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Hentai is not a crime

13 avril 2009

Naked Star

Purée, ça fait combien de temps qu'on attendait ce bouquin ? Les éditions Asuka l'avaient annoncé il y a plus de deux ans et il a été sans cesse repoussé, apparemment pour des problèmes de droits. En France, Oh!Great n'est guère connu que pour Enfer & Paradis (Tenjou Tenge, TenTen pour les fans) et Air Gear, ses rares mangas non-hentai. On peut certes trouver (épuisés) sous nos latitudes, édités au siècle dernier, les quatre tomes de La Caresse du Fouet, qui recensent une bonne part de ses productions pour adultes. Mais voilà, après le début de TenTen, Oh!Great avait sorti en 2004 Naked Star, un superbe recueil d'histoires courtes. Ce florilège résume parfaitement le ton de l'auteur : du seifuku, du oppai, et diverses perversions sexuelles allant de la mutilation au bondage dans un style assez gothique.

Mais surtout, on y trouve un talent que j'adore chez cet auteur : sa capacité à amener en moins de pages qu'il n'en faut pour l'écrire une situation complètement délirante de façon parfaitement crédible pour le lecteur. Dans TenTen, on a un mec poursuivi par une Mercedes qui finit par se retourner pour donner un coup de poing dans le radiateur ; la voiture fait un triple backflip, et en lisant ça, on trouve ça logique. Dans Majin Devil, une lycéenne en train d'étudier fait tomber sa gomme de son bureau, et en se baissant pour la ramasser, elle évite l'attaque d'un mec dans son dos qui déchire tout le mur et son bureau. Il manque de la violer, puis tout de suite après, elle ramasse un bouquin dans les décombres et lui parle de ses recherches. Normal, ouais. 

Tout ça pour dire pas grand-chose, en fait. Content : Naked Star enfin là, les pages couleur sont respectées (ce qui vaut quelques pages blanches sur un papier glacé, rapport au partage des "livrets de pages" dans cette édition), français tout à fait agréable - pas forcément commun dans des mangas hentai - et présentation sous cellophane pour éviter que les plus jeunes fans d'Air Gear soient surpris. Pas content : le papier de base est aussi fin que du papier à cigarette, et... c'est censuré avec 5 pages retirées d'une histoire qui en faisait à peine 15 avant que les éditions Asuka ne sortent les ciseaux. Putain. De. Merde. J'en ai marre qu'à chaque fois qu'un truc cool paraisse par chez nous, je sois obligé de contredire ma satisfaction en poussant une gueulante. 

Pour la postérité : l'histoire entière extraite de la version japonaise. Imprimez les pages et constituez ainsi votre version complète du livre. 

Les pages censurées étant évidemment le flashback (pages détourées de noir), vu qu'on y voit l'héroïne encore gamine en train d'admirer sa mère. Alors, certes. Certes, on va me dire qu'ils ont fait ça après en avoir informé les japonais. Certes, on va me rappeler que les éditions Asuka font partie des éditions Kaze, qui ont été condamnées par le passé pour un DVD de leur label Eva Vidéo où une ninja était un peu jeune. Certes, on va me dire que je dois être le seul fan assez taré d'Oh!Great pour avoir repéré la censure. Mais pendant qu'on déplore ça, les français ne se gênent pas vraiment dans les boutiques du pays. Surtout que la situation empire : Welcome to the NHK était censuré mais pas scellé, et là, nous avons droit à la censure ET au cellophane ! Ainsi donc, au lieu de protester, il faut subir cette censure, et soyez-en bien contents car c'est la seule méthode pour publier vos mangasses. Mouais. Le problème est évidemment plus profond, mais on ne s'y attardera pas ; même l'auteur de Lanfeust de Troy faisait récemment remarquer dans une interview que ses jeunes lecteurs étaient bien plus réacs que leurs parents. Moralité bien-pensante et politiquement correct dans un monde occidental qui se prétend dépravé et sans limites, encore et toujours. Soupir.

Mise à jour : réponse officielle des éditions Asuka, qui prétendent "expliquer" et "assumer" leur "choix". Mais une fois que les lecteurs s'en rendent compte et râlent, pas avant.

 

Pendant ce temps :

- Lundi de Pâques férié ! La semaine se termine donc aujourd'hui, alors session IRC ce soir dès 21 heures sur #editotaku@irc.worldnet.net. J'ai acheté un Unreal Tournament III au rabais pour en donner le numéro de série ce soir à qui le demandera, alors passez ce soir et venez jouer avec nous.

- A l'attention de mes petits enfants : votre papy a perdu sa jeunesse sur ce site, et il le prouve en vous montrant son album photos, accessible en haut à gauche dans le menu. Oui, il n'y a que des gens que vous ne connaissez pas, c'est normal.

- Déprimant : un camarade éditorialiste a besoin d'aide pour un dossier. On discute toute une soirée sur Skype, et pour quel résultat ? Il en ressort convaincu qu'il ne devrait rien écrire, et à fortiori, qu'il devrait cesser de faire son otaku. Reviens Shakka, on a les mêmes à la maison !

- Tel Alain Juppé, c'est au tour de la meilleure d'entre nous de s'exiler au Québec. Au moment où j'écris ces lignes, Exelen est plein décalage horaire, partie vérifier que les versions françaises de nos jeux vidéo sont de bonne qualité. De la part de quelqu'un qui a vécu au pays des caribous, je sais qu'elle va bien s'amuser, mais il n'empêche qu'elle me manque déjà. Oui, je suis un grand sentimental.

Anecdote : juste avant mon départ, Shenmue venait de sortir en France. J'avais tenté d'y jouer un max pour le finir avant de partir, mais j'ai finalement emporté ma Dreamcast européenne (PAL) loin de chez moi, bouclant l'aventure en noir et blanc sur une pauvre télé NTSC... Imaginez combien j'ai été secoué quand Nozomi dit à Ryo qu'elle part au Canada  ;_; .

Chers amis, saluons le départ de la princesse des blogueurs otaques français et ne nous relâchons pas en son absence. Non, je ne pleure pas, j'ai juste une poussière dans l'oeil.

08 avril 2009

IG Magazine

Vous vous souvenez de Gaming ? Bien sûr que non, bande d'ingrats. Le texte que j'avais écrit à la mort du magazine date de 2004, scrogneugneu. Comme dirait Michel Rocard, retrouvons le contexte politico-économique de l'époque : les éditions Hachette Filipacchi revendent leurs magazines de jeux vidéo, dont Joystick et Joypad, aux éditions Future Media, récemment rebaptisées Yellow Media. Sentant le mauvais vent venir, les équipes de ces magazines cultes font leurs valises pour aller fonder leurs propres feuilles de chou. Les ex-Joystick vont ainsi créer Canard PC, et les ex-Joypad vont faire Gaming.

Dites donc, on parle beaucoup de presse papier dans cette colonne ces derniers temps...

Gaming était une véritable exception, ne serait-ce que parce qu'il cassait le clivage PC/consoles en parlant des deux. Sur du beau papier, avec un jeu complet offert et pour seulement quatre euros (!). Des articles chiadés, une mise en page nickel, de grandes images pas pixellisées car pas pompées sur le Net, et même du rétrogaming ou des gens de feu Player One.

Ca a tenu six numéros.

Pour les raisons habituelles : secteur de la presse exsangue, moins d'argent qui rentre par rapport à celui qui sort, etc. Ne vous y trompez pas : la multitude de magazines que vous avez dans vos kiosques sont tous édités chez Yellow. Quelle indépendance de la presse quand un seul annonceur peut mettre sa pub dans tous les magazines avec un seul chèque, ou les retirer à cause d'un seul article déplaisant ? Pourquoi croyez-vous que ces mags sont écrits en "marque blanche", c'est à dire avec des articles non signés ? Pour pouvoir aisément remplacer les rédacteurs d'une rubrique d'un numéro à l'autre. Il y a eu quelques tentatives d'indés : GameFan/RetroGame (où j'ai occupé quelques pages), Canard PC est toujours là, et maintenant, IG, édité par Ankama. Notons par ailleurs que le "conflit d'intérêt" d'un éditeur/développeur de jeux éditant son mag' est très bien géré ; on trouve à peine une petite référence logique et censée de Dofus dans un dossier sur les MMO et pas un gramme d'auto-promotion.

Pas besoin de présenter Ankama, exemple par excellence de success story française, obscènement riche grâce à Dofus. A chaque fois que je passe dans une convention où ils ont un stand, les autres exposants hallucinent sur le ton "mais d'où ils sortent tous ces sous". Ils sauvent Nolife, ils font leur propres dessins animés et bandes dessinées, et voilà qu'ils pondent leur propre magazine de jeux vidéo (Dofus Mag excepté), même qu'il y a Street Fighter IV en couverture.

Sans oublier Amusement, autre cas assez étrange dans la presse geek.

Je vais faire simple et concis : nous avons là Gaming saison 2. A 8,5€, mais il n'y a pas de pub. Les deux magazines est strictement identiques (à part une taille plus petite), et c'est magnifique. On retrouve même quelques noms d'un mag' à l'autre ! Le même sérieux, les mêmes illustrations magnifiques-pas-pompées-sur-le-net, des maquettes très proches, toutes les plates-formes (consoles, PC, rétrogaming, téléphone) sont abordées... Chez Ankama aussi, ils devaient avoir gardé leurs six numéros sur le bureau.

Et comme dirait Pépin, bref : quand de super magazines avaient mordu la poussière, je m'étais mordu (moi aussi) les doigts de ne pas avoir essayé de faire mon petit effort pour leur filer un coup de patte - par exemple, en vous en parlant. Voilà qui est fait. Achetez IG.

 

Pendant ce temps : Ca fait combien de temps que vous n'avez pas vu une AMV ? Ca fait des mois, hein ? Un gentil lecteur m'a fait découvrir une vidéo de son pote Nostromo, que vous pouvez mater ici et télécharger en HD par là (et tous les animes utilisés sont indiqués dans le making of). A moins de ne pas aimer la musique électronique, ça devrait vous plaire. Petite précision : il a gagné le concours international d'AMV de Japan Expo 2008 avec ça - conservant sa ceinture de 2007 obtenue avec cette vidéo. Si je vous en parle, c'est parce que c'est à des années-lumière des horreurs faites avec des fansubs et une version piratée d'Adobe Premiere, et aussi parce que je me suis déchiré la rétine devant la qualité du bousin.

Le saviez-vous ? La vanne sur Pépin le Bref me vaut une interdiction de territoire dans quatorze pays.

01 avril 2009

Un nouveau magazine dans les kiosques : Made In Blogchan !

Suite à mon article sur Made In Japan, les commentaires négatifs ont fusé. Le sous-entendu étant comme toujours le même : si t'es si bon que ça, t'as qu'à créer ton propre mag' avec les autres gens de Blogchan et Sama. Okay. Voici un aperçu du site web, plagié inspiré sur celui de la référence Made In Japan :

Nous sommes déjà en mesure de confirmer que nous avons plagié Pazu, FFenril, Axel Terizaki, Fab, Aяez, Sonocle, Jan Relv et Aer.

 

Mise à jour du 2 avril : Ce poisson d'avril est d'autant plus rigolo qu'il a failli exister ; il y a quelques mois, les gens du webzine iPomme avaient contacté divers auteurs de blogs d'animes pour participer à un projet similaire dédié aux otakus. Faut dire que la plupart des choses qu'on lit maintenant sur nos deux aggrégateurs fétiches pourraient largement être publiés tels quels dans la presse, donc c'est carrément viable comme concept... Cependant, je leur avais répondu que les auteurs qu'ils démarchaient avaient déjà leur propre site pour diffuser de la prose, et qu'ils pourraient tout au plus espérer des contributions occasionnelles de la part d'auteurs fort occupés et/ou flemmards avec leur cuisine à eux. Ca devait s'appeler Anipah, ça a coulé corps et biens sans sortir le moindre numéro, et la seule trace qu'il en reste, c'est une pauvre mention sur un blog. Un peu comme un certain magazine papier d'ici quelques mois, quoi.

31 mars 2009

Made In Japan

Autant ce site porte mon pseudonyme, autant je m'efforce de ne pas y raconter ma vie. Nan, vraiment : fut même un temps où les phrases tournaient comme des toupies pour ne pas trop utiliser la première personne du singulier, à l'instar de celle que vous lisez en ce moment. Y'avait des articles entiers comme ça à l'époque. 

J'écris cet article sur un banc de la Gare de Lyon à Paris, attendant le train du retour après le week-end chez Axel. J'ai froid au cul.

Ne pas trop raconter sa vie, donc. Par exemple, j'ai déjà écrit pour des magazines en papier, mais l'éditotaku ne contenait pas pour autant un gros message vous encourageant à acheter lesdits mags - peut-être parce que j'y tenais une rubrique dénommée "Ecchi!", mais c'est un autre débat que celui-là. Ainsi donc, je porte malgré moi la double casquette d'éditorialiste sur le Net (autrement dit, blogueur glorifié) et de journaliste papier (autrement dit, pigiste sous-payé). Rien de bien spécial dans un monde paradoxal où le papier à nouvelles tente de ne pas disparaitre trop vite face au Web, tout en y cherchant ses plumes.

La preuve : un rédacteur dans le troisième numéro du magazine Made In Japan me cite nommément dans un dossier sur Lucky Star, rapport à cet article. Merci, plume anonyme trouvée sur Internet, c'est très gentil de reconnaître mon éditorial. Je t'aurais bien renvoyé l'ascenseur en te faisant une référence dans un de mes articles, mais tu as décidé de rester dans l'ombre. Solidarité entre les blogueurs journaleux, fondée sur le respect des fans que nous sommes : tu écris par passion, un monsieur avec des sous te repère, et ainsi légitimé par le noble papier, tu aides ceux qui sont toujours dans l'ombre du Net. Tu n'oublies pas tes origines. Tu sais que tu restes un petit con avec une machine à écrire et pas un de ces Journalistes Totaux qui se la racontent parce qu'on les trouve en kiosque. Qui que tu sois, tu restes un commentateur. Avec un joli micro, certes, mais c'est pas toi sur la pelouse. Un peu d'humilité, que diable.

A votre avis, pourquoi je fais le con avec une peluche au lieu de frimer devant la caméra quand je fais des vidéos et des photos ?

Journaliste, blogueur, observateur, ne sont que yeux et oreilles pour un lectorat qui a confiance en eux - et dans le cas d'un magazine, un lectorat qui paie pour cela. Quand ils donnent leur avis pourri sur le dernier Super Mario avec une jolie note sur 10 (forcément un 8, c'est passe-partout et ça blesse personne) après un test graphismes/musique/jouabilité, ça ne leur donne pas le droit d'écrire des "messieurs de chez Nintendo" ou des introductions relatant leur dernier passage chez la boulangère qui a de belles miches, mdrlol mon humour est trop classe c'est pour ça que vous m'aimez chers lecteurs, venez m'écrire des mots doux sur le forum et laissez-moi effacer vos messages trop critiques. Ca semble évident, mais c'est pas compris par tout le monde : quand ils relatent une rencontre avec une star, ils n'en deviennent pas une par procuration. A partir du moment où un journaleux croit qu'il passe avant son sujet, il devient automatiquement un bouffon. Et plus il est petit, plus la tartufferie est grosse.

Un gros poisson dans une petite mare / Le roi des fourmis, le prince des sous-fifres / Un gros poisson dans une petite mare /  J'te parle de bluff, d'excès d'orgueil, d'abus de pouvoir / Un gros poisson dans une petite mare / [...] On trouve toujours plus fort que soi, c'est ça la morale de l'histoire ! (*)

A quoi bon toutes ces digressions ? Simple : l'article de Made In Japan cité supra n'est que le plagiat éhonté d'un article de FFenril. Page 21 :

Le texte qui ne vient pas de son site a été volé sur anime-kun. Un copier-coller fougueusement accompli par une personne à qui on avait laissé sa chance : tu veux écrire dans mon mag' ? Tiens, voilà des pages, je te fais confiance. En tant que blogueur glorifié (ou lecteur de tel), on a le droit d'être écœuré par le geste de quelque connard pseudo-passionné qui encaisse un chèque en volant le travail d'un passionné. En tant que pigiste sous-payé, on a tout autant le droit de vouloir saigner comme un porc ledit connard qui salit ainsi la réputation de ses collègues, alimentant le circuit des critiques sur la profession (tous pourris, inutiles, dépassés). Imaginez donc mon état de de blogueur/journaleux face à ce navrant fiasco !

Quand on voit que ça sort en même temps qu'IG, on se dit que le Yin et le Yang existent vraiment. Achetez IG.

Doit-on savoir qui est la brebis galeuse dans l'équipe de Made In Japan ? Non. Elle a choisi l'anonymat parce qu'elle devinait qu'elle se ferait gauler, mais que son rédacteur en chef serait assez con pour publier l'article. Ledit rédac'chef (Djoher Khaled, alias Shade) a accepté que le texte ne soit pas signé, pourrissant ainsi la réputation de toute son équipe - vu qu'on ne peut pas deviner qui est le vilain petit canard. Equipe sur laquelle plane maintenant un doute bien puant. Et rédacteur en chef qui observe un silence de mort envers FFenril (et les lecteurs) qui lui demande(nt) des explications, fort légitimes au demeurant. A partir de maintenant, il perd à tous les coups : si le prochain numéro ne contient pas d'excuses, le Net se chargera de propager le gospel d'un magazine voleur de prose. Si on y trouve un erratum, il sera forcément moins voyant qu'une publication judiciaire (qui ferait suite à un rendez-vous chez le juge et un versement de dommages et intérêts), mais nourrira tout autant le puant doute chez les lecteurs toujours présents. Et ne me répondez pas qu'il était impossible de découvrir le plagiat, vu qu'en tant que secrétaire de rédaction, j'ai déjà repéré et stoppé quelques repompes dans des textes qui allaient partir à l'impression. Non, je ne mérite pas une médaille pour ça ; je faisais juste mon boulot avec un tant soit peu d'intégrité. Ouais, même en écrivant des articles sur les jeux vidéo hentai.

Une bande de geeks qui se fait plagier par un éditeur qui se croit tout permis... ça ne vous rappelle rien ?

En même temps, de quelle intégrité journalistique pouvons-nous bien parler ? Made In Japan contient des actualités sur les équipes de fansub (en mettant les sites web !) dont le travail est parfaitement illégal mais tout juste toléré. Les séries abordées ne sont pas licenciées ? Qui nous dit que des éditeurs ne sont pas en ce moment même au Japon en train d'en négocier les droits, et que ce genre de connerie n'aide pas à améliorer les relations de travail ? Mais ça aussi, c'est une évidence pas forcément intégrée par tout le monde. Le magazine présente des équipes avec leurs projets en cours de traduction, sous ce chapeau en page 34 :

Evidemment, ces extraits du magazine tombent sous le droit à la citation.

Car bien sûr, les éditeurs "attaquent"  de façon "répétée" les pauvres fans sans défense. Ces éditeurs qui négocient des licences avec un pays à l'autre bout du monde, travaillent avec les auteurs, les font venir en France, traduisent avec soin, bossent avec les chaines de revendeurs pour qu'on trouve aisément nos œuvres favorites, sont les méchants. Là encore, doit-on répéter que sans leur boulot, les otakus français auraient autant de place dans les médias et les rayonnages que les fans de Bollywood ? Et acheter les DVD, ça sert juste à avoir un "joli coffret sur son étagère", pensez-vous, ça ne sert pas du tout à rémunérer l'auteur original et toute la chaine de fabrication ; ça, ce sont les gentils fansubbeurs qui reversent l'argent de leur GoogleAds aux studios japonais. Certaines équipes commencent d'ailleurs à réaliser que ce coup de projecteur n'est peut-être pas le bienvenu...

Car quelle sera la réaction de Kaze ou Dybex ? Sur le site officiel du magazine, Beez est cité en partenaire du bousin. Surtout que l'ignorance vire à la stupidité quand le rédacteur en chef s' "étonne de voir qu'aucun magazine ne parle de ce mouvement qui a longtemps existé". C'est vrai ça, pourquoi Joystick ne donne pas de lien vers des sites de warez ? Pourquoi Le Monde n'explique pas comment fabriquer des bombes artisanales dans un article sur le terrorisme ? En vantant haut et fort les mérites du fansub, Made In Japan se prend-il pour Robin des Bois ? Au moins, ce dernier avait l'intelligence de rester dans l'ombre, comme chaque voleur qui se respecte. Imaginez le carnage quand même le petit Jean-Kevin qui n'utilise Internet que pour jouer à Counter-Strike 1.6 découvrira qu'il peut télécharger les derniers épisodes de Narouteau... Le retour de bâton s'annonce douloureux. Les éditeurs de DVD vont réaliser que leur tolérance a légitimisé cette activité au point qu'elle soit newsée dans un magazine en papier ; ça ne pourra que les encourager à serrer la vis et cesser d'être aussi indulgents. Made In Japan, tueur de la trêve entre éditeurs et fansubbeurs ? Quel service rendu à ces derniers ! Tout ça par manque de discrétion de la part de quelques voleurs qui ont voulu qu'on achète leur magazine ! Ah, s'ils avaient été aussi malins que le pauvre con qui a plagié FFenril, ils auraient au moins fait une chose intelligente : rester anonymes.

Fin du coup de gueule. Maintenant, on passe à l'action.

Made In Japan est un résumé de tout ce qu'il y a de pourri dans le fandom français : des fansubbeurs qui se prennent pour les rois du pétrole, des grimauds qui se croient tout permis parce qu'ils sont édités en kiosque, et un travail de "journalisme" indigne d'une gazette de collège. Qu'on ne me parle pas d'indulgence envers un magazine qui débute, vu que sa publication est dirigée par un ancien de Japan Vibes, donc assez au courant des pièges à éviter. Made In Japan doit disparaître, ne serait-ce que parce qu'il enfreint la loi sur les droits d'auteur et incite au piratage

Primo, FFenril et anime-kun doivent obtenir des excuses en bonne et due forme. Il semblerait que le sus-cité Djoher Khaled ait consenti à un mea culpa dans le prochain numéro, mais on attend de voir. Les mails de FFenril sont actuellement restés lettre morte ; à notre tour de le contacter. M. Khaled a cru bon de laisser son MSN perso sur le Net, mais ils peuvent également être contactés sur redac@madeinjapanmag.com , et leur service presse (?) est chez presse@madeinjapanmag.com.

Primo bis, la rubrique faisant la promotion du fansub et présentant les éditeurs de DVD comme de grands méchants loups doit disparaître et laisser place à un article documenté (pourquoi pas auprès des éditeurs) expliquant les dommages occasionnés par cette activité. AnimeLand a bien fait ça dans son numéro 137 et ne s'en porte pas plus mal.

Secundo, le magazine n'est pas vendu qu'en kiosque : on le trouve également chez de bonnes boutiques assez sympathiques pour accepter de vendre leur feuille de chou. Cependant, ils n'ont peut-être pas eu le temps de lire le mag, et ignorent qu'ils sont ainsi complices d'une revue plus que suspectée de vol de propriété intellectuelle... Si vous en êtes clients, contactez ces magasins pour leur dire de vérifier ce qu'ils vendent en regardant les fansubs en page 34, ou faites-leur comprendre que vous ne risquez pas de consommer chez eux s'ils acceptent de collaborer à une telle mascarade :

  • Asian Alternative, Paris 3ème (01 42 78 92 68),
  • Manga Café, Paris 5ème (01 43 26 50 04),
  • Manga Toys, Paris 11ème (01 48 06 79 00),
  • Toystar, Paris 12ème (01 43 72 06 66),
  • Manga Shop, Paris 12ème (01 48 05 06 08 - attention, ils vendent du HK).

Manquerait plus que de bonnes échoppes un peu trop gentilles soient ennuyées parce qu'elles ont voulu faire confiance à un petit nouveau. Tout comme un certain rédacteur en chef qui a couvert le vilain moine copiste, tiens.

Tertio, en parlant de confiance : si vous vous êtes abonné, il est temps de leur prouver que leurs conneries ont un prix. La résiliation d'abonnement se fait sur abon@madeinjapanmag.com.

Quarto, certains rédacteurs sont également membres d'associations de fans comme BulleJapon ou Sohei. Là encore, nous avons affaire à des fans qui ont collaboré à ce mag, apparemment sans vraiment comprendre que ce dernier fait la promotion du téléchargement illégal d'oeuvres aimées et soutenues par leurs associations. Certains pigistes de BulleJapon sont d'ailleurs en plein "damage control", se désolidarisant du magazine à vitesse grand V et arguant que la réputation de leur association ne doit pas être entachée par ces guignols. Cela, il n'y a qu'une seule façon de le prouver : en coupant les ponts. Si vous connaissez ou faites partie d'associations ayant travaillé ou ayant été contactées par Made In Japan, boycottez le magazine. Si vous faites partie du staff d'une future convention, vous pouvez les mettre sur votre liste noire, à coté des vendeurs de contrefaçons. Vous ne voulez pas avoir une quelconque relation avec des gens volant les articles de visiteurs que vous êtes censés servir et piratant les animes que vous êtes censés promouvoir, n'est-ce pas ?

Quinto, faites passer le message. Faites travailler le bouche à oreille sur votre propre site, auprès de vos boutiques habituelles et de vos potes. Comment un magazine peut-il prétendre aimer des œuvres tout en expliquant comment les voler ? Comment un magazine peut-il prétendre être sérieux quand des pages entières sont bourrées de fautes de français ? Ou que le plagiat d'un dossier présenté en pleine couverture est si évident qu'une simple relecture aurait permis de découvrir le pot aux roses ? Comment un magazine peut-il prétendre être écrit par des passionnés quand on y lit que Hiromu Arakawa est le "papa" de Full Metal Alchemist, alors que c'est une femme ?!

Reste à savoir comment les gens de Made In Japan vont réagir. Vont-ils faire la politique de l'autruche ? Vont-ils hurler au scandale ? Vont-ils faire amende honorable et revoir leur copie ? Parce que c'est ainsi que Soleil a réagi ; alors que nous râlions contre l'édition française de Welcome to the NHK, le directeur de collection était passé pour nous assurer que la réédition serait de meilleure facture. Résultat, leur boulot a été récompensé sur ce même site quelques mois plus tard. Parfois, c'est pas grand-chose d'améliorer sa réputation face à des fans (clients ?) qu'on croyait dégoûtés...

Car notre réaction de dégoût et de révolte est légitime. Elle vient de passionnés face à des gens qui prétendent être des leurs, sauf qu'ils se servent dans le garde-manger et piétinent la pelouse. Et quand on leur demande des explications, ils font la sourde oreille. Soit ; nous crierons plus fort. Marcel Pagnol a écrit dans Marius : "l'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois". Celui de Made In Japan n'aura pas fait long feu.
 
 
Mise à jour du 20 mai 2009 : Georges Bastos, le directeur général de Made In Japan, répond dans les commentaires.
 
 
Plus d'infos :
- le sujet sur le forum jeuxvideo.com qui a découvert le plagiat,
- le sujet sur le forum mata-web où un pauvre pigiste tente de recoller les morceaux,
- le sujet sur le forum anime-kun et leur news,
- l'article de FFenril en réaction à la repompe,
- une interview vidéo du rédacteur en chef, Djoher Khaled (alias Shade, qui a écrit le texte sur les fansubs scanné plus haut),
- en ce premier avril 2009, les blogueurs français répondent : après Made In Japan, voici Made In Blogchan !
- (si vous avez d'autres liens, donnez-les dans les commentaires !)

22 mars 2009

Désistement

Pour cause d'Axel Game Center se déroulant à l'autre bout de la France, je ne serai pas présent à la session IRC hebdomadaire,ce soir dès 21 heures sur #editotaku@irc.worldnet.net. Axel Terizaki assurera l'intérim de l'administration pendant que je rejoindrai mes pénates ; postez des photos d'iguanes pendant mon absence. Bonne semaine à vous, et merci de votre fidélité !

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