27 septembre 2006
LameOne
Pendant ce temps, le Big Show, qui méritait son nom tant il était davantage dédié à ses présentateurs qu'aux jeux vidéo et gadgets qu'ils présentaient, dégage pour laisser place à un "JT". Ledit JT est d'ailleurs lui-même assez dégagé : Juju le Gogol, comme il est affectueusement surnommé dans les cours de récré des écoles primaires de France et de Navarre, est seul devant un fond bleu - ça y est, ils n'ont plus de studio ! A l'époque de la Game Zone, G1 se vantait d'avoir un "rendez-vous quotidien du jeu vidéo", à ce détail près que tous les épisodes de la semaine suivante étaient enregistrés en une journée - bonjour les news fraîches. Je regarde le JT : Julien ne parle pas, il hurle. Il ne se tourne pas vers la caméra, regardant sur le côté en criant des vannes du genre "et les gens dans la rue ils sont prêts à me taper pour avoir des ps3, mais on a pas de consoles nous on est pas les constructeurs !" Il dit ça en tendant une main, l'autre enfoncée dans la poche. Il fait du Jamel Debbouze et il se croit marrant. Si je prends un chrono, je pense que le temps d'antenne du bouffon est égal à celui des sujets qu'il est censé envoyer.
Au moins, les news semblent fraîches ; sur fond de belles vidéos (certaines toujours pompées sur le Net, c'est fou ce qu'une inscription payante sur IGN peut vous fournir comme contenu quand on est une chaîne de télé), une voix off parle du retard de la ps3 et du port HDMI qui fait son apparition sur le modèle bas de gamme de la console. Mais qui va chercher ces news aussi récentes, sans ironie aucune dans ma phrase ? Ca, c'est facile à dire : sur le blog de l'émission, Julien cherche un stagiaire. Ce qui est une bonne nouvelle en soi, puisque ça veut dire que la tache qui faisait office de stagiaire à la pseudo Jacky-Berroyer a été dégagé - ou alors ils lui ont offert un contrat plus stable, ce qui est une mauvaise nouvelle en soi. Morceaux choisis de l'annonce :
Mission : La personne aura pour mission principale :
- La recherche d'informations pour les news
- Le suivi du montage des news (Banc cut ou Avid)
- La gestion de dubs
- Aide à l'élaboration des émissions (NdRaton : recherche d'infos, suivi du montage audio et vidéo... C'est moi ou le gars fait tout sauf présenter l'émission ?)
Profil :
- Connaissance du jeux vidéo (sic) et des nouvelles technologies
- Avoir de bonnes notions d'anglais à l'oral et à l'écrit,
- Etre organisé, rigoureux, dynamique, autonome.
- Avoir des connaissances de montage (Banc cut ou Avid)
- Accepter d'etre appelé "le bleu" dans les locaux (nan là je déconne lol) (NdRaton : là encore, sic transit)
ON ATTEND LES CV à julien@GAMEONE.NET
Là encore, laissez-moi répéter : nous avons affaire à un gars qui bosse pour GameOne depuis plus de trois ans et met un x au singulier de "jeu". Oh puis merde ; je pense à ce gars qui a passé 24 heures d'un week-end devant G4TV, l'équivalent ricain de G1, et je me dis qu'au coût de quelques points de SAN, je devrais faire de même ici. Quand je pense que j'ai commencé à mater cette chaîne à l'époque où elle s'appelait "C:" et que j'y avais découvert Neon Genesis Evangelion en version sous-titrée...
Par Raton-Laveur le 27 septembre 2006, 23:59 - Général 55 commentaires
25 septembre 2006
Message à caractère professionnel
Extrait de l'éditotaku, édition du 20 août 2006 :
"Vous savez déjà que j'ai perdu une dizaine de kilos avec DDR (15 kilos en 2 mois pour etre précis)"
Le "vous savez déjà" est une référence à la présentation de raton-laveur.net, où l'on peut lire :
"Pour rappel, raton-laveur.net n'est qu'un site amateur tenu par un type dont le principal accomplissement dans la vie a été de perdre 15 kilos en deux mois uniquement en jouant à Dance Dance Revolution et sans limiter le Nutella (véridique)"
Extrait du magazine Joystick n°185, édition d'octobre 2006 en page 30, actuellement dans les kiosques :

Extrait de l'éditotaku, édition du 28 août 2006 :
"Mon Mech à moi"
"Tiens, les [jeux vidéo] MechCommander sont devenus gratuits"
Extrait du même magazine Joystick n°185, édition d'octobre 2006 en page 26, actuellement dans les kiosques :

Aucune mention dans la liste des sites web sympathiques et aucun gentil mail dans ma boîte aux lettres - une aimabilité que le magazine Game Fan avait pris la peine d'observer. En tout cas, la boucle est bouclée : avant, c'est moi qui lisais Joystick (depuis le numéro 15), et même si l'équipe originale est à présent en train de publier Canard PC, c'est à présent Joystick qui me lit.
Alors, autant en profiter.
Messieurs de chez Joystick,
Comme vous semblez avoir découvert l'éditotaku depuis peu, laissez-moi me présenter. Ce site existe depuis presque cinq ans, et cette colonne éditoriale offre un nouvel article environ tous les deux jours au lectorat génial dont vous faites partie - et ça dure depuis quatre ans, pour un total de bientôt 1200 textes. Je rends donc mes textes en temps et en heure, sans fautes de français, et avec un humour qui semble vous plaire suffisamment pour que vous jugiez bon de piocher dedans. Ca parle de jeux vidéo PC et console et d'animation japonaise, et même Erwan Cario en recommande la lecture.
Depuis un an, j'écris aussi quelques piges pour les éditions Japan Culture Press / Coconut Agency dans Game Fan et RetroGame, où je m'occupe régulièrement des news, des bouses (rubrique "Garbage Factory"), des jeux pour adultes (rubrique "Ecchi", avec un ton sérieux et décalé)... Si ce que vous avez pu lire sur l'éditotaku n'a pas fini de vous convaincre de mes compétences, je vous invite à piocher dans vos kiosques le Game Fan n°14, où j'ai également fait six pages sur l'Epitanime (convention de japanime et jeux vidéo que je couvre depuis cinq ans), texte et photos. Soit un total de 14 pages sur un mag' qui en compte 132. D'ailleurs, si vous tenez à voir ma bouille pour coller un cliché sur ce CV improvisé, regardez la page d'ouverture de ce dossier, c'est moi sur la gauche, avec la peluche, le Nikon D70 et le badge VIP estampillé "Raton-Laveur" à la ceinture (merci somnambule pour ce cliché).
Enfin, Game Fan étant actuellement en standby et ce pour une durée indéterminée, je vous annonce ma disponibilité quasi-immédiate et ma capacité à me reloger où et quand bon vous semblera. J'aime les FPS, les jeux d'aventure, de réflexion, le hardware... J'ai tenté de postuler il y a un p'tit bout de temps en envoyant les docs qui vont bien à l'adresse prévue à cet effet, mais sans avoir reçu de réponse ; si vous avez un autre mail à me proposer, je vous enverrai sans tarder CV et lettre de motivation en bonne et dûe forme. Je reste à votre disposition pour de plus amples détails.
Veuillez agréer, messieurs de chez Joystick, mes salutations distinguées. J'en profite pour vous remercier de lire mon site, vous et l'ensemble de mon génial lectorat. Quand on voit les commentaires dépourvus de kikoolol, les super articles que vous faites lors des semaines Quartier Libre, les autres blogs qui me lisent, les mails qui me disent que Joy s'inspire de ma prose, et justement, quand on voit que même Joy me lit, je comprends pourquoi je ne me suis pas encore collé la tête dans le four. C'est pour vous que je fais ça ; alors, merci à vous pour votre fidélité.
Par Raton-Laveur le 25 septembre 2006, 20:26 - Général 30 commentaires
24 septembre 2006
Guild Wars Nightfall
Quoi de neuf ? Apparition de "héros", des mercenaires (bots) de luxe qui évoluent tant que vous jouez avec eux, et quelques bidouilles d'interface : les collectionneurs apparaissent sur la mini-carte, ou on voit tout le temps le "portail" vers la prochaine zone - ce qui cache franchement l'immersion quand on a une vague tache grise à travers la végétation qui indique la suite des évènements. Et des bugs. Rohlala.
Alors on va bien me dire que c'est normal, c'est une preview, et je serais le premier à être d'accord avec vous, que je pourrais tout simplement signaler ces bugs, seulement voilà : les liens postés plus haut montrent que je suis Guild Wars depuis assez longtemps, et si je peux dire quelque chose du service communauté de PlayNC Europe, c'est que les doigts qu'on utilise traditionnellement pour taper sur le clavier sont situés bien profondément dans leurs culs. J'ai fait une flopée de rapports de bugs détaillés, avec captures d'écrans et étapes à reproduire - puis, pensant ensuite qu'ils avaient la flemme de les escalader chez ArenaNet aux USA, je me suis limité aux bugs de traduction, genres textes non traduits ou fautes de français, le genre de truc corrigé en 5-7 quand on a le script sous le nez et que le jeu télécharge les nouvelles données à chaque exécution. Ces rapports de bugs, je vous certifie qu'ils s'en servent comme papier cul. Même quand le filtre de langage censure des aberrations linguistiques, rien à faire. Tout ça pour dire qu'à peu de choses près, le Guild Wars Nightfall auquel nous jouons ce ouikend est celui que nous tripoterons dans un an, à l'instar de Prophecies et Factions avant lui.
Donc, tant pis pour les quêtes qui se remettent à zéro dès qu'on quitte la zone de jeu (ce que GW ne faisait jamais avant), ou qui se réinitialisent parfois dès qu'on parle au personnage qui nous a donné la quête, tant pis pour les personnages coincés, tant pis pour le personnage musculeux au torse plat qui se sent "seule", tant pis pour les tags oubliés sur les noms d'objets, tant pis pour toutes ces petites conneries oubliées ça et là qui seront royalement ignorées, même après avoir été signalées. Après tout, c'est pas comme si on payait un abonnement...
Par Raton-Laveur le 24 septembre 2006, 23:50 - Jeux vidéo 4 commentaires
23 septembre 2006
Pendant ce temps, rien (mise à jour)
- Comme je l'ai récemment expliqué, j'ai acheté la psp dans l'optique d'avoir un condensé de l' "expérience playstation" versions 1 et 2, vu que j'ai grassement fait l'impasse sur ces deux consoles. Même si ça ne concerne pas que ces machines, deux bonnes nouvelles du côté des portages psp. Primo, Gradius Collection est sorti cette semaine en Europe, contenant les 4 premiers épisodes (le 5 étant une exclu ps2 signée Treasure, si je ne m'abuse) et Gradius Gaiden, un épisode psone qui n'est pas sorti en Europe. En plus, cet UMD est à 40 €, ce qui change de l'étiquette habituelle sur la console qui tape généralement 10 zeuros plus haut.
L'autre bonne nouvelle, c'est la Metal Slug Anthology, déjà annoncée il y a quelques mois, contenant les épisodes 1 à 5 plus le X et promise comme étant super fidèle aux originaux avec des modes d'affichage collant (selon le choix du joueur) aux versions originales ou à l'écran 16/9 de la console. Et ben, elle va également inclure Metal Slug 6 ! A l'exception des Metal Slug First et Second Mission sur Neo Geo Pocket Color (que j'ai tous deux, yay), c'est donc l'intégrale de la série. Oui oui, il y a aussi les jeux sur téléphone portable et Metal Slug Advance, je sais.
- Encore du guerilla marketing : on aurait mystérieusement repéré un fichier de 2 Go sur le FTP public d'Ubi Soft contenant toutes sortes de concept arts sur leurs prochains titres. Bien sûr, on n'apprend rien sur les jeux, tout semble prêt à avaler pour le hardcore gamer, et surtout, Ubi, toujours enclin à demander poliment aux sites oueb publiant prématurément un document à le remettre sous couvert, a librement laissé circuler les fichiers, sans même retirer l'archive frauduleuse plusieurs jours après la fuite. Et ca vire carrément à la farce quand Factornews, site boycotté par Ubi depuis cet article, fait librement un topo sur la chose, publiant même les fameuses images sans être inquiété. Traduction pour les cerveaux lents : un marketeux qui s'ennuyait s'est offert du buzz sur le Net pour pas cher en sacrifiant quelques jolis dessins qui ne montrent pas un gramme de gameplay.

- Le remake de Kanon par le studio Kyoto Animation : okay okay, on a pigé, c'est pas la peine de répéter. Il était une fois un studio qui faisait de bons animes, genre Hellsing, mais à force de contrats signés à la chaîne, ce gentil studio a fini par sortir des produits formatés, dépourvus de passion, d'imagination et d'originalité. Les adaptations animées de Chr(o)no Crusade, Gantz ou Saishuu Heiki Kanojo sont des exemples de banalité plate pondue à la chaîne. Certes, il y a eu quelques morceaux de bravoure comme Gankutsuou ou Speed Grapher, mais le studio Gonzo est un fruit sec. Quand les businessmen en charge de faire fructifier la licence Full Metal Panic ont réalisé ça, ils ont confié Fumoffu et The Second Raid au studio Kyoto Animation, et là, miracle, ça pète dans tous les sens, c'est énergique, bouillonnant. KyoAni atteint ensuite le statut d'apôtres terrestres de la déesse Haruhi, et devient le chouchou actuel des otaques. C'est le studio qui lave plus blanc que blanc, tu lui fournis une licence désespérée et il te la recycle en bijou.
Donc là, ils refont Kanon. J'ai beau adorer le studio Key et préférer Air à Kanon, l'anime sorti il y a quelques années (sorti de chez Toei, rien à voir avec Gonzo) était bien sous tout rapport, surtout pour une simple adaptation d'un jeu vidéo cochon. La bonne nouvelle dans cette histoire, c'est que si Kanon marchait, on aurait droit à l'anime Air - et Dieu merci, nous avons été servis. Mais euh, refaire Kanon ? A quoi bon ? Même le staff vocal rempile pour ressortir les mêmes textes : Yui Horie va refaire les uguuu~ de Ayu. Je m'étonne qu'elle soit encore vivante, tiens ; je pensais que tout être humain naissait avec un quota précis déterminant le nombre d'utilisations de chaque mot pendant sa vie - un peu comme dans le (daubesque) MabuHaro, où chaque personne peut utiliser la magie un certain nombre de fois avant de claquer. Or, Yui Horie a tellement utilisé dans sa carrière des termes genre "Yakusoku desu" ("c'est une promesse !") que je m'attends chaque matin à lire une news sur ANN indiquant que sa tête aurait éclaté dans un studio d'enregistrement après avoir dit cette phrase une fois de trop.
Demain soir, session IRC à 21 heures comme chaque dimanche, avec un truc un peu spécial. Vous lisez l'éditotaku, non ? Alors vous écoutez forcément le podcast NipponActu. Goldy, auteur de l'unique podcast que j'écoute, passe parfois sur #editotaku@irc.worldnet.net et il sera des nôtes demain soir. Il a récemment indiqué sur son blog qu'il part la semaine prochaine au Japon pour environ un mois, avec sa caméra et vos idées dans la poche... C'est son premier voyage là-bas, alors si vous avez envie de voir ou de vivre quelque chose par procuration, de lui demander de vérifier pour vous si les femmes arborant des yukatas dans la rue sont aussi fréquentes que dans les animes, si vous voulez qu'il se fasse jeter du musée Ghibli parce que vous lui aurez demandé de prendre une photo du NekoBus en grandeur nature en sachant pertinemment que les clichés sont interdits, ou si vous faites partie de ces quelques lecteurs qui vivent effectivement au Japon et que souhaitez avoir un peu de viande occidentale à vendre au yakuza du coin, pointez-vous demain soir. Mise à jour : il a créé un blog spécialement pour l'occasion. Vous pouvez passer par votre client IRC habituel, ou en tapant votre pseudo dans la case du menu sur votre gauche - ou sur votre droite si vous lisez ça via une Wii.
Par Raton-Laveur le 23 septembre 2006, 23:56 - Général 10 commentaires
20 septembre 2006
Kid Chameleon
C'est un titre super connu, à la célèbre jaquette purement nineties, mais on dirait que peu de gens y ont finalement joué. D'ailleurs, à l'exception de l'Arcade Legends, une de ces "consoles sans cartouche" avec des roms intégrées à une manette qu'on branche directement sur l'écran, KC n'a pas eu de conversion ou de suite. Il s'agit d'un titre exclusif à la 16-bits de Sega qui a marqué ceux qui y ont joué... et qui, pour la plupart (dont moi), se demandent si ce jeu a une fin.
Déjà, rien que le titre : Kid Chameleon. Vous avez dit "kitsch" ? Ledit Kid porte baskets, jeans, blouson en cuir, T-shirt blanc et lunettes noires (!) : l'archétype assumé du cool kid des années 90, celui qui peuplait les publicités de céréales, les épisodes de Beverly Hills 90210 (*) et les jeux télévisés. Le Kid est un crack des jeux vidéo, et dans la salle d'arcade du coin, un nouveau jeu de réalité virtuelle fait fureur. Note pour les plus jeunes : une "salle d'arcade" était un lieu où des consoles très puissantes pour l'époque étaient disposées en libre service, moyennant un paiement à la partie tournant aux alentours d'un euro - c'est de là que viennent quelques hits comme OutRun ou les jeux SNK. Deuxième note pour les plus jeunes : la "réalité virtuelle" était une idée du futur vu du siècle dernier, où les manettes et moniteurs seraient remplacés par des gyroscopes et casques-visières, simulant une immersion "totale" dans le jeu vidéo.
Bien évidemment, la borne d'arcade à réalité virtuelle débloque, et le boss du jeu capture les Kids qui s'y aventurent. N'appuyez pas sur Start ou vous serez le prochain sur la liste. Start. Merde. Trois boutons : courir, sauter, action. Le premier niveau se dessine à l'écran comme un vrai jeu vidéo époque Tron, avec gros cubes et un quadrillage de la zone - délicieuse mise en abyme après le coup du gamer en jean et T-Shirt blanc (tout le monde s'habillait comme ça à l'époque) incarnant un gamer en jean et T-shirt blanc. L'élément le plus dingue dans KC, c'est son scrolling multiple : le terrain semble complètement ouvert. Le ciel n'a pas de limite, les grottes s'enfoncent dans la terre, et courir bêtement vers la droite n'amène pas souvent au prochain niveau. C'est un jeu d'action grand comme un jeu d'aventure, sauf qu'on doit juste trouver la sortie. Chaque tableau est un labyrinthe, au point qu'on doit se mettre en quête de bonus "sabliers" pour repousser la limite de temps - qui semble large avec ses quelques minutes par vie, mais c'est une fourberie tant on se perd avec délice. Enfin, je mets "avec délice", sauf qu'on réalise rapidement qu'on est complètement paumé... Et, insistons là-dessus, c'est un des points forts du jeu. On s'y croit. On s'est vraiment fait piéger dans un jeu vidéo qui capture ses joueurs. J'ai peur, je veux rentrer chez moi et manger un bol de céréales devant un épisode de 90210.
Côté gameplay, le Kid peut se transformer en trouvant des masques sur son chemin, à la manière de Dynamite Headdy : un Jason qui peut lancer des haches, un samourai qui saute plus haut, un chevalier dont le heaume casse les murs... Vous l'avez deviné, certains chemins ne sont disponibles qu'avec le bon bonus au bon moment. Plus haut, je parlais de ce sentiment d'être complètement pris au piège dans des niveaux gigantesques : cette impression vous tombe sur le coin de la gueule quand vous récupérez pour la première fois le masque "Cyclone", qui permet de voler. Vous commencez à flotter le plus haut possible, juste pour voir, et vous arrivez... sur un autre téléporteur, qui vous amène dans un autre niveau. C'est là qu'on réalise que les développeurs ont foutu des passages secrets absolument partout, et que par extension, vous êtes foutu.
Car chaque téléporteur qui marque la "fin" d'un tableau est différent. Chaque plateau a plusieurs "sorties", amenant vers d'autres niveaux, eux-mêmes vous envoyant vers d'autres endroits. Autrement dit : 1) aucune partie ne se ressemble, 2) le jeu n'a pas de structure linéaire puisqu'une zone n'est pas le "niveau 3" à proprement parler ; à la façon d'un livre dont vous êtes le héros, vous pourriez rejouer et ne jamais retomber dans cet endroit, ou y débarquer après une dizaine de téléportations, 3) il est à peu près impossible de cartographier ce jeu, aussi bien pour l'enchaînement des niveaux que pour la topographie de chacun d'eux. Et pourtant, il y a même un masque "scanner" qui aide à trouver les passages secrets, ramenant les décors aux graphismes fins à la vision "jeu vidéo" Tronnesque, aux quadrillages apparents dont je parlais au début de ce texte. Rien à faire, on est quand même bien paumé. En l'absence de sauvegarde, c'était un de ces titres qui nous poussèrent à laisser la Mega Drive en Pause pendant plusieurs nuits pour continuer sa partie le lendemain. Mais rien à faire, on n'en voit pas la fin.
Basiquement, Kid Chameleon est un jeu de plate-formes ouvert avant l'heure. Et encore : de nos jours, on utilise le terme "ouvert" pour signifier un jeu architecturé avec une "zone d'accueil", d'où le joueur peut choisir son prochain terrain de jeu (exemple typique, Super Mario 64 et son château)... Dans KC, un téléporteur qu'on croyait planqué au fond d'un niveau vous amène vers un autre territoire, et les passages vraiment secrets savent se faire désirer. Un jeu vidéo cyclopéen sur une cartouche à la mémoire minuscule, où la liberté du joueur sonne comme une évidence pour mieux lui faire réaliser qu'il est aussi piégé que son petit héros lui-même égaré dans un jeu vidéo. Post-moderne, que je vous dis.
Par Raton-Laveur le 20 septembre 2006, 23:57 - Jeux vidéo 13 commentaires
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