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PUTAIN MON CHAT VIENT DE PISSER DANS UNE CAISSE DE CD

17 décembre 2004

Comprenne qui pourra



L'image est trop grande pour votre écran? Nuance, c'est votre écran qui est trop petit! C'est de l'art, béotiens!

Nan, sérieusement, c'est quoi comme langage?

Il est de ces contrées merveilleuses où les copyrights n'existent pas. Il y a la Chine (Ragnarok Online coréen, Aglaia Online chinois: cherchez l'erreur), mais il paraît que les droits de l'Homme ne sont pas au top. Puis il y a des endroits qu'on sait pas quelle langue ils parlent, mais on sait ce qu'ils chantent: des trucs qu'on connaît déjà, mais avec un pitch foireux, un accordéon et des gens avec une voix gluante. Et la plupart des morceaux ont un titre qui commence par "hump" (les anglophones apprécieront).

MP3 (1,7 Mo)

Le groupe se nomme Eläkeläiset, et bien sûr que je ne sais pas ce que ça veut dire. En cherchant sur le Net, on découvre... une station de thallassothérapie quelque part en Finlande. Je sais pas pourquoi, mais ça m'étonnerait pas qu'on retrouve ce groupe en fond sonore d'animations Flash.



Au fait, n'oubliez pas la session IRC dimanche soir, à partir de 21 heures! C'est toujours sur #editotaku sur irc.worldnet.net!

15 décembre 2004

Innocence - Ghost In The Shell 2

Malgré le temps qui passe, je n'arrive toujours pas à savoir si Mamoru Oshii est un fou ou un génie. D'après les philosophes asiatiques (Lao Tzu, Confucius et leurs potes), la folie et la sagesse sont deux voies antinomiques de l'esprit - mais il faut croire que ces chemins sont sur une terre aussi ronde que la nôtre et finissent par se rencontrer. Conclusion: Oshii est à leur croisement. CQFD.
Innocence ne démord pas du thème principal de l'oeuvre de Shirow: alors que l'instrumentalisation de l'Homme progresse, quand est-ce que l'humanité s'arrête et quand est-ce que la machine commence? Une chose est sûre: bardés de nano-technologies qui leur épargnent les tâches chiantes, les gars de la Section 9 utilisent le temps ainsi gagné pour être philosophes. Il y a des flopées de citations des maîtres de la pensée que j'abordais au début de ce texte, l'histoire est moins compliquée que celle du premier film et laisse le spectateur penser un peu pour lui-même (la discussion avec le légiste est exemplaire à ce titre). Le scénario est basé sur un des chapitres du premier volume ("Robot Rondo" pour être précis), mais se déroule après les évènements du Puppet Master (normalement dans le deuxième livre) et Man Machine Interface. Au fait, bonne nouvelle: le "techno-blabla", la marque de fabrique de Shirow, est limité à son strict minimum - il laisse la place à des descriptions sur écrans d'ordinateurs ou hologrammes aussi claires qu'esthétiques.
Malgré le format "long métrage fait pour être diffusé aux masses ignorantes", ne vous y trompez pas: il vaut mieux avoir vu le premier - ou mieux, s'être farci le manga. Les autres, faites comme au festival de Cannes, prenez la porte. La faute à Shirow ou à Oshii? Les deux, mon capitaine: GITS n'a jamais eu la réputation d'être accessible et je vous rappelle que c'est le même réalisateur qui est derrière Avalon. D'où mon introduction: Oshii a creusé son trou en se mettant toute l'animation japonaise à dos après avoir sorti l'OVNI "My Beautiful Dreamer" (mais si, le deuxième film d'Urusei Yatsura ou Lamu chez nous, avec l'extraterrestre en bikini léopard, ça y est, vous voyez?), puis il s'est régulièrement offert des folies comme Tenshi No Tamago (deux phrases en une heure de film: Tsutomu Nihei n'a rien inventé avec Blame!), sans parler du fait d'inviter son chien dans ses films. GITS est déjà réservé à un public averti et passionné, pourquoi mettre la barre encore plus haut?
Réponse: parce qu'on le peut. Les profanes aux aventures de la Section 9, ceux qui ne regardent pas Stand Alone Complex et ne comprennent pas en quoi le Major Kusanagi est une bombe sexuelle n'auront pas la tête qui éclate avant la fin du film. Ou si ça leur arrive, c'est la faute à la perfection technique du film. Innocence est au long-métrage d'animation ce que Macross Zero est aux OAVs: leurs grands frères GITS et Macross Plus furent les révolutions graphiques des années 90, eux font le même effet pour cette décennie. L'animation est sans faille, l'intégration 2D/3D ne pourrait pas être plus réussie (la scène de l'épicerie!), Kenji Kawai est au mieux de sa forme musicale, même les influences SF tiennent compte de Man Machine Interface et des dernières avancées technologiques. Quelques plans où la caméra virevolte autour d'un personnage 2D dans un décor 3D font carrément office de démo aux autres studios qui doivent pleurer à chaudes larmes devant la perfection du travail de Production IG... Ce mélange cellulo/CG plaît ou déplaît, au prétexte que la différence se voit trop entre tradition et synthèse, mais il sera difficile de faire mieux qu'Innocence en la matière: si vous n'appréciez pas le résultat dans ce film, je crains que vous n'aimerez jamais ce mariage de la carpe et du lapin. Quant à son omniprésence ici, elle n'est qu'une énième métaphore de la rencontre entre hommes (ghosts) et machines (shells), businessmen et geishas, flics et yakuzas, manoirs et gratte-ciels, penseurs et informaticiens, science et fiction, présent et futur. Oshii, fou ou génie, mais sûrement pas frimeur; ça change d'Otomo et de son garçon à vapeur.

Pour le reste, que dire? Aramaki et Ishikawa sont réduits à un rôle de figuration puisqu'il n'y en a que pour Batou et Togusa. Kusanagi fait de 1 à 3 apparitions fantômes (je suis prudent et précise "selon les interprétations", puisque j'en ai dénombré 3^^), la scène du carnaval sera à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de l'animation, et j'avais toute une salle Dolby Digital de 270 places pour moi. En tant que détenteur d'une haine sans limites envers les autres spectateurs au cinéma, c'était bonnard; en tant qu'ambassadeur de la Japanime, c'était un peu triste (mais je l'ai un peu cherché, c'était la séance de midi :) ). Bah: le film est mine de rien 9ème au box-office français après 10 jours d'exploitation, et sa sélection au festival de Cannes - une première pour un anime, répétons-le - ne peut que lui faire du bien.

13 décembre 2004

Le mystère Excel Saga

Canal Plus a diffusé GTO puis Excel Saga dans sa tranche de 18h. L'épisode 26 d'ES manquait. Contrairement à GTO (édité par Kaze), ES (Dybex) n'a pas eu droit à une piste VOSTFR sur C+ Numérique. Noir était annoncé après ça... Et à la place, ils repassent une couche d'Excel Saga. Toujours en français doublé uniquement. Et dans le générique (laissé en japonais, Dieu merci), on entend pas Hyatt tousser.

Session IRC du 12 décembre

Vous n'étiez pas ? C'est normal, j'avais fait exprès de prévenir au dernier moment pour avoir peu de monde pour le premier jour, faisant figure de test. Il n'empêche que ce fut un franc succès: ceux qui ont tenu jusqu'au bout se sont couchés à 2h15! Nous avons même eu une visite en provenance directe du Japon (Adoru, qui était sûrement en train de faire la queue pour sa PSP^^), ainsi que de plusieurs membres de la team GameFAN - que du beau linge! En plus de Keul, qu'on ne présente plus et qui n'aimait pas se faire kicker, il y avait bien sûr des lecteurs fidèles qu'on voit souvent dans les commentaires (Nerv, Marc, Garric, Ricton...). Les discussions ont tourné autour des animes récents, des MMORPG, de Fred B, des conventions et des cosplays - que des trucs d'otaku, à l'image du site. Donc, merci encore une fois à toutes celles et tous ceux qui sont venus, et à dimanche prochain!

12 décembre 2004

Monsieur Mur

Hier, vous avez eu droit à une présentation en bonne et dûe forme (quoique) de Keul, le "gars de la maintenance" du site. Evidemment, pour les besoins de l'article, sa description est un peu brodée: mon PC ne lui sert pas de chauffage, il n'a pas besoin de ramper sous son PC pour l'entretenir, il ne porte pas un caleçon mais un slip.. Par contre, il parle vraiment de l'absurdité des DVD double face aux filles.
Aujourd'hui, continuons le hors-sujet des jeux vidéo et des animes en parlant d'une autre personne qui m'est chère: monsieur Mur. Il me suit depuis des années, et même s'il ne parle pas beaucoup, sa rigueur et sa droiture m'ont toujours impressionné.
M. Mur ne parle pas, mais il a l'oreille: mettez un disque de Death In Vegas ou de Ken Ishii avec les basses à fond, et il groovera avec vous, sans jamais un beat de décalage. Ce type a le flow en lui. M. Mur m'a vu grandir. Donc, il a vu beaucoup de jeux vidéo. Et pourtant, il joue très mal. Sûrement que c'est dû à sa dureté naturelle: avec ses mains de béton dans des gants de plâtre, il a toujours eu du mal à tenir une manette. A chaque fois que je lui en prêtais une, poussé par la frustration de ce putain de niveau 6-1 de Dick Tracy sur Megadrive, tout Ecco sur Dreamcast ou plus récemment Viewtiful Joe, il me la rendait aussitôt. Pas toujours en bon état, mais il tenait à me voir jouer, encourageant à faire des efforts. La première fois que nous avons eu cet échange ("saleté de jeu vidéo, tiens Mur, prends ma manette, ah tu la veux pas, il faut que j'essaie encore? d'accord"), je ne savais pas ce que "gambatte" voulait dire, mais M. Mur en était déjà l'impersonnalisation. En tout cas, ce n'est pas du tout le comportement de Mme Fenêtre... Alors celle-là, excusez mon vocabulaire, mais c'est une vraie salope. Grande ouverte en été et frigide en hiver, et elle garde la manette ou a le coeur brisé quand on lui propose de jouer - c'est selon les saisons là aussi. Elle porte des rideaux pas discrets pour un sou (on voit parfaitement à travers), question musique, elle ne vibre que pour les avions militaires qui passent le mur du son (fétichisme des uniformes, sans doute)... Au moins, M. Mur n'est pas coquet, mais s'il se couvre de posters d'animes, c'est peut-être par pudeur. Il y en a encore de l'époque DragonBall Z, hérités de ces temps où les débats philosophiques tournaient autour de "Son Goku, il explose Sonic et Mario en même temps" (conversations sur le point de revenir: Son Goku, il éclate Naruto et Luffy en même temps). M. Mur est plein de ressources: c'est de lui que vient la prise d'électricité, et il a toujours un peu de place en lui pour ranger un pot de Nutella de contrebande (au cas où une bande de mannequins prendait le pouvoir et interdirait tout aliment riche en calories). Nous avons tous un M. Mur chez nous: prenez-en soin.

Ces derniers temps, je me suis acheté Street Fighter Anniversary Collection sur Xbox (la version de Third Strike qu'on trouve dessus est issue du remake ps2, miam; le film de SF2 est dans une version censurée, bouh), pour y jouer sur le XboxLive. Les éditions Larousse doivent avoir reçu un email leur proposant une nouvelle définition du mot "humiliation". J'ai proposé à M. Mur de joindre la partie, à nombreuses reprises. Très nombreuses.

11 décembre 2004

IRC

"... dysfonctionnement dans la compréhension profonde." Je finis cette phrase avec un sourire au coin des lèvres: c'est pas tous les jours qu'on arrive à caser "Jaguar", "café", "échangiste" et "banane" dans un discours sensé. Surtout quand il a Neon Genesis Evangelion pour sujet. Satisfait, je mordis dans le pain de mie recouvert d'une tranche de saumon aspergé de citron pressé. C'est peut-être ce qu'il y a de plus beau dans le mois de décembre, images érotiques de la Mère Noël mises à part: les tartines de Nutella peuvent laisser place à du saumon et personne ne s'en étonne.
"Mmmhhh" marmonna Keul, toujours allongé sous son PC. Ca fait un moment que ce type s'occupe du côté "technique" de raton-laveur.net, base MySQL et PHP; je lui ai toujours donné carte blanche pour qu'il s'amuse - "tu veux faire une version WAP du site? J'ai même pas de téléphone portable, mais vas-y". Ca fait encore plus longtemps que je le connais, et je ne comprends toujours pas pourquoi son ordi est assez gros pour qu'il soit obligé d'utiliser un skateboard pour se glisser dessous et le bidouiller. Ce garçon raconte des blagues sur les DVD double face pour draguer les filles, nom de Dieu. Depuis qu'il s'est à juste titre autoproclamé "gars de la maintenance", je me suis tellement éloigné de ces considérations bassement physiques que je n'ose même plus changer un tag de couleur de texte sans lui demander son avis.
BUNK! Je viens de me prendre une cuvette de chiottes en pleine face dans Half-Life 2 Deathmatch - et la chaleur dégagée par mon vieux PC pendant que ce jeu tourne fait office de chauffage pour tout l'appartement de Keul. Le saumon était nerveux avant de mourir empaqueté dans ce sachet de cellophane, il est plein de petites veines dures à couper. Retour au sujet principal de la conversation.
"-Enfin bref, peu importent les problèmes de communication des générations futures, surtout après le Second Impact. Simplement, un forum pour le site, ça m'enchante pas comme idée. Primo, parce que ça va être l'enfer à administrer: quand le site n'avait pas une audience suffisante pour un forum, ça n'aurait servi à rien, et maintenant ça risquerait d'imploser.
-Mais les commentaires de l'éditotaku n'ont rien de bien terrible, non?
-Peut-être parce que les commentaires ne sont que ça: des avis donnés sur des sujets que je lance. Un forum, ça a l'avantage et le défaut que ce sont les visiteurs qui décident du thème.
-C'est le principe de liberté...
-... ce qui m'amène au secundo.
-le jazz cubain?
-pas la Company Secundo, baka! Primo, puis secundo. Donc, deuxièmement: à chaque fois qu'on organise un "quartier libre", c'est un peu le silence radio en retour. L'année dernière, le cadeau de Nowel du site était une semaine entière où tout le monde pouvait poster ses propres articles. Résultat: trois textes! Un de Rataime, un de toi et le dernier signé par Légion, hilare devant ce silence! Quand j'ai organisé une session IRC depuis Venise d'où je postais mes carnets de bord, pareil, même pas une dizaine de visiteurs!
-Tu te plains?
-Non, j'observe. Dans ces conditions, avoue qu'il n'y a pas de quoi cautionner l'installation d'un forum! Puis les lecteurs du site doivent déjà avoir un forum de choix, un endroit sans trolls sur le Net où se poser. Je sais pas moi, TheInn, le Supa, caramail... Lâche ce tournevis, je déconnais pour caramail.
-Bah, les lecteurs le diront bien. On le fait, ce sondage?
-Oui, j'écris encore les questions.
-En attendant, on pourrait faire des sessions IRC hebdomadaires, à horaires fixes. Pas de problèmes à administrer, ça ferait fonctionner le canal #editotaku sur irc.worldnet.net et en le faisant régulièrement, on pourrait passer de bons moments.
-Bonne idée. Disons le dimanche soir, de 21h à 22h?
-Ouais. Mais en l'annonçant même pas 24 heures avant, t'es assuré de faire un flop pour la première session demain!
-Si on fait ça tous les dimanches, on s'en fout non?
-'ttention, cuvette de chiottes droit devant!
-Où ç-BUNK!

09 décembre 2004

Début de saison TV au Japon, épisode 9: Yakitate Japan

La japanime est une industrie. Les occidentaux s'acharnent à reconnaître une forme d'art dans le soin apporté à ces produits fabriqués à la chaîne pour les mass medias, dans leurs mécanismes de narration atypiques ou dans les multiples niveaux de "lecture". Pourquoi vouloir leur donner une légitimité à tout prix? Est-ce que les otakus font ça par passion ou parce qu'ils tiennent à se convaincre eux-mêmes qu'ils ne perdent pas leur temps?

Grande nouvelle: on s'en fout. L'intro au-dessus ferait fureur comme intro pour un article pseudo-intellectuel ou pour une dissertation de philosophie (sujet: "Les gros seins, pour ou contre?"). J'ai commencé ainsi pour rappeler que quand on est un aspirateur à fric, il faut parfois gratter dans les coins de la salle pour s'assurer qu'on a bien râtissé le plus large possible. Yakitate Japan est un de ces projets schizophrènes qui se prennent tantôt au sérieux (pour que le téléspectateur n'ait pas l'impression qu'on le prend pour une buse), tantôt au second degré (pour que les sponsors n'aient pas l'impression qu'on les prend pour des buses). On connaît ça avec les animes qui parlent d'un sujet ultra-pointu et qui tentent de le présenter à un public plus large: qu'il s'agisse de sport, de culture ou de jeux vidéo (qui a dit "le manga King of Gamers"?). Certains évitent ce dédoublement de personnalité: Hikaru No Go en étant l'exemple parfait. Mais pour un HikaGo, combien de Laura ou la Passion du Théâtre, de Slam Dunk, d'Initial D? On en arrive à penser à des conspirations du genre: l'association japonaise des troupes de théâtre/tuneurs/boulangers/"insérez ici un métier ou un hobby obscur" pense qu'elle n'a pas assez d'adeptes. Mais elle a du fric. Alors elle engage un mangaka pour répandre la bonne parole. Ce qui me fait réaliser que si cette théorie est bonne, le lobby des servantes et autres "assistantes de maison" est incroyablement puissant au Japon. En tout cas, les résultats sont là, même chez nous: le nombre de licenciés de la Fédération Française de Volleyball avait explosé quand "Jeanne et Serge" passait sur la Cinq, sans parler du jeu de Go... Allez savoir si Dead Or Alive Xtreme Beach VolleyBall a eu le même effet.
Au fait, Yakitate Japan est un anime de boulangerie. Non, vraiment. Bon, arrêtez de me regarder comme ça, c'est gênant. On voit donc des apprentis bonne pâte suant sang et eau pour pétrir le levain avec ardeur, le chauffer avec amour afin d'exhiber leur belle baguette. Il y a bien une fille dans ce truc, mais ses miches n'ont rien d'exceptionnel. En parlant de cuisine, la recette de ce genre d'anime est éprouvée: le jeune plein de passion, le rival surdoué, les duels au grand jour, les techniques cachées, les sous-entendus homo-érotiques et un manque complet d'originalité. Quand les boulangers français ont fait leur pub, ils nous ont sorti une campagne aussi conne que "si on ne mange pas de pain, un jour il n'y en aura plus"; à l'époque, j'avais pris ce slogan pour un éloge à la violence. Les lobbyistes français devraient regarder sur leurs collègues japonais et leur anime pour en prendre de la graine - ou plutôt de la farine... On se plante donc devant Yakitate et on a droit au boulanger d'en face qui est un français pédéraste, à un hémicycle de spectateurs venus assister à un duel de pains (diffusé à la télé, et je parle pas de boxe), à des maîtres qui portent cape et plumes. On se dit que c'est à prendre au second degré, et puis on voit de véritables petits cours sur la qualité de tel sucre ou tel lait... On les sent, les associations de boulangers en coulisses, les yeux rivés sur les statistiques des étudiants en boulangerie. Peut-être qu'ils piquent une crise quand les héros reçoivent pour mission de faire un pain "que même un cheval trouverait bon".

Un côté du cerveau se dit que bon, après tout, pourquoi pas, pense à HikaGo: si ça peut marcher pour un jeu de plateau millénaire, les animes peuvent nous parler de n'importe quoi de façon passionnante. Puis l'autre partie du cerveau, celle qui nous dit "ça coûte 200€", "ne fais pas ça" ou "ne la crois pas, elle a moins de 18 ans" nous affirme: "mais... c'est un anime... DE BOULANGERIE!" Et sincèrement, que lui répondre? C'est vrai, en restant à bonne distance de l'écran et en se bloquant sur le second degré, on évite de se suicider par insertion de baguette dans le rectum. Surtout qu'avec un tel sujet (la boulangerie, pas le cul), il y a du grain à moudre. Mais ça n'est pas drôle pour autant - en fait, je suis resté de marbre. En japonais, "pain" se dit "pan": et on a droit à des jeux de mots genre "Ja-pan" ou "Pantasia" (le nom de la boulangerie où les persos bossent) jusqu'à ce que du levain vous coule par les oreilles. Scénario passant par tous les lieux communs des mangas abordant des sujets clandestins, techniquement réduit au strict minimum en animation et en dessin (pourtant, le staff n'est pas composé d'inconnus: la musique est même assurée par Taku "Read or Die, Witch Hunter Robin, Kenshin Tsuioku Hen" Iwasaki), à l'humour qui tombe aussi plat que les pâtons pétris à longueur d'épisodes, la version animée de Yakitate Japan est une pâte congelée mal réchauffée au four micro-ondes. Et peu importe la température, même si on le prend au 200° degré j'accroche pas. En France, on appellerait pas ça "boulangerie" mais "pain chaud" - c'est la législation qui veut ça. Mangez des Cracottes!

07 décembre 2004

Merci mamie

Un rouleau de pâte feuilletée,
du sucre en poudre,
3 pommes (reinette de préférence),
une petite brique (20cl) de crème fraîche (au lait entier de préférence, même si c'est pas très diététique),
2 oeufs.

- Préchauffez le four à 200°, position "chaleur tournante" si vous avez un de ces engins avec une molette et 40 façons différentes de cuire.
- Dans le plat, on met la pâte feuilletée (laissez le papier ciré, ça économise la corvée de beurrage), puis on la saupoudre de sucre.
- On épluche les pommes, on les coupe en 4, puis on réduit les quartiers en lamelles, qu'on dispose dans le plat. C'est la partie la plus technique, et pourtant y'a pas de quoi casser trois pattes à un canard: il faut que la répartition soit égale mais bien serrée - si vous faites une jolie spirale, vous avez gagné. Moi, je commence par les bords en revenant vers le centre du plat.
- Hop, ça part au four 20 minutes. Pendant ce temps:
- 100 grammes de sucre + 2 oeufs + la crème fraîche - mettez les 20cl si vous avez un grand plat, sinon mettez-en un peu moins: il ne faut pas que ça déborde du plat! Mettez le tout dans un bol, prenez une cuillère et mélangez-moi ça, je veux un truc bien homogène au final. Léchez la cuillère quand personne ne regarde. Y'en a pour 3 minutes chrono à préparer cette crème, alors faites un petit UT2004 en attendant que les 20 minutes du four passent.
- Dès que c'est bon, sortez le plat, mettez votre crème dessus, et retour au four pendant 15 à 20 minutes. Surveillez un peu, faut que ça soit bien doré.

Touche finale: de la confiture, d'abricots de préférence. Ou si vous voulez vous la jouer "pro", du nappage de pâtisserie; mais entre nous, la confiote d'abricots après moins d'une minute au four micro-ondes, c'est pareil. Laissez refroidir avant de bouffer, ça vous permettra de réaliser que vous avez fait une tarte aux pommes.
Sauf qu'en discutant de la recette autour de moi, il s'avère que chacun a sa méthode pour faire cette pâtisserie: la technique abordée ici (consistant à cuire la pâte et les pommes, se situant au fond du plat sous la crème) semble être peu répandue. M'en fous, c'est comme ça que ma grand-mère elle fait.

Edit (23h45):

Notez le bonus: des raisins secs^^.

05 décembre 2004

Question d'apparence

Le but de Microsoft, c'est la domination globale. Ca, c'est pas nouveau. Bill Gates est méga-riche, Windows est obligatoire pour jouer aux jeux vidéo dans les meilleures conditions, il se vend plus de Xbox que de GameCubes, et le trio Linux/Mozilla/OpenOffice est utilisé par des gens en haillons qui ont un humour douteux. Puis bon, j'en sais quelque chose, des motivations de Microsoft: avant, je vivais dans un monde terrible, au milieu d'une guerre entre hommes et machines après un holocauste nucléaire. Puis je me suis retrouvé téléporté à poil et au XXème siècle, avec pour mission d'empêcher le grand méchant Bill de devenir maître du monde. Je sais, c'est mal barré.
Microsoft a besoin de programmeurs pour arriver à ses fins. Et Microsoft sait que s'il se mettait à les attraper avec des filets pour les coller dans un aquarium et faire décortiquer leurs cerveaux par des robots à tentacules, ça finirait par se voir. Alors Microsoft part à la chasse aux cerveaux; ça consiste à les prendre jeunes et pauvres, puis les repérer en leur mettant une ridicule enveloppe de cash sous le nez (10000$ suffisent, une crotte de nez comparé aux finances de la boîte). Pour camoufler un peu les ambitions, il ne manque qu'une bonne campagne marketing bien ciblée, à savoir orientée "étudiants en informatique qui s'habillent en prenant le vêtement au sommet de la pile". Collez quelques affiches dans les universités du monde entier et attendez: le piège est posé. L'année dernière, MS avait fait un concours de programmation de robots, puis envoyé les finalistes au Brésil - les gagnants étaient des français, mais l'histoire ne dit pas s'ils ont couché avec des femmes du coin qui s'avérèrent ensuite être des hommes. Maintenant, la firme au menu Démarrer récidive, et c'est pas triste.

Comme la dernière fois, ça s'appelle Imagine Cup, y'a pas de catégorie KOF mais quelques milliers de dollars à la clé. Par contre, y'a une catégorie "Visual Gaming", où l'on doit programmer une Intelligence Artificielle. Notez que le site officiel est hébergé sur TheSpoke.net, la plate-forme de blogs de Microsoft dédiée à ses employés (toutes les questions à l'inscription "pour mieux vous connaître" sont à propos de vos compétences en programmation, hilarant). Ca donne un côté jeune à l'entreprise, c'est sous-traité par une bande de pignoufs qui ne sont pas foutus de faire de l'ASP correct, et le site génére des cookies dont la taille ne se mesure plus en octets mais en grammes (gros comme ceux avec du chocoloat, quoi). A l'heure où j'écris ces lignes, la version française du site est composée de douze membres.
Mais je m'égare. Ladite catégorie "Visual Gaming" a donc un habillage qui va intéresser la deuxième partie du lectorat de l'éditotaku: manga! Cette année, Microsoft envoie ses finalistes à Yokohama. Roooh, je vois déjà les étudiants en informatique et autres épitéens qui arrêtent de rigoler de mes vannes débiles sur la boîte à Billou, ouvrent discrètement le site du concours dans une autre fenêtre et s'imaginent déjà réaliser leur fantasme latent du voyage au Japon. Le voyage au Japon, c'est aux otakus ce que le voyage en Inde est aux pouffiasses, celles qui lèvent leur nez poudré de Jeune&Jolie pour sortir des conneries du genre "ah ouais, tu dois te préparer psychologiquement avant d'aller là-bas, c'est comme Séverine Ferrer quand elle est allée au Tibet quoi". Sauf que nous, on s'imagine envoyer 50kg de métal par la Poste pour faire un cosplay de Saint Seiya au prochain Comicket en espérant que les douanes sur place ne nous colleront pas illico en garde à vue avec fouille rectale au gant de latex. Pensez à moi si vous arrivez en finale... Microsoft, dans sa grande mansuétude de monopole américano-corporatiste au service du Capitalisme, a donc demandé à son département "Relations Extérieures" de situer son concours de programmation dans un univers manga. Le résultat est un jeu vidéo qui s'appelle Project Hoshimi, dont la phonétique ne manquera pas de faire rigoler les participants français et vietnamiens. Le reste déclenchera des crises de rire ou de nerfs (selon qu'on le prenne au second ou premier degré) chez ceux qui s'y connaissent en japanime.

Si vous ne voyez pas d'inconvénient à vous ouvrir les veines avec ce stylo-plume qui traîne sur votre bureau, je vous encourage vivement à regarder le premier épisode du "manga animé" (sic) trouvable sur le site. Sinon, je résume: une clone de Yoko Tsuno (purée que je hais cette bédé; les histoires se situant juste avant une apocalypse ne m'ont jamais réussi) bosse pour un clone du vieux de Rôjin Z, ce dernier étant un éminent professeur en médecine, gnagnagna, découverte révolutionnaire, gnagnagna, injecter des robots dans le corps humain, gnagnagna, personne ne le croit, et c'est là que ça devient fort, le mec, il s'injecte un virus mortel. Pas parce qu'il est dessiné avec un mégot de cigarette et que son assistante a une face de cul, mais parce qu'il veut prouver qu'il a raison. A ma connaissance, quand on est mort, on ne pense plus aux considérations du genre avoir raison ou tort, mais bon; il appartient à son assistante (à qui il a laissé une enveloppe où l'on lit "Hoshimy": ils sont pas foutus d'écrire correctement le nom de leur propre projet) de le sauver avec la fameuse invention. On a donc le scénario du nanobot envoyé dans les veines du malade; l'histoire de SF ultra-basique qu'on retrouve dans tous les films de série B diffusés en deuxième partie de soirée sur TPS. Je passe sur les détails: la demoiselle va chercher de l'aide en partant sur sa moto (repompée sur Akira), rencontre un type dans un immeuble et lui parle dans un bureau avec son casque toujours sur la tête, etc.
Reste à voir les réactions que ce genre de délire va recueillir, si l'on excepte les raton-laveurs rigolards. Le programmeur otaku passera son chemin parce que la campagne est quand même offensante envers les fans (ou peut-être qu'il s'inscrira, parce que bon, voyage au Japon quand même). Le programmeur lambda se verra renvoyer son idée stéréotypée des mangas, bandes (mal) dessinées pour ados immatures, et retournera se servir du café pendant que sa bécane compile le dernier build de la Gentoo (ou peut-être qu'il s'inscrira, parce que bon, les japonaises ont la réputation de pas être farouches quand même). Surtout que le principe de l'IA à programmer implique de comprendre le charabia inventé pour l'occasion; je ne résiste pas au plaisir non dénué de sadisme de vous montrer un extrait du tutorial: Voici les différentes étapes que nous suivrons: 1, Création de nano-collectors pour collecter les molécules d’AZN et les transférer aux nano-needles. 2)Création d’un autre type de nano-collectors (appelé Protectors) qui défendront vos nano-robots des globules blancs. 3)Enfin, le nano-AI construira des nano-needles sur les points Hoshimi. Vous avez dû remarquer par vous-même que vos ennemis sont des globules blancs, alors que le but est de sauver la vie du gars... Grandiose, non?
Enfin bon, tout le monde s'accordera au moins sur un truc cool: Microsoft vous offre une version complète et non limitée dans le temps de Visual Studio .Net 2003 - 2500€ quand même. Il suffit de subir une inscription au passeport .Net, puis une autre à TheSpoke, puis une mise à jour vers la version Premium de TheSpoke, puis au concours Imagine Cup, puis d'envoyer un scan de carte d'étudiant (périmée de préférence) à une adresse mail américaine - sachant que le formulaire prévu à cet effet n'a pas l'air de marcher - et d'attendre deux ou trois jours le temps qu'un humain arrête de rigoler devant votre photo et se décide à appuyer sur un bouton. Je vous passe les étapes suivantes, consistant à signer un contrat avec votre propre sang pour avoir accès au transfert sécurisé du logiciel ou l'installation proprement dite, qui est une des plus longues de l'informatique moderne. Entre nous, même si ces efforts valent bien 2500€, c'est quand même bien généreux de la part de Microsoft... Ca cache quelque chose. Pourquoi je dis ça? Peut-être à cause de la réputation sulfureuse de la compagnie. Entre ça et le look de leur concours, tout se résume finalement à une question d'apparence.

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