20 février 2006
Kuro Ai
- Ben si. En fait, j'allais faire un texte sur Dokutsu Monogatari, mais j'arrête pas de repousser l'échéance devant la difficulté de la tâche...
- Difficulté ?
- Faire un papier 100 % amour pur sans que le lecteur se mette à penser que c'est ironique.
- Je crois que ce qui est surtout difficile maintenant, c'est de faire croire que ton site ne parle pas que de hentai. Tiens, regarde les statistiques : sur les 20 mots utilisés dans un moteur de recherche pour débarquer chez toi, 10 sont à caractère adulte. Il y a même "world of warcraft porno" dedans.
- Heu, mais il est qu'en 20ème position celui-là !
- Vu que je viens de l'écrire encore une fois, ça ne risque pas de s'arranger.
- Mince. Tiens, en parlant de hentai, j'ai vu Kuro Ai. Tu connais ?
- Mhhh... Un autre anime du studio qui a fait Shintaisou ?
- Comment tu le sais ?
- Cette discussion est entre toi et toi-même. Difficile de faire plus nombriliste.
- Enfin bon, oui, c'est réalisé par la même équipe, qui bosse toujours pour Pink Pineapple. Mais comme elle ne semble pas avoir de nom précis, ce n'est pas toujours facile de trouver leurs productions... Je crois que leur dernier truc s'appelle Seifuku Shojo, à base d'histoires courtes. Cependant, un certain Teruaki Murakami étant le réalisateur et chara designer de ces animes, il doit y être pour beaucoup dans la qualité de ces animes.
- Et ce Kuro Ai en deux épisodes, est basé sur le jeu vidéo du studio Clock Up...
- ... que je ne connaissais pas et qui a l'air de faire du fort bel ouvrage.
- L'anime étant donc réalisé par ce que je crois être la meilleure équipe dans le milieu, c'est techniquement superbe. Comme avec Shintaisou, ça fout la grosse honte au reste des productions pour adultes, ce qui inclut Shintaisou Shin qui avait été réalisé par un autre studio.
- Et ça raconte quoi ?
- Première scène : une lolita gothique qui se fait prendre par des tentacules.
- ...
- ...
- ... continue, je crois qu'on tient une perle...
- attends, pour une fois, c'est une exception ! Moi qui croyais que les tentacules étaient un fantasme purement féminin, voilà que-
- Mais d'où tu sors ça ?
- Hein ?
- Les tentacules, que ça plaît aux femmes. Tu la sors d'où, cette idée ?
- Ben déjà, sois logique. Si ça plaît pas aux hommes, ça doit bien plaire au reste de l'humanité, non ?
- Tu ne dis pas tout, là...
- Euh non, je vais pas en dire plus.
- Ah ? Tu n'écrirais pas ici que c'est une fille qui t'a raconté ça ?
- Tu fais chier, à connaître toutes mes pensées.
- On discutera de ma connerie plus tard. Donc ?
- Donc c'est lors d'une convention, une demoiselle chevronnée m'a raconté ça. Voilà. Ce genre de fille dans le milieu, ça impressionne toujours par le nombre de choses que ça sait et que ça ne raconte pas. Tu sais, celles qui ont fait un peu de cosplay, ou un peu de fansub, ou un peu de conventions, ou un peu de tout cela à la fois. Les mecs savent qu'elles sont là, mais ils ne cherchent pas à être élégants pour autant, ils continuent à se comporter comme les otakus graisseux qu'ils sont - tout du moins pour la plupart. Alors elles assistent ou entendent des trucs à te filer des complexes pendant des mois, et au lieu de revendre ça à la presse à scandale ou d'ébruiter tout ça, elles gardent ça pour elles.
- Mais alors, pourquoi une d'entre elles t'a dit ça ?
- Je sais pas. Peut-être qu'elle voulait juste voir ma réaction.
- Auquel cas je présume qu'elle n'a pas été déçue ?
- Bref. Son idée est que les tentacules, ça plaît aux filles parce que ça fait bien plus de membres qui sont bien plus zélés pour les satisfaire. Histoire de ne pas m'enfoncer plus avant dans la direction navrante que prend cette discussion, je vous conjure de suivre le lien précédent vers Exploitation Now et de lire le chapitre sur le bus d'écolières japonaises qui tombent sur un monstre à tentacules. Les lambeaux d'estime qui me servent d'amour-propre vous en seront reconnaissants.
- Cependant, Kuro Ai n'est pas axé sur ce fantasme.
- Et on l'en remercie. Même s'il y a pas mal de choses assez hardcore, on n'atteint pas le niveau de débauche de Shintaisou, qui doit enfreindre quelques articles de la convention de Genève. Pour le reste, ça en serait presque classique : bondage, gangbangs, demoiselles pas forcément consentantes, et encore des tentacules lors du finale. Mais purée, c'est vraiment soigné, bien animé, bien doublé...
- En parlant de soin, il y a quand même un détail qui m'a déplu : à plusieurs reprises, lorsque les demoiselles sont en train de jouer du pipeau, les animateurs ont cru bon de dessiner un poil au coin des lèvres... Beurk.
- Et pourtant, lorsqu'elles parlent, aucune ne semble avoir un cheveu sur la langue ! Cependant, lorsqu'elles sont en train de jouer du pipeau au monsieur, on entend parfois qu'elles sont en train de sucer sur un ballon de baudruche... Je pourrai même plus regarder un clown faire des petits chiens avec des ballons sans avoir une idée de travers.
- ...
- D'accord, j'ai rien dit.
Par Raton-Laveur le 20 février 2006, 23:58 - Japanime 33 commentaires
18 février 2006
Icare
Lors de son avant-propos, Jean Giraud nous prévient : Icare n'est pas tant une réécriture du mythe grec qu'il n'est un délire onirique. Toute l'histoire est en provenance directe d'un rêve, et les circonstances qui l'ont amené à publier le résultat sous forme de manga sont si particulières qu'elles sont probablement dûes à un dysfonctionnement de la Matrice.
C'est l'histoire d'un garçon qui vole. Tout connement. Il flotte dans les airs, on ne sait pas comment, et il a passé son existence isolé dans une verrière sous la surveillance d'un gouvernement qu'on imagine volontiers décadent. Bien évidemment, il s'échappe.
Fin.
Quoi, je vous ai gâché la découverte du scénario ? Ben je sais pas si je l'ai déjà dit, mais je nourris une peur panique du spoiler envers vous autres qui lisez cet éditorial. Mais honnêtement, il n'y a rien à dire sur le scénario, tout simplement parce que ce volume n'était bien évidemment pas censé être unique. Il se termine d'ailleurs sur un entretien passionnant - dont un extrait conséquent est lisible ici - où Moebius explique ce bordel. C'est peut-être la meilleure chose à tirer de ce livre, en fait. On y découvre le scénario avant remaniement en manga, qui laissait augurer une énorme saga résolument adulte... et la déchéance du projet par la faute des sondages aux lecteurs lors de la prépublication japonaise, qui n'est finalement qu'une annulation parmi tant d'autres dans l'industrie de la bédé nipponne. Ainsi, les chapitres parus sont réunis dans ce recueil, et le reste a bien peu de chances de paraître un jour. Ce que l'on a dans les pattes est clairement le premier chapitre d'une grosse histoire : des factions rebelles, une histoire d'amour, une charismatique méchante-général-lesbienne-esthète-sado-maso et j'en passe. Sauf qu'à la fin du livre, tout ceci n'a plus grand intérêt sans suite... Arrivé à son terme, j'ai eu le même sentiment que le jour où j'ai bouclé le CD 2 de Panzer Dragoon Saga sans avoir les disques 3 et 4 - les hurlements d'incompréhension folle en moins. Ou la pseudo-fin de Halo 2, sauf qu'elle est assumée par ses développeurs. En l'état et à l'instar de Togari, impossible de vous recommander cet ouvrage, puisqu'il est inachevé.
Qui l'achètera, à part les fans de Moebius ou ceux de Jirô Taniguchi, curieux de savoir le résultat de l'un dans le manga ou de l'autre dans la SF ? Pas grand monde, et cette parution reliée est la dernière tentative pour qu'Icare ait un succès suffisant et la parution de la suite. Alors faute de mieux, on édite une histoire sans fin... ou alors, on peut se contenter de la conclusion, et on s'interroge alors sur tous ces personnages prévus pour une saga qui n'existe pas. Dans les deux cas, on reste sur sa faim.
Si vous aussi, vous aimez les scénarios avec des gens qui s'envoient en l'air, il existe un endroit non médicalisé pour vous. C'est le canal IRC #editotaku@irc.worldnet.net, ouvert chaque dimanche dès 21 heures et accessible par votre soft IRC habituel ou par la case avec le pseudo dans le menu à gauche. Vous y trouverez des gens pour vous aider, qui vous montreront des images qui feraient peur à Benoît XVI et vous parleront de Super Monkey Ball DS. Ou alors ils vous proposeront de faire un Mario Kart DS. J'ai besoin d'un comprimé de Paracétamol.
Par Raton-Laveur le 18 février 2006, 23:16 - Japanime aucun commentaire
16 février 2006
Du journalisme comme on l'aime
Bref. Le dernier Gameplay RPG a fait une liste des jeux qui comptent pour 2006. Ahhh, les listes, une méthode simple et peu onéreuse en temps de cerveau pour remplir des pages. Tellement efficace qu'ils n'ont pas consacré un dossier entier rempli de dépêches de presse, oh ça non ma bonne dame, ils ont carrément fait un hors-série entier pour ça. Payant, hein. Rien que sur la couv', on voit Solid Snake de MGS4, jeu qui n'a quand même pas beaucoup de chances de sortir cette année - surtout qu'on a des doutes sur la sortie européenne de la PS3 pour la fin d'année. Mais quand on ouvre, c'est encore mieux : on y apprend que [HILL] Project sort en 2006 ! Kézako [HILL] ? Mais voyons, souvenez-vous de la première Push Start Radio, il y a trois ans ! Un shoot'em'up avec un vrai scénario ! Depuis, Nicolas du studio Gaming-Side, alias Lama Himself, avait élu domicile sur le push-forum, laissant deviner à travers des énigmes chuchotées dans sa barbe combien il était difficile de faire du jeu vidéo en France. Enfin, il n'a pas fait que ça : il a aussi rencontré Mireille Mathieu et il m'a offert ma deuxième année d'abonnement au XboxLive, donc oui, c'est un homme bon. Sauf que finalement, même lui a appris que son propre jeu sortait cette année. Et c'est Lama Himself himself qui a dévoilé l'intox... A mon avis, il va devoir bouffer cette rumeur sortie par un pigiste en manque de pages à toutes les sauces pendant les mois à venir, et ça ne risque même pas d'aider le studio dans sa recherche d'un éditeur ou d'un financement, puisque ses auditeurs penseront qu'un accord a déjà été conclu ailleurs. Y'a pas à dire, la presse française de jeux vidéo, c'est vraiment un monde magique.
Par Raton-Laveur le 16 février 2006, 23:59 - Jeux vidéo un commentaire
14 février 2006
Joyeux anniversaire, Ken Masters !
Allez hop, cachons la migraine en vidant le backlog de liens roses pour égayer ce 14 février, avec Saaya Irie (une ode à la patience), Hard Gay pour faire plaisir à Yamato (qui se prénomme Valentin, bonne fête au passage), des captures d'écran comme on les aime, le dernier Pia Carrot eeet au lit. Ecouter du Prodigy en entraînant son Drivatar a clairement des effets secondaires sur les nerfs.
Par Raton-Laveur le 14 février 2006, 23:52 - Général 5 commentaires
12 février 2006
Osu! Tatakae! Ouendan
Mais pour le plaisir, résumons le délire. Ouendan (ou Oendan, c'est comme vous le sentez) est une simulation de supporters nippons cachant un rythm game des plus classiques, signé du studio iNiS (déjà coupable de Guitaroo Man sur ps2). L'excellente bande-son est composée de J-Rock (avec quelques petits écarts vers de la J-Pop, merci les Morning Musume), et se joue intégralement au stylet. On tape sur des pastilles échappées de Samba De Amigo, on tourne des disques très rapidement, et on suit des ballons qui glissent sur des rails - voilà l'intégralité du gameplay. La difficulté est assez élevée : on bouffe un maximum de die and retry, quand il suffit de rater deux ou trois pastilles sur plusieurs centaines pour se prendre un game over et que le seuil de tolérance est faible. Dans la hiérarchie des jeux musicaux, Ouendan est à classer tout près de Beatmania, aux antipodes des simplissimes Donkey Konga ou Parappa.
Sauf que, pour aussi paradoxal que ça puisse paraître, le plaisir d'Ouendan n'est pas tant dans son gameplay que dans son ambiance. En tant que simulation de supporters, on encourage des gens : ça va de la secrétaire qui n'ose pas inviter son supérieur au bal-pas-masqué-ohé-ohé au prof qui ne tient plus sa classe en passant par des scénarios complètement barrés dont je ne vais pas vous gâcher la découverte. Les histoires sont racontées par des digital comics (des mangas animés, quoi) ultra-dynamiques - la seule 3D étant notre groupe de supporters qui fait son office, à la DDR, derrière le rideau de pastilles que l'on clique à tout va. Les quinze niveaux sont des mixes écourtés des chansons originales, découpés en quelques rounds entrecoupés par des interludes du manga, où le déroulement de l'histoire est influencé par notre performance. A l'écran, tout est chorégraphié, si bien que c'est un vrai plaisir à regarder ! Faut pas se leurrer : si Ouendan est considéré par certains comme étant tout simplement le meilleur jeu de la DS, c'est parce que sa petite carte déborde de bonne humeur et d'énergie - surtout qu'elle suce particulièrement vite la batterie de la DS, ajoute ma mauvaise langue. Loin de moi quelque sentiment japanophile, mais depuis quand n'a-t-on pas vu un jeu occidental "positif" ?
Rayman et les jeux d'aventure LucasArts ont disparu du radar depuis quelques temps, et quand un studio américain s'inspire de Jet Set Radio, on obtient ça. Pourquoi cette débauche de négativisme ? Ouendan ne s'adresse pas aux petits enfants et n'est donc pas tout-rose-et-tout-mignon parce qu'il ne veut pas faire peur : c'est un jeu joyeux, l'idée étant quand même d'aider des personnes à triompher de leurs problèmes. Chaque niveau commence par quelqu'un qui hurle "Oooendaaan !" comme on appelle des super-héros, et nos majorettes en noir font irruption, prêts à communiquer leur énergie. Ou leur ki, leur yin, appelez ça comme vous voulez, mais c'est une motivation qui est facilement véhiculée au joueur. On en chie pendant la partie, mais on est doublement content à la victoire parce qu'on y est arrivé et parce que ce pauvre cuisinier qui déprimait dans son restau désert est maintenant populaire dans toute la ville. A l'instar de Fruits Basket, manga au bonheur si contagieux qu'il devrait être remboursé par la Sécu comme antidépresseur homéopathique, Ouendan est un véritable concentré de peps qui vous file un sourire qui va d'une oreille à l'autre... pour peu qu'on ne désespère pas face à la difficulté de certaines chansons. Pour résumer : du point de vue du système de jeu, Ouendan est un rythm game corsé et au stylet, qui suit le principe éternel de taper sur quelque chose en suivant aveuglément des trucs à l'écran plus ou moins en accord avec la musique... et du point de vue de l'ambiance, Ouendan est un titre délirant et enchanteur, à l'humour universellement compréhensible, et qui n'a strictement aucune chance d'être diffusé hors Japon, encore moins indemne. Toutes les chansons sont en japonais, certains scénarios tapent dans le folklore, et le concept même du club rigoureusement organisé de supporters est absolument étranger à l'occident. Purement nippon, à la difficulté pour les joueurs confirmés, au genre à la limite de l'underground dans nos contrées... Autrement dit, l'exemple parfait du titre à se procurer en import.
Ce soir, session IRC dès 21 heures comme chaque dimanche sur #editotaku@irc.worldnet.net, mais vous pouvez aussi passer en entrant votre pseudo dans la case à gauche. Le sujet de ce soir : "De la difficulté à cuisiner une brioche", parce que purée c'est pas une sinécure de faire monter la pâte. Apportez vos Mario Kart DS ou vos photos de cosplays en groupes d'oendans, y'a toujours de la place pour ça.
Par Raton-Laveur le 12 février 2006, 20:25 - Jeux vidéo 21 commentaires
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