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Relax, we understand jews

15 juin 2008

Kane & Lynch - Dead Men

Quand je ne suis pas en train de sniffer... des paquets en provenance d'une carte réseau pour trouver dans quel bureau se cache la vicieuse qui trompe son mari sur MSN Messenger, je justifie mon gâchis d'oxygène sur Terre en disant aux étrangers qui me parlent que je suis éditorialiste. En fait, je dis "journaliste", parce que personne ne voit à quoi ressemble un éditorialiste au boulot. Même pas moi. Ces deux mots ne sont-ils pas synonymes ? J'en sais rien. Bref. L'hiver dernier, les confrères journaleux ont eu l'occasion de se grouper comme un seul homme, forcément puceau et acnéique, devant une cause commune. A savoir, l'éjection du rédac' chef de Gamespot.com, supposément après une critique massacrant Kane & Lynch Dead Men, jeu sponsorisé sur le site au moment des faits. Etrangement, toutes les critiques qui ont suivi se sont alignées sur la note de Gamespot, probablement par solidarité. Ces gens-là connaissent leur boulot.


Canard PC : Quand trois pages ne suffisent pas, écrivons des conneries.


Vous le savez déjà à la lecture des Tiers-Beta : j'aime les jeux de série B. Et X aussi, mais c'est une autre histoire. Bref, quand Steam a mis en vente un gros paquet de jeux Eidos, composé à 70% de merde pure, je ne pouvais pas dire non ! Youpi, Project Snowblind, si sympa sur Xbox, et si incompatible avec les écrans larges ! Oh, Conflict Denied Ops, où un test de la démo en coop avec Poshu nous a conduit à une séance de lacération mutuelle pour tout oublier ! Battlestations Midway, qui configure mon pad Xbox 360 en oubliant la touche pour tirer ! Deus Ex Invisible War, dont la présence dans ma logithèque Xbox suffit à invalider la qualité de toute mon étagère ! Ohhh, Kane & Lynch, le nouveau jeu si controversé de IO Interactive, les gentils gens qui ont fait les si agréables Hitman ! Je dois y jouer !

A peine six heures plus tard, voilà le jeu bouclé avec toutes les fins. Et une révélation : Kane and Lynch méritait ses notes lapidaires. Quelle déception de la part d'IO Interactive. Hmmm, non, barrez ça. Disons plutôt : quelle évidence de la part d'Eidos. Le jeu est un ratage, mais je suis intimement persuadé que c'est la faute à l'éditeur, qui est habitué à sortir des jeux non terminés mais qui ont la vertu de ne pas planter. Tomb Raider Legend qui n'a pas de fin, Conflict Denied Ops, n'en parlons pas, Age of Conan, Mdt nous parle régulièrement de la couche hallucinante de bugs...


Canard PC : Parce qu'un jeu qui plante toutes les 10 minutes (mais testé en trois pages) a toujours du potentiel.


Je me souviens d'une citation exemplaire de la part d'un ponte d'Eidos au sujet de Daikatana, qui supervisa la fin du développement pour que le jeu sorte un jour : "Il y a de la merde et du retard, et nous ne voulons pas avoir les deux". Le résultat fut abordé sur l'éditotaku en 2003, et vous feriez mieux de ne pas lire cela. Je pense sincèrement que c'est le leitmotiv d'Eidos pour tous ses produits : plutôt que de le sortir en retard, autant le sortir dès qu'il ne plante plus. On a un produit vendable, à défaut d'être peaufiné ou même bon.

Compte tenu du potentiel d'IO Interactive, K&L méritait un an de développement en plus. On voit énormément d'idées commencées, mais aucune ne se termine - pas même le scénario. Pour le gameplay, c'est simple : il n'est tout simplement pas fun. Exemple représentatif : à un moment, on est pris d'assaut par plusieurs tanks et un hélicoptère, avec une flopée de lance-roquettes devant nous. On commence à se dire que ça va chier, et même pas. Chaque décès, chaque élimination est hygiénique : au lieu de voir une explosion, on a l'impression que le pilote du tank vient d'éternuer. On peut s'évader d'une prison avec des dizaines de prisonniers courant dans tous les sens, mais sans la moindre impression de grand bordel. Comme des références cinématographiques avec le spectacle en moins. Au début du jeu, Kane organise un hold-up dans une banque pour voler le contenu de son propre coffre dans la chambre forte, absurdité relevée par son partenaire. Mais la banque tout entière est une absurdité architecturale, où l'on accède directement au coffre en passant par le parking. J'en arrivais à trouver comme avantage au jeu que pour une fois, on a des gunfights sans ennemis sortant à l'infini d'une porte !

De même, le scénario lie Kane, un efficace malfrat, à Lynch, un déséquilibré psychopathe. Sur le papier, ça semble génial, comme un buddy movie qui tourne mal. D'ailleurs, je n'arrive pas à trouver de film avec un scénario similaire, mais j'ai la flemme de chercher. Au début, ça donne droit à d'excellentes scènes : Lynch qui descend un otage alors qu'il "visait ses jambes", Lynch qui envoie chier Kane parce qu'il pique une crise de paranoïa, Lynch qui est à court de médicaments... Sauf que très rapidement, Lynch finit par se comporter comme une intelligence parfaitement artificielle. Certes, il ne reste pas coincé dans un mur et répond au doigt et à l'oeil. C'est peut-être là le problème, remarque : tout est oublié, parce que ça devait être fait mais que papa Eidos il voulait que le jeu il sorte à Noël. Tant pis si tout le principe tourne autour d'un duo (pas si) dynamique et que le coop online est absent par manque de temps de développement. Tant pis si toutes les fins durent - en cumulé - moins d'une minute, ce qui est dur à avaler quand l'histoire se veut dramatique et recherchée. Tant pis si le système de couverture derrière les éléments du décor se déclenche sans intervention du joueur et pas toujours avec une grande précision ("mais chuis derrière une caisse, planque-toi au lieu de te faire canarder !"). Tant pis.

Tant pis.

Quel gâchis.



Pendant qu'on parle de Steam : nombre de gens dans [editotaku] ont toujours des licences de Half-Life² en trop après avoir acquis l'Orange Box. Si vous n'avez pas l'intention d'acheter cette dernière mais que vous voulez avoir gratos votre propre HL², passez pendant la session IRC et on vous refilera ça. Comme chaque dimanche dès 21 heures, c'est sur #editotaku@irc.worldnet.net. Apportez vos mouchoirs parce qu'au même moment, Nolife diffusera l'intégrale de Gunbuster.

13 juin 2008

Epitanime 2008

Et ben, c'est pas trop tôt.

Et bonjour aux nouveaux lecteurs qui sont arrivés ici par Nolife !

Faut dire que je n'ai jamais autant filmé et photographié : cinq heures de vidéo et plus de 600 clichés à trier, monter, dérusher et tout le toutim. Cliquez sur le lien au-dessus pour aller lire le dossier, agrémenté de quelques vidéos.

Histoire de guérir de mon désir malsain de ne pas assez couper et de faire des vidéos d'une heure, les petites vidéos durent une dizaine de minutes, donc vous ne risquez pas l'overdose. Peut-être que je ferai un gros truc si DailyMotion se décide à valider mon compte pour uploader des machins longs et en HD.

Si vous avez la flemme de lire, résumé en trois mots : best Epitanime evar. Pourvu qu'ils rappellent de vrais animateurs et filtrent le HK comme au bon vieux temps.

Voilà pour le gros dossier texte-photo-vidéo, l'éditotaku peut reprendre une activité normale en attendant son sixième anniversaire à la fin du mois. Mais avant cela, laissez-moi me taper un énorme égotrip, tout de suite après avoir cliqué sur le lien sous ce texte. Je me parle à moi-même, là, parce que vous vous en foutez de mon égo. C'est juste un truc que je laisse en attendant Epitanime 2009 pour les jours pluvieux et les nuits où je me réveille en sueur pour planquer les lames de rasoir de peur de les utiliser dans un accès de lucidité sur mon existence ratée. Bref, ne cliquez pas.

Lire la suite...

01 juin 2008

Joyeux Anniversaire, Nolife !





















28 mai 2008

En voyage



On se revoit à l'Epitanime ce week-end.



(roh la honte il a pompé sur le message d'il y a deux ans)

26 mai 2008

Engrenages

Alors là, grosse surprise.

Il y a deux ans, Canal Plus s'était attaqué frontalement à tf1, ses séries policières franchouillardes à la Navarro/Cordier/Julie Lescaut en conçevant Engrenages, soit 8 fois 52 minutes de vrai polar qui met pas à l'aise. En ce moment, la deuxième saison est en cours de diffusion, avec toujours le même principe : une intrigue principale avec des méchants recherchés par quelques personnages avec leur part d'ombre, tout ça. L'avocate arriviste (jouée par Audrey Fleurot, la deuxième plus belle rousse du PAF après Julie-Marie Parmentier), la fliquette dépassée, le procureur naïf - pensez à Boomtown. Le tout aéré par de petites affaires du quotidien, avec les femmes battues, les mythos et le reste.

Voilà pour le résumé à l'attention de ceux qui ne matent pas, soit l'intégralité du lectorat (vous). Si j'en parle, c'est parce que l'épisode 5, diffusé tout à l'heure, s'ouvre sur un ado, oreillettes d'iPod bouchonnées et armé d'un fusil qui fait un carton dans les rues parisiennes. Il ne tue personne, il ne fait que tirer sur des vitres. Sauf que voilà : le tout est filmé avec la caméra montée sur le fusil, nous donnant le point de vue de la ligne de mire. Ou plus précisément, comme dans un FPS, canon bien au milieu comme dans DooM. Quand les flics le maîtrisent, ils lui virent les oreillettes et la musique techno en fond sonore s'interrompt immédiatement, style "éveil brutal hors du fantasme".

Et là, on se met à soupirer lourdement, anticipant ce que la télé nous fait comprendre depuis des décennies : le jeune rendu violent par les jeux vidéo. Pendant le reste de l'épisode, le bonhomme dira un grand total de trois mots, pendant que les poulets enquêteront : élève moyen, sans histoires. Perquisition dans le domicile familial : à la porte de sa chambre, un tableau blanc. La maman explique que le fiston y écrit ce dont il a besoin afin qu'elle ne rentre pas - le procureur ironise en disant que c'est pas un fils, c'est un locataire. Hikkikomori, quoi. La chambre : quelques grosses armes blanches, genre lance et masse d'armes. Rôliste. Ordinateur protégé par mot de passe. Geek. Après avoir fait sauter la protection, le policier fouille "les conversations MSN", et constate qu'il est abonné "à plein de sites où ils parlent que de s'entretuer" - mon oreille se dresse quand il cite nommément Steam. A ce stade, je suis enfoncé au plus profond du canapé, anticipant la conclusion stéréotypée et inévitable.

Les flics trouvent des cartouches pour le fusil à pompe, mais il en manque quelques-unes. Ils trouvent un log de discussion, et retrouvent (en trois secondes chrono) le nom et l'adresse du parigot qui se cache derrière le pseudonyme. Perquisition bis, et ils tombent sur le machabée d'une jeune femme, farcie aux pruneaux qui manquaient dans la chambre du nolife cité plus haut. Comme ça pue, un flic ouvre la fenêtre, puis ils ramènent le jeune homme pour lui faire cracher le morceau, que lui et mademoiselle s'étaient rencontrés par le net, mais que la rencontre IRL s'était mal passée et qu'elle avait voulu tout arrêter, monsieur revenant aussi sec avec son gun avant d'aller faire du shoot dans la rue pour noyer son chagrin. Sauf que les flics n'ont pas le temps qu'il passe aux aveux, occupé qu'il est à profiter d'un moment d'inattention pour se jeter par la fenêtre ouverte quelques lignes plus haut. Affaire classée, la fliquette épiloguant sur le "gâchis" de ces deux jeunes vies.

Et c'est là que je réalise la grosse surprise de l'ouverture de ce texte.

C'est comme quand on passe sa vie à voir les mêmes films avec les mêmes séquences de hacking pourri, avant de tomber sur un exploit SSH et sniffing de ports dans Matrix Reloaded. Pour une fois, pour une seule fois, le droit à un traitement juste. Le garçon est un geek rôliste/FPS/nolife, mais il ne dévie pas (ne devient pas fou) à cause de cela. Ce n'est pas une cause ou une raison, mais une caractéristique, un signe distinctif. C'était un jeune geek, pas l'inverse ; un geek mort parce qu'il était jeune, pas l'inverse. L'histoire aurait été identique avec un porteur de survèt' à capuche ou une victime de la mode. Alors, pourquoi ont-ils choisi un geek ? Précisément parce que ça n'aurait rien changé, et parce qu'il s'agit de jeunes comme les autres, avec les mêmes espoirs et les mêmes tristesses. Ce n'est pas un stéréotype, et on y croit. Alors pour le coup, on est tellement étonné de ce traitement qu'on a du mal à y croire.

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