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raton-laveur.net : on ne rembourse pas

13 septembre 2004

Abusation

La revue de presse continue: dans son premier numéro (Sept-Oct), la version papier de Mangajima écrit un joli "abusage total". Sans commentaire.

12 septembre 2004

GameFan 3

Le magazine tout en papier qui vaut 4,5€ et qui m'a précédemment laissé un goût amer continue dans sa quête de sens.
Couverture: ouaaaaah c'est bô, faut dire que celle de Silent Hill pour le n°2 était assez crade - surtout que l'artiste (Recio) fait mieux pour l'affiche des World Cyber Games 2004, au dos de ce n°3. Puis à la première page dans l'édito, on ne sait quoi penser: le rédac' chef annonce fièrement que "les dernières barrières imposées aux journalistes afin de garder un lien affinitaire avec le public main stream se sont effondrées". Ah, ça veut dire que le n°2 avec deux tests européens et tout le reste en import, ça visait le tout public? Le texte continue: "Désormais, chaque rédacteur a totale carte blanche pour s'exprimer sur son sujet de prédilection, sa seule mission étant de vous donner l'information la plus spécialisée". La cible est donc clairement avancée: les hardcore gamers et personne d'autre. Ou alors les joueurs de ps2, à en juger le contenu.
Statistique simple et funky pour les tests, "la rubrique dite 'traditionnelle' du mag": 10 jeux, 9 en import, 9 pour ps2, 1 pour GameCube, 0 pour Xbox, 0 pour GBA, WarioWare étant ainsi le seul jeu PAL et non-ps2 testé. On peut trouver des softs pour les autres consoles dans les "mini-magazines" dédiés aux RPG ou aux jeux de baston, mais est-il besoin de rappeler que ces zones du mensuel font 15 pages chacune, dossiers, news et autres rubriques incluses? Même en les ajoutant au décompte des tests, la Xbox et la GBA sont chacune créditées d'un seul petit jeu, évidemment des imports. L'omniprésence de la console de sony pousse la rubrique des news à créditer Naruto 3 sur ps2 alors qu'il s'agit d'un jeu GameCube!
Si on excepte la section des News qui est toujours aussi illisible, la maquette reste tout à fait sexy. Continuons à déplorer les pseudo-anglicismes omniprésents qui avaient leur style dans The-Sugoi mais qui sonnent un peu creux dans un mag' papier tiré à 60 000 exemplaires (pas si loin du monolithe Consoles +!) ou les textes à la limite du scandaleux. Je voudrais bien en parler tout de suite, mais franchement, j'écris cet article sans trop savoir par où commencer tellement le bilan est lourd.

Oh puis zut, parlons-en, de ces articles accablants: je parle de "GameHeure" et de "Enquête". L'un est intitulé "Jeux vidéo, relations amoureuses, qui mène la partie?" (trois filles créditées pour les photos, mais seulement deux clichés?) et l'autre "Le Tsunami de l'occasion". Le GameHeure commence fort: "Ha, les filles! [...] Elles auraient été parfaites si Lilith n'avait pas oublié de donner à Eve un pad à la place d'une pomme!" Petit rappel pour ceux qui ne s'y connaissent pas en ésotérisme: dans la Bible, c'est le Diable qui a donné le fruit défendu à Eve qui l'a elle-même donné à Adam. Lilith, dont l'existence est reniée par la religion chrétienne, aurait été la première femme d'Adam et conçue à partir de sables impurs avant de se faire éjecter du jardin d'Eden pour être remplacée par Eve. Version courte: Eve et Lilith ne se sont jamais rencontrées! Retour à l'article: diverses statistiques sont citées mais pas leurs sources (Prince of Persia, acheté par 33 % de filles dont 55% pour l'offrir à leur copain? Bien précis tout ça!). Puis on atteint des sommets avec des phrases que l'on croirait volontiers extraites de VSD ou du Nouvel Obs pour leur immaturité inculte; ainsi, Laurent, "petit copain" d'une dénommée "Alexandra, 18 ans", "aime bien faire une partie avec Alexandra à côté de moi car je trouve que c'est plus sympa de jouer en sa présence. Et puis quand j'affronte un boss, ça me motive! Elle peut faire autre chose à côté, je ne mets pas le son fort". Le texte finit sur un lapsus révélateur: "les joueurs de jeux vidéo on une libido haut dessus (sic) de la moyenne". Au desssus, et très haut!
L'enquête sur "le Tsunami de l'occasion" arrive à se contredire toute seule. Le marché parallèle des jeux d'occasion y est au début présenté comme "un danger pour la liberté créative vidéoludique" avant de se conclure avec "le marché du jeu d'occasion demeure un puissant symbole de démocratie et de le (sic) liberté d'expression, pour ne pas dire liberté tout court". Schizophrénie, mon amour! Même pas besoin d'aller chercher d'un bout à l'autre de ces quatre pages pour relever les contradictions, on les voit parfois d'un paragraphe à l'autre! Exemple: "Une bonne licence à prix d'occaz fera toujours de l'ombre dans un magasin à un jeu neuf d'éditeur tiers. C'est un véritable problème d'actualité. Non seulement les ventes de ces produits 'artisanaux', pour la plupart conceptuels et souvent délicieux sont affectées, mais de plus c'est toute l'infrastructure des développeurs de jeux vidéo qui se met à saigner". Vite un mouchoir, que dis-je, une compresse! Mais au paragraphe suivant, ces PME vidéoludiques en prennent pour leur grade: "Ce n'est paradoxalement pas le marché de l'occasion qu'il faut remettre en cause mais plutôt la politique un peu poussiéreuse des petits éditeurs qui n'ont pas su ou pu surfer sur la vague indétournable du changement et de la modernité". De "produits artisanaux, conceptuels et souvent délicieux", on passe à "poussiéreux, qui n'ont pas su ou pu surfer sur la vague du changement et de la modernité!" A côté, un encadré discute du cas spécifique des jeux en import, que l'on préfère neufs et dans leurs éditions originales. Un paragraphe commence avec "'l'anti-occaz spirit a donc de beaux jours à couler" avant de finir en le désignant comme "secteur [...] en perte de vitesse"! Je passe sur le côté publi-rédactionnel à l'encontre du magasin Flash-Games, de perles comme "la qualité d'un bon vendeur d'occasions, c'est sa politesse avec le client et sa connaissance en jeux vidéo" (comme si ce n'était pas le cas pour les autres!), ou de citations d'un type clamant que sans l'occasion, il n'aurait pas découvert d' "excellents titres" comme Red Faction ou Turok Evolution!

Plus belle phrase du magazine que je vous livre aussi pure qu'on la trouve dans le test de Winning Eleven 8 (en import JPN, bien sûr!): "L'italie et le portugale se partage l'écran titre d'un jeu définitivement latin". Outre les majuscules absentes aux noms des pays, l'absence de troisième personne du pluriel à "partager", le E ajouté au Portugal qui n'en demandait pas tant, l'absence de ponctuation et l'écran-titre qui aurait aimé avoir un tiret, on est en droit de s'interroger sur le sens de la phrase: "un jeu définitivement latin"?!
Vous l'avez deviné, côté orthographe, rien ne s'est arrangé, au contraire: les deux pauvres correctrices (dont une a un skyblog) ont aussi laissé passer des "psychopate", "nora jones", "cela va s'en dire" et j'en passe. Parfois, on atteint le mauvais goût avec la "récompense mortuaire" en lieu et place de "posthume" remise à Gunpei Yokoi par l'IGDA dans un dossier (excellent si on excepte cette bourde) dédié à ce maître du jeu vidéo. Franchement, côté ortho, GameFan tape dans la catégorie "fanzine"...

Les côtés positifs: publicité au strict minimum, impression de qualité, tests rédigés par des gens qui connaissent leur sujet (c'est flagrant avec les tests-phares de Winning Eleven 8 et Gradius V) et la place donnée aux jeux "alternatifs" comme Panic Maker. Non, je n'entrerai pas dans la polémique autour des jeux sévèrement notés (Guilty Gear Isuka qui se bouffe un 6,6 ou KOF Maximum Impact à 5,6), des forums le feront mieux que moi. Toujours dans le bon, la couverture superbe et imprimée sur un papier bien plus épais (et on passe des agrafes à la reliure), le choix vraiment éclairé des "oldies" dans chaque mini-mag... En parlant d'eux, le "Rétro" fait un carton plein (si on excepte la "récompense mortuaire" de Gunpei Yokoi), et arrive même dans un article sur les consoles-flops à sous-entendre une préférence qui doit n'engager que le rédacteur: "Dommage qu'aujourd'hui, des consoles 'nulles' ne subissent pas le même sort, s'en sortant à coup (sic) de centaines de millions de dollars de frais publicitaires... Quelqu'un se sent visé?" Ben, à voir la dèche totale sur la console de Microsoft dans le mag', oui, je crois que oui.

J'ai commencé en parlant de la "quête de sens" du magazine. En effet, dur d'avoir dans les mêmes pages une rubrique qui nous explique ce qu'est un sprite et des techniques ultra-avancées pour Soulcalibur 2 - "Le A de Xiang est le High le plus rapide du jeu avec i10 mais surtout avec un hit stun de +7, un BS de 0 et un B garanti en counter hit, si AA touche en CH, B est garanti, permettant de mettre en place un 'psychological trap' [...]", c'était trop dur d'écrire "piège psychologique"? - sans se poser des questions. Ou quatre pages dédiées aux dating sims de chez D3 Publisher, un sujet qui a beau passionner Fab', ne risque pas d'intéresser grand monde? Que des rubriques absolument inutiles comme "Echauffements - Le Journal d'Aliasaka" (ne cherchez pas le sens, apparemment y'en a pas) ou "Underground Report" (la fameuse page 13; d'ailleurs, le sieur H.Falcon, "guest-rédacteur" autoproclamé, doit être arrivé là par copinage ou n'être que l'autre pseudo d'une même personne, parce que ses articles sont clairement les plus nazes du mag') prennent un espace précieux? Ne vous leurrez pas sur le passage de 98 pages à 114: le manga "King of Gamers" (sortie en reliure annoncée dans l'édito) prend les 8 feuillets ajoutés! Et GameFan en a suffisamment pris pour son grade pour que j'aborde le cas du manga - en bref: découpage sec, pages 3 à 6 qui auraient dû dégager, tramage minimaliste, et quitte à faire un manga pour l'éditer, autant le faire en lecture orientale. Ou ajouter une rubrique Japanime, pendant qu'on y est.
La critique du numéro 3 de GameFan est donc à l'image de leurs critiques de jeux vidéo: très sévère. Omniprésence de la console de sony, articles lunatiques ou tapés sous ecsta (et l'orthographe! la grammaire!) sont des défauts lourds mais que l'on peut corriger. Ce qui me semble bien plus dommageable pour un magazine qui se veut alternatif à la médiocrité ambiante de la presse vidéoludique, c'est son manque de ligne rédactionnelle - ou alors d'un cap qui justifierait un tirage aussi important. Les hardcore gamers aussi avancés que leurs techniques de SoulCalibur 2 sont-ils si nombreux? Importent-ils tous leurs jeux, quand un article présente ce comportement comme marginal? Et sont-ils tous aussi peu enclins à réfléchir sur le jeu vidéo en tant qu'art ou média de communication, à l'instar du message que Gaming tentait de faire passer? Car la réflexion ne vole jamais haut dans GameFan, et c'est bien dommage - surtout comparé à son prédécesseur dans l'alternative (ou même au site que vous lisez en ce moment, hin hin).
En considérant les délais de publication, on peut considérer que ce numéro 3 est le dernier de la première fournée, celle écrite avec pour seuls avis ceux qui ont été postés sur le premier numéro. Vivement qu'on lise les opus à venir, écrits avec un feedback conséquent sous les dents... Oui, je suis têtu; en tant que seul magazine qui a l'intention de bouger la presse, il est le seul que je puisse encourager. Alors même conclusion que mon article précédent: que les avis soient entendus et que cela soit corrigé, ça n'en sera que mieux pardonné. Amen.

10 septembre 2004

Top 20

Statistiques des mots utilisés dans les moteurs de recherche pour arriver sur ce site en août 2004:

1 tenjou tenge (yay! Oh Great, ta fanbase française gonfle à l'oeil nu!)
2 raton laveur (je plains ceux qui cherchent des infos sur l'animal...)
3 shintaisou kari (l'anime hentai qui ne veut pas mourir)
4 tachikoma (est-ce le seul site à encore héberger ces pliages?)
5 sexy beach 2 (un autre classique)
6 hellabunna (c'est un studio qui fait des doujinshis hentai, dont une case a servi pour la leçon de japonais)
7 raton-laveur (c'est l'orthographe officielle: celle avec un tiret)
8 aishiteruze baby (critique)
9 hellabunna giant comics (des acharnés qui essaient plusieurs syntaxes^^)
10 shintaisou (pareil)
11 comment mettre a poil les filles de dead or alive xtreme beach (WTF?!)
12 koi kaze(critique)
13 nutella (un des plus vieux textes du site!)
14 madlax (critique)
15 battle programer shirase (critique)
16 blog raton laveur
17 fanfiction yaoi (ah zut, y'en a pas ici; juste un texte sur le sujet)
18 raton laveur blog
19 tenjou (tenge!)
20 onegai twins (qu'est-ce que ça va être quand le DVD arrivera en France)

Parmi les autres bizarreries en regardant les logs du site, j'ai remarqué que le robot de Slurp, le moteur de Yahoo qui va concurrencer Google, est parfois revenu plusieurs fois par jour (même le Googlebot n'est pas aussi assidû!) et qu'un important referrer (un site qui a mis un lien vers ici) n'est autre que le forum de la fédération française d'équitation... Peut-être que finalement, les chevaux regardent vraiment la télé - et en plus, ils surfent sur le Net.

09 septembre 2004

Algorythme sur la baisse de qualité artistique

If "cinéma" == "jeux vidéo"
Then "M. Night Shyamalan" == "John Romero"
EndIf



L'opensource, c'est bien. Pendant qu'on en est à parler de Romero, notez comment Ion Storm devait devenir "l'anti-id Software" (son ancienne boîte), et qu'après le succès de cette dernière, il a fondé Monkeystone qui est "l'anti-Storm"... Et il développe pour la N-Gage, mais c'est une autre histoire.

07 septembre 2004

404 est votre ami

Régulièrement, je reçois des mails pour me prévenir fort aimablement que tel ou tel lien inséré dans un article n'est plus valable. On clique dessus, c'est supposé vous montrer ce à quoi je pense quand, par exemple, j'écris "jeu vidéo pour masochistes", et paf - le site distant a claqué.
Pour ceux qui le croiraient encore, ce n'est évidemment pas ma faute. Soit un administrateur a décidé de l'effacer, soit l'auteur a enlevé la page parce qu'il n'a pas apprécié ma critique (n'est-ce pas, anime-kun?), soit les Astres ne vous sont pas propices.

Puisque j'en suis à vous parler des liens sur r-l.net, profitons-en pour le dire une fois pour toutes: non, je ne mettrai pas de target blank ici. Vous aimez avoir 40 fenêtres ouvertes, pas moi: passez à Mozilla ou Firefox, et si c'est déjà le cas, utilisez le bouton du milieu de votre souris.

L'internet s'est bâti sur le concept même du lien hypertexte: on passe d'un site à un autre en un clin d'oeil, c'est légal, rapide et gratuit. Rien n'empêche d'écrire des pages et des pages sans le moindre lien. Seulement, cette prose n'a pas de valeur ajoutée, elle ne gagne rien à être sur le Net plutôt que dans un livre ou un magazine - si ce n'est une frange de lecteurs en plus.
Donc, aussi surprenant que cela puisse paraître, j'essaie de coller des liens plus ou moins censés un peu partout, puisque c'est la force du Web. Ce n'est pas sans risque, puisqu'aucun site n'est éternel. Pas besoin d'être statisticien pour comprendre que plus on met de liens, plus il y aura d'erreurs 404 au fil du temps. Si on sort un peu du cocon numérique, on peut comparer cette situation aux relations avec les gens qui nous entourent: plus on en rencontre, plus il y en aura qui mourront, déménageront, disparaîtront dans la nature, etc. L'internet ne fait qu'accentuer cette situation puisque chaque site est aussi accessible que son voisin, les contraintes géographiques étant abolies.

Je pense que la toute-puissance du lien href doit être respectée. Un site qui ne communique pas avec le reste du Net, ne vaut pas mieux qu'une feuille de papier, ne fait que s'isoler et n'a rien à gagner. Les erreurs 404 seront un jour éradiquées, mais c'est pas pour demain. Elles sont le Yang aussi chiant que son Yin est utile (oui, c'était la phrase fumiste du jour).
Enfin, c'est vrai quoi: un jour aussi, tous les sites qui auront mis un lien vers le mien auront droit à une erreur 404. Et ce sera ma vengeance pour toutes les 404 que vous aurez subies ici, niark niark.

(peut-être qu'on devrait mettre un lien vers cet article pour personnaliser le message d'erreur des pages non trouvées... Un article sur les erreurs 404 en guise de 404, tu parles d'une ironie)

05 septembre 2004

Ghost In The Shell: patch de traduction

Dans cet article, j'ai parlé de pages manquantes dans la version française du manga Ghost In The Shell. Certains se demandent toujours de quoi je parle, aussi peut-être est-il temps de régler la chose une fois pour toutes - surtout que GITS a quand même pas loin de dix ans.
Version courte: les éditions Glénat font un boulot de merde, et GITS n'a pas fait exception. Version moyennement longue: leur traduction est basée sur la version américaine, parce qu'ils sont trop flemmards pour bosser à partir de la version japonaise. Or, la version US du manga a été modifiée par Masamune Shirow himself afin qu'il ne soit pas interdit là-bas aux moins de 18 ans. Car oui, ces pages sont cochonnes.

Voici donc le patch de traduction pour la version française de Ghost In The Shell, concocté avec amour par un site très sympa mais très moche, raton-laveur.net . Téléchargez, décompressez, lisez le fichier joint, imprimez les pages et glissez-les dans votre volume 1 français. Merci tonton Raton!

Et puisque l'actu Shirow est assez chargée en 2004, entre le film Innocence qui sort chez nous en décembre et qui a fait partie de la sélection officielle à Cannes ou le film Apple Seed, j'en rajoute une louche dans les explications. En France, il y a trois volumes de Ghost. Or au Japon, il n'y a que Ghost In The Shell 1 et 2. Pourquoi? La faute à Glénat, encore une fois. Au Japon, Ghost In The Shell est composé de deux volumes - sur lesquels se base le film sorti il y a quelques années -, et Ghost In The Shell 2 se nomme Man Machine Interface. Glénat avait édité les deux premiers tomes en les numérotant avec de gros chiffres romains, comme s'il s'agissait d'une séquelle alors que les deux livres étaient liés; si vous ne comprenez pas, pensez au film Kill Bill qui a été coupé en deux (pas par Tarantino mais par son abruti de producteur, Harvey Weinstein, celui qui avait voulu raccourcir Mononoke Hime). Quelques années plus tard, quand Shirow a fait Man Machine Interface, une vraie suite à GITS, Glénat s'est retrouvé bien con et l'a nommé "Ghost In The Shell 3", tout en prenant bien soin de foirer encore plus la VF. Enfin, tant qu'il y aura des fans...

Peut mieux faire

338 victimes en 53 heures? La diplomatie russe a pourtant fait bien plus fort par le passé...

03 septembre 2004

Carnets de bord de Venise, troisième et dernière partie

(deuxième partie)

A Venise, il y a beaucoup de musées. En fait, le trop-plein d'églises se fait parfois recycler en expositions permanentes de leurs peintures, gravures, scultpures et autres jolis trucs qui se finissent en -ure. Pour m'en être farci une tartine comme tout être intellectuellement supérieur à l'homo touristus, sachez que l'expo permanente que vous devez absolument vous faire si vous passez ici est le Musée d'Art Moderne, situé à la Ca' Pesaro.
On a donc droit à l'art vénitien allant de la fin du XIIIe jusqu'à l'après-guerre, ainsi que les oeuvres internationales présentées ou achetées à l'occasion des Biennales de Venise ou celles faites par des artistes dont les mécènes étaient de la ville. C'est toujours un bonheur de voir une toile de Kandinsky en vrai (ils ont les "Zig-zags blancs", happy happy!); en plus, le flux des toiles et des artistes est cohérent et bien documenté. Et je vous jure qu'en voyant certaines créations, techniques de peinture ou détails, les influences sur les jeux vidéo sont presque perceptibles. Kandinsky est cité dans le générique de fin de Rez, donc ce n'est pas nouveau pour lui; mais la gestion de la lumière par certains français ou la focale et la perspective dans des scènes de bataille prussiennes font vraiment réfléchir.

Là où ça devient bonnard, c'est que le ticket vous donne également accès à un deuxième musée situé à l'étage supérieur. Tristement, il ne bénéficie d'aucune publicité, et j'ai appris ce privilège en achetant mon droit d'entrée... Il s'agit du musée d'art oriental. Ohhh, j'en vois déjà qui bavent, alors que j'ai seulement dit le titre officiel. Permettez-moi de préciser: il n'aborde que la Chine et le Japon. Cependant, je tiens à dire que la section "Chine" se réduit à deux salles, tout le reste étant consacré au Japon. Allons allons, restez assis, un peu de tenue quand même, c'est un site web respectable ici.
C'est basiquement un de ces lieux inconnus de tous, hors du temps, et qui n'existe que par un formidable concours de circonstance. Pour faire courte une histoire longue, c'est un gars bourré de pognon - le Comte de Bardi - qui avait fait un voyage de deux ans à la fin du XIXème, achetant des tas de trucs à tour de bras et envoyant ses emplettes dans la maison de sa grand-mère à Venise; au final, plus de 33000 objets. Tout ceci atterrit plus tard dans les pattes d'un anticaire autrichien qui commença à les vendre aux enchères, jusqu'à ce que l'Italie saisisse l'ensemble après 14-18 (c'était considéré comme propriété de l'ennemi, donc obtenu en guise de réparations des dégâts de la guerre). Et c'est ainsi que Venise ouvrit son musée d'art oriental en 1928.
Rien que la première salle vaut le chemin: une allée de 30 mètres de long remplie de lances et de hallebardes japonaises - sans parler des armures de samouraïs. Les fiches explicatives (hélas, seulement en anglais et italien) complètent les savoirs de l'otaku et passionnent le chaland. On apprend que le musée est en cours de restauration, les pièces ayant été trop longtemps exposées dans une complète ignorance des règles de conservation (n'oubliez pas que l'endroit existe depuis 1928). Viennent ensuite les salles des armes, où je me suis proprement mis à sangloter: plus de katanas, de pièces d'armures, d'arcs, de carquois, de chapeaux de guerre, de têtes de flèches que vous n'en verrez jamais. Rien que pour les sabres, toutes catégories confondues, il devait y en avoir des centaines. Quand vous lisez des mangas et autres récits de samouraïs, vous savez combien l'arme est une oeuvre d'art en soi, une impersonnalisation de l'âme du guerrier, un objet sujet de milliers de croyances, de légendes et de pouvoirs ou d'esprits cachés. Nous lisons des histoires qui nous parlent bien souvent de l'importance d'une seule de ces lames. Là, il y en avait sur tous les murs: entouré par l'Histoire, tellement présente qu'on pouvait la toucher. Combien d'aventures, de morts, d'entraînements, de méditations ces armes avaient pu vivre? Et selon les croyances populaires, combien d'esprits de guerriers pouvaient-elles faire survivre? Les noms des forgerons et des guerriers traduits et précisés - quand ils sont connus.
La visite continue, et l'on voit vraiment que Bardi avait dépensé un fric fou. Les objets présentés viennent de tous les aspects de la vie japonaise pendant la période Edo: il y a des vases, des estampes, des kimonos toujours colorés, des instruments de musique (une armoire rien que pour les shamisens!), des tables de Go, des commodes et objets de toilette, des bijoux, des bibelots, des fumoirs, des verres à saké... Il y a même une Onna Morimono du XVIIe, une chaise à porteur pour femme, quelque chose qui était déjà rare à son époque! Une salle est consacrée aux décorations sur objets et aux techniques de laque, une vidéo présente la collaboration avec les japonais pour les techniques de restauration.
Quelques regrets toutefois: comme le musée est en cours de restauration, les étagères sont un peu bordéliques ou ne correspondent pas toujours aux indications. Les fiches sous-entendent parfois que le manque de place ne permet pas de montrer beaucoup d'objets qui restent dans les tiroirs - mais c'est une situation commune à tous les musées du monde, non? L'interdiction d'utiliser appareils photo ou vidéo (évidemment compréhensible, vu la détérioration de certaines pièces). Pour en rajouter dans la catégorie "je suis un pervers", il est à noter que les imageries étaient vraiment pudiques; c'est à peine si l'on reconnaissait un pervers dans un petit personnage caché sur un toit au hasard d'une estampe sur les loisirs du printemps. Pour ma défense, je tiens à dire qu'à la boutique du musée, d'autres toiles étaient reproduites sur des cartes, et là, c'était du bien hard de l'époque, avec M. Bibite allant voir Mlle Chachatte (et comme toujours dans l'art japonais du XVIe, M. Bibite était au format Godzilla). Les vigiles, aussi philistins que la plupart des visiteurs, surtout présents à cet étage parce que leur ticket l'autorisait. Ils passaient comme des ombres, les gardiens jouaient sur leurs téléphones portables. C'était tout à mon avantage en tout cas: comme dans un vrai musée, l'admiration béate et silencieuse était mienne. Je comprenais les mystères du comportement d'un perso dans tel manga, de la signification d'un objet dans tel jeu vidéo. On a dû me dire que le musée fermait pour que je quitte les lieux, non sans m'être fait poliment rappeler à l'ordre en tentant des photos avec le flash désactivé et dans l'angle mort d'une caméra de surveillance (merci Solid Snake). M'en fous: l'endroit avait quasiment été à moi pendant une après-midi et j'avais passé un moment génial.

Le Museo d'Arte Moderna est situé à la Ca' Pesaro, au bord du Grand Canal. L'entrée est à 3€ - ou 5€ si vous ne faites pas partie de l'énorme tranche démographique qui a droit à une réduction. Et donc, le ticket vous offre en bonus track le droit de visiter le Museo d'Arte Orientale qui est à l'étage supérieur. Les caissières sont sexy, le lieu est superbe et le tout est agréé par raton-laveur.

01 septembre 2004

Incroyable, une connection sur IRC!

Est-ce que les gondoliers chantent vraiment "O Sole Mioooooo"? Est-ce que les italiennes sont si belles que ça? Pourquoi leurs doublages d'animes sont aussi bons? Les pigeons de la place San Marco sont-ils obèses? Ils ont des jeux vidéo ici?

Pour répondre à tout ça et d'autres questions tordues, session de papotage! Comme d'hab', je préviens au dernier moment... Alors on va dire vendredi soir entre 19h et 20h, sur le sempiternel #editotaku chez irc.worldnet.net. Venez avec votre client IRC et vos interrogations idiotes, ça va être bien drôle - et évidemment, la troisième partie du carnet de bord sera postée le même jour. A vendredi!


[Marc] whoé !
[Marc] raton
[Marc] c'est bête que keul soit pas là : /
[Raton-Laveur] yay
[Raton-Laveur] T'inquiète, je suis en train d'écrire une invit'
[Marc] Ah t'as posté encore un gros pavé à lire :o
* Marc sets mode: +o Raton-Laveur
[Raton-Laveur] Vendredi soir, chatsession pour les questions débiles sur Venise
[Raton-Laveur] Entre 19h et 20h
[Marc] Cool :)
[Marc] Questions bêtes: il fait beau ? tu t'amuses bien ?
[Raton-Laveur] (S'il vous plait, profitez de l'occasion pour m'xdcc du hentai, chuis en manque)


Carnets de bord de Venise, deuxième partie

(première partie)

Hop, j'ai trouvé l'unique magasin qui vend de la Japanime dans la petite ville de Venise. Oui, être dans un lieu pareil et parler encore de ça: je suis bon à jeter.
Je vous l'ai dit plus tôt: Venise est traversée de part en part par un chemin "spécial touristes" qui mène à trois lieux clés de la cité, parcours clairement indiqué par de nombreuses pancartes sur les murs. Les non-vénitiens le suivent aveuglément, et ça tombe bien parce qu'il est fourré de boutiques trop contentes de se remplir les poches. A 50 mètres du pont Rialto, une de ces échoppes n'est étrangement pas bourrée de gens habillés avec un bob ridicule et une caméra plus grosse que mes fesses - c'est dire. Normal (?): c'est le seul magasin de geeks de tout Venise. Ca s'appelle DM Venezia (www.dmvenezia.it), et la vitrine est bourrée de figurines Warhammer, de statuettes Lords of the Rings, de cartes Yu-Gi-Oh!, et de DVD d'animes. Mmmhhhh.
L'antichambre est identique à n'importe quelle salle d'un magasin du genre: des étagères couvertes de toupitits moulages WH40000 avec des trégroprix et des action figures de chez Todd McFarlane Toys et cie: Spider-Man, Final Fantasy, Tenchi Muyo, Charlie Brown, GITS, Berserk... Il y a aussi des statues plus rares, genre un Hellboy ou un Gandalf de 60cm de haut. Dans la salle principale, le staff est composé d'un type d'une quarantaine d'années (qui n'a pas levé le nez de son Dark Age of Camelot) et d'une asiatique sympa comme tout qui a répondu à toutes mes questions. Et surtout: le plus grand mur de la salle est dédié au Japon. Sortez les mouchoirs.
Leur sélection de mangas est tenue par deux ou trois éditeurs pour toute l'Italie: Planet Manga (filiale de Marvel) Generation Comics (faisant partie de Panini et qui vient de débuter en France) et Dynamic Italia (logiquement abrégé Dynit et pas Dybex comme notre Dynamic Bénélux^^) se partagent le gâteau. Je vais faire court: tout ce qu'on a en France, ils l'ont et même un peu plus. Fruits Basket, Full Metal Panic (avec un macaron "vu à la télé" et le premier DVD est aussi dispo), Naruto (ils sont carrément au volume 18 alors que le Japon en est au 22 et nous en sommes au 10!), ainsi que les "alternatifs" genre Hagaren, 20th Century Boys, Cyborg Kuro-chan... Citons aussi le manga Ring, Harakuri Circus, Hellsing, Trigun, Generation Basket (I'll), Gals, Lone Wolf, Monster, Gantz, Kareshi Kanojo No Jijou (manga et anime complets, tous deux chez Dynamic) et j'en passe. Toutes les séries sont très avancées, et Berserk s'offre même une troisième réédition avec des pages grand format et 350 pages! Une dernière surprise: leur version du manga Ghost In The Shell a les trois fameuses pages cochonnes retirées de la version américaine - et par conséquent française!
Côté animes, trois éditeurs: Dynit bien évidemment, ainsi que Shin Video et Yamanote Vision, qui je crois n'ont pas de filiale chez nous. J'ai vu sur les murs des pubs pour .hack//SIGN chez Beez Italia, mais sans trouver de disques correspondants à la filiale de Bandaï. Dynit tient le haut du pavé avec Eva, Inu Yasha, You're Under Arrest... Les mêmes que chez Dybex, à l'exception de ce qui est tenu chez nous par Déclic Images, comme Saiyuki, ici chez Dynamic. Pas un éditeur d'animes ne fait de coffret: même les séries les plus longues s'achètent à l'unité. Ils ont d'ailleurs Kodomo No Omocha, ici appelé "Rossana" (vi, deux S et un N) qui en est à son quatrième disque - sachant que cette série fait plus de 150 épisodes, bon courage les gars... Pêle-mêle, citons Boys Be, Kenshin, la nouvelle version de Lupin the 3rd, GTO. C'est évidemment du Zone 2 avec des pistes audio italiennes et japonaises; côté bonus, c'est comparable à l'offre française (bandes-annonces, parfois des interviews, rarement plus). Pour la télé, MTV Italie diffuse à elle seule, à la suite et en soirée: Orphen (Boo), Inu Yasha (Great) et Last EXILE (Perfect!). Pour ceux qui ne l'ont pas, je rappelle que le budget de MTV France ressemble,tous frais compris, à celui d'un paquet de fraises Tagada.
Ce magasin fait vraiment bien les choses, puisqu'ils ont aussi une large sélection d'art-books importés. Il est vrai qu'il est fort difficile de discerner les copies HK des originaux, mais le matos que j'avais sous les yeux me semblait correct. Et j'avais du mal à y croire: des incunables que j'ai rarement vus en France. Des bouquins d'U-Jin, des Studio Ghibli, le Sunrise ArtWorks de Cowboy Bebop (j'l'avais jamais vu celui-là!),Basara, Ashita No Joe (!), How To Make Eva (!!), Hayao Miyazaki Daydreams (!!!), le coffret volume 2 de l'encyclopédie Gundam comprenant 4 livres...

Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin: les prix. Pour les DVD, comptez entre 20 et 25€. Jusqu'ici, tout va bien. Pour les artbooks, entre 25 et 30€ (le coffret encyclopédique Gundam est à 40€). Là, ça devient vraiment intéressant. Et le plus dingue: les mangas sont tous à 3,90€. Taxes comprises. Alors que nous tapons en France entre 6 à 8€, parfois même 10€ pour certains éditeurs.
En voyant l'offre, on est même en droit de s'interroger: Dybex, qu'est-il arrivé à KareKano en manga, tenu par Tonkam et sa honteuse parution dans son mensuel Magnolia, ou la version DVD, portée disparue chez nous, alors que DynIt édite les deux? Et d'ailleurs, pourquoi les mangas chez Dybex sont-ils anecdotiques alors que DynIt fait des poids lourds comme Fruits Basket ou GTO? Que fout Generation Comics France avec Tenjou Tenge ou Full Metal Panic, à se baser sur la traduction italienne alors qu'ici, tout est basé sur l'édition japonaise? Donc oui, les italiens n'ont rien à nous envier; mais alors, où faisons-nous mieux? Répondons à cette question dans un élan de chauvinisme latent! Primo, nous avons des DVD en coffrets et pas eux, nananèreuh. Secundo: nos mangas ont quand même un look plus soigné, avec les couvertures à couches et un papier à peine plus épais. Tertio: notre fanbase semble meilleure: le principal (seul?) magazine se nomme "Mondo Japan" et est à peu près au niveau semi-pro français (qui a dit FJM Publications?). Côté meetings, l'hôtesse du magasin a difficilement pu me dire qu'il y avait une convention de Japanime à Rome, sans pouvoir m'en citer le nom et sans penser que plus de 2000 personnes s'y rendaient. J'ose espérer qu'elle était mal renseignée...

Troisième partie

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