Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


Être con à votre place

Japanime

09 février 2006

This is the end my friend

Ce soir sur Canal Plus, dernier épisode de Samurai Champloo à 18h25 (avancé de cinq minutes depuis le début de la série, tsss) et de la saison 4 de 24. Jack Bauer sera remplacé la semaine prochaine par le retour de The Shield, et demain, la case "manga" (comme les chaînes télé aiment l'appeler, pas ma faute) accueille... Monster. Oui, celui de Naoki Urasawa. Pas besoin de décodeur. W00t !

06 février 2006

"Japon"

Oui bon, c'est pas ma faute s'ils ont fait un titre aussi générique. Le bouquin est sous-titré "Le Japon vu par 17 auteurs", et publié chez le plus schizophrène des éditeurs de ce côté du Mississipi, j'ai nommé Casterman. En effet, j'ai jamais compris leur politique vis-à-vis du manga : une partie sort dans la collection "Ecritures" qui regroupe des oeuvres assez éclectiques, et une autre tranche sort chez leur branche Sakka, qui remplace la désastreuse collection "Casterman Manga" (merci pour les traductions depuis l'anglais et les éditions en lecture occidentale). Je n'ai aucune idée de leur politique pour décider si tel ou tel manga est publié sous "Ecritures" ou sous "Sakka", et quand j'essaie d'y réfléchir, mes oreilles se mettent à saigner. Tenez, ils viennent de sortir un Jirô Taniguchi, auteur habituellement classé dans "Ecritures" (et plus connu en France qu'au Japon, un peu comme Adamo dans l'autre sens mais en mieux quand même), sous le label Sakka.

Japon, donc. Le concept n'est pas neuf, mais il a le mérite d'avoir été mis en oeuvre par le super-méga-cool Frédéric Boilet, le monsieur Manga de Casterman dont les choix éditoriaux sont plus que très super-méga-compétents. Il s'agit donc d'un recueil collectif d'auteurs japonais et français assez large : il y a des grosses pointures comme Joann Sfar (Le Chat du Rabbin, lisez-le si c'est pas déjà fait !), Benoît Peeters (son Monde d'Hergé est une incroyable redécouverte de Tintin) ou Moyoko Anno (oui, je prends le parti de penser que tout le monde a lu Happy Mania... me regardez pas comme ça, vous me rappelez mes passages à la caisse dans les mangathèques), mais il y a également pas mal d'auteurs inconnus des non-bédéphiles au dernier degré. Les fromages qui puent ont été conviés au pays du Soleil Levant par M. Boilet où chacun a dessiné ses pages comme un carnet de voyage ou son empreinte du pays, et les autochtones se sont plus largement lâchés sur leur propre pays (ou certains, comme Little Fish, qui se sont carrément tapés un délire). Pour la qualité, ça s'en ressent : autant certaines tranches de vie sont d'une émotion hypnotique, autant d'autres laissent relativement indifférent... Enfin bon, dans l'ensemble, c'est quand même un fort bel ouvrage. Et surtout, il y a une planche de Joann Sfar qui est tellement géniale que je fais jouer mon droit à la citation et mon scanner pour vous la faire partager. Dans sa participation au livre, M. Sfar laisse parler son copain-qui-vit-au-Japon (celui avec les lunettes, l'auteur s'étant représenté en crocodile), et la page qui suit est son avis sur les jeunes qui passent à l'Institut Franco-Japonais :



Oui, j'aurais pu vous montrer une autre page plus poétique ou belle, mais... auriez-vous déjà oublié quel site vous êtes en train de lire ?

24 janvier 2006

Shintaisou Shin

Ceux qui lisent ce site depuis quelques temps doivent encore avoir en mémoire l'article sur Shintaisou. Enfin, je me mets à leur place, parce que c'est pas demain que j'oublierai cet anime hentai ; pervers au-delà du supportable et incroyablement bien réalisé, c'est un véritable crash-test sur lequel beaucoup de consciences se sont explosées. Je dis "beaucoup", parce qu'allant contre tout sens moral et humain, des américains ont cru bon d'éditer ça chez eux, sous le titre de "Princess 69" - ça ne s'invente pas. Et puis, il était bien spécifié dans le texte que son but était de vous dissuader de le regarder, en vous informant de la manière la plus claire possible, afin que vous ne le regardiez pas après avoir téléchargé aveuglément quelques épisodes. Sauf qu'évidemment, je n'ai fait qu'attiser la curiosité de beaucoup et causé l'inverse de l'effet escompté... J'ai un message pour ceux qui ont regardé Shintaisou après m'avoir lu : bien fait pour votre gueule.

Petite parenthèse : si vous n'avez jamais vu d'animes hentai, faites-moi plaisir, commencez par Kite (Tanuki Award 2002 du meilleur H-anime).

Dimanche soir, j'ai appris lors de l'hebdomadaire session IRC que Shintaisou venait d'avoir une suite. Shock. J'ai pas dit grand-chose ce soir-là. Après une bonne nuit de sommeil, la conscience du travail bien fait et le sens de l'exhaustivité ont repris le dessus (???). J'ai regardé les deux épisodes de Shintaisou Shin, et contre toute attente... y'a rien de spécial.

En fait, cet anime est tellement quelconque qu'on est presque en droit de se demander quel est le rapport avec son odieux prédécesseur. Deux épisodes avec un seul personnage qui fait son come-back, et, tenez-vous bien, une histoire plutôt développée. Résumons Shintaisou, puisque le scénario y était tellement quelconque que je n'avais pas jugé utile de l'aborder à l'époque : dans un collège, une fille-à-papa recrutait un adipeux professeur de GRS pour utiliser quelques membres du club et les former au Yami No Shintaisou, la GRS des Ténèbres. Ca ressemble à un argument foireux pour justifier les multiples scènes hentai, n'est-ce pas ? C'était évidemment le cas : on ne voyait jamais le livre enseignant cette obscure pratique (on apprend pourquoi à la fin de Shintaisou Shin), et le scénario était tout à fait accessoire. N'empêche, lors des Jeux Olympiques d'Athènes, je n'ai pas pu regarder les épreuves de GRS avec l'esprit tranquille.
Maintenant, tout change : l'histoire suit le petit frère d'une des demoiselles de la première série, qui est manipulé par la même fille-à-papa pour "éduquer" une élève du club de gym et pour laquelle il aura bien entendu des sentiments amoureux. Toute l'histoire suit leur relation (et il y a pas mal de développement des personnages, mine de rien), et les scènes de sexe - pas toujours consentant - sont relativement normales. J'entends par là que nous sommes à des années-lumière du sado-masochisme détraqué de Shintaisou, et que finalement, Shintaisou Shin est dans la norme de la production hentai. Pareil pour la réalisation : c'est bien en-deçà du premier opus, sur tous les points.

Au final, on se demande presque ce qui a motivé la production de cette suite. D'habitude, une suite, ça doit faire mieux que l'original, plus gros, plus fort, plus whizz, non ? Ben là, non. A l'inverse, les H-animes qui ont depuis surpassé Shintaisou sur le critère de la perversion y sont arrivés en utilisant un character design plus réaliste et carré, causant un malaise encore plus accentué (oui, c'est à Bondage Game que je pense). Comme ils avaient déjà fait le pire avec le premier opus sur ce design, la production a décidé de se concentrer sur l'histoire et ce fameux Yami No Shintaisou. Sauf qu'on s'en fout. C'est comme si lors de ces films pornos avec le scénario "bonjour, je suis votre nouvelle voisine", on faisait une suite où on avait affaire à la belle-mère de la nouvelle voisine ! Enfin, les scènes hentai n'ont franchement rien d'original ou d'intentif. Je me répète, mais il faut bien ça pour que je l'intègre : Shintaisou Shin est tout à fait fade et normal. Shock.

19 janvier 2006

Keishicho 24

C'était quand, la dernière fois qu'un manga m'a fait rire au premier coup d'oeil, juste en le feuilletant ?

Ah ! Je m'en souviens. C'était l'histoire d'un mangaka, et au début, il avait un assistant qui fonçait vers son studio, se cassait la gueule de son vélo, se mettait à saigner comme un porc, mais continuait son chemin en voyant que ses mains étaient intactes et qu'il pourrait donc dessiner. Une fois arrivé à l'atelier, le mangaka disait qu'il devait dessiner une scène de meurtre, mais pour se mettre dans l'ambiance, il devait visiter les lieux d'un véritable assassinat qui avait été commis quelques jours plus tôt. L'assistant repartait sur son vélo... Quelques instants plus tard, le téléphone sonne à l'atelier : le gars venait de tomber sur "mieux" : un meurtre tout frais au sang encore chaud - et évidemment, le mangaka se demandait si l'assistant quelque peu zélé n'avait carrément pas saigné lui-même quelqu'un pour faire du bon boulot...
Ce manga, je n'ai même pas retenu son nom, tellement j'avais feuilleté négligemment la chose avant de la reposer, au lieu de la ramener à la maison. Quelques mois plus tard, j'ai décrit la scène auprès de mon crémier pour qu'il m'aide à retrouver sa trace, et la nouvelle tomba comme un couperet. Glop glop : ça s'appellait "La Plume de Feu". Pas glop pas glop : les éditions qui l'ont sorti se nommaient Muteki et ont coulé corps et biens après avoir sorti un grand total de quatre livres. Maintenant, à moins d'avoir un coup de cul monumental chez un bouquiniste, ce manga qui m'a fait marrer au premier coup d'oeil, je peux me le carrer bien profond. Bien joué, champion ; alors que tu passes ton temps à dire que les décideurs de ce monde ne comprennent que l'argent et qu'il faut prouver la rentabilité de ce qu'on aime, voilà que tu ne peux justement plus te procurer un truc qui t'a plu parce que tu ne l'as pas acheté. Nan franchement, bien joué.

La couverture du tome 2 de Keishicho 24 m'a fait rire. Une couverture ! Depuis la Plume de Feu, ça m'était pas arrivé, un premier contact si franc. Hop, je vais pas me faire avoir une nouvelle fois, je passe ni une ni deux à la caisse avant de le lire. Et vous savez quoi ?

C'est du caviar.

Purée, c'est à hurler de rire. J'ai même pas envie d'essayer de me souvenir de la dernière fois qu'un manga m'a vraiment fait hurler de rire (Dr Slump ? Non, il doit bien y avoir eu plus récent quand même), mais Keishicho 24 s'offre ce luxe, et pas qu'une seule fois. Le scénario, c'est du Kochikame, mais sous acides, portant un tutu et se baignant dans les restes déchiquetés d'une tarte à la fraise géante cuisinée par des martiens. Au fait, Kochikame, c'est pas sorti en France, non ? C'est un manga qui dure depuis 1976 (!) et raconte les aventures assez comiques d'un commissariat. Keishicho 24, c'est l'histoire d'un jeune flic qui croit commencer une carrière pourrie à la circulation, mais qui se retrouve embarqué dans une brigade d'élite où les agents ont tous les pouvoirs - et je parle aussi bien de pouvoirs juridiques que de pouvoirs limite-super-héros, quoi. Arrêter le ministre des affaires étrangères parce qu'il a pris un sens interdit avant de le passer à tabac, neutraliser à mains nues un missile nucléaire (le général américain responsable du tir : "on nettoyait le missile et le coup est parti tout seul"), enseigner aux enfants de maternelle qu'il ne faut traverser la route que lorsque le petit bonhomme est vert, rien ne leur est impossible.
Et pour ne rien gâcher, c'est techniquement très bon : certains décors ou visages font un peu "dessin industrieux craché par un assistant certes attentionné mais qui en a déjà tracé quelques millions tout aussi soignés et industrieux", mais pour le reste, le rythme est rapide, le trait est sauvage, les caricatures sont au poil, bref, c'est fait avec amour et on se laisse volontiers porter par ce délire non-stop. Du caviar, je vous dis.

C'est signé Hideki Ohwada et édité chez Kurokawa, éditeur tout jeune (à ne pas confondre avec les éditions Kadokawa qui doivent se soucier de la France comme de leur premier sushi) qui a l'avantage de ne pas nous rouler dans la farine, puisque le volume est à 6,5 €, et dont le choix éditorial est cité par Grégoire Hellot (le Greg du Joypad à la grande époque ou du Gaming à sa courte époque) et qui emploie Fabien Vautrin (le Fab du Sugoi, de la Push-Start Radio et du GameFan) au Photoshop pour lettrer les pages sans abîmer le manga. Donc oui, la version française est bien faite.



Mise à jour : à propos du tome 5...

16 janvier 2006

Rhésus B négatif

Je voudrais bien faire un article digne de ce nom, bien long et bourré de liens débiles, bref un article comme j'aime en écrire pour mieux intoxiquer le Net, mais je crois que ce texte ne va pas durer aussi longtemps que prévu.

L'anime Blood+ est une putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes.



On va commencer par le commencement, si vous le voulez bien. Il y a quelques années (c'était en 2001 je crois), Mamoru "mon chien s'appelle Gabriel" Oshii avait aidé à produire une OAV de 45 minutes, Blood - The Last Vampire. Gifle technique : tous les plans sont retravaillés à l'ordinateur, le trait est d'une précision chirurgicale sur le moindre plan, on fait des ohhh et des ahhh en regardant le boulot signé I.G. Gag : le making-of sur le DVD (trouvable pour une bouchée de pain et mal traduit, merci Pathé) dure une heure, plus long que l'oeuvre qu'il décrit. Pour l'histoire, ce sont 45 minutes sans répit : dans les années 60, le gouvernement américain envoie une gamine dans une base militaire au Japon pour régler proprement un problème de... ben oui, de vampires, le titre est assez clair là-dessus. D'ailleurs, ils disent pas "vampires", mais "chiroptères", c'est plus poli et le design y colle bien. Donc, les personnages alternent entre anglais et japonais dans leurs dialogues, l'effet est assez surprenant et on s'éclate d'autant plus à regarder ce mélange de réalisme graphico-historique saisissant et de délire vampirico-animé ; c'est bien simple, à chaque fois que je le mate, je peux difficilement retenir des spasmes nerveux tellement je suis excité à l'approche de la scène dans l'infirmerie. Et quand le générique de fin défile, les spectateurs à qui vous avez fait découvrir ce bijou sont excités comme des puces en hurlant "on veut une suite !", et jusqu'à présent, tout ce qu'on pouvait leur répondre était un bafouillage poli du genre "il paraît que c'est en projet au Japon". Ben voilà, le "projet" est bouclé et en cours de diffusion, et ça s'appelle Blood+.

Et c'est une putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes.

Les liens entre cette putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes et l'OAV suscitée se comptent sur les doigts d'une main de yakuza :
- il y a deux personnages qui s'appellent pareil, Saya et David,
- ils parlent de chiroptères,
- c'est tout.
J'avais déjà parlé du carnage que peut représenter l'adaptation TV, et on est en plein dedans. Nan, je précise, parce que le manga est disponible gratuitement sur le site de la série et il est - à peine - meilleur. En fait non, tout Blood+ est à chier, le scénario en premier. Ils ont transposé toute l'histoire de nos jours, comme ça on peut voir des demoiselles en tenue de sport en train de laisser vagabonder leur sexualité naissante avec moult sous-entendus yuri. Le character design assuré à la serpe (il faut bien simplifier les étapes d'animation) dans une main, un scénario à refaire dans l'autre ; c'est bien simple, ils ont envoyé toute l'OAV aux chiottes. On perd la fantastique Saya, c(h)asseuse de vampires qu'il ne faut clairement pas faire chier, et on gagne une gamine aussi innocente et expressive qu'une chaussette neuve. On doit se taper les pires stéréotypes de la Japanime : elle ne se "transforme" en chasseuse qu'après avoir bu du sang, mais joue les demoiselles en détresse le reste du temps. Alors ils lui ont collé un mentor qui semble sorti de Get Backers ou Hellsing, dont le rôle consiste en une repompe du Tuxedo Kamen de SailorMoon : il tombe toujours littéralement à pic pour sauver l'héroïne et fait office de Roméo de pacotille. Au secours, les années 80 reviennent ! En fait, non : ils ont même cru bon d'ajouter une sorte de Mérovingien en provenance directe de Matrix Reloaded, si tant est qu'on puisse ainsi définir les "perssonnages français qui ne peuvent pas s'arrêter de dire des conneries en ayant un tic nerveux en rapport avec la nourriture". C'est quand même terrible : sur le making-of de l'OAV, il était expliqué que le résultat final était le mélange de deux scénarios séparés. Là, on dirait que c'est pareil, mais entre Blood et une histoire de shojo bien plate et navrante...
Bien sûr, il ne faut pas compter sur le rythme pour sauver la mise : il ne se passe rien pendant des épisodes entiers (j'ai rarement vu une série démarrer aussi lentement). Et pour finir, techniquement, le sceau "Production I.G" ne cache même pas la réalisation du pauvre : c'est à peine tolérable pour une production 2006. Maiiiis comme je suis bon prince, on peut vraiment sauver la musique, signée Mark Mancina. A part ça, c'est déplorable.

Quel gâchis.

- page 33 de 75 -