C'est officiel: à partir du mois prochain, Shonen Collection dégage de ma liste des courses.
C'était parti d'une excellente intention: pondre un mensuel de pré-publication de mangas avec un sondage pour ne garder que les fan favorites et sortant en librairies pour faciliter l'achat des anciens numéros (et éviter la paperasserie des magazines en kiosque). Dès le premier numéro, ça ratisse large dans les sous-genres du shonen: des mechas avec Turn-A Gundam, de l'humour avec Cyborg Kuro-chan, de la baston et des nanas avec Shonan Junai Gumi, du soigné avec Get Backers (quoi qu'on dise sur l'anime, le manga assure), et même de l'alternatif avec Fuli Culi. Le train est lancé, les sondages font leur office... et deux ans plus tard, nous avons: Shonan Junai Gumi, que le statut de "série fondatrice" rend intouchable (et les ventes de Shonen Collec', lancé en plein boom GTO, n'en ont pas pâti, bien au contraire); Psychic Academy, de la mièvrerie en boîte; Negi Ma, pareil mais en version lolicon; Air Gear, dont l'équation est aussi simple qu'efficace: Oh! Great + Jet Set Radio (love!); enfin, le dernier manga arrivé est Suzuka, dont le début oscille entre une relation amoureuse (ça me gêne pas) et une repompe de Maison Ikkoku (ça me dérange un peu plus). Sans parler des séries qui ont fait trois p'tits tours et pis s'en vont: Reservoir Chronicle Tsubasa (on se demande encore ce que ça foutait là, à part pour faire un bon coup de pub au catalogue Clamp que Pika a dû payer un paquet de lingots d'or), Boys Be (2nd Season uniquement, ils nous ont épargné les milliards de spinoffs), King of Bandits Jing et Rose Hip Rose, ainsi que les 4-koma Puppet Revolution et Pop Loft (qui va cependant laisser place à une autre série faite par deux petits frenchies).
Après le filon culotté (à tous les sens du terme) des étudiantes fragiles et des lycéennes fragiles, Ken Akamatsu creuse celui des collégiennes fragiles (s'il continue à rajeunir, on va devoir contacter la police des moeurs). Aki Katsu ne se lasse jamais de dessiner des comédies sentimentales merdiques où les gouttes de sueur sont plus nombreuses que dans dans l'anime SailorMoon et où les personnages ont deux visages possibles: "faciès d'enfant avec moue boudeuse" et "faciès d'enfant avec sourire lubrique dérangé". Boys Be, tranches de vie de jeunes tellement hormonés qu'on se demande comment ils arrivent à garder forme humaine, laisse place à Suzuka... Mais merde à la fin, les mangas "pour nous les hommes" (je fais référence au rasage, pas aux magazines gays) ne se résument pas à ça! Et les polars un peu recherchés comme Death Note? Et les mechas, innombrables et faisant partie intégrante du genre? Et les one-shots ou les séries courtes (ce fut d'ailleurs une excellente idée de publier Murikuri de Clamp fin 2003)? Mais à voir les votes plébiscitant Negi Ma, Reservoir Chronicle Tsubasa et Psychic Academy (respectivement 1er, 2ème et 4ème des suffrages, la 3ème place revenant à Rose Hip Rose, série actuellement dead by degrees), on est en droit de penser que les glaireux ont pris d'assaut Shonen Collection. Ou peut-être qu'au delà des sondages qui éliminent des séries, c'est juste le choix des nouveaux mangas (fait par Pika) qui est dangereusement réducteur...
Statistiques de raton-laveur.net pour le mois précédent : 15 visiteurs, 4 pages vues, 73 827,51 Mo de bande passante consommée
Japanime
01 mars 2005
Le monde merveilleux des conventions d'animation japonaise, édition 2005
Par Raton-Laveur le 01 mars 2005, 04:49
Vous le savez déjà, le proprio de ce site a la sale habitude d'écrire sur l'Epitanime - la convention pour les otaques qui sentent sous les bras, surtout quand il fait super chaud. Chaque année, j'écris un rapport qui fait rire les organisateurs et hocher la tête des visiteurs, ces derniers articulant lentement: "oui, ça s'est bien passé comme ça. Sauf que moi, je suis pas allé improviser la chorégraphie de Party Night de Di-Gi Charat à 3 heures du matin devant un amphithéâtre de 150 personnes". Quand j'ai envie de passer un bon moment, entouré de gens qui ne me font pas penser que je suis la lie de l'humanité (contrairement à mon miroir), pour remplir mon quota annuel de rayons UV sous un soleil de plomb, puis celui des sorties nocturnes durant lesquelles je n'ai pas à vendre ma virginité anale, je sais qu'Epitanime est prêt à m'accueillir. Pourvu que je fasse un total de 1200 bornes aller-retour, que je me retienne d'en coller une à des rédacteurs en chef aggressifs, et que je filme des vidéos débiles sans avoir dormi depuis 3 jours.
Et Japan Expo? Bah, je me contente des résumés. Je pourrais aussi vous raconter les origines de JE, née après avoir fait un enfant dans le dos d'Epitanime (ça ne vous étonne pas de voir qu'en 2000, Epitanime se nommait Japan Expo?), mais c'est pas le genre de la maison. Je ne sais pas si vous vous souvenez du mot fondateur de l'association Tsubasa (qui organise les activités de la plupart des conventions françaises): ils ne veulent plus qu'on reparte en se disant "j'ai acheté plein de DVD et de goodies" mais "je me suis bien amusé". La Japan Expo, ça reste, année après année, un supermarché organisé par Manga Distrib' avec des cosplayeuses sur une scène pour divertir les fauchés et de nombreuses activités pour masochistes: files d'attente avec tirage au sort pour des autographes, avoir à repayer si on veut y retourner après être allé manger, et mêlée de rugby permanente dans tous les couloirs pour avancer un peu. Si seulement j'arrivais à me souvenir où j'ai rangé ma combinaison en cuir, mon fouet et mes chaînes, je serais déjà en train de faire la queue pour avoir la chance de vivre ces expériences impérissables.
Sauf que l'attente ne serait pas que de quelques mois, à l'instar de ces bossus qui sont déjà avec thermos et sacs de couchage devant les cinémas pour Star Wars Episode 3. Elle serait de plus d'un an, pour l'édition 2006. Vous le savez tous depuis des mois, puisque ce n'est qu'un secret de polichinelle: Japan Expo 2005, vous la prenez, vous la roulez, et vous vous la carrez derrière l'oreille. Tout le Wired est déjà au courant depuis des mois, chaque source ayant gentiment demandé de ne le répéter à personne. On a donc eu en janvier des "rumeurs" sur Nihon-Fr, suivies d'un démenti alors que ça sentait déjà le sapin, divers messages sur tous les forums que je préfère ne pas lier ici (déjà qu'ils ne m'aiment pas chez Uso, on va pas empirer les choses), pour finir en apothéose sur le communiqué officiel tout rose et tout mignon. Oui, l'inspection du travail leur a rendu visite, et "aucune suite n'a été donnée à cette affaire", tout va bien madame la Marquise. Pourtant on déplore - entre autres - un tout petit rien: l'organisation fondatrice Jade ferme boutique et est remplacée par une nouvelle association, vierge comme la Marie, créée par un ancien responsable des relations humaines. Inutile aussi de vous parler des liens entre l'éditeur IDP et Japan Expo, c'est pas le genre de la maison non plus - et les gens du gouvernement ont l'avantage sur moi d'être payés pour creuser tout ça. Donc, retour en 2006 à Paris Nord, Villepinte, deux étages, (plus habitué à voir défiler des expositions d'armes de destruction massive), nouveau président, nouvelle assoce tout ça. Clair comme de l'eau de roche, je vous dis.
Donc, que reste-t-il comme conventions dans les grandes villes? D'après les Nuls, Stéphanie (de la principauté avec le circuit de Formule 1) aurait déclaré: "j'ai un pied à Paris et un autre à Monaco"; et Bruno Carette d'ajouter: "on plaint les lyonnais". On les plaint d'autant plus que Bakamanga 2005, là aussi, vous vous la taillez en pointe et vous vous la mettez où je pense. Mais bon, parler de Lyon, c'était juste pour faire une transition. Le Cartoonist? Après avoir avoir giclé de Toulon, après le triomphe de l'alliance avec Paris BD, Olivier Gilbert, l'homme qui ne peut plus mettre un pied dans un studio d'animation japonais depuis qu'il a vendu ses dédicaces sur eBay et qui est actionnaire dans Japan Culture Press (éditeur de GameFAN), tente d'aller à Marseille.
Et oui: à Paris, il ne reste plus qu'Epitanime. Eux, ils savaient depuis décembre que Japan-Expo 2005 était six pieds sous terre. Mon intuition féminine m'a toujours conseillé de me fier à la première impression, puisque c'est généralement la bonne. Vous savez quoi? Lorsque les organisateurs de la convention qui a fait 6321 visiteurs ("et un raton-laveur", dixit les orgas) en 2004 ont appris que la convention qui a fait 41000 visiteurs la même année allait se mettre au vert pendant un an, leur première impression a été: "on est dans la merde". Bonne pioche.
Epitanime 2005: ça n'a même pas commencé et ça va déjà éclater tous les records de fréquentation. Première idée: réduire la publicité à son strict minimum: le Web, les magazines spécialisés, quelques affiches - l'obligation de promotion de l'évènement, est stipulée dans le contrat avec les exposants. Les préventes (le "risque de forte affluence" sera d'ailleurs précisé dès cette étape!) serviront à prendre la température, mais des places au guichet seront toujours disponibles. L'équipe cogite sur des moyens de plaire au public JE, plus "mainstream", sans trahir le côté "hardcore" d'Epitanime. Comme il n'y a plus de lundi de Pentecôte, la convention ne durera que deux jours (de vendredi 27 mai en soirée jusqu'au dimanche 29). Des exposants qui devaient être présents à JE2005 sont déjà en train de voir avec Epita pour négocier une place. Et elles seront rares et limitées en taille, cette année: gros filtrage à l'entrée, les amateurs doivent "prouver la qualité de leur production" et les professionnels seront, ô joie, tenus de garder le HK (les fameuses contrefaçons) à la maison. J'attends cependant d'avoir des détails sur ce point, puisque Konci était en 2004 le principal partenaire de la convention - le voyage au Japon, premier prix du cosplay, c'était eux. Ils avaient gardé les DVD Zone 0 à la maison, mais ne s'étaient pas privés pour les CD audio et autres figurines. C'est encore organisé à 50-50 avec l'asso Tsubasa (aucune collaboration avec l'équipe de JE n'est envisagée), ils font de leur mieux pour avoir un écran à l'extérieur et relancer le karaoke en plein air (qui s'était fait porter pâle en 2004 par manque de budget), et tout le monde est sous pression. Ca va être une année bien chargée, et personne n'a envie de se taper une surpopulation genre Japan Expo 2004 en version Epitanime 2005. Surtout quand on n'arrive pas à retrouver sa combi cuir avec fouet, chaînes, tout ça.
Bon courage.
Et Japan Expo? Bah, je me contente des résumés. Je pourrais aussi vous raconter les origines de JE, née après avoir fait un enfant dans le dos d'Epitanime (ça ne vous étonne pas de voir qu'en 2000, Epitanime se nommait Japan Expo?), mais c'est pas le genre de la maison. Je ne sais pas si vous vous souvenez du mot fondateur de l'association Tsubasa (qui organise les activités de la plupart des conventions françaises): ils ne veulent plus qu'on reparte en se disant "j'ai acheté plein de DVD et de goodies" mais "je me suis bien amusé". La Japan Expo, ça reste, année après année, un supermarché organisé par Manga Distrib' avec des cosplayeuses sur une scène pour divertir les fauchés et de nombreuses activités pour masochistes: files d'attente avec tirage au sort pour des autographes, avoir à repayer si on veut y retourner après être allé manger, et mêlée de rugby permanente dans tous les couloirs pour avancer un peu. Si seulement j'arrivais à me souvenir où j'ai rangé ma combinaison en cuir, mon fouet et mes chaînes, je serais déjà en train de faire la queue pour avoir la chance de vivre ces expériences impérissables.
Sauf que l'attente ne serait pas que de quelques mois, à l'instar de ces bossus qui sont déjà avec thermos et sacs de couchage devant les cinémas pour Star Wars Episode 3. Elle serait de plus d'un an, pour l'édition 2006. Vous le savez tous depuis des mois, puisque ce n'est qu'un secret de polichinelle: Japan Expo 2005, vous la prenez, vous la roulez, et vous vous la carrez derrière l'oreille. Tout le Wired est déjà au courant depuis des mois, chaque source ayant gentiment demandé de ne le répéter à personne. On a donc eu en janvier des "rumeurs" sur Nihon-Fr, suivies d'un démenti alors que ça sentait déjà le sapin, divers messages sur tous les forums que je préfère ne pas lier ici (déjà qu'ils ne m'aiment pas chez Uso, on va pas empirer les choses), pour finir en apothéose sur le communiqué officiel tout rose et tout mignon. Oui, l'inspection du travail leur a rendu visite, et "aucune suite n'a été donnée à cette affaire", tout va bien madame la Marquise. Pourtant on déplore - entre autres - un tout petit rien: l'organisation fondatrice Jade ferme boutique et est remplacée par une nouvelle association, vierge comme la Marie, créée par un ancien responsable des relations humaines. Inutile aussi de vous parler des liens entre l'éditeur IDP et Japan Expo, c'est pas le genre de la maison non plus - et les gens du gouvernement ont l'avantage sur moi d'être payés pour creuser tout ça. Donc, retour en 2006 à Paris Nord, Villepinte, deux étages, (plus habitué à voir défiler des expositions d'armes de destruction massive), nouveau président, nouvelle assoce tout ça. Clair comme de l'eau de roche, je vous dis.
Donc, que reste-t-il comme conventions dans les grandes villes? D'après les Nuls, Stéphanie (de la principauté avec le circuit de Formule 1) aurait déclaré: "j'ai un pied à Paris et un autre à Monaco"; et Bruno Carette d'ajouter: "on plaint les lyonnais". On les plaint d'autant plus que Bakamanga 2005, là aussi, vous vous la taillez en pointe et vous vous la mettez où je pense. Mais bon, parler de Lyon, c'était juste pour faire une transition. Le Cartoonist? Après avoir avoir giclé de Toulon, après le triomphe de l'alliance avec Paris BD, Olivier Gilbert, l'homme qui ne peut plus mettre un pied dans un studio d'animation japonais depuis qu'il a vendu ses dédicaces sur eBay et qui est actionnaire dans Japan Culture Press (éditeur de GameFAN), tente d'aller à Marseille.
Et oui: à Paris, il ne reste plus qu'Epitanime. Eux, ils savaient depuis décembre que Japan-Expo 2005 était six pieds sous terre. Mon intuition féminine m'a toujours conseillé de me fier à la première impression, puisque c'est généralement la bonne. Vous savez quoi? Lorsque les organisateurs de la convention qui a fait 6321 visiteurs ("et un raton-laveur", dixit les orgas) en 2004 ont appris que la convention qui a fait 41000 visiteurs la même année allait se mettre au vert pendant un an, leur première impression a été: "on est dans la merde". Bonne pioche.
Epitanime 2005: ça n'a même pas commencé et ça va déjà éclater tous les records de fréquentation. Première idée: réduire la publicité à son strict minimum: le Web, les magazines spécialisés, quelques affiches - l'obligation de promotion de l'évènement, est stipulée dans le contrat avec les exposants. Les préventes (le "risque de forte affluence" sera d'ailleurs précisé dès cette étape!) serviront à prendre la température, mais des places au guichet seront toujours disponibles. L'équipe cogite sur des moyens de plaire au public JE, plus "mainstream", sans trahir le côté "hardcore" d'Epitanime. Comme il n'y a plus de lundi de Pentecôte, la convention ne durera que deux jours (de vendredi 27 mai en soirée jusqu'au dimanche 29). Des exposants qui devaient être présents à JE2005 sont déjà en train de voir avec Epita pour négocier une place. Et elles seront rares et limitées en taille, cette année: gros filtrage à l'entrée, les amateurs doivent "prouver la qualité de leur production" et les professionnels seront, ô joie, tenus de garder le HK (les fameuses contrefaçons) à la maison. J'attends cependant d'avoir des détails sur ce point, puisque Konci était en 2004 le principal partenaire de la convention - le voyage au Japon, premier prix du cosplay, c'était eux. Ils avaient gardé les DVD Zone 0 à la maison, mais ne s'étaient pas privés pour les CD audio et autres figurines. C'est encore organisé à 50-50 avec l'asso Tsubasa (aucune collaboration avec l'équipe de JE n'est envisagée), ils font de leur mieux pour avoir un écran à l'extérieur et relancer le karaoke en plein air (qui s'était fait porter pâle en 2004 par manque de budget), et tout le monde est sous pression. Ca va être une année bien chargée, et personne n'a envie de se taper une surpopulation genre Japan Expo 2004 en version Epitanime 2005. Surtout quand on n'arrive pas à retrouver sa combi cuir avec fouet, chaînes, tout ça.
Bon courage.
16 février 2005
Exposition Miyazaki - Moebius
Par Raton-Laveur le 16 février 2005, 19:25
Conversation téléphonique le samedi: "ouais, j'y suis allé, t'inquiète, y'avait personne dans la queue".
Sauf que le dimanche, les magasins sont fermés alors les gens ils vont au musée. 45 minutes de queue au bas mot - encore heureux que Keul supporte relativement bien mes blagues sur les blondes. Donc dimanche, jour du Seigneur, mangez des patates au beurre mais n'allez pas attendre une heure.
Première chose: l'agencement de l'expo et le flux des visiteurs a été géré par quelqu'un qui a trop joué à Pipe Mania. Les salles n'ont qu'une seule entrée et une seule sortie (se finissant donc sur une impasse), les oeuvres sont exposées sur des galleries à double face disposées en cercle avec une seule ouverture, certains couloirs sont vraiment minces, il n'y a rien sur les murs... Le problème n'est pas la popularité de l'évènement (qui s'en plaindrait?) mais son organisation.
La première salle propose quelques vidéos déjà vues: les différents documentaires qu'on trouve sur l'édition collector et la rencontre entre les deux maîtres diffusée sur Arte. On y trouve aussi un passionnant "comparatif" Nausicaä / Harzac, situé au milieu d'une rapide biographie des auteurs. Il s'agit du lieu le plus peuplé de l'exposition.
Les autres salles suivent la même organisation: une oeuvre de Moebius dos à dos avec une oeuvre de Miyazaki. Les documents sont variés: cellulos (parfois à plusieurs couches et toujours avec l'arrière-plan, miam), story-boards, extraits de bédé/manga, concepts... Les pièces présentées se limitent à Miyazaki chez Ghibli et Giraud en Moebius (SF et fantastique, donc); on est d'ailleurs en droit de croire que les organisateurs sont allés frapper à la porte de Buena Vista Entertainment tant on se limite à ce qui est contenu dans le contrat Disney/Ghibli. Les légendes sont laconiques (avec des fautes d'orthographe en plus!), et alors que les originaux sont partout pour Moebius, les "sérigraphies" (terme poli pour désigner de vulgaires copies) sont nombreuses du côté Ghibli. Et il y en a qu'on trouve dans les art books officiels... Un comble pour une présentation censée nous ouvrir la collection personnelle des artistes!
Le résultat, bien que mitigé, est quand même loin d'être mauvais. Le sujet est audacieux, Jean Giraud n'y est pas allé avec le dos de la cuillère (il a sorti des morceaux de bravoure fabuleux de ses cartons; ce n'est pas tous les jours qu'on voit les concepts de la Planète Sauvage ou des Maîtres du Temps), et Ghibli a quand même mis quelques dessins de projets annulés qui vont mettre leur fanbase en ébullition (Doryu To Kushana et le prélude à Nausicaä: Sengoku Majo). Ca tombe bien: même si les photos sont interdites (pas indiqué, mais on reste quand même dans un musée), les vigiles sont là pour faire joli. Pour résumer le négatif: 300 créations "seulement", on reste - évidemment sur sa faim (selon votre rythme, comptez entre 1 et 2 heures pour tout voir); évitez le week-end et les après-midis pour y aller; trop de copies pour ce qui est Ghibli; organisation des lieux très mal foutue; enfin, la boutique de l'expo est bien sûr hors de prix (30€ pour une affiche? Et ta mère, c'est les Beatles?). Moi je dis, à 9€ c'est trop cher, mais les tarifs Fnac ou étudiant (7€ et 6€ respectivement) sont plus proches de la réalité. En tout cas, je n'ai pas passé un mauvais moment.
Sauf que le dimanche, les magasins sont fermés alors les gens ils vont au musée. 45 minutes de queue au bas mot - encore heureux que Keul supporte relativement bien mes blagues sur les blondes. Donc dimanche, jour du Seigneur, mangez des patates au beurre mais n'allez pas attendre une heure.
Première chose: l'agencement de l'expo et le flux des visiteurs a été géré par quelqu'un qui a trop joué à Pipe Mania. Les salles n'ont qu'une seule entrée et une seule sortie (se finissant donc sur une impasse), les oeuvres sont exposées sur des galleries à double face disposées en cercle avec une seule ouverture, certains couloirs sont vraiment minces, il n'y a rien sur les murs... Le problème n'est pas la popularité de l'évènement (qui s'en plaindrait?) mais son organisation.
La première salle propose quelques vidéos déjà vues: les différents documentaires qu'on trouve sur l'édition collector et la rencontre entre les deux maîtres diffusée sur Arte. On y trouve aussi un passionnant "comparatif" Nausicaä / Harzac, situé au milieu d'une rapide biographie des auteurs. Il s'agit du lieu le plus peuplé de l'exposition.
Les autres salles suivent la même organisation: une oeuvre de Moebius dos à dos avec une oeuvre de Miyazaki. Les documents sont variés: cellulos (parfois à plusieurs couches et toujours avec l'arrière-plan, miam), story-boards, extraits de bédé/manga, concepts... Les pièces présentées se limitent à Miyazaki chez Ghibli et Giraud en Moebius (SF et fantastique, donc); on est d'ailleurs en droit de croire que les organisateurs sont allés frapper à la porte de Buena Vista Entertainment tant on se limite à ce qui est contenu dans le contrat Disney/Ghibli. Les légendes sont laconiques (avec des fautes d'orthographe en plus!), et alors que les originaux sont partout pour Moebius, les "sérigraphies" (terme poli pour désigner de vulgaires copies) sont nombreuses du côté Ghibli. Et il y en a qu'on trouve dans les art books officiels... Un comble pour une présentation censée nous ouvrir la collection personnelle des artistes!
Le résultat, bien que mitigé, est quand même loin d'être mauvais. Le sujet est audacieux, Jean Giraud n'y est pas allé avec le dos de la cuillère (il a sorti des morceaux de bravoure fabuleux de ses cartons; ce n'est pas tous les jours qu'on voit les concepts de la Planète Sauvage ou des Maîtres du Temps), et Ghibli a quand même mis quelques dessins de projets annulés qui vont mettre leur fanbase en ébullition (Doryu To Kushana et le prélude à Nausicaä: Sengoku Majo). Ca tombe bien: même si les photos sont interdites (pas indiqué, mais on reste quand même dans un musée), les vigiles sont là pour faire joli. Pour résumer le négatif: 300 créations "seulement", on reste - évidemment sur sa faim (selon votre rythme, comptez entre 1 et 2 heures pour tout voir); évitez le week-end et les après-midis pour y aller; trop de copies pour ce qui est Ghibli; organisation des lieux très mal foutue; enfin, la boutique de l'expo est bien sûr hors de prix (30€ pour une affiche? Et ta mère, c'est les Beatles?). Moi je dis, à 9€ c'est trop cher, mais les tarifs Fnac ou étudiant (7€ et 6€ respectivement) sont plus proches de la réalité. En tout cas, je n'ai pas passé un mauvais moment.
13 février 2005
Elfen Lied
Par Raton-Laveur le 13 février 2005, 01:02
Anime lancé dans cette deuxième moitié de saison télé. On comprend vite pourquoi il n'a pas eu les honneurs d'une diffusion en septembre. Attention, on tient la bouse du mois.
Scénario: alors ça commence dans une base secrète, on le sait tout de suite parce que tous les murs ils sont gris. Et il y a une gonzesse A POIL qui s'en échappe, genre super vénère, parce qu'elle DECHIRE les soldats qu'elle croise, mais tu vois, déchirer dans le sens que vraiment, à distance, chrrrric. Alors y'a du sang partout et elle fait ça à distance, exactement comme Tetsuo dans Akira, quoi. Et les soldats ils sont un peu cons, ils disent que comme elle maîtrise la télékinésie, il faut pas faire tomber des objets parce que sinon elle les leur enverrait à la gueule à mégavitesse supersonique - comme des shurikens quoi - mais ils la mitraillent et ils ont même pas de récupérateur de douilles alors ils en mettent partout! Ah ouais et elle a des super nichons la fille, elle se ballade la foune à l'air pendant tout l'épisode. Quand elle est sur le point d'être libre, y'a un sniper, il est trop trop fort tu vois, parce qu'il lui colle une balle en pleine tempe. Ca c'est rien du tout, je le fais tout le temps en campant sur de_dust2 avec mon AWP; mais ce qui tue trop sa mère, c'est qu'il la snipe avec une balle qu'il dit que c'est une 50mm anti-blindage de tank! Et moi comme j'ai lu la Gazette des Armes de tonton Rambo qui passe son temps à me parler du Viet-Nâm quand il a pas pris ses gouttes, je sais que y'a un truc qu'on appelle le coefficient de pénétration qui fait que c'est pas possible de sniper un tank.
Et pis ensuite l'épisode il passe de la repompe d'Akira à celle d'un shonen bien bâtard avec un gars qu'on se bat les keusses de savoir quelque chose sur lui et qui va vivre tout seul dans une maison gigantesque, comme dans Mahoromatic ou Happy Lesson ou Hanaukyo Maids ou n'importe quel autre anime de merde dans le genre. Et il tombe sur la gonzesse à poil sur la plage mais elle est amnésique et elle arrête pas de dire "Nyuu" alors il décide de l'appeller "Nyuu", et en plus elle a comme des cônes sur la tête! Mais y'a que des gens super pointilleux qui verront la repompe sur Chobits, ou alors les filles parce qu'elles lisent toutes Clamp alors Chobits c'est un truc de gonzesses et alors elles verront pas Elfen Lied parce que y'a du sang et des seins partout, la vache faut pas que ma mère elle voit ça parce que sinon elle dira encore qu'on est revenus à l'époque du Club Dorothée. Et le mec, il prend la fille avec lui dans sa grande maison, mais comme elle est recherchée par l'armée et qu'elle vire schizo quand on l'attaque, ben ils pourront pas jouer au docteur tranquillement.
Assez rigolé, je commence à avoir des crampes à me la jouer skyblog.
Nous avons donc affaire à un digne représentant de la saison 2004-2005: aux côtés de Mai HiME ou Kannaduki No Miko, Elfen Lied est un pot particulièrement pourri de mélange de tout et de rien, ou plutôt de ce que le téléspectateur considère "cool": à savoir, Akira sans la prise de tête sur l'histoire et les harem animes sans prise de tête sur les filles - on pense très fort à DearS quand même. La gent féminine est d'ailleurs ici réduite à une sorte de caricature grotesque: les femmes y sont assistées, se font battre sans ménagement, sont connes et ont des gros seins (le dernier point est habituellement toléré, mais cumulé avec les autres, on obtient le summum du stéréotype). Quoi de surprenant quand le studio ARMS, reponsable de ce navet, a principalement des animes hentai sous sa ceinture (jeu de mots voulu)? Les méchants y sont trèèèèès méchants et les gentils sont très gentils, formant ainsi le casting le plus manichéen jamais vu dans un anime depuis Grendizer (et pourtant, moi aussi j'aime Goldorak); ça sert à quoi que les autres productions se décarcassent à éviter le schéma "blanc contre noir"?
A me lire, on a l'impression de se retrouver face à un mauvais anime, rien de plus. Mais alors, qu'est-ce qui rend cette production bien plus médiocre que les autres? Quelle est, à l'exception d'un fansub de merde, la pointe de mauvais goût qui rend l'ensemble irrécupérable, plongeant le téléspectateur dans un état de choc? La raison est relativement tordue, donc on peut la mettre sans mal sur le dos d'un producteur zélé: cette saloperie se croit artistique. Ou donne l'impression qu'elle se veut artistique, au choix. Primo: le générique d'intro. Visuellement, l'art designer a crié à qui voulait l'entendre qu'il s'est inspiré du "Baiser" de Klimt. Sauf que j'ai une info pour Aoki Tomoyuki (qui a bossé au même poste sur les OAVs de Shin Hokuto No Ken, rien de moins): mettre des nichons protubérants dans une peinture expressionniste, c'est comme rajouter une barbe à la Joconde et dire qu'on s'en est inspiré. Ca ne fait pas de vous un génie, et le châtiment approprié à ce sacrilège tient de l'ablation des phalanges avec une cuillère à pamplemousse. Accessoirement, il vaut mieux être français pour peindre des seins et faire passer ça pour de l'art sans risque d'être pris pour un pervers, mais je digresse.
Un autre élément qui ne trompe pas est la musique, dont le thème principal (lui aussi "inspiré", cette fois-ci par un psaume de Saint Jean dans une édition latine de la Bible!) est doté de chants qui me sembleraient volontiers samplés à partir d'un enregistrement sur dictaphone de Luciano Pavarotti faisant ses vocalises le matin. Je sais pas comment ils ont fait ça, mais on dirait mon numéro de téléphone sous forme de chants grégoriens. Merci également aux titres des épisodes en allemand, les Xéno-jeux-vidéo ont déjà prouvé que ça les rend tout de suite plus cools.
Sérieusement, à quel point doit-on descendre son seuil de tolérance pour trouver cet anime tout juste visionnable? Pardon, je me "prends trop la tête"? Relisez le début de cet article. Serait-ce parce qu'il n'est visuellement pas trop moche? Ceux qui pensent ainsi sont du genre à penser que Dead Or Alive est une série de jeux vidéo géniaux, limités à un bel emballage pour juger l'ensemble. Il suffit de mettre des culs partout pour vendre? Bel exemple de démagogie. Une mémoire dont la durée de vie se mesure en nanosecondes, qui a déjà oublié Akira et DearS, principales "inspirations" de cet anime à la profondeur égale à celle d'une flaque de pluie? Suffit-il de rajouter un air d'opéra en guide de bande-son et trois dorures dans le générique pour tromper les autres ou mieux les convaincre que tout anime est un incunable de l'inspiration artistique au pays du Soleil Levant, et non un produit industriel trop souvent produit à la chaîne? Elfen Lied décroche fièrement la timbale du plus mauvais anime actuellement visionnable et une nomination pour le pire titre de l'année pour les Tanukis Awards 2005. Bien joué.
Scénario: alors ça commence dans une base secrète, on le sait tout de suite parce que tous les murs ils sont gris. Et il y a une gonzesse A POIL qui s'en échappe, genre super vénère, parce qu'elle DECHIRE les soldats qu'elle croise, mais tu vois, déchirer dans le sens que vraiment, à distance, chrrrric. Alors y'a du sang partout et elle fait ça à distance, exactement comme Tetsuo dans Akira, quoi. Et les soldats ils sont un peu cons, ils disent que comme elle maîtrise la télékinésie, il faut pas faire tomber des objets parce que sinon elle les leur enverrait à la gueule à mégavitesse supersonique - comme des shurikens quoi - mais ils la mitraillent et ils ont même pas de récupérateur de douilles alors ils en mettent partout! Ah ouais et elle a des super nichons la fille, elle se ballade la foune à l'air pendant tout l'épisode. Quand elle est sur le point d'être libre, y'a un sniper, il est trop trop fort tu vois, parce qu'il lui colle une balle en pleine tempe. Ca c'est rien du tout, je le fais tout le temps en campant sur de_dust2 avec mon AWP; mais ce qui tue trop sa mère, c'est qu'il la snipe avec une balle qu'il dit que c'est une 50mm anti-blindage de tank! Et moi comme j'ai lu la Gazette des Armes de tonton Rambo qui passe son temps à me parler du Viet-Nâm quand il a pas pris ses gouttes, je sais que y'a un truc qu'on appelle le coefficient de pénétration qui fait que c'est pas possible de sniper un tank.
Et pis ensuite l'épisode il passe de la repompe d'Akira à celle d'un shonen bien bâtard avec un gars qu'on se bat les keusses de savoir quelque chose sur lui et qui va vivre tout seul dans une maison gigantesque, comme dans Mahoromatic ou Happy Lesson ou Hanaukyo Maids ou n'importe quel autre anime de merde dans le genre. Et il tombe sur la gonzesse à poil sur la plage mais elle est amnésique et elle arrête pas de dire "Nyuu" alors il décide de l'appeller "Nyuu", et en plus elle a comme des cônes sur la tête! Mais y'a que des gens super pointilleux qui verront la repompe sur Chobits, ou alors les filles parce qu'elles lisent toutes Clamp alors Chobits c'est un truc de gonzesses et alors elles verront pas Elfen Lied parce que y'a du sang et des seins partout, la vache faut pas que ma mère elle voit ça parce que sinon elle dira encore qu'on est revenus à l'époque du Club Dorothée. Et le mec, il prend la fille avec lui dans sa grande maison, mais comme elle est recherchée par l'armée et qu'elle vire schizo quand on l'attaque, ben ils pourront pas jouer au docteur tranquillement.
Assez rigolé, je commence à avoir des crampes à me la jouer skyblog.
Nous avons donc affaire à un digne représentant de la saison 2004-2005: aux côtés de Mai HiME ou Kannaduki No Miko, Elfen Lied est un pot particulièrement pourri de mélange de tout et de rien, ou plutôt de ce que le téléspectateur considère "cool": à savoir, Akira sans la prise de tête sur l'histoire et les harem animes sans prise de tête sur les filles - on pense très fort à DearS quand même. La gent féminine est d'ailleurs ici réduite à une sorte de caricature grotesque: les femmes y sont assistées, se font battre sans ménagement, sont connes et ont des gros seins (le dernier point est habituellement toléré, mais cumulé avec les autres, on obtient le summum du stéréotype). Quoi de surprenant quand le studio ARMS, reponsable de ce navet, a principalement des animes hentai sous sa ceinture (jeu de mots voulu)? Les méchants y sont trèèèèès méchants et les gentils sont très gentils, formant ainsi le casting le plus manichéen jamais vu dans un anime depuis Grendizer (et pourtant, moi aussi j'aime Goldorak); ça sert à quoi que les autres productions se décarcassent à éviter le schéma "blanc contre noir"?
A me lire, on a l'impression de se retrouver face à un mauvais anime, rien de plus. Mais alors, qu'est-ce qui rend cette production bien plus médiocre que les autres? Quelle est, à l'exception d'un fansub de merde, la pointe de mauvais goût qui rend l'ensemble irrécupérable, plongeant le téléspectateur dans un état de choc? La raison est relativement tordue, donc on peut la mettre sans mal sur le dos d'un producteur zélé: cette saloperie se croit artistique. Ou donne l'impression qu'elle se veut artistique, au choix. Primo: le générique d'intro. Visuellement, l'art designer a crié à qui voulait l'entendre qu'il s'est inspiré du "Baiser" de Klimt. Sauf que j'ai une info pour Aoki Tomoyuki (qui a bossé au même poste sur les OAVs de Shin Hokuto No Ken, rien de moins): mettre des nichons protubérants dans une peinture expressionniste, c'est comme rajouter une barbe à la Joconde et dire qu'on s'en est inspiré. Ca ne fait pas de vous un génie, et le châtiment approprié à ce sacrilège tient de l'ablation des phalanges avec une cuillère à pamplemousse. Accessoirement, il vaut mieux être français pour peindre des seins et faire passer ça pour de l'art sans risque d'être pris pour un pervers, mais je digresse.
Un autre élément qui ne trompe pas est la musique, dont le thème principal (lui aussi "inspiré", cette fois-ci par un psaume de Saint Jean dans une édition latine de la Bible!) est doté de chants qui me sembleraient volontiers samplés à partir d'un enregistrement sur dictaphone de Luciano Pavarotti faisant ses vocalises le matin. Je sais pas comment ils ont fait ça, mais on dirait mon numéro de téléphone sous forme de chants grégoriens. Merci également aux titres des épisodes en allemand, les Xéno-jeux-vidéo ont déjà prouvé que ça les rend tout de suite plus cools.
Sérieusement, à quel point doit-on descendre son seuil de tolérance pour trouver cet anime tout juste visionnable? Pardon, je me "prends trop la tête"? Relisez le début de cet article. Serait-ce parce qu'il n'est visuellement pas trop moche? Ceux qui pensent ainsi sont du genre à penser que Dead Or Alive est une série de jeux vidéo géniaux, limités à un bel emballage pour juger l'ensemble. Il suffit de mettre des culs partout pour vendre? Bel exemple de démagogie. Une mémoire dont la durée de vie se mesure en nanosecondes, qui a déjà oublié Akira et DearS, principales "inspirations" de cet anime à la profondeur égale à celle d'une flaque de pluie? Suffit-il de rajouter un air d'opéra en guide de bande-son et trois dorures dans le générique pour tromper les autres ou mieux les convaincre que tout anime est un incunable de l'inspiration artistique au pays du Soleil Levant, et non un produit industriel trop souvent produit à la chaîne? Elfen Lied décroche fièrement la timbale du plus mauvais anime actuellement visionnable et une nomination pour le pire titre de l'année pour les Tanukis Awards 2005. Bien joué.
09 février 2005
Full Metal Alchemist
Par Raton-Laveur le 09 février 2005, 18:57
Il était une fois une chaîne de télé française qui faisait une chute d'audimat. Et à chaque pourcentage en moins, elle se répétait: "jusqu'ici tout va bien... jusqu'ici tout va bien... mais c'est pas la chute qui compte, c'est l'atterrissage". Depuis que Canal Plus (ou Canal + pour les puristes) a décidé d'écouter son petit cousin qui regarde des fansubs, elle a fait une bonne et une mauvaise chose. La mauvaise: engager un réformé P4 de GameOne comme présentateur de la case horaire pour les 18-25 ans - chez Canal, on écrit pas "case" mais "Kaz" d'ailleurs. La bonne: taper dans le catalogue de Dybex et Kaze pour nous montrer des animes récents, mal doublés et avec le générique d'origine. Noir se termine (dixit Laura sur #editotaku: "ça vire au drame lesbien sur la fin"), et on enchaîne sur Full Metal Alchemist. La grande question étant: "vont-ils prononcer 'alkemist' ou 'alchemist'?"
Série en deux saisons commencée au Japon en octobre 2003; la vélocité de la chaîne cryptée est louable, voire détentrice du record de la diffusion d'un anime la plus rapide de la TV française. Au fait, les éditions Pika semblent être sur les starting blocks pour la version française du manga. C'est animé par le studio BONES (Wolf's Rain! Cowboy Bebop!), produit par Square-Enix (assurant une flopée de jeux certifiés pourris) et édité chez nous par Dybex (garantissant l'absence de piste audio japonaise sur C+ Numérique, contrairement à Kaze pour GTO). Faut voir le bon côté des choses: les dialogues, riches en termes ésotériques, ont plongé bon nombre de fansubbers dans une confusion proche de la mienne quand j'ai entendu Brandon de Beverly Hills 90210 expliquer à ses parents et avec l'air le plus sérieux du monde qu'il était bourré au volant et avait planté la décapotable parce qu' "on [lui] avait servi du ponch en lui disant que c'était du jus de fruits" (moralité: "maintenant, j'ai un casier judiciaire"). Bref, entre les homonculi et la pierre philosophale, les fansubs français ont donné des résultats hilarants.
Parce que c'est un peu ça, Hagane No Renkinjûtsushi (pour les frimeurs et les japonais) ou Full Metal Alchemist (pour les autres): une quête de la pierre philosophale pendant les 26 premiers épisodes, des homonculi (singulier: homonculus) pendant les 26 autres, et un peu d'humour pour diluer le tout.
L'histoire? Deux frangins enfreignent les lois de base de l'alchimie (c'est pas bien de sauter les pages écrites en rouge de "L'Alchimie pour les Nuls"; ça tombe bien, y'a un rappel au début de chaque épisode) et y laissent quelques plumes, plus un bras (pas d'inquiétude, il se fait greffer un bras bionic), une jambe et un corps entier. L'anime suit donc leur voyage initiatique dans un univers steampunk, avec une guerre civile qui couve et des alchimistes un peu partout. Le concept de cette "magie" dans l'anime est très écarté de la version de Nicolas Flamel pour pousser le facteur "fun" au maximum: résultat, des éclairs, des boules de feu, des Gatlings et des trucs délirants tout partout. Techniquement, c'est très agréable à l'oeil, les génériques (qui changent à chaque moitié de saison, un effort réservé aux valeurs sûres du marché) sont bons, la musique orchestrale est bien assumée... On voit où est passé l'argent et c'est tant mieux.
La première saison tient du shônen convenu, avec ses allusions à l'adolescence, la découverte du monde ou les horreurs que l'Homme peut connaître (l'épisode 7 a la réputation méritée de secouer les téléspectateurs; ne dites pas qu'on ne vous aura pas prévenu!). On se force un peu à regarder les 26 premiers épisodes (les personnages auxiliaires auraient peut-être mérité un peu plus d'attention), mais la suite est davantage à la hauteur; on passe d'un bon anime commercial à un très bon divertissement aux rebondissements calculés et à l'histoire développée. Ca change de Noir...
Série en deux saisons commencée au Japon en octobre 2003; la vélocité de la chaîne cryptée est louable, voire détentrice du record de la diffusion d'un anime la plus rapide de la TV française. Au fait, les éditions Pika semblent être sur les starting blocks pour la version française du manga. C'est animé par le studio BONES (Wolf's Rain! Cowboy Bebop!), produit par Square-Enix (assurant une flopée de jeux certifiés pourris) et édité chez nous par Dybex (garantissant l'absence de piste audio japonaise sur C+ Numérique, contrairement à Kaze pour GTO). Faut voir le bon côté des choses: les dialogues, riches en termes ésotériques, ont plongé bon nombre de fansubbers dans une confusion proche de la mienne quand j'ai entendu Brandon de Beverly Hills 90210 expliquer à ses parents et avec l'air le plus sérieux du monde qu'il était bourré au volant et avait planté la décapotable parce qu' "on [lui] avait servi du ponch en lui disant que c'était du jus de fruits" (moralité: "maintenant, j'ai un casier judiciaire"). Bref, entre les homonculi et la pierre philosophale, les fansubs français ont donné des résultats hilarants.
Parce que c'est un peu ça, Hagane No Renkinjûtsushi (pour les frimeurs et les japonais) ou Full Metal Alchemist (pour les autres): une quête de la pierre philosophale pendant les 26 premiers épisodes, des homonculi (singulier: homonculus) pendant les 26 autres, et un peu d'humour pour diluer le tout.
L'histoire? Deux frangins enfreignent les lois de base de l'alchimie (c'est pas bien de sauter les pages écrites en rouge de "L'Alchimie pour les Nuls"; ça tombe bien, y'a un rappel au début de chaque épisode) et y laissent quelques plumes, plus un bras (pas d'inquiétude, il se fait greffer un bras bionic), une jambe et un corps entier. L'anime suit donc leur voyage initiatique dans un univers steampunk, avec une guerre civile qui couve et des alchimistes un peu partout. Le concept de cette "magie" dans l'anime est très écarté de la version de Nicolas Flamel pour pousser le facteur "fun" au maximum: résultat, des éclairs, des boules de feu, des Gatlings et des trucs délirants tout partout. Techniquement, c'est très agréable à l'oeil, les génériques (qui changent à chaque moitié de saison, un effort réservé aux valeurs sûres du marché) sont bons, la musique orchestrale est bien assumée... On voit où est passé l'argent et c'est tant mieux.
La première saison tient du shônen convenu, avec ses allusions à l'adolescence, la découverte du monde ou les horreurs que l'Homme peut connaître (l'épisode 7 a la réputation méritée de secouer les téléspectateurs; ne dites pas qu'on ne vous aura pas prévenu!). On se force un peu à regarder les 26 premiers épisodes (les personnages auxiliaires auraient peut-être mérité un peu plus d'attention), mais la suite est davantage à la hauteur; on passe d'un bon anime commercial à un très bon divertissement aux rebondissements calculés et à l'histoire développée. Ca change de Noir...
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