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Yukiism = Ayanamiism = Ruriism

13 mars 2004

Netspotting

Bonne Mère, que ce week-end est long. C'est confirmé, je suis un Unreal fanboy, attendant UT2004 comme le jour de Noël comme c'était le cas l'année dernière. Au passage, il n'y aura que 5000 exemplaires de l'édition spéciale pour la France... Pour tuer le temps, on met un peu d'ordre dans son bordel, exhumant des VCD achetés dans le quartier chinois un jour d'égarement et du hip-hop rapide-lent-rapide-wow. On rend visite à mes deux cousins, Lifty et Shifty, qu'on trouve chez les impayables Happy Tree Friends.
N'oubliez pas que Dark Water, par le réalisateur de Ring et encore plus efficace, passe en ce moment sur C+. Et quand Jean-Pierre Dionnet dit que c'est le film le plus effrayant qu'il ait jamais vu, vous savez que c'est à voir. Dans le même registre, je suis en train de jouer à Project Zero, qui n'a rien de bien spécial. Bon d'accord, l'ambiance est bien rendue, mais ça n'atteint pas le phénoménal Clock Tower, (qui reste, pour reprendre Dionnet ou moi-même^^) “le jeu le plus effrayant auquel j'ai jamais joué”.

On est en droit de se poser des questions dans la vie: Witch Hunter Robin n'a pas de deuxième saison prévue, Hellsing n'a pas de suite, Rose Hip Rose est en standby au Japon... Et Divergence Fucking Eve entame une deuxième saison. Pffff.

Pour ceux qui ont aimé l'article sur Kimi Ga Nozomu Eien, vous pouvez trouver ici la quasi-totalité des screenshots du jeu: utile si la fin ne vous plait pas ou si vous n'en avez pas assez vu - à tous les sens du terme.

11 mars 2004

Kimi Ga Nozomu Eien

(“Cette Eternité Que Tu Souhaites”, 14 épisodes, basé sur un jeu vidéo de Princess Software paru sur Dreamcast, PC et PSdaube)

Tiens, encore un anime tout public adapté d'un truc hentai (il y a quelques scènes de nudité, mais pas de quoi dégainer Popaul). Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas l'histoire toute rose dégoulinant de bons sentiments et de situations téléphonées où tout le monde passe un bon moment après qu'une fille ait effleuré l'idée de se trancher les veines et justifier un scénario avant de ne pas le faire car nous vivons tous dans un monde merveilleux. Ca, ce sont les synopsis des dating sims livrés avec une seringue d'héroïne pour que le joueur-spectateur oublie sa vie pourrie. Ici, on est dans la deuxième catégorie de scénarios: une histoire déprimante où chaque perso se perd dans les bras d'un autre pour oublier sa condition et montrer au joueur-spectateur qu'il y a pire que lui, avant de terminer sur une leçon de vie et/ou une happy-end afin que tout ceci ne passe pas pour de la déprime gratuite. Après tout, beaucoup de joueurs restent des étudiants un peu paumés, qui se rattachent à ce genre de choses pour comprendre le monde qui les entoure, d'où les situations terriblement réalistes par moments.
Au cas où vous ne l'auriez pas compris: Kimi Ga Nozomu Eien ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Ca s'adresse à un public mûr qui ne regarde pas les animes uniquement pour s'évader un peu.

En fait, KGNE aurait très bien pu être un drama (série TV avec de vrais acteurs); s'il n'en a pas été ainsi, c'est parce que ses origines vidéoludiques lui interdisent un passage en live action sous peine d'être ridiculisé (allez, citez-moi un seul jeu vidéo qui ait passé le test!). Techniquement, rien de passionnant: dessin et animation moyens, musique qu'on oublie vite... à l'exception d'excellentes seiyuus qui font passer les sentiments. Avec son histoire, c'est d'ailleurs tout ce que KGNE a à nous offrir, et il le fait plutôt bien.

Ca commence comme n'importe quel scénario de la première catégorie (cf début de l'article): un mec, deux filles, triangle amoureux et déclarations d'amour sous le gros arbre du coin avec de gros rubans roses dans les cheveux.

Puis vlan, une des deux filles se mange une voiture à la fin du deuxième épisode. Admirez la métaphore du ruban rose sur un trottoir au milieu d'une flaque de sang.

A partir de là, on est dans la deuxième catégorie de scénario. Trois ans plus tard, le mec vit avec la fille toujours entière et l'autre émerge de son coma, se croyant toujours au temps où tout le monde portait des uniformes scolaires. Déchiré entre ces deux femmes, le personnage principal encaisse, obligé de vivre à la fois en adulte, au présent avec son amie, et jouant la comédie du passé pour son premier amour, cloué à l'hôpital et qu'une référence au temps qui s'est envolé pourrait terrasser.
Tout le thème de Kimi Ga... est là: cette “adulescence” où les flash-backs du temps de l'innocence, des examens et des parents se téléscopent avec la réalité de l'emploi, du logement et de la vie à deux. Trois attitudes: le héros ne veut pas grandir, une fille ne veut pas revenir en arrière et l'autre ne peut tout simplement pas rattraper le temps perdu. Les personnages sont vraiment crédibles et leurs comportements cohérents; il y a des larmes, du courage, de la lâcheté, et ça ne sonne pas creux. C'est romantique, dramatique, et on a plaisir à mater les quatorze épisodes.

Verdict? Kimi Ga Nozomu Eien n'est pas une série techniquement à la hauteur, mais se rattrape avec un scénario et un casting (des voix et des persos) de très bonne facture. Même si le déroulement de l'histoire m'a souvent poussé à enchaîner les épisodes, KGNE ne m'a jamais touché ou ému. C'est un joli conte, triste et mature, mais rien de plus que cela. Est-ce que je vous recommande de passer sept heures à le regarder? Non, mais vous savez que la sélection de cette colonne est darwinienne; alors si vous correspondez au profil du spectateur-cible dressé plus haut - autrement dit, vous avez vécu Saishuu Heiki Kanojo - vous passerez un bon moment devant cet anime. Les autres, vous pouvez retourner devant Kanon, figure de proue des scénarios de première catégorie^^.

09 mars 2004

Sur les fansubs

Il y a quelques années, on bouffait de la Japanime à la télé en quantités industrielles. Des producteurs achetaient au kilomètre, traduisaient à la va-vite et faisaient leurs doublages dans des hangars avec des acteurs embauchés à la sortie du métro (lapsus: j'avais écrit “micro” à la place de “métro”). Résultat, la France s'est retrouvée comme un des pays les plus avancés en matière de Japanime, découvrant sentaïs, shojos et OAVs bien avant “les américains et le reste du monde”, comme on dit dans Independence Day. Et du coup, a acquis une réputation d'animation cheap produite à la chaîne; ce n'est pas complètement faux, mais vous savez que c'est également loin d'être vrai.

De nos jours, les choses ont bien changé. Télérama a arrêté de cracher sur l'animation japonaise, Dorothée a pris sa retraite et le genre a gagné ses lettres de noblesse. Par là, j'entends que la place dans les rayonnages de la Fnac est devenue conséquente, que Disney a réalisé qu'il gagnerait plus d'argent en important le phénomène plutôt qu'en le combattant, qu'AnimeLand n'est plus le seul périodique sur le sujet ou que le côté marginal de tout cela s'est estompé, devenant partie intégrante de l'héritage de toute une génération. Il y a un instant, je parlais de l'espace occupé dans les magasins: en effet, nombreux sont ceux qui effacent leurs VHS pour s'acheter les DVD de Cat's Eyes, Sherlock Holmes ou des Samouraï Pizza Cats. Nom de Dieu, si même les Samouraï Fucking Pizza Cats ont droit à une résurrection DVD, c'est vraiment qu'on a passé une étape, non? A l'époque, si on voulait revoir une série aimée, on devait empiler les cassettes vidéo, sauter les pubs et supporter le Splitch-Splatch-Splotch-Vlan. Qualité d'image pourrie, traduction plus que moyenne dans le meilleur des cas, détérioration avec le temps. Maintenant, c'est DVD, produit relativement luxueux (surtout quand les originaux sont en 4:3 mono) pour symboliser qu'on est passés du dada d'enfant au passionné pour un bout de temps.

Le passionné bouffe du fansub, parce qu'il tient à être au courant des dernières diffusions ou tout simplement parce qu'il n'en a jamais assez vu. Et ce n'est plus la télé d'aujourd'hui qui pourra satisfaire ce mangavore, alors il va sur le Net. Chose amusante, le fansub de Saint Seiya Hades a quasiment servi d'activateur, comme un code secret pour remettre en service un agent secret dormant; vous avez tous vu la tête d'un ancien accro aux Chevaliers du Zodiaque apprenant que sa série a une suite à la sauce XXIème siècle, non^^?
D'aucuns s'inquiètent de l'omniprésence des subs, rippés, traduits, stylés, timés, encodés et diffusés en à peine quelques jours après la diffusion à la télé nipponne. Dit comme ça, on est en droit de s'inquiéter de la qualité du travail, non? En fait, même pas besoin de s'inquiéter: c'est du mauvais travail et on le sait. Un fansub reste une vidéo de 200 Mo à l'encodage destructif, traduit par des amateurs qui aiment bien les effets flashy sous Adobe Premiere et qui finira son existence sur un CD-R ou un DVD-R, support dont on connait bien les limites par rapport à un vrai DVD pressé.

Vous voyez la constante? Les fansubs sont les VHS modernes. Hier et aujourd'hui, il s'agit de supports enregistrés à la chaîne pour ceux qui n'en ont jamais assez, qui sont de mauvaise qualité, et qui confine à du gavage d'oie. Ben oui: dans les deux cas, le visionneur empile vite les VHS ou les DVD-R sans avoir le temps de tout regarder, et quand il mate quelque chose pris au sommet de la pile, c'est avec l'esprit distrait et par paquets de cinq heures. Frustré par l'image décolorée, le son en stéréo et le disque gravé qui s'use plus vite qu'on ne le croit, il finit bien par se payer un bô DVD. Et il devient d'autant plus exigeant sur la qualité d'image, de son et de valeur ajoutée, ce qui pousse les éditeurs à faire de beaux articles. Qui se vendent bien et prennent de la place dans les magasins. Et qui finissent par attirer le regard des néophytes.

07 mars 2004

ENFIN!

Read or Die Zone 2 FR dispo! Evidemment, Manga-Distrib' s'est vite retrouvé en rupture de stock.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore, faites une recherche sur le titre dans ce blog: vous comprendez vite qu'il s'agit d'une des meilleures choses qu'il nous ait été donné de voir depuis des années, et sans doute la meilleure OAV depuis Macross Plus (et depuis RoD, y'a Macross Zero^^). Le monde d'Hideyuki Kurata est sublime, le côté technique est irréprochable, c'est trois épisodes pleins comme des oeufs. On en voit tous les cinq ans, des merveilles de ce calibre. Nom de nom, j'adore tellement ça que j'ai fait des projections publiques pour le faire découvrir...

En une phrase: que vous lisiez cette colonne pour les jeux vidéo ou la Japanime, que vous soyez ici pour l'humour ou la franchise des écrits, vous devez, DEVEZ voir ça; ça fait partie des chefs d'oeuvre qui font aimer les animes à ceux qui ne connaissent pas. Achetez ce DVD. Sérieusement.

06 mars 2004

Achat citoyen

Ca y est, EpicGames a envoyé Unreal Tournament 2004 à l'usine de duplication. Et comme pour la dernière fois, Atari/Infogrames va employer des miyons de tits n'enfants pour dupliquer des disques à toute vitesse: gold le 4 mars, sortie mondiale le 15, ils avaient fait pareil pour 2003.
Là où ça coince, c'est que la fameuse édition spéciale est bien dispo sur Amazon France, mais aucun autre magasin n'a d'info pour le moment. Qui plus est, les ricains l'auront pour 40$ - grosso merdo 33 € - et l'Europe paiera 60 eurobrouzoufs pour la même chose. Oui, c'est pas nouveau, je sais.
Et pourtant, je l'achèterai dans un magasin bien de chez nous; c'est quelqu'un qui importe des jeux vidéo et des animes depuis longtemps qui dit ça. Pourquoi? L'acte citoyen. Celui qui montre qu'on veut plus de jeux comme ça, plus d'éditions comme ça, plus de choses du même genre. Pas à ce prix, mais bon, on peut pas tout avoir. Ce raisonnement a bien plus de sens quand je paie plein pot pour des jeux “alternatifs” comme Panzer Dragoon Orta, In Memoriam ou Otogi, mais je reste fan d'Unreal, saga sortie de nulle part pondue par une boîte minuscule qui concurrence maintenant id.

Vous venez de lire les bonnes nouvelles. Maintenant, on passe à la mauvaise partie de l'article.

Des jeux qui ont besoin de se faire acheter sous peine de disparaître du radar? Les jeux d'aventure. Etant orientés solo, donc sans numéro de série, ils se font pirater comme des enfants thaïlandais et du coup se font lâcher par les éditeurs. Que des Manuscrits de Voynich fassent un carton. Que des Runaway se vendent. Parce que franchement, c'est pas la bonne semaine. Vous vous souvenez de l'annulation de Full Throttle 2? Desty avait terminé son article en serrant les fesses pour Sam & Max 2. Fallait serrer plus fort, mon pote: le jeu vient de se prendre un grand coup de hache dans la tête.
Pourquoi? Personne ne sait. Ou plutôt, on le sait trop bien: des porteurs de cravate qui pensaient ne pas faire assez d'argent en sortant des jeux Star Wars à tire-larigot n'ont pas pris de risque dans un jeu qui n'a pas de sabre laser. Si risque il y avait: le peu de jeux d'aventure qui sort continue de se vendre fort bien. La fanbase du Point and Click est tellement présente qu'elle a pu faire fléchir Sierra pour faire participer Al Lowe dans la création du prochain Leisure Suit Larry. Toute la presse supportait l'arrivée de Sam & Max 2... Même Steve Purcell, l'auteur du comics, n'a pas pu garder le silence.
Que faire? Dans l'immédiat, vous avez bien évidemment la sacro-sainte pétition, le mail de LucasArts à pourrir de plein de courriers polis et en anglais SVP, et le boycott de leurs jeux actuellement dans les bacs (entre autres KOTOR, Gladius, Star Wars Galaxies ou Wrath Unleashed). Et à l'avenir? L'achat citoyen, encore lui.

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