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Recherche - carte japan expo

04 juillet 2019

Japan Expo 2019 - La carte revue et corrigée

Onzième année : la carte de Japan Expo modifiée, avec les stands à visiter (en vert) et ceux à éviter (en rouge). Les gens de bon goût, les produits officiels ; en face, les gens méchants et les contrefaçons. Téléchargez le fichier dans votre téléphone ou votre tablette et amusez-vous bien. On ne change pas une équipe qui paie son ticket en prévente : la liste est compilée par Nady, Keul aide toujours au code et les blagues foireuses sont faites maison.

https://www.raton-laveur.net/images/JE2019.jpg

Publication très tardive car la SEFA a elle-même publié la carte super tard (samedi après-midi !). En plus, la liste des exposants n'a pas arrêté de changer :

au secours

Notes de production

  • On passe en 500dpi ! La carte étant à présent publiée sur un fichier unique (au lieu de deux cartes séparées entre les Halls 4-5 et le Hall 6), il a fallu augmenter la résolution pour rester lisible. Du coup, le fichier tape à 30 Mo : dur pour votre carte SD de 512 Go. L'an prochain, vivement du 600dpi pour vos écrans 4K.
    • Mise à jour du jeudi soir : j'ai eu des témoignages de téléphones qui font un anévrisme avec un PNG de 30 Mo - je compresse agressivement en JPEG et on tombe à 16 Mo. Quelques artefacts de compression qui n'entachent pas la lisibilité et rappellent nos meilleures pages perso sous Multimania à l'époque où Japan Expo était encore à l'Epita.
  • La carte officielle utilise un code couleur pour trier les stands en catégories (jeux vidéo, manga, cosplay...), mais ils ont changé la couleur de la catégorie "manga", qui passe d'orange à rouge. Du coup, j'ai décalé le cadrage des stands rouges pour les rendre visibles malgré le fond rouge. Vais-je devoir passer à des pointillés l'an prochain ?
  • Comme à chaque fois, j'ai ajouté de nombreux logos sur des stands officiels pour s'y reconnaître plus rapidement. Certains stands hébergeant plusieurs marques (Taifu/Ototo/Ofelbe/NihoNiba en A172 ou Koch Media/Sega/Atlus/Nis America en F663), le résultat est parfois cocasse.
  • Pourquoi le stand de Funko Pop, qui utilise de vraies licences et est en vert sur la liste de Nady, est en rouge sur la carte ? ( ̄ヘ ̄)
  • La piqûre de rappel : pourquoi est-ce qu'il y a des amateurs en rouge ? Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, les douanes ont changé de mode opératoire depuis l'an dernier. Peu importe que vous soyez un "petit professionnel", si vous êtes dans le Hall 5, ne touchez pas aux grosses licences. Et plus généralement : si vous êtes amateur, ne concurrencez pas les produits officiels en faisant des sacs mal floqués avec des logos officiels (stand U711).
  • Autant les amateurs peuvent agir par méconnaissance de la loi, autant il y a des professionnels qui agissent en Loyal Mauvais. Ainsi, Draw My Pad (E665) continue à vendre des contrefaçons trouvées sur AliExpress à prix d'or. Ils ont même tenté de me faire de me faire des câlins non consentants l'an dernier.
  • La Japan Expo ayant 20 ans, elle est en âge de regarder la télé tard le soir avec un oreiller posé sur l'entrejambe ; une sélection de produits pour adultes est mise en avant sur la carte. Tenga a carrément un stand (C148), et Taifu/NihoNiba (A172) nous sort un Takeda Hiromitsu pour l'occasion, c'est dire.
  • Si Nolife vous manque encore, allez chez Omake Books (A642) pour y retrouver les France Five.
  • La météo s'annonce bonne, entre 25° et 30° tous les jours. Ainsi, pas de recommandations particulières sur les parapluies ou la canicule.
  • Comme toujours, si vous avez des stands à recommander, faites-vous plaisir. Merci de votre fidélité et j'espère vous retrouver sur place !

24 juin 2019

Japan Expo 2018 : pourquoi les douanes sont passées sur les stands amateurs ?

Que s'est-il passé ?

Comme chaque année et pour mon plus grand plaisir, les douanes sont descendues à Japan Expo. C'est d'ailleurs l'occasion de découvrir la mine d'informations qu'est le Flickr des douanes françaises, contenant des photos de qualité des produits saisis - un trésor pour jouer aux sept différences avec les produits officiels.

Hey ! Sur les photos, on trouve des produits faits par des auteurs de fanzines !

Sur ce cliché, il y a des badges fabriqués par Frozen Garden (qui était dans le Hall 5, stand E216). Ou ici, des toiles de Manga Art (Hall 5, B214).

Pourquoi les douanes sont passées sur les stands amateurs ?

Tiens, c'est marrant, c'est le titre de cet article. Précision : les stands visités étaient chez les "jeunes créateurs", en bas à droite du Hall 5, à ne pas confondre avec l'espace amateurs du Hall 6 (allez voir sur la carte). Ces derniers n'ont pas été visités par les douanes, même si certains stands le méritaient grave (Hall 6, stand S710).

Okay, je reformule la question : pourquoi les douanes sont passées sur les stands de jeunes créateurs ?

J'avais qualifié la question de "sujet épineux" dans les annotations de la carte de cette année - du coup, on ne peut pas dire que les jeunes créateurs n'étaient pas prévenus. Des fanzineurs expérimentés ont profité de l'occasion pour le rappeler : l'exploitation marchande d'une licence qui ne vous appartient pas, c'est mal. Si vous n'êtes pas dans le cadre d'une parodie, la loi française ne vous protègera pas.

Certes, il en est de même pour les amateurs, mais les "jeunes créateurs" sont casés juste à côté des professionnels, et certains desdits jeunes créateurs font carrément leur propre maison d'édition. Enfin, notez l'emphase sur créateurs ; Japan Expo le rappelle dans le contrat, et il n'est pas très sain de s'autoproclamer créateur si le stand ne contient que des produits inspirés de licences existantes.

Une des grandes différences entre un stand "amateur" et "jeune créateur" est la limitation du prix de chaque article : les amateurs sont limités à 12€ maximum, là où les jeunes créateurs peuvent vendre plus cher. Ainsi, Tsundereko ou Kawa-Soft migrent annuellement entre les deux zones, selon que leurs produits de l'année soient suffisamment qualitatifs ou non pour être vendus au-delà de cette limite. Du coup, certains "amateurs" qui n'avaient que des produits de fanzinat qu'ils souhaitaient vendre plus cher ont simplement pris un stand coté "jeunes créateurs" et ont donc été considérés par les douanes au même titre que n'importe quel stand professionel.

Cette action n'était-elle pas un peu excessive ?

Voici une toile faite par Manga Art, et voici l'oeuvre originale, elle-même un fanart par ailleurs. Basiquement, quand Manga Art pond une toile, cette dernière imite le style de l'auteur original. Dragon Ball est dessiné à la Toriyama, Fairy Tail à la Mashima, etc. De même, les badges et accessoires Pokémon sont en concurrence directe avec l'offre légale proposée par la Pokémon Company. Vous comprenez où je veux en venir : ces produits sont effectivement bien trop proches de l'élément original pour prétendre à la moindre créativité propre ; qu'ils soient produits par de petits indépendants ne change rien au problème.

Quand j'explique plus haut que ces stands ont été considérés par les douanes au même titre que n'importe quel professionel, je ne plaisante pas ; les douaniers ont opéré comme avec les revendeurs de chinoiseries en procédant à la rédaction d'un procès-verbal, saisie des produits, fichage pendant cinq ans dans leurs dossiers, etc. Evidemment, la réaction n'est pas la même ; là où le revendeur professionel de contrefaçons va se contenter de dissoudre sa société et reconstituer son stand en passant commande d'un conteneur en provenance de Shenzen, l'amateur qui voit partir ses encrages de Pikachu va piquer une crise de nerfs.

Pourquoi les douaniers sont-ils allés chez les jeunes créateurs alors qu'il y a une tonne de contrefaçons chinoises vendues par les professionels ?

Avant de commencer, précisons que les stands chinois ont effectivement été visités.

C'est la grande différence entre cette Japan Expo 2018 et les passages des douanes les années précédentes. Là où avant, les douaniers venaient d'eux-mêmes car ils savaient qu'il y avait du procès-verbal à saisir en masse à Japan Expo, ils ont ici été missionnés par les ayants droit. Autrement dit, les éditeurs ont spécifiquement demandé à la douane de se pointer pour saisir des contrefaçons précises de leurs produits.

En lisant entre les lignes, on peut faire un lien entre les différentes saisies : One Piece et Naruto étaient concernés le même jour par les mêmes saisies. Ils ne sont certes pas chez le même éditeur français (respectivement Glénat et Kana, représentés par Viz Media Europe) mais bien chez la même maison mère en son pays (Shueisha). Cette action à Japan Expo fut donc motivée par les japonais qui ont envoyé le même message à leurs différents représentants français en leur demandant de serrer la vis à ce moment précis.

L'autre grande différence : nous avons un nouvel acteur cette année, à savoir les sociétés de protection des droits d'auteur. Elles sont inconnues du grand public, alors accrochez-vous pour le prochain paragraphe.

Les ayants droit (les éditeurs français : Pika, Kana via Viz Media...) représentent les produits et intérêts des détenteurs japonais des licences (Shueisha, Kadokawa, Nintendo...), d'où "ayant droit". Quand un fansub ou un scantrad illégal pointe son nez pixellisé sur le territoire, il appartient donc aux ayants droit français d'agir afin de protéger leur propre intérêt et par extension, celui des détenteurs originaux. Sauf qu'envoyer les emails qui font peur, les mises en demeure, les avocats, les brigades de la mort qui défoncent la porte des scantradeurs à six heures du matin avec des grenades flash, ben les éditeurs, ils ont d'autres chats à fouetter. Alors ils font appel à ces sociétés de défense des droits d'auteur : des entreprises en charge de faire respecter le contrat signé ou négocier les apparitions sur les produits dérivés (Naruto sur les cahiers scolaires, les jouets dans les menus burgers et autres étrangetés).

L'action fut donc tripartite : les éditeurs français, une société de protection des droits d'auteur, et les douaniers. Les premiers ont appelé les seconds, qui ont missionné les troisièmes.

Corrolaire : pourquoi les sociétés de protection des droits d'auteur ont-elles demandé aux douanes de visiter les jeunes créateurs alors qu'il y a une tonne de contrefaçons chinoises vendues par les professionels ?

Parce qu'il est bien plus facile d'y repérer une contrefaçon. Vous n'êtes pas sans savoir que les contrefaçons chinoises sont difficiles à différencier des produits originaux. Par contre, en se pointant sur le stand d'un "jeune créateur" qui a dessiné Pikachu, on sait immédiatement 1) qu'il n'a aucune autorisation, et 2) que le produit n'est pas officiel. La société de protection des droits d'auteur a également tout intérêt à faire dresser un maximum de procès verbaux afin de satisfaire leur client ; il est donc logique d'aligner ces stands à la chaine plutôt que de passer une journée à vider un seul stand rempli de contrefaçons chinoises. L'espace "jeunes créateurs" était donc tout à fait indiqué.

Seconde hypothèse : parce qu'ils ne savaient eux-même pas qu'ils avaient affaire à des amateurs. J'ai contacté la société qui a agi sur Japan Expo 2018, mais ils sont finalement restés lettre morte. Pour leur défense, recevoir un mail signé d'un crétin avec une peluche de raton laveur ne doit pas vraiment ensoleiller votre journée. 

J'ai entendu dire que / Il paraît que / On m'a dit...

Les légendes urbaines ont proliféré sur cet espace de Japan Expo ; ça sentait la trouille, et les légendes urbaines ont fleuri. Non, les douanes ne déchirent pas - et ne font pas déchirer - des originaux, car ils en ont besoin pour établir les procès verbaux (d'où le compte Flickr pointé en début d'article). Les contrefaçons sont certes détruites, mais en toute fin de chaine et pas en pleine saisie pendant une convention ! Non, les douaniers ne passent pas en pleine nuit : vous pourriez avoir l'autorisation d'un ayant droit, et ils ont besoin de vous pour dresser le procès verbal. Et ainsi de suite... Hélas, quand j'ai tenté de corriger les fausses informations, j'ai eu droit à des perles telles que "l'important, c'est que ça fasse du bruit". Le gag étant que pendant que les jeunes créateurs se faisaient choper par les douanes, les vrais escrocs détenteurs de contrefaçons pur jus ont planqué leurs pires pièces sous la table.

Je suis amateur, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • Revenir aux bases du fanzinat, autrement dit "fanzine" : si votre stand est rempli de porte-clés, sacs en tissu et autres goodies basés sur des licences existantes, vous produisez d'autant plus de produits concurrençant l'offre officielle. Restez dans la zone "amateurs" et n'allez pas chez les "jeunes créateurs" juste pour vendre des produits au delà de 12€ ! Par contre, si ces objets sont inspirés de vos propres histoires et personnages, tout baigne.
  • Peut-être lâcher les licences existantes pour créer vos univers à vous ? Un peu poussés par les circonstances, plusieurs artistes ont tenté cela avec succès pendant cette Japan Expo.
  • Ca va paraître un peu dingue, mais : contacter les ayants droit et demander la permission. Dans le milieu vidéoludique, de nombreux éditeurs et développeurs autorisent les YouTubeurs à monétiser les vidéos contenant leurs jeux. Par le passé, les fans français de la Mélancolie d'Haruhi Suzumiya ont travaillé main dans la main avec les différents ayants droit locaux pour aider à la promotion de l'anime, du manga et du roman. De même, l'activité du cercle amateur Monotype est connue de Type-Moon et ses ayants droit français. Gardez avec vous un papier justifiant de cette autorisation : les procès verbaux des douanes lors de Japan Expo citaient bien l'absence de justificatif comme motif de leur action. A l'inverse, si vous essuyez un refus à votre demande, dites-vous que vous venez d'éviter bien des problèmes sur votre prochain stand ! Par exemple, j'ai posé la question à Thomas Astruc (Miraculous, les aventures de Ladybug et Chat Noir) et il m'a répondu le plus clairement du monde
  • Eviter les plus grosses licences : dessiner un énième Evoli ou Naruto, c'est donner le bâton pour se faire battre. Les artistes américains ont carrément établi leur propre liste des licences à éviter. J'ai cité les cas Type-Moon ou Haruhi Suzumiya pour montrer que les produits de niche enchantent tout le monde : les quelques fans sont ravis car les produits dérivés officiels sont rares ou inexistants chez nous, les éditeurs sont aidés dans leur promo sur la portion moins connue de leur catalogue, et les amateurs trouvent leur public au lieu de se cannibaliser mutuellement autour des trois mêmes licences. Dans ta face, principe de Pareto ! Vous pouvez pousser cette logique encore plus loin en vous basant sur des licences qui n'ont pas d'éditeur français...

Je suis organisateur de convention, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • Relisez le contrat que vous faites signer aux exposants qui vous rendent visite. C'est bien beau d'invoquer une phrase type "si les douanes passent sur votre stand, c'est votre faute et pas la nôtre", mais en tant qu'organisateur, votre responsabilité peut être engagée. La loi protège le droit à la parodie ; rappelez-le afin d'avoir une définition communément acceptée de l'activité de fanzinat. Cela évitera les produits trop proches des originaux comme évoqués plus haut, et rappellera qu'un minimum de créativité est attendu de la part de vos exposants.
  • Faute de pouvoir accueillir tout le monde par manque de place, vous faites déjà un filtrage au moment où vous recevez les demandes d'exposants : si vous voyez un amateur qui n'a que des produits dérivés à proposer, réfléchissez-y à deux fois.
  • Méthode utilisée chez les américains et quelques conventions européennes : la liste noire. Vous tenez compte des interdictions des uns (le cas Miraculous déjà indiqué), des saisies des autres (les Naruto, One Piece, Pokémon pendant Japan Expo 2018) et vous demandez aux exposants dans votre contrat de n'apporter aucun produit inspiré par ces licences. Cela demande un travail de veille assez conséquent et imparfait : rien ne garantit qu'un ayant droit décide de changer d'avis ou d'ajouter de nouveaux titres dans ses intouchables. Si vous êtes un petit évènement, rien ne garantit que les éditeurs répondront à vos coups de fil. Bref, c'est difficile et imparfait, mais c'est un garde-fou non négligeable.

Je détiens une licence faisant l'objet de produits dérivés dans le milieu amateur, que faire pour ne pas avoir de problèmes ?

  • S'il s'agit de votre propre licence (par exemple, vous êtes créateur d'une bande dessinée française) et que vous vous éditez vous-même : communiquez clairement votre autorisation ou votre refus. Mettez l'information ou les conditions sur votre site ou dans votre oeuvre (dans la page des copyrights, manuel d'utilisation...).
  • S'il s'agit de votre propre licence et que vous avez un éditeur : communiquez clairement votre autorisation ou votre refus à votre éditeur, car c'est à ce dernier qu'il appartient de défendre votre bout de gras. Si vous êtes d'accord pour que les fans s'inspirent de votre oeuvre, cela évitera que votre éditeur menace inutilement ces derniers, au risque d'endommager votre réputation. Et si vous n'êtes pas d'accord, cela vous évitera d'avoir à gérer cela par vous-même. Il est également possible que votre éditeur ne soit pas de votre avis ; si vous êtes OK, il est susceptible de ne pas l'être, car il doit bien défendre son investissement dans votre travail...
  • Si vous êtes éditeur d'une oeuvre tierce : c'est le cas rencontré à Japan Expo, où les ayants droit français ont été conviés par les producteurs japonais à dégainer les avocats. Sauf que personne n'était au courant de cette action : ni les fans exposants qui se sont fait saisir leurs produits, ni les organisateurs qui n'ont pas pu prévenir lesdits fans de laisser leurs dessins de Pikachu à la maison, ni les visiteurs qui se sont retrouvés bien paumés.

L'article du Parisien indique que les saisies de contrefaçons à Japan Expo sont en baisse. Qu'en penses-tu ?

Le papier se termine avec un raisonnement par l'absurde : "parce que moins d'articles sont saisis, cela signifie qu'il y a moins de contrefaçons". Les années précédentes, les douanes passaient sur des stands professionnels qui disposaient donc d'un inventaire très important de produits mis en vente ; un seul stand pouvait taper à plusieurs milliers d'articles. Or, la politique de 2018 fut de cibler les jeunes amateurs, qui n'ont généralement pas plus d'une dizaine d'exemplaires d'un même produit - quand ce dernier n'est pas unique, comme le cas des encrages Manga Art précédemment cités. En ciblant donc des "artisans" plutôt que des "industriels" de la contrefaçon, forcément qu'il y aura un nombre moins élevé d'objets saisis ! Pour la curiosité, vous trouverez ici des statistiques plus précises sur les stands présents à Japan Expo 2017.

Et pour Japan Expo 2019, ça s'annonce comment ?

A l'heure où j'écris ces lignes (3h du matin), la SEFA ne fournit qu'un "plan global" fort succint, où l'on peut quand même voir que les "jeunes professionnels" sont parqués dans des "villages passion". Je doute que la nuance changera quoi que ce soit pour qui que ce soit ; les ayants droit y voient des zones qui font quand même partie d'un "village pro" - donc tenu aux mêmes règles du respect des droits d'auteur - et les passionnés y verront aussi un coté "fan" - car la passion fait vivre, c'est bien connu. M'est avis que les sociétés de protection des droits d'auteur devraient plutôt arpenter le Hall 6 pour éviter de nouveaux psychodrames, mais ils restent malgré tout dans leur bon droit.

01 juillet 2018

Japan Expo 2018 - Carte édition 10ème anniversaire

Hall 5

Hall 6

MISE A JOUR: La version interactive est ici : https://www.raton-laveur.net/je2018/ (rappel: Un moteur de recherche est intégré pour trouver ou identifier le stand de votre choix et si vous appuyez sur un stand, son nom s'affiche en haut. Une fois chargée, la carte reste dans la mémoire cache de votre appareil - pas besoin de réseau ! Même si vous n'avez pas de réseau 4G une fois au Parc des Expositions de Villepinte, vous y aurez accès)

Dix-huit ans que raton-laveur.net existe, seize ans que l'éditotaku existe, et voilà, dix ans de cartes Japan Expo retaillées pour pointer les contrefaçons et vous guider vers les coins oubliés de la plus grande convention d'Europe dédiée aux gens mal rasés.

Annotations et Zeitgeist

  • Sorti de nulle part et annoncé tout autant, Shigesato Itoi se pointe pour une conférence (samedi 16h, scène Nezumi).
  • Je l'ai indiqué sur la carte mais je le répète : si vous ratez une dédicace ou une rencontre avec un invité, ne vous fiez pas uniquement au planning de Japan Expo avant d'assumer que les carottes sont cuites et allez voir le stand de l'éditeur qui lui a payé son ticket d'avion. Ainsi, chaque stand a son propre planning non listé sur le calendrier de la convention où vous aurez une seconde chance ! Consultez absolument leurs réseaux sociaux : le producteur de Monster Hunter sur le stand Nintendo, une bonne part du village Japon (Hall 5, J218) et j'en passe.
  • Koch Media (Hall 6, E652), dont le nom ne parle pas forcément aux néophytes, abrite ce qui était précédemment un composé de stands Deep Silver, Atlus, Sega, NiS America et j'en passe. Dans un grand jeu d'Hippo-Gloutons comme l'industrie vidéoludique en a le secret, Deep Silver était un éditeur allemand de jeux vidéo (les séries Saints Row, Homefront, Metro arrivaient en Europe par leur truchement) qui s'est fait bouffer par son distributeur, Koch Media, ce dernier amenant également la plupart de vos éditions collector en boutique. Pendant ce temps, Nordic Games, un distributeur autrichien (SpellForce, Aquanox et d'autres titres dont la seule trace subsiste dans nos petits coeurs et sur Gog.com) s'est offert la marque de THQ à la faillite de ce dernier, à la manière d'un Infogrames qui portait la peau d'Atari. Dans le dernier round, THQ Nordic a mangé Koch Media et s'est fait plein de sous grâce à ce rachat. Tout ça pour vous dire que sur ce même stand, vous allez trouver du Yakuza de chez Sega (avec en invités, le game designer et le doubleur du perso principal - j'écris ça de façon détachée, mais je me suis farci tous les épisodes depuis le début de la série en 2005), du Nippon Ichi (le Prinny en chef, dood !) ou du SNK (Yasuyuki Oda, déjà venu à Japan Expo 2016).
  • Le pire stand de Japan Expo : Draw My Pad (Hall 5, E212), qui exemplifie la méthode à la mode pour se faire des thunes quand on ne sait rien faire de ses dix doigts. L'an dernier, j'avais abordé l'arnaque des stands à pochettes surprises, les loot boxes de la vie réelle. Vous n'êtes pas sans savoir que nombre de gens peu scrupuleux sur les Amazon/Etsy/PriceMinister se content de relister des produits achetés à bas prix sur Alibaba, Taobao et autres sites en direct de la Chine, non sans prélever leur dîme au passage. Les coques de téléphones portables, les peluches contrefaites, stickers ou tapis de souris personnalisés ; vous passez commande, ils achètent eux-mêmes au pays du petit livre rouge et vous n'y voyez que du feu. On appelle ça du dropshipping, et il est par ailleurs illégal en France de vendre un produit qu'on n'a pas soi-même en stock. Draw My Pad, sous prétexte de proposer des manettes de jeu vidéo personnalisées, se contente d'acheter un pad Xbox en occase à 30€ et une coque Star Wars contrefaite à 7€, revisser  l'électronique de l'un dans l'autre et vous vendre le résultat - fort cocasse au demeurant quand on parle de Pokémon sur une Dual Shock - à une centaine d'euros. Contrefaçons et forte marge sur le dos des gogos, la recette d'escroc à la sauce soja.
  • Ce qui amène à un autre sujet plus épineux car il s'agit de gens de bonne volonté : les amateurs qui proposent "leur" copie d'un produit officiel. Passant outre la protection liée au droit à la parodie, recopier paresseusement le logo de l'Attaque des Titans sur un mug (Hall 6, S170) ou celui d'Assassin's Creed derrière son propre design de porte-clés (Hall 6, Q666) c'est hors-jeu.
  • No-Xice est de retour ! Hall 6, N705.
  • Mention spéciale au stand Dansleau (Hall 5, N131), qui est un distributeur officiel sous licence de produits... Denver le Dernier Dinosaure.
  • Les auteurs japonais de doujinshi continuent à venir à Japan Expo, mais emportent rarement un traducteur avec eux ; dégainez la méthode Assimil si vous visitez SunameriDrill (Hall 6, N626) ou PythonKid (Hall 6, N633). Ou mieux, apportez-leur des gourmandises bien de chez nous pour leur donner envie de revenir.
  • Le saviez-vous ? La Terre étant majoritairement recouverte d'océans, peu de pays ont un antipode qui ne tombe pas littéralement à l'eau. Cependant, la France tombe en Nouvelle-Zélande ; en tant que fromage-qui-pue, vous ne pouvez pas voyager plus loin que le pays des kiwis. Avant de m'y rendre, j'ai laissé une Mega Drive avec Sonic & Knuckles plaquée contre le sol. Une fois sur place, j'ai planté ma cartouche de Sonic 3 dans le sol, combinant ainsi notre planète dans la plus grande Sega Tower de tous les temps. Tout ça pour vous parler des stands Super Gifts (Hall 5, M129 et HAll 6, E705), venus d'Australie. Et ces fous ont enduré un voyage quasi-antipodal pour nous vendre des cosplays chinois de Sailor Moon...
  • (la carte continue à être mise à jour - pensez à faire tourner vos suggestions si vous avez des stands à recommander, y compris le vôtre !)

03 juillet 2017

Japan Expo 2017 - Remaster HD de la carte

Hall 5 (japanime)

Hall 6 (jeux vidéo)

Version interactive : depuis votre tablette ou smartphone, allez sur http://www.raton-laveur.net/je2017/. Un moteur de recherche est intégré pour trouver ou identifier le stand de votre choix. Une fois chargée, la carte reste dans la mémoire cache de votre appareil - pas besoin de réseau ! Même si vous n'avez pas de réseau 4G une fois au Parc des Expositions de Villepinte, vous y aurez accès. Merci Keul !

Voici neuf ans que la carte officielle de Japan Expo a droit à une seconde couche de peinture : les stands vendant des produits de qualité et ceux à éviter, les conseils pour ne pas tomber dans un hachoir à viande et de l'humour de mauvais goût. J'espère évidemment vous croiser dans les allées - et si ce n'est pas le cas, que ces informations vous soient utiles.

Pour les nouveaux visiteurs : les stands cools et à éviter représentent non seulement ceux vendant des produits officiels ou des contrefaçons (d'après la liste compulsée par Nady, qui en explique la méthodologie sur son site), mais également ceux que je vous recommande ou non. Les endroits à ne pas rater, les conférences intéressantes, les gens sympathiques rencontrés au fil des années... Là où la liste de Nady se veut objective, cette carte se veut bien à la maison - et ce, jusqu'aux curiosités comme les applications radio avec des mascottes oenologiques (Hall 5, stand E224).

Annotations
- Certains stands habitués ont fini par lever le camp. Geekmemore et ses rencontres plus ou moins arrangées selon la fréquentation n'est plus, et personne ne les pleurera.
- Japan's Doors a également décidé de rester à la maison. Pas de secret, le gérant de ce stand connu pour ses produits rares et autres doujinshi cochons s'est épanché dans ce podcast (spoiler : je suis dedans) sur le risque financier pesant sur tout professionnel se pointant à Japan Expo. En version courte, les coûts engagés et la concurrence souvent déloyale des voisins font que bien des sociétés jouent à quitte ou double par le simple fait de s'y pointer.
- Mais alors, où trouver des produits pour grandes personnes vaccinées ? Le stand Anime-Store continue à vendre son label cochon Hot-Manga débuté l'an dernier. La proximité de la date de sortie de certains DVD laisse deviner qu'ils seront en vente sur leur stand, dont Pure Mail.
- Finesse de langage : Bandai Namco Games - les jeux vidéo - n'est pas là, mais Bandai Entertainment - les dessins animés - est bien présent. Dragon Ball, One Piece et Sailor Moon : oui, mais Dragon Ball FighterZ, Little Nightmares ou Tales Of : non.
- A l'inverse, nous avons des revenants : Good Smile Company , qui avait fait l'impasse l'an dernier au profit d'une boutique temporaire à Paris pendant Japan Expo 2016, prend cette année un stand, minuscule au demeurant. De même, Ankama, que l'on ne voyait plus depuis qu'ils ont leur Ankama Convention, prend un stand de taille fort modeste.
- Autre curiosité, le stand JAMRA/CODA, lobby nippon des ayant-droits arpentant les conventions du monde entier pour rappeler que le fansub et les contrefaçons sont l'oeuvre du Malin, reviennent louer un lopin de terre. Ils ont également droit à leur propre conférence. Ne vous attendez pas à voir des brigades organisant des feux de joie alimentés de peluches contrefaites dans la cour extérieure du hall 5 ; ils semblent se limiter à une mission d'information.
- Comme je reste convaincu qu'avoir son propre logo est un privilège payant auprès des organisateurs, j'ai pris la peine d'étiqueter les stands éditeurs. D'après mes recherches, ceci vous aidera à retrouver votre chemin 24,82% plus rapidement que sur la carte officielle.
- Le stand Cerevo, vu l'an dernier avec une réplique à 800€ du Dominator de Psycho-Pass, est maintenant intégré au stand C134, une exposition dédiée à Ghost In The Shell organisée par All The Anime. Ils y proposeront une miniature complètement folle des Tachikoma.
- J'en viens d'ailleurs à un point noir de la carte officielle cette année : c'est un vrai boxon. Le stand C134 abordé juste avant ? Il n'est pas listé, et All The Anime le croyait en B134. De nombreux stands sur la carte ne sont d'ailleurs listés nulle part. Personne n'est à l'abri d'une faute de frappe ou d'un retard, mais je n'avais pas remarqué autant d'erreurs les années passées.
- Si vous êtes venu en 2016, vous ne serez pas dépaysé : beaucoup de stands et d'agencements n'ont guère changé d'une année sur l'autre. On ne change certes pas une recette gagnante, mais l'optimisation des derniers espaces laissés vacants montre bien que Japan Expo cherche à passer le plateau du nombre de visiteurs coincé à 250 000 depuis quelques années... Mais est-ce que ça n'en fait pas la seconde plus grosse convention d'animation japonaise derrière le Comiket ?
- Parmi les stands de contrefaçons et autres escroqueries, une nouvelle mode est à l'affiche : les pochettes surprises et autres "box" mystérieuses. Pour un billet, vous recevez un paquet supposé contenir toutes sortes de gadgets dont la valeur est évidemment supérieure au montant de votre achat. Inévitablement, tous les paquets sont identiques et contiennent les mêmes cochonneries : badges, porte-clés et autres bibelots sans valeur. En 2016, les douanes françaises ont d'ailleurs pris leur temps sur une de ces boutiques - stand qui a le culot de revenir cette année ! La variante de la "box" par abonnement ou par correspondance est du même acabit ; des invendus achetés en gros et refourgués aux gogos trop contents d'en faire la promo avec force hashtags et selfies. Nady a d'aileurs classé Wootbox en stand à éviter depuis que ces derniers lui ont confirmé que leurs "Wootshirts" sont évidemment dénués de la moindre licence officielle.
- Coté évènements, je vous ai pondu une sélection des conférences notables, mais j'attire votre attention sur Masao Maruyama, déjà venu en 2012 et 2014 et dont les conférences valent le détour. Pour le reste, la portion "Anime 100" organisée par les compagnies japonaises est riche en invités intéressants pour la minorité de vieillards que nous sommes ; tout ceci est résumé dans les bordures de la carte.

 

02 juillet 2016

Japan Expo 2016 - La Carte Remasterisée

JapanExpo2016-Hall5mini.png
 

Halls 4 et 5 : éditeurs, exposants japonais, jeunes créateurs et associations

JapanExpo2016-Hall6mini.png
 

Hall 6 : jeux vidéo, revendeurs et amateurs

Version Interactive : visitez http://raton-laveur.net/je2016/ depuis votre téléphone/smartphone ; vous pouvez ensuite chercher un stand via la recherche ou cliquer sur un stand pour avoir son nom. La carte reste dans le cache, vous n'avez donc pas besoin d'avoir accès à Internet une fois à Japan Expo pour en profiter. Merci Keul qui a codé tout ça !

Au cas où vous n'auriez pas vu les éditions précédentes de ce plan : j'essaie de vous guider dans cette gigantesque convention qu'est Japan Expo en remixant le plan officiel pour y signaler où se trouvent les stands officiels (Hall 5, stand B146) ou intéressants (Hall 5, stand M205) et ceux qui proposent des contrefaçons et autres fourberies. Ce qu'il faut savoir, ce qu'il ne faut pas rater (Hall 6, stand A616) et ce qu'il faut éviter (Hall 6, stand B619), le tout bien évidemment saupoudré d'un humour dans l'air du temps.

L'an dernier, Nady avait épluché la quasi-totalité des stands et est de retour cette année. Basiquement, elle a fait le fond et j'ai fait la forme de cette carte. Vous pouvez d'ailleurs consulter ses recherches et télécharger la liste des stands sur son site - merci Nady !

Vous savez comment utiliser ces fichiers : mettez-les en mémoire de votre tablette, smartphone ou Palm Pilot et amusez-vous bien.

Annotations

 

Voilà - bien évidemment, vous pouvez indiquer des erreurs ou suggérer des ajouts via les commentaires. Au plaisir de vous croiser dans les allées et merci de votre fidélité !

28 juin 2015

Japan Expo 2015 - La carte premium

il s'est écoulé 3 ans et 363 jours depuis le 30 juin 2011

Kept you waiting, huh ?Halls 4 et 5 : éditeurs, exposants japonais, espaces mode et arts martiaux

Jouez à SplatoonHall 6 : jeux vidéo, revendeurs et amateurs

Comme pour les éditions précédentes, cette carte modifiée de Japan Expo 2015 est un épluchage en règle des exposants pour séparer le bon grain de l'ivraie ; les gens sympathiques et vendeurs de produits originaux d'un coté, les gens antipathiques et revendeurs de contrefaçons de l'autre. Le tri a été opéré par Nady et je me suis chargé de transposer le tout sur la carte originale avec Paint.Net en ajoutant des blagues débiles. Comme toujours, cliquez sur les miniatures pour obtenir de gros fichiers que vous pouvez envoyer sur votre tablette/téléphone/PS Vita.

J'ai envisagé des solutions pour une carte plus active, de type page HTML5 ou application pour téléphone qui afficherait annotations et conseils sur la carte, mais c'est impossible à réaliser dans le temps imparti entre la publication de la carte officielle et l'évènement lui-même.

Miracle ! En même pas deux jours, Keul a pondu une page web complète avec recherche des stands, localisation, classement et numéro ! Vous pouvez aussi la charger une seule fois dans votre téléphone ou tablette et elle restera en cache, même si vous n'avez pas de réseau pendant Japan Expo ! Merci Keul, qui vous fait ses notes de version dans les commentaires !

http://raton-laveur.net/je2015/ : carte en version Web

Quoi de neuf sous le soleil, qui devrait taper à plus de 30° cette année ?

  • Le stand visité l'an dernier par les douanes n'est pas revenu, la grande majorité des boutiques indépendantes (susceptibles d'héberger des produits douteux) a été migrée vers le Hall 6, loin du Hall 5 réservé aux ayant-droits et clients japonais. Par le passé, le Hall 6 était partagé entre revendeurs à gauche et éditeurs à droite, ces derniers ayant donc une vue panoramique sur les faussaires de leurs propres produits. En 2013, Japan Expo avait envoyé un mail aux exposants pour leur rappeler d'être sages, pour le résultat qu'on sait.
  • Corollaire sur la contrefaçon - vous savez que ce sujet me tient à coeur. Un responsable d'Epitanime, convention attentive sur le sujet, avait résumé le sujet par "la nature a horreur du vide". Ces produits remplissent un espace laissé par les japonais qui proposent des produits trop chers, trop difficiles à trouver, ou qui ne proposent tout simplement rien du tout. Par le passé, il était impossible de se procurer certaines séries sans passer par un DVD aux sous-titres en mandarin, des bandes-son sans logo SM Records ou la moindre peluche sans yeux qui louchent ; au fur et à mesure que l'offre légale s'étend, ces cochonneries disparaissent. Le Toulouse Game Show m'avait expliqué qu'en ne prenant que des vendeurs du sud de la France qui proposent de l'officiel, on ne remplirait pas le quart de leur superficie, il en est de même pour la Japan Expo à l'échelle de l'Europe. Si ces escrocs comprennent qu'ils ne sont pas les bienvenus (par le truchement des exposants officiels qui ont une offre décente, des douanes qui saisissent leur stock, des visiteurs qui les boycottent), ils n'ont plus qu'à partir ou s'adapter. Cette carte vise évidemment ce but.
  • Pas mal d'exposants habituels sont portés disparus : Sony qui préfère mettre le paquet en Europe sur Gamescom et Paris Games Week, AOJI, Animeland... Le seuil de tolérance sur le prix du mètre carré aurait-il été atteint ?
  • Absence amusante : FreeLUG, l'assos des fans français de LEGO, laisse place aux nanoblocks japonais. Je note aussi avec un plaisir non dissimulé la disparition de Japan Mag, alias Made In Japan, qui m'aura consacré une page entière, rien que ça. A l'heure actuelle, ils semblent avoir un peu de mal avec leur comptabilité.
  • Autre absence notable : pas de nouvelle Japan Expo USA. L'édition de 2014 n'a pas atteint ses objectifs, et de mauvaises langues ont même affirmé que le cinquième jour de la Japan Expo 2014 parisienne avait pour seul but de renflouer les caisses après le lourd investissement de 2013. Que ce soit à Marseille ou en Californie, la SEFA a pour habitude d'exporter une recette francilienne qui n'est pas toujours compatible avec les sensibilités locales. Par exemple, les sudistes français ne paient pas leur mètre carré au même prix que la capitale, et les américains ont un peu de mal avec le concept "toute sortie est définitive".
  • La Japan Expo 2014 sera donc la seule édition sur cinq jours, vu que nous repassons sur un planning de jeudi à dimanche. Les visiteurs ont fini au bout du rouleau, et les exposants professionnels ont eu du mal à justifier de travailler plus de 6 jours d'affilée.
  • Petit ajout à la carte que j'ai pu concrétiser cette année : un petit extrait des évènements les plus intéressants pour chaque salle est inclus sur leur emplacement avec date et horaire. Je n'ai pas indiqué les dédicaces notables, car ça n'intéresse qu'une minorité aguerrie qui n'a pas besoin de conseil.
  • Je reste persuadé que les stands qui ont eu droit à un logo sur la carte officielle (Square-Enix, Nintendo, Bandai) ont dû payer pour ce privilège. Du coup, c'est bibi qui s'est coltiné l'ajout des logos sur les autres stands des éditeurs - pas de jaloux !
  • D'ailleurs, certains logos étaient dans une résolution illisible (peut-être parce qu'on leur a refilé des visuels foireux, allez savoir) ; j'ai ajouté un pack de textures HD, par exemple sur les expositions Evangelion, Hiromu Arakawa et Shichiro Kobayashi.
  • Je parlais plus haut de la superficie démentielle de Japan Expo, qui laisse ainsi entrer quiconque paie son stand. Ainsi, entre contrefaçons et exposants qui n'ont parfois aucun rapport avec la thématique, l'évènement a parfois un goût de cour des miracles. Cette année, la palme revient à Odin Electronics, emplacement 5A-M90, qui revend... du matériel de sécurité ! Auraient-ils confondu Japan Expo et Eurosatory, salon consacré à l'armement qui a également lieu au Parc des Expositions de Villepinte ?
  • Autre stand curieux, Japanezoom.com (emplacement 5A-J111), site qui héberge des vidéos pour le moins ambigües. Gardant un souvenir ému de ma rencontre avec Nana Nanaumi sur son stand à Japan Expo 2009, je ne manquerai pas cet arrêt.

Comme toujours, vous pourrez me croiser dans les allées de la convention. Amusez-vous bien, pensez aux conseils écrits sur la carte et merci pour votre fidélité !

30 juin 2011

Japan Expo 2011 - La Mégacarte

Après l'hypercarte 2008, la powercarte 2009, l'ultracarte 2010 faite par Arez, tant de fidélité ne pouvait donner qu'une Mégacarte.

C'est pas ma faute.

 

Okay, j'admets, c'est ma faute.

La SEFA ayant cette année distribué l'agencement sous forme de PDF incomplets et de JPG sous-dimensionnés, nous avons dû bosser avec les moyens du bord - métaphore appropriée quand Arez m'a aidé depuis son Joli Bateau. Deux fichiers, donc : japanime d'un coté, jeux vidéo de l'autre.

Quoi de neuf cette année, pendant que nous avons épluché chaque exposant pour trouver ceux qui sont à visiter et ceux à éviter ? Dans nos recherches, nous avons hélas remarqué que la contrefaçon est encore très présente : toujours aux mêmes endroits (en bas à gauche), rendant les affiches des organisateurs appelant à la bienveillance des visiteurs toujours plus décevantes. Nous avons aussi remarqué la présence de gens qu'on se demande franchement ce qu'ils foutent là, comme l'opticien Paris Miki, orienté vers les gens qui ont plus d'argent sur le nez que sur votre CCP. Mettez ça dans votre smartphone et croisez-moi dans les allées pour me parler de gâteaux.

 

Pendant ce temps : Arez, Poshu et moi tenons depuis quelques mois un podcast hebdomadaire sur les jeux vidéo, et je pense qu'il a trouvé son rythme de croisière. Il est disponible sur le Joli Bateau, sur iTunes, et il est diffusé toutes les deux semaines le vendredi et le dimanche sur Radio Tsumugi.

20 juillet 2009

Les fanzineux, ces "gueux" des conventions Manga

Par Torog, qui écrit pour la seconde fois pour l'Editotaku

En parcourant les reviews de l'Epita il y a un bon mois de celà, il y avait un truc qui m'avait frappé. Entre les listes d'activités, les achats effectués, les rencontres réalisées, quasiment pas une seule fois n'est venue une seule évocation à l'égard des fanzines, si ce n'est un bref "Les fanzines étaient relégués comme chaque année tout au fond", comme photocopié de review de blog en review de blog.

Il y a quelques semaines, Gemini dans un article de préparation à la Japan Expo, en parlait ironiquement, je cite "les fanzines et les associations (les gueux) sont mis à l’écart". On avait aussi le « Ghetto des Fanzines » de l'hypercarte du Raton & d'Arez.

Car il y a une constante, quelque soit la convention : Le fanzinat, du moins en france, est bien souvent la partie des conventions la plus méconnue, la plus oubliée je dirai.

Un COMBLE! Sachant qu'au Japon, c'est bel et bien le fanzinat qui rythme les conventions. Les stands vendant des doujinshis se comptent par milliers (35 000 au dernier Comicket) et les acheteurs font la queue parfois pendant des heures pour acheter leur exemplaire exclusif de leur doujinka favori.

Alors pourquoi? Pourquoi en France la plupart des gens se fichent-ils complètement des fanzines? Soyons complètement honnête, le coin des fanzines, c'est souvent le lieu où l'on va se promener comme il y a moins de monde. On regarde les dessins, on fait rapidement le tour puis on retourne aux boutiques officielles.

Bien vite.
Trop vite.
Et en même temps, c'est pas étonnant.

Le bouzin amateur chez les Waponais

En 1975, alors que le marché du Manga au Japon se casse la figure, de jeunes étudiants décident de monter un event, qu'ils nomment Comic Market, qu'on surnommera plus tard Comicket. Parmi eux, Yoshihiro Yonezawa, aussi surnommé « Dieu des Fanzineux ». Le Comicket est dans sa vocation d'origine, l'évènement des amateurs. On y vend dans un premier temps des fanzines, nommés Doujinshi là-bas, mais par la suite du roman amateur, des jeux et également de la musique. Les dessinateurs se rassemblent en équipes, nommés circle, et publient des recueils d'illustrations ou de mini-Mangas.
Avec le temps, l'évènement gonfle, et l'avènement de la culture Otaku le pousse aux nues. Les cosplayeurs en font leur fief et il s'installe en 1996 au Tokyo Big Sight, la plus grande salle d'expo du Japon.
C'est encore et toujours actuellement la plus grande convention de Japanime du monde. +de 550 000 visiteurs pour les dernières éditions (Japan Expo : 165 000 pour la dernière)


Le catalogue du Comiket est un pavé aux pages fines.
Dedans, 30 petits carrés par page, chaque carré=un stand...

En France, on fait des queues de trois heures pour chopper une dédicace de CLAMP. Là-bas, une queue de trois heures pour acheter son fanzine exclusif.

De nombreux auteurs connus, CLAMP, Rumiko Takahashi, Ken Akamatsu, Oh! Great, Hagiwara Kazuki, ont démarrés dans ce milieu avant de devenir pros.
Les cercles de fanzines les plus connus sont adulés, et leurs doujins se revendent parfois à prix d'or dans les boutiques spécialisés, après l'évènement.

Dans le domaine des Jeux vidéos aussi, quelques projets connaissent une grande popularité, comme l'effrayant succès de Touhou depuis quelques années. Sans compter bien évidemment les inombrables visual novels de qualité proposés par des équipes. Un succès qui fit que des jeux issus de cercle comme Type-Moon, par exemple Fate/Stay Night ou Tsukihime furent adaptés en anime par la suite.

Et par chez nous comment qu'ça s'passe?

Le fanzinat Manga Francophone ne date pas d'hier. De nombreux magazines amateurs font leur apparition dès le début des années 90, plus précisément à la suite de la parution d'Akira chez Glénat. Pour n'en citer qu'un : Le célèbre Animeland, aujourd'hui encore premier magazine de Japanime en terme de chiffres de vente.

Quelques auteurs issus du monde du fanzine réussiront également à passer dans un cadre plus professionnel, citons bien évidemment Florence Torta et Philippe Cardona, auteurs de Sentai School, mais aussi et plus récemment encore Rosalys, auteur sur le net d'un Franga en ligne basé sur l'univers du MMORPG Fly For Fun.
Animeland X-Tra y consacre régulièrement une rubrique, les « Stars du Fanzine ». Une seule page en fin de magazine, rubrique tenue par un certain Gerald Galliano.

Il y a en France actuellement 150-200 équipes différentes de Fanzineux. Des équipes se montent, de plus en plus rares ces dernières années, de nombreuses meurent également. Les équipes choisissent souvent de se structurer légalement en Association, pour espérer obtenir quelques fonds pour faire tourner leurs produits. Dispersés un peu partout dans le pays, les fanzines sont souvent limités en termes de moyens, et on voit par exemple assez rarement des fanzines du sud monter à Paris, à l'exception peut-être de grands events comme JapanExpo.
Résultat, les conventions Parisiennes ne sont en général blindées QUE de fanzines de Paris.


Les Enfants du Soleil, un fanzine de qualité dédié aux Mystérieuses Cités d'Or

Cela bien évidemment à cause du manque de moyens financiers. Le fanzineux peine déjà souvent à rembourser le prix de son stand, alors ne pensez même pas à rembourser les frais du voyage! Le prix du stand dépassant facilement la soixantaine d'Euros pour une convention Parisienne, même pour la formule la plus économique - Sans compter les éventuels badges supplémentaires pour pouvoir faire venir tout les membres de l'équipe).

Alors peut-on parler d'une véritable communauté de Fanzineux en France?
L'association Ryoko s'occupa autrefois de rassembler les fanzineux, et c'est de ses cendres que naquit ce qui actuellement est le noyau du Fanzinat Francais:
Depuis 2001 en effet, un semblant de communauté est apparu, grâce à l'initiative de l'association Meluzine, qui tente de recenser, rassembler et aider les fanzineux francophones. Montée entre autre par le sieur Gerald Galliano, un vieux de la vieille des Conventions Manga. Le (vénérable) Gerald qui proposa entre autre à Phillippe Cardona (Qui publiait alors dans le Fanzine "Dream On") de rencontrer les gens de Coyote Mag, pour une prépublication dans leur magazine, ce qui conduisit au succès que l'on connait de Sentai School.
Meluzine participe à de nombreux évènements, dispose sur son stand les fanzines des asso qui n'ont pu se déplacer, et publie quelques papiers intéressants tels que le « Guide pour monter son propre Fanzine ». L'asso propose également un site internet avec un forum dédié à l'entraide, et organise aussi de temps à autre quelques rencontres entre fanzineux.

C'est tout. La plupart du temps, les fanzineux restent isolés dans leur coin, quand certains ne se tirent tout bonnement pas dans les pattes, ou gardent jalousement leurs « secrets de fabrications », alors qu'ils n'en sont pour la plupart qu'au stade de « Comment survivre? ».
Bonjour l'ambiance...

Parce que personne n'ouvre jamais sa gueule à ce sujet

Malheureusement, et donc pour quelques exceptions Parisiennes, le montage du Fanzine se fait bien souvent à distance, via le net, les personnes de l'équipe ne se rencontrant souvent qu'à la Convention même!

Résultat, le premier effet pervers qui plombe énormément de fanzines : Le manque de personnalité. En effet les équipes de fanzines sont montées la plupart du temps par des rassemblements de dessinateurs. Elles sortent donc des recueils de tout ce qu'elles font, mais trop souvent, il n'y a aucune cohérence dans ce qu'elles publient. Elles se réunissent sous un nom, éventuellement un semblant de mascotte, mais bien souvent se limitent à « nous sommes une association de dessinateurs, qui soutiennent les nouveaux qui veulent publier leur propre Manga »

Les équipes finissent donc par se noyer dans la masse et être des équipes de dessins parmi tant d'autres. Tout au plus vaguement orientées l'une ou l'autre vers un genre comme le Yaoi, où un thème général comme la fantasy, ces équipes font donc preuve d'une NON-originalité malheureuse.


Le studio Gothika, des Yaoiistes soignées. La SEULE fois où j'ai acheté du Yaoi car
Sephiroth qui se branle (de dos) en 4ème de couverture, ça n'a pas de prix...

Personnellement, les trucs d'Elfes et de Fantasy, j'en ai un peu rien à battre. J'ai WOW, Tolkien ou ADD pour ça. Il n'y a rien de plus archétypé et chianteux que la Fantasy, quand on reste à un niveau basique. Pas vraiment le must pour se différencier de la masse, non?
Et pourtant bon dieu le nombre de fanzines qui ne font que ça, des fans frustrés de Lodoss à n'en plus compter, qui ont tellement bouffé du Tolkien qu'ils ne peuvent recracher que ça...

J'aimerais tomber sur des histoires de SF, du mecha, des trucs funs, et non sur l'équivalent de Twilight en Fanzine.
Pourquoi pourquoi pourquoi on ne trouve quasiment jamais de fanzines de purs Otaques ou de Geekos?
Pourquoi tout ces trucs mielleux, Kawai ou Chibi et jamais une once d'Hentai?
Pourquoi au fond continuer à faire des trucs qui ne plaisent qu'à la personne qui dessine? Et enfin chercher à faire plaisir au lecteur, histoire d'avoir un brin de reconnaissance.
Pourquoi dessiner, si c'est pour dessiner dans son coin, en se fichant complètement si ça va plaire ou pas aux gens?

"Alors voilà, on va s'appeler le fanzine machin, et on va faire des dessins", voilà comment on peut résumer vulgairement la chose.
Lorsqu'il s'agit de supporter une série existante (Ex: fanzine "Fruits Basket Book"), le problème se pose moins : Le fanzine trouvera facilement son public. Mais la plupart du temps, certaines zines finissent déja à l'oubliette avant même de se lancer vraiment.
Même si l'on fait ça pour le fun, essayons juste de réfléchir un peu, histoire que ce que l'on crée puisse être visible. Sinon, autant rester seul chez soi à dessiner, non?

Sans rire, alors que le milieu amateur serait justement l'occasion de se lâcher et de raconter des histoires vraiment originales, ben on retrouve trop souvent des histoires pauvres, et pas seulement au niveau graphique. Scénarios fades, scénaristes soutenus - Jamais on n'ira leur dire - ben non, c'est vraiment pas terrible ce que tu fais, il faudrait changer ça et ça. Dessinateurs de qualité MAIS qui ne savent pas se mettre en valeur. Entre mièvrerie et talent gâché, le monde du fanzinat aurait, à mon humble avis, besoin d'un grand coup de pied au cul.
Je ne voudrais pas comparer au Japon, où même au fanzinat franco-belge, mais y'a quand même un sacré gouffre et c'est bien malheureux...

Quand aux jeux vidéos, c'est encore pire. A quand un visual-novel à la Française? Pourquoi aucune équipe n'a osé se lancer là-dedans? Les seuls projets amateurs présentés ici-bas n'étant souvent que des jeux codés sous RPG-Maker, voire quelques mini-jeux de bonne facture tels que Naruto-Mini.

Quand le Marsouin fait sa loi

A l'Epita de l'an dernier, un collègue Fanzineux avait sorti un recueil d'illustrations du style "1001 façons de démolir Naruto". Il n'en restait quasiment plus le samedi soir. Même pas eu besoin de proposer le fanzine, les gens se marraient tellement en voyant la couverture qu'ils achetaient le fanzine d'office. Et c'est pas étonnant : C'est si RARE!

Il y a quelques semaines, Capitaine Caverne, un autre fanzineux, avait poussé son coup de gueule dans les commentaires de l'Editotaku à propos de la tendance actuelle de certains fanzines à ne plus proposer que des dessins ou mangas liés à des séries connues.
On sent là la frustration de la personne qui propose son propre taff original sur son stand, galère à survivre, et qui voit le stand à côté se débrouiller beaucoup mieux car il propose des dessins de Norauto.

J'ai envie de lui dire : Et alors?

D'après vous, que viennent chercher les gens en convention la plupart du temps? Vers quoi vont-ils donc être attirés?
Qu'y-a-t-il de mal donc à proposer des fanarts d'œuvres déjà connues, si ça fait plaisir aux gens? On est bien dans le cas de fan-magazine, d'autant plus que nombre de doujins au japon sont des histoires basés sur du matos célèbre. De surcroît, un grand nombre d'équipes ne survivent que grâce à ces posters ou cartes de type fan-art, leurs fanzines ne se vendant quasiment pas.
C'est une grossière erreur déjà de croire qu'on peut se démarquer en proposant uniquement quelque chose d'original. A moins d'être une bête en dessin où d'avoir une idée de génie, on va forcément passer inaperçu au milieu de la masse des fanzineux, d'autant que le problème du manque de personnalité vient jouer énormément là aussi. Certains fanzines de qualité réussissent pourtant de la sorte, mais vraiment parce que leurs dessinateurs sont très bons. On peut citer par exemple l'excellent Sword X Sorcery.

La plupart du temps, les fanzineux ne sont rien de plus que des fantômes face au public qui passe, à peine intéressé.
Alors que faire? Que se passe-t-il si on pousse le problème dans l'autre sens?

Prenons par exemple les trois volumes hors-série du Fanzine Furyo, l'un des plus vieux fanzines encore en activité, dont le dernier numéro est sorti à cette Japan Expo 2009. Le dessinateur principal m'a confié qu'il ne vendait quasi plus que ceux-là, ses vieux fanzines d'œuvres originales ne marchant pas plus que ça à présent.


Chez Furyo, on aime bien les séries connues

Les fanzines hors-séries étaient consacrés uniquement à de la parodie, et malheureusement à seulement TROIS séries, à savoir Naruto, Bleach et Death Note. Là par contre, on sentait bien la volonté de faire un truc qui allait forcément se vendre. Celà n'enlève rien à leur qualité, les strips étant vraiment très drôles, mais c'est dommage de se limiter ainsi.
Pourquoi ne pas placer de temps en temps une référence à d'autres Mangas moins connus mais tout aussi excellents? Seulement trois Mangas au bout de trois numéros entiers, on tombe là par contre dans un manque d'originalité!

Vous voyez le problème? Comment trouver le juste milieu?

La solution consisterait peut-être à proposer donc un peu de produits issus de séries connues, histoire d'attirer les gens, de leur dire « hé! Venez voir, j'ai peut-être des choses qui pourraient vous intéresser » mais également un peu d'œuvres originales de qualité, qu'on pourra leur proposer lorsqu'ils auront bien accrochés sur le reste.
Pas évident malgré tout, le plus dommage étant que souvent les gens foncent tête baissée sans vraiment réfléchir à ce qu'ils vont proposer. Et ils se retrouvent à traîner des années durant des fanzines invendus et non-rentabilisés, incapables d'obtenir suffisamment de sous pour sortir de nouveaux numéros et évoluer.

Un bref encart bonus : La vidéo amateur

Il y a par contre un domaine ou la France ne s'en sortait pas trop mal il y a encore quelque temps, et c'est bien celui du fan-film. En 1994, se rencontrant à une des rares "conventions" de l'époque, un certain Alexandre Pilot et de sympathiques Otakus du sud tournèrent en une heure une petite production à l'arrache sur un parking. Des super gentils se battant contre le méchant poubellator venu dominer l'univers. De petits films tournés sans aucun moyen, des costumes ridicules, un montage galère au magnétoscope. Eté après été, les potes se retrouveront dans le sud et ses magnifiques paysages ensoleillés, et tourneront de nouveaux épisodes de cette série qui est le pilier du mouvement vidéaste Manga de Convention: Les Bitomans.


Pourquoi on t'enrôlerait? On n'accepte pas les chevelus! Putain de Hippie...

14 épisodes plus tard, Bitoman à fait des petits : Qu'ils s'appellent Capoue Fighters, Une Case En Moins, les Guardians ou encore la Funglisoft. Les gens qui faisaient des vidéos se sont rencontrés, ont réalisés des crossovers, ont bien déconnés, se sont bien amusés, et le Cartoonist s'est écroulé. Encore une histoire de gros sous qui disparaissent étrangement...
Les gens râlèrent parce que France Five faisait trop pro, perdant la fraîcheur de Bitoman.
L'ère des vidéos amateurs fut terminée un temps, la convention étant celle qui soutenait le plus le mouvement.
Et certains vidéastes se rencontrèrent quelques années plus tard de nouveau pour monter Nolife, une petite chaîne de télé.

Dans un cercle relativement restreint de passionnés, la chaîne permit le lancement de quelques nouvelles séries, les vidéastes se professionnalisant un peu plus. Mais combien reste-t-il vraiment d'équipes amateurs continuant des projets? Combien de nouvelles équipes voit-on naître à présent? Ceux qui tournent encore se comptent sur les doigts d'une main.

Cette année, la vidéo est peut-être bien repartie. Des équipes sortent de nouveaux projets, le Japan Expo nous propose un espace entièrement dédié aux vidéos amateurs, et les séries de Nolife cartonnent. Comme dirait Jean-Yves, un pote Breton, Pourvu que ça dure.

Conclusion + Petit guide d'achat

-> Amis fanzineux n'hésitez à vous lâcher plus, à mettre plus de personnalité dans vos œuvres, à vous affirmer et vous mettre en valeur. Solution la plus simple? Consolider l'esprit d'équipe! Remplissez nos bibliothèques, faites nous rêver de vos dédicaces!
-> Amis visiteurs, attardez vous un peu plus à vous balader dans la partie fanzine, et dites aux fanzineux ce que vous pensez vraiment de leur travail. Avec de l'honnêteté, et quitte à dire « Ben non j'aime pas. Mais tu devrais changer ça et ça, ce serait plus fun comme ça je pense».
Et puis passez bavarder. Autant les personnes tenant les boutiques n'en ont pas grand chose à faire de vous, lorgnant plus vers votre portefeuille. Autant les fanzineux sont des gens sympas, avec qui on peut causer, qui en plus ont un pied à terre dans la convention. Peu importe que vous ne leur achetiez rien, venez vous amuser et déconner, créez vous des connaissances, c'est pour ça qu'ils viennent proposer leur travail de fans en convention, pas pour espérer en tirer un quelconque bénéfice monétaire.

Pour terminer, un bref listing histoire de conseiller quelques autres excellents fanzines, pour ceux que cet article aura éclairé un peu sur ces choses méconnues :


Une aire de combat type dans DBZ est équivalente à deux ou trois terrains de foot d'Olive & Tom.
C'est à dire 20 km environ

- A commencer à mon sens par ce qui est le must en la matière : Le fanzine Ikki. Des dessins qui n'ont rien d'extraordinaire, une qualité de fanzine juste correcte, MAIS une personnalité qui détonne, une équipe qui déconne, des références à balle à se pisser dessus. Chez moi, mes 17 numéros d'Ikki sont rangés dans ma bibliothèque, au côté de mes volumes de Jojo's Bizarre Adventure, c'est dire... Et en plus, ils ont trois numéros géniaux entièrement dédiés au Hentai (2-3 Euros)
- Le Fanzine I.C.O.N. Un format Manga, 150 pages d'excellentes BD, avec notamment l'excellent « Psychomantium » d'Eskhar, très inspiré de Blame! de Tsutomu Nihei. De la personnalité, de l'humour, et un tout petit prix (4,50 Euros)
- Le fanzine de l'équipe T@tsu, des gens super sympathiques. Les seuls à faire du fanzine sur CD-Rom, un CD d'ailleurs blindé de contenu, et offert avec les MEILLEURES dédicaces du monde, Yay!(5 Euros)
- Les gens de DragonBall Multiverse, qui font une petite BD faisant suite au Manga d'origine, également dispo sur le net. Qui déplaira à certains ultra-gagaballiens, mais qui est quand même vachement sympa. Pour ne citer qu'une équipe ne faisant que du pur fan-magazine, mais le faisant bien.
- Bon ben, nos travaux à nous z'aussi ! Promis, on bosse d'arrache-pied pour vous offrir de nouvelles conneries très bientôt!
- Et enfin, on termine par les petits nouveaux, les derniers arrivés. En l'occurrence la SOS Brigade, avec leur fanzine sur Haruhi Suzumiya. Une fois de plus, en lisant les retours on s'aperçoit que pour beaucoup de personnes, c'est le premier fanzine qu'elles achètent!
Un numéro tout à fait correct pour un premier essai, on attend donc le numéro 2 ! (3 Euros)

Quand à ceux qui voudraient tenter l'aventure, lancez-vous! Si vous avez des idées, si vous voulez enfin voir une convention de l'intérieur et rencontrer plein de gens sympa, tentez le coup, lâchez-vous, montez votre fanzine!

Merci à Gerald Galliano pour ses infos sur Meluzine

12 juillet 2009

Japan Expo 2009 - Compte rendu

Les "fans de japanime" français (vous savez, ceux qui téléchargent pour ne pas acheter et qui s'autoproclament "otaku" comme s'il s'agissait d'un honneur) considèrent leur voyage à Japan Expo comme leur pèlerinage annuel. J'ai peut-être une définition pervertie, mais pour moi, un pèlerinage, c'est un voyage où l'on se sort les doigts du cul pour souffrir sa race et expier ses fautes, avant de ressortir grandi d'une expérience qui ne tient pas forcément de la partie de plaisir. Et ca tombe bien, parce que cette année, ceux qui venaient en croyant s'amuser en sont ressortis avec quelques douleurs bien placées

Dans notre pays, la plus grosse chaine de boutiques de jeux vidéo est Micromania. Cette réussite est dûe à une différence assez notable dans la politique d'embauche : les commerciaux avant les gamers. Pour chaque CV déposé chez Micromania, la direction préfèrera invariablement un BTS en marketing qui connait vaguement Wii Sports à un nerd qui joue depuis le berceau et a un diplôme en informatique. Peut-on dire que c'est une mauvaise politique quand on observe leur succès ? Bien sûr que non. A cet instar, rendons à César ce qui appartient à Mozart, ou un truc du genre : Japan Expo voulait devenir la plus grande convention de japanime d'Europe, et on peut dire que ce but est atteint. Une expansion vertigineuse d'un évènement qui s'est toujours voulu massif. Mais là aussi, à quel prix ? En vendant de l'espace de stand à prix d'or, et surtout, à n'importe qui ?

Pas besoin de revenir sur l'hypocrisie d'une entreprise qui se prétend contre toute forme de contrefaçon, mais continue à accueillir, année après année, les mêmes Konci, New City Games et compagnie. L'an dernier, Square-Enix avait fait constater par huissier et avocat les version piratées de leurs produits ; cette année, ils sont passés à l'attaque deux jours après Japan Expo. On peut cependant s'interroger quand cette même boite abandonne son public jeune et influençable à 20 mètres de la sortie, au milieu des organisateurs qui guident les arrivants, à des inconnus qui font la promotion d'une secte. On peut tout autant s'interroger sur la présence d'une actrice japonaise de films de cul, accompagnée de producteurs du cru. Pareil pour les équipes de fansub qui avaient un stand : combien travaillent sur une série en négociation chez un éditeur alors que les ayant-droits japonais de passage à la JE apprécient moyennement tant d'exposition pour ce qui reste une distribution sauvage de leurs produits ? 

Cet évènement est un véritable paradoxe entre professionnalisme et amateurisme. Rien que le budget de la scène accueillant les AKB48 et leurs textes qui m'empêchent de dormir doit dépasser la trésorerie de n'importe quel autre évènement en France. Et pourtant, on retrouve les mêmes stands importants des éditeurs et boutiques, tous agglutinés devant l'entrée qui piègent la foule, coinçant un monde fou au bout de 50 mètres et qui n'osera guère s'aventurer plus avant vers les fanzines ou les salles de conférences. C'est bien pour cette raison que les supermarchés gardent tous les achats primordiaux (la bouffe) au fond du magasin, vous obligeant à traverser de longs linéaires bourrés de tentations (fringues, divertissement) ; on sait pourquoi vous êtes venu, mais rien ne nous empêche de vous faire découvrir des trucs intéressants avant d'y arriver. 

Au Comiket, les stands les plus populaires sont repérés par les organisateurs et plaqués contre les murs, afin de limiter les files d'attente qui bloquent la circulation. Mais à Japan Expo, aucune gestion des flux, ou si peu ; le stand de la Brigade SOS a pu faire ses chorégraphies de Hare Hare Yukai sur une grande place en fin de hall (et non en squattant toute l'allée comme en 2008) uniquement parce qu'ils avaient réservé leur stand à la fin des inscriptions, et non parce que les organisateurs les avaient catalogués comme ayant besoin de place. Avec 160 000 visiteurs cette année, il serait peut-être temps de surveiller qui bloque les allées, non ?

En parlant de surveiller, je crois que nous avons été repérés avec nos cartes modifiées.

Je dois donner l'impression de râler, mais franchement, j'ai passé un bon moment. Je ne m'en cache pas, hein, mais comme l'an dernier, j'avais quelques avantages qui facilitaient mon existence par rapport au visiteur lambda. Avoir un point de chute sur le stand de la Brigade SOS avec de la bouffe et des chaises, ne pas faire la queue pour entrer, rencontrer des lecteurs et des lectrices dans chaque allée, mine de rien, ça aide. Ca aide face au déluge, face au boucan permanent, face aux free hugs qui commencent à sérieusement se comporter comme une infection virale - des poches de contamination qui se rencontrent et cherchent de nouvelles victimes, assez fascinant à observer.

On a même trouvé un bon vieil antidote contre ce fléau : le cordon de sécurité. Quand ils traînaient du coté des haruhistes, les mecs se mettaient en ligne à coté d'eux et les regardaient dans les yeux, façon régiment de CRS ou équipe de France de rugby face aux All Blacks ; et dans un réflexe quasi-animal, on voyait cette horde d'une centaine de personnes dévier sa route et continuer son défilé plus loin. Fascinant, je vous dis. Ils ont même cherché la provocation à quelques reprises, mais j'ose croire qu'ils réalisaient que si ça frittait, le mouvement free hug serait banni de toutes les conventions de la planète - certains évènements refusent déjà leurs pancartes à l'entrée.

 

Pendant ce temps :

  • Gag. Dans mon compte-rendu de Japan Expo 2008, j'écrivais : "Nolife est une chaine entièrement dédiée à ce pays, et je m'étonne que le ministre nippon des affaires étrangères n'ait pas encore investi dans cette voix du peuple." Devinez quel office du tourisme passe maintenant des pubs sur cette chaine ?
  • Blogosphère (Dieu que je hais ce mot) : dans la barre de menu sur votre gauche, j'ajoute les liens vers les copains de No-Xice (qui étaient à Japan Expo), Maxobiwan qui est le meilleur spy dans notre équipe Team Fortress 2, Tsuki-Board (ou MyFigureCollection) pour les figurines en plastique, Peav' qui a gentiment demandé, et pourquoi pas le vôtre ? Si vous avez une jolie bannière en 88x31, envoyez-moi ça dans un mail et je l'ajoute.
  • La chanson des Puyo ! Prenez le thème de Mon Voisin Totoro et remplacez "Totoro" par "Pupuyo". Merci Sega.
  • Blogosphère, suite : ceux qui suivent l'éditotaku depuis un bout de temps doivent savoir que quand j'avais un article trop crade ou hors-sujet, je le postais sur Soviet Voice. Et si vous ne le saviez pas, tant mieux, parce que le but de ce clivage était précisément de vous préserver de conneries aussi cruelles que Dating Slime, ma série d'articles sur les sites de drague. Mon sens de l'humour était d'ailleurs tellement violent que je viens de me faire bannir... Tout ça pour dire que si vous avez un site (pas forcément axé otaku) qui accueillerait irrégulièrement des textes sans rapport avec les animes ou les jeux vidéo et écrits par un raton-laveur qui frappe des bébés au petit-déj', vous devriez peut-être me contacter. 
  • Quartier Libre : la semaine où vous postez vos propres articles pour faire la promotion de votre plume arrive la semaine prochaine : ça commencera dimanche 19 juillet, pendant la session IRC. 
  • Les coyotes de chez Geek-Channel, qui m'avaient interviewé pendant l'Epitanime vers 2 heures du mat', ont finalement posté la vidéo. Il était 2 heures du matin, je vous dis !
  • Le gros tableau des arguments contre les téléchargeurs de fansubs qui n'achètent rien en retour est maintenant disponible indépendamment de l'article sur Made In Japan, en joli format HTML tout simple dans la section des vieux articles. Si vous avez la flemme de les raisonner, envoyez-les vers cette page et laissez reposer.

01 juillet 2009

Scène de Japan Expo


Histoire vraie illustrée par Sedeto, à mettre en parallèle avec la scène d'Epitanime publiée le mois dernier. Cette semaine, vous pourrez donc me trouver dans les halls de la Japan Expo 2009, cordialement forcé invité (une fois de plus) par Axel Terizaki. D'ailleurs, si vous paniquez une fois à l'intérieur, pensez à vous rendre sur son stand ("Brigade SOS"), largement signalé sur la carte améliorée par nos soins.

 

Pendant ce temps : vous vous souvenez de la japonaise cosplayée en Hatsune Miku que j'avais interviewée l'hiver dernier ? Elle a traduit notre petit échange avant de le poster sur Nico Nico Douga. A mater pour le plaisir des commentaires de japonais qui se moquent de mon accent.

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