01 août 2004
GameFan 2
Dit comme ça, on serait presque aux anges: converture "faite maison" comme à l'époque de Player (qui étaient concoctées par Olivier "Aquablue" Vatine), maquette pondue par Fabien "The-Sugoi.com" Vautrin (voilà pourquoi il a fermé le site!), des astuces qui ne se limitent pas à ce qu'on trouve sur le Net mais carrément des guides de combos pour Yoshimitsu dans SC2, beaucoup d'import. Presque pas de pub.
J'attendais ce deuxième numéro pour m'exprimer. Et quand on ouvre le mag', bonjour le spectacle! Des fautes d'orthographe et de grammaire partout (mais qui sont ces correctrices anonymes?). Le papier tellement fragile qu'il ne passera pas la fin de l'année - pour un prix inférieur à ses concurrents (4€50), mais plus cher que Gaming et pour moins de pages (une centaine. 116 annoncées pour le mois prochain). Couverture bien moins belle que le premier numéro. C'est bien joli de vouloir se faire une identité, mais quand on a des testeurs qui se surnomment de façon aussi originale que "Ryo Saeba" ou "Link", ça n'arrange pas les choses. Surtout quand on se prend bien la tête: "imaginons que vous êtes comme moi, les super pouvoirs en moins"; "la consigne de notre patron qui, eh mais attendez, c'est moi le Boss", etc. Pour les influences, c'est excellent d'en avoir, surtout quand elles sont aussi illustres que Player One, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut les repomper: sur Mister Bison de Street Fighter, il y a la remarque "R.I.P Raul". Référence à Raul "Gomez Addams" Julia, dont le rôle de Bison dans le film avec JCVD fut le dernier: elle est tirée texto d'un Player One (et oui, à force de les relire on finit par les connaître par coeur!). Le débat "Pour ou contre l'émulation", aussi stérile que "Pour ou contre l'éjaculation faciale", évitant les vraies causes et utilisations des émus (nommément, la (re)découverte de jeux rares, chers ou jamais traduits à l'époque). L'encadré sur les jeux vidéo mettant en scène des pompiers, presque copié sur un sujet publié il y a quelques semaines sur GameOne. Des anglicismes abusés (au point de ne plus rien dire: "NTSC UE?" On écrit "US" ou "EU", mais pas UE qui signifie "Union Européenne"!). Des tests Xbox qui se comptent sur les doigts de la main, et carrément pas de test GameCube - expliqué dans l'édito par manque "de matière qui corresponde à [leur] ligne éditoriale". Parlons-en, de leur ligne éditoriale de tests! Elle regroupe "tous types de jeux, hors RPG, support arcade et rétro". Le portage Xbox de Metal Slug 3 ou PS2 d'OutRun (surtout qu'il est issu de la gamme Sega Ages) n'auraient-ils pas mérité d'aller dans les autres zones du magazine pour laisser place à d'autres titres plus récents, voire sortis chez nous? Uniquement deux tests européens - qui plus est, pas les meilleurs: Driv3r et Dark Project 3 - tout le reste étant importé! Quitte à autant parler du marché étranger, autant faire une rubrique anime...
D'un autre côté, il y a quand même beaucoup à sauver dans le mag: les dossiers fort complets sur le hardware NES, jeux de course ou NeoGeo; le mini-mag Arkadia, concentré idéal de son ancien format; les tests signés Fab', fidèles à ce qu'on lisait sur le Sugoi (sans fautes, avec des intertitres qui se suivent, complets), et c'est à peu près tout. C'est léger, pas assez condensé (sauf quand la maquette vire au bordel tout écrasé dans les News), et un feeling franchement semi-amateur tendance FJM Publications (niark niark). Orphelin de Gaming et n'ayant que Canard PC pour apporter mon tribut à l'éradication des forêts, Game Fan - dont le titre est lui aussi repris d'un excellent mais défunt site web ricain - a pour l'instant beaucoup de mal à justifier ses 4,50€. Et ça me fait mal: c'est vraiment un magazine que je veux aimer, quitte à participer à son effort de guerre s'il le faut. On a perdu Gaming et voilà qu'une nouvelle chance d'avoir un indépendant plus adulte que la moyenne arrive; pas question de la laisser passer! Que les avis soient entendus, qu'ils gomment ces erreurs de jeunesse et advienne que pourra!
Par Raton-Laveur le 01 août 2004, 14:52 - Jeux vidéo 2 commentaires
30 juillet 2004
Batez-moi ça!
Par Raton-Laveur le 30 juillet 2004, 11:12 - Général 7 commentaires
29 juillet 2004
Le logo est un peu naze quand même
Ainsi naquit la Nintendo DS, nom de code adoubé nom définitif faisant fi des automobiles françaises. Voici venir le relookage bienvenu pour rendre moins moche une console qui l'est forcément - la marque au plombier semble avoir engagé autre chose qu'un hamster albinos comme designer depuis la GBA SP. Bon, ça a l'air cool écrit comme ça, mais on doit se contenter de cinq clichés photoshoppés à mort pour rendre la bête aussi glamour que possible.
C'est aussi le moment de ressortir les Chrono-WC (Day Of The Tentacle) pour exhumer la première et précédente dépêche sur l'engin. Car c'est plus fort que moi, mais la phrase “Nintendo DS sera commercialisée indépendamment des consoles portables Game Boy Advance existantes et de la console de salon Nintendo GameCube” me laisse toujours aussi perplexe et rigolard. C'est compatible avec les cartouches GBA, ça a des haut-parleurs en stéréo, et ça bouffe des nouveaux jeux sur des cartes de 1 Go de contenance. Pour qui n'est pas intéressé par le multijoueur sans fil et les possibilités viodéoludiques offertes par le stylet (levez la main plus haut, on voit personne là!), c'est un GameBoy Advance sous stéroïdes que nous avons là. En plus, ça m'a définitivement coupé l'envie d'acheter un SP.
Et si on remonte encore plus loin dans le temps, on réalise que c'est la première fois que Nintendo est aussi prompt à sortir une console. L'Ultra 64 en son temps (1996) n'exhiba son faciès que pour claironner "n'achetez pas de 32-bits, soyez patients"; le nom du Gamecube - qui en dit long sur son design! - fut d'abord chuchoté en termes de "Dolphin" ou "Starcube". Et là... On montre un truc moche comme un pou à l'E3, accompagné de non-jeux qui sont plus des démos conceptuelles pour illustrer l'utilisation du stylo dans un jeu vidéo. On en parle sous les termes de projet Nitro, DS ou Roger Dumou. Nintendo pousse le vice jusqu'à clairement annoncer qu'ils réfléchissaient encore à savoir où ranger le précieux stylet!
Je vais avouer m'être planté: la menace fantôme des jeux vidéo sur téléphones portables est toujours aussi éthérée. Sûrement qu'on prend moins de risques en affirmant aujourd'hui que Big N tremble dans ses bottes face à la psp. La preuve? Commencez un débat sur le sujet dans votre magasin de jeux vidéo préféré avec des vendeurs dotés d'une colonne vertébrale (si si, ça existe encore): les pronostics sont bons que vous finissiez la conversation dans un pré, à 20 pas de l'autre, flingue à la main, avec quelques témoins et un médecin sur le côté. sony va encore peser de tout son poids économico-médiatique sur la balance pour vendre sa console à des veaux. Nintendo lâche son Gameboy en urgence et sort son stylo à lui, qui ne sert ni à signer un chèque ni à ce que vous pensez mais c'est pas vrai vous êtes vraiment pires que moi y'a des jours où vous êtes graves quand même. L'étiquette du prix des deux machines reste le dernier élément pour décider du gagnant de la première manche...
Et le Gamecube dans tout ça?
Par Raton-Laveur le 29 juillet 2004, 23:29 - Jeux vidéo 4 commentaires
27 juillet 2004
Thema
Rediffusion de Pixel Room, un documentaire qu'on va sûrement vite retrouver sur p2p, demain à 15h15. Notez qu'on y aperçoit Jane "GameGirlAdvance" Pinckard, autrement plus connue pour l'incroyablement célèbre article sur le le Transvibrator fourni avec Rez... Vu et approuvé par r-l.net.
Par Raton-Laveur le 27 juillet 2004, 23:49 - Jeux vidéo 3 commentaires
26 juillet 2004
Koi Kaze
Généralement, quand quelque chose contredit notre morale d'occidentaux bien-pensants, on a ceux qui ne comprennent pas et ceux qui cherchent à comprendre. On assume alors la casquette de sociologue du dimanche pour savoir pourquoi les japonais ont une fixation sur les culottes, pourquoi il y a des tentacules, pourquoi on voit jamais le visage des hommes. Il s'agit de tendances générales de la psyche nipponne et non d'effets de mode; leur apparition et leur application se fait sur le long terme, les origines revenant parfois au temps des samouraïs. Tout ça pour dire qu'il y a un truc que je pige pas: pourquoi ces temps-ci, la pédophilie et l'inceste sont aussi populaires. Peut-être que le Japon a décrété 2004 comme étant "l'Année de l'Inceste" et que personne ne me l'a dit. Ouais, ça doit être ça.
Koi Kaze est un fiasco complet, un ratage total. Evidemment, on ne le réalise qu'à la toute fin - et c'est une leçon pour ne jamais écrire de critique d'anime avant le dernier épisode. Scénario: un pauvre type pas loin de la trentaine (28 ans pour être précis) qui bosse dans une agence matrimoniale et qui vit encore chez son père (divorcé). Sa petite soeur (15 ans), qui habitait chez la mère, déménage dans la maison paternelle parce que c'est plus près de l'école. La première fois qu'ils se rencontrent, ils ne savent pas qu'ils sont de la même famille et viennent de se faire larguer par leurs amours respectifs. S'ensuit une dizaine d'épisodes de vie commune (avec le papa qui a un rôle plus que secondaire) où il ne se passe strictement rien; ça n'empêche pas que les hormones de la petite éclatent comme du pop-corn et que notre homme ait ses instincts. Votre leçon de japonais du jour: "Koi Kaze" peut se traduire par "Le Vent de l'Amour", Koi (amour) pouvant également être traduit par "fort".
On dirait que les auteurs ont cherché à justifier ou excuser les moindres faits et gestes de leurs personnages. Ca commençait tout mignon, avec un échange d'ours en peluche concoctés par leur maman, et puis... Quand notre homme se sniffe aux sous-vêtements de sa propre soeur avant de se branler furieusement (merci aux plans de caméra sur la poubelle avec les mouchoirs), il passe le reste de la série à se haïr. Quand il se regarde dans un miroir, il voit le déchet qu'il est devenu. Quand il cède aux avances de sa soeur, on a droit à une vue subjective avec les pensées contredisant les actes et les yeux appitoyants de la frangine. En dehors des deux héros, le monde n'existe pas: les autres persos sont plus qu'inexistants et leurs réactions n'influencent pas le moins du monde le reste de la série. En fait, j'oserais presque dire qu'en dehors du grand frère, rien n'existe: la petite soeur semble vraiment emportée dans ses bras à cause d'une erreur de jeunesse, ses sentiments à elle n'étant que survolés. Un épisode avait eu une bonne idée en s'inspirant de "Kareshi Kanojo Ni Jijou", coupé en deux et narrant une même tranche de vie selon les deux points de vue; dommage que l'expérience ne soit pas reproduite.
Si vous vous sentez d'humeur à en voir un épisode, limitez-vous à l'avant-dernier: il contient plus d'infos et d'évènements que tous les autres réunis. Il n'empêche que cette catastrophe s'achève sur une fin sans aucune direction: on parle de suicide, de fuite en amoureux ("loin, dans un endroit où personne ne saurait que nous sommes frère et soeur"), et le tout termine avec rien de changé: on reste ensemble, on le dit à personne et basta. A voir le peu d'importance apporté aux autres, cette non-fin semblerait presque normale. Au passage, admirez que la petite soeur, qui a porté pendant 12 épisodes des vêtements d'une blancheur immaculée, finit le dernier en étant généreusement tâchée de boue mais malgré tout très contente : INVOCATION "SOUS-ENTENDU" NIVEAU 12 SUR LE TELESPECTATEUR!

Où est-ce que tu mets ton doigt, espèce de pervers?
Du point de vue technique, c'est assez honteux. La série commence sur "potable", enchaîne sur "dégueu" et finit sur "correct": cellulos avec le minimum de détail, animation en grève, arrière-plans mornes et couleurs crades: c'est pas bon de laisser les planches à dessin sous le soleil au zénith. Musique audible, génériques supportables, sans plus. Truc qui me fait glousser de rire: une des sociétés de production citées dans les crédits se nomme "A.C.G.T.", acronyme d' "A.T.G.C.", les composants de l'ADN - voilà qui ne manque pas de sel pour une série sur des rapports consanguins... D'autant plus que certains groupes de fansub ont dû longuement s'expliquer sur le fait que non, ils n'encourageaient pas l'inceste.
Evidemment, rien dans la série qui ne soit pas techniquement faisable en "live action", avec de vrais acteurs - la seule chose qui interdise une mouture pareille doit évidemment tenir dans le scénario. Koi Kaze est une histoire paumée dans un anime passable, une fin inexistante, et des fans qui me donnent des frissons rien qu'en les imaginant. Pathétique.
Par Raton-Laveur le 26 juillet 2004, 16:35 - Japanime 3 commentaires
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