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Ayanami > Langley

04 juillet 2019

Japan Expo 2019 - La carte revue et corrigée

Onzième année : la carte de Japan Expo modifiée, avec les stands à visiter (en vert) et ceux à éviter (en rouge). Les gens de bon goût, les produits officiels ; en face, les gens méchants et les contrefaçons. Téléchargez le fichier dans votre téléphone ou votre tablette et amusez-vous bien. On ne change pas une équipe qui paie son ticket en prévente : la liste est compilée par Nady, Keul aide toujours au code et les blagues foireuses sont faites maison.

https://www.raton-laveur.net/images/JE2019.jpg

Publication très tardive car la SEFA a elle-même publié la carte super tard (samedi après-midi !). En plus, la liste des exposants n'a pas arrêté de changer :

au secours

Notes de production

  • On passe en 500dpi ! La carte étant à présent publiée sur un fichier unique (au lieu de deux cartes séparées entre les Halls 4-5 et le Hall 6), il a fallu augmenter la résolution pour rester lisible. Du coup, le fichier tape à 30 Mo : dur pour votre carte SD de 512 Go. L'an prochain, vivement du 600dpi pour vos écrans 4K.
    • Mise à jour du jeudi soir : j'ai eu des témoignages de téléphones qui font un anévrisme avec un PNG de 30 Mo - je compresse agressivement en JPEG et on tombe à 16 Mo. Quelques artefacts de compression qui n'entachent pas la lisibilité et rappellent nos meilleures pages perso sous Multimania à l'époque où Japan Expo était encore à l'Epita.
  • La carte officielle utilise un code couleur pour trier les stands en catégories (jeux vidéo, manga, cosplay...), mais ils ont changé la couleur de la catégorie "manga", qui passe d'orange à rouge. Du coup, j'ai décalé le cadrage des stands rouges pour les rendre visibles malgré le fond rouge. Vais-je devoir passer à des pointillés l'an prochain ?
  • Comme à chaque fois, j'ai ajouté de nombreux logos sur des stands officiels pour s'y reconnaître plus rapidement. Certains stands hébergeant plusieurs marques (Taifu/Ototo/Ofelbe/NihoNiba en A172 ou Koch Media/Sega/Atlus/Nis America en F663), le résultat est parfois cocasse.
  • Pourquoi le stand de Funko Pop, qui utilise de vraies licences et est en vert sur la liste de Nady, est en rouge sur la carte ? ( ̄ヘ ̄)
  • La piqûre de rappel : pourquoi est-ce qu'il y a des amateurs en rouge ? Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, les douanes ont changé de mode opératoire depuis l'an dernier. Peu importe que vous soyez un "petit professionnel", si vous êtes dans le Hall 5, ne touchez pas aux grosses licences. Et plus généralement : si vous êtes amateur, ne concurrencez pas les produits officiels en faisant des sacs mal floqués avec des logos officiels (stand U711).
  • Autant les amateurs peuvent agir par méconnaissance de la loi, autant il y a des professionnels qui agissent en Loyal Mauvais. Ainsi, Draw My Pad (E665) continue à vendre des contrefaçons trouvées sur AliExpress à prix d'or. Ils ont même tenté de me faire de me faire des câlins non consentants l'an dernier.
  • La Japan Expo ayant 20 ans, elle est en âge de regarder la télé tard le soir avec un oreiller posé sur l'entrejambe ; une sélection de produits pour adultes est mise en avant sur la carte. Tenga a carrément un stand (C148), et Taifu/NihoNiba (A172) nous sort un Takeda Hiromitsu pour l'occasion, c'est dire.
  • Si Nolife vous manque encore, allez chez Omake Books (A642) pour y retrouver les France Five.
  • La météo s'annonce bonne, entre 25° et 30° tous les jours. Ainsi, pas de recommandations particulières sur les parapluies ou la canicule.
  • Comme toujours, si vous avez des stands à recommander, faites-vous plaisir. Merci de votre fidélité et j'espère vous retrouver sur place !

24 juin 2019

Japan Expo 2018 : pourquoi les douanes sont passées sur les stands amateurs ?

Que s'est-il passé ?

Comme chaque année et pour mon plus grand plaisir, les douanes sont descendues à Japan Expo. C'est d'ailleurs l'occasion de découvrir la mine d'informations qu'est le Flickr des douanes françaises, contenant des photos de qualité des produits saisis - un trésor pour jouer aux sept différences avec les produits officiels.

Hey ! Sur les photos, on trouve des produits faits par des auteurs de fanzines !

Sur ce cliché, il y a des badges fabriqués par Frozen Garden (qui était dans le Hall 5, stand E216). Ou ici, des toiles de Manga Art (Hall 5, B214).

Pourquoi les douanes sont passées sur les stands amateurs ?

Tiens, c'est marrant, c'est le titre de cet article. Précision : les stands visités étaient chez les "jeunes créateurs", en bas à droite du Hall 5, à ne pas confondre avec l'espace amateurs du Hall 6 (allez voir sur la carte). Ces derniers n'ont pas été visités par les douanes, même si certains stands le méritaient grave (Hall 6, stand S710).

Okay, je reformule la question : pourquoi les douanes sont passées sur les stands de jeunes créateurs ?

J'avais qualifié la question de "sujet épineux" dans les annotations de la carte de cette année - du coup, on ne peut pas dire que les jeunes créateurs n'étaient pas prévenus. Des fanzineurs expérimentés ont profité de l'occasion pour le rappeler : l'exploitation marchande d'une licence qui ne vous appartient pas, c'est mal. Si vous n'êtes pas dans le cadre d'une parodie, la loi française ne vous protègera pas.

Certes, il en est de même pour les amateurs, mais les "jeunes créateurs" sont casés juste à côté des professionnels, et certains desdits jeunes créateurs font carrément leur propre maison d'édition. Enfin, notez l'emphase sur créateurs ; Japan Expo le rappelle dans le contrat, et il n'est pas très sain de s'autoproclamer créateur si le stand ne contient que des produits inspirés de licences existantes.

Une des grandes différences entre un stand "amateur" et "jeune créateur" est la limitation du prix de chaque article : les amateurs sont limités à 12€ maximum, là où les jeunes créateurs peuvent vendre plus cher. Ainsi, Tsundereko ou Kawa-Soft migrent annuellement entre les deux zones, selon que leurs produits de l'année soient suffisamment qualitatifs ou non pour être vendus au-delà de cette limite. Du coup, certains "amateurs" qui n'avaient que des produits de fanzinat qu'ils souhaitaient vendre plus cher ont simplement pris un stand coté "jeunes créateurs" et ont donc été considérés par les douanes au même titre que n'importe quel stand professionel.

Cette action n'était-elle pas un peu excessive ?

Voici une toile faite par Manga Art, et voici l'oeuvre originale, elle-même un fanart par ailleurs. Basiquement, quand Manga Art pond une toile, cette dernière imite le style de l'auteur original. Dragon Ball est dessiné à la Toriyama, Fairy Tail à la Mashima, etc. De même, les badges et accessoires Pokémon sont en concurrence directe avec l'offre légale proposée par la Pokémon Company. Vous comprenez où je veux en venir : ces produits sont effectivement bien trop proches de l'élément original pour prétendre à la moindre créativité propre ; qu'ils soient produits par de petits indépendants ne change rien au problème.

Quand j'explique plus haut que ces stands ont été considérés par les douanes au même titre que n'importe quel professionel, je ne plaisante pas ; les douaniers ont opéré comme avec les revendeurs de chinoiseries en procédant à la rédaction d'un procès-verbal, saisie des produits, fichage pendant cinq ans dans leurs dossiers, etc. Evidemment, la réaction n'est pas la même ; là où le revendeur professionel de contrefaçons va se contenter de dissoudre sa société et reconstituer son stand en passant commande d'un conteneur en provenance de Shenzen, l'amateur qui voit partir ses encrages de Pikachu va piquer une crise de nerfs.

Pourquoi les douaniers sont-ils allés chez les jeunes créateurs alors qu'il y a une tonne de contrefaçons chinoises vendues par les professionels ?

Avant de commencer, précisons que les stands chinois ont effectivement été visités.

C'est la grande différence entre cette Japan Expo 2018 et les passages des douanes les années précédentes. Là où avant, les douaniers venaient d'eux-mêmes car ils savaient qu'il y avait du procès-verbal à saisir en masse à Japan Expo, ils ont ici été missionnés par les ayants droit. Autrement dit, les éditeurs ont spécifiquement demandé à la douane de se pointer pour saisir des contrefaçons précises de leurs produits.

En lisant entre les lignes, on peut faire un lien entre les différentes saisies : One Piece et Naruto étaient concernés le même jour par les mêmes saisies. Ils ne sont certes pas chez le même éditeur français (respectivement Glénat et Kana, représentés par Viz Media Europe) mais bien chez la même maison mère en son pays (Shueisha). Cette action à Japan Expo fut donc motivée par les japonais qui ont envoyé le même message à leurs différents représentants français en leur demandant de serrer la vis à ce moment précis.

L'autre grande différence : nous avons un nouvel acteur cette année, à savoir les sociétés de protection des droits d'auteur. Elles sont inconnues du grand public, alors accrochez-vous pour le prochain paragraphe.

Les ayants droit (les éditeurs français : Pika, Kana via Viz Media...) représentent les produits et intérêts des détenteurs japonais des licences (Shueisha, Kadokawa, Nintendo...), d'où "ayant droit". Quand un fansub ou un scantrad illégal pointe son nez pixellisé sur le territoire, il appartient donc aux ayants droit français d'agir afin de protéger leur propre intérêt et par extension, celui des détenteurs originaux. Sauf qu'envoyer les emails qui font peur, les mises en demeure, les avocats, les brigades de la mort qui défoncent la porte des scantradeurs à six heures du matin avec des grenades flash, ben les éditeurs, ils ont d'autres chats à fouetter. Alors ils font appel à ces sociétés de défense des droits d'auteur : des entreprises en charge de faire respecter le contrat signé ou négocier les apparitions sur les produits dérivés (Naruto sur les cahiers scolaires, les jouets dans les menus burgers et autres étrangetés).

L'action fut donc tripartite : les éditeurs français, une société de protection des droits d'auteur, et les douaniers. Les premiers ont appelé les seconds, qui ont missionné les troisièmes.

Corrolaire : pourquoi les sociétés de protection des droits d'auteur ont-elles demandé aux douanes de visiter les jeunes créateurs alors qu'il y a une tonne de contrefaçons chinoises vendues par les professionels ?

Parce qu'il est bien plus facile d'y repérer une contrefaçon. Vous n'êtes pas sans savoir que les contrefaçons chinoises sont difficiles à différencier des produits originaux. Par contre, en se pointant sur le stand d'un "jeune créateur" qui a dessiné Pikachu, on sait immédiatement 1) qu'il n'a aucune autorisation, et 2) que le produit n'est pas officiel. La société de protection des droits d'auteur a également tout intérêt à faire dresser un maximum de procès verbaux afin de satisfaire leur client ; il est donc logique d'aligner ces stands à la chaine plutôt que de passer une journée à vider un seul stand rempli de contrefaçons chinoises. L'espace "jeunes créateurs" était donc tout à fait indiqué.

Seconde hypothèse : parce qu'ils ne savaient eux-même pas qu'ils avaient affaire à des amateurs. J'ai contacté la société qui a agi sur Japan Expo 2018, mais ils sont finalement restés lettre morte. Pour leur défense, recevoir un mail signé d'un crétin avec une peluche de raton laveur ne doit pas vraiment ensoleiller votre journée. 

J'ai entendu dire que / Il paraît que / On m'a dit...

Les légendes urbaines ont proliféré sur cet espace de Japan Expo ; ça sentait la trouille, et les légendes urbaines ont fleuri. Non, les douanes ne déchirent pas - et ne font pas déchirer - des originaux, car ils en ont besoin pour établir les procès verbaux (d'où le compte Flickr pointé en début d'article). Les contrefaçons sont certes détruites, mais en toute fin de chaine et pas en pleine saisie pendant une convention ! Non, les douaniers ne passent pas en pleine nuit : vous pourriez avoir l'autorisation d'un ayant droit, et ils ont besoin de vous pour dresser le procès verbal. Et ainsi de suite... Hélas, quand j'ai tenté de corriger les fausses informations, j'ai eu droit à des perles telles que "l'important, c'est que ça fasse du bruit". Le gag étant que pendant que les jeunes créateurs se faisaient choper par les douanes, les vrais escrocs détenteurs de contrefaçons pur jus ont planqué leurs pires pièces sous la table.

Je suis amateur, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • Revenir aux bases du fanzinat, autrement dit "fanzine" : si votre stand est rempli de porte-clés, sacs en tissu et autres goodies basés sur des licences existantes, vous produisez d'autant plus de produits concurrençant l'offre officielle. Restez dans la zone "amateurs" et n'allez pas chez les "jeunes créateurs" juste pour vendre des produits au delà de 12€ ! Par contre, si ces objets sont inspirés de vos propres histoires et personnages, tout baigne.
  • Peut-être lâcher les licences existantes pour créer vos univers à vous ? Un peu poussés par les circonstances, plusieurs artistes ont tenté cela avec succès pendant cette Japan Expo.
  • Ca va paraître un peu dingue, mais : contacter les ayants droit et demander la permission. Dans le milieu vidéoludique, de nombreux éditeurs et développeurs autorisent les YouTubeurs à monétiser les vidéos contenant leurs jeux. Par le passé, les fans français de la Mélancolie d'Haruhi Suzumiya ont travaillé main dans la main avec les différents ayants droit locaux pour aider à la promotion de l'anime, du manga et du roman. De même, l'activité du cercle amateur Monotype est connue de Type-Moon et ses ayants droit français. Gardez avec vous un papier justifiant de cette autorisation : les procès verbaux des douanes lors de Japan Expo citaient bien l'absence de justificatif comme motif de leur action. A l'inverse, si vous essuyez un refus à votre demande, dites-vous que vous venez d'éviter bien des problèmes sur votre prochain stand ! Par exemple, j'ai posé la question à Thomas Astruc (Miraculous, les aventures de Ladybug et Chat Noir) et il m'a répondu le plus clairement du monde
  • Eviter les plus grosses licences : dessiner un énième Evoli ou Naruto, c'est donner le bâton pour se faire battre. Les artistes américains ont carrément établi leur propre liste des licences à éviter. J'ai cité les cas Type-Moon ou Haruhi Suzumiya pour montrer que les produits de niche enchantent tout le monde : les quelques fans sont ravis car les produits dérivés officiels sont rares ou inexistants chez nous, les éditeurs sont aidés dans leur promo sur la portion moins connue de leur catalogue, et les amateurs trouvent leur public au lieu de se cannibaliser mutuellement autour des trois mêmes licences. Dans ta face, principe de Pareto ! Vous pouvez pousser cette logique encore plus loin en vous basant sur des licences qui n'ont pas d'éditeur français...

Je suis organisateur de convention, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • Relisez le contrat que vous faites signer aux exposants qui vous rendent visite. C'est bien beau d'invoquer une phrase type "si les douanes passent sur votre stand, c'est votre faute et pas la nôtre", mais en tant qu'organisateur, votre responsabilité peut être engagée. La loi protège le droit à la parodie ; rappelez-le afin d'avoir une définition communément acceptée de l'activité de fanzinat. Cela évitera les produits trop proches des originaux comme évoqués plus haut, et rappellera qu'un minimum de créativité est attendu de la part de vos exposants.
  • Faute de pouvoir accueillir tout le monde par manque de place, vous faites déjà un filtrage au moment où vous recevez les demandes d'exposants : si vous voyez un amateur qui n'a que des produits dérivés à proposer, réfléchissez-y à deux fois.
  • Méthode utilisée chez les américains et quelques conventions européennes : la liste noire. Vous tenez compte des interdictions des uns (le cas Miraculous déjà indiqué), des saisies des autres (les Naruto, One Piece, Pokémon pendant Japan Expo 2018) et vous demandez aux exposants dans votre contrat de n'apporter aucun produit inspiré par ces licences. Cela demande un travail de veille assez conséquent et imparfait : rien ne garantit qu'un ayant droit décide de changer d'avis ou d'ajouter de nouveaux titres dans ses intouchables. Si vous êtes un petit évènement, rien ne garantit que les éditeurs répondront à vos coups de fil. Bref, c'est difficile et imparfait, mais c'est un garde-fou non négligeable.

Je détiens une licence faisant l'objet de produits dérivés dans le milieu amateur, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • S'il s'agit de votre propre licence (par exemple, vous êtes créateur d'une bande dessinée française) et que vous vous éditez vous-même : communiquez clairement votre autorisation ou votre refus. Mettez l'information ou les conditions sur votre site ou dans votre oeuvre (dans la page des copyrights, manuel d'utilisation...).
  • S'il s'agit de votre propre licence et que vous avez un éditeur : communiquez clairement votre autorisation ou votre refus à votre éditeur, car c'est à ce dernier qu'il appartient de défendre votre bout de gras. Si vous êtes d'accord pour que les fans s'inspirent de votre oeuvre, cela évitera que votre éditeur menace inutilement ces derniers, au risque d'endommager votre réputation. Et si vous n'êtes pas d'accord, cela vous évitera d'avoir à gérer cela par vous-même. Il est également possible que votre éditeur ne soit pas de votre avis ; si vous êtes OK, il est susceptible de ne pas l'être, car il doit bien défendre son investissement dans votre travail...
  • Si vous êtes éditeur d'une oeuvre tierce : c'est le cas rencontré à Japan Expo, où les ayants droit français ont été conviés par les producteurs japonais à dégainer les avocats. Sauf que personne n'était au courant de cette action : ni les fans exposants qui se sont fait saisir leurs produits, ni les organisateurs qui n'ont pas pu prévenir lesdits fans de laisser leurs dessins de Pikachu à la maison, ni les visiteurs qui se sont retrouvés bien paumés.

L'article du Parisien indique que les saisies de contrefaçons à Japan Expo sont en baisse. Qu'en penses-tu ?

Le papier se termine avec un raisonnement par l'absurde : "parce que moins d'articles sont saisis, cela signifie qu'il y a moins de contrefaçons". Les années précédentes, les douanes passaient sur des stands professionnels qui disposaient donc d'un inventaire très important de produits mis en vente ; un seul stand pouvait taper à plusieurs milliers d'articles. Or, la politique de 2018 fut de cibler les jeunes amateurs, qui n'ont généralement pas plus d'une dizaine d'exemplaires d'un même produit - quand ce dernier n'est pas unique, comme le cas des encrages Manga Art précédemment cités. En ciblant donc des "artisans" plutôt que des "industriels" de la contrefaçon, forcément qu'il y aura un nombre moins élevé d'objets saisis ! Pour la curiosité, vous trouverez ici des statistiques plus précises sur les stands présents à Japan Expo 2017.

Et pour Japan Expo 2019, ça s'annonce comment ?

A l'heure où j'écris ces lignes (3h du matin), la SEFA ne fournit qu'un "plan global" fort succint, où l'on peut quand même voir que les "jeunes professionnels" sont parqués dans des "villages passion". Je doute que la nuance changera quoi que ce soit pour qui que ce soit ; les ayants droit y voient des zones qui font quand même partie d'un "village pro" - donc tenu aux mêmes règles du respect des droits d'auteur - et les passionnés y verront aussi un coté "fan" - car la passion fait vivre, c'est bien connu. M'est avis que les sociétés de protection des droits d'auteur devraient plutôt arpenter le Hall 6 pour éviter de nouveaux psychodrames, mais ils restent malgré tout dans leur bon droit.

01 juillet 2018

Japan Expo 2018 - Carte édition 10ème anniversaire

Hall 5

Hall 6

MISE A JOUR: La version interactive est ici : https://www.raton-laveur.net/je2018/ (rappel: Un moteur de recherche est intégré pour trouver ou identifier le stand de votre choix et si vous appuyez sur un stand, son nom s'affiche en haut. Une fois chargée, la carte reste dans la mémoire cache de votre appareil - pas besoin de réseau ! Même si vous n'avez pas de réseau 4G une fois au Parc des Expositions de Villepinte, vous y aurez accès)

Dix-huit ans que raton-laveur.net existe, seize ans que l'éditotaku existe, et voilà, dix ans de cartes Japan Expo retaillées pour pointer les contrefaçons et vous guider vers les coins oubliés de la plus grande convention d'Europe dédiée aux gens mal rasés.

Annotations et Zeitgeist

  • Sorti de nulle part et annoncé tout autant, Shigesato Itoi se pointe pour une conférence (samedi 16h, scène Nezumi).
  • Je l'ai indiqué sur la carte mais je le répète : si vous ratez une dédicace ou une rencontre avec un invité, ne vous fiez pas uniquement au planning de Japan Expo avant d'assumer que les carottes sont cuites et allez voir le stand de l'éditeur qui lui a payé son ticket d'avion. Ainsi, chaque stand a son propre planning non listé sur le calendrier de la convention où vous aurez une seconde chance ! Consultez absolument leurs réseaux sociaux : le producteur de Monster Hunter sur le stand Nintendo, une bonne part du village Japon (Hall 5, J218) et j'en passe.
  • Koch Media (Hall 6, E652), dont le nom ne parle pas forcément aux néophytes, abrite ce qui était précédemment un composé de stands Deep Silver, Atlus, Sega, NiS America et j'en passe. Dans un grand jeu d'Hippo-Gloutons comme l'industrie vidéoludique en a le secret, Deep Silver était un éditeur allemand de jeux vidéo (les séries Saints Row, Homefront, Metro arrivaient en Europe par leur truchement) qui s'est fait bouffer par son distributeur, Koch Media, ce dernier amenant également la plupart de vos éditions collector en boutique. Pendant ce temps, Nordic Games, un distributeur autrichien (SpellForce, Aquanox et d'autres titres dont la seule trace subsiste dans nos petits coeurs et sur Gog.com) s'est offert la marque de THQ à la faillite de ce dernier, à la manière d'un Infogrames qui portait la peau d'Atari. Dans le dernier round, THQ Nordic a mangé Koch Media et s'est fait plein de sous grâce à ce rachat. Tout ça pour vous dire que sur ce même stand, vous allez trouver du Yakuza de chez Sega (avec en invités, le game designer et le doubleur du perso principal - j'écris ça de façon détachée, mais je me suis farci tous les épisodes depuis le début de la série en 2005), du Nippon Ichi (le Prinny en chef, dood !) ou du SNK (Yasuyuki Oda, déjà venu à Japan Expo 2016).
  • Le pire stand de Japan Expo : Draw My Pad (Hall 5, E212), qui exemplifie la méthode à la mode pour se faire des thunes quand on ne sait rien faire de ses dix doigts. L'an dernier, j'avais abordé l'arnaque des stands à pochettes surprises, les loot boxes de la vie réelle. Vous n'êtes pas sans savoir que nombre de gens peu scrupuleux sur les Amazon/Etsy/PriceMinister se content de relister des produits achetés à bas prix sur Alibaba, Taobao et autres sites en direct de la Chine, non sans prélever leur dîme au passage. Les coques de téléphones portables, les peluches contrefaites, stickers ou tapis de souris personnalisés ; vous passez commande, ils achètent eux-mêmes au pays du petit livre rouge et vous n'y voyez que du feu. On appelle ça du dropshipping, et il est par ailleurs illégal en France de vendre un produit qu'on n'a pas soi-même en stock. Draw My Pad, sous prétexte de proposer des manettes de jeu vidéo personnalisées, se contente d'acheter un pad Xbox en occase à 30€ et une coque Star Wars contrefaite à 7€, revisser  l'électronique de l'un dans l'autre et vous vendre le résultat - fort cocasse au demeurant quand on parle de Pokémon sur une Dual Shock - à une centaine d'euros. Contrefaçons et forte marge sur le dos des gogos, la recette d'escroc à la sauce soja.
  • Ce qui amène à un autre sujet plus épineux car il s'agit de gens de bonne volonté : les amateurs qui proposent "leur" copie d'un produit officiel. Passant outre la protection liée au droit à la parodie, recopier paresseusement le logo de l'Attaque des Titans sur un mug (Hall 6, S170) ou celui d'Assassin's Creed derrière son propre design de porte-clés (Hall 6, Q666) c'est hors-jeu.
  • No-Xice est de retour ! Hall 6, N705.
  • Mention spéciale au stand Dansleau (Hall 5, N131), qui est un distributeur officiel sous licence de produits... Denver le Dernier Dinosaure.
  • Les auteurs japonais de doujinshi continuent à venir à Japan Expo, mais emportent rarement un traducteur avec eux ; dégainez la méthode Assimil si vous visitez SunameriDrill (Hall 6, N626) ou PythonKid (Hall 6, N633). Ou mieux, apportez-leur des gourmandises bien de chez nous pour leur donner envie de revenir.
  • Le saviez-vous ? La Terre étant majoritairement recouverte d'océans, peu de pays ont un antipode qui ne tombe pas littéralement à l'eau. Cependant, la France tombe en Nouvelle-Zélande ; en tant que fromage-qui-pue, vous ne pouvez pas voyager plus loin que le pays des kiwis. Avant de m'y rendre, j'ai laissé une Mega Drive avec Sonic & Knuckles plaquée contre le sol. Une fois sur place, j'ai planté ma cartouche de Sonic 3 dans le sol, combinant ainsi notre planète dans la plus grande Sega Tower de tous les temps. Tout ça pour vous parler des stands Super Gifts (Hall 5, M129 et HAll 6, E705), venus d'Australie. Et ces fous ont enduré un voyage quasi-antipodal pour nous vendre des cosplays chinois de Sailor Moon...
  • (la carte continue à être mise à jour - pensez à faire tourner vos suggestions si vous avez des stands à recommander, y compris le vôtre !)

03 juillet 2017

Japan Expo 2017 - Remaster HD de la carte

Hall 5 (japanime)

Hall 6 (jeux vidéo)

Version interactive : depuis votre tablette ou smartphone, allez sur http://www.raton-laveur.net/je2017/. Un moteur de recherche est intégré pour trouver ou identifier le stand de votre choix. Une fois chargée, la carte reste dans la mémoire cache de votre appareil - pas besoin de réseau ! Même si vous n'avez pas de réseau 4G une fois au Parc des Expositions de Villepinte, vous y aurez accès. Merci Keul !

Voici neuf ans que la carte officielle de Japan Expo a droit à une seconde couche de peinture : les stands vendant des produits de qualité et ceux à éviter, les conseils pour ne pas tomber dans un hachoir à viande et de l'humour de mauvais goût. J'espère évidemment vous croiser dans les allées - et si ce n'est pas le cas, que ces informations vous soient utiles.

Pour les nouveaux visiteurs : les stands cools et à éviter représentent non seulement ceux vendant des produits officiels ou des contrefaçons (d'après la liste compulsée par Nady, qui en explique la méthodologie sur son site), mais également ceux que je vous recommande ou non. Les endroits à ne pas rater, les conférences intéressantes, les gens sympathiques rencontrés au fil des années... Là où la liste de Nady se veut objective, cette carte se veut bien à la maison - et ce, jusqu'aux curiosités comme les applications radio avec des mascottes oenologiques (Hall 5, stand E224).

Annotations
- Certains stands habitués ont fini par lever le camp. Geekmemore et ses rencontres plus ou moins arrangées selon la fréquentation n'est plus, et personne ne les pleurera.
- Japan's Doors a également décidé de rester à la maison. Pas de secret, le gérant de ce stand connu pour ses produits rares et autres doujinshi cochons s'est épanché dans ce podcast (spoiler : je suis dedans) sur le risque financier pesant sur tout professionnel se pointant à Japan Expo. En version courte, les coûts engagés et la concurrence souvent déloyale des voisins font que bien des sociétés jouent à quitte ou double par le simple fait de s'y pointer.
- Mais alors, où trouver des produits pour grandes personnes vaccinées ? Le stand Anime-Store continue à vendre son label cochon Hot-Manga débuté l'an dernier. La proximité de la date de sortie de certains DVD laisse deviner qu'ils seront en vente sur leur stand, dont Pure Mail.
- Finesse de langage : Bandai Namco Games - les jeux vidéo - n'est pas là, mais Bandai Entertainment - les dessins animés - est bien présent. Dragon Ball, One Piece et Sailor Moon : oui, mais Dragon Ball FighterZ, Little Nightmares ou Tales Of : non.
- A l'inverse, nous avons des revenants : Good Smile Company , qui avait fait l'impasse l'an dernier au profit d'une boutique temporaire à Paris pendant Japan Expo 2016, prend cette année un stand, minuscule au demeurant. De même, Ankama, que l'on ne voyait plus depuis qu'ils ont leur Ankama Convention, prend un stand de taille fort modeste.
- Autre curiosité, le stand JAMRA/CODA, lobby nippon des ayant-droits arpentant les conventions du monde entier pour rappeler que le fansub et les contrefaçons sont l'oeuvre du Malin, reviennent louer un lopin de terre. Ils ont également droit à leur propre conférence. Ne vous attendez pas à voir des brigades organisant des feux de joie alimentés de peluches contrefaites dans la cour extérieure du hall 5 ; ils semblent se limiter à une mission d'information.
- Comme je reste convaincu qu'avoir son propre logo est un privilège payant auprès des organisateurs, j'ai pris la peine d'étiqueter les stands éditeurs. D'après mes recherches, ceci vous aidera à retrouver votre chemin 24,82% plus rapidement que sur la carte officielle.
- Le stand Cerevo, vu l'an dernier avec une réplique à 800€ du Dominator de Psycho-Pass, est maintenant intégré au stand C134, une exposition dédiée à Ghost In The Shell organisée par All The Anime. Ils y proposeront une miniature complètement folle des Tachikoma.
- J'en viens d'ailleurs à un point noir de la carte officielle cette année : c'est un vrai boxon. Le stand C134 abordé juste avant ? Il n'est pas listé, et All The Anime le croyait en B134. De nombreux stands sur la carte ne sont d'ailleurs listés nulle part. Personne n'est à l'abri d'une faute de frappe ou d'un retard, mais je n'avais pas remarqué autant d'erreurs les années passées.
- Si vous êtes venu en 2016, vous ne serez pas dépaysé : beaucoup de stands et d'agencements n'ont guère changé d'une année sur l'autre. On ne change certes pas une recette gagnante, mais l'optimisation des derniers espaces laissés vacants montre bien que Japan Expo cherche à passer le plateau du nombre de visiteurs coincé à 250 000 depuis quelques années... Mais est-ce que ça n'en fait pas la seconde plus grosse convention d'animation japonaise derrière le Comiket ?
- Parmi les stands de contrefaçons et autres escroqueries, une nouvelle mode est à l'affiche : les pochettes surprises et autres "box" mystérieuses. Pour un billet, vous recevez un paquet supposé contenir toutes sortes de gadgets dont la valeur est évidemment supérieure au montant de votre achat. Inévitablement, tous les paquets sont identiques et contiennent les mêmes cochonneries : badges, porte-clés et autres bibelots sans valeur. En 2016, les douanes françaises ont d'ailleurs pris leur temps sur une de ces boutiques - stand qui a le culot de revenir cette année ! La variante de la "box" par abonnement ou par correspondance est du même acabit ; des invendus achetés en gros et refourgués aux gogos trop contents d'en faire la promo avec force hashtags et selfies. Nady a d'aileurs classé Wootbox en stand à éviter depuis que ces derniers lui ont confirmé que leurs "Wootshirts" sont évidemment dénués de la moindre licence officielle.
- Coté évènements, je vous ai pondu une sélection des conférences notables, mais j'attire votre attention sur Masao Maruyama, déjà venu en 2012 et 2014 et dont les conférences valent le détour. Pour le reste, la portion "Anime 100" organisée par les compagnies japonaises est riche en invités intéressants pour la minorité de vieillards que nous sommes ; tout ceci est résumé dans les bordures de la carte.

 

02 juillet 2016

Japan Expo 2016 - La Carte Remasterisée

JapanExpo2016-Hall5mini.png
 

Halls 4 et 5 : éditeurs, exposants japonais, jeunes créateurs et associations

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Hall 6 : jeux vidéo, revendeurs et amateurs

Version Interactive : visitez http://raton-laveur.net/je2016/ depuis votre téléphone/smartphone ; vous pouvez ensuite chercher un stand via la recherche ou cliquer sur un stand pour avoir son nom. La carte reste dans le cache, vous n'avez donc pas besoin d'avoir accès à Internet une fois à Japan Expo pour en profiter. Merci Keul qui a codé tout ça !

Au cas où vous n'auriez pas vu les éditions précédentes de ce plan : j'essaie de vous guider dans cette gigantesque convention qu'est Japan Expo en remixant le plan officiel pour y signaler où se trouvent les stands officiels (Hall 5, stand B146) ou intéressants (Hall 5, stand M205) et ceux qui proposent des contrefaçons et autres fourberies. Ce qu'il faut savoir, ce qu'il ne faut pas rater (Hall 6, stand A616) et ce qu'il faut éviter (Hall 6, stand B619), le tout bien évidemment saupoudré d'un humour dans l'air du temps.

L'an dernier, Nady avait épluché la quasi-totalité des stands et est de retour cette année. Basiquement, elle a fait le fond et j'ai fait la forme de cette carte. Vous pouvez d'ailleurs consulter ses recherches et télécharger la liste des stands sur son site - merci Nady !

Vous savez comment utiliser ces fichiers : mettez-les en mémoire de votre tablette, smartphone ou Palm Pilot et amusez-vous bien.

Annotations

 

Voilà - bien évidemment, vous pouvez indiquer des erreurs ou suggérer des ajouts via les commentaires. Au plaisir de vous croiser dans les allées et merci de votre fidélité !

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