02 novembre 2004
WarioWare GameCube
Pour ceux qui ne connaissent pas le principe de WarioWare et qui ont la flemme d'aller lire le Push (en fait je sais que non, les visiteurs auront pas la flemme puisque r-l.net c'est que du texte et pas d'images de filles nues, donc s'ils lisent ici ils seront contents d'aller lire ailleurs des textes sympas), il s'agit de petits jeux de 3 secondes de long et programmés par un Nintendo qui a fumé de l'herbe. En 3 secondes, on doit piger ce qu'on doit faire, comprendre les touches (usage de la croix directionnelle et/ou du bouton A) et le faire, puis hop, suivant. Grandiose.
Ce machin est une grosse parodie du jeu vidéo, jusque dans son scénario: Wario avachi devant la télé apprend que les jeux vidéo sont une pompe à fric, alors il fait son programme, d'où WarioWare. Gros capitaliste exploiteur, il appelle ses copains qui ont leurs propres joujous à faire subir au joueur. A la fin, Wario vire son équipe et se tire avec la caisse. C'est pas pour dire, mais venant de la part d'un Nintendo qui se sert de billets de 10000 yens comme Post-Its depuis que la série Famicom Mini fait un carton, tout cela me semblerait presque cynique. D'ailleurs, Wario ne fait pas les choses à moitié: il recycle sa cartouche GBA sur GameCube, vient d'en sortir une autre avec des capteurs de mouvement, et a déjà annoncé une version pour la Nintendo DS.
Le pire, c'est qu'on achète. 30€ neuf le disque GC, encore heureux. Alors, maintenant que nous sommes tous camés à la version portable, que vaut la version salon?
Techniquement, c'est bien rapide: les cinématiques sont remplacées par des vidéos, des intros aléatoires et hilarantes sont ajoutées, et les quelques nouveaux jeux sont en haute résolution. A part ça, on se tape exactement ce qu'on connaissait déjà sur GBA absolument tel quel - et ça fait bien 97% du disque. Une bonne grosse émulation digne du GameBoy Player: même les épreuves qui nous montrent un GameBoy n'ont pas été refaits pour représenter une manette de Cube. Sachez également que j'ai eu l'occasion de tester la bête sur un écran de projecteur grand de 3 mètres (merci H@n Solo!): faut croire c'est le summum du snobisme que de voir des pixels gros comme un bretzel - en tout cas ça rend aveugle.
Faut pas se leurrer: l'achat n'est justifié qu'en tant que party game, à l'instar d'un Kung Fu Chaos ou d'un Bomberman Saturn (oui, j'ai précisé la version pour le seul luxe d'indiquer que j'ai BomberSat). Si vous vivez seul dans le Larzac et que vous devez pédaler pour lire ce site, lâchez l'affaire. Si vous avez plusieurs WaveBirds, des tapis Dance Dance Revolution et autres accessoires obligatoires aux ambassadeurs du Jeu Vidéo pour montrer que c'est super social et qu'on ne va pas dans la rue tuer des grand-mères après avoir joué à UT2004, c'est du tout bon. Si vous tenez une réunion des Wariooliques Anonymes, pareil - quoique, ça doit être sacrément drôle d'entendre des confessions genre "bonsoir, je m'appelle Michel et je passe mon temps à renifler ou à lancer des avions en papier".
Pour rendre le concept jouable à plusieurs, il y a différents modes de jeu, plus ou moins bien foutus mais tous originaux. On a le principe de la "patate chaude", où l'on joue tour à tour alors qu'un ballon gonfle à l'écran: celui qui a la manette quand ça pète a perdu; un plateau d'Othello, où chaque jeton ne se retourne en votre faveur qu'après avoir payé son tribut de mini-jeux; ou encore, un système de gage où chacun doit jouer en faisant un truc débile (la manette à l'envers, regarder de côté, se présenter aux autres...) dont la prestation sera jugée par vos pairs. Gros point fort: tout est déverrouillé d'office ou après 30 minutes à tenir la manette, contrairement à tous les autres party games qui nous font subir un mode solo uniquement pour satisfaire les visiteurs (n'est-ce pas, MarioKart Double Dash?). Certains classiques (comme Jumping Forever, la corde à sauter) se voient dotés d'une version multi. Enfin, comptez une dizaine de jeux ajoutés, presque tous exclusifs au mode de jeu "Kat & Ana" - adorable au demeurant.
WarioWare est un party game à part. Là où MicroMachines, Soccer Slam ou Final Fantasy Crystal Chronicles peuvent captiver n'importe quelle audience pendant une nuit entière, les mini-jeux de Wario semblent réunir un public particulier. J'ai rarement vu des réactions aussi différentes d'une session à l'autre, d'une personne à l'autre... Premier test auprès d'inconnus complets à la version GBA: lassitude générale des sujets après 30 minutes. Deuxième tentative avec des acharnés de la cartouche: 1h30 avant de passer à autre chose. Autre essai avec des casual gamers: sept heures d'affilée, dégustation de pizzas non comprise. Ces données ne sont pas pour autant une indication du public-cible, juste du vécu; en tout cas, c'est bien représentatif de l'intérêt très variable porté à cette version multijoueur. J'insiste là-dessus, puisque WarioWare GBA séduit tous ceux qui y touchent. J'ai vérifié, le nombre de filles incluses dans les échantillons de population n'influence pas les résultats - mon hypothèse est que la connaissance des jeux vidéo en général est la variable clé, bien que je n'arrive pas à savoir en quoi elle agit. Bon, cessons de jouer aux Professeurs Nimbus d'opérette.
Moralité, WarioWare multijoueur est comme l'OVNI solo qu'on connaissait déjà: une bizarrerie qui amusera tous ceux qui y touchent, la seule inconnue étant de savoir combien de temps le charme fera effet. Franchement, à 30€ la dose, c'est dur de ne pas lui laisser sa chance.
Par Raton-Laveur le 02 novembre 2004, 22:36 - Jeux vidéo 4 commentaires
31 octobre 2004
Début de saison TV au Japon, épisode 6: Genshiken - Kujibiki Unbalance
Pour savoir ce qui passe comme nouveaux animes au Japon, il n'y a pas 36 façons. Cessons de nous voiler la face; la facilité d'utilisation, le faible coût et la rapidité du Net font que n'importe qui peut être aussi bien renseigné qu'un professionnel. Ou alors ce sont les pros qui se laissent aller et se réduisent aux mêmes moyens d'information que tout un chacun, allez savoir. La semaine dernière, GameOne a parlé du film Naruto en passant le fansub AnimeHeaven de la bande-annonce à l'antenne, sans rien créditer, brut de décoffrage et en croyant que ça se verrait pas. Puis le Level One Invité qui a suivi opposait yohann à la marjolaine de TF1 sur un SoulCalibur 2 JPN avec même pas tous les perso déverrouillés - morceau choisi quand l'asiatique prend Talim: "Alors, toi aussi tu mets des petites tenues sexy?" Pour ceux qui ne l'auraient pas encore réalisé, la seule chose qui différencie G1 des sites web d'amateurs, c'est qu'ils ont des caméras là où les autres ont un script PHP.
Mais revenons à notre sujet. Pour voir des animes tout frais sortis au Japon, soit on y habite et on les voit à la télé, soit on se fie aux gentils japonais qui les enregistrent et les postent sur le Net pour nous, soit on importe les DVD. Et là, même les pros n'ont pas d'autre moyen pour écrire leurs articles. Criez si ça vous fait du bien, mais tremblez d'effroi en suivant ma conclusion et en apprenant que AnimeLand ou Japan Vibes passent eux aussi par les fansubs.
Détrompez-vous: la phrase précédente et assassine n'était pas le véritable CQFD de deux paragraphes tout aussi bileux - continuons donc. En ce début de saison, comment savoir ce qu'il vaut mieux regarder? Les japonais ont des pubs à la télé. Nous n'avons qu'un nom de fichier avec les initiales d'un groupe de fansub et un code CRC en plus du nom de la série et du numéro d'épisode.
Pourquoi je parle de ça? Et pourquoi cet anime va nous amener à parler davantage de notre otakulture que de lui-même? Parce que c'est le sujet même de Genshiken. Présentation de la bête pendant que vous téléchargez le premier épisode.
C'est dès l'intro que le format fansub montre sa grosse faille: qu'est-ce que c'est que ce générique pour une série qui s'appelle "Kujibiki Unbalance" alors que j'ai téléchargé un fichier nommé "Genshiken"? Le chara design est ultra moe-moe, genre les chaussures plus grosses que la tête, Pita-Ten est dans la place, des champignons partout, et du Under17 dans les oreilles. Pour ceux qui ne connaissent pas, facile: quand un anime commence avec ce groupe de J-Pop, vous pouvez vous planter des cutters dans les oreilles et être à peu près sûr que vous pouvez ensuite vous les insérer dans les yeux. Vous êtes trop vieux pour cette série; le problème, c'est que votre petite soeur pense pareil, et celle d'avant aussi, et celle d'avant... Suicide collectif au cutter, beurk. Voilà, j'ai fait mon quota de gore pour Halloween.
Avec un générique aussi déstabilisant, les boulets qui jugent un anime au seul générique d'intro ont déjà quitté la salle. Et ils sont nombreux: ils se justifient en disant qu'il y a trop de choses à voir pour perdre son temps sur un épisode entier. Pour aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils sont généralement de la même trempe que ceux qui matent des saisons entières en une soirée quand ce même générique d'intro les séduit. Alors que ces pensées traversent l'esprit, le nom de l'épisode apparaît à l'écran: "Etude de la Culture Visuelle Moderne".
Voilà le scénario génial de Genshiken: on suit un otaku refoulé qui rejoint un club d'otakus assumés de son lycée, alors que la série qui passe dans leur télé et qui vient de commencer se nomme Kujibiki Unbalance - ou KujiAn pour les intimes. Nous ne verrons cette série qu'à travers leurs yeux - ou avec les quelques épisodes offerts sur les DVD à paraître au Japon. Evidemment que l'on pense à La Nuit Américaine de Truffaut, ne montrant un film que par les gens qui bossent dessus. La mise en abîme est d'ailleurs assumée à fond: le générique de fin montre le club devant un épisode de KujiAn observé par une non-otaku, et si vous aussi êtes observé par un copain de passage, la boucle est bouclée.
Toute la structure de Genshiken semble être en trompe-l'oeil: les persos discutent de l'équipe technique, des libertés prises par rapport au manga, ou font remarquer qu'un français a déjà posté un commentaire dans le forum officiel de la série. Le nom complet de leur club est le "Groupe d'Etude de la Culture Visuelle Moderne" (Gendai Shikaku Bunka Kenkyuu Kai, ainsi abrégé Genshiken), est hébergé dans un bâtiment pourri, et reste évidemment à l'écart des traditionnels clubs d'anime et de manga: une couverture comme une autre (mais quand même sacrément culottée) pour avoir la paix.
Il y a tellement de choses à remarquer dans cet anime: on voit une référence explicite (dans tous les sens du terme) à Kimi Ga Nozomu Eien, des doujinshis pour adultes, ou tout simplement des moments qu'on a tous vécu.

Ecrasés dans une chambre bourrée de bouquins et de plastique, en train de préparer un tournoi de jeux vidéo et bouffant de la junk food. Vous savez que ça vous est arrivé.
Les personnages sont des portraits à eux seuls, et cet article est déjà assez long comme ça - on en reparlera. Enfin, côté technique, rien de bien spécial: KujiAn ne révolutionne pas le WAFF, et ce n'est pas son but. Les recettes classiques sont appliquées, jusqu'au filtre un peu flou qui atténue les angles et donne l'impression qu'on a chopé la grippe. Pour Genshiken, le trait est vif, l'animation est dans les normes (après tout, ça ne bouge pas beaucoup), et on attend de voir plus de persos pour juger le chara design. Mention spéciale pour avoir mis Satsuki Yukino, la seiyuu qui a plus de ki que Jet Li, dans un rôle qui lui sied à merveille. Rien qu'avec un épisode, Genshiken devient l'anime à surveiller de près: il a le potentiel pour devenir le nouveau Otaku No Video, rien que ça.
Par Raton-Laveur le 31 octobre 2004, 14:59 - Japanime 9 commentaires
30 octobre 2004
Plus tard
Jouez à la démo de Guild Wars. Pensez à retarder les horloges internes de vos consoles de 60 minutes. Ca y est, il est 1 heure du matin dans 24 Heures Chrono Saison 3 et c'est la fin de la première partie: on commence un nouvel arc scénaristique. Votre braguette est ouverte. C'était le passage "les infos importantes pour nerds auxquelles vous ne pensez pas forcément" de ce billet. Ajoutez "plus que 11 jours avant Halo 2" si vous avez une Xbox, ou "plus que 11 jours avant le pack Xbox + Halo 2" si vous n'en avez pas.
Les critiques de la nouvelle saison d'animes continuent après la présente page de silence, qui n'est là que par retard de planning - désolé. Prochain à passer sur le grill: enfin une série de bonne qualité - ça changera du tunnel de bouses, qui même s'il est drôle à lire, n'aide pas à savoir ce qu'il faut regarder. Enfin, c'est déjà pas mal de savoir quoi éviter, non?
Par Raton-Laveur le 30 octobre 2004, 23:21 - Général 8 commentaires
29 octobre 2004
Play or treat
Par Raton-Laveur le 29 octobre 2004, 22:34 - Jeux vidéo 2 commentaires
28 octobre 2004
Début de saison TV au Japon, épisode 5: W Wish
Je vous renvoie bien évidemment à l'article sur Koi Kaze, dans lequel je suppute que 2004 est l'année de l'Inceste au Japon. Peut-être qu'ils font ça pour voir quand est-ce que quelqu'un dira que ça va, les relations consanguines, ça suffit. Ou alors les auteurs sont eux-mêmes issus de ce genre d'accouplement. Voire que c'est dans le but de dégoûter le reste du monde et limiter les exportations d'animes - par égoïsme territorialiste, quoi. Toujours est-il que maintenant que Twins est fini, l'anime de W Wish arrive trop tard, à moins qu'on parle du timing pour faire la pub de la réédition du jeu vidéo, j'en sais rien. Ceux qui ne sont pas au courant de l'activité passionnante du tout aussi captivant monde des jeux pornos hurleront juste au plagiat: le frangin il a une vie de couple avec sa soeur, une autre fille vient mettre son bordel, le réveil hormonal du mec le fait hésiter entre les deux, il choisit sa soeur après une flopée d'épisodes inutiles et une déposition au commissariat du coin, fin. Un suspense à en avoir le souffle coupé!
Alors, qu'est-ce qu'il y a à sauver dans cet anime, à part l'hilarante coupe de cheveux en casque "Mireille Mathieu" de la soeurette? Pas grand chose, mais je tenais à souligner le ridicule capillaire du personnage. Et qu'on ne me dise pas que je suis trop vieux ou intello pour aimer ce genre d'anime: disons juste que c'est du déjà vu: les mêmes gags, les mêmes histoires, les mêmes personnages - il y a largement mieux à regarder en ce moment, on en parlera dans d'autres articles. En bref, W Wish: circulez, y'a rien à voir.
Par Raton-Laveur le 28 octobre 2004, 18:33 - Japanime 4 commentaires
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