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Je l'ai fait pour les lolz

19 janvier 2006

Keishicho 24

C'était quand, la dernière fois qu'un manga m'a fait rire au premier coup d'oeil, juste en le feuilletant ?

Ah ! Je m'en souviens. C'était l'histoire d'un mangaka, et au début, il avait un assistant qui fonçait vers son studio, se cassait la gueule de son vélo, se mettait à saigner comme un porc, mais continuait son chemin en voyant que ses mains étaient intactes et qu'il pourrait donc dessiner. Une fois arrivé à l'atelier, le mangaka disait qu'il devait dessiner une scène de meurtre, mais pour se mettre dans l'ambiance, il devait visiter les lieux d'un véritable assassinat qui avait été commis quelques jours plus tôt. L'assistant repartait sur son vélo... Quelques instants plus tard, le téléphone sonne à l'atelier : le gars venait de tomber sur "mieux" : un meurtre tout frais au sang encore chaud - et évidemment, le mangaka se demandait si l'assistant quelque peu zélé n'avait carrément pas saigné lui-même quelqu'un pour faire du bon boulot...
Ce manga, je n'ai même pas retenu son nom, tellement j'avais feuilleté négligemment la chose avant de la reposer, au lieu de la ramener à la maison. Quelques mois plus tard, j'ai décrit la scène auprès de mon crémier pour qu'il m'aide à retrouver sa trace, et la nouvelle tomba comme un couperet. Glop glop : ça s'appellait "La Plume de Feu". Pas glop pas glop : les éditions qui l'ont sorti se nommaient Muteki et ont coulé corps et biens après avoir sorti un grand total de quatre livres. Maintenant, à moins d'avoir un coup de cul monumental chez un bouquiniste, ce manga qui m'a fait marrer au premier coup d'oeil, je peux me le carrer bien profond. Bien joué, champion ; alors que tu passes ton temps à dire que les décideurs de ce monde ne comprennent que l'argent et qu'il faut prouver la rentabilité de ce qu'on aime, voilà que tu ne peux justement plus te procurer un truc qui t'a plu parce que tu ne l'as pas acheté. Nan franchement, bien joué.

La couverture du tome 2 de Keishicho 24 m'a fait rire. Une couverture ! Depuis la Plume de Feu, ça m'était pas arrivé, un premier contact si franc. Hop, je vais pas me faire avoir une nouvelle fois, je passe ni une ni deux à la caisse avant de le lire. Et vous savez quoi ?

C'est du caviar.

Purée, c'est à hurler de rire. J'ai même pas envie d'essayer de me souvenir de la dernière fois qu'un manga m'a vraiment fait hurler de rire (Dr Slump ? Non, il doit bien y avoir eu plus récent quand même), mais Keishicho 24 s'offre ce luxe, et pas qu'une seule fois. Le scénario, c'est du Kochikame, mais sous acides, portant un tutu et se baignant dans les restes déchiquetés d'une tarte à la fraise géante cuisinée par des martiens. Au fait, Kochikame, c'est pas sorti en France, non ? C'est un manga qui dure depuis 1976 (!) et raconte les aventures assez comiques d'un commissariat. Keishicho 24, c'est l'histoire d'un jeune flic qui croit commencer une carrière pourrie à la circulation, mais qui se retrouve embarqué dans une brigade d'élite où les agents ont tous les pouvoirs - et je parle aussi bien de pouvoirs juridiques que de pouvoirs limite-super-héros, quoi. Arrêter le ministre des affaires étrangères parce qu'il a pris un sens interdit avant de le passer à tabac, neutraliser à mains nues un missile nucléaire (le général américain responsable du tir : "on nettoyait le missile et le coup est parti tout seul"), enseigner aux enfants de maternelle qu'il ne faut traverser la route que lorsque le petit bonhomme est vert, rien ne leur est impossible.
Et pour ne rien gâcher, c'est techniquement très bon : certains décors ou visages font un peu "dessin industrieux craché par un assistant certes attentionné mais qui en a déjà tracé quelques millions tout aussi soignés et industrieux", mais pour le reste, le rythme est rapide, le trait est sauvage, les caricatures sont au poil, bref, c'est fait avec amour et on se laisse volontiers porter par ce délire non-stop. Du caviar, je vous dis.

C'est signé Hideki Ohwada et édité chez Kurokawa, éditeur tout jeune (à ne pas confondre avec les éditions Kadokawa qui doivent se soucier de la France comme de leur premier sushi) qui a l'avantage de ne pas nous rouler dans la farine, puisque le volume est à 6,5 €, et dont le choix éditorial est cité par Grégoire Hellot (le Greg du Joypad à la grande époque ou du Gaming à sa courte époque) et qui emploie Fabien Vautrin (le Fab du Sugoi, de la Push-Start Radio et du GameFan) au Photoshop pour lettrer les pages sans abîmer le manga. Donc oui, la version française est bien faite.



Mise à jour : à propos du tome 5...

17 janvier 2006

Les plus beaux gadins de Nowel

La liste des soldes chez Micromania a quelque chose de super intéressant : elle permet de voir quels sont les jeux qui étaient à 60 zeuros y'a même pas deux semaines et qui se prennent un coup de hache bien sauvage dans l'étiquette. Au passage, d'autres titres qui attendaient leur baisse y ont enfin droit, genre Far Cry Instincts ou Forza Motorsport. Tout arrive !

- Gun, sorti le 25 novembre, déjà à 40 €. Pas mal, pas mal.
- Rainbow Six Lockdown, la grosse licence juteuse d'Ubi. Ah, plus tant que ça, vu qu'il est sorti en septembre et qu'il est déjà à 30 €... Faut croire que les gens en ont marre de ces jeux scriptés jusqu'à la moelle. Vite, appelez les Fragdolls à la rescousse !
- Quake IV : 21 octobre à plus de 60 €, janvier à 30 €. Ca, c'est un de mes préférés dans le genre "fin de règne".
- Mais le gagnant du plus gros gadin, c'est incontestablement Shadow The Hedgehog, le spin-off sorti le 15 novembre à plein pot qui ne s'est vendu qu'auprès des fans les plus hardcores (aveugles ?) du hérisson (ils avaient l'air d'y croire, la pub a été assez massive) et qui est déjà à 30 €. Bien dégoûtés, les gars. Comme d'habitude, Sega trouve la meilleure méthode pour s'aliéner ses propres fans en premier, le reste du monde passant après. Mégabouse. Accessoirement, pour ceux qui se demandent encore comment ils ont pu ressortir Shadow après la fin de Sonic Adventure 2 (parce qu'à la fin de SA2, il meur--oh pardon, spoiler alert un peu tardive) : le jeu propose une dizaine de fins possibles (!), mais la "vraie" dit qu'il aurait été sauvé par Robotnik. Voilà, c'est tout ce qu'il y avait d'intéressant à tirer de cette galette.

16 janvier 2006

Rhésus B négatif

Je voudrais bien faire un article digne de ce nom, bien long et bourré de liens débiles, bref un article comme j'aime en écrire pour mieux intoxiquer le Net, mais je crois que ce texte ne va pas durer aussi longtemps que prévu.

L'anime Blood+ est une putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes.



On va commencer par le commencement, si vous le voulez bien. Il y a quelques années (c'était en 2001 je crois), Mamoru "mon chien s'appelle Gabriel" Oshii avait aidé à produire une OAV de 45 minutes, Blood - The Last Vampire. Gifle technique : tous les plans sont retravaillés à l'ordinateur, le trait est d'une précision chirurgicale sur le moindre plan, on fait des ohhh et des ahhh en regardant le boulot signé I.G. Gag : le making-of sur le DVD (trouvable pour une bouchée de pain et mal traduit, merci Pathé) dure une heure, plus long que l'oeuvre qu'il décrit. Pour l'histoire, ce sont 45 minutes sans répit : dans les années 60, le gouvernement américain envoie une gamine dans une base militaire au Japon pour régler proprement un problème de... ben oui, de vampires, le titre est assez clair là-dessus. D'ailleurs, ils disent pas "vampires", mais "chiroptères", c'est plus poli et le design y colle bien. Donc, les personnages alternent entre anglais et japonais dans leurs dialogues, l'effet est assez surprenant et on s'éclate d'autant plus à regarder ce mélange de réalisme graphico-historique saisissant et de délire vampirico-animé ; c'est bien simple, à chaque fois que je le mate, je peux difficilement retenir des spasmes nerveux tellement je suis excité à l'approche de la scène dans l'infirmerie. Et quand le générique de fin défile, les spectateurs à qui vous avez fait découvrir ce bijou sont excités comme des puces en hurlant "on veut une suite !", et jusqu'à présent, tout ce qu'on pouvait leur répondre était un bafouillage poli du genre "il paraît que c'est en projet au Japon". Ben voilà, le "projet" est bouclé et en cours de diffusion, et ça s'appelle Blood+.

Et c'est une putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes.

Les liens entre cette putain de bouse de merde de foutage de gueule de mes burnes et l'OAV suscitée se comptent sur les doigts d'une main de yakuza :
- il y a deux personnages qui s'appellent pareil, Saya et David,
- ils parlent de chiroptères,
- c'est tout.
J'avais déjà parlé du carnage que peut représenter l'adaptation TV, et on est en plein dedans. Nan, je précise, parce que le manga est disponible gratuitement sur le site de la série et il est - à peine - meilleur. En fait non, tout Blood+ est à chier, le scénario en premier. Ils ont transposé toute l'histoire de nos jours, comme ça on peut voir des demoiselles en tenue de sport en train de laisser vagabonder leur sexualité naissante avec moult sous-entendus yuri. Le character design assuré à la serpe (il faut bien simplifier les étapes d'animation) dans une main, un scénario à refaire dans l'autre ; c'est bien simple, ils ont envoyé toute l'OAV aux chiottes. On perd la fantastique Saya, c(h)asseuse de vampires qu'il ne faut clairement pas faire chier, et on gagne une gamine aussi innocente et expressive qu'une chaussette neuve. On doit se taper les pires stéréotypes de la Japanime : elle ne se "transforme" en chasseuse qu'après avoir bu du sang, mais joue les demoiselles en détresse le reste du temps. Alors ils lui ont collé un mentor qui semble sorti de Get Backers ou Hellsing, dont le rôle consiste en une repompe du Tuxedo Kamen de SailorMoon : il tombe toujours littéralement à pic pour sauver l'héroïne et fait office de Roméo de pacotille. Au secours, les années 80 reviennent ! En fait, non : ils ont même cru bon d'ajouter une sorte de Mérovingien en provenance directe de Matrix Reloaded, si tant est qu'on puisse ainsi définir les "perssonnages français qui ne peuvent pas s'arrêter de dire des conneries en ayant un tic nerveux en rapport avec la nourriture". C'est quand même terrible : sur le making-of de l'OAV, il était expliqué que le résultat final était le mélange de deux scénarios séparés. Là, on dirait que c'est pareil, mais entre Blood et une histoire de shojo bien plate et navrante...
Bien sûr, il ne faut pas compter sur le rythme pour sauver la mise : il ne se passe rien pendant des épisodes entiers (j'ai rarement vu une série démarrer aussi lentement). Et pour finir, techniquement, le sceau "Production I.G" ne cache même pas la réalisation du pauvre : c'est à peine tolérable pour une production 2006. Maiiiis comme je suis bon prince, on peut vraiment sauver la musique, signée Mark Mancina. A part ça, c'est déplorable.

Quel gâchis.

14 janvier 2006

éclaIRCi

Demain soir, session IRC comme chaque dimanche, à 21 heure comme chaque dimanche, sur #editotaku@irc.worldnet.net... Comme chaque dimanche, oui. L'éditotaku n'a pas de forum, donc il a un chan IRC. Mais comme il faut bien avoir une vie, ledit canal n'est pas ouvert en permanence (enfin, vous pouvez venir en semaine mais y'a personne, quoi).



Le rien à voir du jour : débat "le jeu vidéo est-il grand public ?", durant la Game Connection 2005 à Lyon, animé par Nicolas "j'ai donné un coup de pied dans les deux Bourses de Paris en falsifiant les résultats de Kalisto avant l'éclatement de la bulle Internet" Gaume, et avec Frédérick "Alone in The Dark" Raynal, David "je me suis motion-capturé dans mon propre jeu vidéo" Cage, et Florent "TrackMania" Castelnerac. Le résumé est disponible dans le dernier Sanqua, mais je tiens juste à vous faire partager mon passage préféré : David dit qu'il se retrouve dans l'expression "les cinématiques sont le cancer du jeu vidéo", ce à quoi Frédérick répond : "je trouve que David manque pas d’air quand il parle des scènes cinématiques à éviter : quand même, dans Fahrenheit, il y a énormément de scènes cinématiques, c'est pas parce qu’on bouge trois touches pendant la scène qu’elle n'est plus cinématique", ce à quoi David répond simplement "Ouuuu..."

12 janvier 2006

Requiescat in Pace



1992-2006

Son possesseur inconsolable.

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