(article à caractère relativement personnel, pour une fois)
La légende du Serpent Blanc, le film carrément à l'origine de la carrière de Miyazaki, est en salles depuis mercredi dernier. Un film à l'origine de tant de choses et d'énergies déployées, quoi. En parlant de cela, cette motivation, ces efforts, ces réalisations et toute l'aventure humaine que représente l'animation nipponne... J'ai senti pendant un petit moment la place que j'y occupais.
C'était il y a à peine deux semaines, devant Kiki's Delivery Service sur grand écran (et pas dans un petit cinoche de banlieue!), que j'avais déjà vu il y a quelques années sur une VHS américaine fansubbée à l'ancienne (sous-titrages faits à l'Amiga). Et là, 15 années après sa création, Kiki était en train de voler sur son balai dans une salle de cinéma français. Parce que Disney avait les droits. Parce qu'ils diffuseront tout le catalogue Ghibli. Parce qu'ils ont jugé que c'était rentable. Parce que c'est mondialement reconnu, même dans notre vieille Europe. Parce que ça marche. Parce que nous tous avons pu le prouver. Avec nos achats, nos lobbyings, nos conventions, nos communautés, tout ça. Durant les dix premières minutes de Kiki, j'ai vu défiler ma petite vie d'otaku: toutes ces années à prêter des VHS à tout va, à évangéliser auprès de ceux qui en avaient une image stéréotypée, à empiler les DVD, à organiser des projections publiques, à traverser la France pour aller en convention... Un activisme de plein de gens, encore loin de s'essouffler, en tout cas. Ma minuscule part à un effort qui permet d'avoir un film en stéréo vieux de 15 ans (et maintenant, le Serpent Blanc qui date de 1958) dans un multiplexe. On y est tous pour quelque chose, chacun pour sa part. Je réalisais la mienne et en admirais le résultat, 16 mètres sur 9. Pendant ces dix minutes, je n'ai pas arrêté de pleurer de joie.
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Japanime
15 avril 2004
R.o.D. The TV
Par Raton-Laveur le 15 avril 2004, 23:44
Whee, on se décide enfin à écrire un article sur la fin de cette série... Tout arrive.
26 épisodes scénaristiquement bien équilibrés, sans bouche-trou et avec un beau final. Certes, la qualité de la production s'est quand même essoufflée sur le dernier quart: c'était particulièrement visible sur l'animation, contrastant avec les seiyuus qui ne se sont jamais relachées. Avoir une image un peu fade et un vocal superbe, tout le contraire de ce que les doublages français nous ont fait subir, ça surprend... Enfin. A part ça, le côté technique était plus que correct: couleurs nettes (à part les backgrounds un peu baveux), musique jazzy toujours aussi sublime (Taku Iwasaki!), openings et endings retouchés.
Côté scénario, le grand univers RoD continue à se fournir tout en s'embriquant avec ce qui existe déjà: six romans, quatre mangas (plus deux de Read or Dream), une OAV en trois épisodes, un CD de dramas... Et on pourrait s'arrêter là. Tout fan que je suis, autant j'en redemandais après l'OAV, autant on peut penser que tout a été dit après cette série TV. Chaque personnage a eu sa dose d'antenne (à part Maggie peut-être? Mais cela colle à son personnage fort taciturne et discret), et j'ai eu ma dose de saignements de Nenene.
Episode préféré? Le 9 (“Le Crépuscule des Ténèbres”), où les soeurs Paper croisent le chemin de Drake Anderson dans un onsen. On y trouve tout ce qu'il faut (y compris de la nudité) et c'est le moment où l'on commence à comprendre que les rôles de chacun ne sont pas aussi clairs qu'on le croit - le tout bouclant sur une ambiance bien sombre qui tranche avec le début plus léger de la série.
Mention spéciale pour un passage de l'épisode 24, où Yomiko Readman tente de réconforter Anita: le genre de rôle confié à n'importe qui d'autre que la pire biblio-maniaque du monde, et elle s'en sort pourtant très bien; toujours est-il que je ne m'y attendais pas du tout.
A la façon du feeling RoD croisant les vieux James Bond aux pouvoirs surnaturels, la trame emprunte des canons de Japanime tout en réfléchissant sur des thèmes peu communs pour ce média. On trouve donc de classiques manipulations génétiques ou légers conflits familiaux (et même quelques tentacules!) face à des réflexions sur le savoir ou la paix. Qu'est-ce qui est mieux, des peuples éternellement en guerre car ayant des cultures différentes, ou un monde en paix n'ayant qu'une seule connaissance universelle? Il est même question dans un épisode d'un langage commun, faisant penser à la novlangue de 1984. C'est une marque de fabrique (en voie de disparition?) de l'animation japonaise d'avoir des opposants aux héros qui ne confinent pas au manichéisme stupide, mais qui ont des raisons précises et valables pour casser des dents: RoD TV en est une illustration. Le camp en face des soeurs Paper démontrera jusqu'au dernier épisode un fanatisme bien plus compréhensible que malsain; ça fait réfléchir et c'est tant mieux.
Et puis tiens, parlons-en, de ce final, et tant pis si je dois jouer de plus belle sur la corde raide pour en dire le plus possible sur un anime tout en en dévoilant le moins possible. La série TV a opposé sa progression lente de 26 épisodes aux trois épisodes de l'OAV pleins comme des oeufs; les formats sont différents, ainsi sont les buts, et les deux dernières fournées le prouvent - pareil pour les 2 à 4, on a connu des débuts plus énergiques pour garder son public... Alors que tout le monde s'attend à 2x25 minutes d'explosions dantesques (à l'image des 12 et 13 de milieu de saison) et même si leur quota réglementaire est rempli, une bonne partie du dernier opus est dédiée à ce qui sera la clé de leur réussite: les livres. Jusqu'au générique, les auteurs tenaient à rappeler que c'était le sujet premier de RoD et que les explosions n'étaient que secondaires. Tant mieux; on a trop l'habitude de subir l'inverse.
26 épisodes scénaristiquement bien équilibrés, sans bouche-trou et avec un beau final. Certes, la qualité de la production s'est quand même essoufflée sur le dernier quart: c'était particulièrement visible sur l'animation, contrastant avec les seiyuus qui ne se sont jamais relachées. Avoir une image un peu fade et un vocal superbe, tout le contraire de ce que les doublages français nous ont fait subir, ça surprend... Enfin. A part ça, le côté technique était plus que correct: couleurs nettes (à part les backgrounds un peu baveux), musique jazzy toujours aussi sublime (Taku Iwasaki!), openings et endings retouchés.
Côté scénario, le grand univers RoD continue à se fournir tout en s'embriquant avec ce qui existe déjà: six romans, quatre mangas (plus deux de Read or Dream), une OAV en trois épisodes, un CD de dramas... Et on pourrait s'arrêter là. Tout fan que je suis, autant j'en redemandais après l'OAV, autant on peut penser que tout a été dit après cette série TV. Chaque personnage a eu sa dose d'antenne (à part Maggie peut-être? Mais cela colle à son personnage fort taciturne et discret), et j'ai eu ma dose de saignements de Nenene.
Episode préféré? Le 9 (“Le Crépuscule des Ténèbres”), où les soeurs Paper croisent le chemin de Drake Anderson dans un onsen. On y trouve tout ce qu'il faut (y compris de la nudité) et c'est le moment où l'on commence à comprendre que les rôles de chacun ne sont pas aussi clairs qu'on le croit - le tout bouclant sur une ambiance bien sombre qui tranche avec le début plus léger de la série.
Mention spéciale pour un passage de l'épisode 24, où Yomiko Readman tente de réconforter Anita: le genre de rôle confié à n'importe qui d'autre que la pire biblio-maniaque du monde, et elle s'en sort pourtant très bien; toujours est-il que je ne m'y attendais pas du tout.
A la façon du feeling RoD croisant les vieux James Bond aux pouvoirs surnaturels, la trame emprunte des canons de Japanime tout en réfléchissant sur des thèmes peu communs pour ce média. On trouve donc de classiques manipulations génétiques ou légers conflits familiaux (et même quelques tentacules!) face à des réflexions sur le savoir ou la paix. Qu'est-ce qui est mieux, des peuples éternellement en guerre car ayant des cultures différentes, ou un monde en paix n'ayant qu'une seule connaissance universelle? Il est même question dans un épisode d'un langage commun, faisant penser à la novlangue de 1984. C'est une marque de fabrique (en voie de disparition?) de l'animation japonaise d'avoir des opposants aux héros qui ne confinent pas au manichéisme stupide, mais qui ont des raisons précises et valables pour casser des dents: RoD TV en est une illustration. Le camp en face des soeurs Paper démontrera jusqu'au dernier épisode un fanatisme bien plus compréhensible que malsain; ça fait réfléchir et c'est tant mieux.
Et puis tiens, parlons-en, de ce final, et tant pis si je dois jouer de plus belle sur la corde raide pour en dire le plus possible sur un anime tout en en dévoilant le moins possible. La série TV a opposé sa progression lente de 26 épisodes aux trois épisodes de l'OAV pleins comme des oeufs; les formats sont différents, ainsi sont les buts, et les deux dernières fournées le prouvent - pareil pour les 2 à 4, on a connu des débuts plus énergiques pour garder son public... Alors que tout le monde s'attend à 2x25 minutes d'explosions dantesques (à l'image des 12 et 13 de milieu de saison) et même si leur quota réglementaire est rempli, une bonne partie du dernier opus est dédiée à ce qui sera la clé de leur réussite: les livres. Jusqu'au générique, les auteurs tenaient à rappeler que c'était le sujet premier de RoD et que les explosions n'étaient que secondaires. Tant mieux; on a trop l'habitude de subir l'inverse.
06 avril 2004
C'est pas une maquette, ça roule vraiment
Par Raton-Laveur le 06 avril 2004, 23:06
Mais le prix est inconnu... M'en fous, Tetsuo vole bien la sienne à Kaneda. Clavier dix touches, trackball, affichage modifiable et la petite fente bleue au milieu à gauche du cockpit, c'est un lecteur DVD. J'espère quand même que les autocollants sont fournis, ou au moins le fusil-laser...
Les mécanos noteront que la traction se fait de façon traditionnelle, pas par électro-aimants comme dans le film - pas d'étincelles au démarrage alors! N'empêche que maintenant j'en veux tellement une que ça fait mal.
Les mécanos noteront que la traction se fait de façon traditionnelle, pas par électro-aimants comme dans le film - pas d'étincelles au démarrage alors! N'empêche que maintenant j'en veux tellement une que ça fait mal.
02 avril 2004
Pendant ce temps, à Paris
Par Raton-Laveur le 02 avril 2004, 19:10
L'été se rapproche à grands pas, et avec lui son cortège de conventions en tous genres... Dont, vous l'avez deviné, l'Epitanime-qui-me-fait-bouger-à-Paris-chaque-année (et le Cartoonist, ça y est, c'est fini?). Leur ambition est de “revenir aux bases du succès des premières éditions de l'Epita [dont] l'amateurisme, le plaisir de jouer et l'insolite.” Pour l'instant, ils mentent pas, ça fleure bon l'amateur: epitanime.com affiche un gros “coming soon”, le site de l'association parle de la “11ème convention” (cette année sera la 12ème!), et le site officiel (l'autre, perdu sur epita-convention.com!) annonce déjà les dates: week-end du 28 au 31 mai. Bizarre, sachant que le gouvernement a fait sauter le lundi de Pentecôte, non? Enfin, ils annoncent que la convention sera non-stop jour et nuit; on le souhaite, parce que l'année dernière, les nocturnes étaient complètement foirées.
Autre chose: il est annoncé que les préventes commenceront au début du mois d'avril, mais les tickets sont déjà - en prévente! - sur Ticketnet.
Autre chose: il est annoncé que les préventes commenceront au début du mois d'avril, mais les tickets sont déjà - en prévente! - sur Ticketnet.
31 mars 2004
A l'Ouest du Japon
Par Raton-Laveur le 31 mars 2004, 22:42
Kiki's Delivery Service, le Ghibli sorti un an après Totoro, est dispo au cinoche depuis aujourd'hui. Allez hop, payons notre ticket pour montrer à Disney qu'il y a une différence statistique entre les entrées de ses films et de ceux qu'il importe.
Dans le mag de CanalSatellite, l'arrivée du décevant .hack//SIGN sur LameOne en précisant que la série vient des “mêmes auteurs que Ghost In The Shell et Neon Genesis Evangelion”. Hu hu hu.
Pendant ce temps-là dans nos librairies, les nouveaux volumes de mangas arrivent et les vendeuses continuent à se muscler en serrant pour que tout rentre. On a des séries et des éditeurs au kilomètre, et les lecteurs ne saturent pas, bien au contraire. Par contre, les éditeurs licencient tout ce qui bouge et commencent à se marcher sur les pieds... Hachette a esquivé le problème depuis six mois en se lançant dans le manhwa. Le manga coréen, quoi. Les méthodes de publication sont les mêmes que pour les mangas; pourquoi changer une recette gagnante? Ils ont poussé le vice jusqu'à calquer Tokebi Mag' sur Shonen Collec' et sa parution en librairie pour éviter les contraintes de la presse en kiosque - contraintes qui comptent déjà une victime, même si elle l'a un peu cherché.
Officiellement, Hachette et ses éditions Tokebi jugent donc que le manhwa est suffisamment mûr pour voyager jusqu'aux antipodes. Mhhh, surtout que personne n'a tenté le coup avant, donc que les droits doivent être bien moins chers et que le choix doit être plus large. Surtout qu'il faut chercher pour trouver de la qualité comparable aux japonais, puisque les coréens pompent encore sur leurs petits camarades... Priest fait penser à un croisement entre Preacher et Hellsing. Ragnarok est assuré de son petit succès, MMORPG oblige... Et pour le reste, c'est moins rose. J'ai pas fait le tour du catalogue de l'éditeur, mais les quelques séries que j'ai pu trouver ne m'ont pas franchement donné envie de payer les 6€95 réglementaires (certaines comme Yureka sont même carrément indignes d'une sortie de leur pays natal). Et puis, pourquoi ne mettre que du bourre-pif? Ils n'ont pas de shojos, d'historiques non parodiques ou de “tranches de vie” en Corée? Que c'est réducteur pour un lancement...
Dans le mag de CanalSatellite, l'arrivée du décevant .hack//SIGN sur LameOne en précisant que la série vient des “mêmes auteurs que Ghost In The Shell et Neon Genesis Evangelion”. Hu hu hu.
Pendant ce temps-là dans nos librairies, les nouveaux volumes de mangas arrivent et les vendeuses continuent à se muscler en serrant pour que tout rentre. On a des séries et des éditeurs au kilomètre, et les lecteurs ne saturent pas, bien au contraire. Par contre, les éditeurs licencient tout ce qui bouge et commencent à se marcher sur les pieds... Hachette a esquivé le problème depuis six mois en se lançant dans le manhwa. Le manga coréen, quoi. Les méthodes de publication sont les mêmes que pour les mangas; pourquoi changer une recette gagnante? Ils ont poussé le vice jusqu'à calquer Tokebi Mag' sur Shonen Collec' et sa parution en librairie pour éviter les contraintes de la presse en kiosque - contraintes qui comptent déjà une victime, même si elle l'a un peu cherché.
Officiellement, Hachette et ses éditions Tokebi jugent donc que le manhwa est suffisamment mûr pour voyager jusqu'aux antipodes. Mhhh, surtout que personne n'a tenté le coup avant, donc que les droits doivent être bien moins chers et que le choix doit être plus large. Surtout qu'il faut chercher pour trouver de la qualité comparable aux japonais, puisque les coréens pompent encore sur leurs petits camarades... Priest fait penser à un croisement entre Preacher et Hellsing. Ragnarok est assuré de son petit succès, MMORPG oblige... Et pour le reste, c'est moins rose. J'ai pas fait le tour du catalogue de l'éditeur, mais les quelques séries que j'ai pu trouver ne m'ont pas franchement donné envie de payer les 6€95 réglementaires (certaines comme Yureka sont même carrément indignes d'une sortie de leur pays natal). Et puis, pourquoi ne mettre que du bourre-pif? Ils n'ont pas de shojos, d'historiques non parodiques ou de “tranches de vie” en Corée? Que c'est réducteur pour un lancement...
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