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"Des gars comme ça, je les fais éjaculer dans une éprouvette et je garde le tout dans un frigo pour les générations futures." -Raton-Laveur, à propos de l'équipe de Nolife.

Japanime

17 mars 2004

Shintaisou

(OAV hentai en 4 épisodes, parution de 2002 à 2003. Un conseil, ne visitez pas le site officiel)

Vous vous souvenez du passage dans Les Bronzés Font du Ski quand Josiane Balasko se déboîte une jambe et que le docteur (Christian Clavier) propose, avant de replacer l'os, de “détourner la douleur” en la cognant à la tête, ce que Jugnot fait avec entrain? Ben c'est ça, Shintaisou: un bon coup de gourdin dans la face pour se détourner de la douleur de l'attente.
L'histoire est absolument inexistante: “Shintaisou” signifiant “gymnastique rythmique”, on a affaire à un groupe de filles en body et à leur entraîneur. Ce dernier les viole les unes après les autres, et selon une logique qui n'appartient qu'à l'industrie du porno, elles aiment ça. Techniquement, c'est vraiment bon: l'animation est excellente, le dessin de fort bonne facture (sauf les backgrounds assez quelconques: tout se passe dans le même gymnase...), les seiyuus étrangement convaincantes bien que pas toujours synchros; et le chara design, très rond, n'est pas aussi détaillé que les beautés athlétiques de Bible Black, mais franchement c'est pas un mal. En effet, vu ce que les malheureuses subissent, un trait plus détaillé n'aurait aidé qu'à se sentir encore plus mal à l'aise. En gardant un look très anime, ça aide à rester détaché...
A partir de là, on pourrait entamer quelques débats passionnants, du genre “le dessin animé aide-t-il à faire ressentir plus fortement les émotions, puisque les personnages sont dessinés simplement et donc plus facilement impersonnalisables?” ou “culpabilise-t'on moins en se masturbant devant un anime que devant des actrices de chair et de sang, puisque les créatures fictives sont vraiment inaccessibles?” Je vous laisse réfléchir sur ces sujets, qui sont de l'or massif pour animer un forum ou un sujet de bac de philo. Pour l'anime qui nous concerne aujourd'hui, disons juste que Dieu merci ce ne sont que des cellulos, parce que sinon les pauvres filles auraient toutes fini à l'hôpital.

C'est incroyablement pervers. Beaucoup plus que le jeu vidéo éponyme et que la plupart du hentai que j'ai vu. En fait, non; la phrase précédente est typique de l'éditorialiste qui ne veut pas se mouiller et qui craint des réponses du genre “ouais, y'a pire et ça s'appelle machin-chose, ouah la honte tu connais pas ce truc t'es vraiment un naze”. Donc mouillons-nous et osons: c'est l'anime le plus pervers, le plus dérangé et le plus trash que je connaisse (mise à jour du 18 septembre 2004: c'est bon, on a trouvé pire; lisez les commentaires après l'article pour plus d'infos). Parlez-moi de la Blue Girl ou d'Urotsukidoji et de leurs tentacules, je vous répondrai que c'est vraiment fictif et irréalisable à moins de se coller des bouts de pieuvre sur le banjo. Pareil pour les personnages hermaphrodites (futanari en japonais), sauf si vous vivez au Brésil ou dans les Bois de Boulogne. Dans Shintaisou, ça y va à la corde, aux pinces en fer, aux lavements par litres, à l'électrocution et à tout un tas d'autres trucs que je sais même pas comment les décrire. Je ne pensais pas voir un jour une éjaculation buccale tellement massive que ça en ressort par les narines en jets; maintenant, c'est fait. Il faut avoir l'estomac solide et... Non. En vérité, il faut vraiment être détraqué, avoir passé des années sur le Net, avoir été élevé avec du Marquis de Sade avant le dodo, pour supporter ça.
La preuve? Avant d'écrire cet article, j'ai cherché à me documenter, et je n'ai pas trouvé la moindre critique, la moindre gallerie, le moindre fansub. A peine quelques articles uniquement japonais sur le jeu vidéo (ainsi qu'un import non traduit hors de prix), mais rien sur l'anime. Pour autant que je sache, personne n'a osé sous-titrer, importer, ou même aborder le sujet. Si vous trouvez quelque chose, parlez-en dans les commentaires. Si vous ne trouvez rien, ben c'est officiel, cet article est un scoop.
C'est d'autant plus impressionnant que la chose est techniquement réussie: savoir que des designers, animateurs, actrices, ont réuni leurs efforts pour créer ça est impénétrable au mieux, et tient de l'association de malfaiteurs au pire. Cette série d'OAVs ne sortira jamais du Japon et c'est tant mieux. On avait trouvé le pire jeu vidéo hentai, et bien voici le pire anime hentai.

Quoique. Est-ce que je vous le recommande? D'un point de vue moral, évidemment pas: c'est le genre de chose que l'on garde honteusement caché dans ses affaires, de peur que quelqu'un le découvre et enflamme les plateaux de télévision sur les méfaits des japonais. Un snuff movie que je ne montrerais pas à mon meilleur pote, voilà ce qu'est Shintaisou... Et c'est pour ça que j'en parle, pour mieux vous en protéger, lectorat adoré. D'un point de vue hentai, oui, vous pouvez le mater: à 4 épisodes seulement pour un travail de qualité, ça ne s'adresse cependant qu'aux otakus de la pire espèce.



Nota Bene: Il m'arrive parfois de faire des AMVs, et du coup, chaque anime ou jeu vidéo qui me passe sous la dent se fait mentalement associer à un morceau de musique. Là, à part “Cynthia ou le rythme de la vie”, j'ai rien trouvé.


L'image la moins hard de tout cet anime. Non, je ne vous dirai pas ce qu'elles regardent.




Article sur Shintaisou Shin, la suite de Shintaisou !

Il y a pire que Shintaisou, et c'est abordé ici.

11 mars 2004

Kimi Ga Nozomu Eien

(“Cette Eternité Que Tu Souhaites”, 14 épisodes, basé sur un jeu vidéo de Princess Software paru sur Dreamcast, PC et PSdaube)

Tiens, encore un anime tout public adapté d'un truc hentai (il y a quelques scènes de nudité, mais pas de quoi dégainer Popaul). Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas l'histoire toute rose dégoulinant de bons sentiments et de situations téléphonées où tout le monde passe un bon moment après qu'une fille ait effleuré l'idée de se trancher les veines et justifier un scénario avant de ne pas le faire car nous vivons tous dans un monde merveilleux. Ca, ce sont les synopsis des dating sims livrés avec une seringue d'héroïne pour que le joueur-spectateur oublie sa vie pourrie. Ici, on est dans la deuxième catégorie de scénarios: une histoire déprimante où chaque perso se perd dans les bras d'un autre pour oublier sa condition et montrer au joueur-spectateur qu'il y a pire que lui, avant de terminer sur une leçon de vie et/ou une happy-end afin que tout ceci ne passe pas pour de la déprime gratuite. Après tout, beaucoup de joueurs restent des étudiants un peu paumés, qui se rattachent à ce genre de choses pour comprendre le monde qui les entoure, d'où les situations terriblement réalistes par moments.
Au cas où vous ne l'auriez pas compris: Kimi Ga Nozomu Eien ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Ca s'adresse à un public mûr qui ne regarde pas les animes uniquement pour s'évader un peu.

En fait, KGNE aurait très bien pu être un drama (série TV avec de vrais acteurs); s'il n'en a pas été ainsi, c'est parce que ses origines vidéoludiques lui interdisent un passage en live action sous peine d'être ridiculisé (allez, citez-moi un seul jeu vidéo qui ait passé le test!). Techniquement, rien de passionnant: dessin et animation moyens, musique qu'on oublie vite... à l'exception d'excellentes seiyuus qui font passer les sentiments. Avec son histoire, c'est d'ailleurs tout ce que KGNE a à nous offrir, et il le fait plutôt bien.

Ca commence comme n'importe quel scénario de la première catégorie (cf début de l'article): un mec, deux filles, triangle amoureux et déclarations d'amour sous le gros arbre du coin avec de gros rubans roses dans les cheveux.

Puis vlan, une des deux filles se mange une voiture à la fin du deuxième épisode. Admirez la métaphore du ruban rose sur un trottoir au milieu d'une flaque de sang.

A partir de là, on est dans la deuxième catégorie de scénario. Trois ans plus tard, le mec vit avec la fille toujours entière et l'autre émerge de son coma, se croyant toujours au temps où tout le monde portait des uniformes scolaires. Déchiré entre ces deux femmes, le personnage principal encaisse, obligé de vivre à la fois en adulte, au présent avec son amie, et jouant la comédie du passé pour son premier amour, cloué à l'hôpital et qu'une référence au temps qui s'est envolé pourrait terrasser.
Tout le thème de Kimi Ga... est là: cette “adulescence” où les flash-backs du temps de l'innocence, des examens et des parents se téléscopent avec la réalité de l'emploi, du logement et de la vie à deux. Trois attitudes: le héros ne veut pas grandir, une fille ne veut pas revenir en arrière et l'autre ne peut tout simplement pas rattraper le temps perdu. Les personnages sont vraiment crédibles et leurs comportements cohérents; il y a des larmes, du courage, de la lâcheté, et ça ne sonne pas creux. C'est romantique, dramatique, et on a plaisir à mater les quatorze épisodes.

Verdict? Kimi Ga Nozomu Eien n'est pas une série techniquement à la hauteur, mais se rattrape avec un scénario et un casting (des voix et des persos) de très bonne facture. Même si le déroulement de l'histoire m'a souvent poussé à enchaîner les épisodes, KGNE ne m'a jamais touché ou ému. C'est un joli conte, triste et mature, mais rien de plus que cela. Est-ce que je vous recommande de passer sept heures à le regarder? Non, mais vous savez que la sélection de cette colonne est darwinienne; alors si vous correspondez au profil du spectateur-cible dressé plus haut - autrement dit, vous avez vécu Saishuu Heiki Kanojo - vous passerez un bon moment devant cet anime. Les autres, vous pouvez retourner devant Kanon, figure de proue des scénarios de première catégorie^^.

09 mars 2004

Sur les fansubs

Il y a quelques années, on bouffait de la Japanime à la télé en quantités industrielles. Des producteurs achetaient au kilomètre, traduisaient à la va-vite et faisaient leurs doublages dans des hangars avec des acteurs embauchés à la sortie du métro (lapsus: j'avais écrit “micro” à la place de “métro”). Résultat, la France s'est retrouvée comme un des pays les plus avancés en matière de Japanime, découvrant sentaïs, shojos et OAVs bien avant “les américains et le reste du monde”, comme on dit dans Independence Day. Et du coup, a acquis une réputation d'animation cheap produite à la chaîne; ce n'est pas complètement faux, mais vous savez que c'est également loin d'être vrai.

De nos jours, les choses ont bien changé. Télérama a arrêté de cracher sur l'animation japonaise, Dorothée a pris sa retraite et le genre a gagné ses lettres de noblesse. Par là, j'entends que la place dans les rayonnages de la Fnac est devenue conséquente, que Disney a réalisé qu'il gagnerait plus d'argent en important le phénomène plutôt qu'en le combattant, qu'AnimeLand n'est plus le seul périodique sur le sujet ou que le côté marginal de tout cela s'est estompé, devenant partie intégrante de l'héritage de toute une génération. Il y a un instant, je parlais de l'espace occupé dans les magasins: en effet, nombreux sont ceux qui effacent leurs VHS pour s'acheter les DVD de Cat's Eyes, Sherlock Holmes ou des Samouraï Pizza Cats. Nom de Dieu, si même les Samouraï Fucking Pizza Cats ont droit à une résurrection DVD, c'est vraiment qu'on a passé une étape, non? A l'époque, si on voulait revoir une série aimée, on devait empiler les cassettes vidéo, sauter les pubs et supporter le Splitch-Splatch-Splotch-Vlan. Qualité d'image pourrie, traduction plus que moyenne dans le meilleur des cas, détérioration avec le temps. Maintenant, c'est DVD, produit relativement luxueux (surtout quand les originaux sont en 4:3 mono) pour symboliser qu'on est passés du dada d'enfant au passionné pour un bout de temps.

Le passionné bouffe du fansub, parce qu'il tient à être au courant des dernières diffusions ou tout simplement parce qu'il n'en a jamais assez vu. Et ce n'est plus la télé d'aujourd'hui qui pourra satisfaire ce mangavore, alors il va sur le Net. Chose amusante, le fansub de Saint Seiya Hades a quasiment servi d'activateur, comme un code secret pour remettre en service un agent secret dormant; vous avez tous vu la tête d'un ancien accro aux Chevaliers du Zodiaque apprenant que sa série a une suite à la sauce XXIème siècle, non^^?
D'aucuns s'inquiètent de l'omniprésence des subs, rippés, traduits, stylés, timés, encodés et diffusés en à peine quelques jours après la diffusion à la télé nipponne. Dit comme ça, on est en droit de s'inquiéter de la qualité du travail, non? En fait, même pas besoin de s'inquiéter: c'est du mauvais travail et on le sait. Un fansub reste une vidéo de 200 Mo à l'encodage destructif, traduit par des amateurs qui aiment bien les effets flashy sous Adobe Premiere et qui finira son existence sur un CD-R ou un DVD-R, support dont on connait bien les limites par rapport à un vrai DVD pressé.

Vous voyez la constante? Les fansubs sont les VHS modernes. Hier et aujourd'hui, il s'agit de supports enregistrés à la chaîne pour ceux qui n'en ont jamais assez, qui sont de mauvaise qualité, et qui confine à du gavage d'oie. Ben oui: dans les deux cas, le visionneur empile vite les VHS ou les DVD-R sans avoir le temps de tout regarder, et quand il mate quelque chose pris au sommet de la pile, c'est avec l'esprit distrait et par paquets de cinq heures. Frustré par l'image décolorée, le son en stéréo et le disque gravé qui s'use plus vite qu'on ne le croit, il finit bien par se payer un bô DVD. Et il devient d'autant plus exigeant sur la qualité d'image, de son et de valeur ajoutée, ce qui pousse les éditeurs à faire de beaux articles. Qui se vendent bien et prennent de la place dans les magasins. Et qui finissent par attirer le regard des néophytes.

07 mars 2004

ENFIN!

Read or Die Zone 2 FR dispo! Evidemment, Manga-Distrib' s'est vite retrouvé en rupture de stock.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore, faites une recherche sur le titre dans ce blog: vous comprendez vite qu'il s'agit d'une des meilleures choses qu'il nous ait été donné de voir depuis des années, et sans doute la meilleure OAV depuis Macross Plus (et depuis RoD, y'a Macross Zero^^). Le monde d'Hideyuki Kurata est sublime, le côté technique est irréprochable, c'est trois épisodes pleins comme des oeufs. On en voit tous les cinq ans, des merveilles de ce calibre. Nom de nom, j'adore tellement ça que j'ai fait des projections publiques pour le faire découvrir...

En une phrase: que vous lisiez cette colonne pour les jeux vidéo ou la Japanime, que vous soyez ici pour l'humour ou la franchise des écrits, vous devez, DEVEZ voir ça; ça fait partie des chefs d'oeuvre qui font aimer les animes à ceux qui ne connaissent pas. Achetez ce DVD. Sérieusement.

04 mars 2004

Hey, mais <i>je suis</i> sur cette photo!


(merci à lcf^^!)

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