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Relax, we understand jews

18 avril 2007

Un Monde Formidable

Le cinéma français a ceci de curieux qu'il n'a ni queue ni tête. Il y a des films entiers où il ne se passe strictement rien et où le générique de fin défile au moment où on s'y attend le moins. Quand on se retrouve avec un long-métrage de fromage-qui-pue avec une conclusion ou un fil conducteur autre qu'une rencontre fortuite sur le bord de la route, on dit qu'il est américanisé, ou pire, qu'il prend le spectateur pour un idiot. C'est pour ça que j'adore les films français avec une vraie fin : ils sont toujours surprenants simplement parce qu'ils en ont une, même si cette dernière est prévisible à mort. Regardez Entre ses Mains, vous verrez de quoi je parle.

La bédé française ne semble plus pouvoir s'offrir le luxe du non-dit et du vide narratif. Non seulement au prix des albums, mais aussi au vu du marché actuel... Anecdote : un gars que je connais avait pris rendez-vous aux éditions du Lombard à Paris pour présenter un projet. Il se pointe avec son carton à dessin à l'entrée de l'immeuble, partagé avec Dupuis et Dargaud. Il entre, hésite, ressort, vérifie l'adresse. Entre à nouveau, demande à la standardiste, coincée entre d'énormes silhouettes de Naruto et autres mangas à succès, une petite affiche de Spirou au Japon, et euh, il devait y avoir une référence aux éditions du Lombard dans un coin de l'accueil. Métaphore du bizness actuel s'il en est.

La bédé japonaise peut tout se permettre, et les éditeurs qui la traduisent peuvent également s'en donner à coeur joie. Un Monde Formidable va dans ce sens : de la tranche de vie, encore de la tranche de vie, et pour faire un sandwich entre les deux tranches de vie, encore une tranche de vie. C'est pas d'un ton triste, mais ça ne va franchement pas vous faire sauter de joie : des gamins qui parlent à des dieux de la mort (oué oué, c'est shinigami en japonais, on sait), des jeunes qui galèrent, des adultes qui ne savent pas quoi faire de leur vie... Ca voyage un peu dans le temps avec des persos qui gagnent dix ans d'un coup, la narration est assez anarchique (ou post-moderne, c'est comme vous le sentez), et ce n'est qu'à la fin du deuxième et dernier tome que tout ce beau monde finit par se rencontrer. Il ne faut pas chercher de message particulier en dehors des poncifs japonais habituels (la vie te file entre les doigts alors bouge-toi le cul, sois heureux, etc), et plus généralement, il ne faut pas chercher grand chose en achetant ces deux livres. Exactement comme pour tous les autres machins à tranches de vie, cinéma français compris.

Même l'éditeur (Kana, collection Madein) ne sait pas comment vendre le bousin. Les tomes se terminent sur une page expliquant une facette de la société nipponne survolée dans l'oeuvre (les étudiants rônins ou les brimades scolaires). Après la publication d'Un Monde Formidable, Kana vient de sortir un one-shot du même auteur, Inio Asano. Le site de l'éditeur français présente le bonhomme comme continuant à "dresser un portrait très noir de la société" nipponne. Mouais. Il y a du conte de fées un peu sombre dans le ton de l'auteur, c'est pas happy-happy-joy-joy, mais on n'est pas non plus dans le massacre sociologico-culturel à la Imbéciles Heureux. Le trait d'Inio Asano n'a rien de détaillé et les gens n'y sont jamais beaux, ce qui est parfaitement dans le ton des scénarios. Ces derniers sont bien écrits, on peut relire les deux volumes en boucle pour réaliser les variantes et comprendre quelques détails... Comme le cinoche français, je vous dis ; il s'y passe presque quelque chose. A réserver aux fans des films de Jaoui, Berri et compagnie.

14 avril 2007

Pour me répondre, écrivez les coordonnées GPS sur l'enveloppe



En week-end. Si je suis pas mort d'ici là, on se voit dimanche soir sur IRC : #editotaku@irc.worldnet.net, où il faudra commencer à se demander qui passe à l'Epitanime 2007, parce que c'est quand même le mois prochain.

13 avril 2007

Ren & Stimpy

Aujourd'hui, on dit que Bob l'Eponge est un dessin animé à l'humour adulte, et qu'on voit des choses à la télé qu'on n'aurait jamais osé faire il y a cinq ou dix ans de cela. A l'époque, le conglomérat Viacom (MTV/Nickelodeon et bien d'autres médias) faisait déjà dans le controversé avec Beavis & Butt-Head ou Jackass. C'était le début de la télévision épileptique et des syndromes d'attention déficiente : il fallait aller plus vite que les jeunes, passer d'un machin à un autre pour ne pas faire zapper le jeune téléspectateur.
Au milieu de ça, il y a eu un dessin animé sérieusement allumé et à la qualité inégale qui a tenu quelques saisons : le Ren & Stimpy Show. Canal Plus avait diffusé la chose en France, et ça a laissé des traces dans bien des inconscients ; le dernier épisode de la seconde saison (je devais avoir dix ans quand je l'ai vu), où Ren fait un prout si monumental qu'il croit avoir accouché et passe l'épisode à chercher désespérément son enfant, me hante encore aujourd'hui. Game One passe parfois la série à des heures indûes, genre le samedi matin. Des rééditions et collections en DVD sortent régulièrement, plus ou moins complètes et censurées, tant la série a connu une mise au monde chaotique - les producteurs avaient bien du mal à suivre les délires du réalisateur au nom imprononçable. Il y a des gags pour geeks (les épisodes dans l'espace sont cultes), des trucs franchement écoeurants avec déjections massives et variées, et un humour complètement nonsense comme on l'aime. Sans parler de la bande son, qui utilisait énormément de musique classique, ajoutant encore au décalage avec certaines chansons ayant des paroles comme "j'apprendrai à votre grand-mère comment sucer des oeufs".

J'ai passé mon temps à faire des captures d'écran de la série, avant de réaliser que pour toutes les mettre, il aurait fallu les caser entre chaque ligne (et je ne dis pas ça parce que ce texte est court). Prenons-en une au hasard : inutile de vous expliquer le contexte, ça n'aiderait guère.



Ren & Stimpy sont toujours vivants ; j'en parlais ici pour ceux qui ne connaissaient pas encore, mais je crois bien que vous avez déjà tous vu un épisode de cette série culte.

08 avril 2007

EVA Video ? Plutôt EVA Pinocchio LOL MDR

On avait déjà parlé du label EVA Video de chez Kaze, qui avait recyclé sa "Fille du 20 Heures" en "Fille du 21 heures". Kaze oblige, ils connaissent également les "éditions collector" faciles et bidon, en témoigne leur Front Innocent :



Edition Collector ? Mon cul : on trouve juste un poster format A5 plié dans la boite en plastoc, elle-même dans un fourreau cartonné qui "justifie" le "collector" écrit dessus. Et il y a le sous-titre français, ah, on peut toujours faire confiance à Kaze pour un bon sous-titre français : "Le Fiancé, l'Aristocrate et la Soubrette". On croirait lire du Régine Deforges.
Et oh, regardez la durée : sur la jaquette extérieure, 55 minutes. Car l'acheteur ne va pas prendre un anime d'une demi-heure au prix où sont les dévédés chez Kaze, faut bien le motiver ma bonne dame. Mais dans la jaquette intérieure, paf, durée réelle de 25 minutes. Une faute ? Ben voyons. Bonus, making of ? Presque, ils ont mis 100 balles et un Mars à la place. C'est pas bien de mentir.


Nan, pas de session IRC officielle ce soir sur #editotaku@irc.worldnet.net, on ne va pas vous faire rater votre week-end de Pâques quand même. Enfin bon, on est quand même là et on parle du OH SAINTE MERE DE DIEU générique de Lucky Star, dont le nom n'a rien à voir avec un manga éponyme et hentai du grand Oh! Great. C'est maintenant une certitude, le studio Kyoto Animation sauvera la japanime.

06 avril 2007

Metal Slug Anthology



Ce qui est important, ce n'est pas le prix : 50 € au lieu des 60 habituels. Nonobstant, une sale habitude qui a tendance à disparaître sur la Wii, Nintendo mettant la plupart de ses jeux 10 eurobrouzoufs moins cher.

Ce n'est pas non plus le fait qu'il y ait sept Metal Slug sur un disque, soit la quasi-intégrale des versions de salon (il ne manque que les bouses genre Metal Slug 3D dont tout le monde se fout).

Ce n'est pas le raton non plus. On s'en tape de lui.

Ce n'est pas non plus le fait qu'au milieu des configurations débilos pour jouer, seule l'utilisation de la manette GameCube est acceptable. On parle de Metal Slug, nom de Dieu, on peut pas accepter de perdre du temps et de la précision en secouant la manette pour grenader. Au pire, on doit trouver un stick Neo Geo pour ps2, le relier à la Wii via un convertisseur GameCube, et merde quoi.

Ce n'est pas non plus le fait que la Neo Geo va être ajoutée à la liste des consoles gérées par la Virtual Console et que ces jeux seront vendus (sans doute séparément et plus cher).

Nan, ce qui compte, c'est le jeu toujours sous blister. Parce que non seulement il va être édité à trois exemplaires et risque d'être dur à trouver en occase, mais surtout, parce que le super travail d'import/émulation/édition de chez Ignition doit être récompensé. Rachetez votre âme pour toutes ces roms téléchargées.

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