- La Dual Shock ne mérite plus son nom, puisqu'elle n'a pas de kit vibration à cause d'une bisbille juridique entre sony et les détenteurs du brevet. Du coup, sony a dit que le vibro était "last-gen" et qu'ils ne l'avaient pas mis parce que c'était incompatible avec la technologie du gyroscope captant l'orientation de la manette - bizarrement, on trouve pourtant un gyro et un vibro dans la manette Wii. Ca ne les a pas empêchés de payer plus de 120 miyons de dollars pour pouvoir utiliser à nouveau cette fonctionnalité, qui est miraculeuseement devenue compatible. Le surnom de la nouvelle manette donné lors de l'E3 2006 fut "Dual Shake".
- Autrement dit, la manette actuellement vendue est périmée et sera remplacée dans un futur proche par une version avec vibro.
- La Dual Shake, donc, coûte 50 € pièce. Une Wiimote est à 40 €, une manette sans fil pour Xbox 360 à 45 €.
- Dual Shake encore : on ne peut pas changer la batterie. Comme il s'agit d'une Li-On, la durée de vie est estimée à environ deux ans, pour un nombre largement suffisant de charges dans ce laps de temps - la même technologie qu'on trouve dans les batteries de téléphones portables, ordinateurs et Nintendo DS ou psp. Après ça, elle dépérit et doit être remplacée, sa durée de vie fondant comme neige au soleil. Donc, la manette ne peut être ouverte et est bonne pour la poubelle. Ceux qui jouent encore à leur Mega Drive ou leur NES en parfait état de marche 20 ans plus tard se marrent comme des baleines.
- La version 20 Go de la console n'est pas vendue en Europe. Contrairement à la Xbox 360 Core qui est une version émasculée de la console, la ps3 20 Go est parfaitement utilisable avec tous les jeux, les seules différences se cantonnant aux ports pour cartes mémoire ou à la taille du disque dur. Ah, et sony a une marge bien moindre sur la 20 Go, ce doit qui expliquer pourquoi ils ne laissent plus le choix.
- En parlant de la 360, Microsoft sort le mois prochain - comme par hasard ! - une nouvelle version de sa console 80 $ plus chère que l'actuelle, dotée du port HDMI qui lui faisait défaut face à la ps3, et d'un disque dur de 120 Go pour ceux qui faisaient remarquer que les 20 Go actuels de la 360 représentaient le minimum chez sony (aux USA ou au Japon, vu que c'est uniquement ps3 en 60 Go à 600 € pour l'Europe).
- Le Playstation Network : gratuit, mais petit. Comparé au Xbox Live, on ne peut contacter ses amis pendant une partie, on ne peut pas les rejoindre ou savoir à quoi ils jouent, leur parler ou leur envoyer des invitations. Pas de normalisation des logins ou des pseudos, chaque éditeur faisant sa cuisine dans son coin.
- Pénurie organisée : demandez à votre revendeur. sony enverra à chaque boutique le nombre exact de réservations, avec zéro console pour les étalages. Traduction : le premier arrivage de consoles va être forcément épuisé, puisqu'il n'y en aura aucune dans les linéaires. Et hop, publicité gratuite dans les médias qui chanteront les louanges d'une console introuvable dès le premier jour.
- L'histoire se répète : la playstation avait un lecteur CD en carton, et tout le monde avait fini par mettre sa console à l'envers pour que les disques passent mieux. Pareil pour la ps2 et son lecteur DVD fabriqué avec du scotch. Pareil pour la fragile psp, sa touche "Carré" foireuse et ses pixels morts. Une console sony, surtout en première version, est garantie de lâcher l'affaire après quelques temps. Pas étonnant que Micromania offre la seconde année de garantie...
- Relations publiques : déjà montrée dans cette colonne mais on ne s'en lasse pas : la vidéo de Grégory Delfosse, responsable des relations publiques de sony France, face à 01Net lors de l'E3 2006 avec quelques grammes d'alcool dans le sang.
- Compatibilité ps2 : on le sait déjà, la version EUR de la console est la première à ne plus intégrer un chip Emotion Engine de la ps2 pour une émulation hardware. sony se retrouve donc dans la même situation que Microsoft qui émule la première Xbox en software, le résultat étant imparfait et loin d'intégrer toute la logithèque. sony déconseille de jouer en réseau ou en 60 Hz. Pourtant, Phil Harrison (boss de sony computer entertainment Europe) avait dit que la ps3 aurait une "compatibilité quasi-parfaite", avec des exceptions "encore moins nombreuses qu'entre la ps1 et la ps2", qu'il s'agissait d'une fonctionnalité essentielle pour que "playstation" soit "un format transcendant les matériels", et que la solution software utilisée par Microsoft pour la 360 "n'était pas une vraie compatibilité".
- Compatibilité ps2, suite : vous aimez utiliser une Memory Card ? Lecteur vendu séparément, 50 €.
- Si la console coûte 600 €, c'est à cause du lecteur Blu-Ray. Vous en voyez beaucoup dans les magasins, des films en Blu-Ray ?
- Question subsidiaire : vous voyez des films que vous aimeriez avoir en Blu-Ray ?
- J'espère que vous aimez les temps de chargement : le lecteur Blu-Ray en 2X est deux fois plus lent que le lecteur DVD 12X de la 360. Les développeurs d'Oblivion ont trouvé une astuce pour réduire les temps de chargement : mettre les mêmes données plusieurs fois sur le disque pour limiter le temps d'accès. Pratique quand on a 25 à 50 Go de place sur le support.
- Accessoirement, il a bien fallu 30 secondes de chargement au kiosque ps3 à la boutique du coin pour charger un circuit de la démo de F1 Championship Edition... qui résidait sur le disque dur.
- D'ailleurs, les jeux ne tournaient certainement pas à 120 images/seconde. Tant pis pour M. Kutaragi.
- Et toujours chez Ken Kutaragi : oui, les jeux essayés étaient bien en 4D. Ce qui n'a rien d'étonnant, vu que la quatrième dimension est le temps... Daytona USA ou Virtua Fighter étaient eux aussi en 4D, oui oui.
- Selon le cours actuel, 600 dollars US, ça fait 450 Eurobrouzoufs. N'allez pas me faire croire que sony a besoin de 150 € pour importer la console dans le vieux continent.
- Pendant qu'on parle de l'Europe, vous vous souvenez qu'on aurait dû avoir la console en même temps que le Japon et les USA, à l'instar de la Wii et de la Xbox 360 ? Mais sony pense que vous n'avez rien à foutre des retards et que vous achèterez autant, sinon plus, que les autres marchés. Ca doit être la même chose pour les 150 € de différence. En fait, c'est exactement ça : un représentant de sony USA a présenté la Wii à 250 €/$ comme un "achat compulsif". Je sais pas pour le joueur moyen ou pour vous, mais je claque rarement 250 € sur un coup de tête. Et ne me parlez pas de ça, j'ai hésité à mort avant de l'acheter (et j'ai bien fait de le prendre).
- HDTV : le câble HDMI est naturellement vendu séparément (25 €), là où la 360 est vendue en standard avec un câble composante. Alors qu'ils passent leur temps à mettre en avant le Blu-Ray pour justifier le prix, ils ne mettent même pas le câble qui va avec - qui regarderait un film Blu-Ray avec une connectique RCA ?
- Mais après tout, avez-vous une télé HD ? Nan ? Parce que sinon, vous ne ferez pas trop la différence sur une télé classique entre la ps3 et ce qu'on voit actuellement "chez les autres", quand même.
- Et surtout, les jeux du lancement européen : alors, il y a Resistance, et, hum, c'est tout. Heavenly Sword est en retard. Motorstorm est sympa si on ne paie pas 60 € et encore moins une console rien que pour lui. Surtout quand on le compare aux promesses de l'E3 2005. Les autres titres sont disponibles sur 360 avec une qualité identique, voire en mieux sur 360. Et en moins cher, Oblivion, Blazing Skies et tant d'autres étant trouvables sur 360 pour la moitié de leur prix ps3. D'ailleurs, Ubi Soft a retiré ses jeux du lancement et même sort pour Oblivion et F.E.A.R., de peur de faire trop de disques qui resteraient dans les bacs.
Autrement dit, il n'y a aucune raison d'acheter une ps3 à la sortie. Aucune. Metal Gear Solid 4, Virtua Fighter 5, Devil May Cry 4 et tant d'autres ex-exclusivités ps3 sont annoncés sur 360, et vous n'allez pas l'acheter maintenant pour un Final Fantasy XIII (mise à jour : FFXIII pas exclusif, dit notre copain Georges Fornay) qui n'a même pas de date. La console vous pètera dans les doigts, la manette est caduque, et il n'y a aucun jeu qui justifie de payer un loyer pour cette machine.
(le jour d'après)
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Jeux vidéo
20 mars 2007
Requiescat in Pace 2
Par Raton-Laveur le 20 mars 2007, 22:59
15 mars 2007
Animal Crossing
Par Raton-Laveur le 15 mars 2007, 23:55

- Voilà, c'esf fait.
- Quoi ?
- J'ai la photo de Kéké.
- Kiki ?
- Nan, Kéké.
- Mais c'est kiki ?
- Très drôle. C'est un clébard dans Animal Crossing. Un chien qui joue de la guitare chaque samedi soir dans ta DS. Tu peux récupérer les enregistrements de ses concerts pour les écouter dans ta maison.
- Et t'as sa photo ?
- Ouais. UKResistance, qui a peut-être la sauvegarde la plus complète du jeu de ce côté du Pacifique, décrit la démarche à suivre pour avoir cette photo comme "l'équivalent de ramper sur du verre pilé pendant 800 kilomètres à la seule force des paupières". Et je l'ai.
- Mais à chaque fois qu'on joue à la DS, tu avais la carte dans ta console.
- Ouais. C'est tout simplement le seul jeu DS auquel je joue. Je ne retire même pas la cartouche pour jouer à autre chose, ça m'économise l'effort de la recaser dans quelques heures puisque je vais y rejouer. J'ai acheté Children of Mana, mais j'ai laissé tomber après avoir réalisé que l'exploration passionnante du monde des épisodes précédents était remplacée par un gameplay à la Diablo 1 avec UN village et plein de donjons. J'achète des jeux DS que je ne touche même pas parce qu'il y a Animal Crossing. Je n'ai même pas fini New Super Mario Bros parce que quand je joue à la DS, je joue à Animal Crossing.
- Pourquoi ? Pourquoi tu y joues ?
- C'est la question à un million d'euros, ça. Si j'écris autant sur ce jeu, c'est précisément pour essayer de savoir ce qu'il a de si attirant. Je sèche sur la question depuis des mois, et en attendant de trouver une réponse, je m'amuse à ajouter des poncifs de japanime dans les dialogues du jeu.
- Tu sais, je me pose la même question avec WoW.
- Dans World of Warcraft, tu as un facteur humain, social, qui peut aisément te retenir. Dans Animal Crossing, le multi a vraiment été pensé et contient des tas d'idées géniales, mais il reste au second plan. L'attirance tient uniquement au gameplay.
- Le gameplay, tu parles de ces parties où tu passes ton temps à aller vendre des fruits en boucle pour rembourser le prêt sur ta maison contracté auprès du raton laveur local ?
- C'est ça qui est dingue ! Le farming, c'est une mécanique de MMO !
- Ou plutôt, de RPG.
- En effet ! Parmi les mécaniques les plus chiantes du genre ! Et c'est dans AC !
- ...
- Et le pire, c'est qu'il n'y a aucun encouragement "numérique" dans AC. Pas de niveau à augmenter, l'argent n'est pas un indicateur d'avancement, le seul menu qu'on utilise, c'est l'inventaire... Tout est suggéré. Tu sais que tu as atteint tel "niveau" avec un personnage quand il te parle différemment, ou quand il te lance un défi, ou quand--
- Ou quand il t'offre sa photo.
- Voilà. Ou quand une des jolies chattes du village se comporte en parfaite petite maid.

- En fait, AC est passionnant parce qu'il n'y a pas de défi. On ne perd jamais une partie, on n'éteint jamais la console avec une impression de défaite. Quand le jeu te "punit", tu sais parfaitement pourquoi, et c'est parce que tu as voulu jouer au con en essayant de mentir à un perso ou de tricher avec le mécanisme de sauvegarde.
- Alors, c'est un jeu pour, pour... petits joueurs ?!
- Ben non. Déjà, ça m'étonne, mais dans les boutiques de jeux vidéo, même les vendeurs me regardent jouer avec curiosité à ce titre qu'ils ont vendu par palettes entières sans y avoir touché ou fait la moindre promo. Des tas de gens que je croise devinent le nom du jeu, ce qui me laisse croire que la pub a fait son boulot... Ou encore, quand un autre passager de transport en commun lit certains dialogues riches en sous-entendus.

Photo prise un premier samedi du mois.
- Nintendo oblige, il y a des milliards de trucs à faire, de sorte qu'on n'en voit jamais la fin. On le voit bien, qu'une majorité du contenu est générée aléatoirement... Mais on continue, pour voir quelles surprises la cartouche peut encore cacher.
- Je suis un nolife à WoW, tu es un nolife sur un jeu solo au contenu généré aléatoirement.
- Ouais. Sans fil conducteur réel, à la narration décousue d'une histoire qui n'existe pas (la petite vie quotidienne d'un bled paumé), on a au moins l'impression d'avoir son mot à dire, d'influencer le déroulement du jeu. On est à des années-lumière des RPG qui forcent le joueur à rentrer dans le carcan scénaristique sous peine de bloquer l'avancement de la partie. En soi, le déroulement d'Animal Crossing est similaire aux délicieuses errances dans les rues de Shenmue. Dans ce dernier, l'univers était envoûtant par son ultra-réalisme, et on se perdait dans le détail masochiste apporté aux ruelles de Yokosuka. Mais cet habillage de luxe était secondaire, il restait un soutien à l'histoire : parce qu'on s'y croyait, on s'investissait d'autant plus dans l'aventure de Ryo Hazuki. Mais rien n'empêcher d'envoyer bouler tout ça et de rester à collectionner les jouets dans les bornes d'arcade après avoir nourri son chat et fait un peu d'argent de poche... Dans Animal Crossing, ce challenge technique de recréer "un petit monde qui vit tout seul" devient le concept principal. Il était déjà enivrant dans Shenmue, il vire ici à l'addictif.
- Et tout comme Shenmue, le fruit de tes efforts n'est pas représenté en nombres mais par un feedback du jeu. Si tu as bien joué, le train-train quotidien est agité par un petit évènement pour te féliciter d'avoir atteint un certain niveau.
- Je crois que je me répète, mais Animal Crossing est mon WoW à moi - et portable en plus ! Il y a toujours quelqu'un avec qui jouer, jamais de mauvais joueurs puisqu'ils sont tous digitaux et que les humains se limitent à votre liste de potes certifiés. C'est un pur morceau d'auto-satisfaction instantanée, un shoot de dopamine à un prix défiant toute concurrence, qui ne te fait jamais douter et est toujours là pour toi. Voilà, je crois que c'est pour ça que j'y joue.

J'ai une hache à portée de main. Ne me cherche pas des noises.
11 mars 2007
Classe, pas classe
Par Raton-Laveur le 11 mars 2007, 23:58
Au hasard des screenshots faits avec Xfire pour tester un peu, comparatif dans la démo de C&C3 :
Le Mech coté GDI, ou Juggernaut :

Notez qu'à la sélection, les réponses vocales de l'unité font référence à une petite vidéo fort connue. Après destruction, l'unité laisse une carcasse réparable.
Et le Mech coté NOD :

Même pas besoin de décrire l'unité, le look en dit assez long. Si avec ça, vous trouvez encore un avantage à jouer avec le GDI, faut consulter un médecin.
Le Mech coté GDI, ou Juggernaut :

Notez qu'à la sélection, les réponses vocales de l'unité font référence à une petite vidéo fort connue. Après destruction, l'unité laisse une carcasse réparable.
Et le Mech coté NOD :

Même pas besoin de décrire l'unité, le look en dit assez long. Si avec ça, vous trouvez encore un avantage à jouer avec le GDI, faut consulter un médecin.
07 mars 2007
Command and Conquer 3 - Tiberium Wars Demo
Par Raton-Laveur le 07 mars 2007, 23:59
Dilemme : Electronic Arts est la version occidentale du Mal personnifié dans l'industrie du jeu vidéo - son alter ego oriental étant évidemment sony - mais je n'arrive pas à détester la démo de Command & Conquer 3 - Tiberium Wars. Vous avez vu ? J'ai tellement apprécié cette dernière que j'en ai écrit le nom en entier. J'adore les jeux vidéo avec un sous-titre cool et à rallonge, mais surtout cool : Advance Wars 2 - Black Hole Rising, Wing Commander III - Heart of the Tiger, No One Lives Forever 2 - A Spy in H.A.R.M.'s Way, Call of Cthulhu - Dark Corners of the Earth, Splinter Cell - Chaos Theory, et j'en ai encore plein d'autres à citer mais on va croire que je cherche à rallonger le texte (comme si j'étais payé pour ça!). On dirait que ces jeux-au-titre-à-rallonge-mais-vraiment-cool sont systématiquement bons (Steel Battalion - Line of Contact ou MechAssault 2 - Lone Wolf), et j'en ai même acheté certains juste parce que leur titre me plaisait particulièrement (Psi-Ops - The Mindgate Conspiracy, SpellForce 2 - Shadow Wars), et je n'ose parler des expérimentations de Capcom, collant des "X" et autres "Super Battle Strike 64" un peu partout dans ses titres. Bref.
Ainsi donc, je préfère Command & Conquer (attention : article datant de 2002) aux Blizzarderies. Mais Command and Conquer Generals, premier titre de la série développé en interne par EA après avoir liquidé les studios Westwood, était une pustule dans la série. Manichéen, hors des scénarios du Tiberium et d'Alerte Rouge, avec une barre de menu en bas et pas sur le côté, sans aucune cinématique entre les missions, 3D loin d'être artistique... Un excellent exemple de ce qui arrive à une licence quand elle se fait bouffer par EA. Nous sommes retournés sur Ground Control II - Operation Exodus ou SpellForce - The Order of Dawn (yay pour les sous-titres).
Puis voici cette démo de C&C3, le jeu sortant le mois prochain. Un des éléments qui rend fan de la série, c'est sa présentation irréprochable : les programmes d'installation étaient des merveilles délirantes de détails, la voix off de l'interface était digne d'un superordinateur bunkerisé, les options cliquaient et clignotaient au moindre mouvement de la souris sans obstruer votre stratégie, tous les briefings étaient en vidéos plein écran avec un kitsch carrément culte (Kane, le chef de la faction NOD, était - et est toujours - joué par le réalisateur des cinématiques chez Westwood !) et il arrivait que vos missions soient interropues par ces scènes... Act of War avait tout compris en s'inspirant lourdement de tout ça ; c'était lui, le vrai C&C Generals. Les C&C étaient restés en 2D à une époque où les RTS 3D commençaient à être communs, mais il s'agissait d'une 2D distinguée, propre et fluide. La technologie 3D n'était pas prête, quoi. Et là, on dirait qu'EA a tout compris. Du briefing en vidéo HD mi-kitsch mi-gros budget, une interface bourrée de pointeurs qui se font oublier tout en restant sexy, et une 3D superbe, qui atteint enfin la précision de la 2D passée. Ca bourrine, ça pète dans tous les sens, j'arrive pas à le croire, c'est du C&C.
Dilemme du début d'article : c'est raton-gamer qui raisonne raton-laveur, ou l'inverse. Tu boycottes EA ! Tu sais qu'ils vont te pénétrer d'une façon ou d'une autre ! Soit le jeu sortira buggé jusqu'à la moelle (commun), ou ils sortiront un add-on hors de prix dans trois mois (Battlefield 2), ou il y aura une protection débile contre la copie (Keanu Reeves : "woah, déjà vu"), ou le jeu demandera d'avoir le disque dans le lecteur alors que toutes les données (y compris les vidéos) seront sur le disque dur (classique), ou il y aura un spyware qui analysera ta consommation de pub dans le jeu (Battlefied 2142), ou ils fermeront les serveurs multijoueur dans un an (tous les titres EA Sports)... Ou tout ça à la fois.
Deuxième dilemme : Supreme Commander. En d'autres temps, Total Annihilation, en 3D sur des terrains gigantesques en relief et aux grandes attaques de centaines d'unités sur une musique symphonique qui vous donne encore des frissons, techniquement et stratégiquement supérieur à un Starcraft sorti six mois après lui, était tombé dans l'oubli face à un zerg rush en 640x480 en 2D. Son principal défaut ? Ne pas avoir un -craft dans le nom. L'autre problème, c'est que son univers était quand même vachement oubliable : deux factions de robots qui se ressemblaient vachement se mettaient sur la gueule sans trop de raison, l'histoire n'était qu'un prétexte à la baston. C'était comme un jeu d'échecs : diaboliquement précis et stratégique, mais terriblement anonyme. A l'opposé de la saga des Terrans face aux z'aliens, aux réactions des joueurs sur la destinée de Sarah Kerrigan ou l'origine des Zergs.
Supreme Commander risque de revivre l'expérience de son grand frère : au moment de sa sortie, il demande une configuration matérielle qui n'existe pas encore, son univers est aussi impersonnel qu'une cuvette de chiottes (n'en déplaise au magazine Background qui a trouvé le moyen de faire 10 pages à son sujet), et son nom inconnu sort face à une célèbre licence suivie par une fanbase énorme. Et pourtant, si on s'en tient purement au gameplay, il est supérieur : des cartes énormes, une victoire qui ne se base pas sur le cliqueur le plus épileptique, un arbre technologique bien plus vaste que celui de C&C (qu'on visite entièrement dans la démo)... C'est prouvé, l'affectif l'emporte sur la raison.
Ainsi donc, je préfère Command & Conquer (attention : article datant de 2002) aux Blizzarderies. Mais Command and Conquer Generals, premier titre de la série développé en interne par EA après avoir liquidé les studios Westwood, était une pustule dans la série. Manichéen, hors des scénarios du Tiberium et d'Alerte Rouge, avec une barre de menu en bas et pas sur le côté, sans aucune cinématique entre les missions, 3D loin d'être artistique... Un excellent exemple de ce qui arrive à une licence quand elle se fait bouffer par EA. Nous sommes retournés sur Ground Control II - Operation Exodus ou SpellForce - The Order of Dawn (yay pour les sous-titres).
Puis voici cette démo de C&C3, le jeu sortant le mois prochain. Un des éléments qui rend fan de la série, c'est sa présentation irréprochable : les programmes d'installation étaient des merveilles délirantes de détails, la voix off de l'interface était digne d'un superordinateur bunkerisé, les options cliquaient et clignotaient au moindre mouvement de la souris sans obstruer votre stratégie, tous les briefings étaient en vidéos plein écran avec un kitsch carrément culte (Kane, le chef de la faction NOD, était - et est toujours - joué par le réalisateur des cinématiques chez Westwood !) et il arrivait que vos missions soient interropues par ces scènes... Act of War avait tout compris en s'inspirant lourdement de tout ça ; c'était lui, le vrai C&C Generals. Les C&C étaient restés en 2D à une époque où les RTS 3D commençaient à être communs, mais il s'agissait d'une 2D distinguée, propre et fluide. La technologie 3D n'était pas prête, quoi. Et là, on dirait qu'EA a tout compris. Du briefing en vidéo HD mi-kitsch mi-gros budget, une interface bourrée de pointeurs qui se font oublier tout en restant sexy, et une 3D superbe, qui atteint enfin la précision de la 2D passée. Ca bourrine, ça pète dans tous les sens, j'arrive pas à le croire, c'est du C&C.
Dilemme du début d'article : c'est raton-gamer qui raisonne raton-laveur, ou l'inverse. Tu boycottes EA ! Tu sais qu'ils vont te pénétrer d'une façon ou d'une autre ! Soit le jeu sortira buggé jusqu'à la moelle (commun), ou ils sortiront un add-on hors de prix dans trois mois (Battlefield 2), ou il y aura une protection débile contre la copie (Keanu Reeves : "woah, déjà vu"), ou le jeu demandera d'avoir le disque dans le lecteur alors que toutes les données (y compris les vidéos) seront sur le disque dur (classique), ou il y aura un spyware qui analysera ta consommation de pub dans le jeu (Battlefied 2142), ou ils fermeront les serveurs multijoueur dans un an (tous les titres EA Sports)... Ou tout ça à la fois.
Deuxième dilemme : Supreme Commander. En d'autres temps, Total Annihilation, en 3D sur des terrains gigantesques en relief et aux grandes attaques de centaines d'unités sur une musique symphonique qui vous donne encore des frissons, techniquement et stratégiquement supérieur à un Starcraft sorti six mois après lui, était tombé dans l'oubli face à un zerg rush en 640x480 en 2D. Son principal défaut ? Ne pas avoir un -craft dans le nom. L'autre problème, c'est que son univers était quand même vachement oubliable : deux factions de robots qui se ressemblaient vachement se mettaient sur la gueule sans trop de raison, l'histoire n'était qu'un prétexte à la baston. C'était comme un jeu d'échecs : diaboliquement précis et stratégique, mais terriblement anonyme. A l'opposé de la saga des Terrans face aux z'aliens, aux réactions des joueurs sur la destinée de Sarah Kerrigan ou l'origine des Zergs.
Supreme Commander risque de revivre l'expérience de son grand frère : au moment de sa sortie, il demande une configuration matérielle qui n'existe pas encore, son univers est aussi impersonnel qu'une cuvette de chiottes (n'en déplaise au magazine Background qui a trouvé le moyen de faire 10 pages à son sujet), et son nom inconnu sort face à une célèbre licence suivie par une fanbase énorme. Et pourtant, si on s'en tient purement au gameplay, il est supérieur : des cartes énormes, une victoire qui ne se base pas sur le cliqueur le plus épileptique, un arbre technologique bien plus vaste que celui de C&C (qu'on visite entièrement dans la démo)... C'est prouvé, l'affectif l'emporte sur la raison.
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