Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


Nuisible pour votre santé mentale depuis 2000

21 mai 2007

Epitanime 2007

Pour les deux du fond de la salle qui n'ont pas suivi, il n'y a pas eu d'articles parce que j'étais à l'Epitanime. Rien de spécial, y'avait quelques milliers d'otakus dans ce cas.


Comme eux, là.


Et il y avait Yoshitoshi ABe. Quelques dizaines se sont fait faire des dédicaces. Rien de remarquable sur l'échelle de l'otakisme, donc.


L'échelon en dessous, c'est quand on est revendeur et qu'on prend un peu trop de soin à assembler les figurines du stand.


Ou se faire prendre en photo à coté du maitre. Quelques otaques ont eu le réflexe d'immortaliser leur bouille avec la sienne.


Ou avec celle de J.M. Ken Niimura, le dessinateur du Japonais en Manga.


Mais il n'y en a eu qu'un seul pour faire un cliché comme CA :



Tout le monde peut rentrer dans son doux logis, j'ai battu le record d'otakisme, cédant l'enveloppe charnelle à une mascotte débile. Après avoir cliqué sur le bouton "Envoyer" qui postera ce petit texte, je me tirerai une balle dans la tête, puisque ma mission en ce bas monde a été accomplie.





Pendant que j'y suis : même si j'ai fait beaucoup usage du mot "merci", le vocabulaire me manque pour décrire la sympathie et la gentillesse de toutes celles et tous ceux qui ont reconnu la peluche et échangé quelques mots à propos de l'éditotaku. Encore merci. Pas mal d'heures de sommeil à récupérer, alors pour le moment, dodo.



Album photo

14 mai 2007

L'article pour éjecter le précédent du haut de la page de garde

Parce que bon, Soleil, c'est vraiment de la merde, poussons ça vers les archives.



Dans le Libé d'aujourd'hui, il y a un petit encadré sur la sortie prochaine de Manhunt 2 sur Wii. Bon, on s'en bat un peu l'oeuf vu que le premier épisode était carrément médiocre. Mais il y a également une citation de Stéphane Bole (*), qui "ne cache pas [son] incompréhension quant à la décision de Take Two de proposer ce jeu sur la Wii".

Parenthèse sur la presse vidéoludique.
Avec la citation de M. Bole, jouons à l'avocat du diable et prenons sa défense. Il parle à Libération, un quotidien pas spécialisé dans le jeu vidéo. Il ne sait peut-être pas que les gens qui s'occupent de cette rubrique sont aussi (sinon plus) compétents que les gens de la presse spécialisée en la matière. Pour M. Bole, s'exprimer dans Libé, c'est s'exprimer aux CSP+, public large. Il ne va donc pas se vanter là-dedans d'avoir un jeu ultraviolent sur la Wii. Alors il joue les vierges effarouchées - question de communication.
Communication, communication. Dans l'article précédent de cette colonne (vous savez, celui qui descend à cause du texte que vous lisez en ce moment), je déplorais les sites de jeux vidéo qui se passent une "news" à l'infini ; cette dernière fait la ronde des sites jusqu'à devenir une parodie de téléphone arabe et la source est oubliée en l'espace de quelques heures. J'ai sur mon bureau le CanardPC de cette semaine, qui reprend des "citations" de Ken Kutaragi au sujet de la ps3, sauf que certaines sont complètement bidonnées.
Bien sûr, ces gens sont dûment payés pour ça : chaque éditorialiste du réseau Gawker (éditant des blogs "professionnels" : Kotaku, Joystiq, Gizmodo et d'autres - fluctuat est un clone francais de ce système) touche une douzaine de dollars par "news"... même si ces dernières sont régulièrement pompées sur les mêmes sites ou tout simplement bâclées. Certains glands de haut niveau peuvent même reproduire un communiqué de presse sur Nervous Brickdown et titrer la news "Nervous Brakedown bientôt lancé". La "presse de jeux vidéo" est un gigantesque presse-papiers Windows qui recopie les newsletters des éditeurs, ça n'a rien de neuf.
Fin de la parenthèse sur la presse vidéoludique.

Considérant la logithèque anémique de la Wii et son lineup carrément asthmatique pour les prochains mois, l' "incompréhension" de M. Bole n'est pas forcément celle qu'on croit. Pourquoi sortir un jeu sur une console qui n'en a presque pas ? Simple : pas de jeux, pas de concurrence. La console est dans de nombreux foyers, et même si elle n'est pas en tête de son marché, les acheteurs n'en seront que plus affamés. Voire : on peut ainsi sortir des titres de qualité qui seront garantis de se vendre.

Exemple pratique : la psp (encore elle). A sa sortie, le studio derrière Pursuit Force essuyait régulièrement des interviews leur demandant pourquoi le jeu n'était pas sorti sur ps2 - réponse, parce que la concurrence y est féroce, alors que là, leur jeu a un public acquis. Cette théorie s'est a fortiori confirmée au fur et à mesure que la console se faisait planter par la DS, ses possesseurs achetant tout ce qui pouvait nourrir leur machine. Enfin, pour peu qu'ils ne piratent pas comme des gorets, évidemment.
Par ailleurs, mes théories du mois dernier semblent se confirmer : au lieu de l'enterrer, sony vient de lancer une nouvelle campagne de pub pour la psp, en l'orientant vers les jeunes ados. Et sony compte bien lier la console à sa grande soeur de salon via le playstation network pour acheter des produits en téléchargement - ce qui a déjà commencé avec les titres ps1. Prise de risque plus faible (pas de média à fabriquer, pas d'intermédiaires qui prennent leur part du gâteau à la vente...), batterie qui tient plus longtemps (le lecteur UMD étant au repos), c'est gagnant-gagnant, comme disait l'autre.

En l'absence de jeux sur DVD, les possesseurs de Wii alimentent leur console en achetant des vieilleries sur console virtuelle. Depuis le Cube, Nintendo se débat pour prouver qu'ils ne sont pas "que pour les enfants", avec des produits comme Wii Sports qui fédèrent tous les âges. Enfin, ceux qui se plaignent de l'image "Nintendo = gamins" sont les ados qui veulent des machins bien violents pour les rassurer dans leur fin de puberté plus ou moins avérée... et qui ont bien aimé Manhunt, tiens donc. Avons-nous un équivalent dans la logithèque Wii ? Non. Oh, voilà Manhunt 2 annoncé sur la console. Mais Stéphane Bole "ne comprend pas". On l'a connu plus perspicace.



(*) Libé écrit "Stephen Bole", mais la page de contact sur le site de Nintendo France met "Stéphane Bole" (**).

(**) Private joke : Ha ha !

13 mai 2007

Soleil Noir

Mon copain Keul vient de me rappeler que je n'ai pas respecté une loi des sites web bédéphiles francais. Bah oui, ça parle de mangas ici, donc de bandes dessinées. Et en France, il est important de suivre quelques règles. Une d'entre elles est fort simple :

Il faut dire que les éditions Soleil, c'est de la merde.

Soleil édite du manga, mais on s'en tape. Par exemple, ils font Di-Gi Charat ; j'ai eu l'occasion de discuter dans le métro parisien avec Flo, le traducteur... et autant ce type peut être décrit comme le gendre idéal, autant je ne l'ai jamais vu s'emporter ainsi alors qu'il se remémorait la souffrance de ce labeur. J'en ai conclu que traduire DGC, c'est comme se faire émasculer avec un sucre d'orge rose fluo : ça prend du temps, ça fait mal, et à cause du sucre, le sang coagule pas, ça ne cicatrise pas et on en met partout. Un pote qui collectionne tous les mangas "moé" de la création considère son tome de Di-Gi Charat comme la pustule de sa bibliothèque. Voilà pour la collection Soleil Manga.

Soleil, c'est comme les éditions FJM pour la presse ; ça publie tout et n'importe quoi pour inonder le marché et étouffer la compétition. Ou comme les autobiographies écrites par des nègres qui nous font croire qu'on peut prononcer l'équivalent de 113 pages en dix secondes. C'est de la merde. Si vous cherchez de la bédé francaise dépourvue de scénario, de saveur, avec des couleurs tirées d'une même palette Photoshop utilisée pour 90 albums différents, avec des "effets manga" genre gouttes de sueur et couleurs de cheveux bizarres à chaque page, mangez du Soleil.
Bref, je n'avais jamais parlé de Soleil dans cette colonne, et Keul m'a rappelé à l'ordre. Pourquoi le manga bouffe complètement le marché français ? Si la franco-belge se fait fumer (ho ho ho), c'est parce que pour un nouveau Blacksad, il y a dix albums pourris de blagues sur les blondes/profs/psys/etc. Le neuvième art européen observe le succès des mangas, et en tire une leçon : si ça marche, c'est parce que c'est une industrie éditée à la chaine. A lui seul, Titeuf a prouvé aux éditeurs que le sous-Petit-Spirou, la resucée de Cédric, le dessin de merde allié à un humour pipi-caca, se vend plus que du Van Hamme ou du Loisel. Un pays se dessine la bédé qu'il mérite.

C'est une série d'albums vendus à 9,45 €, le premier étant sorti l'été dernier. Le scénariste se nomme LOL, le dessinateur est MDR, le coloriste HUM - aucune autre mention à l'intérieur, pas de remerciements ou quoi que ce soit. C'est censé raconter les tranches de vie de djeunz "accros à MSN", à travers leurs conversations. Extraits que vous pouvez télécharger depuis le site de l'éditeur :



Pendant ce temps, sur bashfr.org, site recensant les perles des discussions sur IRC :



Encore !





Une dernière !






Tout le reste est identique : l'intégralité des vannes vient de bashfr. Attention, pas d'internet, pas de msn, pas de blagues éculées, non, juste de bashfr. Vuillemin et ses sales blagues de l'Echo a au moins la sagesse de rappeler au début de chaque recueil que ces plaisanteries sont issues d'un patrimoine commun (et que ça fait peur), la source étant perdue depuis longtemps. Et accessoirement, lui, il a du talent pour donner ce ton si rabelaisien à ses planches. Les éditions Soleil se servent sur un seul site, qu'elles n'ont même pas eu la politesse de prévenir, dixit les admins.

Oh, pas besoin d'en appeler à la justice. C'est un cas avéré de plagiat, certes. Bashfr ne revendique pas la propriété des perles hébergées sur le site (Dieu merci), mais Soleil n'hésite pas à demander de l'argent pour ça. Le "scénariste" qui se planque derrière le pseudonyme de LOL est un connard, c'est un fait, et son éditeur est un homme immensément riche, c'en est un autre (de fait).
Soleil ne peut pas se planquer derrière le "droit de citation", qui n'autorise qu'à la publication d'un court extrait d'une "oeuvre", ladite oeuvre étant donc la perle de quelques lignes publiée sur le site. Un "bashé" estimant que le bouquin lui porte préjudice devrait donc prouver, avec les autres membres de la conversation "bashée", que c'est bien lui et ses potes qui se cachaient derrière les pseudonymes. Et le préjudice serait uniquement financier, puisque le préjudice moral est déjà causé par bashfr (mais dont ils ne se plaignent pas, puisqu'ils auraient pu éviter la repompe dans l'album en se faisant retirer de bashfr en premier lieu, vous me suivez ?). Mais comment estimer le dédommagement financier d'une courte vanne dans un livre de cinquante pages ? Et comme les gars de chez bashfr.org ont oublié d'être cons, ils ne vont pas se risquer à défendre les droits de leurs "victimes", la plupart étant citées à leur insu ; le principe de bashfr reste d'exposer aux yeux de tous des conneries sorties lors de conversations (plus ou moins) privées, ce qui est répréhensible en soi. Dans un monde parfait, bashfr aurait pu demander à retirer l'album des linéaires, au nom de la propriété intellectuelle des textes qu'ils hébergent. Dans un monde parfait.

Ce qui m'amuse le plus dans cette histoire, c'est que l'Internet geekophile - celui qui lit bashfr - est tout colère de ce vol éhonté, mais n'a rien à proposer pour éviter que ça se reproduise ou qu'un troisième tome de la série puisse voir le jour. Ca papote, ça se "me too"-ise, ça s'improvise avocat, mais ça reste avec les doigts profondément enfoncés dans le cul. Tous les soirs, Denisot, GameOne et Arthur peuvent pomper leurs vannes et leurs vidéos sur YouTube - prouvant que la télévision a tellement peur de perdre du temps de cerveau face au Web qu'elle en est réduite à le copier - et nous soupirons dès qu'on allume le poste. Kotaku, Fluctuat et Cie peuvent faire la chenille en se passant ad nausea les mêmes citations et "infos" jusqu'à en oublier la source en l'espace de quelques heures, mais nous cliquons... Sans forcément réaliser que le simple fait de charger la page augmente leurs statistiques publicitaires, financant cette parodie de journalisme. Nous soupirons. Nous sommes une statistique soupirante qui n'en fout pas une rame, même quand on vient jusque dans nos bras, plagier nos quotes et nos bonnes blagues. Aux larmes, citoyens.

Sérieusement, c'était quand, la dernière fois que la communauté geek/nerd/otaku francophone a pris les armes médiatiques parce qu'elle s'est sentie spoliée ? Je vais vous le dire. C'était au début de l'année, quand un internaute a déterré un écrit de la candidate socialiste aux élections présidentielles où elle démontait la japanime. Le site existe toujours ; il est simple et rapide dans sa dénonciation, se contenant de laisser parler les extraits. Il n'est rattaché à aucun autre site web, ne contient aucune publicité. Pire, la mention en page de garde prétend que "ce site est le fruit d'une initiative personnelle d'information et n'est pas issu d'un quelconque parti politique". Il a fait le tour des forums, sites de news et salons de discussion. Finalement, LeMonde.fr en a parlé, précisant que l'auteur n'est certes pas militant de droite, mais participe à un blog de l'UMP. Nombre d'observateurs se sont forcés à croire que l'otaku moyen doté d'une carte d'électeur ne verrait pas son vote influencé par des considérations si mineures. Ce n'est pas mon avis.

Le fait est que pour le coup, un otaque s'est bougé les fesses, a milité et a fait assez de bruit pour être repris par un média national. Mais il a fait ça non pas par considération otakiste, mais politique. Le geek francais, lui, a trop la flemme de dénoncer haut et fort qu'un mauvais éditeur de BD vend un torchon piochant directement dans son subconscient culturel. Il se dit qu'ils sont 400 millions dans le monde à être de son avis. Il se contente de poster sur un forum dans un topic de 3000 réponses, pensant qu'il fait quelque chose, que son message soigneusement rédigé n'est pas qu'un cluster sur le disque dur d'un serveur Dell ronronnant dans un data center oublié à l'autre bout du monde. Il ne fait rien de plus. Il a la flemme de défendre cela. Alors, pendant que d'autres se font du fric sur son dos, il soupire.



Convention Epitanime 2007

TANUKIIII-CHANNELLUUU! Dimanche soir ! 21 heures ! #editotaku@irc.worldnet.net, comme chaque semaine ! C'est le dernier moment pour préparer l'Epitanime 2007 ! Il y aura Yoshitoshi ABe en invité et un stand pour le nouvel éditeur de DVD qui a les licences d'Higurashi et de Dokuro-chan !
Pour rappel, je monte à Paris chaque année rien que pour ça depuis des années, alors si vous passez dans le coin, c'est l'occasion rêvée pour me violer avec un gros extincteur rouge ! Je serai là pendant toute la convention (de vendredi soir à dimanche soir non-stop) et en ville dès mercredi soir. Envie de me montrer votre collection de doublons ou de me raconter au restau pourquoi votre obsession pour le bondage en hentai remonte à Assurancetourix ligoté dans les scènes de banquet à la fin des albums d'Astérix ? Passez ce soir sur IRC ou envoyez un mail pour réserver votre raton laveur livré à domicile pendant les journées de jeudi et vendredi ou pour avoir les signaux de reconnaissance pendant l'Epitanime ! Profitez-en, c'est une offre unique ! Et quand je dis "unique", c'est parce qu'à chaque fois qu'un gentil lecteur me rencontre en vrai, il ne renouvelle plus jamais l'expérience, filtre mon numéro de portable et obtient de son tribunal l'interdiction que je l'approche physiquement à moins de dix mètres ! L'Epitanime est le seul truc qui me motive encore à rester en vie jusqu'à l'édition suivante, à écrire avec des points d'exclamation à chaque phrase et à faire 800 km aller et pareil au retour, ne ratez pas ça !

10 mai 2007

Scandale : Nintendo se met aux devinettes, épisode 2

(premier épisode avec Nintendogs, et tous les articles précédents sur Animal Crossing)

Dans Animal Crossing Wild World, il y a un bar où le tavernier est un pigeon fort bien élevé qui vous sert le café. Comme la plupart des personnages du jeu, au début, il vous parle à peine. Un peu comme dans la vraie vie, sauf que certaines personnes restent coincées à ce stade. Pour peu que vous sauvegardiez régulièrement pour ne pas vous faire agresser par une taupe, au fur et à mesure que vous prenez un café sur le zinc, Robusto (c'est le nom dudit pigeon barman) vous raconte sa vie. C'est mignon et ça en dit tellement sur l'ambiance de ce "jeu" ; si vous n'avez pas encore acheté un exemplaire à votre petite cousine, c'est ce genre de moments qui vous fait céder. Puis, quand ladite cousine devient une habituée de ses cafés si bien torréfiés et que vous ne regardez pas l'écran de la DS par-dessus son épaule, Robusto lui fait une proposition quelque peu indécente :


Hum, okay, c'est rien, ça doit être la faute à mon esprit perverti. Animal Crossing est un jeu innocent, demande un café bien noir, paie et casse-toi. Attends quelques jours avant de revenir, quand même.

Un mois plus tard



Ah en effet, je me suis toujours demandé comment il pouvait être aussi onctueux et EST-CE QU'IL VIENT DE ME DEMANDER CE QU'IL VIENT DE ME DEMANDER ?!



...



C'est comme si le jeu s'auto-censurait sous nos yeux. J'ai toujours considéré que la langue française était assez expansive pour qu'on puisse exprimer ses sentiments sans avoir recours à des smileys, qui ne sont que la solution bête et méchante de celui qui a la flemme d'écrire correctement ; ces frimousses ont été inventées pour abréger les saisies au clavier sur les conversations en direct, et devraient rester cantonnées à ces dernières. Mais là, franchement, O_o .

08 mai 2007

Demonlover

Ca ne se voit pas forcément, mais une partie de moi est super contente, là tout de suite. Parce qu'avant Demonlover, je passais pour un con dans les soirées entre potes. Si la discussion abordait le cinéma et que la question sur le "pire film que vous ayez jamais vu" arrivait sur la table, je ne savais pas quoi répondre. Certains parlaient des pelloches alimentaires d'acteurs has been, d'autres abordaient les nanars sans vraiment comprendre que leurs faiblesses faisaient justement leurs forces. Mais je restais silencieux. Plus maintenant.

Demonlover est un film francais. Insérez ici commentaire désobligeant sur l'état du cinoche des fromages qui puent. Procédons par étapes. Demonlover est un thriller francais. Non pas que ce genre soit obligé de pomper sur les américains, loin de là, puisque Demonlover est un thriller financier (francais).

Et puis merde, lâchons la caisse. Demonlover parle de businessmen qui s'arrachent les droits d'édition d'un studio de japanime spécialisé dans le hentai.

Ben ouais.

Imaginez donc : un film sur les éditeurs francais de japanime. Kaze et Dybex (ou Déclic Images et Mabell, je suis pas sectaire) qui se tirent dans les pattes, se font des coups bas, droguent leurs négociateurs dans l'avion vers Tokyo, menacent leurs concurrents avec un flingue dans un parking souterrain à Paris. En relisant la phrase précédente, l'hilarité m'envahit. Bref, imaginez la même chose, mais pour du hentai, avec visite des studios : les négociateurs francais (un homme et une femme) ne parlent pas un mot de japonais, et une interprète traduit les propos du réalisateur qui raconte le scénario de leur dernier film, avec des ninjas qui se font violer par des tentacules. Pendant ce temps, la caméra montre l'anime en question (qui existe vraiment). Je mate ça sur le satellite, et en bas de l'écran, la pastille de recommandation d'âge du CSA indique "-12". Il est 10 heures du matin, j'ai du hentai bien hardcore avec bondage, tentacules et viol dans une piscine à la télé, et le fucking CSA marque "-12". Puis ils boivent du saké avec les producteurs, et la négociatrice demande une réponse précise, tout de suite là sur la table, de savoir si les personnages sont vraiment majeurs, parce que les filles n'ont pas de poils pubiens. Ben quoi, elle n'a jamais utilisé un rasoir, que voulez-vous. Pendant ce temps, le mec (Charles Berling, méconnaissable) est en train de culbuter la traductrice dans sa chambre d'hôtel en matant des vidéos de bondage. Toujours "-12" dans le coin de l'image.

Ensuite, ils rentrent en France, et déjà que c'était sacrément siphonné, ça vire au n'importe quoi. Comme c'est un thriller financier, il y a des espions, des pressions, des scandales qui sortent d'une chemise en carton. Une femme pose des micros sous un téléphone, se fait surprendre, et massacre sa victime avant de se réveiller. Sauf que non, c'était la réalité, ou pas. Les acteurs sont beaux comme des dieux, avec des cravates qui coûtent plus cher que toute ma collection de jeux vidéo. D'ailleurs, on y voit Chloé Sévigny jouer à Oni. Ils ont des appartements gigantesques, conduisent des voitures qui n'ont rien de remarquable sans attacher leur ceinture, sortent des dialogues écrits, relus et corrigés sur un Apple iBook 19 pouces. Le caméraman a la tremblante, semble garder le décalage horaire entre Tokyo et Paris, quand l'action ne se téléporte pas soudainement aux USA ou au Mexique. Un personnage change complètement d'avis d'une scène à l'autre, une gonzesse déteste un mec, couche avec, le flingue post-coït, et finit en cosplay X-Men sado-maso pour un site web porno (sans déconner). Tout est plastique, artificiel : ça passe d'une repompe de Mulholland Drive à une diatribe contre les médias-qui-rendent-violent - genre Kassovitz avec Assassin(s), mais en encore plus lourdingue. Un de ces trucs néo-contemporains, tournés comme des clips de trip-hop qui doivent faire bander Ardisson ou Beigbeder. Le film se parle à lui-même (en trois langues), nombriliste, prétentieux, avec des partisans qui doivent dire que si on n'a pas aimé, c'est sûrement parce qu'on est trop con pour comprendre. Ouais, je n'ai pas compris ton ramassis de pellicule sur des gens qui se trahissent et retrahissent sans ciller pour obtenir l'insigne honneur d'éditer des DVD hentai. Les vrais éditeurs francais de japanime, eux, doivent bien rigoler en matant ça. Mais devant tant d'égo, de surréalisme psychotique et de gâchis de bons acteurs, je ne peux qu'être content, parce que je tiens enfin mon "pire film que vous ayez jamais vu" à moi.

- page 71 de 319 -