19 juin 2005
Futile (suite)
- Et toi raton, qu'est-ce que t'as ramené de la tanime ?
- Pas grand chose, j'étais trop occupé à être partout... Quelques mangas et DVD, dont celui de GunBuster qui était chez Beez. Depuis le temps qu'on l'attendait !
- Ah ? Pourtant les critiques de cette édition sont pas vraiment positi-
- GunBuster. En DVD. Zone 2 Euro.
- Oui mais le dévéd-
- GUNBUSTER... EN DVD !
- Okay, okay.
Je jette un regard paresseux sur ma gauche, et perds un mètre en quelques dixièmes de seconde. Je me suis accroupi plus vite que n'importe quel héros de jeu vidéo 8-bits (qui étaient pourtant capables de se baisser en une seule image, donc allez comprendre le sens de cette phrase. L'apparition d'une image supplémentaire dans l'animation pour s'accroupir dans Dick Tracy sur Mega Drive, où l'on voit le détective en jaune plier ses genoux, reste une étape importante du jeu vidéo). Un abruti profond qui me connaît vient de rentrer dans la boutique et je préfèrerais me faire pénétrer à sec par un taureau robotisé et programmé par un auteur de jeux hentai que de devoir répondre à ses interrogations profondes sur la meilleure configuration de touches pour jouer à Pong. Merde, il se dirige par ici, faut se déplacer dans un autre rayon. Imaginez un rhinocéros mimant la félinité de la panthère Dulux Valentine et se déplaçant comme un lapin, et vous avez une bonne image du raton-laveur fuyant un âne (ou une scène de l'Arche de Noé inconnue jusqu'alors, c'est à vous de voir). Je cours donc accroupi et traverse le rayon des CD audio. Il y a là deux femmes, dont une dans un fauteuil roulant. La dame valide me pointe du doigt en disant à son amie handicapée "regarde, regarde !", et je les entends se marrer. Arrivé au rayon des jeux vidéo pour console, je risque un regard en chien de prairire par-dessus l'étagère : mon lobotomisé est en train de loucher sur la boîte PC de 7 Sins. Si les gens étaient un logiciel, ce type serait le bug de l'an 2000. Tiens, dans la vitrine Mega Drive, il y a toujours ce Shining Force boîte-et-notice-très-bon-état qui me fait de l'oeil depuis des mois. Un regard sur l'étiquette : le prix correspond au chèque que m'a versé un magazine de jeux vidéo. Bon, soit je le dépense maintenant, soit je l'investis dans quelques mètres de ruban en soie à la mercerie du coin pour perfectionner mes techniques de bondage... A Dieu va : poussière, tu redeviendras poussière, et jeu vidéo, tu redeviendras jeu vidéo. J'attrape la boîte, et meeeerde, voilà l'autre con qui arrive. Inutile de moisir ici ; en chemin, un copain vendeur discute avec les deux femmes, qui rigolent à nouveau devant mon imitation de Sam Fisher. En me voyant passer, il leur dit : "il est en spectacle à la fin du mois, vous savez". Revenu au rayon PC, Raikoh est en train de changer la playlist des vidéos de démonstration qui tournent sur les ordinateurs : comme ça fait deux mois qu'il faisait tourner en boucle Indigen et la bande annonce de Killer 7, c'est franchement pas trop tôt. Il faut dire que le temps s'est un peu arrêté pour lui ; au moment où j'avais pondu mon article sur sa carrière, il venait d'acheter deux boîtes de World of Warcraft. Une pour sa copine camée à Final Fantasy XI, et une pour lui qui n'a jamais touché à un MMO avant celui-là. Alors qu'il est axé rétro, import, SNK, ps2, il n'a touché à aucun autre jeu depuis - et ça va quand même faire trois mois. Flippant. Enfin, pas pour lui : il est en train de raconter la faramineuse économie de fric que ça représente, payer pour l'abonnement d'un jeu au lieu d'en acheter plein tous les mois. Au fond, il a raison : le poison s'infiltre plus lentement et plus profondément, on le sent moins... Qui sait combien de temps ça durera.
"Au fait", dit-il, "j'ai un truc à te dire, téléphone-moi dimanche soir". Ah oui mais non, j'ai une session IRC hebdomadaire sur #editotaku@irc.worldnet.net, et ça commence à 21 heures (ou 21h30, on est pas sectaires). Tu peux aussi venir en mettant ton pseudo dans la case à gauche si t'as pas de client IRC. Derrière moi, l'erreur de la nature s'en va. Je passe à la caisse, vaguement convaincu que ce genre de tranche de vie n'a pas de place dans l'édito (z'avez qu'à passer ce soir pour donner votre avis). Si ça se trouve, je l'ai déjà, Shining Force.
Par Raton-Laveur le 19 juin 2005, 14:15 - Général 2 commentaires
18 juin 2005
Futile
- Tu peux me citer un seul anime des années 90 qui n'a pas eu droit à un jeu vidéo ? Quand Igo m'a dit que même Sakura Tsûshin, adorable série d'OAVs s'il en est mais quand même loin de déplacer les foules, avait eu droit à son adaptation sur Saturn, les petites voix dans ma tête qui me suggèrent de tuer des gens au hasard dans la rue se sont écriées "WTF ?!"
- C'était à la mode, hein ?
- Pire que ça. Sega enchaînait les titres à licence sur sa 32 bits et la qualité était régulière : c'était forcément de la merde.
- Ca y est, t'as enfin trouvé quelque chose que Sega fait mal !
- Hmmhmm. Mais il y en a eu tellement que c'était manifestement fait à la chaîne... Dans les quartiers généraux de Sega à l'époque, ils devaient avoir un formulaire pour ça à l'accueil.
- La réceptionniste connaissait son texte comme une employée de l'ANPE : "Remplissez le questionnaire, renvoyez-le sous huitaine avec l'intégrale de votre anime en cassettes Beta, les coordonnées des seiyuus ainsi que les artbooks et publications dans Newtype en deux exemplaires".
- Sega fournit le jeu en un mois... ou vous rembourse !
- A part dans quelques cas comme un quiz Ah! My Goddess, il s'agissait toujours de digital comics : images fixes, dialogues parlés, et les renseignements généraux sont toujours en train de chercher le moindre intérêt à ces produits.
- Ils ont envoyé des agents dans les bureaux de Sega, mais ces derniers mourraient étranglés par un câble de manette Saturn juste avant de trouver la salle où on forçait les programmeurs à travailler sur ces titres. Les cadavres servaient d'incubateurs à des oeufs monstrueux qui ont engendré des créatures nommées Driss - ou un truc dans le genre, ma mémoire me joue des tours.
- (regarde l'écran) c'est vrai qu'on a affaire à un digico comme les autres... On choisit un membre de l'équipage du Nadesico, une discussion s'ensuit, un choix à faire de temps à autres, répétez l'opération. En fin de chapitre, scène de baston où l'on doit simplement entrer une combinaison pour taper ou contrer.
- L'action déclenche une vidéo pompée de l'anime où l'on voit notre Aestivalis en action. Sauf que ladite scène est au format timbre-poste et n'a aucune continuité ; faut pas s'étonner si on voit le robot sur une route en asphalte alors qu'on est au milieu d'un combat dans l'espace !
- Ils nous avaient déjà fait le coup avec les jeux Eva, Kôtetsu No Girlfriend : les scènes (mal) animées pour les besoins du jeu se mêlaient à des extraits de l'anime, et pas toujours de manière très heureuse... J'ai cessé d'y jouer quand j'en ai eu marre de compter le nombre de fois où le sac à dos vert de Shinji apparaissait ou disparaissait d'un plan à l'autre.
- Mais pourquoi ils continuent à les sortir, alors ?
- Déjà, à l'époque, ça faisait office de DVD bonus, un produit comme un autre autour d'une licence... Mais aujourd'hui, c'est réservé aux petits animes ou aux comédies sentimentales, les autres ayant droit à de "vrais" jeux où l'on ne drague pas les persos de la série - mais toujours pourris, faut pas rêver.
- Ca explique pourquoi ils ne sont jamais traduits, même quand l'anime est connu ici... Enfin, sauf s'il s'agit d'un jeu de baston.
- Après tout, pourquoi traduire un jeu où il est déjà question de langues ?
- Et surtout, ces digital comics s'adressent aux otakus en phase terminale : l'éternel fantasme de peloter Yurika ou Megumi, garanti zéro contact avec des étrangers.
- C'est vrai qu'en inversant la question, les seuls digicos qui ont été traduits sont à caractères explicite (au secours ! Une femme avec des cheveux bleus essaie de me tuer en m'étouffant. Appelez la poli-mmmffff).
- Le genre est loin de disparaître, puisqu'il s'adresse au salaryman ou à l'otaku frustré. Difficile de faire attention au gameplay quand on joue avec une main.
- Et quand il n'y a pas de cul ?
- Alors c'est vraiment à prendre comme un "livre dont vous êtes le héros" de luxe. Sauf que c'est généralement importé à des prix abusagés, donc toujours hors du spectre occidental. (une pause, puis : ) Quand même, c'est atrocement futile.
- Futile ?
- Ou inutile, comme tu veux.
- Ah, parce que ça existe, les jeux utiles ?
- D'accord, je me suis mal exprimé. Du point de vue vidéoludique, les digicos ne valent rien : pas besoin d'intelligence, de réflexes, de stratégie, rien. On est juste une machine à faire défiler le texte, et il suffit de toujours parler à la même personne pour avoir une fin précise. On l'a dit, les gens qui achètent ça s'en foutent, mais quand même, on a connu mieux pour faire passer une après-midi.
-Alors, on joue à quoi ?
Par Raton-Laveur le 18 juin 2005, 00:00 - Jeux vidéo aucun commentaire
15 juin 2005
Astuce à deux balles
Je ne vois pas pourquoi je vous parle de MMORPG après avoir défini ce genre comme l'équivalent d'une injection d'endorphines non diluées. Peut-être que c'est parce que les gens aiment ça, au fond. Et puis bon, j'ai pas touché à Ragnarok depuis, pfouuu, le début de l'éditotaku - qui fête son anniversaire la semaine prochaine. Message subliminal. Ou pas.
Par Raton-Laveur le 15 juin 2005, 22:42 - Jeux vidéo 15 commentaires
13 juin 2005
Yoshi's Universal Gravitation
La Game Boy Advance reste une valeur sûre pour Nintendo. sony ne bouffera jamais la cible des jeunes aux bourses pas encore développées avec des consoles à 250 € et des vidéos pornos, et Nintendo le fait bien comprendre avec le Game Boy Micro.
Sûrement que j'ai pris Yoshi's Universal Gravitation pour tromper l'attente de WarioWare Twisted, encore retardé parce que les cartouches à gyroscope ne tombent pas du ciel. Ca me rappelle la manette Microsoft Sidewinder à gyro ; dans un temps où l'on avait qu'un seul stick analogique, on se disait qu'on tenait une autre façon d'ajouter une fonctionnalité. Par exemple, le pad était fourni avec Motocross Madness 2, et l'on imaginait : je tourne le guidon avec le stick et je gère le transfert de masse en penchant le personnage dans les virages avec l'inclinaison de la manette. Vous avez bien vu le conditionnel dans la phrase précédente, puisqu'évidemment, ça ne se passait pas comme ça. On jouait avec l'inclinaison ou avec le stick, mais l'un n'ajoutait rien à l'autre. Comme toutes les bonnes idées, c'était arrivé trop tôt... mais avec le logiciel très perfectionné fourni avec le pad, il y a moyen de s'amuser avec ce gadget, par exemple en mettant les boutons de tranche de vos manettes sur l'inclinaison gauche et droite ; hop, je dérape dans les virages de Mario Kart en penchant le pad, hop je fais des roulades dans StarFox, je tourne la caméra autour du perso dans un jeu à la troisième personne. Je rêve tout haut, hein - mais ce gimmick peut avoir du potentiel. Et après on se demande pourquoi la fonctionnalité ultra-secrète du pad de la Revolution ne serait pas un bête gyroscope...
Dès qu'on lance Universal Gravitation, on a un goût amer dans la bouche : le même avertissement pour la santé qu'au démarrage de la DS, le logo Artoon (mais si, les auteurs de Blinx sur Xbox), une intro sous forme d'images de synthèse en NURBS tout moches indignes de Donkey Kong Country. Bon d'accord, c'est Yoshi et ils ont déjà utilisé ce style graphique dans Yoshi's Story sur N64, mais c'est vraiment hideux ; pourquoi ne pas reprendre le style crayonné cher à Yoshi's Island ? En fait, le scénario est repris de l'opus N64 : l'île des Yoshi réduite à l'état d'un livre. On regarde l'intro, et là, c'est le drame : une faute de conjugaison. Là, ici : "un tout petit esprit apparu devant lui". Dans un jeu Nintendo, rien de moins. Tout fout le camp.
Séquence de calibration du capteur de mouvement : on tient normalement la console, on l'incline de 20° sur la droite, de 20° sur la gauche écétou. Même pas la tête à l'envers ? Non : le seul mouvement reconnu, c'est un peu à gauche ou un peu à droite. On réalise vite que même si c'est l'angle de rotation de la console qui est pris en compte (à savoir, vous tournez l'écran devant vous, le point de rotation étant l'écran), c'est sa position dans l'espace qui est prise en compte (autrement dit, vous penchez toute la console, la rotation étant autour d'une droite au centre de la GBA. C'est pas clair, je sais, désolé). En pratique, ça change quoi ? Au lieu de "suivre la règle" en tournant l'écran, on tourne la console, parce que c'est plus "naturel". On a inconsciemment penché nos manettes pendant des années en sautant avec Mario, dans les virages des jeux de ouatures, en se prenant une bastos dans Halo 2. Alors on fait pareil avec la GBA et... on ne voit plus rien, parce que l'écran est au milieu de ladite manette : pour le suivre, il faudrait pencher tout le corps d'un côté ou de l'autre, et à défaut de passer pour un con (les derniers morceaux d'amour-propre sont partis avec les calories dans Dance Dance Revolution ou avec le porte-monnaie dans d'autres jeux), on manque de tomber de sa chaise. On est également amené à anticiper le jeu avant de le quitter pour quelques instants ; Yoshi est face à un pendule ? On sait qu'il va falloir balancer la console pour aller plus haut. Donc on fait sauter Yoshi sur la boule, et on dorlote la GBA : l'écran est penché à gauche donc on voit rien, il repasse devant nous et on voit que Yoshi n'est pas assez haut, l'écran est penché à droite donc on voit rien, il repasse devant nous et c'est bon, on saute et on continue son chemin. Mouais. Pour inverser ce que j'imaginais sur l'utilisation de pads gyroscopiques, on se dit que son utilisation aurait pu être remplacée sans problème par une simple pression des touches L et R (d'autant plus qu'elles sont inutilisées dans ce jeu).
L'autre problème, c'est vraiment la réalisation : graphiquement, les personnages sont trop petits pour être sympathiques (même les scènes de "morphing" de Yoshi prenant la forme de divers véhicules sont réduites à un ridicule interlude même pas morphé), la musique est si enfantine qu'elle aurait davantage sa place dans une production uniquement pour enfants (quoi qu'on en dise, l'univers de Mario reste universel pour les âges). Les niveaux sont très courts - comptez deux grosses minutes pour passer les quelques scènes qui les composent, un peu comme dans KuruKuruKuru^13 Kururin. On doit juste comprendre comment utiliser le gyroscope pour avancer, et considérant qu'il n'a que trois positions, pas besoin d'avoir le bac. Pire, on trouve même certains éléments douteux qui feraient tiquer le "canon" de Yoshi. Par exemple, quand il se gonfle pour flotter quelques instants, il serre les dents. Mettez-moi en communication avec Gala, Voici et le reste de la presse à scandale, c'est une révélation pour les fans de Nintendo ! YOSHI A DES DENTS ! C'est une aberration scientifique aussi importante que le nombril du Marsupilami (qui est ovipare) ! Sachant que les Yoshis gobent leur nourriture, à quoi bon ? Les ennemis qui ressortent dans des oeufs se sont-ils pris quelques coups de dents au passage ? Pikachu serait-il encore plus idiot depuis que je l'ai bouffé (et grignoté ?) à répétition dans Super Smash Bros ? Nintendo ne fait-il même plus attention à ce que ses personnages deviennent quand il les confie à des studios extérieurs comme c'est de plus en plus le cas ? Ces versions successives, différentes mais officielles en deviennent dérangeantes : quelle est la vraie équipe Star Fox, le Nintendo / Rare, le Rare dans SF Adventures ou le Namco dans SF Assault ? Ces terrrrifiantes interrogations dignes de l'otaku légumisé et salivant que je suis laissent aussi entrevoir la direction que prend Nintendo avec ses licences. Avant, on achetait du Mario ou du StarFox parce que c'était un gage de qualité, un jeu testé dans tous les sens pour assurer un gameplay aussi ferme qu'une chair de bébé bien cuite. Maintenant, Nintendo vend du Mario ou du StarFox parce que c'est du Mario ou du StarFox. Mauvais karma.
Vous vous souvenez de Kirby Air Ride ? Non ? C'est normal. Il s'agit du premier des trois seuls jeux GameCube jouables en LAN (avec 1080° et Double Dash), un jeu de course à un bouton sorti à la va-vite pour vendre des adaptateurs réseau en prévision de Double Dash qui se faisait désirer. Yoshi's Universal Gravitation, c'est pareil : il est là pour rappeler que Nintendo avait des gyroscopes en réserve depuis l'époque de Kirby Tilt'n'Tumble et faire patienter en attendant un Wario Ware Twisted qui se fait désirer. Merde, je suis tombé dans le piège.
Par Raton-Laveur le 13 juin 2005, 16:20 - Jeux vidéo 4 commentaires
12 juin 2005
Juste pour la forme
Par Raton-Laveur le 12 juin 2005, 21:00 - Général aucun commentaire
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