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Vous n'êtes tous que des voix dans ma tête

Jeux vidéo

25 novembre 2006

Le Tiers-Beta, épisode 6 - Dark Age of Camelot

(épisodes précédents)

Le siècle dernier, Internet s'écrivait "l'Internet", et était surnommé "Eldorado numérique", ou "Autoroutes de l'Information", ou tout un tas d'autres alias marketo-débiles. Des magazines entiers paraissaient pour expliquer que grâce au Net, le petit vendeur de naperons bretons pouvait vendre sa came jusqu'en Australie, que la publicité était un business model réaliste, et qu'il était possible d'accéder à du contenu multimédia pour pas un kopeck. On se mettait à rêver tout haut, et les seuls à avoir tout compris avant tout le monde, c'était bien Canal Plus avec Cyber Flash et sa Cléo virtuelle et Cyber Culture avec sa Chine Lanzmann encore culte dans mon petit crâne. Sérieusement, si je n'étais pas devenu asocial au point de m'épargner des corvées comme "regarder les gens dans les yeux", je lui aurais écrit un mail depuis quelques années pour lui dire que dans ce monde de brutes, quelqu'un n'a pas oublié tout le bien qu'elle a fait avec son émission. Bref ; dans ce monde lointain, France Télécom faisait un site web pour jouer en ligne. Ca s'appelait Goa.com, et c'était en concurrence directe avec ZoneJeux.Com : le mot "zonejeux" était carrément censuré sur les canaux de discussion de Goa. Il y avait des serveurs Unreal Tournament ou Counter-Strike, et un MMORPG cloné sur Ultima Online qui avait pour principal avantage d'être gratuit : La Quatrième Prophétie, si je me souviens bien.

Puis un beau jour de l'année avec un deux et trois bulles derrière, une autre bulle a éclaté : celle de l'économie du Net. Les investisseurs ont réalisé que le 56k ne présentait pas la bande passante idéale pour mater du porno, que personne ne cliquait sur les bannières de pub et que les activités à proprement parler ne faisaient pas rentrer un centime, puisque le papy et ses naperons à la con, les australiens s'en tapaient les gonades. France Télécom lâcha du lest, et son MMORPG débilos céda la place à un vrai produit, en 3D, payant et avec abonnement : Dark Age of Camelot. Là, on jouait dans la cour des grands.
Enfin, façon de parler ; jusqu'à WoW, DAoC a servi de premier MMO à beaucoup de monde, si l'on en croit la multitude de Legolas4552 et autres Aragorn193 en son sein. DAoC est un peu comme Final Fantasy XI ; c'est un jeu dont les habitués semblent ne jamais se lasser. Ou alors, ils y sont devenus tellement puissants qu'ils n'osent pas le quitter pour autre chose, de peur de briser leur habitude, devoir tout recommencer et réapprendre. Leur abonnement apparait sur leur relevé de compte bancaire de manière aussi évidente que la ponction de téléphone ou d'Internet. Pour Anarchy Online ou d'autres extraits du Tiers-Beta, il a fallu gratuiser tout ou partie du jeu pour le garder peuplé. Mais DAoC et FF11 sont toujours fréquentés, même après cinq ou six ans d'exploitation. En sa faveur, DAoC a été un des premiers (le premier ?) jeux à proposer du Royaume contre Royaume. Mais, euh, hum, voilà.



Si vous avez lu les épisodes précédents du Tiers-Beta, vous savez que je ne suis pas spécialement radin en matière de screenshots. Sauf que voilà, DAoC n'avait strictement rien pour lui. Rien. Ce n'était pas beau, ce n'était pas moche, c'était simplement ennuyeux. Ou ennuyant, je ne connais pas la différence entre ces deux mots. Il ne se passe rien, il n'y a rien à faire, les quêtes semblent n'avoir aucun sens ou motif, tout le monde semble se foutre de tout le monde, et les gens que je croisais avaient un encéphalogramme aussi plat qu'un parisien comatant dans une rame de métro. Je n'ai jamais ressenti le besoin ou le désir de faire une capture d'écran en me disant que ça méritait d'être posté dans cette colonne. Ah si, le tutorial dispose d'une voix off, ce qui n'est pas commun dans un MMO. Ce jeu ne m'a rien inspiré, rien évoqué. Sans doute le MMO le plus chiant que j'aie touché, et un des jeux les plus creux croisés dans ma vie.



Howdy ho ! Demain soir, session IRC, comme tous les dimanches depuis bientôt deux ans. En plus de cet anniversaire, la période de Nowel est également l'occasion de la semaine "Quartier Libre", dont ce sera la quatrième édition. Si vous lisez ce site depuis moins d'un an, c'est simple : pendant le quartier libre, les lecteurs (c'est vous) ont l'occasion de poster leurs propres articles pour aborder les milliards de trucs qui me sont passés sous le nez. On en reparlera bientôt, mais vous pouvez commencer à réfléchir là-dessus si vous avez envie de participer. D'ici là, on se croise à 21 heures sur #editotaku@irc.worldnet.net ; vous pouvez aussi nous rendre visite à l'aide de la p'tite boite dans le menu à gauche si vous n'avez pas de client IRC. Apportez votre Animal Crossing DS ou vos jeux en réseau, y'a toujours moyen d'en profiter.

22 novembre 2006

Le journal du hard

Ce que j'ai appris en me montant une bécane "'récente", autrement dit avec un processeur d'au moins 3 GHz :

- Finalement, c'est vraiment une bonne chose d'acheter ses pièces détachées dans plusieurs magasins, histoire d'entretenir la concurrence des prix et de soutenir le petit commerce. A moins d'habiter à Singapour ou à Montgallet, les assembleurs se font rares, maintenant que Dell et quelques autres font attention aux gamers et que de plus en plus de néophytes achètent leurs zordis dans les grandes surfaces. Il y a toujours eu des noyaux durs qui ont fait vivre ces boutiques, mais proportionnellement, leur part de marché fond comme du beurre sur une carte mère. Et le jour où vous devrez vous taper 30 bornes entre chaque magasin qui fera sa loi sur les tarifs et les stocks sera venu, vous vous retrouverez fort dépourvu.
- En parlant de chaleur, c'est toujours vrai : ne faites pas confiance au ventilateur "design de référence" ; plus ça va et plus ils sont pourris. Vous avez entendu parler de la pénurie internationale de cuivre, non ? La Chine est affamée de matières premières en ce moment, et en achète chez tout le monde. Du coup, il y a carrément des cambriolages, même en France, où les voleurs en arrivent à déboulonner les monuments aux morts. En quoi ça nous concerne, petits égoïstes que nous sommes ? Souvenez-vous de vos cours de physique : le cuivre est un meilleur conducteur que l'aluminium, les deux principaux métaux dans lesquels on fabrique nos joyeux radiateurs. Et là, par exemple, ce modèle Zalman vendu 40 € l'an dernier se trouve à présent pour 55 €, sans parler des modèles plus récents fabriqués après la hausse des prix. Yaaay. Mais quand même, l'achat d'un ventirad séparé est aussi indispensable que celui d'une vraie alim'.
- Et hop, transition sur le bloc d'alimentation : à présent, on peut presque larguer les prises Molex classiques. Le Serial ATA a sa propre connectique, les cartes vidéo aussi.
- Triple combo de transition : si vous avez une alim' classique et une carte vidéo récente, ne perdez pas ce foutu adaptateur en Y à prise 6-pins vers 2 Molex. J'ai dû faire cinq magasins avant d'en trouver un de rechange.
- Le SATA, encore lui : les drivers n'étant pas inclus dans 2000 ou XP si vous voulez du vrai SATA en AHCI 150 (et pas une émulation IDE pourrave en ATA-133), vous êtes bon pour ressortir le lecteur de disquettes et appuyer sur F6 lors du setup en mode texte. Euh, oui mais non, y'a des limites au old school, surtout que je ne crois pas avoir un lecteur 3 pouces 1/2 dans le coin. Résultat, il faut recompiler soi-même un CD d'installation pour y inclure les précieux drivers ; nLite est idéal pour ça.
- Finalement, Sexy Beach 3 tourne déjà parfaitement sur un 2 GHz, 512 Mo de RAM et carte graphique 64 Mo. Gain dérisoire avec une config deux fois plus puissante.
- Lecture obligatoire, quel que soit votre niveau. Excellen !
- Tiens, en reparlant de la température : un magasin m'a dit que les sondes thermiques qui affichent des températures imprécises, c'est assez commun. Ce qui expliquerait pourquoi ma carte mère indique 60° sur le processeur fraîchement allumé (!) et 78° (!!!) en pleine charge. Même si le ventilateur ne fait pas de bruit, c'est dur d'aller dormir sans avoir peur de se faire réveiller par une odeur de brûlé.
- Installer Vista ? Et puis quoi encore ? On en est encore à se démerder pour faire fonctionner les vieux jeux hentai sur Windows XP, et vous allez vous casser le cul à tout faire tourner sur une nouvelle version ?
- D'ailleurs, plus j'essaie Vista, et plus je réalise combien c'est une nouvelle couche de vernis sur Windows XP, lui-même un polish appliqué sur Windows 2000. L'interface Aero n'apporte rien à l'ergonomie ou à la rapidité d'utilisation, contrairement aux astuces de navigation d'un Mac OSX qui sait rester malin mais sexy - bien que complètement à la rue pour les jeux vidéo, niark niark. Plus je réalise ça, et plus cette mise à jour forcée de DirectX 10 me gonfle prodigieusement.
- Sérieusement, laissez tomber 3DMark. Le résultat n'a jamais été représentatif des jeux vidéo actuels, il met à genoux la plus puissante des configs, et il n'est même plus possible de le faire tourner en boucle pour torturer sa machine. Umark ou n'importe quel autre script fait bien mieux l'affaire.
- Est-ce que votre carte mère se met à "siffler" ? Ca arrive parfois, quand une résistance ou un autre composant électrique est trop proche de ses petits copains. En mettant entre eux une barrière électromagnétique, genre une carte en plastique, il est possible d'éliminer ce bruit désagréable. Enfin bon, si on arrive à trouver d'où ça vient, chose bien moins aisée.
- Nan, je ne suis pas fan de la vente par correspondance. Acheter de la RAM pas cher chez LDLC, c'est bien, devoir la renvoyer deux fois et payer 5,30 € de frais de port à chaque fois, c'est pas bien.
- Franchement, si vous décidez de prendre un Mac Intel avec BootCamp pour lui coller un Windows XP et jouer à Oblivion, je ne vous en voudrai pas. On peut rester copains.
- Même chose si vous vous êtes répété "PC sux, consoles rulz" en lisant ce texte. D'habitude, on choisit un camp et on s'y tient ; or, je semble faire partie des rares maudits qui jouent sur PC et sur console, forcés à nourrir plusieurs plateformes (pas toujours récentes) ET une machine où chaque carte coûte autant qu'une machine entière chez Nintendo ou sony... Sans parler de la japanime. Je suis sûr qu'être héroïnomane coûterait moins cher.

19 novembre 2006

Trackmania United

En fait, c'est super mitigé comme avis, avec quand même pas mal de négatif.



D'un coté, beaux T-shirts aux motifs originaux et aux couleurs vintage, jaquette qui ose le dépouillé classieux sur le recto et le verbeux sur le verso, et la planche de stickers que je crois réservée, à l'instar des suscités T-shirts, aux quelques héros qui se seront aventurés à la Fnac Digitale en ce 16 novembre. Mais si vous trouvez que la photo est un peu floue, c'est normal, c'est seulement pour s'accorder avec la qualité de ce qui va suivre...



Car de l'autre coté, on a facilement affaire à LA PIRE DEDICACE AU MONDE. Et pas de jaloux, tout le monde y a eu droit : les autographes ont été rédigés à l'aide du PIRE FEUTRE AU MONDE, dont l'encre n'est TOUJOURS PAS SECHE APRES DEUX JOURS et qui S'EFFACE A LA SEULE LUMIERE DE MA PUTAIN DE LAMPE DE BUREAU. Ah, et ces taches d'encre ont bien évidemment souillé le manuel d'utilisation ; au final, j'ai donc une belle boite qui semble avoir été violée par un poulpe. Pour ajouter à l'affront, les paraphes étaient écrits par Florent "Hylis" Castelnerac, le big boss de la team Nadeo - il n'y avait donc pas pire occasion à gâcher. Si celui qui a fourni le feutre pour cette avant-première lit ces lignes, qu'il sache qu'un petit enfant est en train de pleurer à cause de lui.
Avant que je l'oublie, autant les reproduire ici : sur la jaquette en carton, mon texte lisait "à Raton Laveur, par les créateurs !" et à l'intérieur, on pouvait lire "A Raton Laveur :-)" Oui, parce que dès la boite mise dans le sachet, l'encre était déjà salopée, et il y a fallu y retourner pour demander gentiment d'avoir droit à un second gribouillage dans la boite. Ce qui fut fait, pour un résultat finalement vain puisque le même feutre fut utilisé.



Ce soir dès 21 heures, c'est la session IRC, comme chaque dimanche. Si vous avez TrackMania United, Mario Kart DS, Animal Crossing Wild World ou d'autres jeux bizarres, apportez-les, on touvera bien un moment pour s'amuser un peu. La ManiaZone "Editotaku" a été créée (mot de passe : samantha), et pour les codes DS, on les trouve un peu partout. A tout de suite !

17 novembre 2006

Encubez-vous

(titre en référence à la pub culte de Nintendo)



Apparemment, ça commence comme une bonne nouvelle : on va avoir un After Burner sur psp, annoncée sur Game One avec l'humour irrésistible qui les caractérise. Puis on voit ça :



Et on pleure. Okay, c'est pas bien de juger aux screenshots, mais il y a quelques syndromes inquiétants. Les deux barres latérales qui occupent de la place au lieu de profiter de l'écran large de la console ? Le décor tout cochonné aux couleurs psycho ? Non, je parle de l'indicateur en haut à droite : "Cash". Ce n'est pas le score, qui est en haut à gauche. "Cash" ? After Burner avec son avion doté de mises à jour et d'achats ? Même pas sous forme d'options, mais avec un compte en banque suffisamment précis et important pour avoir un indicateur permanent, pas seulement entre les missions ? Hmmm. C'est comme ces jeux à la sauce GTA qui doivent forcément afficher une barre de "respect" selon les gangs en place. Bien évidemment, comme à chaque fois qu'ils n'en ont plus grand chose à cirer, Sega a sous-traité le projet chez un studio indépendant - Planet Moon, dont le pedigree est quand même loin d'être mauvais (Citizen Kabuto et Armed and Dangerous, love). Quand Nintendo sous-traite son Mario DDR chez Konami ou Star Fox chez Namco, le résultat n'est pas toujours transcendant, mais on sent que le partenaire a dû répondre à un cahier des charges épais comme le Coran. Mais quand Sega sous-traite (studio Traveller Tales pour Monkey Ball ou Sonic R, Dieu sait qui pour Altered Beast ps2), on a l'impression que le document de référence se résume à une cartouche de l'épisode précédent. Dit ainsi, ça peut sembler arbitraire, mais ça vient du coeur. Si un Segamaniaque se met à croire en la mort de l'éditeur-développeur rien qu'en voyant cette capture d'écran, je ne lui en voudrai pas trop.

En train d'arpenter les étagères de ma mangathèque habituelle, quand le patron me montre un livre en le portant bien au-dessus de sa tête, avec sa voix qui porte fort dans la petite boutique : "tiens raton, ça va te plaire, y'a un éditeur qui commence à traduire les trucs que tu aimes !" Donc oui, ça y est, une bande de chacals vient de devenir le premier traducteur français consacré au hentai (gag : à l'heure où j'écris ces lignes, le site affiche une date d'ouverture au 26 octobre 2006). Il y a certes eu des précédents avec des maisons de bédés qui teintaient une collection d'un rose oriental, mais je crois bien que c'est la première fois qu'on ose mettre toutes ses billes dans la localisation de mangas pour adultes. A l'exception notable de Sakura Mail, les premiers titres de leur catalogue ne me disent pas grand chose.



Accessoirement - c'est le cas de le dire -, la Wii sort dans un mois, mais ça y est, mon Cube de Pouvoir est enfin complet. Carte réseau, quatre WaveBirds, quatre bongos, couleur Platinum sortie en édition limitée pour l'Europe, et enfin, le Gameboy Player (dispo uniquement en noir hors Japon). Positivement inutile, mais ça fera joli entre le Strategic Commander et la Mega Drive + Mega CD + 32 X.

15 novembre 2006

Project Snowblind

Purée, que je déteste entrer dans ce magasin. Je n'y vais que lorsque j'ai un bon tuyau m'annonçant qu'ils ont fait une erreur d'étiquetage ou que leur argus foireux a mis un OutRun2 Coast2Coast à 8 €. Ce qui était précisément le sujet de ma venue ; pas question que j'écume leurs rayonnages à slalomer entre kevins et vendeurs crétins pour chercher les bons plans. Et à force de retenir ma respiration, je finis par demander à un de ces magasiniers :
- Bonjour, vous auriez Outrun2 C2C sur Xbox, sivouplé ?
- Non... Mais entre nous, vu comment sont les Need For Speed aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi on jouerait encore à Outrun2.

5, 4, 3, 2, 1.
A 5, votre tornade devient une tempête.
A 4, votre tempête devient un vent violent.
A 3, votre vent violent devient une bourrasque.
A 2, votre bourrasque devient une brise.
A 1, votre brise devient un air léger.
5, 4, 3, 2, 1.


Durant le compte à rebours, je reste figé comme un con, le même sourire diplomatique vissé à la face, et un ange a largement le temps de passer alors qu'on se regarde dans le blanc des yeux. Il finit par dire :"vous êtes un fan de Sega, non ?" Woaw, j'ai affaire à un prix Nobel : autant en profiter un peu. "Et ils sont comment, les NFS à présent ?" Le vendeur qui était à 50 cm de son collègue se casse, faisant un large geste d'exaspération, pour bien me faire comprendre qu'il préfèrerait qu'on me vendre un NFS plutôt que de se lancer dans un débat mort-né de pseudo-gamers gnagnagna Sega vaincra gnagnagna Nintendo c'est les plus forts. Mon interlocuteur porte aux nues la capacité de customisation des voitures, et que même si monsieur n'a rien d'un Jacky, me dit-il, il adore passer des heures à faire une jolie voiture. Mais euh, comme le jeu est axé solo, personne ne voit jamais sa voiture super cool, non ? Mais c'est juste pour un plaisir à soi. "Comme les glaces", qu'il me dit. Sauf qu'une glace, ça se partage, et pas avec des intelligences artificielles. J'abrège la conversation pour aller chercher un bol d'air frais.

Pendant ce temps, Pro Evolution Soccer 6 tourne en boucle dans toutes les bornes de démonstration des magasins visités. Alors, qu'est-ce qui est cool dans cette mise à jour ? 10 fois sur 10, on me répond en premier : les nouvelles licences de clubs achetées. FIFA se fait fort d'avoir toutes les licences, même si son gameplay est "inférieur". Donc, PES s'adresse avant tout à ceux qui cherchent un bon jeu, et secondairement, une simulation conforme aux transferts de clubs... Mais est-ce vraiment secondaire ? Le jeu a un meilleur gameplay, tout le monde y joue pour cette raison, et pourtant, le principal avantage de PES 6, ce sont ses nouvelles licences. Soit ça veut dire que le jeu est déjà parfait et que la seule façon de l'améliorer est en répondant aux autres attentes des joueurs, soit ça veut dire que la présentation est vraiment importante.

Comme le fan de NFS cité plus haut, tiens ; il préfère modéliser une belle voiture que personne ne remarquera à un jeu tout simplement fun (qu'il n'a probablement pas touché, mais ce n'est que supputation personnelle). La présentation dans les jeux, c'est un débat aussi vieux que les jeux eux-mêmes : de bons graphismes font-ils un bon jeu ? Pourquoi suis-je accro au hentai de Dead or Alive alors que je hais ce jeu ? Mais pourquoi met-on les pièces les plus simples en jouant à ChessMaster quand ce dernier propose des échiquiers avec des personnages en 3D qui s'entretuent quand on capture un pion ? Est-ce que le "vidéo" de "jeu vidéo" est si important que ça ? Est-ce qu'un jeu doit être innovant pour être fun, comme le dit ce monsieur d'EA qui - pour aussi hilarant que cela puisse paraitre - déplore le manque d'originalité de Gears of War ?

Exemple actuellement dans ma Xbox : Project Snowblind, du studio Crystal Dynamics, à l'origine de la saga Legacy of Kain, Tomb Raider Legend et plein de jeux à l'époque 32-bits comme Gex ou Pandemonium. Autant les Soul Reaver et Blood Omen, à force de tourner avec le même moteur 3D et les mêmes énigmes depuis la psone avaient fini par me faire lourdement chier, autant TR Legend et Snowblind me surprennent agréablement. Snowblind, donc, compulsivement acheté sans même avoir regardé le genre ou le studio - juste la jolie jaquette. C'est un FPS avec un soldat blessé au combat qui se fait gaver d'implants par ses supérieurs, genre Robocop. On avance dans de grands niveaux qui ne sont que de longs couloirs linéaires, les portes s'ouvrent quand tout le monde est à terre, et on se promène avec une dizaine d'armes sur le dos. Parfois, on vole une tourelle ou un véhicule. De temps en temps, on gagne un nouveau pouvoir : bloquer les balles adverses, vision passe-muraille, vous voyez le genre. Techniquement, la Xbox est parfaitement à l'aise, tant les niveaux et modèles 3D ont été taillés pour les limitations de la ps2, multiformat oblige. Quoique.
Même s'ils n'ont pas rééchantillonné les textures et le contenu 3D, la version Xbox est quand même soignée tant on n'a pas forcément l'impression d'avoir affaire à un portage bâclé. Effets spéciaux chiadés, parfaite intégration XboxLive, temps de chargement minimaux. C'est là toute la finesse et l'agréable surprise de Project Snowblind : sa présentation est absolument sans faille. Le jeu est générique, le scénario inexistant, les ennemis lobotomisés, la 3D loin d'être transcendante, mais le tout bénéficie d'un emballage somptueux. Les pouvoirs bioniques sont bourrés d'effets étonnants, les niveaux sont bourrés de petits détails (on peut piquer les voitures dans un parking, les messages de propagande balancés par les enceintes dans les rues), l'interface a vraiment un look de réalité augmentée... C'est le plus gros point fort du jeu. On joue parce qu'on a vraiment l'impression d'être un soldat dopé aux nanomachines avec des indicateurs à l'écran qui indiquent le prochain objectif alors que le QG nous conseille par une radio collée dans le crâne. Est-ce que ça en fait de la télépathie ? J'en sais rien.

Du coup, il y a de quoi réaliser combien la forme importe, et combien il peut parfois y avoir de l'hypocrisie dans les discours du genre "les graphismes ne sont pas importants". Exception faite du retrogaming : là, on s'étonne de la qualité graphique des gros pixels parce que le résultat était étonnant compte tenu de la technologie existante, ou des géniales pirouettes que les développeurs pouvaient trouver pour contourner leurs limitations (autrement dit, on ne les compare pas aux machines actuelles, tout comme on ne compare pas le cinéma noir et blanc aux films contemporains). Si je continuais à jouer à Command and Conquer même après une énième défaite, c'est parce que le jeu était vraiment immersif : l'interface magnifique ("contrôle du combat terminé" !), les cinématiques de Westwood, l'impression d'être dans un bunker en pleine troisième guerre mondiale. Rez n'est pas moche ; son graphisme en fil de fer a séduit ceux qui y ont vu une représentation post-moderne, justement inspirée par Kandinsky (à qui le jeu est dédié dans le générique de fin). Du coup, la question inverse : est-ce qu'une bonne présentation fait un bon jeu ? Ben non, puisque Dead or Alive est à chier.

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