27 août 2005
Oh putain Goldorak est mort
Rukawa, de chez manganimation.net, est quelqu'un d'incroyablement calme et posé tout en ayant exactement le même ton de voix bien boiseux que le chanteur Freeman du groupe Iam. Oui, c'est un fait parfaitement paradoxal et inutile. Rukawa donc, m'a demandé de résumer l'Affaire Goldorak. Pas celle-là, l'autre.
Voyez-vous, chers lecteurs, c'est bien simple. Comparons avec un autre mystère de ce monde : le petit trou sur le corps des stylos Bic. En fait, cet orifice existe pour que l'air rentre à l'intérieur au fur et à mesure que la cartouche se vide, afin de garder une pression constante pour que l'encre coule correctement. Simple non ? Bon, ben l'affaire des droits de Goldorak, ce n'est pas ça du tout. C'est un beau bordel qui est en train de dégénérer en pugilat des familles.
Tout commence il y a quelques années. Go Nagai, auteur des aventures de Grendizer, est en conflit avec la Toei au sujet de sa série. Cette bisbille coince les négociations hors-Japon pour les licences. Finalement, le problème est réglé. Arrive alors une autre histoire, purement française celle-là : la boîte de Go Nagai, Dynamic en l'occurence, a les droits de la série... mais c'est AB Productions qui a les droits du doublage français. Compte tenu du public exclusivement nostalgique (*) susceptible d'acheter ces foutus DVD, impossible d'envisager un nouveau doublage.
Pourtant, on voit les DVD mis en vente sur Manga-Distribution, édités par Déclic Images, un autre éditeur qui vient mettre son grain de sel. Comment ont-ils eu les droits ? En tout cas, Dynamic ne sait pas. Tellement pas en fait, qu'ils ont carrément envoyé une lettre de menaces à Déclic Images (j'aime bien l'ultimatum fixé au 23 août alors que le message est daté du même jour). Suite à ce petit mot d'amour, certains magasins - dont la Fnac - ont retiré le coffret de leurs linéaires. Une lettre de menaces; même les vendeurs de HK n'ont pas droit à un tel honneur. Evidemment, le tout va se régler devant la justice, mais les DVD n'ont pas disparu du site de Manga Distrib'.
Vous avez compris ? Bien, c'était tout ce qu'il fallait savoir. Si par je ne sais quelle prédisposition masochiste, vous tenez à avoir droit à toute l'histoire, allez ici.
(*) Dire que ma toute première VHS de japanime était 2 épisodes de Goldorak... Je ne savais même pas lire le titre sur la boîte. Je devais avoir environ 3 ans. Elle est toujours dans le coin et elle fonctionne parfaitement.
Par Raton-Laveur le 27 août 2005, 23:56 - Japanime 8 commentaires
25 août 2005
Kanpai-Net.com VS Raton-Laveur.net
Ce soir, il a accepté cette invitation, qui attendait donc depuis cinq fucking mois qu'on clique dessus. Peut-être que c'est de ma faute, me suis-je dit, peut-être qu'ils sont au courant du honteux petit secret que je partage depuis si longtemps avec le curé du village, peut-être que mon don consistant à pouvoir vomir par la seule volonté de mon esprit doit les déranger... En tout cas, il aura fallu que Gael traverse la frontière pour rendre visite à son complice pour qu'il accepte "finalement" de jouer - hé oui, ils ne se sont que très rarement rencontrés en vrai. Si vous les imaginez comme deux otakus ayant peur du monde extérieur, rassurez-vous : moi aussi.
On commence par quelques parties d'Outrun2, puis on passe à la viande - enfin, façon de parler... Pour éviter les excuses de sacs, j'ai même acheté Dead or Alive Ultimate spécialement pour ce soir (il pourra sûrement servir pour d'autres nuits d'hiver, vu l'usage de DOA3 en ces lieux) afin d'avoir la même logithèque Live que mon copain suisse. Juju avait parlé dans son article de "l'accueil relativement froid de joueurs que je semblais profondément déranger par ma simple présence", et pour cause :

Il n'a joué qu'une seule partie sur le Live. Yay. Ceci dit, il connait le jeu en solo : plein de costumes, niveaux et persos débloqués, on voit qu'il tâte le système de jeu. Gael et Julien se passent la manette, on discute de tout un tas de choses, on fait une pause pour que je puisse taper ça. Je veux pas frimer, mais...

Cinq mois que j'attendais ça.
Par Raton-Laveur le 25 août 2005, 23:58 - Jeux vidéo 6 commentaires
23 août 2005
Dream Land
Ils sont gentils, dans ma crèmerie à mangas : les gérants ont voulu faire en sorte que leur magasin soit également un lieu de rencontres pour autre chose que des otakus en phase pré-terminale dans mon genre. Et ça marche - si vous considérez que voir des cahiers entiers de dessins ou des pâtisseries faites maison laissées en offrande par des clients inspirés et/ou reconnaissants soit un signe de réussite. L'équipe a aménagé leur sous-sol pour y organiser des sessions d'écoute de Visual Rock, des leçons de cuisine nipponne, des parties de Dance Dance Revolution et des cours de manga. Ces derniers sont dirigés par trois garçons pleins d'avenir : Salim, Reno et son cousin Romain. Oui, ce sont des "mangakas français", un contresens tellement aigû qu'il me donne de l'urticaire, mais pour une fois que je vous tiens la jambe avec des représentants de cette espèce, on peut sortir la pommade et prendre son mal en patience jusqu'à la fin de ce texte. Ca a commencé par des après-midi consacrés au storyboard - dessin - encrage - patatipatata, ça continue par la création d'un fanzine réunissant leurs travaux, et c'est pas près de s'arrêter tellement leurs élèves sont doués (c'est le travail de Ketsu sur la photo, qui a aussi fait un logo pour l'éditotaku). Ces jeunes gens ont réalisé un premier manga dénommé Fantasian Saga : Salim et Reno étaient tous deux scénaristes et dessinateurs, Romain a toujours été leur "assistant" - ce qui ne l'empêche pas de nourrir une inquiétante passion pour le mecha design et les portraits bizarres. Partis présenter leur travail à Angoulême, c'est finalement un projet plus personnel de Reno qui fut retenu par un éditeur. Ca s'appelle Dream Land, vous êtes autorisés à admirer les illustrations en couleur (y a-t-il vraiment besoin de préciser qu'ils répondent "One Piece" en premier et en choeur quand on leur demande leurs influences ?), et ça commence aujourd'hui même dans Shonen Collec'. En fait, ça fait des mois que je piaffais d'impatience de vous en parler, mais même quand l'annonce a été faite par Pika, j'ai attendu la parution pour aborder le sujet - question de promotion ou un truc dans le genre.
Bonne nouvelle : Dream Land remplace le déplorable Negi Ma. Mauvaise nouvelle : ce dernier étant le chouchou actuel des lecteurs du magazine, l'annonce a été mal reçue par les fanboys d'Akamatsu. Les précédents auteurs occidentaux parus dans le magazine de Pika n'ont pas été très bien reçus dans les sondages consécutifs - savoir si c'est une question de qualité ou de nationalité est une question que je préfère ne pas me poser. Reno and co n'ont pas l'intention de devenir le fier étendard du manga à la française, ce qui ne les empêche pas de sentir la pression... Salim et Romain font office de "consultants" pour Dream Land ; si la mayonnaise prend avec le public, ils espèrent continuer Fantasian Saga sous forme franco-belge, avec les couleurs et tout ce qui va avec. Et franchement, c'est tout le bien que je leur souhaite - ça me fera lire autre chose que du Larcenet, du Trondheim et du Sokal en matière de bédés. Gentlemen, bon courage à vous !
Par Raton-Laveur le 23 août 2005, 00:04 - Japanime 8 commentaires
21 août 2005
La semaine en accéléré
2) Face à la montée du prix du pétrole, les concessionnaires automobiles français décident de proposer une option sur toutes les voitures vendues sur le territoire : vous pouvez avoir votre bagnole pour 25 % moins cher si vous acceptez de ne pas avoir de siège, de toit, de pneus et de volant. Personne n'accepte cette idée tordue, préférant avoir une voiture fonctionnelle... Mais Microsoft trouve l'idée géniale et s'en inspire en vendant sa Xbox 360 25% moins cher à ceux qui acceptent de ne pas avoir de XboxLive, de manette sans fil, de câble haute-def', de télécommande, de coque faciale pas trop fade. Quand on sait que le slogan est "always on, always HD (ces initiales ayant le double sens de "Hard Disk" et "High Definition"), always customized", il y a de quoi se gausser.
3) Encore un éditorial sur le site orange. J'aime bien l'angle artistique de la photo illustrant l'article et mon bordel.
4) Dimanche soir ? 21 heures ? Session IRC hebdomadaire ? Bonne idée ! Venez sur #editotaku@irc.worldnet.net ou entrez un pseudo dans la case sur le menu à gauche. Il paraît qu'on mangera du poulet au gingembre.
Par Raton-Laveur le 21 août 2005, 19:59 - Général 4 commentaires
19 août 2005
The White Chamber
Le "New Games Journalism" est à la mode, au moins pour une raison évidente : on en apprend davantage sur l'auteur. Non pas que ce soit intéressant ou que ça contribue à créer un quelconque Star(t) System, mais parce qu'on sait si on peut suivre son avis. Si l'éditorialiste n'aime pas les mêmes jeux que moi ou méprise ceux que j'aime, je sais que son avis m'importe peu. Or, à travers des articles de NGJ, l'auteur est bien plus enclin à lâcher ce genre d'info (primordiale pour le lecteur, l'importance du joueur-spectateur étant bien plus importante que dans n'importe quel autre art ou média) que s'il était en train de nous faire un inutile rapport graphismes / animation / musique / maniabilité.
Nous parlons ici d'un jeu qui fait peur. Donc, pour savoir si vous aussi vous allez vous pisser de trouille devant votre écran, tentons de shématiser numériquement ce qui m'a foutu la frousse. Si vous avez à peine esquissé un soupir devant des titres qui m'ont horrifié, vous savez que je suis une poule mouillée et que vous n'avez rien à cirer de mon avis - et vice-versa. Le pouvoir des chiffres, ça c'est une invention diaboliquement destructrice de notre civilisation. Donc, sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le plus terrifiant :
- Clock Tower SNES se tape un 10,
- Silent Hill 2 se prend un 2,
- Alien Versus Predator 2 se place entre 6 et 8 selon la campagne (6 pour l'Alien, 7 pour le Predator, 8 pour le Marine),
- Silent Hill obtient un 7,
- D mérite un 4 (6 pour la première partie),
- Super Mario World tombe à 0 (oui, c'est hors-échelle),
- The Harvester monte à 3 (dont un point pour la centrale nucléaire qui ne sert absolument à rien si ce n'est à vous faire tuer),
- Silent Hill 3 tourne aux alentours de 5,
- Phantasmagoria 2 - A Puzzle of Flesh mérite 4 (après tout, le jeu se voulait plus "adulte" qu'effrayant),
- Project Zero me secoue suffisamment pour que je n'ose pas le terminer et mérite 9,
- Eternal Darkness - Sanity's Requiem fait flipper le jury qui lui colle un 8,
- The White Chamber commence à 9 et finit à 7.
Ainsi, nous avons affaire à un projet amateur pondu par une équipe de trois personnes. Tout le travail est très soigné, mais le graphisme garde cette touche "super méga petit budget mais on a fait de notre mieux" ; en même temps, quand l'artiste cite Satoshi Urushihara parmi ses auteurs favoris, le designer Radiant Silvergun dans ses jeux fétiches et le musico les Pillows (Fuli Culi !) comme inspiration, on sait que le résultat ne peut pas être foncièrement mauvais. Tout le jeu doit tenir sur une quinzaine d'écrans, la durée d'une partie tournant entre 1 et 2 heures (pour 4 fins différentes, 2 étant qualifiables de conclusions "violentes" à votre périple). L'ambiance sonore se vaut largement, mais aurait gagné à être plus aléatoire pour surprendre le joueur : rajouter quelques sons balancés sans raison ou couper la musique est une recette qui marche bien plus que quelques fonds sonores en boucle. C'est d'ailleurs le principal reproche que l'on puisse faire à cette chambre blanche, expliquant l'indice de terreur qui descend au fur et à mesure de votre progression : une fois la première demi-heure écoulée, on a bien compris les mécanismes de peur utilisés par les auteurs. Leur principale inspiration est Silent Hill (plusieurs tableaux ont d'ailleurs un grillage en guise de sol !), et certains passages m'ont également remémoré Phantasmagoria 2. Comme on réalise vite que ce sont les mêmes méthodes qui sont réutilisées pour nous faire dresser les cheveux sur la tête, on se blinde rapidement l'esprit. On reste certes vulnérable à un éventuel changement de technique de la part des auteurs, mais ce dernier n'arrive jamais. Pour le scénario (une demoiselle qui se réveille dans une station spatiale aux murs repeints à l'hémoglobine), n'importe quel fondu d'animation japonaise verra bien le mélange d'influences classiques que l'on retrouve dans toute oeuvre réalisée par des otakus anglo-saxons : yeux à la Yu-Gi-Oh, base spatiale abandonnée, héroïne amnésique, humour à base de références obscures (dont une au fiasco E.T. sur Atari 2600), coiffure à la Dragon Ball Z, coups de théâtre narratifs que l'on voit arriver à 10 kilomètres. Il n'empêche que l'on mord volontiers à l'hameçon au début, et que l'ambiance suffit largement à garder la pression sur le joueur. Donc, mission accomplie.
La maniabilité est évidemment simplissime (mais aurait mérité un peu d'explications, que voici : l'inventaire s'obtient en passant la souris en haut de l'écran, le menu d'action sur le clic droit permet de regarder ou d'agir, on sauvegarde / charge / quitte avec Echap), mais le gameplay fera hurler à la lune ceux qui haïssent la dirigistocratie. Par exemple, de nombreux objets apparaissent magiquement dans des lieux déjà visités après que l'on ait accompli une action particulière ! Normalement, je devrais être en train de faire un scandale, mais non ; l'espace de jeu n'a pas été surestimé, on ne tourne jamais longtemps en rond puisqu'il y a peu de salles, les énigmes sont logiques, et surtout, on a les chocottes grosses comme des oeufs Kinder au début et même si elles se dégonflent un peu, elles restent bien présentes dans l'estomac jusqu'à la conclusion. On est en droit d'ajouter qu'en cette période de dèche monumentale en matière de jeux d'aventure, ça fait véritablement plaisir d'avoir droit à un titre qui fait largement son travail : nous remuer un peu les méninges et les tripes au coeur d'une aventure qui tient la route. Bref, on ne boude pas son plaisir car il est bien présent, et c'est tant mieux.
Par Raton-Laveur le 19 août 2005, 00:23 - Jeux vidéo 6 commentaires
« billets précédents - page 142 de 319 - billets suivants »




Derniers commentaires