01 septembre 2004
Carnets de bord de Venise, deuxième partie
Hop, j'ai trouvé l'unique magasin qui vend de la Japanime dans la petite ville de Venise. Oui, être dans un lieu pareil et parler encore de ça: je suis bon à jeter.
Je vous l'ai dit plus tôt: Venise est traversée de part en part par un chemin "spécial touristes" qui mène à trois lieux clés de la cité, parcours clairement indiqué par de nombreuses pancartes sur les murs. Les non-vénitiens le suivent aveuglément, et ça tombe bien parce qu'il est fourré de boutiques trop contentes de se remplir les poches. A 50 mètres du pont Rialto, une de ces échoppes n'est étrangement pas bourrée de gens habillés avec un bob ridicule et une caméra plus grosse que mes fesses - c'est dire. Normal (?): c'est le seul magasin de geeks de tout Venise. Ca s'appelle DM Venezia (www.dmvenezia.it), et la vitrine est bourrée de figurines Warhammer, de statuettes Lords of the Rings, de cartes Yu-Gi-Oh!, et de DVD d'animes. Mmmhhhh.
L'antichambre est identique à n'importe quelle salle d'un magasin du genre: des étagères couvertes de toupitits moulages WH40000 avec des trégroprix et des action figures de chez Todd McFarlane Toys et cie: Spider-Man, Final Fantasy, Tenchi Muyo, Charlie Brown, GITS, Berserk... Il y a aussi des statues plus rares, genre un Hellboy ou un Gandalf de 60cm de haut. Dans la salle principale, le staff est composé d'un type d'une quarantaine d'années (qui n'a pas levé le nez de son Dark Age of Camelot) et d'une asiatique sympa comme tout qui a répondu à toutes mes questions. Et surtout: le plus grand mur de la salle est dédié au Japon. Sortez les mouchoirs.
Leur sélection de mangas est tenue par deux ou trois éditeurs pour toute l'Italie: Planet Manga (filiale de Marvel) Generation Comics (faisant partie de Panini et qui vient de débuter en France) et Dynamic Italia (logiquement abrégé Dynit et pas Dybex comme notre Dynamic Bénélux^^) se partagent le gâteau. Je vais faire court: tout ce qu'on a en France, ils l'ont et même un peu plus. Fruits Basket, Full Metal Panic (avec un macaron "vu à la télé" et le premier DVD est aussi dispo), Naruto (ils sont carrément au volume 18 alors que le Japon en est au 22 et nous en sommes au 10!), ainsi que les "alternatifs" genre Hagaren, 20th Century Boys, Cyborg Kuro-chan... Citons aussi le manga Ring, Harakuri Circus, Hellsing, Trigun, Generation Basket (I'll), Gals, Lone Wolf, Monster, Gantz, Kareshi Kanojo No Jijou (manga et anime complets, tous deux chez Dynamic) et j'en passe. Toutes les séries sont très avancées, et Berserk s'offre même une troisième réédition avec des pages grand format et 350 pages! Une dernière surprise: leur version du manga Ghost In The Shell a les trois fameuses pages cochonnes retirées de la version américaine - et par conséquent française!
Côté animes, trois éditeurs: Dynit bien évidemment, ainsi que Shin Video et Yamanote Vision, qui je crois n'ont pas de filiale chez nous. J'ai vu sur les murs des pubs pour .hack//SIGN chez Beez Italia, mais sans trouver de disques correspondants à la filiale de Bandaï. Dynit tient le haut du pavé avec Eva, Inu Yasha, You're Under Arrest... Les mêmes que chez Dybex, à l'exception de ce qui est tenu chez nous par Déclic Images, comme Saiyuki, ici chez Dynamic. Pas un éditeur d'animes ne fait de coffret: même les séries les plus longues s'achètent à l'unité. Ils ont d'ailleurs Kodomo No Omocha, ici appelé "Rossana" (vi, deux S et un N) qui en est à son quatrième disque - sachant que cette série fait plus de 150 épisodes, bon courage les gars... Pêle-mêle, citons Boys Be, Kenshin, la nouvelle version de Lupin the 3rd, GTO. C'est évidemment du Zone 2 avec des pistes audio italiennes et japonaises; côté bonus, c'est comparable à l'offre française (bandes-annonces, parfois des interviews, rarement plus). Pour la télé, MTV Italie diffuse à elle seule, à la suite et en soirée: Orphen (Boo), Inu Yasha (Great) et Last EXILE (Perfect!). Pour ceux qui ne l'ont pas, je rappelle que le budget de MTV France ressemble,tous frais compris, à celui d'un paquet de fraises Tagada.
Ce magasin fait vraiment bien les choses, puisqu'ils ont aussi une large sélection d'art-books importés. Il est vrai qu'il est fort difficile de discerner les copies HK des originaux, mais le matos que j'avais sous les yeux me semblait correct. Et j'avais du mal à y croire: des incunables que j'ai rarement vus en France. Des bouquins d'U-Jin, des Studio Ghibli, le Sunrise ArtWorks de Cowboy Bebop (j'l'avais jamais vu celui-là!),Basara, Ashita No Joe (!), How To Make Eva (!!), Hayao Miyazaki Daydreams (!!!), le coffret volume 2 de l'encyclopédie Gundam comprenant 4 livres...
Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin: les prix. Pour les DVD, comptez entre 20 et 25€. Jusqu'ici, tout va bien. Pour les artbooks, entre 25 et 30€ (le coffret encyclopédique Gundam est à 40€). Là, ça devient vraiment intéressant. Et le plus dingue: les mangas sont tous à 3,90€. Taxes comprises. Alors que nous tapons en France entre 6 à 8€, parfois même 10€ pour certains éditeurs.
En voyant l'offre, on est même en droit de s'interroger: Dybex, qu'est-il arrivé à KareKano en manga, tenu par Tonkam et sa honteuse parution dans son mensuel Magnolia, ou la version DVD, portée disparue chez nous, alors que DynIt édite les deux? Et d'ailleurs, pourquoi les mangas chez Dybex sont-ils anecdotiques alors que DynIt fait des poids lourds comme Fruits Basket ou GTO? Que fout Generation Comics France avec Tenjou Tenge ou Full Metal Panic, à se baser sur la traduction italienne alors qu'ici, tout est basé sur l'édition japonaise? Donc oui, les italiens n'ont rien à nous envier; mais alors, où faisons-nous mieux? Répondons à cette question dans un élan de chauvinisme latent! Primo, nous avons des DVD en coffrets et pas eux, nananèreuh. Secundo: nos mangas ont quand même un look plus soigné, avec les couvertures à couches et un papier à peine plus épais. Tertio: notre fanbase semble meilleure: le principal (seul?) magazine se nomme "Mondo Japan" et est à peu près au niveau semi-pro français (qui a dit FJM Publications?). Côté meetings, l'hôtesse du magasin a difficilement pu me dire qu'il y avait une convention de Japanime à Rome, sans pouvoir m'en citer le nom et sans penser que plus de 2000 personnes s'y rendaient. J'ose espérer qu'elle était mal renseignée...
Troisième partie
Par Raton-Laveur le 01 septembre 2004, 17:10 - Japanime 6 commentaires
30 août 2004
Carnets de bord de Venise
Vous avez été prévenus: ce sont les premières vacances unplugged que je prends depuis un bout de temps. Pas de connection haut-débit permanente, pas de Slashdot tous les matins, pas de sortie de fansubs à surveiller. Evidemment, c'est jamais le bon moment pour partir: je vais rater le début de la nouvelle saison télé: C+ va diffuser GTO (yay!) une nouvelle émission de soirée présentée par Denisot et des persos en 3D (WTF?!), ainsi que les premiers épisodes de la 3ème saison de 24h Chrono (argh)...Et je viens d'y penser, la sortie du nouveau Prodigy (Always Outnumbered, Never Outgunned)
Bah. Même le voyage était symbolique de cette déconnection. Sur les autoroutes françaises, les stations-service vendent toujours des jouets pourris que même Tati n'oserait pas vendre; je suis tombé sur des figurines intitulées "Ninja Gaiden" qui n'avaient évidemment aucun rapport avec les jeux Tecmo et dont les moulages étaient si mauvais que le bonhomme ne risquait pas d'affronter plus dangereux qu'un plant d'orties - le nom devait être "Ninja Garden", mais mal imprimé, allez savoir. Aux alentours de Milan, la supérette vendait des figurines de Tokyo Mew Mew, anime ici nommé "Mew Mew". Ouais, c'est un autre standing; mais les italiens sont aussi friands de dessins animés japonais. Enfin arrivé à Venise, et bien... Les stations-service, y'en a pas puisqu'il n'y a pas de voitures.
Première constatation: Venise n'est pas une île, c'est une presqu'île. Reliée au plancher des vaches par un pont (construit par les autrichiens et modernisé par les fascistes) qui accueille voitures et train... Mais les seules routes conduisent à de gigantesques parkings. L'entrée de la ville est tenue par un péage automobile tellement chargé qu'on se croit aux caisses d'un parc d'attractions. On laisse sa voiture et on continue à pied; il y a des transports en commun, des bateaux évidemment. Deuxième constatation: c'est pas une grande ville, et comme il y a des ponts partout, on peut aller où on veut en marchant.
Pour se repérer, n'utilisez SURTOUT PAS la phrase "il y a une église dans le coin". Sur une carte pour trouver le cybercafé d'où je vous écris, j'ai compté quatorze églises - et nous parlons d'une mini-carte sur un prospectus, nom d'un chien. Si vous vous orientez à l'aide des bâtiments religieux, il est garanti qu'on retrouvera vos ossements blanchis sur le côté d'une rue. Enfin, j'en arrive à croire qu'il y a deux façons de se faire Venise: la version "touriste" et la version "à l'aveuglette". Pour la touriste, c'est simple: la ville est traversée par un grand canal, pas forcément doté d'une rive - les bâtiments sont souvent au bord de l'eau. Il vous suffit de suivre la rue parallèle au Canal Grande, les indications vers les principaux pièges à touristes feront le reste. Citons la place San Marco au Sud-Est (pourrie de monde le jour, divine la nuit), le pont Di Rialto au milieu (le pire: des boutiques branchées sont directement installées dessus!) et le Piazzale Roma au Nord-Ouest (qui n'est que le parking où les gens arrivent). Passez-y pour dire que vous y êtes passé, puis fuyez en prenant la première ruelle que vous voyez. Oui, c'est la version à l'aveuglette, et c'est génial.
Venise est un gigantesque labyrinthe, au point que même les Carabinieri (les flics, quoi) s'y paument parfois. A un pont succède un autre. A une ruelle d'un mètre de large succède une impasse sur l'eau. A une église succède, ben, une autre église. Pas un seul touriste, rien que des vieilles pierres et des cris lointains d'une mamma qui hèle ses gosses. On ressent régulièrement la petite montée d'adrénaline qui vient quand on se dit "merde, là je suis vraiment perdu" et qu'on regrette de ne pas avoir de Palm Pilot avec module GPS. Presque personne dans les rues en-dehors du circuit touristique, vraiment: le quartier central de San Polo semble fait pour ça. La ville est bourrée d'aberrations urbanistiques avec des murs qui sont là sans raison, des portes qui donnent sur l'eau et donc uniquement accessibles en gondole. Le champ de vision est très réduit puisque les maisons ont trois ou quatre étages, les places sont petites, les magasins se font rares: c'est là que quelque voix dans mon crâne me souffle "t'as salopé cette partie, recharge ta sauvegarde".
Les mots sont lâchés: jeux vidéo. Encore eux. Je m'enfuis pendant une semaine et ils me reviennent en pleine face (*). Pour ces ruelles un peu vides parce que les peupler prendrait trop de mémoire sur la petite Dreamcast, Shenmue semble évident - surtout qu'on se perdait parfois dans le deuxième opus. Lâchez cet annuaire ouvert à la section "Asile Psychiatrique": le deuxième niveau de House of The Dead 2 est une repompe complète de Venise, avec son exploration en bateau et ses zombies qui vous attaquent depuis les ponts; la ville principale dans .hack//SIGN y ressemble également trop pour être honnête. Evidemment qu'ils s'en sont inspirés! Mais voilà pourquoi on peut légitimement "s'y croire" sans passer pour un doux dingue: Venise ressemble à un jeu vidéo et des jeux vidéo ressemblent à Venise. Viennent ensuite les magasins thématiques, dont ledit thème semble tellement réduit qu'on se demande comment ils peuvent survivre. Dans nos aventures binaires, on a des échoppes qui ne vendent que trois types de potions et on trouve ça rentable. Ici, vous avez des magasins qui ne vendent que des chemises (déjà, ça semble bizarre), que des cravates (j'vous jure, des étagères bourrées de cravates!), ou que des masques. Vous me direz, les masques, c'est normal puisque c'est Venise. Et je vous réponds que personne dans les rues n'en porte: soit c'est une idée reçue, soit c'est uniquement pendant le Carnaval de Venise. D'accord, mais ça n'arrive qu'une fois l'an; la ville de Cannes ne compte pas des dizaines de vendeurs de smokings pour sa quinzaine annuelle du cinéma, quand même. Ces magasins de masques, donc, ont toujours quelqu'un dedans qui peint invariablement un autre masque, et on se demande bien où il sera rangé puisque les murs en sont fourrés; ils doivent faire un stock pour le Carnaval et se faire vider chaque année, je sais pas. Nom de Dieu: des dizaines de magasins remplis de masques et personne n'en porte. Les deux épisodes de Zelda sur Nintendo 64 me semblent bien moins tordus maintenant. Encore un exemple de référence otakesque? Il y a un "Hotel Adriatico", le même nom que celui de Gina dans Porco Rosso. Quand vous passez devant ça après votre vingtième magasin de masques de la journée et que vous réalisez que vous vous êtes perdu, vous pouvez me croire quand je vous dis que le cerveau trouve presque normal de chercher une touche "Reset" quelque part.
(*) Puis bon, si on est là pour faire un carnet de bord classique, ça va être quoi ensuite, hein, des dossiers sur ma calvitie et des analyses d'urine, comme on en trouve dans les "blogs"? Plutôt crever!
Deuxième partie
Par Raton-Laveur le 30 août 2004, 12:37 - Jeux vidéo 15 commentaires
28 août 2004
En vacances
(Hey, j'aurais pu faire des mises à jour scriptées pour apparaître pendant mon absence, mais j'aurais été impuissant en cas de débat passionnant ou d'un éventuel imbécile tentant de poster le mot "vagin" le plus de fois possibles... Puis bon, deux ans sans voir du pays, c'est lourd, non^^?)
Par Raton-Laveur le 28 août 2004, 06:17 - Général 2 commentaires
Plus assez de temps pour <a href="http://ratonlaveur.free.fr/editotaku/index.php?itemid=676">faire les dessins</a>
Le raton-laveur est allongé sur un divan, regarde le plafond - vue de profil. Un autre raton-laveur fumant une pipe, les yeux tournés vers le ciel, est assis à sa droite dans un fauteuil massif - vue de trois-quarts avant-gauche.
Raton-Divan, phylactère 1: J'écris un article sur un jeu vidéo hentai et on me félicite.
Divan, phylactère 2: Je fais une leçon de japonais à partir de mangas pour adultes et ça plaît.
Divan, phyl 3: Je parle d'un article sur un DVD hentai dans un grand quotidien et les lecteurs parlent de communisme.
Divan, phyl 4: Quelque chose cloche, docteur.
Case 2:
Le raton-divan lève les bras. Le raton-psy joue avec un GBA; si dessin trop imprécis, ajouter une flèche vers l'engin et la titrer "Final Fantasy Tactics Advance" (surtout que je viens de commencer à y jouer).
(dialogue, entremêler les bulles) Raton-Psy: C'est-à-dire?
Raton-Divan: Il manque quelque chose. Comme... Quand vous allez aux toilettes, et que tout ce que vous voyez dans la cuvette, c'est du pipi, un morceau de caca et rien d'autre.
Psy: Donc, que quelqu'un a oublié de tirer la chasse?
Divan: Non, oublié de se torcher.
Case 3:
Raton-divan à nouveau couché pour laisser assez de place au dialogue. Psy les mains croisées devant lui.
Psy: Mais de quoi vous plaignez-vous? Vous écrivez sur les sujets que vous aimez, et parfois d'un angle adulte. Ce n'est pas mieux que tous ceux qui parlent des mêmes thèmes mais d'une façon immature, condescendante?
Divan: ... (Bulle précédente trop longue, réduire cette réplique: le "..." suffit)
Case 4 (taille XL):
Raton-Divan assis au milieu du lit. Psy immobile.
Divan: Alors je suis pas un pervers?
Psy, phyl 1: Pas assez pour être diagnostiqué en tant que tel. L'écriture influencée par la libido est un effet secondaire de votre condition d'otaku.
Psy, inter-texte hors phylactère en bas à droite du phyl 1: J'ai lu ça dans une revue médicale le mois dernier.
Divan: Merci doc'. Je vous dois combien?
Psy: Je ne suis pas docteur. Je suis seulement une représentation mentale créée par ton esprit névrosé.
Divan: Ah... Mais alors c'est quoi ce diplôme encadré sur le mur?
Psy: C'est un poster Dragon Ball Z.
Par Raton-Laveur le 27 août 2004, 14:37 - Général 5 commentaires
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