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Non ! N'appuie pas sur--

21 mars 2006

Week-end entre gens de bonne compagnie

Ce week-end (dès vendredi à 9 heures du mat'), c'est l'avant-première de Guild Wars Factions, ouverte à ceux qui ont déjà Guild Wars, qui ont précommandé Factions ou qui ont reçu une invitation d'un possesseur de GW (seulement trois par compte). Demandez-en une à un copain et venez essayer le plus beau jeu jamais gâché par ses joueurs. Ca reste génial si on joue entre gens de bonne compagnie, aussi y aura-t-il des habitués de ce site sur place.
La chose commence vendredi matin, mais je vous conseille de télécharger le client un peu plus tôt, maintenant par exemple. Ce dernier, qui n'est qu'un installeur d'une dizaine de kilo-octets, mettra en cache les données nécessaires. Quand on arrive dans une nouvelle zone, il streame les données nécessaires, mais m'est avis que les serveurs d'ArenaNet seront quelque peu ralentis ce week-end. Soyez prévoyants et profitez-en pour écouter le beau thème principal, c'est du Jeremy Soule.

19 mars 2006

Dents de scie

(merde, encore un article sur l'actualité)

Lorsque le premier ministre a dit "La France a envie qu'on la prenne, ça la démange dans le bassin", il a joint le geste à la parole. Le gouvernement actuel est quand même arrivé à faire sortir les casseurs de leurs banlieues (en hiver, qui plus est), les étudiants de leurs facs, et les internautes de leurs gonds. Oui, je parle de l'imprononçable DADVSI, ou "droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information", ou "on a pas trouvé plus pompeux pour la mise à jour de la loi sur les droits d'auteur". Je résume rapidement : afin de s'aligner sur les directives européennes datant de 2001, la loi française devait être mise à jour, et le projet ramait depuis deux ans. Et au tout dernier moment avant le bouclage de la loi avant présentation à l'Assemblée, le ministre de la Culture dépose de nouveaux amendements.
Face au problème des téléchargements de divx et autres mp3 de fichiers copyrightés, l'article 1 proposait le principe de la "licence globale". Autrement dit, à l'instar de la taxe sur les supports vierges (on paie une taxe reversée aux auteurs sur toute cassette VHS, CD-R, etc et le piratage, genre enregistrement de films à la télé, est ainsi "toléré"), tout un chacun serait amené à payer une taxe sur son abonnement Internet, considérant ainsi qu'on utilise ce dernier principalement pour voler des films ou de la musique. Cet article 1 déplaisait bien évidemment pas mal de monde, les industries "culturelles" en tête. Il a fini à la corbeille et a été remplacé par l'amendement 272, qui annule l'article 1. Si vous avez envie de vous énerver, je vous invite à regarder l'enregistrement de la session parlementaire qui est tout simplement hallucinante : les députés de l'opposition qui évacuent l'hémicycle et les UMP qui restent votent le 272 plus vite que leur ombre (deux secondes, temps réel - vidéo 5).

Mieux : l'amendement 150, dit "amendement Vivendi", ce qui en dit long sur son instigateur. Il punit de "trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende" le fait d'utiliser ou inciter à utiliser "un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisé d’œuvres ou d’objets protégés." Et on revient au dilemme de la photocopieuse : dans les établissements scolaires, cette machine passe le plus clair de son temps à photocopiller des documents copyrightés. Peut-on la qualifier de "dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisé d’œuvres ou d’objets protégés", parce qu'on s'en sert régulièrement à des fins illégales ? Est-ce qu'eMule, Bittorrent et autres logiciels de peer2peer entrent dans cette définition ? Les avocats des majors diront que oui, les accusés en face répondront que non. Le texte de loi est volontairement trop flou pour laisser les cas de jurisprudence faire le tri. Donc oui, ça risque d'être un beau bordel.
Sauf qu'un alinéa a été ajouté : "Ces dispositions ne sont pas applicables aux logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l’échange de fichiers ou d’objets non soumis à la rémunération du droit d’auteur." Ce qui ne change pas grand chose mais dédouane le peer2peer (Bittorrent ayant carrément été créé à la base pour alléger les serveurs offrant les distributions Linux). Mais encore une fois, il suffirait qu'un avocat montre quelques sites proposant des liens e2dk de films pour faire pencher le tribunal en leur faveur... d'autres disent que cet alinéa ajouté de justesse limite considérablement la portée de cet amendement. Voire. Il reste impossible de savoir si un soft comme eMule a été programmé en étant "manifestement destiné" à voler des oeuvres protégées. Mais à force de lobbying, l'industrie du disque est arrivée à faire entrer l'équation "peer2peer = piratage". Le rapprochement est vite fait ; d'un point de vue purement technique, c'est tout l'Internet qui est ainsi criminalisé. Textes de loi inapplicables car trop flous powa !

Passons sur les autres détails, genre l'amendement 176 qui devait exonérer de la taxe sur les supports numériques vierges les hôpitaux et autres "acteurs de la santé" qui n'a pas été voté, ou l'interdiction de contourner toute protection contre la copie, même si c'est pour pouvoir faire jouer le droit de la "copie unique à usage privé", celui-là même qui nous autorisait jusqu'à présent à faire un backup de notre préssssieux disque de Daytona USA pour les générations futures... puisque pucer sa Saturn pour pouvoir y exécuter des copies de sauvegarde sera interdit - et très lourdement verbalisé, le barème étant lisible ici. Et le jour où le disque sera trop usé ? Tant pis. Le droit de la copie privée est ainsi réduit à zéro. Ou pour rappeler que le texte passe en "état d'urgence" décrété par le gouvernement, soit une seule lecture à l'assemblée et une autre au Sénat.
Oui, passons sur ces détails pour réfléchir sur l'avenir. Si vous faites partie des 80 % de français qui lisent ce site (les stats ne mentent jamais), souvenez-vous que les prochaines élections présidentielles ont lieu dans un an - votez en votre âme et conscience. Si vous faites partie des 20 % d'internationaux et que vous avez envie d'héberger un gentil petit raton-laveur pour agrémenter vos vacances (et les siennes) tout au long de l'année, écrivez-moi.



Dans cinq minutes, on ouvre la session IRC hedbomadaire, sur #editotaku@irc.worldnet.net (ou entrez un pseudo dans la case à gauche). Si mon instinct ne me trompe pas, Mario Kart DS, Pangya et politique seront les mamelles de cette soirée.

17 mars 2006

Au cas où il vous resterait du temps à tuer

Shadowbane, également connu sous le sobriquet de "MMORPG heroic-fantasy générique n°6554798" très moche et basé PVP à donf', est passé complètement gratuit, extensions comprises. Pas encore de communiqué de presse officiel qui expliquerait comment Ubi compte se faire un peu de blé avec ça. Client par là (et même une version Mac OSX), inscription par ici et... ah tiens, ça ne gère ni Firefox ni Opera. Retournez sur Pangya, c'était une fausse alerte.

Ah si : en profitant de son passage à Paris, Dieu en a profité pour faire quelques photos pour la postérité sur fond d'Arc de Triomphe ou de Tour Eiffel. Si vous avez quelques feuilles de papier glacé qui dorment dans un tiroir depuis que vous les avez trouvées dans le carton de l'imprimante sans jamais avoir trouvé de truc assez cool pour les utiliser, c'est le moment.

Bon, faut que j'arrête de parler de l'actualité... J'espère que ce n'est pas la perte de libido qui me pousse à faire ça.

16 mars 2006

Effets secondaires indésirables

Comme si c'était déjà pas assez dur d'écrire de bons textes...



Pour vérifier si je suis touché par ces désagréments, essayons de regarder ensemble quelques captures d'écran de Tomb Raider Legend... J'ai pas l'habitude de commenter les news, mais c'est pour la bonne cause.



D'accord, on a compris la référence. Mais nous sommes censés admirer la Lara version XXIème siècle, et ils font un clin d'oeil à Ghost In The Shell, qui était déjà âgé quand le premier Tomb Raider est sorti. Je sais pas moi, z'auriez pas pu prendre Innocence ? Pourquoi est-ce que toute oeuvre de pop-culture inspirée par le Japon se doit de faire une référence à GITS ? Est-ce que tous ceux qui font ça s'y sentent obligés parce qu'ils ont réalisé qu'ils n'arriveront jamais à égaler la finesse du mix "Est-Ouest cyberpunk" de Blade Runner ? Et sérieusement, qu'est-ce qu'une archéologue fout sur les toits de Tokyo ? A croire que toutes les héroïnes gainées de cuir doivent exploiter le cliché de la promenade sur les hauteurs urbaines : Aeon Flux, Dark Angel, Alias, Ultraviolet...
Cependant, on peut féliciter le fait que Lara se promène pieds nus. Non pas parce ce choix audacieux permet d'ajouter les fétichistes du pied à la liste potentielle d'acheteurs de TRL, mais parce qu'il ajoute à la hype l'énigme "quand est-ce que Lara va quitter ses talons hauts ?" Un peu comme dans Prince of Persia Sands of Time, où le Prince commence avec une chemise mais arbore un torse nu sur la jaquette. C'est le genre de détail sympa, qui ajoute à la cohérence du jeu et enlève à l'apparence statique des modèles 3D. Et pas le détail gratuit comme les porte-jarretelles de KOS-MOS dans Xenosaga. Imaginez la scène : les scientifiques bossent sur le robot qui est le seul espoir de la race humaine, et un matin alors qu'ils reviennent au labo, ils le trouvent affublé de porte-jarretelles. Ils doivent se regarder entre eux, genre "mais quel est l'olibrius qui a bossé trop tard hier soir ? Voyons Bob, comment vas-tu justifier la ligne 'lingerie' dans notre budget ? En plus, t'as choisi du Lise Charmel !" C'est typiquement le genre de truc pensé pour les cosplayeurs, sauf que ça se voit un peu trop. On pourrait faire la même remarque pour la généreuse plastique de Kusanagi dans GITS ("plastique" à tous les sens du mot, vu que son corps est artificiel), mais nous parlons de Masamune Shirow, également habitué à arrondir ses fins de mois en publiant des calendriers assez dénudés...



ILS SONT FAUX ! Pas besoin de s'appeler Hugh Hefner pour voir que ces seins sont aussi authentiques que du rap de droite et aussi durs qu'une verge de curé pendant un jubilé de Scouts de France. Les améliorations graphiques enlèvent à présent tout doute : Lara est siliconée. Shock. On en viendrait à regretter la pyramide poitrinale du premier épisode, où la limitation technique nous berçait d'illusions. Purée, si vous saviez combien 1996 me manque !



Mhhhhouiii, ondule ton corps, montre-moi tes jambes, ohhhh on dirait que tu as enfin perdu ces cuisses de cheval datant de TR2... A croire que les designers ont lâché le look "femme fatale" pour revenir à une beauté attachante et mignonne. Tout simplement adorable.
...
Ah non zut, ce sont les images de la sortie de FF12 au Japon, le jeu vidéo où tout le monde est androgyne. Brrr. Et après, on s'étonne que ma libido soit en baisse.

14 mars 2006

Shinigami No Ballad

Quand une industrie florissante a soif d'encore plus d'argent, la marche à suivre est évidente : il suffit de râtisser plus large dans la pyramide des âges. MacDo a créé les Happy Meals, l'industrie pharmaceutique les camisoles chimiques pour mouflets, les jeux vidéo ont pour ambition de squatter toute la famille avec leurs "divertissements digitaux" ("console" est maintenant un mot tabou), et les boutiques japonaises de fringues gothiques ont pondu Rozen Maiden et Shinigami No Ballad.
Au cas où il y aurait besoin de le rappeler, le gothique est quand même d'origine européenne, vous savez, l'architecture des églises et tout ça. Et à l'instar du rock californien ou des légendes grecques, le voyage vers les antipodes n'a pas été sans heurts. A l'arrivée, les légendes grecques ont donné Altered Beast, le gothique avec des gens qui se scarifient la peau en jouant à Doom a été exploité dans les fesses pour donner des résultats vestimentaires proches du Bisounours dépressif, et le rock californien est toujours aussi naze. Bref, faut pas confondre les versions japonaises avec les versions originales.

Shinigami No Ballad est vraisemblablement un de ces animes faits pour enseigner une seule chose aux enfants. Pokémon nous a appris que Nintendo pouvait vraiment vendre n'importe quoi, Mon Voisin Totoro expliquait qu'un épi de maïs était un super cadeau pour sa maman, et Shinigami No Ballad nous dit que la Mort est une lolita gothique (gosu loli si vous avez envie de frimer). Qui s'appelle Momo. Avec un chat horriblement animé et une faux plus grande qu'elle, pour le sous-entendu sexuel qui va bien afin de justifier le sempiternel "double niveau de lecture" de la culture visuelle nipponne. C'est tout ce que vous pourrez tirer de cette série, même en la matant en entier - ça, c'est un des châtiments qui m'attend au dernier sous-sol quand cette gamine viendra me chercher. Surtout avec une qualité de production aussi passable et des acteurs de voix à l'encéphalogramme plat.
Sérieusement, le troisième épisode sort dans deux jours, mais les deux premiers suffisent amplement à comprendre la suite. Momo et son chat sont les seuls personnages récurrents ; à chaque fois, il y a un maximum de deux ou trois personnages, et le "client" de mademoiselle est bien mis en évidence (il est évidemment le seul à la voir ou à l'entendre). C'est un peu comme l'intro d'un épisode de Six Feet Under, où on sait bien qu'il va y avoir un mort pour occuper la famille Fisher, mais étiré sur une demi-heure. Donc oui, c'est chiant. Et naïf. A en mourir. Prenez les collections de livres "Monsieur et Madame", ajoutez "Madame Gothique" et vous y êtes.

Premier épisode : un couple d'écoliers s'occupe d'un chaton errant. La fillette est inexplicablement prise d'un malaise, tension dramatique, le garçon l'aide en sortant... son spray de salbutamol. La petite est juste asthmatique ! Et un asthme magique, qui ne se manifeste que dans les moments où elle ne fait rien et surtout pas quand elle grimpe une grosse volée d'escaliers. A l'école, le lendemain de son décès, quelqu'un a mis un bouquet de fleurs sur sa table. Non, ce n'est pas une coutume japonaise. C'est juste de mauvais goût. Ne faites pas ça chez vous, c'est sérieusement tordu. Si on veut apprendre aux enfants à gérer la mort, leur montrer ce genre de rituel digne d'un concert de Visual Rock n'est sûrement pas la bonne méthode. Episode suivant : un couple de collégiens, et Momo passe son temps à apparaître devant le mec pour lui dire qu'il va bientôt crever. Sauf que c'est pas pour tout de suite et qu'elle faisait ça uniquement pour qu'il fasse quelque chose de sa vie au lieu de mater le plafond de sa chambre, comme par exemple culbuter la suscitée demoiselle. Le tout enrobé de phrases dignes de Forrest Gump ("ce ne serait pas amusant si on pouvait changer son destin"... wtf ? J'espère avoir mal compris la phrase !), bien évidemment. Autrement dit, les auteurs ont vendu ça à une boîte de production avec cette "approche de la mort" complètement dégénérée, mais cet anime reste un sous-marin commercial des nippo-gothiques pour infiltrer les jeunes esprits innocents et leur vendre des souliers avec des motifs de crucifix sur la semelle. Au secours.

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