Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


Retournez travailler au lieu de lire un tel paquet d'idioties

Japanime

06 novembre 2004

Genshiken 2

Mon coup de coeur de ce début de saison fait un carton plein avec ce deuxième épisode. Où le générique d'intro de Kujibiki Unbalance laisse place à un nouveau morceau (on voit du Guilty Gear!), où notre groupe d'étude de la culture visuelle moderne va faire les magasins, et où l'on parle de hentai. Me faire hurler de rire à 4 heures du matin est un exploit qui n'avait pas eu lieu depuis Excel Saga et sa petite soeur Puni Puni Poemi; d'ailleurs, n'oubliez pas d'être devant votre télé lundi à 18h.

Genshiken tient la balance parfaite entre réalisme (qui donne un incroyable ton de déjà vu aux situations présentées) et dramatisation (qui en fait un anime de qualité). Un exemple assez représentatif est le personnage de Kohsaka: un stéréotype que je surnomme machinalement "le commercial". Je ne parle pas des marchands de tapis qui polluent toute industrie du loisir, mais de ces otakus qui font (ou ont fait) des études de commerce ou de communication. Essayez de me suivre dans ce que je vais raconter, c'est un peu tordu.

Pensez à ces gens-là. On leur enseigne comment vendre quelque chose ou quelqu'un. Généralement, on leur explique qu'il faut toujours commencer par se vendre auprès du client ou de son patron. A cet effet, ils sont dressés comme des petits soldats à faire des gestes simples: se raser, se coiffer, s'habiller correctement, rester zen dans des situations critiques (chapitre un: "le client mécontent"), autrement dit comment être séduisants. Un enseignement qui sert au-delà du boulot, puisqu'il est généralement utile pour avoir une relation sexuelle... et qui échappe bien souvent aux otakus. Evidemment, ces études ont lieu à l' "adulescence", un âge où un fan formé depuis l'enfance a déjà choisi si ses posters de Masamune Shirow vont rester sur les murs ou si non, c'est bon, j'ai passé l'âge de ces conneries.
Donc, un otaku, ça ne fait généralement pas attention à la manière de s'habiller ou la longueur des poils de menton - et ne parlons pas de ce qui touche au sexe (jeu de mots involontaire). Vous voyez où je veux en venir? Ces gens qui sont déjà atteints, qui ont déjà emmagasiné des jeux vidéo, des VHS et tout le reste, que se passe-t-il quand ils partent en école de commerce? Ils mutent. Une fusion du meilleur des deux mondes: ils peuvent évoluer parmi les civils sans que ces derniers se doutent de quoi que ce soit, et ils peuvent aller dans une convention sans qu'on les prenne pour des n00bs. Ils peuvent être les ambassadeurs des animes sans se forcer, faisant partie de façon presque inconsciente de cet effort de guerre pour effacer l'image Club Dorothée qui colle encore à notre passion. Si la prochaine génération sera élevée avec des DVDthèques Ghibli et non Disney, ce sera grâce à eux - d'autant plus qu'ils le feront sur leurs propres gosses, puisque leur capital séduction leur permet de se reproduire. Voilà, ainsi sont ces gens qui appartiennent à la classe de personnage "otaku", sous-classe "commercial": ceux à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession et qui ont pourtant des piles de mangas pour adultes dans leurs étagères.

Le personnage de Kohsaka dans Genshiken est une version animée de cette espèce: il a donc un côté incroyablement naïf pour donner un ressort comique. Il a un visage d'ange mais est excellent aux jeux vidéo, sa copine est un ersatz de fille-qu'on-a-connu-tout-petit mais qui n'arrive pas à réaliser la lourde tâche qui l'attend. Comme la première fois, c'est narré de façon hilarante mais c'est aussi frappant de scènes vécues; la bande-annonce du prochain épisode nous promet une visite dans les conventions, et ça va pas être triste.

31 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 6: Genshiken - Kujibiki Unbalance

Attention, coup de coeur! Au même titre que la série de courts Colorful, ce Genshiken est l'anime réservé à un public bien précis, que je pourrais résumer de façon paresseuse et nombriliste comme "les gens qui lisent ce site". Attention, ça va être long et élogieux.

Pour savoir ce qui passe comme nouveaux animes au Japon, il n'y a pas 36 façons. Cessons de nous voiler la face; la facilité d'utilisation, le faible coût et la rapidité du Net font que n'importe qui peut être aussi bien renseigné qu'un professionnel. Ou alors ce sont les pros qui se laissent aller et se réduisent aux mêmes moyens d'information que tout un chacun, allez savoir. La semaine dernière, GameOne a parlé du film Naruto en passant le fansub AnimeHeaven de la bande-annonce à l'antenne, sans rien créditer, brut de décoffrage et en croyant que ça se verrait pas. Puis le Level One Invité qui a suivi opposait yohann à la marjolaine de TF1 sur un SoulCalibur 2 JPN avec même pas tous les perso déverrouillés - morceau choisi quand l'asiatique prend Talim: "Alors, toi aussi tu mets des petites tenues sexy?" Pour ceux qui ne l'auraient pas encore réalisé, la seule chose qui différencie G1 des sites web d'amateurs, c'est qu'ils ont des caméras là où les autres ont un script PHP.
Mais revenons à notre sujet. Pour voir des animes tout frais sortis au Japon, soit on y habite et on les voit à la télé, soit on se fie aux gentils japonais qui les enregistrent et les postent sur le Net pour nous, soit on importe les DVD. Et là, même les pros n'ont pas d'autre moyen pour écrire leurs articles. Criez si ça vous fait du bien, mais tremblez d'effroi en suivant ma conclusion et en apprenant que AnimeLand ou Japan Vibes passent eux aussi par les fansubs.
Détrompez-vous: la phrase précédente et assassine n'était pas le véritable CQFD de deux paragraphes tout aussi bileux - continuons donc. En ce début de saison, comment savoir ce qu'il vaut mieux regarder? Les japonais ont des pubs à la télé. Nous n'avons qu'un nom de fichier avec les initiales d'un groupe de fansub et un code CRC en plus du nom de la série et du numéro d'épisode.

Pourquoi je parle de ça? Et pourquoi cet anime va nous amener à parler davantage de notre otakulture que de lui-même? Parce que c'est le sujet même de Genshiken. Présentation de la bête pendant que vous téléchargez le premier épisode.
C'est dès l'intro que le format fansub montre sa grosse faille: qu'est-ce que c'est que ce générique pour une série qui s'appelle "Kujibiki Unbalance" alors que j'ai téléchargé un fichier nommé "Genshiken"? Le chara design est ultra moe-moe, genre les chaussures plus grosses que la tête, Pita-Ten est dans la place, des champignons partout, et du Under17 dans les oreilles. Pour ceux qui ne connaissent pas, facile: quand un anime commence avec ce groupe de J-Pop, vous pouvez vous planter des cutters dans les oreilles et être à peu près sûr que vous pouvez ensuite vous les insérer dans les yeux. Vous êtes trop vieux pour cette série; le problème, c'est que votre petite soeur pense pareil, et celle d'avant aussi, et celle d'avant... Suicide collectif au cutter, beurk. Voilà, j'ai fait mon quota de gore pour Halloween.
Avec un générique aussi déstabilisant, les boulets qui jugent un anime au seul générique d'intro ont déjà quitté la salle. Et ils sont nombreux: ils se justifient en disant qu'il y a trop de choses à voir pour perdre son temps sur un épisode entier. Pour aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils sont généralement de la même trempe que ceux qui matent des saisons entières en une soirée quand ce même générique d'intro les séduit. Alors que ces pensées traversent l'esprit, le nom de l'épisode apparaît à l'écran: "Etude de la Culture Visuelle Moderne".

Voilà le scénario génial de Genshiken: on suit un otaku refoulé qui rejoint un club d'otakus assumés de son lycée, alors que la série qui passe dans leur télé et qui vient de commencer se nomme Kujibiki Unbalance - ou KujiAn pour les intimes. Nous ne verrons cette série qu'à travers leurs yeux - ou avec les quelques épisodes offerts sur les DVD à paraître au Japon. Evidemment que l'on pense à La Nuit Américaine de Truffaut, ne montrant un film que par les gens qui bossent dessus. La mise en abîme est d'ailleurs assumée à fond: le générique de fin montre le club devant un épisode de KujiAn observé par une non-otaku, et si vous aussi êtes observé par un copain de passage, la boucle est bouclée.
Toute la structure de Genshiken semble être en trompe-l'oeil: les persos discutent de l'équipe technique, des libertés prises par rapport au manga, ou font remarquer qu'un français a déjà posté un commentaire dans le forum officiel de la série. Le nom complet de leur club est le "Groupe d'Etude de la Culture Visuelle Moderne" (Gendai Shikaku Bunka Kenkyuu Kai, ainsi abrégé Genshiken), est hébergé dans un bâtiment pourri, et reste évidemment à l'écart des traditionnels clubs d'anime et de manga: une couverture comme une autre (mais quand même sacrément culottée) pour avoir la paix.

Il y a tellement de choses à remarquer dans cet anime: on voit une référence explicite (dans tous les sens du terme) à Kimi Ga Nozomu Eien, des doujinshis pour adultes, ou tout simplement des moments qu'on a tous vécu.


Ecrasés dans une chambre bourrée de bouquins et de plastique, en train de préparer un tournoi de jeux vidéo et bouffant de la junk food. Vous savez que ça vous est arrivé.


Les personnages sont des portraits à eux seuls, et cet article est déjà assez long comme ça - on en reparlera. Enfin, côté technique, rien de bien spécial: KujiAn ne révolutionne pas le WAFF, et ce n'est pas son but. Les recettes classiques sont appliquées, jusqu'au filtre un peu flou qui atténue les angles et donne l'impression qu'on a chopé la grippe. Pour Genshiken, le trait est vif, l'animation est dans les normes (après tout, ça ne bouge pas beaucoup), et on attend de voir plus de persos pour juger le chara design. Mention spéciale pour avoir mis Satsuki Yukino, la seiyuu qui a plus de ki que Jet Li, dans un rôle qui lui sied à merveille. Rien qu'avec un épisode, Genshiken devient l'anime à surveiller de près: il a le potentiel pour devenir le nouveau Otaku No Video, rien que ça.

28 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 5: W Wish

Pareil que pour Final Approach: harem anime, 5 filles, une qui sera choisie et que même un clébard il devine laquelle rien qu'en regardant le générique, sur la vie d'ma mère. Il y en a une autre qui jouera un simulacre de compétition, les 3 dernières feront office de figurantes, et vous avez déjà compris que c'est à éviter. Attendez-vous aux situations légalement requises dans ce genre de bouse: après-midi à la plage, hésitations sur la relation, autres persos masculins relégués au rang de faire-valoirs, gnagnagna-onii-chan-gnagnagna-kawaii-gnagnagna-daisuki-desu-gnagnagna. Là encore, un producteur tape mollement du poing sur la table en demandant à ajouter un élément scénaristique qui différenciera la série du reste des adaptations de jeux vidéo pour adultes: allez hop, le couple désigné sera un frère et une soeur. Cette dernière étant d'ailleurs mise en voix par Ai Shimizu, la seiyuu de Karen dans Onegai Twins, autre anime militant des mariages dans la même famille et dans lequel elle n'a apparemment pas pu épuiser son quota légal d' "oniiiiiii-san". A l'autre bout du monde, un raton-laveur soupire.
Je vous renvoie bien évidemment à l'article sur Koi Kaze, dans lequel je suppute que 2004 est l'année de l'Inceste au Japon. Peut-être qu'ils font ça pour voir quand est-ce que quelqu'un dira que ça va, les relations consanguines, ça suffit. Ou alors les auteurs sont eux-mêmes issus de ce genre d'accouplement. Voire que c'est dans le but de dégoûter le reste du monde et limiter les exportations d'animes - par égoïsme territorialiste, quoi. Toujours est-il que maintenant que Twins est fini, l'anime de W Wish arrive trop tard, à moins qu'on parle du timing pour faire la pub de la réédition du jeu vidéo, j'en sais rien. Ceux qui ne sont pas au courant de l'activité passionnante du tout aussi captivant monde des jeux pornos hurleront juste au plagiat: le frangin il a une vie de couple avec sa soeur, une autre fille vient mettre son bordel, le réveil hormonal du mec le fait hésiter entre les deux, il choisit sa soeur après une flopée d'épisodes inutiles et une déposition au commissariat du coin, fin. Un suspense à en avoir le souffle coupé!
Alors, qu'est-ce qu'il y a à sauver dans cet anime, à part l'hilarante coupe de cheveux en casque "Mireille Mathieu" de la soeurette? Pas grand chose, mais je tenais à souligner le ridicule capillaire du personnage. Et qu'on ne me dise pas que je suis trop vieux ou intello pour aimer ce genre d'anime: disons juste que c'est du déjà vu: les mêmes gags, les mêmes histoires, les mêmes personnages - il y a largement mieux à regarder en ce moment, on en parlera dans d'autres articles. En bref, W Wish: circulez, y'a rien à voir.

26 octobre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 4: Final Approach

Harem Anime de base: 5 filles, un mec, humour réchauffé depuis une bonne décennie, techniquement rien de spécial. Un producteur s'est levé dans le studio et a hurlé qu'il fallait ajouter un petit quelque chose pour que la bête ne disparaisse pas dans les tréfonds de l'oubli. Qu'il en soit ainsi: le perso féminin principal fera son entrée dans le premier épisode par la fenêtre et en parachute, sujet d'une expérience du gouvernement pour être la femme parfaite du héros. Eloignez les plus jeunes de l'écran, parce que l'argument avancé risque de faire exploser les cerveaux les plus faibles: le Japon manque d'enfants, alors ce projet gouvernemental a pour but de repeupler le pays. Donc, monsieur perso-principal-totalement-insipide-dont-tout-le-monde-a-déjà-oublié-le-nom (et qui vit seul à 17 ans avec sa soeur de 15 ans, suivez mon regard), tu joues au docteur avec la fille ou c'est la taule sans passer par la case départ et sans toucher 3000€. Vlan.

Début d'une parenthèse.
Gouverment japonais, laisse-moi assumer mon rôle de français stéréotypé donneur de leçons pour te filer quelques infos. D'abord, pas besoin de se casser le cul avec des histoires de sélection de mâle et de femelle pour assurer la reproduction: la dernère fois que j'ai vérifié, c'est tellement facile et amusant de faire des gosses que n'importe quel abruti peut s'en occuper - c'est sûrement à cause de ça qu'il est si difficile de trouver quelqu'un qui soit foutu de poser correctement une tapisserie. Et entre nous, c'est même un argument sacrément cliché pour justifier une relation sexuelle. Secundo, s'il faut que les japonais soient moins effrayés par l'acte proprement dit, peut-être qu'il est temps d'arrêter de mettre des tentacules dans tous les animes de la Création. Ensuite, une petite réfome de la constitution-diktat d'après-guerre pour enfin retirer ces putains de mosaïques dans les films pornos ne coûterait pas bien cher et ouvrirait un peu plus les frontières. La preuve: j'ai montré une version non censurée à un copain, qui a découvert que la censure ne servait pas à cacher appareils génitaux et autres pilosités, mais à protéger la fierté des japonais. Découvrant qu'une fois au Japon, il serait considéré comme Rocco Siffredi malgré la taille vraisemblablement ridicule de son engin, il est actuellement en train de remplir une demande de passeport à usage unique pour ce pays, havre de femmes en fleur. Enfin, c'est ce qu'il pense. Personnellement, j'ai comme tout un chacun fini par développer un filtre optique interne qui élimine toute perception de mosaïque; ça pose parfois problème devant le Mode 7 de la Super Nintendo, mais c'est un autre problème.
Fin de la parenthèse.

Pour en revenir au cas Final Approach, on peut donc affirmer sans frémir que cet anime n'a strictement aucune prétention. Même le coup du héros entouré de filles contre son gré a déjà été fait (*tousse*Hanaukyo Maids*tousse*), ce qui aide vaguement le téléspectateur à relativiser sur sa propre condition, lui qui aurait déjà fait l'intégrale du Grand Culbuto avec la demoiselle avant la fin du premier épisode. D'ailleurs, n'oublions pas que la chose est issue d'un jeu vidéo hentai, tout comme W Wish, l'autre anime diffusé dans la même tranche horaire (nommée Princess Hour, puisque le studio à l'origine des deux jeux est Princess Software). Evidemment que ces animes ne sont pas pour autant réservés au public adulte! Ils font juste partie de la flopée de productions en provenance de cette f(r)ange prolifique (devrais-je écrire féconde?): Kimi Ga Nozomu Eien, les deux Onegai (Teacher et Twins), Kanon et Air (studio Key), Nurse Witch Komugi-chan, Popotan... Trop peu de gens le savent et ça ne les empêche pas pour autant de jouer les vierges effarouchées devant un jeu de cette trempe. Du coup, ils portent aux nues les adaptations moe-moe, continuent à mépriser le marché hentai, et la boucle se répète. Que ce paragraphe serve de leçon à celles et ceux qui l'ignorent: la production pour adultes est à prendre avec le reste. Les autres viennent de se trouver un argument en béton pour justifier leurs DVD douteux.

Cette discussion autour d'animes plus insipides les uns que les autres est en train de liquéfier ma conscience. On la continuera en parlant de W Wish.

25 octobre 2004

Mais ils mettent quelque chose dans l'eau ou quoi?

Au Japon, les bâtiments sont équipés de deux conduites d'eau: une qui fournit les évacuations des toilettes en eau retraitée, et l'autre qui fournit en eau pure pour les ablutions et le reste. Oui, cette info n'a rien à voir avec ce qui va suivre.
Le premier épisode de Kannaduki No Miko (ou "Kannazuki No Miko", au choix; "conseillé" par S13 dans les commentaires de l'article sur My HiME / Mai HiME) se termine sur un plan fixe qui résume tout.



Au premier plan, une fille (la plus populaire de l'école, arrivée à dos de cheval et armée d'un arc) roule un patin furieux à l'héroïne (qui vient de découvrir que tout ce qui lui manque pour être heureuse est un abonnement à Pink TV - surtout qu'on y voit des animes). Derrière cet émouvant couple, un mecha, qui est en fait le garçon le plus populaire de l'école - je n'invente rien. Il vient de battre un monstre au design pompé sur le quatrième Ange de Neon Genesis Evangelion, en train d'exploser dans un éclat de lumière également semblable à l'oeuvre d'Hideaki Anno. Encore une fois, nous sommes présentés à cette débauche de genres dès la fin du premier épisode.
Vous vous souvenez de l'épisode "Le Cerveau" des Simpsons (n° BABF22)? Au début, la famille visite un festival de l'animation, et Bart y voit un anime. Parodie assez hilarante où un loup-garou crache une toile d'araignée sur une fille à gros yeux, cette dernière se libérant en se faisant pousser une queue de sirène en métal. Lisa objecte la continuité de la chose à son frère, celui-ci répondant que c'est sûrement dû à la créativité des auteurs. Allons-nous retomber dans ces stéréotypes délirants des années 80? La saison télé vient de commencer, tout le monde est encore en train de trier le bon grain de l'ivraie, mais je commence à envisager de faire une marque sur mon bureau pour chaque "WTF" prononcé à haute voix. Comme si des animateurs, malmenés d'un projet à l'autre, venaient de créer une coalition secrète pour normaliser la production. Imaginez la conversation dans une cave sombre, autour d'une table drapée de noir:
-Conspirateur 1: Purée, j'ai bossé sur Love Hina, Gundam puis Gantz sans prendre de vacances! J'ai dû passer des nuits à me réhabituer à dessiner chaque genre!
-Conspirateur 2: Pareil! J'arrive plus à faire le moindre cellulo de petite culotte sans ajouter des implants cybernétiques quelque part (sanglots).
-Conspirateur 3: Marre de faire du Super Deformed, puis du Ghost In The Shell, avant d'être envoyé sur du hentai; faut trouver une solution!
-Conspirateur 4 (dans une voix sifflante): On a qu'à envoyer des ssssscénarios de notre cru aux producteurs, qui mélangent tout ce qu'on sait dessssssiner.
-Conspirateur 5: Ouiiii, comme ça on ne fera plus la différence... Qu'on me donne une feuille de papier pour écrire une liste de tout ce qu'on sait faire et qui est cool.
-Conspirateur 6 (levant la tête d'un rail de coke): Je vois des robots qui protègent des lesbiennes!

Non pas que ce soit systématiquement mauvais, mais ces croisements "mecha-romance-humour-fan service-aventure-baston-ajoutez votre genre favori" semblent être la nouvelle tendance, et je doute que ce soit pour le meilleur. Plaignons les éditeurs de DVD quand ils devront étiqueter certains animes actuellement en cours de diffusion... En attendant, sortez le Doliprane.

- page 45 de 75 -