09 mars 2005
Shonen Déjection
C'était parti d'une excellente intention: pondre un mensuel de pré-publication de mangas avec un sondage pour ne garder que les fan favorites et sortant en librairies pour faciliter l'achat des anciens numéros (et éviter la paperasserie des magazines en kiosque). Dès le premier numéro, ça ratisse large dans les sous-genres du shonen: des mechas avec Turn-A Gundam, de l'humour avec Cyborg Kuro-chan, de la baston et des nanas avec Shonan Junai Gumi, du soigné avec Get Backers (quoi qu'on dise sur l'anime, le manga assure), et même de l'alternatif avec Fuli Culi. Le train est lancé, les sondages font leur office... et deux ans plus tard, nous avons: Shonan Junai Gumi, que le statut de "série fondatrice" rend intouchable (et les ventes de Shonen Collec', lancé en plein boom GTO, n'en ont pas pâti, bien au contraire); Psychic Academy, de la mièvrerie en boîte; Negi Ma, pareil mais en version lolicon; Air Gear, dont l'équation est aussi simple qu'efficace: Oh! Great + Jet Set Radio (love!); enfin, le dernier manga arrivé est Suzuka, dont le début oscille entre une relation amoureuse (ça me gêne pas) et une repompe de Maison Ikkoku (ça me dérange un peu plus). Sans parler des séries qui ont fait trois p'tits tours et pis s'en vont: Reservoir Chronicle Tsubasa (on se demande encore ce que ça foutait là, à part pour faire un bon coup de pub au catalogue Clamp que Pika a dû payer un paquet de lingots d'or), Boys Be (2nd Season uniquement, ils nous ont épargné les milliards de spinoffs), King of Bandits Jing et Rose Hip Rose, ainsi que les 4-koma Puppet Revolution et Pop Loft (qui va cependant laisser place à une autre série faite par deux petits frenchies).
Après le filon culotté (à tous les sens du terme) des étudiantes fragiles et des lycéennes fragiles, Ken Akamatsu creuse celui des collégiennes fragiles (s'il continue à rajeunir, on va devoir contacter la police des moeurs). Aki Katsu ne se lasse jamais de dessiner des comédies sentimentales merdiques où les gouttes de sueur sont plus nombreuses que dans dans l'anime SailorMoon et où les personnages ont deux visages possibles: "faciès d'enfant avec moue boudeuse" et "faciès d'enfant avec sourire lubrique dérangé". Boys Be, tranches de vie de jeunes tellement hormonés qu'on se demande comment ils arrivent à garder forme humaine, laisse place à Suzuka... Mais merde à la fin, les mangas "pour nous les hommes" (je fais référence au rasage, pas aux magazines gays) ne se résument pas à ça! Et les polars un peu recherchés comme Death Note? Et les mechas, innombrables et faisant partie intégrante du genre? Et les one-shots ou les séries courtes (ce fut d'ailleurs une excellente idée de publier Murikuri de Clamp fin 2003)? Mais à voir les votes plébiscitant Negi Ma, Reservoir Chronicle Tsubasa et Psychic Academy (respectivement 1er, 2ème et 4ème des suffrages, la 3ème place revenant à Rose Hip Rose, série actuellement dead by degrees), on est en droit de penser que les glaireux ont pris d'assaut Shonen Collection. Ou peut-être qu'au delà des sondages qui éliminent des séries, c'est juste le choix des nouveaux mangas (fait par Pika) qui est dangereusement réducteur...
Par Raton-Laveur le 09 mars 2005, 21:51 - Japanime 9 commentaires
07 mars 2005
Coup de foudre

("-Quand même raton, il y a quelques bouses dans ta logithèque...
-Ah? Quoi par exemple?
-Dead or Alive 3.
-Oh, je ne l'ai acheté que pour les seins.
-Les seins?
-Oui, les seins.
-Les seins?!
-Les seins, ouais.
-...")
Le nouveau câble est une étrangeté à lui tout seul. La console étant un PC, elle a une alimentation similaire à celle de nos ordis. Sauf qu'ils ont dû prendre le modèle le moins cher, et comme Canard PC le répète régulièrement, l'alim', c'est le composant le plus important de votre bécane! Pourquoi ce gros boîtier au milieu du cordon? Et ces deux boutons bizarres, dont un à ressort et l'autre bien rouge et tentant? Après lecture de la sacro-sainte notice (86 pages au total pour tous les langages, ça doit pas être gratuit à imprimer), on en sait guère plus. En fait, nous avons affaire à un bon vieux fusible des familles: si EDF fait mal son boulot, chlac, le disjoncteur fait son boulot. Le bouton rouge est un testeur de tension (avec une diode de test à deux couleurs, y'a pas mal d'électronique dans ce machin), et le vert sert à remettre le fusible en place s'il saute. L'adaptateur secteur dans la console (à gauche sur cette photo) ne serait pas suffisamment protégé? D'après les infos distillées par MS, c'est ce que l'on est en droit de croire. Et après avoir découvert qu'un simple port métallique RJ-45 peut déclencher des scintillements sur l'image, plus rien ne peut m'étonner de la part de la Xboîte.
Sauf que ce nouveau câble pèse son poids et doit coûter une petite fortune à fabriquer. 14 millions de consoles dans le monde, et dans le cas de l'Europe, toutes celles fabriquées avant janvier 2004? Ca représente la quasi-totalité du cheptel! Même la plupart des modèles vendus dans le pack Halo 2 de Noël dernier seraient affectées. Ca va coûter une véritable fortune à Microsoft... Alors qu'il s'agit d'un problème plus qu'anodin et statistiquement acceptable et que nous sommes à la veille de la sortie de la Xbox 2 annoncée par tous pour la fin de l'année. Rien d'étonnant à ce que bien des gens voient toute cette histoire comme une opération de recensement mondial, à l'adresse de leur possesseur près, des consoles toujours opérationnelles, pucées ou pas, et qui ne dorment pas sur les étagères d'un magasin d'occasions. Le genre d'information qui vaut de l'or quand on est sur le point de lancer une nouvelle version du produit...
Assez parlé matos. C'est rigolo, mais il n'y a rien de mieux pour vous faire passer pour un geek.
Blacksad est passé chez moi avec une bonne et une mauvaise nouvelle. Vous devriez vous souvenir de ce lecteur fidèle du site pour les fanarts qu'il m'avait offerts l'an dernier; il est revenu avec sa planche à dessin - et ça, c'est la mauvaise nouvelle. Il a fait une "raton-laveuse", le problème étant qu'il s'agissait d'une de ces créatures anthropomorhes, mi-humaines, mi-fourrure. Ou furry, pour le terme anglais se rattachant à ce fantasme. Pour ceux qui ont la chance de ne jamais être tombés sur ce genre de choses, je résume en trois phrases: "vous avez de la chance", "les furries sont la lie de l'Internet" et "mangez des Prince Choco mais évitez les Double Choco". Evidemment, le brave garçon n'était pas au courant du risque qu'il prenait: devenir un furry artist. Il n'empêche que je suis resté ahuri devant le soin innocent apporté à cette oeuvre maléfique:

Damn furries!
La bonne nouvelle, c'est qu'il m'a apporté le disque du magazine officiel Xbox de ce mois-ci. Démos jouables de Splinter Cell Chaos Théorie (ils l'ont écrit comme ça dans GameFAN), Unreal Championship 2 - The Liandri Conflict (et jouable sur le Live!), Star Wars Republic Commando, TimeSplitters 3, SvC Chaos et j'en passe. Splinter Cell est beau comme un camion, avec des éclairages aussi soignés que Riddick sur console ou Doom 3 sur PC: ils n'ont pas chômé. Mais pour le gameplay ouvert promis depuis si longtemps, on retrouve bien des mécanismes toujours aussi énervants depuis le premier opus. Votre radio vous parle au moment précis où vous passez telle porte, tel emplacement de tel couloir; certains gardes vous entendent passer à dix mètres à la ronde, en étant dehors et au beau milieu d'une tempête digne du Déluge; vous pouvez déchirer une toile de tente, mais uniquement à un endroit précis... TimeSplitters 3, toujours développé par Free Radical (des anciens de chez Rare), est maintenant édité par EA. Ils ne veulent plus qu'on les appelle "Electronic Arts", juste "EA" - mais rien d'étonnant quand on voit les jeux qu'ils sortent. Enfin, je reparlerai plus tard de cet éditeur ;) . TS3 est donc un cas typique de licence qui marche et qu'EA rachète pour capitaliser sur son succès, si on en juge cette démo: le niveau jouable est l'exacte copie d'un passage de TimeSplitters 2. Le gars dans son vaisseau spatial se plante sur une planète rouge, cartonne des martiens avec quelques armes et des tourelles impatientes de se faire activer, et se défend avec des pisto-lasers qui font zap-zap. A la fin de la démo, vous êtes invité à entrer dans une base, mais si vous restez, vous pouvez combattre aux côtés de vos alliés des vagues d'ennemis qui sautent sur une corniche. Sauf qu'ils arrivent en nombre illimité et que vos coéquipiers sont invulnérables, dans un ridicule simulacre de combat en attendant que le joueur daigne pénétrer dans le bâtiment; je pensais que ce genre de script flemmard avait disparu depuis le premier Medal of Honor (encore un jeu édité par EA, tiens)... J'ai également essayé Unreal Championship 2, mais il a de nombreux mécanismes de jeu qui font leur apparition dans cet épisode - il semble vraiment être un Unreal à part entière. Les armes blanches sont un régal, on peut faire des sauts de 20 mètres de haut en s'aidant de quelques colonnes, et les effets graphiques sont bien délirants.
Par Raton-Laveur le 07 mars 2005, 23:23 - Jeux vidéo 13 commentaires
05 mars 2005
Pendant ce temps, hors d'Azeroth
- Keul, le code monkey officiel de l'éditotaku, a fort joliment modifié les archives. Elles s'affichent à présent mensuellement, en commençant par le début du mois, et contiennent un aperçu de chaque article avec la catégorie qui lui est attachée. On me fait également remarquer que vous êtes de plus en plus nombreux à utiliser le lien RSS pour savoir quand est-ce qu'un article est posté; n'oubliez pas qu'il y a aussi une version WAP du site, pour celles et ceux qui s'ennuient en cours et pendant les réunions du patron.
-TPS est en train de passer une flopée de films asiatiques; de Kinji "Battle Royale" Fukusaku, de Takeshi "Beat" Kitano (dont Getting Any!) et des deux Kurosawa (Kiyoshi et Akira). Le tout en VO, évidemment. Pour ceux qui ont CanalSat, il paraît qu'ils vont contre-attaquer le mois prochain.
-L'épisode 5 de Welcome To The Scene vient de sortir. Cékoidonc? C'est une mini-série de courts-métrages en libre téléchargement, narrant l'histoire d'un groupe de distributeurs pirates de films récents en divx. C'est particulièrement mauvais, mal raconté, mal filmé, dégoulinant de niaiserie. A chaque épisode, on voit l'écran d'un ordinateur, et son utilisateur est montré dans un coin de l'image. Ainsi, pendant 20 minutes, le gars tape sur son ordi, ou dit à ses potes sur IRC d'attendre un moment pendant qu'il répond à sa môman sur son téléphone. Et c'est vraiment navrant: notre pirate (qui a beau avoir des terabits de divx, n'a que 5 MP3 différents dans son iTunes) rippe des DVDs, négocie leur vente avec des asiatiques sur ICQ, et son bureau de Windows XP est d'un bleu uni à se tirer une balle. Ses interlocuteurs sont devins (ils tapent une réponse AVANT que le gars tape sa question!), les dates des emails reçus ne correspondent pas, le sponsor de la série apparaît subrepticement quand le personnage principal va surfer sur son site. Cet épisode 5 suit un autre membre du groupe - joué par un très mauvais acteur qui ne bouge même pas les doigts quand il tape sur le clavier, et je ne crois pas avoir vu quelque chose d'aussi chiant depuis "le Projet Blair Witch" (les deux films hein, pas de débat). Pourquoi je le regarde alors? Parce que les p'tits gars d'eMule ont vu que cette série était en provenance directe mais discrète de chez sony. On sait donc que nos téléchargeurs du dimanche vont finir enfermés dans la cellule de Jojo la Savonette; mais franchement, quitte à vouloir dissuader les pirates, ça aurait cassé trois pattes à un canard de faire quelque chose d'intéressant à regarder? Regarder un loser taper sur son clavier pendant 20 minutes, est-ce vraiment la méthode pour inciter les gens à payer pour aller voir Catwoman?
-Deux semaines après mon reportage chez GameFAN, les infos sur le prochain numéro viennent d'être officialisées. Les buralistes de France et de Navarre, harcelés par les gamefanboys qui ne voyaient pas arriver de n°9, ont dû les forcer à cracher le morceau.
Demain soir à 21 heures, session IRC comme tous les dimanches. Passez par #editotaku@irc.worldnet.net si vous aimez les vidéos pondues par de grosses multinationales capitalistes, ou tapez votre pseudo dans le menu à gauche si vous aimez les choses simples.
Par Raton-Laveur le 05 mars 2005, 23:15 - Général 4 commentaires
03 mars 2005
Chroniques de World of Warcraft, finale
Je n'ai pas joué à World of Warcraft depuis trois jours. Avouez que pendant une période d'essai de 10 jours, c'est un peu con. L'avantage, c'est qu'en laissant mon perso reposer aussi longtemps, il a vite récupéré plein de points d'expérience, et paf, level 17 vite fait. En relisant mes rapports de nuits passées sur le jeu, on voit bien que mon opinion glisse irrémédiablement. "Glissement", dans le sens qu'on a profité, entre deux contes d'Azeroth, pour réfléchir sur les jeux massivement multijoueur: ont-ils une fin? un but? un avenir? Mais également "glissement" dans le sens que l'enthousiasme n'est pas vraiment parti crescendo.
Qu'est-ce qui aura eu raison de mon plaisir? La vaste futilité de jouer un jeu qui n'a pas de fin, qui n'est qu'une vaste session IRC dont les membres ne suivent même pas la règle de "jouer un rôle" , et qui n'a pas de but non plus. Un univers incroyablement figé, aux maîtres de jeu portés disparus et aux personnages Non Joueurs qui ne sont que des robots vendeurs ou distributeurs de quêtes. Aux ennemis stupides, vulgaire chair à canon existant dans le seul but de masser votre ego dans le sens du poil. Même si WoW a des règles simples et efficaces, il n'innove rien - bien au contraire, il semble parfois en retard sur ses concurrents. Payer tous les mois pour ça? Non merci.
Avant de fermer mon compte, autant faire en sorte que le temps passé dessus (1 jour, 8 heures et 30 minutes environ) n'aura pas servi à rien. J'espère avoir fait ma part des choses pour encourager les joueurs à respecter le RolePlay, sur le seul serveur RP français, Kirin Tor. Si vous avez un personnage dessus, voilà ce que vous pouvez faire: demain soir à 21 heures, vous rendre à Ratchet, le village gobelin (et pas orc, merci Choucroot) en bord de mer. On peut y accéder aisément par son port ou les chemins des Barrens (qui sont sûrs tant que vous restez sur les sentiers), on y trouve une banque, et il est à côté de la Croisée des Chemins (qui dispose d'une voie aérienne). Rendez-vous sur le ponton.
Je distribuerai mes armes, mes objets et mon argent. Pas de quoi casser trois pattes à quelqu'un qui serait niveau 20 ou plus, mais vous pourrez sûrement en tirer un bon prix, équiper un nouveau personnage, ou faire des heureux dans votre guilde avec tout ça. Au menu, il y aura environ:
-1 pièce d'or, 63 pièces d'argent, 24 pièces de cuivre,
-une canne à pêche et une verroterie brillante,
-un oeil ténébreux,
-une pierre de foyer (ça sert à quelque chose d'en avoir deux?),
-un bouclier "targe en bois", protection 282, blocage 3, durabilité 55,
-pas loin de 50 morceaux de lin,
-5 élixirs de force du Lion,
-3 potions de sang de Troll faible,
-des gantelets, des bracelets, une ceinture et une veste en mailles entrelacées, respectivement d'armure 105, 60, 83, 136 et de durabilité 30, 25, 30, 75,
-divers objets de quête et autres menus gadgets (bandages en lin, bouffe, etc),
-des armes, mais comme pour les armures déjà citées, je ne sais plus ce qui est lié ou pas. On jugera sur pièce.
Ca sera simple et funky. A demain soir!
Par Raton-Laveur le 03 mars 2005, 22:35 - Jeux vidéo 17 commentaires
01 mars 2005
Le monde merveilleux des conventions d'animation japonaise, édition 2005
Et Japan Expo? Bah, je me contente des résumés. Je pourrais aussi vous raconter les origines de JE, née après avoir fait un enfant dans le dos d'Epitanime (ça ne vous étonne pas de voir qu'en 2000, Epitanime se nommait Japan Expo?), mais c'est pas le genre de la maison. Je ne sais pas si vous vous souvenez du mot fondateur de l'association Tsubasa (qui organise les activités de la plupart des conventions françaises): ils ne veulent plus qu'on reparte en se disant "j'ai acheté plein de DVD et de goodies" mais "je me suis bien amusé". La Japan Expo, ça reste, année après année, un supermarché organisé par Manga Distrib' avec des cosplayeuses sur une scène pour divertir les fauchés et de nombreuses activités pour masochistes: files d'attente avec tirage au sort pour des autographes, avoir à repayer si on veut y retourner après être allé manger, et mêlée de rugby permanente dans tous les couloirs pour avancer un peu. Si seulement j'arrivais à me souvenir où j'ai rangé ma combinaison en cuir, mon fouet et mes chaînes, je serais déjà en train de faire la queue pour avoir la chance de vivre ces expériences impérissables.
Sauf que l'attente ne serait pas que de quelques mois, à l'instar de ces bossus qui sont déjà avec thermos et sacs de couchage devant les cinémas pour Star Wars Episode 3. Elle serait de plus d'un an, pour l'édition 2006. Vous le savez tous depuis des mois, puisque ce n'est qu'un secret de polichinelle: Japan Expo 2005, vous la prenez, vous la roulez, et vous vous la carrez derrière l'oreille. Tout le Wired est déjà au courant depuis des mois, chaque source ayant gentiment demandé de ne le répéter à personne. On a donc eu en janvier des "rumeurs" sur Nihon-Fr, suivies d'un démenti alors que ça sentait déjà le sapin, divers messages sur tous les forums que je préfère ne pas lier ici (déjà qu'ils ne m'aiment pas chez Uso, on va pas empirer les choses), pour finir en apothéose sur le communiqué officiel tout rose et tout mignon. Oui, l'inspection du travail leur a rendu visite, et "aucune suite n'a été donnée à cette affaire", tout va bien madame la Marquise. Pourtant on déplore - entre autres - un tout petit rien: l'organisation fondatrice Jade ferme boutique et est remplacée par une nouvelle association, vierge comme la Marie, créée par un ancien responsable des relations humaines. Inutile aussi de vous parler des liens entre l'éditeur IDP et Japan Expo, c'est pas le genre de la maison non plus - et les gens du gouvernement ont l'avantage sur moi d'être payés pour creuser tout ça. Donc, retour en 2006 à Paris Nord, Villepinte, deux étages, (plus habitué à voir défiler des expositions d'armes de destruction massive), nouveau président, nouvelle assoce tout ça. Clair comme de l'eau de roche, je vous dis.
Donc, que reste-t-il comme conventions dans les grandes villes? D'après les Nuls, Stéphanie (de la principauté avec le circuit de Formule 1) aurait déclaré: "j'ai un pied à Paris et un autre à Monaco"; et Bruno Carette d'ajouter: "on plaint les lyonnais". On les plaint d'autant plus que Bakamanga 2005, là aussi, vous vous la taillez en pointe et vous vous la mettez où je pense. Mais bon, parler de Lyon, c'était juste pour faire une transition. Le Cartoonist? Après avoir avoir giclé de Toulon, après le triomphe de l'alliance avec Paris BD, Olivier Gilbert, l'homme qui ne peut plus mettre un pied dans un studio d'animation japonais depuis qu'il a vendu ses dédicaces sur eBay et qui est actionnaire dans Japan Culture Press (éditeur de GameFAN), tente d'aller à Marseille.
Et oui: à Paris, il ne reste plus qu'Epitanime. Eux, ils savaient depuis décembre que Japan-Expo 2005 était six pieds sous terre. Mon intuition féminine m'a toujours conseillé de me fier à la première impression, puisque c'est généralement la bonne. Vous savez quoi? Lorsque les organisateurs de la convention qui a fait 6321 visiteurs ("et un raton-laveur", dixit les orgas) en 2004 ont appris que la convention qui a fait 41000 visiteurs la même année allait se mettre au vert pendant un an, leur première impression a été: "on est dans la merde". Bonne pioche.
Epitanime 2005: ça n'a même pas commencé et ça va déjà éclater tous les records de fréquentation. Première idée: réduire la publicité à son strict minimum: le Web, les magazines spécialisés, quelques affiches - l'obligation de promotion de l'évènement, est stipulée dans le contrat avec les exposants. Les préventes (le "risque de forte affluence" sera d'ailleurs précisé dès cette étape!) serviront à prendre la température, mais des places au guichet seront toujours disponibles. L'équipe cogite sur des moyens de plaire au public JE, plus "mainstream", sans trahir le côté "hardcore" d'Epitanime. Comme il n'y a plus de lundi de Pentecôte, la convention ne durera que deux jours (de vendredi 27 mai en soirée jusqu'au dimanche 29). Des exposants qui devaient être présents à JE2005 sont déjà en train de voir avec Epita pour négocier une place. Et elles seront rares et limitées en taille, cette année: gros filtrage à l'entrée, les amateurs doivent "prouver la qualité de leur production" et les professionnels seront, ô joie, tenus de garder le HK (les fameuses contrefaçons) à la maison. J'attends cependant d'avoir des détails sur ce point, puisque Konci était en 2004 le principal partenaire de la convention - le voyage au Japon, premier prix du cosplay, c'était eux. Ils avaient gardé les DVD Zone 0 à la maison, mais ne s'étaient pas privés pour les CD audio et autres figurines. C'est encore organisé à 50-50 avec l'asso Tsubasa (aucune collaboration avec l'équipe de JE n'est envisagée), ils font de leur mieux pour avoir un écran à l'extérieur et relancer le karaoke en plein air (qui s'était fait porter pâle en 2004 par manque de budget), et tout le monde est sous pression. Ca va être une année bien chargée, et personne n'a envie de se taper une surpopulation genre Japan Expo 2004 en version Epitanime 2005. Surtout quand on n'arrive pas à retrouver sa combi cuir avec fouet, chaînes, tout ça.
Bon courage.
Par Raton-Laveur le 01 mars 2005, 04:49 - Japanime 30 commentaires
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