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Désolé, il est mort

Japanime

23 août 2004

"Bouffe-moi l'hentai"

C'est peut-être une des raisons pour lesquelles je lis Libé: les jeux de mots pas piqués des vers. Page 8 de leur cahier d'été: leur "DVD du jour" est édité chez Eva Vidéo - Erotic Video Animation, un label de Kaze qui fait comme sa maison-mère: des traductions de merde avec peu d'épisode(s) par disque et sans bonus, le tout vendu à un prix délirant. Ca s'appelle "Les Pervers du Train" - "Chikan Densha" ("la ligne de train des pervers", quoi) en VO, adapté du jeu vidéo du même nom et du comportement correspondant. Pour me l'être farci (le jeu vidéo, pas le comportement), sachez que c'est du produit dans la moyenne de l'atelier Kaguya, sans plus.
Là où Libé fait fort, c'est en abordant un sujet que je n'osais toucher (et pourtant, ça va loin parfois!): la pédophilie latente et le fantasme qui l'accompagne dans ce genre de production. Le journaliste (Eric Loret; Olivier Séguret doit être en vacances) discute de l' "abîme métaphysique" - y'a pas à dire, j'aurais pas fait aussi bien - devant "la puissance de la fiction et du fantasme" quand on a vu "des Candy se faire mettre par le Petit Prince des Collines". Le tout part d'un de ces avertissements sur la jaquette selon lequel tout le monde est majeur dans l'anime - qui comme d'habitude, est un bon gros mensonge. Il conclut en plaisantant sur l'attente d'un "mouvement des législateurs", puisque nous autres (a)mateurs de hentai avons aussi peu de chances de se retrouver entre quatre murs que les lecteurs du Marquis de Sade. Ironie du sort, c'est le même journal qui avait dénoncé à sa une, il y a presque deux ans, l'interdiction à la vente de "Rose Bonbon", un bouquin porté sur l'amour des 'tits n'enfants... Entre ça et l'argumentation sur la légalité des animes non licenciés, on ne sera pas prêts d'oublier le jour où un bouffeur de hentai se retrouvera devant un tribunal.

Nota bene: comme jeu de mots avec "hentai" dedans, je propose "la maison hentai" - à prononçer de façon très française. Crotte, j'aurais dû le garder pour un autre article.

22 août 2004

Gantz - volumes 2, 3 et 4

Le deuxième livre de cette histoire a une progression vraiment lente - on sent presque l'angoisse de la page blanche de l'auteur.
Le troisième rattrape la mayonnaise. En parlant de sauce, il n'y a qu'une fille dans ce manga, mais elle assure largement la - très forte - dose de fan service(*); rapidement, on ne voit plus que cette pin-up sur les illustrations inter-chapitres. Mention spéciale pour la scène de douche avec le savon liquide bien dégoulinant... L'ensemble vire parfois au trash: blessures assez crades et plans permantents sur la foufoune de la demoiselle.
On reprend la baston dans le volume 4, mais le mélange "dessin à l'encrage + arrière-plans, armures et flingues en 3D" commence à montrer ses limites. Une scène d'action dans de l'eau se contente d'un effet vu et revu mille fois pour la surface aqueuse (okay, c'est quelque chose de très dur à dessiner, mais c'est du strict minimum là), le tramage est tout juste moyen et le dessin traditionnel ne fait que ressortir davantage... Mais FtY a raison: la recette a beau être connue, elle est bien exécutée. Quand je regarde "MI-5" sur Canal Plus, j'ai affaire à une resucée de 24 qui n'ajoute rien. Gantz copie Battle Royale mais le fait bien; au milieu de ce quatrième volume, il y a même un bourgeon de réflexion sur le conditionnement par rapport à la violence... Et pour le reste, ça reste bien trouvé. Mince, même Sadako de la saga Ring se paie une visite!
Le DVD des premiers épisodes en version non censurée sort ce mercredi 25 au Japon; la comparaison devrait être intéressante!

(*)Ce qui me fait penser; vous avez lu le volume 3 de Dark Crimson qui est sorti aux éditions Pika? J'ai pas encore fait les statistiques pour celui-là (EDIT: c'est fait!), mais dans le deuxième livre, j'avais trouvé moins de 10 pages sur 200 qui n'avaient pas de seins dessus... Satoshi Urushihara est de ces gens qui ont contribué à l'éveil de ma puberté il y a presque dix ans, ça ne m'empêche pas de rester grand fan^^.

21 août 2004

Doublage ou doublure?

Il est de ces grands acteurs français qui capitalisent sur leur nom, parce que leur carrière est derrière eux. C'est aussi un comportement répandu pour les sportifs, c'est en passe de le devenir chez nos acteurs français grabataires qui filment des choses en cachant difficilement le besoin de calmer les agents du fisc. Par exemple, les téléfilms à gros budget de Josée Dayan; Depardieu ne s'y force même pas. On ne voit pas Monte Christo ou Balzac joués par Depardieu, on y voit Depardieu dans leurs rôles. Benoît Poelvoorde avait un jour dit que quand ce dernier avait fait la pub pour des pâtes, l'argument de vente n'était pas "Depardieu mange nos pâtes", mais "on a payé X millions pour avoir Depardieu". On veut une forme, pas un fond.
Vous le savez déjà: le doublage en France est le parent pauvre du métier d'acteur. Celles et ceux qui impersonnalisent les héros des films, animes et séries TV sont des intermittents du spectacle. Des gens qui préfèrent être sur un plateau de ciné ou les planches d'un théâtre et pour lesquels se cacher derrière un micro n'est qu'un moyen de mettre du beurre dans les épinards à la fin du mois. Eux aussi bossent pour la forme, et les éditeurs veulent une piste française sur leurs DVD pour la même raison. Doit-on se plaindre? Au moins, les doublages n'ont plus l'air d'avoir été enregistrés dans un hangar par des gens recrutés à la sortie du métro - comme au bon (?) vieux temps d'AB Productions. Aujourd'hui, on peut simplement leur reprocher d'être fades à en crever... Et tristement, même quand un groupe de fans part en guerre contre cette médioctrité ambiante, leur travail ne vaut pas forcément mieux.
Mais au moins, ça fait de nouvelles voix à entendre. Je ne sais pas si les acteurs de doublage fonctionnent au cannibalisme ou selon un rituel d'élimination digne d'un reality-show, mais on entend toujours les mêmes voix. En France, Spike Spiegel de Cowboy Bebop est Sora de .hack//SIGN qui est un garçon de GTO qui est pfouuuuu... Mais être acteur n'implique-t-il pas de savoir changer de peau, d'entrer dans un autre personnage? Ils ne prennent même plus la peine de changer leurs voix! Quand il s'agit de gens célèbres, passe encore. Mais à part Jean Reno pour Porco Rosso, je ne crois pas que la Japanime française ait eu cet honneur. On a juste un cheptel vraiment réduit de gens qui ne se forcent même pas, empochant le chèque, parfois dans des conditions assez dégueus, mais malgré tout, qui ne font même plus leur boulot. Comme quoi, même pas besoin de s'appeler Depardieu pour en faire le moins possible et toujours être considéré comme un acteur.

15 août 2004

Ninja!

Ninja Gaiden est-il un jeu difficile? Sans aucun doute. Mon esprit d'occidental faisant partie des 10% de la population mondiale correctement nourri (trop nourri?) compare l'expérience à de la bouffe corréenne; c'est pimenté à s'en arracher la tête, mais bon à s'en péter le ventre. En effet, Ryo Hayabusa - votre esclave de jeu attitré - n'est pas n'importe quel ninja, c'est vrai quoi, il est né à l'époque de la NES où "Mission Impossible" avait un autre sens (surtout que le remake toupourri des années 90 de la série télé n'existait pas, c'est vous dire). Ryo n'est second que derrière Joe Higashi (héros de la saga Shinobi, philistins!), c'est une brute qui sait tout faire dès le début du jeu - hormis les magies qui font des effets spéciaux rigolos. Autrement dit, Ninja Gaiden est bien dur, mais laisse le sentiment permanent que si vous foirez, c'est votre faute et pas celle de Ryo, de la manette, d'un ralentissement ou des phases de la lune. Pas d'excuse, joueur un joue encore.
Qu'est-ce qui rend le jeu difficile? Facile (sic): les ennemis ne sont pas des époouvantails impatients de se faire égorger. Ils encaissent aussi bien que vous, se battent aussi bien que vous, et n'attendent pas leur tour pour se jeter sur leur ennemi. Ces gars-là sont des clones de Ryo, les mouvements funky en moins.

J'ai aussi commencé SpellForce, histoire de donner à mon PC de prolétaire autre chose qu'UT2004 pour jouer sérieusement. Il vient de tomber à 30€ en neuf, comporte la pire impression de numéro de série connue du genre humain, et n'a pas tout ce qui m'a rendu fou de rage dans Warcraft 3. Autrement dit, on va bien s'entendre, lui et moi.



Tiens, texte n°666.

10 août 2004

BR VS MIB

On va commencer par une tranche de vie, chose que je hais pourtant dans cette colonne. Alors voilà: c'est mon copain Ashtear qui vient m'emprunter des manettes SNES, et en échange il me prête le premier volume de Gantz:
moi (feuillette rapidement la chose): Wah, y'a une fille toute nue et avec des gros seins!
Ashtear: T'es bien tombé, reviens quelques pages plus tôt pour voir comment elle arrive...
moi (qui tourne donc les pages vers la droite, sens de lecture original oblige): Beuuuarrrk.

Gantz, ça commence avec deux ados qui ont une rencontre un peu violente avec une rame de métro. Au lieu de mourir comme c'est généralement prévu dans le contrat, ils se retrouvent téléportés dans un appartement verrouillé avec quelques personnes nipponnes qui n'ont rien en commun (Yakuza, instit', homme politique...). Ouais, un peu comme dans le film Cube. Une demoiselle relativement nue et tankée les rejoint: elle arrive par rondelles - on voit la chair et les os, pas très ragoûtant - puis s'ensuit un de ces dialogues "c'est pour la caméra cachée" entre les persos. Sauf qu'une machine sphérique leur refile des armes, une cible - un homme-poireau - et les renvoie dans Tokyo. Je sais, expliqué comme ça c'est vraiment dingue.
D'où le parralèle entre Battle Royale (non, pas le 2 tout pourri, le premier tout génial) pour les anonymes surarmés et au but imposé - ils ont même une zone délimitée que leur tête elle fait boum s'ils en sortent-, et Men In Black (oui, les deux films tout pourris) pour les sortes d'extraterrestres qu'ils doivent se farcir et l'équipement très SF. En tout cas, BR est vraiment très présent tout le long de la lecture. Le ton est assez adulte avec ses éviscérations en folie et la sexualité qui reparaît dans les volumes suivants; dans celui-ci, la fille aussitôt arrivée manque de se faire violer par un yakuza.

Techniquement, on aime ou on déteste: c'est massivement fait à l'ordinateur. Les arrière-plans et certains objets comme les armes sont créés à partir de modèles 3D, le tramage passe par Photoshop, etc. Je sais que j'aurais hurlé au sacrilège devant ça il y a quelques années, mais j'ai fini par être séduit; en fait, c'est un peu la faute à Yui Toshiki. Le design des persos, franchement propret, fait énormément penser à Hiroyuki Asada ("I'll", ou le basketball manga sans allusions homoérotiques), les gros seins en plus.
En attendant de lire plus attentivement la suite, Gantz m'a tout l'air d'une recette déjà goûtée dans le passé - même qu'il y avait Takeshi Kitano dedans. Si vous n'êtes pas dégoûtés par le style graphique et que vous ne lisez pas déjà le manga de Battle Royale, il y a peut-être quelque chose à gratter - parce que bon, avec le volume à 9€ (éditions Tonkam, cher!), faut quand même être plus sévère à la sélection...

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