15 novembre 2003
Pour 4 personnes
Quand les pommes de terre sont prêtes, épluchez-les (c'est plus facile après la cuisson mais ça chauffe les doigts) dans un saladier et réduisez-les en purée avec la méthode que vous préférez: la moulinette, le mixer, la fourchette, ou tout simplement la violence pure.
C'est fait? Ajoutez le lait et le beurre, et remuez: on a l'impression qu'on a mis trop de lait, mais c'est juste que ça prend du temps pour s'incorporer. Salez. Pour finir, vous pouvez ajouter un jaune d'oeuf et trois pincées de muscade ou de persil si vous en avez. Servez vite et chaud, ça refroidit vite (mais pas de problème pour le réchauffer).
Evidemment, ça se mange avec du jambon (haché ou en petits morceaux) et/ou du fromage rapé.
Oui, c'est de la purée de pommes de terre. Et alors? C'est largement meilleur que celle en flocons, ça coûte pas cher à faire et c'est rapide à faire pendant un week-end où on veut vivre dangereusement en faisant sa propre bouffe. En plus, ça change de la nourriture de célibataire ou ça impressionne votre conjoint(e) qui vous voit cuisiner pour une fois, surtout si c'est Miss(ter) Surgelé... Bon appétit, en somme.
Par Raton-Laveur le 15 novembre 2003, 10:02 - Général 2 commentaires
14 novembre 2003
Battle Programer Shirase
Ca raconte l'histoire de Shirase, un informaticien de génie. Mais quand j'écris ça, je veux dire que même Neo, Shinji Mimura ou même Kevin Flynn passent pour des scripteurs IRC. Parce que notre homme, il peut taper sur six claviers à la fois, programmer sur un téléphone portable ou pirater un satellite... Hum, non: les auteurs ont dû se dire que même dévier la route d'un satellite, c'est trop facile. Shirase peut pirater trois satellites à la fois.
Il est accompagné d'une gamine qui joue sur le complexe-fantasme Lolita latent (sic) du spectateur, d'un vendeur de nouilles (!), d'une autre gosse de 10-12 ans qui est aussi une m4d h4K3r... Et c'est tout, si on ne compte pas les quelques “ennemis” récurrents (qui suivent le stéréotype de ceux qui ratent tout le temps leurs plans). Une belle brochette de losers avec une personnalité aussi profonde qu'une flaque d'eau, en somme.
Je vous raconte le premier épisode: un super-ordinateur a été volé, et on engage ze Battle Programmer Shirase pour désactiver l'engin avant qu'on s'en serve pour faire des choses pas catholiques. Vous savez comment il s'y prend? En l'espace de dix minutes et allongé sur un banc public, il pond un programme qui fait exploser l'ordi à distance. Sur un banc public? Ben oui, il a fait ça avec... un téléphone i-mode! Un beau spécimen d'uberkid, ma bonne dame! Un autre? Dans le deuxième épisode, il pirate donc TROIS satellites, les aligne et les fait tomber en synchro sur la Terre, tout ça pour causer un tsunami et arrêter un bateau.
Techniquement, c'est le désert. Les couleurs sont horriblement vaseuses, les seiyuus ne se forcent pas, un trait gras délimite les persos (esthétique très milieu-fin des années 80), l'animation est réduite au strict minimum... Tout ce qu'on peut sauver, c'est le générique de fin (qui taperait bien dans un DDR), et encore, je suis généreux. Scandale: chaque épisode fait 10 minutes et s'arrête brutalement, sans véritable transition ou fin de l'intrigue! Il est clair que c'était prévu pour un format 26 minutes et que pour une raison que je préfèrere ne pas connaître, BPS a été charcuté et distribué en 3 tranches hebdomadaires par épisode. Ca sent l'anime produit sur un coin de table de cuisine avec l'argent restant d'un autre projet...
Par Raton-Laveur le 14 novembre 2003, 23:06 - Japanime 6 commentaires
12 novembre 2003
Call Of Duty
C'est le nouveau jeu des auteurs des Medal of Honor, qui ont quitté les méchants gens d'Electronic Arts - qui les forçaient à presser la licence MoH comme un citron en sortant add-on sur add-on - pour Activision. Résultat, un jeu qui est tout pareil que Medal, mais en tout mieux partout.
La campagne solo est un plaisir de chaque instant. Vous vous souvenez du débarquement allié dans MoH, où on faisait pipi dans sa culotte tellement c'était cinématique et jouable? Tout CoD est comme ça. On retrouve les coéquipiers dirigés par script et par IA, les petites scènes éparpillées sur le champ de bataille, les objectifs secondaires ajoutés à la dernière minute... Vous vous souvenez de cet article où je crachais sur ces jeux qui vous sanctionnent si vous ne faites pas ce que les auteurs veulent? Ces gens devraient jouer à ça. Vos coéquipiers peuvent se faire farcir aux pruneaux et vous ne verrez jamais de game over. L'action ne vous prend jamais par la main et le jeu vous mène par le bout du nez sans qu'on s'en rende compte. Cinématique est vraiment le mot: c'est soigné, la musique symphonique est grandiose, on s'y croit, et les p'tits gars Infinity Ward doivent avoir une collection de DVD impressionnante. Par exemple, toute la campagne soviétique est la version vidéoludique d'Enemy At The Gates: l'arrivée sur le champ de bataille sans arme? Check. La mission dans les égoûts avec passage à la surface grouillante de snipers? Check. Baston sur la place rouge? Tout est là - il ne manque que Rachel Weisz.
Si j'avais eu le temps de rédiger l'article, j'aurais aimé le poster hier - pour commémorer le 11 Novembre. C'est vrai que ça peut sembler crade: mettre un jeu et une vraie guerre dans la même phrase... D'ailleurs, si on suit ce train de pensée jusqu'au bout, on aurait tous notre carte de membre chez familles de france. Seulement voilà: aussi incroyable que cela puisse paraître, les auteurs ont pris conscience de la gravité du sujet, et l'ont traité avec respect. A chaque mort, vous avez droit à une citation (on y trouve Churchill, Staline, Voltaire...) qui rappelle à la réalité. Faire un jeu réaliste, historiquement correct, beau, fun à souhait: y-at-il un meilleur moyen d'aborder un sujet, aussi délicat soit-il? On est à l'opposé de certaines bouses comme qui font l'apologie d'un massacre.
Alors, qu'est-ce qui cloche? Dans un monde de perfection, les (rares) défauts ressortent un peu. On ne peut ouvrir aucune porte, l'interactivité avec les décors est au zéro absolu, certaines textures sont un peu nazes, et le facteur recherche est complètement sacrifié face à l'action (si on vous dit de trouver quelqu'un, sa position est immédiatement indiquée sur la boussole: trop facile!). Call of Duty reste donc un quake-like des familles, où l'on ne vous demandera jamais quelque chose de plus intellectuel que tirer sur tout ce qui est fasciste. On s'en fout: CoD fait ça très bien. Le plaisir de jeu est omniprésent, l'immersion est impressionnante et ça ne demande pas la dernière carte graphique à la mode pour être sexy. Perfect!
Par Raton-Laveur le 12 novembre 2003, 22:28 - Jeux vidéo aucun commentaire
11 novembre 2003
Déjà à l'époque, nous étions fous
(une page de pub dans un Tilt Microloisirs de Janvier 1992)
Et ce n'est pas le plus vieux qu'on puisse trouver dans ma bibliothèque, loin de là: j'ai des coupures de presse qui vous parlent de la ColecoVision si vous voulez. Ca nous rajeunit pas, mais la nouvelle génération (celle qu'on élève aux pokémons: ils peuvent avoir jusqu'à plus de 14 ans aujourd'hui) n'a pas idée de toute cette époque. Ben oui, je suis tombé sur un gamin qui m'a demandé qui était Dorothée.
On est en train de devenir les nouveaux “anciens”, ceux qui ont utilisé des numéros de téléphone à huit chiffres ou joué avec Solid Snake avant Metal Gear Solid. Nom d'un chien, matez cette page: à l'époque, les magasins Micromania se comptaient sur les doigts d'une main, le convertisseur Master System/GameGear se trouvait à tous les coins de rue (à l'heure actuelle, c'est un gadget inestimable, comme le tuner TV pour la même console), la Turbo GT était déjà inabordable, la Lynx avait des jeux... Et voilà le prix qu'on payait pour ça: alors que maintenant, on fait un scandale pour les 130€ d'un GBA SP (oui, la monnaie a fluctué, mais pas tant que ça en 10 ans).
Ca sert à rien que je vous parle du sommaire de l'époque (test de Gobliiins, de Robocop 3, de Civilization...) ou que je vous fasse le “c'était mieux avant”, d'autres sont payés pour ça. En fait, tout est dans le titre de cet éditorial: à l'époque, on avait déjà une case en moins. Aller chercher QuackShot en import à Micromania de la Défense via RER (la ligne 1 n'allait pas encore jusque là-bas)? Passer des nuits à chercher des codes Action Replay? Chercher un sens à la vie entre les changements de disquette de Monkey Island sur Amiga? Acheter plein pot des jeux qu'on peut trouver pour une bouchée de pain cinq ans plus tard? Y'a de quoi se poser des questions sur notre passion quand on relit ces vieilles revues. Et non, je suis pas - seulement - nostalgique.
Vous n'avez pas un air de déjà vu en voyant que les plus jeunes gardent les traditions? Pensez-y, nous avons tous une responsabilité maintenant; on se fait un meilleur futur si on connait son passé. Montrez-leur que quelque chose a existé avant les consoles de sony. Expliquez-leur qu'on peut mettre des cartouches en noir et blanc dans le GBA (surtout s'ils se demandent où sont passés les trois premiers WarioLand). Prouvez-leur que Metal Slug est l33t. Faites en sorte qu'ils ne deviennent pas des crétins lobotomisés sur SSX et Final Fantasy (8 et suivants)...
Par Raton-Laveur le 11 novembre 2003, 00:17 - Jeux vidéo 2 commentaires
09 novembre 2003
Matrix Revolutions
Première chose: ce film n'est pas aussi atroce que je le pensais. Meilleur que le deuxième, moins bon que le premier: la théorie des suites au cinéma appliquée à la lettre.
En soi, Revo est relativement simple: une première heure qui fait mal à la tête tellement ça philosophe sec, et une deuxième heure spécial baston - l'inverse d'End of Eva en fait. Pour la baston, on est largement servis, tels dix ans plus tôt quand nous étions en train de regarder des dinosaures courir après le docteur Grant; déjà à l'époque, c'était tout pour les effets spéciaux et rien pour l'histoire. Le tout se terminant sur une fin qui n'en est pas une, et c'est sûrement ça qui a énervé les critiques du monde entier. Basiquement, il reste des trous de scénarios gros comme une sentinelle, et contrairement à Evangelion où les auteurs connaissaient la réponse et avaient laissé des indices dans l'oeuvre, on sent bien qu'ils ont été ignorés comme une maladie honteuse (tout simplement parce que les scénaristes n'avaient eux-mêmes pas la réponse). Dans les deux cas, ça n'empêchera pas les fans de palabrer pendant des années sur ces “mystères”... Un exemple, sans spoiler: dans la bande-annonce, on voit Neo qui fait exploser des sentinelles (donc, dans le monde réel) juste en levant la main. Jamais dans le film, ces pouvoirs magiques seront expliqués.
En sortant de Matrix premier du nom, je pensais bien qu'il y aurait des suites: le scénario se limitait à nous dire qu'un gars découvrait que le monde n'était qu'un programme, puis son mentor se faisait kidnapper, il le sauvait et basta; Docteur Grant et ses vélociraptors ne faisait pas mieux. Mais au moins, il s'agissait de fins ouvertes, prêtes à se faire décortiquer par les fans, rallonger par les auteurs de fanfictions et copier par les autres cinéastes. Maintenant que la trilogie se termine ainsi, peut-être qu'on aurait dû se contenter des fanfics.
Scott Kurtz a écrit que ces fins auraient pu ne jamais exister; il a raison. En tant que suites, Reload et Revo sont franchement foireux. En tant que films, Reload était une vaste plaisanterie au même titre qu'un Michael Bay ou un Roland Emmerich, et Revolutions a le cul entre deux chaises. Je veux dire que Revo pioche encore dans ses références japonaises sans y arriver aussi bien que le premier épisode: le mélange entre philosophie et grosse castagne, seuls Shirow, Anno ou Otomo ont pu y arriver sans se planter.
Alors, je vous conseille de le voir ou pas?
*Si vous avez maté Reloaded, allez voir Revolutions pour ne pas rester sur une - trop - mauvaise idée.
*Si vous avez la chance de ne pas avoir vu le deuxième, courrez acheter l'Animatrix: c'est sans aucun doute la meilleure continuation, la meilleure fin et peut-être même la meilleure incarnation de cet univers.
*Dans les deux cas, Matrix 1 et Animatrix sont les deux seuls de la saga qui méritent de passer à la postérité. A la manière des fans de Star Wars qui ont fait d'Episode One ou Howard le Canard un tabou, oubliez Reloaded, Revolutions et Enter The Matrix. Tout le monde se portera mieux. Vraiment.
Par Raton-Laveur le 09 novembre 2003, 14:01 - Général 8 commentaires
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