18 février 2006
Icare
Lors de son avant-propos, Jean Giraud nous prévient : Icare n'est pas tant une réécriture du mythe grec qu'il n'est un délire onirique. Toute l'histoire est en provenance directe d'un rêve, et les circonstances qui l'ont amené à publier le résultat sous forme de manga sont si particulières qu'elles sont probablement dûes à un dysfonctionnement de la Matrice.
C'est l'histoire d'un garçon qui vole. Tout connement. Il flotte dans les airs, on ne sait pas comment, et il a passé son existence isolé dans une verrière sous la surveillance d'un gouvernement qu'on imagine volontiers décadent. Bien évidemment, il s'échappe.
Fin.
Quoi, je vous ai gâché la découverte du scénario ? Ben je sais pas si je l'ai déjà dit, mais je nourris une peur panique du spoiler envers vous autres qui lisez cet éditorial. Mais honnêtement, il n'y a rien à dire sur le scénario, tout simplement parce que ce volume n'était bien évidemment pas censé être unique. Il se termine d'ailleurs sur un entretien passionnant - dont un extrait conséquent est lisible ici - où Moebius explique ce bordel. C'est peut-être la meilleure chose à tirer de ce livre, en fait. On y découvre le scénario avant remaniement en manga, qui laissait augurer une énorme saga résolument adulte... et la déchéance du projet par la faute des sondages aux lecteurs lors de la prépublication japonaise, qui n'est finalement qu'une annulation parmi tant d'autres dans l'industrie de la bédé nipponne. Ainsi, les chapitres parus sont réunis dans ce recueil, et le reste a bien peu de chances de paraître un jour. Ce que l'on a dans les pattes est clairement le premier chapitre d'une grosse histoire : des factions rebelles, une histoire d'amour, une charismatique méchante-général-lesbienne-esthète-sado-maso et j'en passe. Sauf qu'à la fin du livre, tout ceci n'a plus grand intérêt sans suite... Arrivé à son terme, j'ai eu le même sentiment que le jour où j'ai bouclé le CD 2 de Panzer Dragoon Saga sans avoir les disques 3 et 4 - les hurlements d'incompréhension folle en moins. Ou la pseudo-fin de Halo 2, sauf qu'elle est assumée par ses développeurs. En l'état et à l'instar de Togari, impossible de vous recommander cet ouvrage, puisqu'il est inachevé.
Qui l'achètera, à part les fans de Moebius ou ceux de Jirô Taniguchi, curieux de savoir le résultat de l'un dans le manga ou de l'autre dans la SF ? Pas grand monde, et cette parution reliée est la dernière tentative pour qu'Icare ait un succès suffisant et la parution de la suite. Alors faute de mieux, on édite une histoire sans fin... ou alors, on peut se contenter de la conclusion, et on s'interroge alors sur tous ces personnages prévus pour une saga qui n'existe pas. Dans les deux cas, on reste sur sa faim.
Si vous aussi, vous aimez les scénarios avec des gens qui s'envoient en l'air, il existe un endroit non médicalisé pour vous. C'est le canal IRC #editotaku@irc.worldnet.net, ouvert chaque dimanche dès 21 heures et accessible par votre soft IRC habituel ou par la case avec le pseudo dans le menu à gauche. Vous y trouverez des gens pour vous aider, qui vous montreront des images qui feraient peur à Benoît XVI et vous parleront de Super Monkey Ball DS. Ou alors ils vous proposeront de faire un Mario Kart DS. J'ai besoin d'un comprimé de Paracétamol.
Par Raton-Laveur le 18 février 2006, 23:16 - Japanime aucun commentaire
16 février 2006
Du journalisme comme on l'aime
Bref. Le dernier Gameplay RPG a fait une liste des jeux qui comptent pour 2006. Ahhh, les listes, une méthode simple et peu onéreuse en temps de cerveau pour remplir des pages. Tellement efficace qu'ils n'ont pas consacré un dossier entier rempli de dépêches de presse, oh ça non ma bonne dame, ils ont carrément fait un hors-série entier pour ça. Payant, hein. Rien que sur la couv', on voit Solid Snake de MGS4, jeu qui n'a quand même pas beaucoup de chances de sortir cette année - surtout qu'on a des doutes sur la sortie européenne de la PS3 pour la fin d'année. Mais quand on ouvre, c'est encore mieux : on y apprend que [HILL] Project sort en 2006 ! Kézako [HILL] ? Mais voyons, souvenez-vous de la première Push Start Radio, il y a trois ans ! Un shoot'em'up avec un vrai scénario ! Depuis, Nicolas du studio Gaming-Side, alias Lama Himself, avait élu domicile sur le push-forum, laissant deviner à travers des énigmes chuchotées dans sa barbe combien il était difficile de faire du jeu vidéo en France. Enfin, il n'a pas fait que ça : il a aussi rencontré Mireille Mathieu et il m'a offert ma deuxième année d'abonnement au XboxLive, donc oui, c'est un homme bon. Sauf que finalement, même lui a appris que son propre jeu sortait cette année. Et c'est Lama Himself himself qui a dévoilé l'intox... A mon avis, il va devoir bouffer cette rumeur sortie par un pigiste en manque de pages à toutes les sauces pendant les mois à venir, et ça ne risque même pas d'aider le studio dans sa recherche d'un éditeur ou d'un financement, puisque ses auditeurs penseront qu'un accord a déjà été conclu ailleurs. Y'a pas à dire, la presse française de jeux vidéo, c'est vraiment un monde magique.
Par Raton-Laveur le 16 février 2006, 23:59 - Jeux vidéo un commentaire
14 février 2006
Joyeux anniversaire, Ken Masters !
Allez hop, cachons la migraine en vidant le backlog de liens roses pour égayer ce 14 février, avec Saaya Irie (une ode à la patience), Hard Gay pour faire plaisir à Yamato (qui se prénomme Valentin, bonne fête au passage), des captures d'écran comme on les aime, le dernier Pia Carrot eeet au lit. Ecouter du Prodigy en entraînant son Drivatar a clairement des effets secondaires sur les nerfs.
Par Raton-Laveur le 14 février 2006, 23:52 - Général 5 commentaires
12 février 2006
Osu! Tatakae! Ouendan
Mais pour le plaisir, résumons le délire. Ouendan (ou Oendan, c'est comme vous le sentez) est une simulation de supporters nippons cachant un rythm game des plus classiques, signé du studio iNiS (déjà coupable de Guitaroo Man sur ps2). L'excellente bande-son est composée de J-Rock (avec quelques petits écarts vers de la J-Pop, merci les Morning Musume), et se joue intégralement au stylet. On tape sur des pastilles échappées de Samba De Amigo, on tourne des disques très rapidement, et on suit des ballons qui glissent sur des rails - voilà l'intégralité du gameplay. La difficulté est assez élevée : on bouffe un maximum de die and retry, quand il suffit de rater deux ou trois pastilles sur plusieurs centaines pour se prendre un game over et que le seuil de tolérance est faible. Dans la hiérarchie des jeux musicaux, Ouendan est à classer tout près de Beatmania, aux antipodes des simplissimes Donkey Konga ou Parappa.
Sauf que, pour aussi paradoxal que ça puisse paraître, le plaisir d'Ouendan n'est pas tant dans son gameplay que dans son ambiance. En tant que simulation de supporters, on encourage des gens : ça va de la secrétaire qui n'ose pas inviter son supérieur au bal-pas-masqué-ohé-ohé au prof qui ne tient plus sa classe en passant par des scénarios complètement barrés dont je ne vais pas vous gâcher la découverte. Les histoires sont racontées par des digital comics (des mangas animés, quoi) ultra-dynamiques - la seule 3D étant notre groupe de supporters qui fait son office, à la DDR, derrière le rideau de pastilles que l'on clique à tout va. Les quinze niveaux sont des mixes écourtés des chansons originales, découpés en quelques rounds entrecoupés par des interludes du manga, où le déroulement de l'histoire est influencé par notre performance. A l'écran, tout est chorégraphié, si bien que c'est un vrai plaisir à regarder ! Faut pas se leurrer : si Ouendan est considéré par certains comme étant tout simplement le meilleur jeu de la DS, c'est parce que sa petite carte déborde de bonne humeur et d'énergie - surtout qu'elle suce particulièrement vite la batterie de la DS, ajoute ma mauvaise langue. Loin de moi quelque sentiment japanophile, mais depuis quand n'a-t-on pas vu un jeu occidental "positif" ?
Rayman et les jeux d'aventure LucasArts ont disparu du radar depuis quelques temps, et quand un studio américain s'inspire de Jet Set Radio, on obtient ça. Pourquoi cette débauche de négativisme ? Ouendan ne s'adresse pas aux petits enfants et n'est donc pas tout-rose-et-tout-mignon parce qu'il ne veut pas faire peur : c'est un jeu joyeux, l'idée étant quand même d'aider des personnes à triompher de leurs problèmes. Chaque niveau commence par quelqu'un qui hurle "Oooendaaan !" comme on appelle des super-héros, et nos majorettes en noir font irruption, prêts à communiquer leur énergie. Ou leur ki, leur yin, appelez ça comme vous voulez, mais c'est une motivation qui est facilement véhiculée au joueur. On en chie pendant la partie, mais on est doublement content à la victoire parce qu'on y est arrivé et parce que ce pauvre cuisinier qui déprimait dans son restau désert est maintenant populaire dans toute la ville. A l'instar de Fruits Basket, manga au bonheur si contagieux qu'il devrait être remboursé par la Sécu comme antidépresseur homéopathique, Ouendan est un véritable concentré de peps qui vous file un sourire qui va d'une oreille à l'autre... pour peu qu'on ne désespère pas face à la difficulté de certaines chansons. Pour résumer : du point de vue du système de jeu, Ouendan est un rythm game corsé et au stylet, qui suit le principe éternel de taper sur quelque chose en suivant aveuglément des trucs à l'écran plus ou moins en accord avec la musique... et du point de vue de l'ambiance, Ouendan est un titre délirant et enchanteur, à l'humour universellement compréhensible, et qui n'a strictement aucune chance d'être diffusé hors Japon, encore moins indemne. Toutes les chansons sont en japonais, certains scénarios tapent dans le folklore, et le concept même du club rigoureusement organisé de supporters est absolument étranger à l'occident. Purement nippon, à la difficulté pour les joueurs confirmés, au genre à la limite de l'underground dans nos contrées... Autrement dit, l'exemple parfait du titre à se procurer en import.
Ce soir, session IRC dès 21 heures comme chaque dimanche sur #editotaku@irc.worldnet.net, mais vous pouvez aussi passer en entrant votre pseudo dans la case à gauche. Le sujet de ce soir : "De la difficulté à cuisiner une brioche", parce que purée c'est pas une sinécure de faire monter la pâte. Apportez vos Mario Kart DS ou vos photos de cosplays en groupes d'oendans, y'a toujours de la place pour ça.
Par Raton-Laveur le 12 février 2006, 20:25 - Jeux vidéo 21 commentaires
10 février 2006
Mon premier jeu vidéo
Il avait deux programmes : Hickory Dickory, un soft pour apprendre à lire l'heure qu'il n'était pas trop arrivé à lancer correctement, et Guns of Fort Defiance, un jeu de stratégie où l'on devait tirer avec des boulets de canon (remplis, au choix, de plomb, de poudre à canon, de balles de golf...) sur des soldats prenant d'assaut un fort de la guerre de sécession.
Et c'est mon premier jeu vidéo.
L'Atari a ensuite été nourri avec des jeux trouvés dans des magasins d'occasion, puis a eu une Atari 2600 pour compagnie sous la télé - puis ça s'est emballé. Thomson TO8-D, Amiga, Mega Drive... Mais c'est là que j'ai commencé : des cassettes audio qui vous sortent un bruit de fax pendant 10 minutes alors qu'on regardait le plafond avec des yeux de merlan frit. Il est toujours en excellent état, lui et ses gros pixels.
En septembre 2003, j'avais ressorti ces cassettes avec la (pas si) ferme intention de les digitaliser avant qu'elles ne se démagnétisent à jamais. Vous savez, le devoir de préservation, tout ça. Ben ça y est : après avoir pris contact avec Atarimania.com, un site qui a pour but d'aider à la préservation de ces programmes, j'ai enfin pris le temps nécessaire pour apprendre la méthode et la mettre en oeuvre, soit 30 minutes. Il s'avère que presque tous les titres de ma logithèque n'ont pas été sauvegardés... Et bien sûr, j'ai commencé par le commencement. Atarimania vient tout juste de le mettre en ligne ici, avec les instructions pour le lancer, et même des captures d'écran ! Si le coeur vous en dit, vous pouvez l'utiliser avec cet émulateur - en plus, il n'y a plus de temps de chargement. Je vais leur scanner le manuel et sauvegarder d'autres programmes... Finalement, il n'est pas si loin que ça, ce petit garçon devant son premier jeu vidéo.
Par Raton-Laveur le 10 février 2006, 19:54 - Jeux vidéo 34 commentaires
09 février 2006
This is the end my friend
Par Raton-Laveur le 09 février 2006, 16:12 - Japanime 10 commentaires
08 février 2006
même pas de titre
Première bande-annonce pour SiN Emergence, jeu pour lequel je nourris de grosses attentes. Sauf qu'on y apprend trois choses : primo, ça a vraiment une face de cul et les armes n'ont pas l'air bien sauvages. Secundo, les violons surexcités en bande-son, bof. Tertio, JC est toujours vivant, ce qui confirme que l'anime n'est pas canon mais bien une atroce bouse.
Certaines phrases de ce texte sont sûrement bizarres. Désolé. Mettez ça sur le dos de Psychonauts.
Par Raton-Laveur le 08 février 2006, 23:56 - Jeux vidéo 3 commentaires
06 février 2006
"Japon"
Japon, donc. Le concept n'est pas neuf, mais il a le mérite d'avoir été mis en oeuvre par le super-méga-cool Frédéric Boilet, le monsieur Manga de Casterman dont les choix éditoriaux sont plus que très super-méga-compétents. Il s'agit donc d'un recueil collectif d'auteurs japonais et français assez large : il y a des grosses pointures comme Joann Sfar (Le Chat du Rabbin, lisez-le si c'est pas déjà fait !), Benoît Peeters (son Monde d'Hergé est une incroyable redécouverte de Tintin) ou Moyoko Anno (oui, je prends le parti de penser que tout le monde a lu Happy Mania... me regardez pas comme ça, vous me rappelez mes passages à la caisse dans les mangathèques), mais il y a également pas mal d'auteurs inconnus des non-bédéphiles au dernier degré. Les fromages qui puent ont été conviés au pays du Soleil Levant par M. Boilet où chacun a dessiné ses pages comme un carnet de voyage ou son empreinte du pays, et les autochtones se sont plus largement lâchés sur leur propre pays (ou certains, comme Little Fish, qui se sont carrément tapés un délire). Pour la qualité, ça s'en ressent : autant certaines tranches de vie sont d'une émotion hypnotique, autant d'autres laissent relativement indifférent... Enfin bon, dans l'ensemble, c'est quand même un fort bel ouvrage. Et surtout, il y a une planche de Joann Sfar qui est tellement géniale que je fais jouer mon droit à la citation et mon scanner pour vous la faire partager. Dans sa participation au livre, M. Sfar laisse parler son copain-qui-vit-au-Japon (celui avec les lunettes, l'auteur s'étant représenté en crocodile), et la page qui suit est son avis sur les jeunes qui passent à l'Institut Franco-Japonais :

Oui, j'aurais pu vous montrer une autre page plus poétique ou belle, mais... auriez-vous déjà oublié quel site vous êtes en train de lire ?
Par Raton-Laveur le 06 février 2006, 22:39 - Japanime 9 commentaires
04 février 2006
C'est pas ma faute
Par Raton-Laveur le 04 février 2006, 21:59 - Général 20 commentaires
02 février 2006
Record battu !
Jusqu'ici, je pensais que les YumYum étaient le top, marque répandue et... super pas cher :

Trente-trois centimes d'euros, l'étiquette du supermarché faisant foi (et mon 7110 juste à côté, quel frimeur je fais). Tu fais pas plus cher, que je me disais ! Jusqu'à cette semaine, où le record a été battu :

Cinq sachets pour 0,90 € ! Soit, d'après la calculatrice de Windows, 18 centimes le sachet. Woaw. A ce prix-là, je me demande s'il y a encore des nouilles.
Si vous trouvez moins cher, soyez sympa, partagez l'info : la barre est à 18 centimes pour un sachet saveur au poulet de 60 grammes !
A part ça, aujourd'hui c'est la Chandeleur, alors pensez à faire des crèpes... Oui bon c'est 22h30, mais hey, j'en ai une à côté du clavier là.
Par Raton-Laveur le 02 février 2006, 22:30 - Général 31 commentaires
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