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Légitime trollage

14 janvier 2005

Non, ce n'est pas un jeu de sport

Bungie, le studio que les non-accros à Apple connaissent depuis Myth et Halo, a sorti d'autres jeux. Par exemple, Oni, également connu sous le sobriquet de "sous-Tomb Raider moche n°49563", qui fera l'objet d'un article ici le jour où je serai suffisamment gâteux pour me raser avec la brosse à dents et me brosser les dents avec le rasoir. Et il y a bien longtemps, largement avant que Microsoft sorte son pavé noir et vert, Bungie a sorti une trilogie de Doom-clones, Mac-only, nommée Marathon. Sprites tout plats, pan-pan, et une histoire à propos d'intelligences artificielles racontée sur des écrans d'ordinateurs. Histoire d'une complexité à se la prendre et à se la mordre, si vous voulez mon avis - d'autant plus qu'ils sont liés à Halo car se déroulant après ce dernier, ou avant, je sais plus. En tout cas, c'est vraiment intéressant de voir à quoi "les autres" jouaient pendant qu'on était sur Heretic, Duke3D et Descent (ahhhhh ouaiiiis, Descent, j'adore ça).
Bref: les trois Marathon sont passés en freeware. Youpi, des jeux Mac, tout le monde s'en fout. Sauf qu'avant de se faire racheter par Microsoft, Bungie avait publié le code source, à la manière d'id software pour Doom et Quake. Ainsi, ces jeux peuvent tourner sur n'importe quel système d'exploitation. Alors hop: Marathon est ici, et les deux autres sont là (la FAQ est liée ici!). Et vous savez quoi? C'est suffisamment fun pour me faire passer le premier niveau - pas un sceau objectif de qualité, mais un exploit en soi. Pourvu que vous soyez du genre à éplucher les pages Rétro de GameFAN, vous devriez passer un bon moment avec cet OVNI.

Un hommage à <i>Otaku No Video</i>, <i>Genshiken</i>, <i>Colorful</i>...

Allez, admettez que vous aussi vous l'avez fait.







(Merci à Garric!)

12 janvier 2005

Converti! (part 3)

On vient de le dire: nous en sommes au lancement de la demi-saison télévisuelle, avec sa flopée de programmes qui n'étaient pas assez bons pour faire les ouvertures d'antenne en septembre dernier. Au menu, une nouvelle version d'Aa Megamisama ou Ah! My Goddess, c'est comme vous le sentez. Si vous n'avez jamais vu/lu ce classique, c'est le manga qui a mis Kosuke Fujishima sur le radar et qu'il ne veut pas finir. Non parce que bon, un mec qui se retrouve avec une déesse personnelle suite à un mauvais numéro, difficile de croire que ça tienne plus de 28 volumes. A part ça, Fujishima-san est également connu pour ses chara designs des Sakura Taisen et des Tales of... Bref, le genre de valeur sûre pour les producteurs avides d'argent facile: alors qu'en France, Kaze nous sort les OAVs vieilles de 10 ans (soignées à l'époque et toujours jolies quand on compare à certaines horreurs actuelles) et le film au sous-titrage basé sur la version allemande, le Japon nous sort une série télé à petit budget. Petit budget? Parce qu'il s'agit de la pire adaptation du trait de l'auteur.
Les cellulos sont fades, les arrière-plans en 3D sont minimalistes et les autres le sont tout autant, l'animation est tout juste correcte. J'insiste sur le mot "fade". Et quand je dis "fade", je veux dire que c'est le truc le plus fade qu'il m'ait été donné de subir depuis le matin où mon petit déjeûner avait consisté de céréales pourries avec des champignons dedans, de lait tourné, d'un pot de Nutella qui était rempli de gouda au cumin et d'un chat offert par Jean-Marie Le Pen qui se mettait à me déchiqueter les couilles à chaque fois que je prononçais le mot "gauche" - jusqu'au moment où je me suis réveillé et que ce rêve avait été causé par une crise de somnabulisme durant laquelle j'avais fait un cunnilingus à ma Master System; c'est alors que mon petit déjeûner normal et mon chat normal furent "fades". Quoique pour le chat, je préfère la version castrée et non-rêvée. Castre, rêve, caste, rêve, dream, caste, Dreamcast... Bref.

De plus, il doit s'agit de la conversion manga vers anime la plus lente au monde (devrait-on écrire "au Japon"?) - et c'est un ex-gagabalien qui vous parle. C'est le genre de vanne qui fait rire devant les machines à café, ça: comment les animes ont toujours tendance à faire traîner en longueur(s) des mangas qui vont droit au but. La transformation de Cell 2ème forme vers Perfect Cell dans Dragon Ball Z? Trois pages dans le manga, trois épisodes dans l'anime. La scène de pêche au tout début d'Hunter X Hunter (le prochain que j'entends prononcer le X dans le titre sera décapité)? Une page dans le manga, un épisode dans la série animée. La série TV d'HxH a d'ailleurs dû fabuleusement floper à cause de ça: adopter le format d'un chapitre par épisode (10 pages pour 30 minutes, quoi) a dû en faire tilter plus d'un. Accessoirement, ça va remplir les poches de Dybex qui commence à sortir chez nous ladite série en DVD. Pour Ah! My Goddess, on atteint tous les records: un épisode pour une page. Ou deux pages en étant généreux. Résumons: Keiichi passe une mauvaise journée, est amené à utiliser le téléphone, appelle la hotline divine sans le savoir, Belldandy arrive et offre d'exaucer un voeu, il demande qu'elle reste avec lui, ses sempaïs arrivent et l'éjectent de la cité U pour avoir fait entrer une fille, fin du chapitre, 24 pages chrono. Dans l'anime, le premier épisode (format classique, 25 minutes pub non comprise) se termine alors qu'elle sort du miroir, ce qui équivaut à la deuxième page!
Je ne suis pas du genre intégriste qui demande des adaptations calquées (qui a dit Fruits Basket?), les libertés artistiques entrent en compte, le format TV qui offre plus de temps que les OAVs, l'âge du capitaine, mieux présenter le personnage de Keiichi, tout ça. Mais là, faut pas déconner non plus. Peut-être que la suite va accélérer, je n'en doute pas une seconde; le générique présente des personnages qui apparaissent bien plus loin que les, pfouuuu, 30 premières pages au moins, ils osent aller aussi loin! Mais alors que cette adaptation a pour but d'attirer de nouveaux fans qui n'ont pas l'habitude des animes-fleuves (aujourd'hui réservés à quelques blockbusters du manga), comment les accrocher avec un rythme aussi lent? Dès les cinq premières minutes, mon esprit était en train de créer un alter ego vivant sur une plage avec des chats fachos et des céréales moisies, loin de ce vide intergalactique de l'animation, aussi intéressant que la mire qu'on voit à la télé vers 5 heures du matin. Le manga d'Ah! My Goddess atteint bien ce point, mais il a la politesse de ne pas le faire dès le premier chapitre.

11 janvier 2005

Converti! (Part 2)

Sans transition avec l'article précédent, une autre conversion qui a l'air de bien se passer: Air en anime. Ah oui, aujourd'hui on tape dans l'obscur. Il s'agit à la base d'un jeu vidéo "digital comic", du genre où vous lisez des pages et des pages de japonais, puis faites un choix de conversation selon que vous désiriez sortir ou pousser au suicide le JPEG qui vous parle - ou alors vous tirez votre sélection à pile ou face parce que vous n'encadrez que dalle aux kanjis. Produit par le studio Key/Visual Arts, Air a eu ma préférence à Kanon (leur titre précédent qui a bien marché et eu droit à un anime sympa) pour son histoire originale - et aussi pour son intro qui tue. Grosso modo, tout commence comme dans n'importe quel dating sim, jusqu'au moment où l'on fait un saut de quelques siècles dans le passé et dans la peau (ou devrais-je dire "les plumes") d'un corbeau. Et puis bon, chez Key, les scènes de cul des versions "+18" de leurs jeux ont l'avantage de ne pas être trop salaces et gratuites.
L'anime (et va y a voir aussi un film si je ne m'abuse, wow) vient à peine de commencer avec le milieu de saison télévisuelle. Première constatation: le ressort comique est tendu comme un string - on s'en plaint pas, on remarque, c'est tout. Deuxième constatation: à part ça, c'est pile comme je voulais! La production a l'air d'avoir bossé avec un bugdet à la hauteur, les voix sont évidemment les mêmes que dans le jeu - presque tout le casting apparaît dès le premier épisode, et dans le suivant, il y a des apparitions des héroïnes de Kanon, leur jeu précédent! Bref, miam. En bonus, on est en droit de s'interroger sur combien de bossus parleront de cet anime sans savoir qu'il est adapté d'un jeu vidéo pour adultes, comme c'est trop souvent le cas - le projet Please! (Onegai Teacher et Twins) restant l'exemple le plus connu qui a déchaîné des hordes glaireuses de fans infoutus de comprendre un tant soit peu leur sujet. A mon avis, ça ne se comptera pas sur les doigts de la main: crises de rire garanties.

Converti! (Part 1)

Avec une bonne quinzaine de jours de retard, je suis tombé sur la bande-annonce de Sin City (14 Mo, QuickTime). Une moitié d'entre vous (moyenne établie par mon chat qui s'appelle Totoro) sont en train de dire: "c'est quoi Sin City? Aucune raison de regarder cette vidéo!" et je leur réponds qu'on y voit Jessica Alba - de Dark Angel, vous savez, le brouillon de James Cameron pour GUNNM - en train de faire un strip-tease. Ladite moitié rejoindra ainsi les autres dans un saignement de nez abondant.
Vous vos souvenez du très bon Hellboy, exemple de comic plus obscur que les autres car n'étant pas édité par Marvel ou DC? Le genre à ne pas être adapté au cinoche et qui déclenche une joie internationale parmi un peuple tout aussi obscur quand ça arrive, parce que joie, c'était bien fait en plus (Spawn n'a pas eu cette chance, mais ça fait un moment que le comic est naze). Ben voilà, Sin City, c'est bien parti pour être pareil - surtout que Frank Miller met directement les mains à la pâte du projet. La bande dessinée sur r-l.net se lisant majoritairement de droite à gauche, une présentation s'impose. C'est signé Frank Miller, le grand monsieur qui a fait beaucoup de Daredevil et ressuscité Batman avec Dark Knight Returns, un pavé responsable à lui seul des films (Tim Burton a généreusement pioché dedans) et du retour de la Batmania - que voulez-vous, j'ai même apprécié Batman Beyond! Sin City est une de ses oeuvres les plus récentes; il a aussi pondu 300, un album sur la bataille des Thermopyles (on trouve d'ailleurs une référence à ce dernier dans Le Grand Carnage, le troisième Sin City qui va être dans le film!). Sin City, c'est un ensemble d'histoires indépendantes (mais il y a des clins d'oeil d'un tome à l'autre) se déroulant dans la ville éponyme, c'est dessiné en noir et blanc, sans trames, par purs aplats. Impossible de faire plus brut. C'est une valeur sûre de la bédé américaine et la meilleure façon de se convaincre que les comics ne sont pas que des aventures de patriotes stéroïdés protégeant la liberté, l'indépendance, et tous les sous-entendus possibles et imaginables des bienfaits de la culture occidentale. Si vous ne devez en lire qu'un seul, prenez "Cet Enfant de Salaud", unanimement considéré comme le meilleur. Et c'est Bruce Willis qui en jouera le rôle principal. Sur les 7 histoires, 3 seront adaptées dans ce film, les autres devraient suivre si tout se passe bien.

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