10 avril 2004
Now playing
On en a parlé récemment et indirectement, à cause de la sortie de MGS Twin Snakes (pondue par les canadiens de Silicon Knights, auteurs d'ED). Techniquement rien de génial (sorti aux débuts de la console, originalement prévu pour N64, et tiendrait largement sur une Dreamcast), on peut à présent le trouver une quinzaine d'euros, mais... Eh bien, en version courte, c'est tout simplement le deuxième jeu GameCube que je m'achète; le premier était fourni avec la console, ça remonte à un an et c'était Zelda. Masskot - qui poste parfois ici - m'avait prêté Mario Sunshine, Metroid Prime et autres incontournables, mais aucun jeu ne semblait justifier l'échange “argent contre le droit de figurer sur l'étagère”. Mon Cube devenait une sorte de running joke, obtenant le titre peu enviable de “boîte à Zelda”, à l'instar de ma PSX1, “la machine à DDR”.
En version longue, quand on joue à Eternal Darkness, on réalise qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que ces gars-là aient hérité du portage de Metal Gear Solid. Hideo Kojima a toujours eu pour habitude de considérer le gameplay de ses jeux comme étant véritablement une extension du joueur: la console et le moniteur devenant partie intégrantes du média proprement dit, au lieu de n'être que simples fournisseurs techniques d'images et de sons. Le combat contre Psycho Mantis, Boktai, l'utilisation du pistolet dans la version MegaCD de Snatcher (poussant à garder une main sur le flingue en cas de mauvaise rencontre)... Eternal Darkness est fortement inspiré des écrits de Poe ou Lovecraft, la gestion de la folie des personnages rappelle le JDR papier de l'Appel de Cthulhu, une jauge de santé mentale étant présente. Au fur et à mesure qu'elle descend, le personnage pète un câble et commence à hurler ou à halluciner; là où ça devient grandiose, c'est que certains effets de son délire affectent carrément le joueur, par des moyens dignes de Kojima. Passez une heure avec ce titre et vous y aurez droit.
Unreal Tournament 2004 (PC)
Oui, ce jeu a longuement été abordé ici avant même qu'il ne sorte, et rien à faire, c'est toujours aussi bon. Parce qu'elles seraient suspectées de faire planter le master server, les statistiques sont toujours HS; je ne suis pas du genre compétitif, mais ce service a pour avantage d'indiquer combien d'heures de ma vie dénuée de sens sont utilisées à faire des pancakes avec le Manta. Donc, pas de stats, et c'est le seul défaut que je peux trouver à ce jeu. A en croire les critiques, ce n'est pas parce que c'est un UTfanboy qui vous parle: personne ne semble y trouver de points négatifs. Basiquement, c'est comme pour un Virtua Fighter ou un Total Annihilation: il y a tellement de choses sur le disque que chaque centime investi dedans vous est rendu au centuple. Et si vous en avez marre de l'ambiance sci-fi, il y a des mods pour tout le monde, sans parler des outils fournis pour s'amuser créativement.
Rez (Dreamcast)
Au secours! Ce jeu revient toujours dans la Dreamcast alors qu'il est là depuis plus de deux ans!
Syberia (Xbox et PC)
Microïds finissant ses stocks avec le peu de vie qu'il leur reste (mais Syberia 2 arrivera comme prévu), la version PC se trouve à 10€ en neuf (ou 15€ avec l'Amerzone, l'autre jeu de Benoît Sokal) contre 50€ pour la Xbox. Comme c'est donc signé Sokal, ça reste beau commme un dieu... Et surtout bien plus jouable et compréhensible que Myst, Schizm ou Zork, trois exemples de titres qui me sont toujours passés des années-lumières au-dessus du crâne. Syberia reste un jeu d'aventure très calme, contemplatif et reposé, où l'on croise rarement âme qui vive.
Kabuki Quantum Fighter (NES)
Nom de Dieu, que ce jeu est dur.
Warlock (Megadrive)
Acheté sur les 5€ qui me restaient après l'achat d'Eternal Darkness et sur un vague souvenir d'un test dans un Player One qui était plutôt positif. C'est un jeu de plate-formes standard, que je crois basé sur un film lui-même basé sur un comic ou un truc dans le genre. Sympa, et le rythme, loin d'être épileptique, s'offre même le luxe de quelques énigmes.
The King of Fighters 2003 (Arcade)
Bah quoi? Playmore a beau “coréaniser” le design de ses personnages, le système de jeu... Non. Normalement devrait suivre le genre de texte générique sur l'évolution du gameplay, des combos et que KOF99 reste mon favori. Tout le monde fait ça, alors il faut laisser sortir un cri, à propos des designs de SNK qui ressemblent de plus en plus à un mauvais manhwa (mais y en aurait-il seulement des bons^^?)
Mai Shiranui, oh Mai, amour de ma prime jeunesse, découverte de ma puberté à travers ton passage dans la douche au détour d'un article dans Player One sur l'OAV 3 Fatal Fury, personnage favori de tout SNK (avec Fio de Metal Slug)... Tu fus même le seul perso auquel je me suis adapté, apprenant furies et combos, au lieu de prendre un autre dont le style de combat me convenait mieux. C'est à cause de toi que j'ai le réflexe de toujours prendre un avatar féminin dans les jeux de baston. A côté de toi, Chun Li ou Kasumi, c'est de la gnognotte. Alors depuis que les coréens de Playmore ont mis la main à la pâte, pourquoi est-ce que tu as lentement commencé à dégénérer? Voilà à quoi tu ressembles à présent, comparé au temps de nos 16-bits. Qui a dit que les héros de jeux vidéo ne vieillissent pas? Qui a dit que les collections de vieux jeux vidéo n'ont pas de sens autre que nostalgique? Que la technologie avançant, ces derniers ne sont pas “vieille école” ou “davantage concentrés sur le jeu”, mais tout simplement obsolètes? Je vous le dis, tout ça c'est des conneries. Gardez vos vieilles consoles et vos vieux jeux, aimez-les et jouez-y.
Par Raton-Laveur le 10 avril 2004, 02:33 - Jeux vidéo aucun commentaire
08 avril 2004
Ceci n'est pas un blog
R-L.net est relativement simple: un éditorial sur les jeux vidéo et la Japanime, au maximum tous les deux jours dans votre boîte à Internet. Les visiteurs sont tous des fréquentations des rares forums où je poste; ceux qui arrivent ici par Google tombent dans 99% des cas sur un article à propos de leur jeu vidéo ou anime préféré qui se fait descendre en flammes. Je prends d'ailleurs un malin plaisir à poster sur des trucs quasi-inconnus chez nous, étant parfois le seul résultat francophone de Google - à défaut d'être bien haut dans le classement, souvent entre quelques pages bidonnées. Enfin bref.
Cette colonne est partie d'un besoin simple: écrire des idioties sans avoir à 1) faire le fichier dans un éditeur, 2) l'envoyer sur le serveur, 3) faire les liens et tout vérifier. Autrement dit, un système de publication pour l'Internet, mais pas une usine à gaz, juste pour quelques articles, merci. Avant de le lancer, tout le concept du “blog” fut longuement étudié par nos laboratoires, et surtout, longtemps observé dans son comportement naturel; l'animal commençait tout juste à se faire vraiment connaître. Car se jeter sur quelque chose tout-nouveau-tout-beau-tout-chaud, ce n'est pas toujours bon. Exemple? La technologie pourrait s'avérer instable ou devenir onéreuse (exemple, Napster). Elle pourrait s'avérer être l'enfant bâtard de cochonnes de l'espace déguisées sur Terre en vieillards pervers passant leur journée à taper “LOL” pour tout effort mental (exemple, IRC). Lorsque je me suis lancé, l'animal commençait même à devenir une belle fleur: au-delà des blogs type “journal intime”, on commençait à trouver des utilisations originales. Ca allait de l'application étymologique (“web log”, donc un condensé de sites Web visités quotidiennement et dignes d'intérêt) aux papiers “Post-it” pour un groupe, en passant par les blogs relatant un évènement précis, aussi éphémères que ce dernier. Et évidemment, les blogs tournant autour d'un sujet précis (Saint Seiya!)... Ainsi naquit le blog de raton-laveur.net, dédié à la japanime et aux jeux vidéo. Et surtout pas de “3615 mavie”, à moins que ce soit raconté de façon otakesque; j'ai poussé le vice jusqu'à réduire au maximum l'utilisation de la première personne et des smileys. On est là pour amuser la galerie, pas pour réduire le monde à sa personne: vous avez toujours été un super lectorat en plus.
Cet article devient long. Venons-en à l'aveu de mon plantage, après tout c'est ce que vous voulez^^.
Car vous l'avez deviné: au lieu de s'étendre, la blogosphère s'est rétractée, limitant le terme de blog (anciennement polymorphe) à la définition de “journal - plus du tout - intime et que personne ne lit, voire dont tout le monde se fout”. Le seul terme de “blog” désigne à présent une sorte de diarrhée digitale. Une technologie gâchée par ses utilisateurs, au même titre que Counter-Strike ou IRC. C'est une pure histoire de nom à présent: toujours est-il que cette colonne n'entre plus dans le moule actuel. Il m'est arrivé de l'appeler “éditorial”, “billet d'humeur” ou “Minmei” (hummm non en fait, je l'ai jamais appelé comme ça), mais le terme de blog n'existe plus que dans le titre et l'URL et il va prochainement être temps de l'éjecter. D'où l'idée de le renommer “Editotaku”, “Otakesque”, “Minmei” (NON! PAS MINMEI, BORDEL!) ou encore “Raton-Laveur.net” (pour faire simple); comme toujours, ce ramassis d'articles n'existerait pas sans vous, donc allez-y si vous avez une idée sympa. Et euh... Ah zut, tout est dit; si je m'arrête maintenant, on va croire que cet article est uniquement un appel à votre imaginaire pour trouver un nom, alors qu'en fait c'était surtout une réflexion sur l'évolution d'un terme. Bah, ça m'apprendra à poster sans avoir préparé de chute.
Par Raton-Laveur le 08 avril 2004, 23:16 - Général 17 commentaires
06 avril 2004
C'est pas une maquette, ça roule vraiment
Les mécanos noteront que la traction se fait de façon traditionnelle, pas par électro-aimants comme dans le film - pas d'étincelles au démarrage alors! N'empêche que maintenant j'en veux tellement une que ça fait mal.
Par Raton-Laveur le 06 avril 2004, 23:06 - Japanime 2 commentaires
05 avril 2004
Toujours trop tôt, jamais trop tard
Il faudra pourtant s'y résoudre; ceux qui ont passé leur prime jeunesse sur les jeux vidéo et qui n'ont pas lâché le joystick commençent à atteindre les trente balais. Le public vieillit, le média également, et la légitimité vient avec l'âge. La presse JV pour ados ne va pas disparaître mais devra faire de la place pour quelques magazines plus matures, moins flashy et avec une réflexion sur nos engins. Gaming, c'était tout ça, et c'est voué à ressurgir. Etait-ce trop tôt? Non. Un autre mag - avec des reins plus solides - qui tenterait la même recette obtiendrait automatiquement le soutien d'un lectorat acquis, car n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent... En tout cas sur papier; on a déjà sur le Net de la lecture qui n'a d'amateur que le nom pour notre passion (et même des vidéos!). Reste à savoir quand est-ce que ça arrivera, parce qu'à part CanardPC, on est mal barrés pour le moment.
Par Raton-Laveur le 05 avril 2004, 20:15 - Jeux vidéo 20 commentaires
04 avril 2004
Remakes
Ce qui ramène au sujet initial: est-ce que ces valses de remixes ont un sens pour les jeux vidéo? Personne ne s'insurge de voir ressortir Star Wars, Sacré Graal et les films de Kubrick au cinéma ou en VHS/LD/DVD (au fil des technologies qui passent), mais on fait un esclandre au moindre Namco Museum sur des 128 bits ou Mario Advance. Les arguments sont pourtant les mêmes: donner aux jeunes joueurs la chance de jouer à ces monuments de leur art sans acheter d'autre support que ceux qu'ils ont déjà. Voit-on une ambition ramasse-fric pour le cinéma? Non. Au passage, remarquez qu'un film refait de A à Z: Psychose devenant Psycho, Ring devenant Le Cercle, Nikita devenant Nom de code Nina se fait généralement incendier. A l'inverse, on s'enthousiasme de voir des scènes coupées ou des traductions refaites. Pourtant, on fait un scandale de la nouvelle bande-son de Twin Snakes (qui a d'ailleurs été retraduit) ou de cinématiques supplémentaires dans Code Veronica X, puisqu'au fond, le jeu en soi n'en profite pas vraiment.
D'où la distinction entre réédition (la collection Sega Ages au Japon ou les Famicom Mini), les remakes (Twin Snakes, Shenmue 2 X, les Resident Evil 2 et suivants sur Gamecube) et les resucées (la même technologie avec de nouveaux niveaux: la saga Tomb Raider ou Splinter Cell Pandora Tomorrow). Un jeu vidéo laissé intact? On se demande pourquoi on l'achèterait. Un fil laissé intact? On achète. Un film refait entièrement? On le descend en flammes. Un jeu vidéo refait entièrement? On se jette dessus. Evidemment, si l'excuse reste la technologie (on ajoute des choses que l'informatique ne permettait pas à l'époque), ce comportement sera reproductible à l'infini (combien de versions différentes de Snatcher, s'étalant du PC-88 à la Saturn?).
Evidemment, loin de moi l'idée de comparer jeux vidéo et cinéma (ce genre de parallèle ne marche que rarement, et Hideo Kojima est justement connu pour y arriver la plupart du temps). Et puis, l'ambition avouée des jeux vidéo est d'atteindre le cinéma en termes de réalisme ou de narration - mais c'est un autre débat que celui-ci. Par contre, le comportement des fans et des éditeurs mérite le rapprochement, au fur et à mesure que leurs habitudes se rapprochent...
Par Raton-Laveur le 04 avril 2004, 17:20 - Jeux vidéo aucun commentaire
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