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Bonjou' monsieu', léché kiki cinq euros ?

25 avril 2005

GameFAN service

C'est lors de la session IRC d'hier soir que j'ai vu la chose: la couverture du GameFAN 9, qui est en cours de largage chez les marchands de papier.

Si vous avez la flemme de cliquer, c'est "très conceptuel" et donc résumable en une phrase: un cosplay de Mai Shiranui par la Marjolaine de TF1. Momoko a fait remarquer "et elle tient un pad Neo Geo", mais tout le monde a répondu "un pad? Où ça?" Perso, j'ai pensé que mettre "DMC 3" au lieu de "Devil May Cry 3", c'est pas cool - mais on m'a expliqué que tout est épuré au maximum à la demande du photographe pro qui a fait le cliché et avait ses exigences artistiques. C'est vrai que c'est un beau cliché. La partie libidineuse de mon cerveau n'en demande pas plus: il n'y a que Mai qui m'aille, le costume est réussi et la fille le remplit bien. L'histoire ne dit pas combien iront se tirer sur l'élastique devant ça - "ce n'est pas sale", comme disait Doc.

J'étais au courant de la chose, mais je ne l'avais pas vue. Il paraît que des rédacteurs n'en savaient rien, d'ailleurs; curieusement, on en sait plus sur GF en n'y bossant pas...
Vous le savez déjà, sur R-L.net on se veut transparents. Donc annonçons la couleur: j'ai écrit trois pages dans ce GameFAN 9.
Ce qui va suivre est mon avis personnel sur la couverture. Je n'avais pas l'intention de l'exposer, parce que je craignais que l'on pense qu'il était influencé par ma participation au magazine. Sauf que je pense bien que vous êtes suffisamment grands pour filtrer la publicité et qu'on peut discuter en toute sincérité. Je déteste faire des "what if", mais "et si un jour je me retrouvais à bosser pour Sega? Est-ce que je devrais m'abstenir de parler de jeux que j'aimais déjà avant de les rejoindre?" Avant d'avoir mon nom dans GF, j'écrivais déjà à son sujet, parce que c'est un des rares 'zines indies qui veuille sortir du doublé Future/FJM. Et hop, voici le passage interactif de cet article: si vous avez compris que mes articles sur GF racontaient déjà ça avant que je les rejoigne, vous avez compris que ce texte est sincère. Sinon, ben, j'ai oublié ce que je voulais écrire. Purée, je déteste les notes d'intentions. Non, sérieusement: si le papier n'est pas clair, pourquoi tenter de l'éclaircir en faisant un disclaimer au lieu de le réécrire? Bref c'est bon, tout le monde a pigé que ce qui va suivre est positif et objectif malgré le fait que j'ai trois pages sous la couverture avec Marjolaine? Tout le monde a aussi pigé le jeu de mots débile de la phrase précédente? Alors attachez vos ceintures, c'est parti.

Ceux qui lisent ce site depuis un bout de temps savent déjà que je fais partie de ces otakus ambassadeurs - ceux qui tentent de faire accepter le jeu vidéo et l'animation japonaise par monsieur tout-le-monde. Que ce soit une subculture, à la limite on s'en fout un peu, on veut juste que les gens ne réduisent pas cela à des fabriques de jeunes violents et/ou pervers. Soigner l'image, prouver leur légitimité en tant que moyen d'expression qui peut porter autant à réflexion que les autres, en tant que loisir qui ne se limite pas aux enfants et aux ados. Montrer des films du studio Ghibli, des jeux comme ICO, réfléchir sur les moyens de raconter une histoire alors que l'auditeur est acteur ou la symbiose des arts mis en place pour faire un jeu (théâtre pour la narration, peinture pour la 2D, sculpture pour la 3D, musique, cinéma et j'en passe). En face de nous, quels sont les personnes que nous tentons de convaincre? Des parents dont le gosse est nourri aux Pokémons ou qui n'ont vu que le club Dorothée, de la presse comme Télérama qui vire schizo dans le meilleur des cas ou reste sensationnaliste dans le pire (et le plus commun) des cas. En bref, nous avons affaire à des gens qui voient le jeu vidéo et la japanime comme étant tout en bas de l'échelle culturelle, et nous nous échinons avec force In Memoriam et films de Mamoru Oshii de les convaincre que non, ça peut avoir sa place tout en haut de cette même échelle. La tâche est ardue.

Je trouve que cette couverture utilise une autre voie pour déculpabiliser le jeu vidéo, en montrant à la ménagère de moins de 50 ans et aux temps de cerveaux disponibles que même une starlette qu'ils reconnaissent peut s'y coller. Ces gens-là se foutent bien de savoir ce qu'est une Neo Geo ou qui est Mai Shiranui; tout ce qu'ils voient, c'est la fille qui a déjà fait la une d'Entrevue (et son nom est mis en gros dans les deux cas) dans un mag' avec "GAME" dans le titre (là aussi en gros). Vous vous souvenez du premier numéro de Gaming avec WRC en couverture et qui s'était retrouvé dans la catégorie des mags de voitures? Si les buralistes se plantent et mettent GF à côté de Newlook, peut-être que ça ne sera pas un mal. Simplement prouver aux gens que le jeu vidéo n'est ni pour les abrutis ni pour les "culturés", mais juste au niveau de tout le monde (au milieu de l'échelle culturelle... enfin au milieu mais un peu vers le bas quand même). Quand on fait une projection de Japanime sur son lieu de travail, on choisit Read or Die ou Blood The Last Vampire, pas Innocence ou Serial Experiments Lain.
Les autres publications vidéoludiques pour le grand public s'adressent à ce dernier en lui montrant des jeux vidéo grand public: EA à tous les étages et blockbusters sûrs de se vendre. On lui dit: "il ne faut pas avoir peur du jeu vidéo, car il y a aussi des jeux aimés par les gens comme toi", en mettant des bimbos virtuelles (Lara Croft/NFSU/GTA3) sur la une. GameFAN tente: "il ne faut pas avoir peur du jeu vidéo, car des gens que tu aimes qui y jouent aussi", en mettant une bimbo bien réelle sur la une. En soi, la démarche n'a rien de neuf: on se souvient de Michael Jackson qui jouait à Tekken lors de la promo de la playstation ou des innombrables personnalités aperçues en train de titiller le pad au détour d'un reportage. Avant de claironner que le jeu vidéo est aussi pour les grandes personnes, affirmer que le jeu vidéo est déjà pour tout le monde. Par exemple, en affichant des stars connues du plus grand nombre avec une manette - et encore une fois, on se fout de savoir de quelle console il s'agit. Au moins, mettre une Neo au lieu d'une GC/XB/PS2 évite de penser que le mag' a une préférence dans le trio, au risque de fâcher les fanboys des autres marques.

En parlant de "fan", le cliché, même pas vulgaire et glamour à fond, n'est qu'en soi un exemple de fan service dans les règles de l'art(?). Mai Shiranui est quand même un exemple en la matière, et la réputation de la starlette choisie colle assez bien. Au moins, le "GameFAN service" pour les mecs est voulu jusqu'au bout. Oui, encore un jeu de mots très fin, merci de l'avoir vu.

On l'a déjà dit, la méthode n'est pas nouvelle: Player One avait fait un même numéro avec deux couvertures: Mortal Kombat ou Street Fighter, au choix, en raison de la sortie des deux films. Et qui posait en photo sur la version SF entre une Chun-Li et une Cammy dessinées par Olivier Vatine? JCVD himself! Pire encore: le magazine "Fly", qui parle d'avions radiocommandés, a carrément affiché l'an dernier Clara Morgane en couv', serrant un modèle en balsa dans ses mains - et avec poster fourni dans le mag' où elle est à califourchon sur l'avion, rien que ça! Je ne pense pas que l'aéromodélisme ait vraiment une réputation à se (re)faire auprès du grand public, et le lectorat est uniquement composé de grandes personnes (ça n'a pas l'air comme ça, mais ça revient très cher, les p'tits n'avions) qui assument la libido et le côté "femme objet" du cliché... Ainsi que la déconne qui va avec, parce qu'on parle toujours d'un loisir assimilé au jouet de luxe pour les grands enfants. Tout comme une Neo Geo, en fait.
Dans une interview pour BPM Culture Magazine en février 2002, Akiman (dois-je vraiment le présenter? Designer et dessinateur pour Capcom, un maître du genre) avait donné sa définition de l'otaku, pour montrer que le phénomène typiquement japonais ne se limitait pas aux jeux vidéo ou aux animes. En gros, il a expliqué que l'enfance est très importante dans le pays, et que les mômes regardent le monde des adultes en se disant qu'il n'a pas l'air marrant du tout. Alors ils décident de prendre quelque chose qu'ils aiment maintenant, en tant qu'enfants, pour l'emmener avec eux dans l'âge adulte: il peut s'agir des armes, des mangas, des petits bateaux, d'un sport... Et tous ne finissent pas en se coupant du monde à cause de leur passion, nombre d'entre eux cherchant à la communiquer - d'où les conventions. Ou les magazines qui tentent de ratisser au-delà d'un lectorat déjà acquis.
Comme je l'ai écrit quelques lignes plus haut, l'expression française pour définir ces quinquas transformant leur garage en un diorama de trains électriques, c'est "grands enfants". Parti comme c'est, nous autres fondus des jeux vidéo sommes bien partis pour en devenir. S'assumer en tant que "grand enfant", c'est sous-entendre qu'on est déjà quand même devenu adulte, avec toute la compréhension sur la société de consommation qui va avec. Par exemple, "le sexe fait vendre", ou "le décalage c'est marrant" (Conker's Bad Fur Day!). Je suis sûr que quelques "vieux" même pas pervers ont mis le poster de Clara Morgane dans leur atelier - comme le leur invitait l'éditorial de Fly - au moins parce que c'est pas tous les jours qu'on voit ça. Je suis sûr que leur rédaction se marre encore de ce cadeau fait à ses lecteurs, entre personnes assumant leur libido. Si vous leur parlez de ça, ils ont un gentil sourire au visage, satisfaits qu'on y pense toujours: avec une star du porno en plus, ça tient limite de la blague de cul qui les faisait hurler de rire dans les cours de récréation quand ils étaient gamins. Ces gars-là sont devenus de grands enfants. En faisant un exemple pareil de fan service, les gens de GF sont également de grands enfants. Et ceux qui se marreront en voyant cette couverture en sont d'autres.

23 avril 2005

Scoop! Poster de l'Epitanime 2005



On en a déjà largement discuté dans un autre article: cette année, il n'y a qu'une seule otacon sur Paris, et c'est la tanime. En 2004, ils avaient renfloué les caisses en faisant petit budget et ambiance oldschool; là, ils annoncent déjà que le cher grand écran (très cher grand écran plutôt, regardez le prix des entrées) est de retour. Et avec lui, le sacro-saint karaoke en plein air avec ses visiteurs qui n'auront plus de cordes vocales ET un sacré coup de soleil. Joie.

Comme prévu, l'affiche annonce "2 jours et 2 nuits", donc les récentes protestations pour le retour du lundi férié de Pentecôte ne serviront qu'à dormir un peu. Les préventes se font par le circuit habituel (TicketNet: n'achetez pas vos places par le web, ils vous font raquer 5,3€ pour les envoyer - allez plutôt les chercher dans un magasin), et on a également déjà discuté sur leur relative utilité pour cette année en particulier. De vous à moi: je suis ces gars-là depuis assez longtemps pour voir qu'ils savent faire du bon boulot, mais je ne peux pas m'empêcher de flipper ma race sur la surpopulation attendue. On me répondra qu'ils fermeront évidemment les portes quand la population limite pour la sécurité sera atteinte, mais il suffit de voir la Japan Expo pour admettre que "capacité maximale" ne rime pas avec "capacité confortable".
L'affiche est signée Rann, qui a une flopée de sites, ce qui ne peut que forcer l'admiration - j'ai déjà du mal à en tenir un seul. Et elle dessine bien en plus; on distingue un Sasuke entre les activités citées à droite, mais on se demande un peu ce que fout Link dans le coin. Rien à signaler du côté des sponsors, les usual suspects sont là et Sega refait un tour de piste en tant qu'unique partenaire vidéoludique (je suis loin de m'en plaindre, remarquez).



Demain soir, c'est dimanche soir, alors comme tous les demain dimanche soir à 21 heures, c'est la session IRC du demain dimanche soir à 21 heures sur #editotaku@irc.worldnet.net. Ou entrez juste un pseudo dans la case à gauche. Pas maintenant hein, faites plutôt ça demain dimanche soir à 21 heures. Ou si vous lisez à un autre moment, attendez le prochain demain dimanche soir à 21 heures. Les cerisiers sont actuellement en fleur, et ce phénomène est si rapide qu'on va en faire le thème de la discussion demain dimanche soir à 21 heures. Ca, ou on parle encore de la constitution européenne, de la fission de l'atome et des OS-tans avant de poster les perles sur bashfr. Ce paragraphe me donne la migraine.

21 avril 2005

Récits d'un vendeur de jeux vidéo, suite et fin

Résumé de la première partie: Raikoh est un commercial depuis 10 bonnes années. Il a raconté comment Sega ou sony embauchent des vendeurs opérant dans des grandes surfaces et payés à la commission dans une ambiance loin d'être rose... Nous nous étions arrêtés au moment où il revient sur le marché après une année de service militaire durant laquelle il fut amené à assassiner Ryoji Kaji.

Par le passé, ma première action dans le monde du travail avait été d'envoyer ma candidature à Sega et sony. Souvenez-vous que j'avais réalisé que la vente en masse, c'était pas mon truc car il était difficile de communiquer avec le client; pas besoin d'être fan pour aligner les Saturns dans les bras des mamans. Il fallait donc passer dans une boutique. Micromania? Je ne les aime pas. Le magasin médical qui aligne froidement les linéaires avec des vendeurs qui ne connaissent rien en-dehors des trois titres mensuels cités dans la newsletter du groupe, qui passe son temps à serrer la vis avec un argus plus qu'agressif, très peu pour moi. La course à la hype et au titre le plus récent, surfant sur la vague du jeu torché en 10 heures chrono avant d'en acheter un autre à 60€.
Premier magasin: une pauvre petite boutique comme il y en a des centaines en France: pas d'import, un rayon d'occases très fourni, un peu de PC et quelques paquets de cartes Magic sur le comptoir. Après avoir déposé CV et lettre de motivation, on me donne rendez-vous un matin... Pour me retrouver dans le magasin avec une vingtaine d'autres postulants. Autant de monde même pour une cabane aussi petite? Faut croire que les gosses ne grandissent plus avec le fantasme d'être pompier ou footballeur mais empileur de cartouches Game Boy... Tout le monde fut invité à se mettre en file indienne, puis les questions fusèrent pour séparer le bon grain de l'ivraie. Ca a duré toute la matinée jusqu'à ce qu'il ne reste que deux personnes, dont moi. A qui on a servi la soupe "on vous rappellera". Je sors un peu groggy mais prêt à tenter ma chance dans le magasin suivant... Et c'est alors que je croise dans la rue le directeur d'un magasin d'occasion que je fréquentais souvent. Par "magasin d'occasion", j'entends ces enseignes qui rachètent vos VHS de cul et vos CD des Hanson en échange de cash frais pour que vous puissiez acheter des DVD de cul et des CD de Sandy Valentino. Ah, tu cherches du boulot? Passe à ma crèmerie dans l'après-midi, je verrai ce que je peux faire.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Petite enseigne familiale de trois magasins dans le patelin et ses alentours; celui où je me suis rendu n'avait d'ailleurs rien de bien spécial. Trouvable au bord d'une route nationale, abrité dans un entrepôt, plus anonyme tu meurs. L'entretien d'embauche a pourtant pris toute l'après-midi: je suis passé tour à tour devant le directeur (celui que j'ai croisé dans le paragraphe précédent), le fils du big boss, et le big boss. Beaucoup de questions sur la famille et les substances illicites. Lorsque le gérant du magasin me ramène à la sortie avec le sempiternel "on te rappellera", il me promet que j'apprendrai beaucoup de choses dans cet emploi. De retour au bercail, les deux enseignes visitées me téléphonent pour me dire que je suis pris.

Et j'ai choisi le magasin d'occasion.

"Quoi! Au lieu de nous parler d'un vrai vendeur de jeux vidéo, raton nous parle d'un vulgaire employé dans un magasin d'occasions!" Sauf qu'on y vend toujours plein de jeux, et différemment en plus. Déjà, regardons comment ça marche "normalement". Quand vous allez vendre votre came dans n'importe quelle enseigne reconnue, vous avez affaire à un argus serré: par exemple, la plupart des titres de ce Noël sont repris une vingtaine d'euros pour être étiquetés 45€! Et un an après leur sortie, certains magasins ne lâcheront pas plus de 5€ pour des blockbusters, revendus 30€ ou 20€... Bref, le bénéfice est généralement une part de 2/3. Et évidemment, vous pouvez garder vos imports ou vieux collectors à la maison. Combien de boîtes devrez-vous vendre pour acheter cette nouveauté qui vous fait de l'oeil?
Comme je ne bosse donc pas pour un vrai magasin de jeux vidéo, j'ai donc tenté de faire les choses autrement. Mon patron est accro à la vieille règle du commerce "tu achètes 1, tu revends 2" (vous vous souvenez du sketch des Guignols de l'Info avec cet épicier arabe qui l'explique aux pontes de la World Company?); pour lui, une part de 50% est suffisante. Et qui vient dans les échoppes d'occasions? Les gens fauchés qui ont besoin d'argent frais en vidant leurs placards, et ceux qui ont du mal à acheter un lecteur de DVD ou un PC en passant par les circuits habituels. La famille nombreuse qui vit dans un appartement et dont les enfants jouent avec une NES depuis des années, le gamer étudiant comme je l'ai moi-même été 10 ans plus tôt, j'en vois tous les jours. Faut s'y faire: le jeu vidéo est un loisir de masse, et la masse n'a pas 60€ à dépenser tous les mois pour s'amuser un peu. Alors on accepte à coeur ouvert les cartouches Mega Drive, les NintendoScopes soigneusement remballés dans leur carton par des ados qui ont appris plus jeunes la valeur de l'argent ou les jeux autrefois importés à prix d'or. Les magasins classiques n'en veulent pas? Pourtant, à voir mes étagères, il y a un public pour ça: les gens peu fortunés, les rétrogamers comme vous et moi, ou les hardcore gamers trop contents de pouvoir revendre leur Stand Alone Complex japonais pour s'acheter ailleurs Romancing SaGa Minstrel Song. A l'achat, je vois parfois un gars débarquer avec un carton plein de cartouches NES avec un Metal Gear au milieu, un Seiken Densetsu 3 ou une PS2 modifiée à côté. L'argus est comme dans les petites boutiques, largement au feeling mais avec un coefficient plus faible... Et une revente en-dessous du marché. Quand le client passe sur la surface de vente et voit que son Need For Speed Underground 2 acheté 20€ est revendu 35€, il est conscient que je ne presse pas comme un citron, comparé à d'autres qui le remettent à 45€. Une mère de famille qui arrive avec une cinquantaine de jeux MD avec boîte et notice qui s'attend à en tirer 1€ par jeu et à qui je donne 200€, je vous garantis qu'elle repart avec le sourire et peut-être une PS2 avec quelques jeux si elle n'était pas trop raide sur son budget. Et un client content, ça revient. Je passe beaucoup de temps dans les rayons pour discuter avec les gens, satisfaits d'avoir un vrai joueur qui les conseille - et moi, je suis content de pouvoir partager ma passion pour le jeu vidéo ou d'apprendre des choses; c'est raton qui m'a appris Unreal Tournament 2004 ou Street Fighter 3 Third Strike, hein...
En tout cas, c'est pour ça que si vous passez dans "mon" échoppe, qui n'est qu'un magasin d'occasions de plus sur la carte auquel on ne penserait vraiment pas pour acheter ses jeux, vous serez surpris de voir qu'on peut trouver une WonderSwan ou une GP32, Steel Battalion (ah non, un de mes copains l'a pris -NDRL), en plus de nouveautés next-gen à un très bon prix. Les produits de loisirs (jeux vidéo, DVD, CD audio) représentent 30% du chiffre d'affaires... Alors le patron me fait suffisamment confiance pour que je tente des "coups". Acheter des produits peu orthodoxes chez Lik-Sang, comme des convertisseurs de manettes PS, des tapis DDR ou des manettes SNES, pas toujours faciles à trouver parce que personne ne semble réaliser que les gens en veulent. Ca ne marche pas à tous les coups: par exemple, j'ai tenté durant Noël dernier de vendre des jeux neufs dans le but d'inciter les gens à se débarasser de leurs occasions sous forme de bons d'achat. Ca n'a pas marché, et les disques sous cellophane prennent toujours la poussière.
Au fait, le marché du neuf est un autre mystère peu connu des joueurs: c'est une vaste arnaque. Exemple: pour un jeu que vous achetez 60€, nous l'achetons environ 40 à 45€ chez notre fournisseur. Sortez vos calculatrices, enlevez la TVA à 19,6% et réalisez que ce sont des cacahouètes qui tombent dans la poche de tous les magasins que vous connaissez. Quand ils vendent une Nintendo DS, c'est entre 1,5€ et 4€ qui tombent dans leur poche. Quand ils vendent un PES 4, ils encaissent 3,5€. Comment font-ils pour rester ouverts, me demandez-vous? Deux solutions: vendre énormément (et c'est pour ça qu'ils insistent autant sur les réservations et autres préventes: pour limiter les stocks d'invendus) ou faire son beurre sur l'occasion. Vous n'avez jamais remarqué que les rayons d'occasions sont parfois mieux fournis que ceux des titres encore sous blister? Le cas des hypermarchés est exemplaire, car eux ne vendent pas de jeux déjà utilisés (sauf dans les cas de "remballe", mais c'est un autre sujet!): souvenez-vous de votre enfance, quand vos parents allaient faire les courses et que vous les attendiez bien sagement au rayon des jeux vidéo... Bah oui, c'est à ça que ça sert: un argument pour motiver à bouger toute la petite famille le samedi après-midi - dont c'est bien souvent la seule sortie. Ils se foutent bien de faire du bénéfice sur ça - regardez les prix des nouveautés vendues 57€, soit à prix coûtant - mais ils peuvent y arriver en vendant des milliers d'articles, chose aisée pour les très grandes surfaces. On l'a dit, pour les autres revendeurs, sans le marché d'occase, point de salut. Si vous lisez entre les lignes, vous pouvez comprendre que les éditeurs de jeux vidéo se passeraient volontiers de nous: ils tolèrent l'occasion, car ils savent que l'interdire reviendrait à mettre tous les magasins en faillite. Alors ils tentent de limiter les intermédiaires... Il suffit de voir les initiatives comme les numéros de série ou Steam, rendant les jeux impossibles à revendre après le premier achat. Une époque est en train de se terminer.

Evidemment, comme au temps où je bossais pour Sega et sony, j'ai des anecdotes de commercial: quelques exemples de la misère humaine qui viennent vendre leur télévision pour payer le loyer, un gars qui me demande si nous avons "des films de cul avec des chevals" (sic), ma rencontre avec ce type qui fredonnait le générique de Sega Rally 2 devant une vitrine (c'est moi, pauvre tache! -NDRL). Ou cet homme radin qui gardait son congélateur dans son salon pour que la chaleur dégagée par son fonctionnement fasse office de chauffage - mais qu'il finira par vendre suite aux protestations de sa femme. Je vends surtout des jeux vidéo, mais pas comme les autres. Et j'adore ça.

19 avril 2005

Balancé

Patch pour Halo 2 en cours de diffusion sur le Live (gamertag RatonLaveur; j'adore jouer avec vous), avec le "weapon balancing" à présent obligatoire pour tous les jeux vidéo au monde - regardez la vidéo en bas de cette page pour vous faire une idée sur cette manie. Au menu: grenades et coups de tatane plus puissants, Magnum et Plasma réduits, plus les habituels crétins qui râleront sur des forums. Et en bonus, le tableau des scores est remis à zéro.
La première partie des cartes gratuites et payantes - déjà discutées dans cette colonne par ici - sera postée lundi prochain (et elles seront ensuite offertes à tout le monde le 28 juin).

Par contre, l'épée Covenante est toujours en munitions illimitées (contrairement à l'aventure solo), et cette idée dépasse toujours l'entendement. Quand je serai devant le grand Architecte, cette question passera avant "pourquoi Ritsuko Akagi est à poil quand elle est interrogée par la Seele dans Eva?" et "est-ce que Kid Chameleon a une fin?"

18 avril 2005

Gantz PS2

"-Mais cette intro n'est même pas fidèle à celle de l'anime.
-Et il n'y a pas non plus le générique.
-Ah oui, le pe-ra nippon en engrish, hilarant.
-On doit juste subir des plans en CG tout moches sur un fond sonore morne.
-Mais surtout: où sont les gros seins?
-(Start Start Start)
-Ah, y'a un menu "Extra Option", dans le plus pur style du produit d'appel. Paraît qu'on peut débloquer des images de pin-ups comme dans les interchapitres du manga. En couleur.
-Au moins on a une réponse à une de tes questions. Allez, "New Game"!
-Déjà dans la chambre de Gantz? Kei raconte sa mort sous forme de flashback!
-Et c'est à peine si on entrevoit sa tête. Images fixes powa!
-Pour l'instant, le gameplay se résume à du digital comic entre les gens dans la salle. Tous les dialogues sont évidemment doublés, l'image de fond est pauvrement modélisée, et... les personnages sont en 3D. Etonnant!
-Au moins aussi étonnant que la fois où une femme t'a dit que tu étais devenu "trop virtuel" pour elle (*)?
-Ta gueule.
-Ah tiens, l'autre Kei vient d'arriver. Et on te demande si tu veux l'embrasser.
-Ben voyons! (appuie sur Rond)
-Pas cool, tout le monde fait la gueule.
-Et je perds 10 points de réputation avec elle... T'as remarqué que la salle ne contient que les personnages jouables, et que les yakuzas ou le politicien présents dans le manga ne sont plus dans ce jeu vidéo?
-Ouais, mais y'a toujours le chien.
-Bon ça blablate beaucoup et on ne voit même pas les nichons de la demoiselle... Comment ils ont pu clamer sur les pubs qu'Hiroya Oku a joué à ce jeu? Il n'y a pas de sexe. Il n'y a pas de gore. Ce n'est pas Gantz.
-Ou plutôt, ce n'est pas du Hiroya Oku.
-Alors c'est quoi?
-C'est moche.
-Et le thème de la boule Gantz qui n'est même pas chanté.
-Alors, la mission commence enfin. Merde, ça continue à parler?
-Mais on peut choisir où chercher le Negi Seijin.
-Ils ne proposent pas d'aller fouiller vers le marché aux légumes.
(scène de combat)
-ENFIN!
-On peut prendre deux coéquipiers... Hummm... On va prendre le chien et la chienne.
-Ca devient sexiste, là.
-Au moins on respecte le manga, nous.
-Comment décrire le système de combat?
-Minute papillon! Pour pouvoir en arriver là, il faudrait déjà énumérer les hypothèses sur les circonstances qui nous ont amené à mettre ce jeu dans la plantation 2.
-Je pense que la meilleure théorie, et hélas la moins plausible, est: "il s'agit d'un import, donc la boîte et son contenu sont en provenance directe du Japon. Peut-être qu'un virus flottant dans l'air du pays a été enfermé dans l'emballage DVD et que nous venons de le libérer dans l'atmosphère européenne - ledit virus causant des délires hallucinatoires qui feraient passer Godzilla pour un sushi."
-Dans ce cas, la souche-mère est plutôt à chercher du côté des producteurs de l'émission "Octopuces".
-Et l'hypothèse la plus probable reste: "nous sommes des otakus irrécupérables qui avons pris Gantz parce que le manga est cool, et le résultat que nous avons sous les yeux est une insulte à ce dernier". Bandai a l'habitude de sodomiser les fans, mais c'est Konami qui nous baisse le pantalon là.
-Et ça fait mal. Bon, le système de combat?
-Ca ressemble à un jeu d'action en temps réel, mais sans l'action. On peut donner des ordres basiques à ses partenaires, qui sont aussi efficaces qu'un tas d'algues séchées. Il n'y a aucun punch, aucune puissance dans les coups ou l'interface, cette dernière se voulant complète pour offrir un peu de sens tactique aux bastons. Sauf qu'on peut tirer dans le tas et survivre la plupart du temps. Tout est vraiment très lent, comme si tout le monde était bien fair-play.
-Ce qui me choque le plus, c'est l'interaction avec les décors: par exemple, on peut soulever des voitures et les envoyer à la figure des aliens, mais il faut se placer à un endroit précis, symbolisé par une grosse flèche sur le sol!
-Alors que Gantz était violent et rapide, on a ici une expérience molle et chiante. Fidèle, ça? C'est comme quand GameOne nous fait subir la "finale française XboxLive" de Dead or Alive Ultimate avec deux singes qui s'envoient le même coup de pied pendant 5 rounds.
-Ou quand ils publient sur leur site un article-fleuve de fanzine sur Get Backers qui se termine avec: "en tant que fille, je ne peux que vous suggérer l'anime". WTF? Seules les filles peuvent conseiller Get Backers maintenant?
-Il s'agit quand même de l'anime là... J'aurais du mal à le recommander.
-Et j'aurais du mal à recommander Gantz sur PS2.
-...
-Bon, on passe à Saint Seiya?"



(*) Authentique.

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