Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


Pourquoi ne prendriez-vous pas un siège par ici ?

25 août 2004

Syberia, l'Esthétique du Jeu

C'est édité chez Casterman et c'est un bô livre sur le jeu vidéo à deux épisodes. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'une aventure en "Point and Click" - genre en sérieuse voie de disparition. L'originalité de Syberia (puisqu'elle ne se situe sûrement pas dans le gameplay, linéaire à souhait) réside dans la direction du projet par Benoît "Inspecteur Canardo" Sokal; il avait participé avec la même équipe pour adapter son Amerzone.
Syberia était donc une aventure à part, poétique à souhait, prenant son temps et faisant partie de ces jeux qu'on garde dans un coin de sa tête pour en envoyer le titre à ceux qui ont encore de sales préjugés sur le genre. Le livre est d'ailleurs totalement accessible à ceux qui n'ont pas vécu les 2 épisodes; il est même ponctué de citations ou de dialogues des personnages. En le feuilletant, on croit avoir affaire à un art book avec ses dessins conceptuels, ses modèles 3D et autres extraits de création. Sauf qu'étrangement, il y a plein de texte entre les jolies images... Et pour cause: il y a également un long entretien entre Sokal et un philosophe, Gérard Lemarié (soyons honnête, je sais rien sur le compte de cet homme^^). Leur dialogue parle tant de Syberia que du jeu vidéo pour art en général; comment raconter une histoire sans ordre précis, puisqu'on ne sait pas dans quel ordre le joueur visitera le terrain, d'où viennent les inspirations du monde assez dingue dans lequel Kate Walker évolue. Les sujets de discussion ne vont jamais vraiment en profondeur, mais c'est sûrement dû aux images omniprésentes - et ceux qui voulaient plus d'illustrations se plaindront aussi. Qu'importe: c'est rarissime de voir des bouquins aborder le sujet sous un angle aussi artistique et philosophique, donc ne crachons pas dans la soupe. Ca reste cependant réservé à ceux qui ont joué à Syberia, à l'instar des livres édités autour de la sortie d'un film qu'il vaut mieux avoir vu; si vous avez eu cette chance, pensez au moins à lire quelques pages.

23 août 2004

"Bouffe-moi l'hentai"

C'est peut-être une des raisons pour lesquelles je lis Libé: les jeux de mots pas piqués des vers. Page 8 de leur cahier d'été: leur "DVD du jour" est édité chez Eva Vidéo - Erotic Video Animation, un label de Kaze qui fait comme sa maison-mère: des traductions de merde avec peu d'épisode(s) par disque et sans bonus, le tout vendu à un prix délirant. Ca s'appelle "Les Pervers du Train" - "Chikan Densha" ("la ligne de train des pervers", quoi) en VO, adapté du jeu vidéo du même nom et du comportement correspondant. Pour me l'être farci (le jeu vidéo, pas le comportement), sachez que c'est du produit dans la moyenne de l'atelier Kaguya, sans plus.
Là où Libé fait fort, c'est en abordant un sujet que je n'osais toucher (et pourtant, ça va loin parfois!): la pédophilie latente et le fantasme qui l'accompagne dans ce genre de production. Le journaliste (Eric Loret; Olivier Séguret doit être en vacances) discute de l' "abîme métaphysique" - y'a pas à dire, j'aurais pas fait aussi bien - devant "la puissance de la fiction et du fantasme" quand on a vu "des Candy se faire mettre par le Petit Prince des Collines". Le tout part d'un de ces avertissements sur la jaquette selon lequel tout le monde est majeur dans l'anime - qui comme d'habitude, est un bon gros mensonge. Il conclut en plaisantant sur l'attente d'un "mouvement des législateurs", puisque nous autres (a)mateurs de hentai avons aussi peu de chances de se retrouver entre quatre murs que les lecteurs du Marquis de Sade. Ironie du sort, c'est le même journal qui avait dénoncé à sa une, il y a presque deux ans, l'interdiction à la vente de "Rose Bonbon", un bouquin porté sur l'amour des 'tits n'enfants... Entre ça et l'argumentation sur la légalité des animes non licenciés, on ne sera pas prêts d'oublier le jour où un bouffeur de hentai se retrouvera devant un tribunal.

Nota bene: comme jeu de mots avec "hentai" dedans, je propose "la maison hentai" - à prononçer de façon très française. Crotte, j'aurais dû le garder pour un autre article.

22 août 2004

Gantz - volumes 2, 3 et 4

Le deuxième livre de cette histoire a une progression vraiment lente - on sent presque l'angoisse de la page blanche de l'auteur.
Le troisième rattrape la mayonnaise. En parlant de sauce, il n'y a qu'une fille dans ce manga, mais elle assure largement la - très forte - dose de fan service(*); rapidement, on ne voit plus que cette pin-up sur les illustrations inter-chapitres. Mention spéciale pour la scène de douche avec le savon liquide bien dégoulinant... L'ensemble vire parfois au trash: blessures assez crades et plans permantents sur la foufoune de la demoiselle.
On reprend la baston dans le volume 4, mais le mélange "dessin à l'encrage + arrière-plans, armures et flingues en 3D" commence à montrer ses limites. Une scène d'action dans de l'eau se contente d'un effet vu et revu mille fois pour la surface aqueuse (okay, c'est quelque chose de très dur à dessiner, mais c'est du strict minimum là), le tramage est tout juste moyen et le dessin traditionnel ne fait que ressortir davantage... Mais FtY a raison: la recette a beau être connue, elle est bien exécutée. Quand je regarde "MI-5" sur Canal Plus, j'ai affaire à une resucée de 24 qui n'ajoute rien. Gantz copie Battle Royale mais le fait bien; au milieu de ce quatrième volume, il y a même un bourgeon de réflexion sur le conditionnement par rapport à la violence... Et pour le reste, ça reste bien trouvé. Mince, même Sadako de la saga Ring se paie une visite!
Le DVD des premiers épisodes en version non censurée sort ce mercredi 25 au Japon; la comparaison devrait être intéressante!

(*)Ce qui me fait penser; vous avez lu le volume 3 de Dark Crimson qui est sorti aux éditions Pika? J'ai pas encore fait les statistiques pour celui-là (EDIT: c'est fait!), mais dans le deuxième livre, j'avais trouvé moins de 10 pages sur 200 qui n'avaient pas de seins dessus... Satoshi Urushihara est de ces gens qui ont contribué à l'éveil de ma puberté il y a presque dix ans, ça ne m'empêche pas de rester grand fan^^.

21 août 2004

Doublage ou doublure?

Il est de ces grands acteurs français qui capitalisent sur leur nom, parce que leur carrière est derrière eux. C'est aussi un comportement répandu pour les sportifs, c'est en passe de le devenir chez nos acteurs français grabataires qui filment des choses en cachant difficilement le besoin de calmer les agents du fisc. Par exemple, les téléfilms à gros budget de Josée Dayan; Depardieu ne s'y force même pas. On ne voit pas Monte Christo ou Balzac joués par Depardieu, on y voit Depardieu dans leurs rôles. Benoît Poelvoorde avait un jour dit que quand ce dernier avait fait la pub pour des pâtes, l'argument de vente n'était pas "Depardieu mange nos pâtes", mais "on a payé X millions pour avoir Depardieu". On veut une forme, pas un fond.
Vous le savez déjà: le doublage en France est le parent pauvre du métier d'acteur. Celles et ceux qui impersonnalisent les héros des films, animes et séries TV sont des intermittents du spectacle. Des gens qui préfèrent être sur un plateau de ciné ou les planches d'un théâtre et pour lesquels se cacher derrière un micro n'est qu'un moyen de mettre du beurre dans les épinards à la fin du mois. Eux aussi bossent pour la forme, et les éditeurs veulent une piste française sur leurs DVD pour la même raison. Doit-on se plaindre? Au moins, les doublages n'ont plus l'air d'avoir été enregistrés dans un hangar par des gens recrutés à la sortie du métro - comme au bon (?) vieux temps d'AB Productions. Aujourd'hui, on peut simplement leur reprocher d'être fades à en crever... Et tristement, même quand un groupe de fans part en guerre contre cette médioctrité ambiante, leur travail ne vaut pas forcément mieux.
Mais au moins, ça fait de nouvelles voix à entendre. Je ne sais pas si les acteurs de doublage fonctionnent au cannibalisme ou selon un rituel d'élimination digne d'un reality-show, mais on entend toujours les mêmes voix. En France, Spike Spiegel de Cowboy Bebop est Sora de .hack//SIGN qui est un garçon de GTO qui est pfouuuuu... Mais être acteur n'implique-t-il pas de savoir changer de peau, d'entrer dans un autre personnage? Ils ne prennent même plus la peine de changer leurs voix! Quand il s'agit de gens célèbres, passe encore. Mais à part Jean Reno pour Porco Rosso, je ne crois pas que la Japanime française ait eu cet honneur. On a juste un cheptel vraiment réduit de gens qui ne se forcent même pas, empochant le chèque, parfois dans des conditions assez dégueus, mais malgré tout, qui ne font même plus leur boulot. Comme quoi, même pas besoin de s'appeler Depardieu pour en faire le moins possible et toujours être considéré comme un acteur.

19 août 2004

"Un film plébiscité par les casses automobiles"

Alors comme ça, Matrix Reloaded est un film alsacien? Tout s'explique...

- page 190 de 319 -