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Tout ce que les archéologues trouveront ici se résumera à quelques éclats de plastique

Japanime

04 août 2004

Méchamment chiant

C'est l'histoire d'un studio d'animation japonais qui s'appelle Bee Train. Mais si, vous les connaissez, c'est eux qui obtenu une renommée internationale avec Noir - anime génial pendant 10 épisodes, chiant pendant 10 autres, et bâclé sur les 6 derniers. Yuki Kajiura est quasiment devenue leur compositrice attitrée, enchaînant ses mélodies de biniou celtique et des choeurs qui essaient de prononcer quelque chose alors qu'on entend que des "ayïïïayïïï" enroués pour la musique - entre autres, le projet dot hack (.hack//SIGN, //Liminality, //Dusk, //Infection, //Sphincter et j'en passe).
Je garde quand même dot hack dans la tête comme étant une grande déception; le but du jeu, si vous me permettez l'expression, était de raconter un MMORPG à travers les points de vue de plusieurs groupes de joueurs - qu'il s'agisse de leur vie réelle ou virtuelle - via plusieurs médias: anime (série TV et OAVs), jeu vidéo et manga. Ainsi, des jeunes gens enquêtaient sur la société pas très nette à l'origine du jeu, d'autres se demandaient pourquoi l'un d'entre eux ne pouvait pas se déconnecter ou s'était carrément retrouvé à l'hosto après avoir joué.... La trame de fond ainsi brossée au fur et à mesure que l'on suivait l'histoire devenait complexe à souhait - et franchement bordélique. dot hack a rapidement saturé mon crâne pourtant habitué aux scénarii tordus en enchaînant fausses pistes à répétition et persos pas très perspicaces. Si vous voulez suivre des histoires qui tirent superbement profit de l'univers des MMORPG, regardez Avalon ou lisez l'arc "Greed Island" de Hunter X Hunter - qui vient de se terminer avec le volume fraîchement paru sous nos latitudes.
Puis Bee Train a sorti Avenger, qui est passé en coup de vent dans l'éditotaku.

Et voilà leur dernière production: Madlax. 13 épisodes dont la diffusion vient de s'achever... pour en dévoiler 13 autres. Mauvaise nouvelle: comme pour Aishiteruze Baby, ils peuvent se les coller au fond à droite. Bonne nouvelle: si vous êtes scénariste, vous pouvez envoyer une candidature spontanée à Bee Train; parce qu'apparemment, c'est toujours mon arrière-grand-oncle Amédée qui invente leurs histoires entre une dose de Prozac et ses séances de méditation où il se concentre sur les gouttes d'urine qui tombent dans son sac rénal transparent.
Premier épisode: on suit une jeune femme blonde qui commence sa journée en sautant d'un hélicoptère vers une jungle pleine de résistants face au régime dictatorial du méchant Général Costra (c'est pas une coquille: c'est bien Costra et pas Castro). On ne la connaît que par son nom de code - Madlax - et par ses capacités de tueuse qui peut flinguer plein de soldats les yeux fermés. Précisons qu'elle est fringuée en treillis et bottes, pendant l'épisode, mais que lorsque ça commence à cartonner, elle prend le temps de se changer pour porter une robe de soirée. Je ne plaisante pas: elle se fait un tank et un hélico ainsi attifée - l'hélico, elle tire dessus sans viser en tenant la mitrailleuse comme s'il s'agissait d'une peluche. Vraiment. Cette scène de combat - ainsi que la plupart qui suivent dans Madlax - n'avait de cesse de me faire penser à une phrase lue dans un Télérama il y a fort longtemps. A l'époque, le studio Ghibli était inconnu en France et l'hebdo s'en donnait à coeur joie sur les "japoniaiseries" racistes et ultra-violentes. Et la critique de Tokyo Babylone (issu du studio Clamp, narrant une histoire qu'on place volontiers avant X 1999) se terminait avec quelque chose comme: "Tokyo Babylone, c'est Candy qui dégomme ses ennemis avec un Uzi avant s'en aller en fredonnant une comptine". Si quelqu'un a la citation exacte, il est mon invité dans les commentaires; toujours est-il que la baston selon Madlax correspond parfaitement à Tokyo Babylone selon Télérama.
Deuxième épisode: on suit une jeune fille (le portrait craché de Kirika dans Noir) qui commence sa journée d'écolière en sautant du lit, menacée par sa femme de chambre en ces termes: "puisque vous ne semblez pas vouloir vous lever, je vais utiliser la technique de réveil numéro 3".

C'est précisément à cet instant que dans un grand moment d'unisson mondial, les téléspectateurs japonais et français se sont levés de leur fauteuil, sont allés chercher une échelle, sont montés sur leur toit et ont crié "C'EST QUOI CE BORDEL" en direction des cieux. Ceux qui passaient le reste de leur temps sur IRC se sont contentés d'un "WTF".

Précisons qu'à part ça, il ne se passe strictement rien dans l'épisode. La demoiselle va à l'école, fait du lèche-vitrine, croise une femme, générique de fin. Pensez bien qu'arrivé à ce stade de n'importe quoi le plus total, j'étais en train de refaire mentalement les niveaux de la Special Zone de Super Mario World (celle avec le logo Super Famicom sur la carte) pour ne pas disjoncter. L'architecture des lieux traversés (dans Madlax, pas dans Super Mario) rappelle la vieille Europe occidentale - on voit même un drapeau bleu-blanc-rouge - mais les pays ont des noms fictifs. Puis apparaît une organisation secrète au nom francophone, qui n'est pas Soldats mais Enfants. Ceeeeeertes. Il y a donc deux personnages, une repompe de Mireille et une repompe de Kirika, les deux héroïnes de Noir - encore une fois, un anime venant du même studio que Madlax - que l'on suit à tour de rôle, un épisode sur deux; leurs histoires finissent par se lier. Ceux aux nerfs plus solides que moi et qui continuent à regarder vous diront que la fillette cherche un livre, but fort original. Au final, c'est du pur Bee Train: techniquement, c'est beau avec un design fort agréable, des arrière-plans moyens, du Kajiura pour la musique, scénaristiquement, c'est déplorable et l'ensemble a une qualité qui baisse au fur et à mesure que le studio sort une nouvelle production - le pompon étant atteint quand il arrive à se copier lui-même. Sauve qui peut.

26 juillet 2004

Koi Kaze

La tendance se confirme: cette année, le fantasme latent chez nos amis japonais semble tourner vers la pédophilie incestueuse. Résumons: Onegai Twins, dont la fin ne laisse aucun doute; Tenjou Tenge, dont l'anime est en plein dans la relation frère/soeur entre Shin et Maya Natsume; Kana ~ Imoutto, le jeu vidéo pour adultes qui vient d'être réédité sur Xbox; Aishiteruze Baby, qui s'est récemment fait arracher la colonne vertébrale en ces lieux; la flopée de hentai que je me suis forcé à regarder pour la leçon de japonais qui abordait ce genre de rapport; Negi Ma, la dernière horreur signée Akamatsu, qui s'en donne à coeur joie dans les mélanges d'âges sous prétexte qu'on peut avoir dix ans et être prof d'anglais; et enfin, Koi Kaze, qui passe sur le billard aujourd'hui après s'être achevé au bout de 12,5 épisodes (un 13ème, absent de la diffusion sur TV Asahi et qui s'encastre entre le 7 et le 8, est passé sur Kid's Station).

Généralement, quand quelque chose contredit notre morale d'occidentaux bien-pensants, on a ceux qui ne comprennent pas et ceux qui cherchent à comprendre. On assume alors la casquette de sociologue du dimanche pour savoir pourquoi les japonais ont une fixation sur les culottes, pourquoi il y a des tentacules, pourquoi on voit jamais le visage des hommes. Il s'agit de tendances générales de la psyche nipponne et non d'effets de mode; leur apparition et leur application se fait sur le long terme, les origines revenant parfois au temps des samouraïs. Tout ça pour dire qu'il y a un truc que je pige pas: pourquoi ces temps-ci, la pédophilie et l'inceste sont aussi populaires. Peut-être que le Japon a décrété 2004 comme étant "l'Année de l'Inceste" et que personne ne me l'a dit. Ouais, ça doit être ça.

Koi Kaze est un fiasco complet, un ratage total. Evidemment, on ne le réalise qu'à la toute fin - et c'est une leçon pour ne jamais écrire de critique d'anime avant le dernier épisode. Scénario: un pauvre type pas loin de la trentaine (28 ans pour être précis) qui bosse dans une agence matrimoniale et qui vit encore chez son père (divorcé). Sa petite soeur (15 ans), qui habitait chez la mère, déménage dans la maison paternelle parce que c'est plus près de l'école. La première fois qu'ils se rencontrent, ils ne savent pas qu'ils sont de la même famille et viennent de se faire larguer par leurs amours respectifs. S'ensuit une dizaine d'épisodes de vie commune (avec le papa qui a un rôle plus que secondaire) où il ne se passe strictement rien; ça n'empêche pas que les hormones de la petite éclatent comme du pop-corn et que notre homme ait ses instincts. Votre leçon de japonais du jour: "Koi Kaze" peut se traduire par "Le Vent de l'Amour", Koi (amour) pouvant également être traduit par "fort".

On dirait que les auteurs ont cherché à justifier ou excuser les moindres faits et gestes de leurs personnages. Ca commençait tout mignon, avec un échange d'ours en peluche concoctés par leur maman, et puis... Quand notre homme se sniffe aux sous-vêtements de sa propre soeur avant de se branler furieusement (merci aux plans de caméra sur la poubelle avec les mouchoirs), il passe le reste de la série à se haïr. Quand il se regarde dans un miroir, il voit le déchet qu'il est devenu. Quand il cède aux avances de sa soeur, on a droit à une vue subjective avec les pensées contredisant les actes et les yeux appitoyants de la frangine. En dehors des deux héros, le monde n'existe pas: les autres persos sont plus qu'inexistants et leurs réactions n'influencent pas le moins du monde le reste de la série. En fait, j'oserais presque dire qu'en dehors du grand frère, rien n'existe: la petite soeur semble vraiment emportée dans ses bras à cause d'une erreur de jeunesse, ses sentiments à elle n'étant que survolés. Un épisode avait eu une bonne idée en s'inspirant de "Kareshi Kanojo Ni Jijou", coupé en deux et narrant une même tranche de vie selon les deux points de vue; dommage que l'expérience ne soit pas reproduite.
Si vous vous sentez d'humeur à en voir un épisode, limitez-vous à l'avant-dernier: il contient plus d'infos et d'évènements que tous les autres réunis. Il n'empêche que cette catastrophe s'achève sur une fin sans aucune direction: on parle de suicide, de fuite en amoureux ("loin, dans un endroit où personne ne saurait que nous sommes frère et soeur"), et le tout termine avec rien de changé: on reste ensemble, on le dit à personne et basta. A voir le peu d'importance apporté aux autres, cette non-fin semblerait presque normale. Au passage, admirez que la petite soeur, qui a porté pendant 12 épisodes des vêtements d'une blancheur immaculée, finit le dernier en étant généreusement tâchée de boue mais malgré tout très contente : INVOCATION "SOUS-ENTENDU" NIVEAU 12 SUR LE TELESPECTATEUR!


Où est-ce que tu mets ton doigt, espèce de pervers?


Du point de vue technique, c'est assez honteux. La série commence sur "potable", enchaîne sur "dégueu" et finit sur "correct": cellulos avec le minimum de détail, animation en grève, arrière-plans mornes et couleurs crades: c'est pas bon de laisser les planches à dessin sous le soleil au zénith. Musique audible, génériques supportables, sans plus. Truc qui me fait glousser de rire: une des sociétés de production citées dans les crédits se nomme "A.C.G.T.", acronyme d' "A.T.G.C.", les composants de l'ADN - voilà qui ne manque pas de sel pour une série sur des rapports consanguins... D'autant plus que certains groupes de fansub ont dû longuement s'expliquer sur le fait que non, ils n'encourageaient pas l'inceste.
Evidemment, rien dans la série qui ne soit pas techniquement faisable en "live action", avec de vrais acteurs - la seule chose qui interdise une mouture pareille doit évidemment tenir dans le scénario. Koi Kaze est une histoire paumée dans un anime passable, une fin inexistante, et des fans qui me donnent des frissons rien qu'en les imaginant. Pathétique.

20 juillet 2004

Leçon de japonais (élargissez votre navigateur)







En fait, non: il vous reste les Katakana (sonorités destinées aux termes non-nippons) et les idéogrammes Kanji (pour désigner pas mal de trucs abstraits), mais au moins ces symboles ésotériques ne seront plus une énigme. Rappelez-vous que ces tables sont reproduites dans tout dictionaire FR/JPN qui se respecte et dans l'Agenda Franco-Japonais. Enfin, j'espère au moins que ça aidera quelques lecteurs pour qui le japonais c'est du chinois (!), tout en satisfaisant ceux à qui mon art manquait... Ah, pour les deux-trois au fond de la salle qui n'ont pas compris, le H est l'abréviation de "hentai".

La table Hiragana vient du défunt The-Sugoi.com. Fichiers conçus avec Pixia et un scanner; la liste des mangas/doujinshis utilisés est disponible sur simple mail.

17 juillet 2004

Sakura Drops

Ce n'est qu'avec deux ans de retard que je découvre le clip vidéo de Sakura Drops d'Hikaru Utada (merci Alphayax), mais nom d'un pingouin d'eau douce asthmatique, que c'est beau. Il n'y a pas un plan qui ait pu être fait pour pas cher; cette vidéo a dû coûter une fortune. A l'inverse, c'est pas dur de justifier le délai: la Jpop est un domaine aussi gros que la Japanime et bien plus éphémère, encore plus industrieux et broyeur de talents que nos usines à cellulos favorites: le temps de finir d'écouter un single que la chanteuse s'est déjà recyclée en caissière de convini ou est victime d'un cancer des ovaires, à moins que vous deveniez sourd(e) devant la nullité mélodique de la chose. Les animes ne nous mettent pas à l'abri de ces horreurs, mais comme c'est plus cher de pondre 13 épisodes que de laisser hurler dans un micro une écolière recrutée à la sortie du métro, on est en droit de croire que le filtrage des idées foireuses est plus sévère à l'entrée des studios.

11 juillet 2004

Juste en passant

Depuis quelques mois, un nouvel éditeur de mangas est arrivé, même qu'il s'appelle Kabuto. J'ai eu l'occasion d'avoir leurs deux premiers volumes de Patlabor entre les pattes (merci Masskot!) et la traduction ainsi que le lettrage sont de bonne facture et pas envahissants pour un sou.
Maintenant, l'élément qui justifie qu'on parle de ça dans cette colonne: parmi leurs quatre titres de lancement, ils éditent Sanctuary. Ca raconte l'hitoire de deux hommes qui veulent obtenir le pouvoir: l'un en passant par la politique, l'autre en passant par les yakuzas. Vous en saurez plus en allant sur leur site, mais c'est vraiment à lire... Ce qu'il faut préciser, c'est que Glénat avait commencé à le sortir il y a bien longtemps, avant d'arrêter la publication après le deuxième volume. C'est une habitude chez eux que ce comportement irresponsable et irrespecteux de leurs lecteurs (Narutaru avait subi le même sort), justifiée par un revirement de l'oeuvre ou de l'avis d'un costard-cravate sur cette dernière. En effet, Sanctuary est violent, ultra-réaliste (il y a des allusions même pas dissimulées à Bill Clinton ou à d'autres hommes politiques), mais tout simplement parce qu'il est adulte. Nous parlons du scéariste d'Hokuto No Ken et du dessinateur de Crying Freeman, nom d'un chien.
Ce scandale avait eu lieu bien avant la généralisation des "scanlations", et le seul moyen pour les premiers lecteurs de suivre la descente aux enfers de Chiaki Asami et Akira Hojo avait été de passer par l'édition américaine (hors de prix, même sur le territoire nord-américain).

Excellente initiative de la part de Kabuto, donc. En tout cas, ça nous rapproche encore plus de la situation de rêve où _tout_ ce qui sortirait au Japon débarquerait dans nos Fnac... A ce sujet, pensez à lire Mang'Arte: ce mois-ci, ils ont ajouté dans la rubrique "Planète Manga" une interview de Dominique Véret (fondateur de Tonkam et créateur du label Akata chez Delcourt). Et comme d'habitude, des mangas complets et bien bizarres à lire, yay.

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