Personne ne vous comprend ? Enlevez ce pénis de votre bouche et répétez
Japanime
25 septembre 2004
Culture de navets
Par Raton-Laveur le 25 septembre 2004, 23:30
Pas besoin d'être anti-américain pour s'en rendre compte: quand quelque chose marche quelque part dans le monde, les ricains en font un remake maison. Exemple: la saga Ring. La version US passe en ce moment sur Canal+, et il ne s'agit que du film que l'on connait en plus cher: plus d'effets spéciaux, des prises de vue depuis hélicoptère à foison, et une Sadako/Samara qui devient le mouton noir du vilage parce qu'elle rend fous des chevaux qui l'empêchent de dormir (dans la version originale, c'était parce qu'elle prévoyait de mauvais évènements, comme l'éruption du volcan local, rien que ça!). Plus onéreux, mais pas plus effrayant.
Le hasard fait bien les choses: j'ai pu voir le long-métrage US direct-to-video de... Ken le Survivant! Et croyez-le ou non, c'est surprenant à bien des égards. N'empêche, ça reste un film de série Z avec un budget ridicule et des acteurs has been, donc forcément bien marrant à ses dépens.
Je commence par le plus important: l'acteur qui joue Ken. Il s'appelle Gary Daniels, et il a parfaitement la carrure pour interpréter la montagne de muscles que nous connaissons. Le gars est un ancien champion d'un sport de bourre-pif parmi tant d'autres et est encore plus carré que Schwarzie dans sa période Predator - c'est dire. Principal défaut de Gary: ses talents d'acteur le poussent à exprimer la douleur d'une façon un peu bizarre - mais comme Ken ne souffre pas beaucoup, on a pas trop l'occasion de le remarquer. Ainsi, la scène où Shin fait la cicatrice de la Grande Ourse à Ken permet d'admirer M. Daniels dans ses oeuvres: quand il a mal, il fait une bouche toute ronde et de gros yeux, un peu comme quand on renifle du caca fabriqué à partir de bouffe mexicaine. Bizarre, je vous dis. D'après la jaquette du DVD, le rôle par lequel on serait susceptible de le connaître est, je cite: "adversaire de Jackie Chan dans Niki Larson". Vous savez, Niki Larson! Le titre français d'un film hong-kongais sur un manga japonais à inspiration américaine! Créé alors que le mur de Berlin était toujours debout, City Hunter n'aura pas attendu la mondialisation pour ratisser large (posez vos flingues, j'adore Tsukasa Hojo). Si vous ne vous souvenez pas du film, c'est facile: à un moment, Jackie Chan se bat sur un yacht et entre dans une salle d'arcade à l'intérieur de ce dernier. Il fait un vol plané dans une borne Street Fighter 2 et se retrouve dans la peau de Chun-Li, avec chignons, bracelets piqués à Médor et toute la panoplie. Si vous ne l'avez pas vu, vous devez de comprendre que ce "joyau" de TF1 vidéo doit être maté.
Autre surprise, double celle-là: on voit le père de Ken. Ou son père adoptif qui lui a enseigné le Hokuto, le film n'est pas clair là-dessus; il apparaît carrément comme un fantôme revenu de par les morts (on voit même son squelette sortir de sous terre!). Et le côté "double" de cette révélation, c'est qu'il est joué par... Malcolm McDowell. Un grand monsieur qu'on se demande un peu ce qu'il fout là, mais qui n'a pas eu de grand rôle depuis sa prestation de l'Amiral Tolwyn dans les fabuleux Wing Commander 3 et 4, des jeux PC que j'adore. Bon, d'accord, c'est aussi le rôle principal de l'Orange Mécanique de Stanley Kubrick.
Mais la vraie question que vous vous posez, c'est évidemment: est-ce que c'est fidèle au manga, ou est-ce que c'est encore un truc vaguement inspiré comme le film de Street Fighter avec Ryu et Ken arnaqueurs de loubards et refourgueurs de pistolets à mousse? Arrêtez de pleurer nerveusement en pensant à ça, désolé d'avoir ressorti ce souvenir douloureux. Et Chun-Li était reporter, et Honda était son caméraman, et Jean-Claude Van Damme et Kylie Minogue qui... Allez, j'arrête, mais vos sanglots étaient rigolos à écouter. Donc, bonne nouvelle: c'est super fidèle, à l'exception de quelques écarts que l'on peut mettre sur le dos de la "liberté artistique".
Liste du glop glop: les persos ont gardé les noms japonais: Kenshiro, Shin, Julia, Bat, etc. Ken fait toujours éclater des têtes par simple imposition des mains, mais ne s'en sert que comme fatalités - il n'empêche que quand il a sorti à un méchant "c'est inutile, tu est déjà mort" juste avant le gros boum, la salle de projection a fait la hola. Salle de projection composée de mon salon, d'une Xbox pour lecteur DVD et d'un paquet de Prince goût Choco, mais je digresse. Les explosions de crânes sont plus proches des OAV Shin Hokuto No Ken que du manga ou de la série TV: on voit la tête enfler de façon sporadique, mais presque jamais de cervelle visible au moment fatidique (par manque de budget?). Le scénario reprend des moments-clé du début d'Hokuto No Ken et serre le tout en 1h25 sans que ce soit indigeste (ça reste un film US de baston après tout, puis bon, Ken c'est pas compliqué non plus...).
Liste du pas glop: Ken se bat hélas avec du kung-fu classique (mais bien quand même!), et les mouvements de Hokuto sont un peu ridicules: on dirait qu'il donne de petites tapes sur le corps de son ennemi! La petite Lin était, dans l'histoire originale, muette depuis qu'elle avait vu ses parents se faire massacrer - traumatisme qui existe vraiment. Dans ce film, elle est rendue aveugle à cause de la même chose (que c'est tordu!), et quand Ken la guérit, je suis étonné qu'elle ne fasse pas une rechute illico en voyant les gueules d'amour qui l'entourent! En ce qui concerne les "libertés artistiques": Bat meurt (alors qu'il faisait partie des rares à survivre dans le manga!), on a une grosse happy end bien convenue, et Julia ne se suicide pas - alors que dans la version française de la série TV, le doublage donnait: "Non Julia ne t'approche pas de la terrasse la rambarde n'est pas encore construite, JULIAAAAAAA! (chute, et plaf quelques dizaines d'étages plus bas) C'est un scandale, appelez-moi le menuisier!"
Mystère: la section "Product Placement" du générique de fin. Le "product placement", c'est quand un film fait de la pub ni vu ni connu pour divers machins. Ca gonfle le budget et ça coûte pas grand chose au montage. Sauf que franchement, dans un scénario post-apocalyptique, vous voulez mettre quoi comme produit? Des abris anti-atomiques? La seule chose qui importe dans Hokuto No Ken, c'est l'eau, et le film respecte ça. Or, le générique a un plein écran consacré au product placement, citant même Jolt Cola! Et on trouve beaucoup de marques de fringues, genre fringues de motards. Ah, tout s'explique: sans sponsoring, tout le monde aurait tourné à poil.
Au final, on obtient quoi? Un film de baston un peu convenu mais rempli de la bonne intention qu'est de coller à l'histoire dont il est adapté. On garde donc les inconsistences déjà existantes dans le manga (mais d'où ils tirent toute cette essence pour leurs motos?) et on en ajoute d'autres (pourquoi ils ont tous des blousons en cuir?). On compte trois lieux pour tout le film: un village de tôle, des plaines - en fait, un décor de ciel à 5 mètres derrière les acteurs puisque tout semble avoir été tourné en studio - et le palais luxueux à la fin (dont la vue extérieure me fait penser à trois pots de yaourt empilés). On alterne entre le pire (la scène des cicatrices, probablement filmée un lendemain de restau mexicain), le meilleur (l'entrée de Ken dans le palais de Shin: il faut croire que les scènes de baston dans un hall d'entrée sont toujours réussies), et de belles crises de rire (Shin qui balance des boules de feu!). On aurait pu avoir un carnage total - la VF de la série donne un aperçu -, on ne l'a pas eu. Autrement dit, mission remplie pour un film sans grande prétention.
Le hasard fait bien les choses: j'ai pu voir le long-métrage US direct-to-video de... Ken le Survivant! Et croyez-le ou non, c'est surprenant à bien des égards. N'empêche, ça reste un film de série Z avec un budget ridicule et des acteurs has been, donc forcément bien marrant à ses dépens.
Je commence par le plus important: l'acteur qui joue Ken. Il s'appelle Gary Daniels, et il a parfaitement la carrure pour interpréter la montagne de muscles que nous connaissons. Le gars est un ancien champion d'un sport de bourre-pif parmi tant d'autres et est encore plus carré que Schwarzie dans sa période Predator - c'est dire. Principal défaut de Gary: ses talents d'acteur le poussent à exprimer la douleur d'une façon un peu bizarre - mais comme Ken ne souffre pas beaucoup, on a pas trop l'occasion de le remarquer. Ainsi, la scène où Shin fait la cicatrice de la Grande Ourse à Ken permet d'admirer M. Daniels dans ses oeuvres: quand il a mal, il fait une bouche toute ronde et de gros yeux, un peu comme quand on renifle du caca fabriqué à partir de bouffe mexicaine. Bizarre, je vous dis. D'après la jaquette du DVD, le rôle par lequel on serait susceptible de le connaître est, je cite: "adversaire de Jackie Chan dans Niki Larson". Vous savez, Niki Larson! Le titre français d'un film hong-kongais sur un manga japonais à inspiration américaine! Créé alors que le mur de Berlin était toujours debout, City Hunter n'aura pas attendu la mondialisation pour ratisser large (posez vos flingues, j'adore Tsukasa Hojo). Si vous ne vous souvenez pas du film, c'est facile: à un moment, Jackie Chan se bat sur un yacht et entre dans une salle d'arcade à l'intérieur de ce dernier. Il fait un vol plané dans une borne Street Fighter 2 et se retrouve dans la peau de Chun-Li, avec chignons, bracelets piqués à Médor et toute la panoplie. Si vous ne l'avez pas vu, vous devez de comprendre que ce "joyau" de TF1 vidéo doit être maté.
Autre surprise, double celle-là: on voit le père de Ken. Ou son père adoptif qui lui a enseigné le Hokuto, le film n'est pas clair là-dessus; il apparaît carrément comme un fantôme revenu de par les morts (on voit même son squelette sortir de sous terre!). Et le côté "double" de cette révélation, c'est qu'il est joué par... Malcolm McDowell. Un grand monsieur qu'on se demande un peu ce qu'il fout là, mais qui n'a pas eu de grand rôle depuis sa prestation de l'Amiral Tolwyn dans les fabuleux Wing Commander 3 et 4, des jeux PC que j'adore. Bon, d'accord, c'est aussi le rôle principal de l'Orange Mécanique de Stanley Kubrick.
Mais la vraie question que vous vous posez, c'est évidemment: est-ce que c'est fidèle au manga, ou est-ce que c'est encore un truc vaguement inspiré comme le film de Street Fighter avec Ryu et Ken arnaqueurs de loubards et refourgueurs de pistolets à mousse? Arrêtez de pleurer nerveusement en pensant à ça, désolé d'avoir ressorti ce souvenir douloureux. Et Chun-Li était reporter, et Honda était son caméraman, et Jean-Claude Van Damme et Kylie Minogue qui... Allez, j'arrête, mais vos sanglots étaient rigolos à écouter. Donc, bonne nouvelle: c'est super fidèle, à l'exception de quelques écarts que l'on peut mettre sur le dos de la "liberté artistique".
Liste du glop glop: les persos ont gardé les noms japonais: Kenshiro, Shin, Julia, Bat, etc. Ken fait toujours éclater des têtes par simple imposition des mains, mais ne s'en sert que comme fatalités - il n'empêche que quand il a sorti à un méchant "c'est inutile, tu est déjà mort" juste avant le gros boum, la salle de projection a fait la hola. Salle de projection composée de mon salon, d'une Xbox pour lecteur DVD et d'un paquet de Prince goût Choco, mais je digresse. Les explosions de crânes sont plus proches des OAV Shin Hokuto No Ken que du manga ou de la série TV: on voit la tête enfler de façon sporadique, mais presque jamais de cervelle visible au moment fatidique (par manque de budget?). Le scénario reprend des moments-clé du début d'Hokuto No Ken et serre le tout en 1h25 sans que ce soit indigeste (ça reste un film US de baston après tout, puis bon, Ken c'est pas compliqué non plus...).
Liste du pas glop: Ken se bat hélas avec du kung-fu classique (mais bien quand même!), et les mouvements de Hokuto sont un peu ridicules: on dirait qu'il donne de petites tapes sur le corps de son ennemi! La petite Lin était, dans l'histoire originale, muette depuis qu'elle avait vu ses parents se faire massacrer - traumatisme qui existe vraiment. Dans ce film, elle est rendue aveugle à cause de la même chose (que c'est tordu!), et quand Ken la guérit, je suis étonné qu'elle ne fasse pas une rechute illico en voyant les gueules d'amour qui l'entourent! En ce qui concerne les "libertés artistiques": Bat meurt (alors qu'il faisait partie des rares à survivre dans le manga!), on a une grosse happy end bien convenue, et Julia ne se suicide pas - alors que dans la version française de la série TV, le doublage donnait: "Non Julia ne t'approche pas de la terrasse la rambarde n'est pas encore construite, JULIAAAAAAA! (chute, et plaf quelques dizaines d'étages plus bas) C'est un scandale, appelez-moi le menuisier!"
Mystère: la section "Product Placement" du générique de fin. Le "product placement", c'est quand un film fait de la pub ni vu ni connu pour divers machins. Ca gonfle le budget et ça coûte pas grand chose au montage. Sauf que franchement, dans un scénario post-apocalyptique, vous voulez mettre quoi comme produit? Des abris anti-atomiques? La seule chose qui importe dans Hokuto No Ken, c'est l'eau, et le film respecte ça. Or, le générique a un plein écran consacré au product placement, citant même Jolt Cola! Et on trouve beaucoup de marques de fringues, genre fringues de motards. Ah, tout s'explique: sans sponsoring, tout le monde aurait tourné à poil.
Au final, on obtient quoi? Un film de baston un peu convenu mais rempli de la bonne intention qu'est de coller à l'histoire dont il est adapté. On garde donc les inconsistences déjà existantes dans le manga (mais d'où ils tirent toute cette essence pour leurs motos?) et on en ajoute d'autres (pourquoi ils ont tous des blousons en cuir?). On compte trois lieux pour tout le film: un village de tôle, des plaines - en fait, un décor de ciel à 5 mètres derrière les acteurs puisque tout semble avoir été tourné en studio - et le palais luxueux à la fin (dont la vue extérieure me fait penser à trois pots de yaourt empilés). On alterne entre le pire (la scène des cicatrices, probablement filmée un lendemain de restau mexicain), le meilleur (l'entrée de Ken dans le palais de Shin: il faut croire que les scènes de baston dans un hall d'entrée sont toujours réussies), et de belles crises de rire (Shin qui balance des boules de feu!). On aurait pu avoir un carnage total - la VF de la série donne un aperçu -, on ne l'a pas eu. Autrement dit, mission remplie pour un film sans grande prétention.
22 septembre 2004
Jour de fête
Par Raton-Laveur le 22 septembre 2004, 11:01
Joyeuse sortie de Steamboy à toutes et à tous!
13 septembre 2004
Abusation
Par Raton-Laveur le 13 septembre 2004, 20:10
La revue de presse continue: dans son premier numéro (Sept-Oct), la version papier de Mangajima écrit un joli "abusage total". Sans commentaire.
05 septembre 2004
Ghost In The Shell: patch de traduction
Par Raton-Laveur le 05 septembre 2004, 20:04
Dans cet article, j'ai parlé de pages manquantes dans la version française du manga Ghost In The Shell. Certains se demandent toujours de quoi je parle, aussi peut-être est-il temps de régler la chose une fois pour toutes - surtout que GITS a quand même pas loin de dix ans.
Version courte: les éditions Glénat font un boulot de merde, et GITS n'a pas fait exception. Version moyennement longue: leur traduction est basée sur la version américaine, parce qu'ils sont trop flemmards pour bosser à partir de la version japonaise. Or, la version US du manga a été modifiée par Masamune Shirow himself afin qu'il ne soit pas interdit là-bas aux moins de 18 ans. Car oui, ces pages sont cochonnes.
Voici donc le patch de traduction pour la version française de Ghost In The Shell, concocté avec amour par un site très sympa mais très moche, raton-laveur.net . Téléchargez, décompressez, lisez le fichier joint, imprimez les pages et glissez-les dans votre volume 1 français. Merci tonton Raton!
Et puisque l'actu Shirow est assez chargée en 2004, entre le film Innocence qui sort chez nous en décembre et qui a fait partie de la sélection officielle à Cannes ou le film Apple Seed, j'en rajoute une louche dans les explications. En France, il y a trois volumes de Ghost. Or au Japon, il n'y a que Ghost In The Shell 1 et 2. Pourquoi? La faute à Glénat, encore une fois. Au Japon, Ghost In The Shell est composé de deux volumes - sur lesquels se base le film sorti il y a quelques années -, et Ghost In The Shell 2 se nomme Man Machine Interface. Glénat avait édité les deux premiers tomes en les numérotant avec de gros chiffres romains, comme s'il s'agissait d'une séquelle alors que les deux livres étaient liés; si vous ne comprenez pas, pensez au film Kill Bill qui a été coupé en deux (pas par Tarantino mais par son abruti de producteur, Harvey Weinstein, celui qui avait voulu raccourcir Mononoke Hime). Quelques années plus tard, quand Shirow a fait Man Machine Interface, une vraie suite à GITS, Glénat s'est retrouvé bien con et l'a nommé "Ghost In The Shell 3", tout en prenant bien soin de foirer encore plus la VF. Enfin, tant qu'il y aura des fans...
Version courte: les éditions Glénat font un boulot de merde, et GITS n'a pas fait exception. Version moyennement longue: leur traduction est basée sur la version américaine, parce qu'ils sont trop flemmards pour bosser à partir de la version japonaise. Or, la version US du manga a été modifiée par Masamune Shirow himself afin qu'il ne soit pas interdit là-bas aux moins de 18 ans. Car oui, ces pages sont cochonnes.
Voici donc le patch de traduction pour la version française de Ghost In The Shell, concocté avec amour par un site très sympa mais très moche, raton-laveur.net . Téléchargez, décompressez, lisez le fichier joint, imprimez les pages et glissez-les dans votre volume 1 français. Merci tonton Raton!
Et puisque l'actu Shirow est assez chargée en 2004, entre le film Innocence qui sort chez nous en décembre et qui a fait partie de la sélection officielle à Cannes ou le film Apple Seed, j'en rajoute une louche dans les explications. En France, il y a trois volumes de Ghost. Or au Japon, il n'y a que Ghost In The Shell 1 et 2. Pourquoi? La faute à Glénat, encore une fois. Au Japon, Ghost In The Shell est composé de deux volumes - sur lesquels se base le film sorti il y a quelques années -, et Ghost In The Shell 2 se nomme Man Machine Interface. Glénat avait édité les deux premiers tomes en les numérotant avec de gros chiffres romains, comme s'il s'agissait d'une séquelle alors que les deux livres étaient liés; si vous ne comprenez pas, pensez au film Kill Bill qui a été coupé en deux (pas par Tarantino mais par son abruti de producteur, Harvey Weinstein, celui qui avait voulu raccourcir Mononoke Hime). Quelques années plus tard, quand Shirow a fait Man Machine Interface, une vraie suite à GITS, Glénat s'est retrouvé bien con et l'a nommé "Ghost In The Shell 3", tout en prenant bien soin de foirer encore plus la VF. Enfin, tant qu'il y aura des fans...
01 septembre 2004
Carnets de bord de Venise, deuxième partie
Par Raton-Laveur le 01 septembre 2004, 17:10
(première partie)
Hop, j'ai trouvé l'unique magasin qui vend de la Japanime dans la petite ville de Venise. Oui, être dans un lieu pareil et parler encore de ça: je suis bon à jeter.
Je vous l'ai dit plus tôt: Venise est traversée de part en part par un chemin "spécial touristes" qui mène à trois lieux clés de la cité, parcours clairement indiqué par de nombreuses pancartes sur les murs. Les non-vénitiens le suivent aveuglément, et ça tombe bien parce qu'il est fourré de boutiques trop contentes de se remplir les poches. A 50 mètres du pont Rialto, une de ces échoppes n'est étrangement pas bourrée de gens habillés avec un bob ridicule et une caméra plus grosse que mes fesses - c'est dire. Normal (?): c'est le seul magasin de geeks de tout Venise. Ca s'appelle DM Venezia (www.dmvenezia.it), et la vitrine est bourrée de figurines Warhammer, de statuettes Lords of the Rings, de cartes Yu-Gi-Oh!, et de DVD d'animes. Mmmhhhh.
L'antichambre est identique à n'importe quelle salle d'un magasin du genre: des étagères couvertes de toupitits moulages WH40000 avec des trégroprix et des action figures de chez Todd McFarlane Toys et cie: Spider-Man, Final Fantasy, Tenchi Muyo, Charlie Brown, GITS, Berserk... Il y a aussi des statues plus rares, genre un Hellboy ou un Gandalf de 60cm de haut. Dans la salle principale, le staff est composé d'un type d'une quarantaine d'années (qui n'a pas levé le nez de son Dark Age of Camelot) et d'une asiatique sympa comme tout qui a répondu à toutes mes questions. Et surtout: le plus grand mur de la salle est dédié au Japon. Sortez les mouchoirs.
Leur sélection de mangas est tenue par deux ou trois éditeurs pour toute l'Italie: Planet Manga (filiale de Marvel) Generation Comics (faisant partie de Panini et qui vient de débuter en France) et Dynamic Italia (logiquement abrégé Dynit et pas Dybex comme notre Dynamic Bénélux^^) se partagent le gâteau. Je vais faire court: tout ce qu'on a en France, ils l'ont et même un peu plus. Fruits Basket, Full Metal Panic (avec un macaron "vu à la télé" et le premier DVD est aussi dispo), Naruto (ils sont carrément au volume 18 alors que le Japon en est au 22 et nous en sommes au 10!), ainsi que les "alternatifs" genre Hagaren, 20th Century Boys, Cyborg Kuro-chan... Citons aussi le manga Ring, Harakuri Circus, Hellsing, Trigun, Generation Basket (I'll), Gals, Lone Wolf, Monster, Gantz, Kareshi Kanojo No Jijou (manga et anime complets, tous deux chez Dynamic) et j'en passe. Toutes les séries sont très avancées, et Berserk s'offre même une troisième réédition avec des pages grand format et 350 pages! Une dernière surprise: leur version du manga Ghost In The Shell a les trois fameuses pages cochonnes retirées de la version américaine - et par conséquent française!
Côté animes, trois éditeurs: Dynit bien évidemment, ainsi que Shin Video et Yamanote Vision, qui je crois n'ont pas de filiale chez nous. J'ai vu sur les murs des pubs pour .hack//SIGN chez Beez Italia, mais sans trouver de disques correspondants à la filiale de Bandaï. Dynit tient le haut du pavé avec Eva, Inu Yasha, You're Under Arrest... Les mêmes que chez Dybex, à l'exception de ce qui est tenu chez nous par Déclic Images, comme Saiyuki, ici chez Dynamic. Pas un éditeur d'animes ne fait de coffret: même les séries les plus longues s'achètent à l'unité. Ils ont d'ailleurs Kodomo No Omocha, ici appelé "Rossana" (vi, deux S et un N) qui en est à son quatrième disque - sachant que cette série fait plus de 150 épisodes, bon courage les gars... Pêle-mêle, citons Boys Be, Kenshin, la nouvelle version de Lupin the 3rd, GTO. C'est évidemment du Zone 2 avec des pistes audio italiennes et japonaises; côté bonus, c'est comparable à l'offre française (bandes-annonces, parfois des interviews, rarement plus). Pour la télé, MTV Italie diffuse à elle seule, à la suite et en soirée: Orphen (Boo), Inu Yasha (Great) et Last EXILE (Perfect!). Pour ceux qui ne l'ont pas, je rappelle que le budget de MTV France ressemble,tous frais compris, à celui d'un paquet de fraises Tagada.
Ce magasin fait vraiment bien les choses, puisqu'ils ont aussi une large sélection d'art-books importés. Il est vrai qu'il est fort difficile de discerner les copies HK des originaux, mais le matos que j'avais sous les yeux me semblait correct. Et j'avais du mal à y croire: des incunables que j'ai rarement vus en France. Des bouquins d'U-Jin, des Studio Ghibli, le Sunrise ArtWorks de Cowboy Bebop (j'l'avais jamais vu celui-là!),Basara, Ashita No Joe (!), How To Make Eva (!!), Hayao Miyazaki Daydreams (!!!), le coffret volume 2 de l'encyclopédie Gundam comprenant 4 livres...
Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin: les prix. Pour les DVD, comptez entre 20 et 25€. Jusqu'ici, tout va bien. Pour les artbooks, entre 25 et 30€ (le coffret encyclopédique Gundam est à 40€). Là, ça devient vraiment intéressant. Et le plus dingue: les mangas sont tous à 3,90€. Taxes comprises. Alors que nous tapons en France entre 6 à 8€, parfois même 10€ pour certains éditeurs.
En voyant l'offre, on est même en droit de s'interroger: Dybex, qu'est-il arrivé à KareKano en manga, tenu par Tonkam et sa honteuse parution dans son mensuel Magnolia, ou la version DVD, portée disparue chez nous, alors que DynIt édite les deux? Et d'ailleurs, pourquoi les mangas chez Dybex sont-ils anecdotiques alors que DynIt fait des poids lourds comme Fruits Basket ou GTO? Que fout Generation Comics France avec Tenjou Tenge ou Full Metal Panic, à se baser sur la traduction italienne alors qu'ici, tout est basé sur l'édition japonaise? Donc oui, les italiens n'ont rien à nous envier; mais alors, où faisons-nous mieux? Répondons à cette question dans un élan de chauvinisme latent! Primo, nous avons des DVD en coffrets et pas eux, nananèreuh. Secundo: nos mangas ont quand même un look plus soigné, avec les couvertures à couches et un papier à peine plus épais. Tertio: notre fanbase semble meilleure: le principal (seul?) magazine se nomme "Mondo Japan" et est à peu près au niveau semi-pro français (qui a dit FJM Publications?). Côté meetings, l'hôtesse du magasin a difficilement pu me dire qu'il y avait une convention de Japanime à Rome, sans pouvoir m'en citer le nom et sans penser que plus de 2000 personnes s'y rendaient. J'ose espérer qu'elle était mal renseignée...
Troisième partie
Hop, j'ai trouvé l'unique magasin qui vend de la Japanime dans la petite ville de Venise. Oui, être dans un lieu pareil et parler encore de ça: je suis bon à jeter.
Je vous l'ai dit plus tôt: Venise est traversée de part en part par un chemin "spécial touristes" qui mène à trois lieux clés de la cité, parcours clairement indiqué par de nombreuses pancartes sur les murs. Les non-vénitiens le suivent aveuglément, et ça tombe bien parce qu'il est fourré de boutiques trop contentes de se remplir les poches. A 50 mètres du pont Rialto, une de ces échoppes n'est étrangement pas bourrée de gens habillés avec un bob ridicule et une caméra plus grosse que mes fesses - c'est dire. Normal (?): c'est le seul magasin de geeks de tout Venise. Ca s'appelle DM Venezia (www.dmvenezia.it), et la vitrine est bourrée de figurines Warhammer, de statuettes Lords of the Rings, de cartes Yu-Gi-Oh!, et de DVD d'animes. Mmmhhhh.
L'antichambre est identique à n'importe quelle salle d'un magasin du genre: des étagères couvertes de toupitits moulages WH40000 avec des trégroprix et des action figures de chez Todd McFarlane Toys et cie: Spider-Man, Final Fantasy, Tenchi Muyo, Charlie Brown, GITS, Berserk... Il y a aussi des statues plus rares, genre un Hellboy ou un Gandalf de 60cm de haut. Dans la salle principale, le staff est composé d'un type d'une quarantaine d'années (qui n'a pas levé le nez de son Dark Age of Camelot) et d'une asiatique sympa comme tout qui a répondu à toutes mes questions. Et surtout: le plus grand mur de la salle est dédié au Japon. Sortez les mouchoirs.
Leur sélection de mangas est tenue par deux ou trois éditeurs pour toute l'Italie: Planet Manga (filiale de Marvel) Generation Comics (faisant partie de Panini et qui vient de débuter en France) et Dynamic Italia (logiquement abrégé Dynit et pas Dybex comme notre Dynamic Bénélux^^) se partagent le gâteau. Je vais faire court: tout ce qu'on a en France, ils l'ont et même un peu plus. Fruits Basket, Full Metal Panic (avec un macaron "vu à la télé" et le premier DVD est aussi dispo), Naruto (ils sont carrément au volume 18 alors que le Japon en est au 22 et nous en sommes au 10!), ainsi que les "alternatifs" genre Hagaren, 20th Century Boys, Cyborg Kuro-chan... Citons aussi le manga Ring, Harakuri Circus, Hellsing, Trigun, Generation Basket (I'll), Gals, Lone Wolf, Monster, Gantz, Kareshi Kanojo No Jijou (manga et anime complets, tous deux chez Dynamic) et j'en passe. Toutes les séries sont très avancées, et Berserk s'offre même une troisième réédition avec des pages grand format et 350 pages! Une dernière surprise: leur version du manga Ghost In The Shell a les trois fameuses pages cochonnes retirées de la version américaine - et par conséquent française!
Côté animes, trois éditeurs: Dynit bien évidemment, ainsi que Shin Video et Yamanote Vision, qui je crois n'ont pas de filiale chez nous. J'ai vu sur les murs des pubs pour .hack//SIGN chez Beez Italia, mais sans trouver de disques correspondants à la filiale de Bandaï. Dynit tient le haut du pavé avec Eva, Inu Yasha, You're Under Arrest... Les mêmes que chez Dybex, à l'exception de ce qui est tenu chez nous par Déclic Images, comme Saiyuki, ici chez Dynamic. Pas un éditeur d'animes ne fait de coffret: même les séries les plus longues s'achètent à l'unité. Ils ont d'ailleurs Kodomo No Omocha, ici appelé "Rossana" (vi, deux S et un N) qui en est à son quatrième disque - sachant que cette série fait plus de 150 épisodes, bon courage les gars... Pêle-mêle, citons Boys Be, Kenshin, la nouvelle version de Lupin the 3rd, GTO. C'est évidemment du Zone 2 avec des pistes audio italiennes et japonaises; côté bonus, c'est comparable à l'offre française (bandes-annonces, parfois des interviews, rarement plus). Pour la télé, MTV Italie diffuse à elle seule, à la suite et en soirée: Orphen (Boo), Inu Yasha (Great) et Last EXILE (Perfect!). Pour ceux qui ne l'ont pas, je rappelle que le budget de MTV France ressemble,tous frais compris, à celui d'un paquet de fraises Tagada.
Ce magasin fait vraiment bien les choses, puisqu'ils ont aussi une large sélection d'art-books importés. Il est vrai qu'il est fort difficile de discerner les copies HK des originaux, mais le matos que j'avais sous les yeux me semblait correct. Et j'avais du mal à y croire: des incunables que j'ai rarement vus en France. Des bouquins d'U-Jin, des Studio Ghibli, le Sunrise ArtWorks de Cowboy Bebop (j'l'avais jamais vu celui-là!),Basara, Ashita No Joe (!), How To Make Eva (!!), Hayao Miyazaki Daydreams (!!!), le coffret volume 2 de l'encyclopédie Gundam comprenant 4 livres...
Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin: les prix. Pour les DVD, comptez entre 20 et 25€. Jusqu'ici, tout va bien. Pour les artbooks, entre 25 et 30€ (le coffret encyclopédique Gundam est à 40€). Là, ça devient vraiment intéressant. Et le plus dingue: les mangas sont tous à 3,90€. Taxes comprises. Alors que nous tapons en France entre 6 à 8€, parfois même 10€ pour certains éditeurs.
En voyant l'offre, on est même en droit de s'interroger: Dybex, qu'est-il arrivé à KareKano en manga, tenu par Tonkam et sa honteuse parution dans son mensuel Magnolia, ou la version DVD, portée disparue chez nous, alors que DynIt édite les deux? Et d'ailleurs, pourquoi les mangas chez Dybex sont-ils anecdotiques alors que DynIt fait des poids lourds comme Fruits Basket ou GTO? Que fout Generation Comics France avec Tenjou Tenge ou Full Metal Panic, à se baser sur la traduction italienne alors qu'ici, tout est basé sur l'édition japonaise? Donc oui, les italiens n'ont rien à nous envier; mais alors, où faisons-nous mieux? Répondons à cette question dans un élan de chauvinisme latent! Primo, nous avons des DVD en coffrets et pas eux, nananèreuh. Secundo: nos mangas ont quand même un look plus soigné, avec les couvertures à couches et un papier à peine plus épais. Tertio: notre fanbase semble meilleure: le principal (seul?) magazine se nomme "Mondo Japan" et est à peu près au niveau semi-pro français (qui a dit FJM Publications?). Côté meetings, l'hôtesse du magasin a difficilement pu me dire qu'il y avait une convention de Japanime à Rome, sans pouvoir m'en citer le nom et sans penser que plus de 2000 personnes s'y rendaient. J'ose espérer qu'elle était mal renseignée...
Troisième partie
« billets précédents - page 47 de 75 - billets suivants »




Derniers commentaires