées à l'entrée du village. Pourtant, c'est pas comme si on était en territoire contesté ou sur la ligne de front; j'ai visité le chemin vers Ashenvale ou la lisière de la forêt des elfes, et il y a des miradors, des gardes, des portails. La voie des mers la plus proche est tenue par un village orc. Bref, on est tenté de croire qu'on entre pas dans les Barrens comme dans un moulin: la vérité, c'est que l'Alliance vient avec ses sacs de blé et cuit son pain chez nous. Peut-être même qu'ils mangent leurs baguettes avec une tranche de Tauren au milieu. La riposte n'a pas tardé: la Horde était bouillonnante! La guerre est déclarée! Les magasins vendent des armes de combat dignes de ce nom! Les quêtes sont des raids dans le camp ennemi et des missions d'espionnage!
En fait, non: tout le monde s'en fout. Les vendeurs ont continué leur bizness alors que le sang coulait à flots sous leurs yeux, les machines de guerre restèrent sans vie, rien ne bougea. Il y a un an, je râlais déjà contre le caractère statique des MMO. Pour ceux qui ont la flemme de lire, je résume: si les jeux massivement multijoueur ont un abonnement, c'est - officiellement - pour financer une équipe de maîtres de jeu qui font vivre le monde, aident les gens, écrivent une histoire, inventent de nouvelles quêtes. Sauf que ça, c'est la théorie; en vérité, et à l'exception du scénario d'Anarchy Online ou des ajouts de contenu de City of Heroes, les titres sur le marché sont figés. Les joueurs n'ont aucun pouvoir, leurs actions n'influencent pas l'univers, et les nouveautés passent par des add-ons payants - consistant en l'ajout de nouveaux territoires sans mettre à jour les terres déjà explorées, histoire de ne pas avoir à se remettre en question. Les 10 dollars (ou plus, parfois jusqu'à 15!) que vous versez servent maintenant "à entretenir les serveurs", pour mieux les fermer chaque vendredi matin pendant quelques heures avant que vous puissiez retourner dans cette forêt pétrifiée.

Finalement, les joueurs sont rarement farouches quand on leur reproche leur manque de RolePlay. Tout du moins à ce niveau; ils doivent devenir vraiment méchants sur des terres réservées aux levels 30 et plus. Ratonlaveur, Tauren âgé de 15 ans, commence à montrer des signes de lassitude. Et les prix sur 2leet sont vraiment abusés.

Pas d'article sur les jeux vidéo sans fin demain dimanche (sauf pour les évènements qui se dérouleront ce soir), puisque c'est le jour de la session IRC hebdomadaire: #editotaku@irc.worlnet.net dès 21 heures, ou entrez un pseudo dans le menu à gauche. Amenez des potes, laissez votre login de WoW au vestiaire, et venez discuter sur le goût des yaourts à la vanille qui vire vers celui de la guimauve quand on les laisse ouverts hors du frigo pendant quelques jours.

Cinquième nuit

25 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, troisième nuit

(nuits précédentes)

Cher journal,

Aujourd'hui, je suis passé niveau 14. Comme la période d'essai est limitée à 10 jours, la futilité des efforts pour tenir une bonne réputation est évidente... Mais autant laisser une trace, de préférence sur le slip et qui sent mauvais. Alors à chaque fois que sur le canal de discussion principal, quelqu'un ne faisait pas de RolePlay, je lui envoyais un court message privé du genre "pense au RP". Comme nous ne sommes plus sur les territoires de novice, les gens enfreignaient la règle en toute connaissance de cause, d'où des réponses pimentées... Et à chaque fois qu'un d'entre eux m'envoyait chier, un maître de jeu reçevait une petite missive. J'en ai encore des frissons d'excitation. Mais pour un abruti, combien de gens qui font des efforts ou apprennent le sens de ces initiales? Beaucoup, ça c'est sûr.
Les quêtes se font maintenant bien plus souvent en groupe. Parce que tout seul, on se met vite à prendre ses pattes à son cou, poursuivi par un troupeau de rhino-féroces - et je vous le garantis, hurler "JUMANJI!" ne sert à rien. Le Tauren-laveur part donc en première ligne et distribue les gnons, les magiciens restent au loin et le dopent comme un cycliste et les arquebusiers finissent le travail. On se mélange un peu les pinceaux pour savoir qui cherche quoi pour accomplir quelle quête, quand même. Hélas, leur grande majorité consiste toujours à dézinguer quelques dizaines de créatures et les objectifs "originaux", comme les recherches d'objets, les escortes de personnages ou le montage de meubles Ikéa se comptent sur les orteils puants d'un pied d'orc. J'ai également appris à la dure et au téléphone le système de talents ou de voyage par les airs - il faut dire que je n'avais jamais consulté les chefs des couloirs aériens: avec un nom comme "Maîtres du Vent", j'avais trop peur qu'on me pète au visage. Et comme un patch a été mis en place ce matin, tout le monde parlait de la disparition du "cosmo"; pour un moment, on s'est crus dans un MMORPG textuel basé sur le doublage français de Saint Seiya. Et je me suis fait encercler par un groupe de l'Alliance qui était sur le point d'attaquer la Croisée des Chemins.

WoW ne change vraiment rien du tout au concept des jeux massivement multijoueurs: encore une fois, c'est juste un bon exemple du genre. Il n'a pas de temps de chargement, tourne sur une bécane vieille de quelques années sans être moche pour autant, et ne va pas chercher bien loin dans les pénalités infligées au joueur en cas de mort ou de manque d'investissement dans son personnage. La recette reste la même que ses concurrents: on distribue les quêtes comme on multiplie les pains afin que le joueur soit toujours occupé, le monde est plus grand qu'un appartement d'ex-ministre de l'économie, et l'évolution du personnage est suffisamment rapide pour récompenser le joueur et le garder sous contrôle. Il faut dire ce qui est: avec une infinité de temps, un singe devant WoW peut être niveau 100 tellement le jeu est facile. Pas besoin de réflexes ou d'intelligence, une souris suffit. Car au fond, quand un jeu vidéo n'a pas de fin... quand est-ce qu'on doit arrêter d'y jouer?

Quatrième nuit

24 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, deuxième nuit

(première nuit)

Pfouuu, toutes ces quêtes, tous ces gens qui m'envoient aux quatre coins du Mulgore pour leur trouver ce qu'ils veulent... Alors: 4 crocs de loup, 8 pattes de Cougar (ou Couguar, le jeu hésite), 5 couilles de Rôdeur des basses plaines (ou Traqueur des basses plaines; Blizzard a sérieusement besoin de se relire), 2 pierres de puits, 4 tranches de jambon, une boîte de raviolis... Ah non, je confonds avec la liste des courses. WoW a beau être un excellent MMORPG, il garde la recette du genre: on fait des tas de trucs qu'on se demande un peu à quoi ça sert, si ce n'est faire grimper les points d'expérience. Enfin, le journal de quêtes s'allège, certains personnages refusent de nous donner autre chose à faire tant qu'on aura pas un niveau plus élevé... Sauf que certains sont un peu mal réglés. Ainsi, on m'annonce fièrement que ça y est, je peux quitter mon Mulgore natal et m'aventurer dans la zone suivante, les Barrens.

Je suis accueilli par quelques bestioles qui paissent tranquillement. Sauf qu'elles ont 5 niveaux de plus que moi, que mon torse a la circonférence de leur bras et que quand elles marchent, ben le sol il tremble et mes enceintes elles font boum boum. Et il fait nuit en plus. Coolos, on est juste là pour porter un message au village du coin, la Croisée des Chemins. Reste bien sur le sentier, regarde devant toi et serre les fesses. Même les girafes qui broutent pourraient me poinçonner en deux coups. Et ça ne rate pas: en moins de temps qu'il n'en faut pour écrire "au secours frères! Mon arrière-train de Tauren est menacé par la virilité animale!" (comme quoi, le RP, c'est quand même chiant quand on a besoin d'aide), je suis pourchassé par 5 girafes assoifées de sang, une hyène, 3 dragons de Komodo, 2 pots de Nutella et 6 litres de lait écrémé. Merde, encore la liste des courses; d'ailleurs, j'ai jamais compris pourquoi les textes sur les briques de lait écrémé s'adressent toujours à "la femme qui veille à sa ligne". Bref. Sur le chat principal, je reconnais le pseudo de masskot (mon ami qui m'a refilé les disques d'installation, pour les paumés qui débarquent). Salut, qu'est-ce que tu fais là, faut rentrer maintenant c'est pas un endroit pour vous monsieur, je vous raccompagne à la maison. On se donne rendez-vous, et la rencontre est comparable à celle de deux scouts se retrouvant en pleine nuit à un point de chute commun lors d'une épreuve lancée à trois heures du matin, sauf qu'il y en a un qui s'est vu donner un chemin pourri parce que le chef de patrouille était à côté de la tente et l'a entendu râler pendant qu'il s'équipait. Et aussi, y'a un scout qui a une panthère qui le suit partout - et c'est pas moi.
Alors que nous sommes sur le point de partir vers Mulgore, une alarme retentit au village: une attaque de l'Alliance! Explication: le serveur de jeu est en PvE, mais il est possible d'activer ponctuellement un mode PvP, où l'on ne peut taper que les autres courageux qui l'ont également enclenché - ou les PNJ. Les joueurs puissants se portent vite volontaires pour aller casser du nain et organisent une chasse à l'homme: on pose des pièges, on surveille les entrées, on guette le canal de discussion. Et moi? Ben, comme un pauvre yuppie coincé à la sortie du Virgin dans une manif' Nation-République: en train de flipper pour son beau costard en côte de mailles (à cause des lacrymogènes magiques) qu'il vient tout juste de payer 5 pièces d'argent et 6 de bronze avec sa MasterCard, mais quand même morbidement fasciné par le spectacle des manifestants envoyant des pavés sur la police Orque en hurlant "à bas la Horde! Liberté pour les Nains!"
La scène est fascinante d'improvisation propre: un archer grimpe sur une colline proche, les voleurs se camouflent, le canal réservé à la milice clignote comme un sapin de Noël. Le Nain débarque et allume tout le monde en deux coups de cuillère à pot: il a même pris le temps de me parler avant de me transformer en couche d'ozone version année 2241. Heureusement, il y a un cimetière à 10 secondes, donc je peux ressusciter rapidement en revenant sur le lieu de ma mort... C'est métaphysique quand même, de voir son propre corps - et ça arrive tout le temps dans les jeux vidéo. Sauf qu'aussitôt ressuscité, vlaaaa (à prononçer à la Coluche: "Vlaaaa!"), re-mort. Re-re-ssuscite, re-re-mort. Ben oui, lui aussi il revient au cimetière, donc le manège dure un petit moment. La discussion rappelle que ce genre de situation n'ira qu'en empirant, puisque les joueurs de WoW sont très majoritairement en faveur de l'Alliance. Ils le paient en ayant des manifestations de Gnomes à poil qui se font taper par les GM, mais bon.

Home sweet home, de retour à Mulgore! Un manant, 7 niveaux de plus que moi, me supplie de rejoindre sa guilde; il faut 10 joueurs pour qu'elle soit active, alors on a plus souvent des petits chefs frustrés mendiant des membres que des gens cherchant un clan. Excédé par mon refus - "j'ai un honneur à accomplir d'autres tâches pour mes frères avant d'en rejoindre d'autres" et autres phrases extraites de petits cahiers hérités d'AD&D -, il commence à sortir des "plzzzzzz^^": ah ah pauvre naze, t'as cassé le RP! T'es le maillon faible, au revoir, rotation des chevilles de 180° et direction opposée à la mienne. C'est ce qu'il y a de beau dans le RolePlay: c'est une excuse en béton pour tout et rien. Pourquoi tu m'as pas soigné avant que je crève? Parce que tu n'as pas dit "frère" à la fin de ta phrase. Pourquoi tu quittes le groupe au beau milieu d'un donjon sans crier gare, abandonnant les autres à une mort certaine? Parce que vous faisiez un mauvais RP. Tu peux faire du café? Non, les Taurens n'en boivent pas, frère. Du béton, je vous dis.
J'accomplis quelques quêtes avec d'autres joueurs, dont Cereb. RP oblige, je ne lui ai même pas parlé de ce site, mais peu après son départ, il a posté un commentaire ici. Soufflé, le raton - même s'il s'agit d'un flagrant mais involontaire élan d'autosatisfaction. Soufflé, mais modeste. Quand il est parti dormir, il a rêvé que la session IRC du dimanche soir se faisait sur WoW. Mais comme tout le monde avait pris une race différente, on ne pouvait pas jouer ensemble et tout se passait en discussion sur le canal de Guilde. Comme sur IRC donc, mais avec le texte en vert.

Quinze heures de jeu, niveau 12. So far, so good.

Troisième nuit

23 février 2005

Chroniques de World of Warcraft, première nuit

Code d'inscription valable pour 10 jours offert par Findae: check.
Disques d'installation fournis par masskot: check.
Pinces, burin, marteau, laser à diamant et planche à découpe pour retirer les CDs de cette saloperie de support: check.
Carte de crédit: ou chèque?

Au fait, dix jours à partir de l'heure d'inscription ou du jour d'inscription? Connaissant Blizzard, soyons prudents et attendons minuit en jouant à Unreal Tournament 2004 (au fait, nouveau patch version 3355 dispo). Au fait, même si le serveur répond bien, la phase d'enregistrement est toujours particulièrement chiante.
Choix du serveur... Pas d'hésitation, Kirin Tor, le seul royaume consacré au RP. Sauf que c'est un peu le dialogue de sourds: à part une petite mention "RP" à côté du nom du serveur, rien n'explique à quoi on s'attend en s'y connectant. Résultat? Ceux qui savent ce que c'est que le RP jouent le jeu, ceux qui ne le savent pas passent pour les boulays qu'ils sont, et les éditorialistes qui en parlent se sentent obligés de préciser le sens de ces initiales. Donc, RP pour Role Playing: dire "bjour asv lol", pas bien, mais dire "Salutations, frère d'armes!", bien. Et comme je trouve qu'il y a une connotation politico-économique post-moderne intéressante à hurler "Pour la Horde!" avant d'aller exploser joyeusement quelques rotules, le RP s'impose.

Le jeu se lance comme un charme, ne rame pas, ne fait subir qu'un seul et court temps de chargement au début. Le niveau du personnage monte très vite, la learning curve est parfaite, et l'esthétique est là. Esthétique? La "Blizzard Touch", kwâ. Ces gens-là font du beau avec peu de polygones car leur style est caricatural. Par exemple, comment croyez-vous qu'ils ont fait le design de leurs elfes de la nuit? Un dessinateur, qui avait lu un manuel de Donjons et Dragons quelques années plus tôt, a dit: "ils ont de grandes oreilles pointues". Le résultat final? Dans Warcraft, les attributs auditifs des Elfes leur permettent aisément de recevoir tout CanalSatellite et tout TPS, chaînes porno comprises. Oups, pas très RP ce que je viens d'écrire. World of Warcraft tourne donc sur des bécanes du genre "plus petit dénominateur commun" sans être moche pour autant. Les autres créateurs de MMOGs n'ont-ils pas encore compris que demander une configuration puissante ne ferait que réduire le côté "massivement multijoueur"?
Elément relativement important, vous en conviendrez! Contrairement aux autres types de jeux, les MMO ont besoin de joueurs pour que ces derniers s'amusent... Car même les jeux vidéo classiques orientés multi, limitant la capacité d'un serveur à 32 ou 64 joueurs, sont encore jouables plusieurs années après leur sortie; quelque part dans le monde, il y a bien encore quelques centaines de bossus qui aiment toujours le premier Unreal Tournament ou StarSiege Tribes (que ce soit parce que leur PC est pourri, parce que c'est leur chouchou...). Ce phénomène est en train de se créer aussi sur le Xbox Live, dans une plus faible mesure évidemment (on trouve toujours des gens pour un Crimson Skies!). Mais si un MMO n'est pas populaire dès sa sortie, sa durée de vie n'en sera que davantage réduite, puisque même les fans se lasseront d'être seuls au monde! J'avais déjà fait remarquer qu'avec Anarchy Online, les joueurs vétérans restent dans les lieux "payants", laissant les terres de Rubi-Ka aux autres - mais ces dernières sont repeuplées.

Mais les jeux massivement multijoueur n'ont pas de fin, n'est-ce pas?

Mon Tauren (totémisé "Ratonlaveur", sans blague) a rejoint sa capitale sans trop d'ennuis. Six heures de jeu et tout va bien.

Deuxième nuit

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