Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


C'est incroyable le nombre de trucs anglais intraduisibles en français : bitchslap, futureproof, ass-to-mouth...

06 mai 2007

Mettez-m'en deux de chaque - Dimanche

(Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi, Omake)

Voyons voyons... Toute cette semaine, j'ai visité le cas étrange des doublons dans les collections. Pourquoi racheter une seconde (ou une troisième) fois un truc qu'on a déjà ? Pour l'emporter avec soi ? Pour remplacer un import, même si ce dernier est de meilleure facture ? Par peur que le premier exemplaire ne nous pète dans les doigts ? Par oubli, peut-être ? Pour le donner à un tiers afin de partager votre plaisir ? Ou parce qu'une nouvelle (et meilleure ?) version vient de sortir ? Au fond, toute cette histoire peut se résumer à une appréciation - inconsidérée ? - pour une oeuvre particulière. Certains sociologues arguaient que le format DVD, plus "résistant" au temps et aux lectures multiples, pouvait s'apparenter au consommateur comme la réelle possession du film proprement dit, là où la VHS n'était qu'une copie de ce dernier. Mais on ne laisse pas son magnétoscope sous la télé, tout comme on ne laisse pas la Mega Drive à coté de la 82 cm.

Cependant, cette manie des versions multiples reste propre à cette pop-culture qui nous passionne tant. Un livre reste le même, qu'il soit au format poche ou relié-cartonné-marque-page-en-fil-doré. Rien ne ressemble plus à un album blanc des Beatles qu'une autre édition de l'album blanc des Beatles. Mais quand on parle de longs-métrages d'animation ou de jeux vidéo, panique ! Contenu différent d'une version à l'autre, image et son plus ou moins fidèles d'un éditeur à un autre, et ça ressort sans arrêt quand un nouveau format débarque. Pas besoin de râler sur les droits d'auteur qui ne tombent pas avant presque un siècle ; d'ici là, on ne saura même plus comment faire fonctionner la moindre cartouche qui aura survécu. Le fétichisme de la belle boite et des manuels avec les cartes pliées commence à devenir un luxe qu'on fait payer 10 € de plus dans une édition collector... Mettez ça sur le dos des "achats numériques" via téléchargement.

J'ai écrit plus haut que ces achats multiples, c'est quand même parce qu'on adore le bousin, peu importe le format. Tenez, l'exemple qui conclut cette semaine : Wing Commander IV - The Price of Freedom, qui doit être un de mes jeux favoris sur PC, toutes générations confondues. Voilà, c'est dit ; je ne pourrais faire un article à son sujet sans que ça vire au dossier. Je viens d'assembler un PC et de me faire chier avec l'autoexec.bat et le config.sys rien que pour y rejouer, c'est dire. Mais j'en ai un doublon juste parce que je l'aime, ce jeu. Peut-être pour le prêter, peut-être pour le garder dans un coffre-fort, peut-être en copie de sauvegarde (y'a 6 CD quand même !). Dans l'épisode 3 de Lucky Star, anime dont on reparlera prochainement dans cette colonne, Izumi, qui est une représentation du spectateur, explique tout ça à sa copine : est-ce qu'on ne doit pas avoir deux ou trois exemplaires d'un truc qu'on adore ? C'est pas ton cas ? Alors c'est parce que je suis un otaku.

Mettez-m'en deux de chaque - Omake

(Premier épisode)



(Dimanche)

La session IRC hebdomadaire commence à 21 heures, et c'est sur #editotaku@irc.worldnet.net !

05 mai 2007

Mettez-m'en deux de chaque - Samedi

(Vendredi)



Ca, j'aime moins : le doublon multi-versions parce qu'il y en a certaines qui sont mieux que d'autres. Call of Cthulhu - Dark Corners of the Earth est un jeu à l'ambiance surprenante, ne serait-ce que pour ses architectures et son moteur 3D au traitement de la lumière étonnant ; je ne pensais pas qu'un jour, je qualifierais une lumière de "crémeuse", ben là, c'est le cas. On se croit dans les bouquins de Lovecraft, aux lieux décrépis et poisseux, aux humains corrompus, aux monstres réellement indescriptibles puisqu'il vaut mieux ne pas les regarder... Mais en tant que jeu, c'est un peu moins ça : on a rarement 36 façons de s'en tirer et il vaut mieux vite trouver la bonne sous peine de recharger sa sauvegarde toute la soirée, la difficulté ne s'adresse pas franchement aux débutants (tant pis pour les fans de HPL qui s'y essaient sans être gamers), et la maniabilité est taillée pour la Xbox. On ne peut même pas changer la config du clavier, et il ne gère pas les pads... Alors on rachète le jeu sur console, avec un vague soupir dans la gorge. Surtout maintenant qu'il n'est plus trop facile à trouver.

Dans le temps, on accumulait les doublons VHS-DVD lors du passage au nouveau format ; à présent, on commence à voir fleurir les doublons HD chez les tarés qui convertissent déjà leur vidéothèque, parce que c'est "la nouvelle version". Ou Kaze et Cie qui sortent les DVD d'un anime à l'unité dans une édition soi-disant limitée, et à la sortie du dernier volume, sortent un pack à trouzemille exemplaires de l'intégrale à un prix spécial et sans tube de vaseline (cas d'école : DNA²). Puis ils retirent rapidement les disques à l'unité, amenant les retardataires à acheter un paquet juste pour compléter leur collection - et y ajouter quelques doublons. Et ces "doublons de la version+", on les trouve aussi avec les rééditions mégasupermieux, genre Cowboy Bebop chez Dybex - le même Dybex qui dénigrait il y a quelques années le collège Déclic Images et ses éditions multiples. Sans parler des rééditions multiples de mangas (exemple parfait : Dragon Ball chez Glénat), avec un nouveau sens de lecture, une nouvelle couverture, une nouvelle traduction... Comme les DVD de films à la X-Men 1.5 ou Spider-Man 2.1, mais en pire. A coté de ces arnaques, Georges Lucas et ses nouvelles versions de Star Wars tous les dix ans passe pour un voleur à la tire.

Purée, cette semaine d'articles atteint le degré zéro de l'otakisme.

Et dans les jeux vidéo, c'est la même chose à la sortie d'une nouvelle console ; combien rachèteront Ninja Gaiden en version Black puis Sigma ? Qui a acheté Dead or Alive en version Ultimate pour le mode XboxLive ? Phantasy Star Online en v2 et Blue Burst pour les quelques nouvelles quêtes et le même moteur 3D anémique ? Rez sur ps2 pour les 60 images/seconde ? SoulCalibur 2 pour les persos propres à chaque console ? Splinter Cell Double Agent pour les variations de scénario, ou la version ps2 de Splinter Cell pour les niveaux retravaillés ? Metal Gear Solid 1/2/3 Twin Snakes/Substance/Subsistence pour les ajouts mineurs (surtout maintenant que Konami a débranché le mode multi de MGS3) ? Et les mises à jour annuelles des jeux de sport ? Quels sont ceux qui reprendront les mêmes jeux sur Wii (Zelda, Resident Evil, Prince of Persia, etc) pour la visée à l'écran de la Wiimote ? Les donblons ont encore de beaux jours devant eux.

(Omake)

04 mai 2007

Mettez-m'en deux de chaque - Vendredi

(Jeudi)



En voilà un que j'adore : le doublon ambassadeur. Pas avec les chocolats à la con et les putes de luxe, hein, je parle du vrai ambassadeur, qui oeuvre pour l'amour entre les peuples et la compréhension mutuelle en négociant les échanges de culture et d'armes gros calibre. L'ambassadeur qui aime son jeu vidéo et sait en faire don à son prochain, qui se laisse perdre pendant les premiers rounds pour ne pas écoeurer les invités, qui fait de grands dessins sur des tableaux blancs pour expliquer le mode Onslaught ou écrit un tutorial, et a toujours une boite de coté pour le p'tit gars qui cherche un bon jeu.

Nintendo a bien compris ça en généralisant le partage de jeu sur ses portables, permettant de jouer à plusieurs avec une seule cartouche. La stratégie du dealer : la première dose est gratuite. Et plus généralement, c'est pour ça que beaucoup de jeux sortent avec un mode multijoueur souvent bâclé, comme une exigence de l'éditeur. Ca prolonge la durée de vie du titre, paraît-il. Avec les numéros de série, c'est moins facile à pirater, qu'ils disent. Mais ça peut aussi multiplier les ventes, un client le conseillant à un autre pour jouer ensemble - la poussée d'Archimède revue et corrigée pour les liens sociaux. En version exacerbée, ça donne les jeux massivement multijoueurs - mais ça, on en parle déjà dans le Tiers-Beta.

J'adore les Unreal Tournament - 2004 ou pas - le studio Epic Games et la communauté de ces jeux. C'est beau, ça va droit au but, et c'est plein de niveaux, d'armes, de goodies. On peut toujours y jouer, qu'on soit deux ou trente dans la salle. Pas besoin de garder le disque dans le lecteur, le "No-CD" est inclus dans le patch officiel avec quelques cartes en cadeau. Tu veux créer les tiennes, ou faire tes skins et modèles 3D ? Tout est fourni, avec même un plugin pour Maya (et le Maya gratuit qui va avec est sur le disque) et un second DVD avec des heures de vidéos pour tout apprendre, sans parler des distributions de code source. Oh, et l'installeur pour Linux est déjà dans le disque.

J'ose croire que vous avez déjà tous fait ça : offrir un second exemplaire de quelque chose que vous avez adoré à quelqu'un que vous aimez, pour propager la bonne parole et partager les bons moments. Avec un sourire et une pointe de jalousie : "le veinard, il va vivre ça pour la première fois, lui." C'est ce que je me dis régulièrement quand j'écris un article sur un jeu obscur. C'est pour ça que je peux rédiger des pages sans dire un mot sur le scénario ou les personnages ; par peur presque panique de vous révéler la moindre surprise, pour que vous puissiez expérimenter ces divertissements de la manière la plus "vierge" qui soit. Tout du moins, c'est ce que je m'efforce souvent de faire quand je communique ma passion pour ces jeux, ces films, ces livres. Mais avoir un doublon par esprit missionnaire, c'est quand même révervé aux obsédés.

(Samedi)

03 mai 2007

Mettez-m'en deux de chaque - Jeudi

(Mercredi)



Bon, j'ai oublié que je l'avais déjà et je l'ai racheté sur Wii avant de retrouver la cartouche une semaine plus tard. CA ARRIVE A TOUT LE MONDE.

(Vendredi)

- page 72 de 319 -