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21 novembre 2003

P'tite news en passant

(et merci à Dagnan de m'avoir rappelé que je devais vous en parler)

Gaming est sorti depuis quelques semaines déjà, et si vous voulez avoir le numéro 1, vaudrait mieux se dépêcher avant qu'il soit remplacé par un autre à la fin du mois (et on y est presque, à la fin du mois). Ceusses qui lisent la presse papier JV savent déjà que Joystick et Joypad ont changé d'éditeur durant l'été et que leurs équipes ont démissionné. Oui, un peu comme GameOne l'année dernière, et Marcus/Féthi/Greg et cie avaient pondu Playguide. Sauf que ça garde les relents phallophages de la deuxième moitié de l'existence de la chaîne (vous pouvez trouver la première ici), autrement dit la mauvaise. Genre, les notes anormalement élevées qui ne donnent pas du tout envie de payer pour lire de la publi-information, et Gen4 bouffe des kebabs, des bakchiches et des chiche-kebabs depuis plus de cinq ans. Quant au reste, c'est à peu près pareil, sauf que c'est écrit par des gens qui ont le même âge que les lecteurs (et ces derniers viennent à peine de passer la conduite accompagnée).
Donc, les anciens de Joypad/Joystick ont pondu Gaming (deu zeuros katreuvinndiss), qui se veut Consoles/PC. Et même qu'ils ont de grandes ambitions, au point de vouloir devenir le Edge français, rien que ça. Pour le pécé tout seul, la team Joystick va pondre un hebdo (Hebdogiciel's soul still burns!) qui s'appelle CanardPC - oui, le titre me fait rire. Voilà voilà, maintenant allez acheter ça (je viens d'avoir le mien, plus qu'à le lire), et si ça tient ses promesses, peut-être qu'on aura une raison de se remettre à acheter des arbres fraîchement coupés en fines tranches et peints en blanc, parce que pour l'instant, ça fait plutôt peur.

19 novembre 2003

Michel Vaillant

Ohhhhh, de la bédé franco-belge sur grand écran. Produit par mon grand ami Luc Besson, qui n'arrive toujours pas à se détacher du schéma super-gentil VS super-méchant (je vous l'accorde, pour ce coup-là il peut se le permettre: dans la BD c'est pareil).
Tout à l'heure dans Merci pour l'info, ils n'ont même pas demandé à Sagamore Stévenin s'il a lu la bédé. Ca me rappelle quand on avait posé la question à Milla Jovovich ou Angelina Jolie, si elles avaient joué à Resident Evil et Tomb Raider: réponse unanime, non ou alors elles sont très mauvaises. Paul Anderson et Simon West, réalisateurs, ont poussé la sincérité jusqu'à dire qu'ils n'y avaient jamais joué!
Pis Manu' Chain se tourne vers le producteur, en demandant un feedback de la première journée du film, sachant qu'on peut savoir rien qu'avec les séances du matin si ça marchera ou pas (et c'est vrai). Réponse gênée: “ah, c'est surtout avec le premier week-end en fait...” avant de dévier la conversation. Mauvais bouillon, surtout que dans le cas Vaillant, ses fans n'attendent pas la fin de semaine pour donner leur avis. Après tout, ce n'est pas pour rien si le film a fait son avant-première au Japon: pas complètement stupide, Luc Besson savait que la même chose aux States aurait fait un bide et qu'en Europe, le public principal aurait immédiatement été exposé aux critiques - surtout si elles sont mauvaises. De là à ce que Besson sache déjà que les avis ne seraient pas positifs, il n'y a qu'un pas que je franchis la tête haute.
Alors hop, direction le Japon! Le public est très réceptif, surtout quand on a beaucoup bossé avec Jean Reno qui est un demi-dieu là-bas. Si le film est une bouse, les accros de bédé franco-belge n'en sauront rien puisqu'ils sont anti-mangas primaires dans 90% des cas. N'essayez pas de me dire le contraire: 'suffit d'assister à un Cartoonist croisé avec Paris BD et voir les “nationaux” se moquer des cosplayers ou les flyers distribués dans leurs stands pour leur demander de pas trop rire des otakus. Mais je disgresse... Enfin. Quand vous verrez votre copain tout-fan-de-Vaillant-qui-sortira-tout-déçu, montrez-lui Initial D. Hummmm après réflexion, je pense pas que c'est une bonne idée^^.

18 novembre 2003

L'info circule déjà depuis une bonne semaine: Nintendo va sortir quelque chose en 2004 qui n'est ni une console de salon ni une portable.
La dernière fois que c'était arrivé, ça s'appellait le Virtual Boy et à cause de cette merde, Gunpei Yokoi (également créateur de l'UltraHand, du Game Boy ou de la croix multidirectionnelle) a fini sa vie seul et loin de Nintendo, traçant les mots “Virtual Boy m'a tuer” en kanjis de sang sur le bitume froid. Oui, je fais partie des persuadés que sans cette pustule rouge et noire, Yokoi serait actuellement en train de regarder des fourmis dans le jadin de Miyamoto en échangeant des anecdotes sur la naissance de Donkey Kong.

Nintendo n'a pas retenu la leçon. Je sais qu'on parle d'une console dont on ne connaît même pas le nom, mais je tenais à rappeller le précédent en la matière - surtout quand le VBoy se vianda si dur qu'ils n'en parlent même pas sur leur site Web. Mourir pour ça... Peace Gunpei, on t'oubliera jamais pour Metroid.

17 novembre 2003

En ce moment, Nintendo distribue gratos des dévédés promotionnels dans les magasins Micromonio qui font la pub des jeux de Nowel... Et il y en a une sacrée liste. La galette contient une cinquantaine de vidéos plus quelques-unes de titres prévus pour 2004! D'ailleurs, on peut aperçevoir Killer 7 en mouvement, un bestiau que je vois déjà comme le nouveau Rez (et c'est pas peu dire). En tout cas, un tel lineup pour la fin d'année à côté de la récente baisse de prix ne peut que confirmer que ceux qui n'ont pas de Cube et qui n'en veulent pas sous leur sapin ont besoin d'une chirurgie du cerveau; MS et sony ont du pain sur la planche s'ils ne veulent pas foirer le mois prochain. Comme ils n'arrivent pas à aligner le prix de la console, ils multiplient les packs DVD (j'ai déjà dit ce que je pense de cette idée) ou JV avec plus ou moins de bonheur.
D'ailleurs, le coup du DVD gratuit avant Noël, Microsoft l'avait fait l'année dernière. Sauf que contrairement à eux, Nintendo ne nous ment pas en montrant des jeux vidéo qui n'existent pas; croyez-le ou non, je crois qu'ils ont raison de faire ça.

15 novembre 2003

Pour 4 personnes

Prenez un kilo de pommes de terre et faites-les bouillir. Pendant ce temps, mettez deux verres et demi de lait dans une petite casserole et faites-le chauffer avec 75 grammes de beurre.
Quand les pommes de terre sont prêtes, épluchez-les (c'est plus facile après la cuisson mais ça chauffe les doigts) dans un saladier et réduisez-les en purée avec la méthode que vous préférez: la moulinette, le mixer, la fourchette, ou tout simplement la violence pure.
C'est fait? Ajoutez le lait et le beurre, et remuez: on a l'impression qu'on a mis trop de lait, mais c'est juste que ça prend du temps pour s'incorporer. Salez. Pour finir, vous pouvez ajouter un jaune d'oeuf et trois pincées de muscade ou de persil si vous en avez. Servez vite et chaud, ça refroidit vite (mais pas de problème pour le réchauffer).

Evidemment, ça se mange avec du jambon (haché ou en petits morceaux) et/ou du fromage rapé.

Oui, c'est de la purée de pommes de terre. Et alors? C'est largement meilleur que celle en flocons, ça coûte pas cher à faire et c'est rapide à faire pendant un week-end où on veut vivre dangereusement en faisant sa propre bouffe. En plus, ça change de la nourriture de célibataire ou ça impressionne votre conjoint(e) qui vous voit cuisiner pour une fois, surtout si c'est Miss(ter) Surgelé... Bon appétit, en somme.

14 novembre 2003

Battle Programer Shirase

Ou BPS pour faire court. Attention, anime daubesque droit devant!

Ca raconte l'histoire de Shirase, un informaticien de génie. Mais quand j'écris ça, je veux dire que même Neo, Shinji Mimura ou même Kevin Flynn passent pour des scripteurs IRC. Parce que notre homme, il peut taper sur six claviers à la fois, programmer sur un téléphone portable ou pirater un satellite... Hum, non: les auteurs ont dû se dire que même dévier la route d'un satellite, c'est trop facile. Shirase peut pirater trois satellites à la fois.
Il est accompagné d'une gamine qui joue sur le complexe-fantasme Lolita latent (sic) du spectateur, d'un vendeur de nouilles (!), d'une autre gosse de 10-12 ans qui est aussi une m4d h4K3r... Et c'est tout, si on ne compte pas les quelques “ennemis” récurrents (qui suivent le stéréotype de ceux qui ratent tout le temps leurs plans). Une belle brochette de losers avec une personnalité aussi profonde qu'une flaque d'eau, en somme.
Je vous raconte le premier épisode: un super-ordinateur a été volé, et on engage ze Battle Programmer Shirase pour désactiver l'engin avant qu'on s'en serve pour faire des choses pas catholiques. Vous savez comment il s'y prend? En l'espace de dix minutes et allongé sur un banc public, il pond un programme qui fait exploser l'ordi à distance. Sur un banc public? Ben oui, il a fait ça avec... un téléphone i-mode! Un beau spécimen d'uberkid, ma bonne dame! Un autre? Dans le deuxième épisode, il pirate donc TROIS satellites, les aligne et les fait tomber en synchro sur la Terre, tout ça pour causer un tsunami et arrêter un bateau.
Techniquement, c'est le désert. Les couleurs sont horriblement vaseuses, les seiyuus ne se forcent pas, un trait gras délimite les persos (esthétique très milieu-fin des années 80), l'animation est réduite au strict minimum... Tout ce qu'on peut sauver, c'est le générique de fin (qui taperait bien dans un DDR), et encore, je suis généreux. Scandale: chaque épisode fait 10 minutes et s'arrête brutalement, sans véritable transition ou fin de l'intrigue! Il est clair que c'était prévu pour un format 26 minutes et que pour une raison que je préfèrere ne pas connaître, BPS a été charcuté et distribué en 3 tranches hebdomadaires par épisode. Ca sent l'anime produit sur un coin de table de cuisine avec l'argent restant d'un autre projet...

12 novembre 2003

Call Of Duty

W00t! Call of Duty rocks da house!

C'est le nouveau jeu des auteurs des Medal of Honor, qui ont quitté les méchants gens d'Electronic Arts - qui les forçaient à presser la licence MoH comme un citron en sortant add-on sur add-on - pour Activision. Résultat, un jeu qui est tout pareil que Medal, mais en tout mieux partout.
La campagne solo est un plaisir de chaque instant. Vous vous souvenez du débarquement allié dans MoH, où on faisait pipi dans sa culotte tellement c'était cinématique et jouable? Tout CoD est comme ça. On retrouve les coéquipiers dirigés par script et par IA, les petites scènes éparpillées sur le champ de bataille, les objectifs secondaires ajoutés à la dernière minute... Vous vous souvenez de cet article où je crachais sur ces jeux qui vous sanctionnent si vous ne faites pas ce que les auteurs veulent? Ces gens devraient jouer à ça. Vos coéquipiers peuvent se faire farcir aux pruneaux et vous ne verrez jamais de game over. L'action ne vous prend jamais par la main et le jeu vous mène par le bout du nez sans qu'on s'en rende compte. Cinématique est vraiment le mot: c'est soigné, la musique symphonique est grandiose, on s'y croit, et les p'tits gars Infinity Ward doivent avoir une collection de DVD impressionnante. Par exemple, toute la campagne soviétique est la version vidéoludique d'Enemy At The Gates: l'arrivée sur le champ de bataille sans arme? Check. La mission dans les égoûts avec passage à la surface grouillante de snipers? Check. Baston sur la place rouge? Tout est là - il ne manque que Rachel Weisz.
Si j'avais eu le temps de rédiger l'article, j'aurais aimé le poster hier - pour commémorer le 11 Novembre. C'est vrai que ça peut sembler crade: mettre un jeu et une vraie guerre dans la même phrase... D'ailleurs, si on suit ce train de pensée jusqu'au bout, on aurait tous notre carte de membre chez familles de france. Seulement voilà: aussi incroyable que cela puisse paraître, les auteurs ont pris conscience de la gravité du sujet, et l'ont traité avec respect. A chaque mort, vous avez droit à une citation (on y trouve Churchill, Staline, Voltaire...) qui rappelle à la réalité. Faire un jeu réaliste, historiquement correct, beau, fun à souhait: y-at-il un meilleur moyen d'aborder un sujet, aussi délicat soit-il? On est à l'opposé de certaines bouses comme qui font l'apologie d'un massacre.

Alors, qu'est-ce qui cloche? Dans un monde de perfection, les (rares) défauts ressortent un peu. On ne peut ouvrir aucune porte, l'interactivité avec les décors est au zéro absolu, certaines textures sont un peu nazes, et le facteur recherche est complètement sacrifié face à l'action (si on vous dit de trouver quelqu'un, sa position est immédiatement indiquée sur la boussole: trop facile!). Call of Duty reste donc un quake-like des familles, où l'on ne vous demandera jamais quelque chose de plus intellectuel que tirer sur tout ce qui est fasciste. On s'en fout: CoD fait ça très bien. Le plaisir de jeu est omniprésent, l'immersion est impressionnante et ça ne demande pas la dernière carte graphique à la mode pour être sexy. Perfect!

11 novembre 2003

Déjà à l'époque, nous étions fous


(une page de pub dans un Tilt Microloisirs de Janvier 1992)

Et ce n'est pas le plus vieux qu'on puisse trouver dans ma bibliothèque, loin de là: j'ai des coupures de presse qui vous parlent de la ColecoVision si vous voulez. Ca nous rajeunit pas, mais la nouvelle génération (celle qu'on élève aux pokémons: ils peuvent avoir jusqu'à plus de 14 ans aujourd'hui) n'a pas idée de toute cette époque. Ben oui, je suis tombé sur un gamin qui m'a demandé qui était Dorothée.
On est en train de devenir les nouveaux “anciens”, ceux qui ont utilisé des numéros de téléphone à huit chiffres ou joué avec Solid Snake avant Metal Gear Solid. Nom d'un chien, matez cette page: à l'époque, les magasins Micromania se comptaient sur les doigts d'une main, le convertisseur Master System/GameGear se trouvait à tous les coins de rue (à l'heure actuelle, c'est un gadget inestimable, comme le tuner TV pour la même console), la Turbo GT était déjà inabordable, la Lynx avait des jeux... Et voilà le prix qu'on payait pour ça: alors que maintenant, on fait un scandale pour les 130€ d'un GBA SP (oui, la monnaie a fluctué, mais pas tant que ça en 10 ans).

Ca sert à rien que je vous parle du sommaire de l'époque (test de Gobliiins, de Robocop 3, de Civilization...) ou que je vous fasse le “c'était mieux avant”, d'autres sont payés pour ça. En fait, tout est dans le titre de cet éditorial: à l'époque, on avait déjà une case en moins. Aller chercher QuackShot en import à Micromania de la Défense via RER (la ligne 1 n'allait pas encore jusque là-bas)? Passer des nuits à chercher des codes Action Replay? Chercher un sens à la vie entre les changements de disquette de Monkey Island sur Amiga? Acheter plein pot des jeux qu'on peut trouver pour une bouchée de pain cinq ans plus tard? Y'a de quoi se poser des questions sur notre passion quand on relit ces vieilles revues. Et non, je suis pas - seulement - nostalgique.

Vous n'avez pas un air de déjà vu en voyant que les plus jeunes gardent les traditions? Pensez-y, nous avons tous une responsabilité maintenant; on se fait un meilleur futur si on connait son passé. Montrez-leur que quelque chose a existé avant les consoles de sony. Expliquez-leur qu'on peut mettre des cartouches en noir et blanc dans le GBA (surtout s'ils se demandent où sont passés les trois premiers WarioLand). Prouvez-leur que Metal Slug est l33t. Faites en sorte qu'ils ne deviennent pas des crétins lobotomisés sur SSX et Final Fantasy (8 et suivants)...

09 novembre 2003

Matrix Revolutions

Hop, vu. Evidemment, j'ai pas payé pour ça, mais c'est une autre histoire.
Première chose: ce film n'est pas aussi atroce que je le pensais. Meilleur que le deuxième, moins bon que le premier: la théorie des suites au cinéma appliquée à la lettre.
En soi, Revo est relativement simple: une première heure qui fait mal à la tête tellement ça philosophe sec, et une deuxième heure spécial baston - l'inverse d'End of Eva en fait. Pour la baston, on est largement servis, tels dix ans plus tôt quand nous étions en train de regarder des dinosaures courir après le docteur Grant; déjà à l'époque, c'était tout pour les effets spéciaux et rien pour l'histoire. Le tout se terminant sur une fin qui n'en est pas une, et c'est sûrement ça qui a énervé les critiques du monde entier. Basiquement, il reste des trous de scénarios gros comme une sentinelle, et contrairement à Evangelion où les auteurs connaissaient la réponse et avaient laissé des indices dans l'oeuvre, on sent bien qu'ils ont été ignorés comme une maladie honteuse (tout simplement parce que les scénaristes n'avaient eux-mêmes pas la réponse). Dans les deux cas, ça n'empêchera pas les fans de palabrer pendant des années sur ces “mystères”... Un exemple, sans spoiler: dans la bande-annonce, on voit Neo qui fait exploser des sentinelles (donc, dans le monde réel) juste en levant la main. Jamais dans le film, ces pouvoirs magiques seront expliqués.
En sortant de Matrix premier du nom, je pensais bien qu'il y aurait des suites: le scénario se limitait à nous dire qu'un gars découvrait que le monde n'était qu'un programme, puis son mentor se faisait kidnapper, il le sauvait et basta; Docteur Grant et ses vélociraptors ne faisait pas mieux. Mais au moins, il s'agissait de fins ouvertes, prêtes à se faire décortiquer par les fans, rallonger par les auteurs de fanfictions et copier par les autres cinéastes. Maintenant que la trilogie se termine ainsi, peut-être qu'on aurait dû se contenter des fanfics.
Scott Kurtz a écrit que ces fins auraient pu ne jamais exister; il a raison. En tant que suites, Reload et Revo sont franchement foireux. En tant que films, Reload était une vaste plaisanterie au même titre qu'un Michael Bay ou un Roland Emmerich, et Revolutions a le cul entre deux chaises. Je veux dire que Revo pioche encore dans ses références japonaises sans y arriver aussi bien que le premier épisode: le mélange entre philosophie et grosse castagne, seuls Shirow, Anno ou Otomo ont pu y arriver sans se planter.

Alors, je vous conseille de le voir ou pas?
*Si vous avez maté Reloaded, allez voir Revolutions pour ne pas rester sur une - trop - mauvaise idée.
*Si vous avez la chance de ne pas avoir vu le deuxième, courrez acheter l'Animatrix: c'est sans aucun doute la meilleure continuation, la meilleure fin et peut-être même la meilleure incarnation de cet univers.
*Dans les deux cas, Matrix 1 et Animatrix sont les deux seuls de la saga qui méritent de passer à la postérité. A la manière des fans de Star Wars qui ont fait d'Episode One ou Howard le Canard un tabou, oubliez Reloaded, Revolutions et Enter The Matrix. Tout le monde se portera mieux. Vraiment.

08 novembre 2003

D-Gage

Et on se demande pourquoi j'en ai toujours pas vu dans la rue. Le N-Gage, c'est un peu comme la poignée à l'arrière du GameCube: c'est censé être cool et ça sert à rien. Non mais sans blague, vous avez déjà vu quelqu'un promener son Cube hors d'un sac à dos, le tenant par la peau comme s'il revenait de la chasse? Non. Et je peux vous garantir que ce genre de tête de flan n'est pas encore née. Pourquoi est-ce que Nintendo a eu cette idée? Pour penser aux enfants qui iraient l'apporter à la maîtresse au retour des vacances de Noël afin de répondre à la question “keskivouza aportélepapanowel?” Pour que les gens se le fassent voler dans la rue et en achètent un autre, augmentant les ventes de la console? Pour qu'on scie cette poignée et qu'on la revende, tel un boulanger improvisé, en tant que croissant high-tech? Y'en a qui réfléchissent encore à pourquoi Actarus pivote deux fois son siège en passant dans le cockpit de Goldorak; on pourrait ouvrir un site web sur la poignée du GameCube et on aurait des tas de contributions. On a bien des sites qui disent qu'Amélie Poulain et le loft sont du même acabit, je vois pas pourquoi ça ne marcherait pas.

Le N-Gage, donc. A l'heure actuelle, je n'en ai toujours pas vu dans les transports en commun, dans la rue ou dans la main de qui que ce soit: même les vendeurs le laissent dans son - gros - carton. On a eu les pubs de Nokia qui insultent les acheteurs, on a eu les déclarations de presse mensongères et/ou hilarantes, voici maintenant une analyse poussée du N-Gage comme téléphone. Vous le savez déjà, le micro et le haut-parleur sont sur la tranche de l'engin. Et qu'on parle donc en tenant l'engin sur le côté, passant pour un con et devenant ainsi une publicité vivante pour Nokia en exhibant (fièrement?) la façade de l'appareil.
Petite leçon d'english: parler sur le côté = sidetalking. Ripitt afair mi, sidetalking. D'où la naissance du génial sidetalkin.com, où des gamers montrent - photos à l'appui - ce que ça donne, de parler sur la tranche. C'est hilarant, certains en profitent pour exhiber leur collection: on peut donc voir des dingues en train de parler sur la tranche de leur NeoGeo, de leur Nec PCCD, de leur 3DO... Il y a même une section pour ceux qui parlent sur la tranche de leur manette Steel Battalion (blog sur ce jeu ici et )!
Au moins, à défaut de jouer avec, le N-Gage sert à nous faire rire. Et dans cinq ans, un raton-laveur blasé en achètera un pour une bouchée de pain au détour d'un marché aux puces, “pour la collection”... Tsss.

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