05 décembre 2004
Question d'apparence
Microsoft a besoin de programmeurs pour arriver à ses fins. Et Microsoft sait que s'il se mettait à les attraper avec des filets pour les coller dans un aquarium et faire décortiquer leurs cerveaux par des robots à tentacules, ça finirait par se voir. Alors Microsoft part à la chasse aux cerveaux; ça consiste à les prendre jeunes et pauvres, puis les repérer en leur mettant une ridicule enveloppe de cash sous le nez (10000$ suffisent, une crotte de nez comparé aux finances de la boîte). Pour camoufler un peu les ambitions, il ne manque qu'une bonne campagne marketing bien ciblée, à savoir orientée "étudiants en informatique qui s'habillent en prenant le vêtement au sommet de la pile". Collez quelques affiches dans les universités du monde entier et attendez: le piège est posé. L'année dernière, MS avait fait un concours de programmation de robots, puis envoyé les finalistes au Brésil - les gagnants étaient des français, mais l'histoire ne dit pas s'ils ont couché avec des femmes du coin qui s'avérèrent ensuite être des hommes. Maintenant, la firme au menu Démarrer récidive, et c'est pas triste.
Comme la dernière fois, ça s'appelle Imagine Cup, y'a pas de catégorie KOF mais quelques milliers de dollars à la clé. Par contre, y'a une catégorie "Visual Gaming", où l'on doit programmer une Intelligence Artificielle. Notez que le site officiel est hébergé sur TheSpoke.net, la plate-forme de blogs de Microsoft dédiée à ses employés (toutes les questions à l'inscription "pour mieux vous connaître" sont à propos de vos compétences en programmation, hilarant). Ca donne un côté jeune à l'entreprise, c'est sous-traité par une bande de pignoufs qui ne sont pas foutus de faire de l'ASP correct, et le site génére des cookies dont la taille ne se mesure plus en octets mais en grammes (gros comme ceux avec du chocoloat, quoi). A l'heure où j'écris ces lignes, la version française du site est composée de douze membres.
Mais je m'égare. Ladite catégorie "Visual Gaming" a donc un habillage qui va intéresser la deuxième partie du lectorat de l'éditotaku: manga! Cette année, Microsoft envoie ses finalistes à Yokohama. Roooh, je vois déjà les étudiants en informatique et autres épitéens qui arrêtent de rigoler de mes vannes débiles sur la boîte à Billou, ouvrent discrètement le site du concours dans une autre fenêtre et s'imaginent déjà réaliser leur fantasme latent du voyage au Japon. Le voyage au Japon, c'est aux otakus ce que le voyage en Inde est aux pouffiasses, celles qui lèvent leur nez poudré de Jeune&Jolie pour sortir des conneries du genre "ah ouais, tu dois te préparer psychologiquement avant d'aller là-bas, c'est comme Séverine Ferrer quand elle est allée au Tibet quoi". Sauf que nous, on s'imagine envoyer 50kg de métal par la Poste pour faire un cosplay de Saint Seiya au prochain Comicket en espérant que les douanes sur place ne nous colleront pas illico en garde à vue avec fouille rectale au gant de latex. Pensez à moi si vous arrivez en finale... Microsoft, dans sa grande mansuétude de monopole américano-corporatiste au service du Capitalisme, a donc demandé à son département "Relations Extérieures" de situer son concours de programmation dans un univers manga. Le résultat est un jeu vidéo qui s'appelle Project Hoshimi, dont la phonétique ne manquera pas de faire rigoler les participants français et vietnamiens. Le reste déclenchera des crises de rire ou de nerfs (selon qu'on le prenne au second ou premier degré) chez ceux qui s'y connaissent en japanime.
Si vous ne voyez pas d'inconvénient à vous ouvrir les veines avec ce stylo-plume qui traîne sur votre bureau, je vous encourage vivement à regarder le premier épisode du "manga animé" (sic) trouvable sur le site. Sinon, je résume: une clone de Yoko Tsuno (purée que je hais cette bédé; les histoires se situant juste avant une apocalypse ne m'ont jamais réussi) bosse pour un clone du vieux de Rôjin Z, ce dernier étant un éminent professeur en médecine, gnagnagna, découverte révolutionnaire, gnagnagna, injecter des robots dans le corps humain, gnagnagna, personne ne le croit, et c'est là que ça devient fort, le mec, il s'injecte un virus mortel. Pas parce qu'il est dessiné avec un mégot de cigarette et que son assistante a une face de cul, mais parce qu'il veut prouver qu'il a raison. A ma connaissance, quand on est mort, on ne pense plus aux considérations du genre avoir raison ou tort, mais bon; il appartient à son assistante (à qui il a laissé une enveloppe où l'on lit "Hoshimy": ils sont pas foutus d'écrire correctement le nom de leur propre projet) de le sauver avec la fameuse invention. On a donc le scénario du nanobot envoyé dans les veines du malade; l'histoire de SF ultra-basique qu'on retrouve dans tous les films de série B diffusés en deuxième partie de soirée sur TPS. Je passe sur les détails: la demoiselle va chercher de l'aide en partant sur sa moto (repompée sur Akira), rencontre un type dans un immeuble et lui parle dans un bureau avec son casque toujours sur la tête, etc.
Reste à voir les réactions que ce genre de délire va recueillir, si l'on excepte les raton-laveurs rigolards. Le programmeur otaku passera son chemin parce que la campagne est quand même offensante envers les fans (ou peut-être qu'il s'inscrira, parce que bon, voyage au Japon quand même). Le programmeur lambda se verra renvoyer son idée stéréotypée des mangas, bandes (mal) dessinées pour ados immatures, et retournera se servir du café pendant que sa bécane compile le dernier build de la Gentoo (ou peut-être qu'il s'inscrira, parce que bon, les japonaises ont la réputation de pas être farouches quand même). Surtout que le principe de l'IA à programmer implique de comprendre le charabia inventé pour l'occasion; je ne résiste pas au plaisir non dénué de sadisme de vous montrer un extrait du tutorial: Voici les différentes étapes que nous suivrons: 1, Création de nano-collectors pour collecter les molécules d’AZN et les transférer aux nano-needles. 2)Création d’un autre type de nano-collectors (appelé Protectors) qui défendront vos nano-robots des globules blancs. 3)Enfin, le nano-AI construira des nano-needles sur les points Hoshimi. Vous avez dû remarquer par vous-même que vos ennemis sont des globules blancs, alors que le but est de sauver la vie du gars... Grandiose, non?
Enfin bon, tout le monde s'accordera au moins sur un truc cool: Microsoft vous offre une version complète et non limitée dans le temps de Visual Studio .Net 2003 - 2500€ quand même. Il suffit de subir une inscription au passeport .Net, puis une autre à TheSpoke, puis une mise à jour vers la version Premium de TheSpoke, puis au concours Imagine Cup, puis d'envoyer un scan de carte d'étudiant (périmée de préférence) à une adresse mail américaine - sachant que le formulaire prévu à cet effet n'a pas l'air de marcher - et d'attendre deux ou trois jours le temps qu'un humain arrête de rigoler devant votre photo et se décide à appuyer sur un bouton. Je vous passe les étapes suivantes, consistant à signer un contrat avec votre propre sang pour avoir accès au transfert sécurisé du logiciel ou l'installation proprement dite, qui est une des plus longues de l'informatique moderne. Entre nous, même si ces efforts valent bien 2500€, c'est quand même bien généreux de la part de Microsoft... Ca cache quelque chose. Pourquoi je dis ça? Peut-être à cause de la réputation sulfureuse de la compagnie. Entre ça et le look de leur concours, tout se résume finalement à une question d'apparence.
Par Raton-Laveur le 05 décembre 2004, 23:27 - Général 23 commentaires
03 décembre 2004
GameFAN 6
La voilà enfin, la nouvelle formule maintes fois annoncée, conçue à partir du feedback des lecteurs et à temps pour Noël! Sauf que finalement, peu de choses changent au premier abord: le look du magazine est le même, les rubriques ont peu changé et oulà, Ghouls'n Ghosts est présenté sur la couverture comme ayant plusieurs goules mais un seul fantôme. On s'en fout, elle est vraiment belle, la couverture. On tourne la première page: deux éditos pour une passation de pouvoir, une deuxième correctrice qui ne change pas grand chose ("Splinter Cell 3 Chaos Théorie", hu hu hu), pas de pub' en deuxième de couverture, et Olivier Gilbert est toujours dans la liste des actionnaires (mais il est pas fauché pourtant?). Enfin, l'arrivée de la publicité est, euh... Ben en fait, il y en a toujours aussi peu. Il paraît qu'une régie publicitaire a été contactée (cf critique du GF4), mais on voit pourtant une invitation à contacter la rédaction pour louer la page 58... Avant de passer à la viande, dernière remarque sur la "première impression": le magazine devient de plus en plus difficile à trouver. Après avoir visité plusieurs maisons de la presse (non, je vis pas dans le Larzac) le jour de la sortie, les listings de livraison indiquaient tous que chaque établissement n'avait que deux exemplaires - quand ils y avaient droit, car nombreux sont les récits sur le forum officiel des gens qui n'arrivent tout simplement pas à le dénicher.
La première différence est flagrante: tout est plus long. Les rubriques passent à des formats 2, 4 ou 6 pages, pareil pour les tests et les dossiers. C'est vraiment agréable et on ne sent plus le texte "étriqué" écrit par un rédacteur qui n'a pas assez de place, ce dernier pouvant donc étoffer sa prose; on le voit tout de suite sur le dossier à propos des jeux musicaux (au fait, Dancing Stage Euromix a été vendu avec le tapis, contrairement à ce qu'on y lit) ou dans l'excellent Emergency Broadcast sur TV G@ME, une exposition passée inaperçue au milieu de l'été. Tout cela a un prix: les deux pages "GameHeure" de frédéric b(arre) passent à la trappe. Ce qui, vous l'avez deviné, est une phrase de liaison pour le Fred B du mois!
Ce mois-ci, faute de GameHeure, FB doit se contenter des News (partagées avec "Prince de Ouji", ah les ravages de Katamari Damacy) et du test de Metroid Prime 2 Echoes. Dans lequel il récupère ses captures d'écran sur le Net (comparez celle en page 49 avec ça, page 47 avec ça, le reste est trouvable dans le site ou les dossiers de presse Nintendo), nous dit que "le mal est partout, à 360° voire plus" (merci aux cours de géométrie de l'école primaire), et nous apprend que le dark beam est purificateur alors que le light beam est annihilateur (information que je n'ai pas pu vérifier puisque moi non plus, je ne vois pas les couleurs)... Petite baisse de régime, sûrement dûe à un petit virus en ce mois de décembre.
Pour les autres tests, on a un article original sur le tout aussi spécial et nouveau Made In Wario, un point de vue sur le jeu-qui-passerait-sinon-inaperçu (ce mois-ci, c'est Neo Contra, yay), un Asenka qui parvient à nous convaincre qu'un Dead or Alive est enfin digne d'intérêt (exploit), et un test de Halo 2, longue fellation de 4 pages qui laisse le lecteur interrogatif: si c'est si bien que ça, pourquoi il n'a pas eu 10/10? Et pourquoi les défauts rares mais bien présents du jeu ont été ignorés? Il n'empêche que la rubrique des tests de ce mois-ci est un bon guide d'achat de Noël, même s'il manque quelques gros titres (que des jeux EA en fait, pas besoin de les citer). Et enfin, c'est plus équilibré que les numéros précédents qui n'en avaient que pour la ps2.
En ce qui concerne la ligne rédactionnelle, on reste toujours dans un flou assez étrange. La rubrique "Techno Bazar" confine à l'incompréhensible, le "Journal d'Aliasaka" est toujours disert en blablatages inutiles (et sérieusement mec, passe à Firefox), on voit un quart des tests de DOAU ou Halo 2 rien que pour raconter les scénarios (qui n'en demandent pas tant pour des jeux pareils!)... GameFAN est-il pour les casual gamers ou les hardcore gamers? Il semble régulièrement tenter un impossible grand écart pour plaire aux deux audiences. Personnellement, je m'en tiens à ce que j'ai laissé transparaître en répondant au sondage: les publications pour M. Tout-Le-Monde ou M. J'ai-découvert-les-jeux-vidéo-avec-la-psx (généralement, le frère de Miss Final-Fantasy-VIII-est-le-meilleur-jeu-du-monde), y'en a plein les kiosques. Un magazine pour ceux qui lisent cette presse depuis Tilt et/ou ont découvert la masturbation avec Mai Shiranui, y'en a pas. GameFAN a un boulevard rien que pour lui dans ce marché; peut-être est-il temps de faire ce qui était annoncé dans l'édito du n°3 et définitivement larguer le public mainstream. Elitiste? Non: spécialisé.
Et pour tout ce qui est spécialisé dans ce numéro 6, j'ai adoré. La parodie des news de 1995 dans le magazine Rétro, l'analyse des moindres changements sur la conversion ps2 de KOF 2003, les catégories de chaque jeu dans Warp Revolution (Evangelion Girlfriend of Steel 2, genre: "kimochi warui" = crise de fou rire), la suite des articles de Captain Algeria sur les bornes d'arcade hétéroclites (j'arrive pas à te coincer, toi!)... Même le manga King of Gamers arrive enfin à bien taper dans le second degré. Je me demande quand même pourquoi il y a une censure sur certaines images et pas d'autres de la rubrique "Ecchi" (digne d'une couverture d' "Entrevue", avec des étoiles sur les lolos des madames); j'ai été le seul à regarder les pages licencieuses de Micro News 15 ans plus tôt?
Malgré tout, c'est toujours dingue que beaucoup d'informations soient prises sans vergogne sur le Net et que presque personne ne cite ses sources dans GameFAN; il y a tellement peu d'adresses Web qu'on croirait lire une publication du milieu des années 90. Pas un mot sur le site officiel (son adresse est à peine visible dans l'ours et à la dernière page), rien à se mettre sur la dent à l'intérieur de chaque rubrique si on cherche davantage d'infos sur un domaine ou un jeu précis, pas de sites d'import...
En conclusion, GameFAN 6 n'est pas une nouvelle formule mais une amélioration franche de l'ensemble du magazine. Il ne lâche pas les anglicismes à outrance pour autant, il devient difficile à trouver, il ne s'achète pas une conscience journalistique non plus (merci au sous-entendu manifeste sur la mort "prochaine" de la GameCube dans la news de ChibiRobo en page 8), les rédacteurs ne se font toujours pas planter des clous sous les ongles à chaque faute de conjugaison (dommage), mais il atteint une qualité suffisante pour mes exigeants critères d'éditorialiste frustré. Donc ça y est, maintenant je peux l'écrire: achetez GameFAN 6, c'est du bon!
Par Raton-Laveur le 03 décembre 2004, 16:46 - Jeux vidéo 7 commentaires
01 décembre 2004
Société de consommation
Canard PC et hors-série spécial matos Canard PC disponibles.
Pareil pour le GameFAN 6.
Et nous ne sommes que le premier décembre. Get out and spend money!
Edit: OMG! Scène de masturbation féminine dans l'épisode 7 de Gankutsuou!
Edit 2: Eirikur no hentai!
Par Raton-Laveur le 01 décembre 2004, 14:50 - Général 11 commentaires
30 novembre 2004
Bad Mojo - The Roach Game
Scénario: un pauvre type, entomologue de profession et avec une gueule vraiment sale, qui habite dans un motel-boui-boui-taudis du bord de mer de San Francisco, a l'intention de se tirer sous le soleil avec une valise pleine de fric volé à son labo. Précisons qu'il cherchait un insecticide anti-cafard, Graal impossible quand on pense que ces bestioles ont survécu à Hiroshima et Nagasaki. Avant de partir, il pense à un médaillon perdu dans un tiroir ayant appartenu à sa mère (le médaillon, pas le tiroir): shebam, pow, blop, whizz, viens dans mon jeu vidéo petit gamer, tu as été transformé en cafard.
On se déplace partout avec les quatre touches fléchées, clic sur la souris pour sauvegarder, et c'est tout. Le jeu est partagé en six salles qu'on peut visiter en passant de l'une à l'autre par la tuyauterie, et les énigmes consistent à se débarrasser d'un chat, influencer les actions des humains (faut bien ça pour ouvrir une porte ou avoir la paix) ou aider d'autres insectes qui nous fileront un coup de main à leur tour. Et il y en a, des bestioles dans le taudis qu'on explore: fourmis, limaces, rats, araignées... Ecartez les phobiques ou faites comme moi, chopez la trouille des insectes en y jouant. On se débrouille en poussant un mégot de cigarette sous une alarme à incendie, en restaurant un contact électrique (les cafards conduisent cette dernière, rappelez-vous cet épisode d'X-Files!)...On rampe d'un écran à l'autre, la vue n'étant pas forcément du dessus ou de côté; les décors (des photos ou images digitalisées assez dingues pour un format 256 couleurs) sur lesquels on se déplace donnent un sens de la 3D, par exemple quand on monte sur un frigo pour avoir une vue d'ensemble de la cuisine. On communique avec les autres créatures par télépathie, qui nous distillent des aides de jeu à travers des vidéos hallucinées, présages de ce qui nous attend. Le personnage apprendra beaucoup de choses en visitant les lieux, à travers des coupures de presse et objets rappelant des souvenirs. A ce titre, la traduction française hors doublage (ce dernier étant tout à fait correct par ailleurs) se contentait de mettre un petit chiffre dans un coin de l'écran quand on rencontrait du texte, invitant à se référer au manuel pour avoir la VF: simple et pas intrusif pour un sou. Les cinématiques ont une saveur "film de série B" tout à fait assumé sans être parodique. Donc techniquement, c'est du tout bon et ça explique pourquoi son remake peut trouver un public.
En ce qui concerne l'ambiance... Trippante. Vous imaginez bien que le jeu s'adresse aux plus grands, et au même titre qu'un Phantasmagoria ou un Sanitarium, il ne les déçoit pas. Le jeu vous garantit de bons sursauts avec un énorme rat sur un piège qui prend deux écrans (au tout début, en plus!), un poisson agonisant sur une planche à découpe qui vous livre ses derniers conseils, ou une excursion à l'intérieur d'un espadon empaillé où des termites ont emménagé et creusé un joli labyrinthe. Sans parler des aspirateurs, des lames de rasoir usagées glissées nonchalamment dans une cloison de la salle de bains, ou du chat qui passe d'une chambre à l'autre pour votre plus grand plaisir. Ah oui: je n'y ai pas joué depuis quelques années et je raconte tout ça de tête - c'est vous dire combien Bad Mojo laisse des souvenirs.
Vous m'avez compris: c'est un jeu à essayer absolument. Les énigmes ne sont pas trop compliquées, l'aventure est courte mais intense, et puis mince, on dirige un cafard. Pour y jouer, je doute que ce remake arrivera jusque chez nous (vais-je devoir importer un jeu pour PC?!), et ceux qui mangent de l'abandonware savent que ce n'est pas toujours simple de faire tourner les cinq ou six générations que le jeu vidéo PC a connu. Attendez, je sors la boîte (purée, qu'elle est belle) et je vous lis la config: 486 66Mhz, 8Mo de RAM, 20Mo de disque dur, lecteur CD 2X, affichage 256 couleurs, Windows 3.1 ou 95 (et au-dessus, bien sûr). En fait, la seule chose qui empêche de faire tourner la bête du premier coup, c'est que les vidéos sont au format QuickTime 2 - moi je dis, désinstallez les versions supérieures et fiez-vous à celle fournie sur le CD ou dépoussiérez le vieux PC de Tonton Eugène.
Omake! La bande-annonce de Bad Mojo! C'est le fichier d'époque, extrait du CD Gen4 n°87 (ça doit être un disque rare, on y trouve aussi une intéressante version beta de Duke3D). J'ai passé l'après-midi à le chercher et à encoder de façon potable ce foutu QuickTime (qui passe à 4Mo, Xvid pour l'image et Ogg Vorbis pour le son), alors regardez-la! Et lisez l'interview d'un des auteurs du jeu sur AdventureGamers pendant que vous y êtes.
Par Raton-Laveur le 30 novembre 2004, 16:19 - Jeux vidéo 3 commentaires
29 novembre 2004
En retard pour l'enterrement
Ah si, je me souviens, maintenant. En cherchant des infos sur les éditeurs de nos magazines de jeux vidéo. Comme quand Joypad/Joystick ont été lâchés par Hachette pour arriver chez Future. Et Génération 4? Ou plutôt Gen4, ou Gen4PC, ou que sais-je encore. En gros nostalgique utopiste, les numéros avec The First Samurai ou une disquette de démo Amiga/Atari/PC en couverture sont encore rangés sur une (grande) étagère, eux et leurs pubs dérangeantes (explications dans cet antédiluvien article, oh que j'ai honte d'avoir écrit ça). Ils sont là aussi pour une raison plus terre-à-terre, à savoir servir de référence quand on chine dans les magasins de jeux - tout ce qui est vieux n'est pas or. Génération 4 avait aussi généré Banzzai et SuperSonic, deux journaux grand format, couleurs et agrafes à l'époque des 16 bits (un pour Nintendo, un autre pour Sega). On s'était séparés peu après le scandale Tomb Raider 2 (jeu encensé avant sa sortie à Noël et démoli dans le numéro suivant de janvier), et la suite de leur histoire n'avait fait que confirmer mes doutes (porter aux nues le mode multijoueur d'un jeu dont la version testée n'avait pas de multijoueur; c'était Planescape Torment ou assimilé, je me souviens plus). On a ensuite eu des échos en début 2004 d'une grève dans l'équipe rédactionnelle à cause d'un changement d'éditeur, d'un renouvellement des journalistes, puis plus rien. Il paraît qu'ils sont repassés à une notation par pourcentages (après avoir mis entre 1 et 6 étoiles "parce qu'on fait pas la différence à l'achat entre un jeu à 90% et un à 91%", sauf que même le pire des jeux se tape toujours 75% ou 3 étoiles).
En cherchant un peu, le site web officiel émergea sur mon écran. Avec des news datant du mois d'août. Et un forum avec quelques sujets verrouillés sur le n°180 (septembre 2004): il y avait comme un trou dans le temps et pas d'explication. Explication que j'ai trouvée dans le /topic de leur channel IRC, renvoyant à cette page. Celle dont je parle au début de ce sujet. On y trouve le fameux n°180, téléchargeable dans son intégralité, comme un témoignage final de la dégénérescence du magazine pour tous ceux qui ne voulaient pas claquer 5,95€ pour le vérifier. C'est daté du 7 octobre, alors que les rédacteurs soutenaient même pas 10 jours avant que tout allait bien. Pas un mot d'adieu dans le texte, et à peine un au-revoir timidement esquissé sur la page. L'éditeur dans l'ours est "Gen4 Publications" et on trouve même une offre d'abonnement dans les pages de cet ultime numéro, c'est dire. Un forum amateur a été constitué par des fans (y'en a un qui a trouvé un sens à sa vie grâce à Gen4), qui ne font pas la différence entre le magazine "avant" (Génération 4) et "après" (Gen4). Ils pleurent sur un cercueil vide, chacun imaginant que leur presse d'hier ou d'il y a 10 ans est à l'intérieur, tel un soldat inconnu. Faut pas se leurrer: c'est pas un magazine qui meurt mais un nom - à l'heure actuelle, "Atari" n'est que l'étiquette internationale d'Infogrames et n'a rien à voir avec les plate-formes d'antan, là c'est pareil. Et j'arrive donc en retard. Planté seul devant un caveau, un numéro de Canard PC roulé sous le bras. Et je me souviens que quand Gaming est mort, j'étais bien plus triste.
Par Raton-Laveur le 29 novembre 2004, 13:40 - Jeux vidéo 3 commentaires
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