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Ca se prononce "nihonne masteur"

20 octobre 2005

Meteos

Poussé par un journaliste tellement accro qu'il en a parlé sur blog ET sur papier, je suis allé chercher Meteos (oh les jolis fonds d'écran)pour aérer ma DS qui bouffe exclusivement du chien depuis bientôt deux semaines. J'ai aussi pris Advance Wars Dual Strike pour voir l'évolution du cul de Nell, mais parlons d'une seule drogue à la fois si vous le voulez bien. D'ailleurs, juste avant d'agrandir Firefox pour écrire ce billet, j'ai été pris d'une curieuse envie de réorganiser les icônes sur mon bureau.

Première chose à savoir : ce n'est pas le croquet de papa. Meteos n'est pas un jeu qui adhère au concept de Miyamoto selon lequel n'importe qui devrait pouvoir prendre la manette (la télécommande ?) et immédiatement comprendre comment ça marche. Le concept de base est déjà difficile à expliquer par écrit, mais le tutorial ne prend même pas la peine d'expliquer les gestes qui sauvent et que le programme autorise. Basiquement, on peut déplacer les cubes dans leur propre colonne (donc uniquement dans un glissement vertical) afin de les grouper au moins par 3, horizontalement ou verticalement. Une fois créé, ledit groupe ne disparaît pas mais s'envole carrément pour disparaître, pourvu que les cubes qu'il emporte avec lui ne soient pas trop lourds, auquel cas il faut lui donner un coup de pouce en continuant les combinaisons pour l'alléger ou le pousser vers les cieux.
C'est un puzzle-game avec des cubes qui tombent dans une fosse, d'accord, mais clairement réservé au noyau dur. Evidemment parce que ça va très vite, mais aussi parce que le système est vicieux. Je m'explique : pour bien jouer, il faut avoir beaucoup de pièces, que vous assemblez avant de les éjecter hors de l'écran. D'habitude dans ces jeux, on essaie de garder l'écran aussi vide que possible, or ici nous sommes obligés de le remplir. Il y a d'ailleurs un bouton à l'écran (ainsi que les touches L et R) dont l'unique fonction est d'accélérer la chute des cubes au loisir du joueur : dans n'importe quel Tetris-like, c'est carrément donner le bâton pour se faire battre ! Dans les autres jeux, vous commencez à transpirer quand l'écran se remplit ; ici, ce dernier est aussi bourré que l'anus d'un métrosexuel fraîchement débarqué en prison. Rester calme dans une situation habituellement stressante : un véritable réapprentissage du zen.

Tout ceci est encore compliqué par le terrain sur lequel on joue : chaque "planète" a sa propre gravité, préférant les groupes horizontaux, verticaux, petits ou grands. Mais c'est un peu comme avec Bomberman avec le tableau basique : le gameplay est déjà si technique sur une planète normale qu'aller voir ailleurs serait de l'acharnement neuronal. Cependant, Meteos prend un malin plaisir à nous promener d'astre en astre, et le mode multijoueur permet à chaque joueur de choisir son monde de prédilection. Car la voilà, l'idée : dans Bomberman, les cartes supplémentaires sont des couches toutes molles empilées au fil des versions sur un concept qui n'en a pas besoin car fait de béton armé, avec des barres à mine et des plaques d'acier dedans. Mais dans Meteos, ces ajouts sont partie intégrante du jeu : il s'agit peut-être d'un des premiers puzzle-games qui aille véritablement compliquer les règles de base avec de nombreux paramètres. Je n'ai jamais vraiment adhéré aux ajouts de Puyo Pop Fever sur la base de Puyo Puyo ; encore une fois, Meteos est complexe à la base, et l'idée de le compliquer par une éventuelle suite semble déjà plus que douteuse, au point d'espérer que ce titre restera à l'état d'un one-shot qui a tout dit. Aux neurones brûlés, le jeu vidéo reconnaissant.
J'ai déjà dit que c'était réservé aux habitués des cubes qui tombent ? Ce jeu est taillé pour eux : les menus et la musique semblent tout droit sortis d'un jeu HAL Laboratory - et pour cause, puisque le géniteur est Masahiro Sakurai, également papa de Smash Bros Melee et de Kirby. Une autre preuve du public visé : allez dans le mode Réseau, et le fond sonore est une sorte de code morse pour signifier que la console cherche d'autres joueurs - puis allez dans Créer Groupe, et ces sifflements se transforment progressivement en une mélodie résolument 8-bits, régressive à en jurer que le musico a inclus un morceau qu'il avait composé 20 ans plus tôt. En opposition complète avec Lumines, l'autre jeu de Q? Entertainement, au concept simplissime et au rythme bien plus lent. D'aucuns jureraient que Meteos est réservé aux connaisseurs qui joueront sur DS, alors que Lumines s'adresse à un public PSP bien plus large, qui préfère être limité par son score à battre plutôt que par une pluie de cubes poussant au Game Over : un pour hardcore gamer, un autre pour casual gamer... Avec chacun sa console ?

18 octobre 2005

L'été de Kikujiro

Vous vous souvenez de Sonatine ? Dans ce film de Takeshi Kitano, des yakuzas exilés dans un bled au bord de la mer tuaient le temps pendant quelques kilomètres de pellicule en attendant la mort. C'était violent quand il fallait et pince-sans-rire (comme Kitano sait si bien le faire) le reste du temps.
Dans L'été de Kikujiro, un garçonnet au faciès de Bouddha rencontre un yakuza usé, et le duo passe quelques jours à chercher mollement une maman pour ne pas s'ennuyer. C'est pince-sans-rire quand il faut et tendre le reste du temps. Joe Hisaishi est évidemment à la bande-son, et le thème du film oscille entre la joie simple de Tonari No Yamada-kun et la mélodie d'un autre été conté sous forme de jeu vidéo et d'anime. Excellent.

16 octobre 2005

Le jeu qu'on a tous oublié d'y jouer - Ground Control

Avant de commencer : blablabla c'est dimanche soir blabla session IRC hebdomadaire bla 21 heures bla #editotaku@irc.worldnet.net ou mettez votre pseudo dans la case à gauche. Le thème pour aujourd'hui : "des estampes médiévales aux tentacules en 3D, le hentai à travers les âges" ; un sujet pour toute la famille, alors vous pouvez inviter votre poisson rouge à nous rejoindre ce soir.


Parfois, le marketing, ça a du bon. Sisi, j'vous jure. Regardez Sierra : une des plus prestigieuses compagnies du jeu vidéo PC, qui à force de trop jouer avec ses résultats fiscaux en sortant des jeux pas terminés pour booster ses fins de trimestre, s'est fait bouffer par Vivendi Universal. Et eux, ils s'y connaissent en marketing. Tribes 3 Vengeance va sortir ? Distribuons Tribes et Tribes 2 gratuitement ! Bon, l'éditeur coupera la prise de cette licence quelques mois plus tard, mais c'était bien joué. Ground Control 2 sort ? Distribuons Ground Control gratuitement ! Les plus renseignés d'entre vous sont déjà en train de - judicieusement - penser que GC2 est sorti en juin 2004, que cette offre remonte donc à plus d'un an, et que le deuxième épisode est tombé depuis longtemps dans les collections budget. Les autres, tout en se demandant de quel jeu on parle, se contenteront de lire le titre de ce texte, inspiré par la rubrique homonyme de chez le camarade Pipo.

Autant j'avais téléchargé Ground Control lors de son passage à la gratuité, autant le fichier est resté en friche sur mon disque dur pendant plus d'un an. Il a fallu un récent nettoyage pour que je me décide à essayer la bête... et découvrir un jeu qu'on a tous oublié d'y jouer. Ben oui.

Ground Control date de l'an 2000. Oh que ça nous rajeunit pas. En ces temps reculés, Windows ME faisait rire les joueurs et faisait pleurer ceux qui l'avaient installé, Deus Ex grignotait nos âmes, et la Dreamcast dévorait tout mon été avec Marvel VS Capcom 2 et PowerStone 2. Sacré résumé d'une année, hein ? Bon, toujours est-il que GC est passé absolument inaperçu. Personne ne s'en souvient, personne ne l'a vu, personne n'a rien entendu. J'ai eu un mal de chien à retrouver quelques articles, tous élogieux. GC2, sorti l'an dernier, a eu à peu près le même effet : 8/10 dans Canard PC qui titre "le RTS zéro défaut" et y voit "un titre de haute volée, un jeu de stratégie temps réel parfaitement programmé avec un gameplay en chêne massif et un moteur 3D impressionnant.". Puis une récente annonce des développeurs comme quoi leur prochain jeu ne serait pas GC3, et rien de plus.
Vous avez dû le comprendre à travers les citations de l'article de CPC : Ground Control est un jeu de stratégie en temps réel à l'univers futuriste. Deux choses le détachent du peloton. Primo, il n'y a pas de bâtiments mais uniquement des unités à gérer : pas de ressources, ou juste un simple compteur d'argent qui grimpe avec le temps pour le deuxième épisode. Dans le principe, c'est comme avec les jeux Myth de chez Bungie : on fait avec ses petits soldats et ses petits tanks, et tant pis pour ta gueule si les renforts tardent à arriver. Du coup, les missions du premier opus tiennent des opérations coup de poing, où l'on agit sans faire le con mais sans perdre de temps, par crainte de gaspiller ses unités en route. D'ailleurs, si vous gardez vos p'tits gars en vie, ils gardent leur expérience d'une mission à l'autre.
N'oublions pas le secundo qui fait que Ground Control est un jeu à part : graphiquement, c'est une double baffe aller-retour dans la mâchoire. Vous vous souvenez de Black and White où l'on pouvait dézoomer pour voir toute l'île ou zoomer jusqu'à voir le ver qui gigotait dans la pomme sur le tonneau posé à côté du garde-manger ? Dans Ground Control premier du nom, la caméra est complètement libre et l'interface dépouillée laisse la vue dégagée. Et la vue, elle vous montre des étendues de sable digne d'Arrakis ou des jungles bien humides. On peut verrouiller sur une unité et la suivre, elle et le nuage de poussière ou les traces de chenilles qu'elle laisse sur son chemin, on peut zoomer jusqu'à voir les douilles qui volent. Pour l'époque, ça devait être impressionnant, et de nos jours, c'est quand même surprenant de voir qu'on pouvait faire ça sous Windows 98.
Pour Ground Control 2, on retrouve ce soin de l'optimisation propre aux studios du Nord ou de l'Est de l'Europe : le jeu tire avantage de nombreux effets spéciaux et n'est pas bien gourmand en ressources système. Dès le tutorial, on voit l'intérieur un détail urbain impressionnant, les ruisseaux qui reflètent un ciel magnifique, avec une sorte de planète Saturne accompagnée d'une pluie d'astéroïdes en guise d'anneau. Les soldats ont un visage détaillé, sont projetés en arrière s'ils meurent par la balle d'un sniper, et leurs voix dans l'interface sont diablement soignées. On peut les envoyer dans les bâtiments pour un surplus de protection, faire appel à des bombardements ou à des armes spéciales... Bref, c'est de la stratégie rapide et efficace, sans les ordres de construction optimisés par des maniaques qui veulent vous mettre la pâtée en 6 minutes 18 secondes chrono.

Honnêtement, le fait qu'un jeu aussi bonnard passe complètement sous le radar est vraiment inquiétant. Aucun des deux épisodes n'est sorti en même temps qu'un poids lourd, ils ont une prise en main rapide, ne plantent pas comme des merdes, et sont graphiquement sans faute de goût. Les jeux Sega sont ignorés (Shenmue) parce que ce sont des jeux Sega (même si je suis un Segamaniaque pur et dur, je comprends qu'on puisse mépriser des gens qui font des photoshops ridicules au lieu de publier un article que d'aucuns leur ont envoyé il y a deux mois), d'autres parce qu'ils sont tirés à peu d'exemplaires et disparaissent pour devenir célèbres une fois qu'ils sont devenus des collectors (ICO), ou une publicité trop discrète (Otogi, et en plus c'est un jeu Sega) ou parce qu'ils sont trop "alternatifs" (Rez, jeu Sega également). Qu'est-ce qui a manqué à la série Ground Control, composée de deux excellents jeux, pour qu'elle se fasse connaître ? Purement une question de marketing, comme je le disais au tout début de ce texte. Deux softs de qualité, mais tout simplement inconnus. Un seul conseil : jouez-y !



Note technique pour Ground Control premier du nom : si les voix des briefings se mettent à bégayer, c'est que vous avez Windows 2000-tan ou XP-tan. Faites un clic droit sur le raccourci pour lancer le jeu, affichez les propriétés et activez la compatibilité pour Windows 98(-tan). Pensez à désactiver cette dernière si vous voulez jouer en multijoueur ou le jeu ne trouvera pas la clé de la base de registre où votre numéro de série est stocké, causant une erreur "Could not load verifierkey".

14 octobre 2005

Ca fait une semaine...

... que je bichonne mon Nintendog tous les jours. Il est gentil, boit comme un trou (non, sérieusement, il consomme environ 4 bouteilles de flotte par jour), intelligent, et il a gagné quelques concours de dressage, de lancer de frisbee et d'agilité. Quand la console m'a demandé de lui trouver un nom, j'ai pioché au hasard dans un bouquin de Lovecraft jusqu'à tomber sur un nom qui n'ait pas de consonnance chtonienne, et c'est "Eliot" qui est sorti.

J'essaie de voir ce qui fait que ce Tamagotchi-là est un Tamagotchi Nintendo. Peut-être que c'est dû aux détails peaufinés de l'intelligence artificielle, ou de la carte autour de la maison générée aléatoirement, ou aux surprises du programme comme la fois où mon chien couché s'est relevé en faisant un backflip de ninja.

J'ai tenté le mode "Ouaf", autrement dit le système WiFi où l'on laisse la console en veille au fond de sa poche alors qu'elle recherche des joueurs de Nintendogs dans sa portée (officiellement, environ 30 mètres autour de la console, mais certains joueurs ont pu atteindre le double dans de bonnes conditions). Si les DS entrent en contact, les consoles se mettent à aboyer et les chiens jouent ensemble, débloquant de nouvelles races ou permettant d'échanger des objets.

Je serais d'humeur sadique, je vous aurais conté cela sous forme de dessins qui font saigner les yeux.

Ainsi donc, batterie chargée à fond et volume au maximum, la petite DS rejoint la poche intérieur de mon complet-veston. J'utilise le tramway en prenant bien soin de "scanner" toute la rame en remontant tous les wagons. Je me promène dans les centres commerciaux, m'arrête dans toutes les boutiques de jeux vidéo sur le chemin. Il y a beaucoup de gens qui achètent le jeu, d'ailleurs. J'erre dans les artères de la ville, les places fréquentées, les jardins publics. Puis à un moment, j'entends un aboiement bien distinct ! Je dégaine la console... rien de spécial à l'écran. Je jette un regard aux alentours : c'est une vieille dame qui promène son vrai chien.

12 octobre 2005

Sans commentaire

TPS vient de changer la numérotation de ses chaînes. Game One a eu droit au canal 69.

Vu il y a 20 minutes sur la chaîne : un "Level One" sur un jeu de canoé-kayak. Commentaire des présentateurs : "c'est comme les filles, faut y aller doucement, sans s'énerver, et lui mettre des bons coups de pagaie". C'est moi, où il vient de conseiller aux (rares) télespectateurs de battre leur femme ?

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