10 avril 2005
Star Wars Republic Commando
Je ne suis pas un fan de Star Wars. Faut relativiser aussi: j'ai un pote qui lui, est un camé. S'il arrive à avoir des relations sexuelles, c'est parce que les femmes ne rentrent pas chez lui, où il a insonorisé une pièce pour en faire un cinéma THX avec des fauteuils récupérés dans un cinéma en faillite, a un porte-brosse à dents en forme du pod de Sebulba, et une chambre à coucher avec un peu trop de goodies SW pour être humainement acceptable. De l'avis de beaucoup de nerds, George Lucas est en train de péter une durite: Star Wars en 3D? L'édition DVD avec des scènes ajoutées 20 ans plus tard pour aligner l'ancienne trilogie sur la nouvelle? WTF? Personnellement, j'ai bien profité d'un passage en Californie pour voir Episode One en avance sur ces pauvres paumés de français qui en avaient retardé la sortie pour avoir le temps d'imprimer des jeux à gratter, mais qui ne l'aurait pas fait? Quand on me dit "Mark Hamill", je pense "Wing Commander 3, 4 et Prophecy". Quand on me dit "Harrisson Ford", je pense à Indiana Jones et à ce film où il joue le président des Etats-Unis qui balance des gnons à des terroristes qui veulent lui voler son avion (même ID4 avec son président qui envoie himself quelques missiles air-air aux aliens ne fait pas aussi chauvin). Quand on me dit "La Forteresse Cachée de Kurosawa", je m'énerve de savoir que si peu de "fans" savent la vérité. Quand on me dit "Howard le Canard", j'éclate de rire. Sans parler des rasoirs pour les jambes. Bref.
Star Wars Republic Commando est donc un des (trop) nombreux produits d'appel qui doivent vous rappeler d'aller au cinéma pour voir Episode 3. Un pense-bête de luxe à 60€, quoi. Mais ce n'est qu'après quelques moments de réflexion qu'on se rappelle: en plus d'être le noeud de chaussette le plus cher au monde, SWRC (woaw, avec ces initiales on pourrait croire qu'on parle d'un "Star Wars Rally Championship" - ne donnons pas d'idées à George Lucas) est aussi un jeu vidéo. Comme KOTOR 2 sorti peu de temps avant, sauf que pour une fois, on n'y voit pas le moindre Jedi - à part un Mace Windu en tout petit dans un écran de chargement à la fin de la première campagne et un hologramme de Yoda à la fin. Sit(h)uons, puisque j'ai dû le faire auprès d'un gars qui n'a même pas Episode 1 et 2 (le copain de la fille de mes parents, qui aime aller aux fêtes de l'Huma). Au début, la République était avec les chevaliers Jedi, chez les gentils. Et pour se battre contre la confédération du commerce (les méchants) qui a plein de robots, ils décident de cloner à quelques milliers d'exemplaires un chasseur de primes super fort qui s'appelle Jango Fett. Par la suite, les clones seront refilés au côté obscur (une OPA agressive qui fera pleurer plein d'actionnaires) et perdront leurs jolies armures pour devenir les trucs tout blancs des épisodes 4, 5 et 6, les Stormtroopers. Pis Jango Fett se fait tuer par les gentils pour je sais plus quelle raison, alors son fils Boba deviendra méchant et il deviendra empailleur d'Han Solo. Donc là, on joue des futurs Troopers, entre les épisodes 2 et 3, mais qui sont toujours gentils. Et pas n'importe quels clones, hein: le commando Delta, encore plus mieux mégacool que les autres clones.
Le jeu est donc un quake-like avec trois coéquipiers - pensez Rainbow Six. On a un hacker, un démolisseur et un sniper, mais honnêtement, il n'y a presque aucune différence. Par exemple, poser des bombes ou pirater des ordinateurs prend généralement 10 ou 20 secondes, mais ce délai ne sera pas modifié selon le membre qui s'en occupe! On avance dans une interface pompée sur Metroid Prime en donnant des ordres simples au choix de quatre: protéger une zone, tirer sur tout ce qui bouge, suivre ou tout annuler. L'IA de l'équipe n'est pas mauvaise: à part deux ou trois blocages dans un élément du décor et un passage vers la fin du jeu où ils deviennent cons comme des manches à balai, ils ont un comportement logique. Ah, ils n'ont pas d'instinct de survie comme dans Full Spectrum Warrior: ils ne broncheront pas si vous leur demandez d'aller pirater un terminal à l'autre bout d'un hangar infesté de droïdes sans la moindre couverture. Dommage aussi que leurs actions les plus spectaculaires (comme faire du skate sur un robot pour le stopper avant de lui planter une lame ou un wookie écrasant contre un mur un ennemi dans son dos) soient scriptées, donc n'apparaissant qu'à un moment bien précis de l'aventure - après tout, c'est dans la vidéo d'introduction que vous pouvez voir sur le site officiel. C'est donc parfois un peu mécanique, on voit presque les lignes de code à certains moments. Du côté des ennemis, c'est autre chose: ils se jettent tous sur votre flingue (ou votre couteau, faut économiser les munitions) sans la moindre stratégie, et les passages un peu difficiles n'existent que parce qu'ils débarquent à flots dans la salle. Car dans Republic Commando, les ennemis ont pensé à vous: il y a des bornes de guérison à peu près toutes les deux salles à tout moment du jeu, même si un de vos équipiers dit que seule la garde d'élite que vous êtes peut s'en servir! La mort n'existe pas non plus, puisque si vous où un de vos hommes venait à tomber ou être capturé, le conseil Jedi niera avoir eu connaissance de vos agissements... et après tout, il suffit qu'un autre membre le ressuscite en 5 secondes chrono. Pas à s'inquiéter de leurs munitions non plus, ils ne ramassent jamais les armes ennemies et c'est à peine s'ils doivent recharger de temps à autres pour continuer à canarder comme si on était à la fête foraine. On a trois grosses campagnes, mais comptez... allez... une demi-journée pour chacune d'entre elles. Trop court, et c'est là qu'on se rappelle que c'est Star Wars, et que la seule raison d'exister de ce disque, c'est qu'il parait qu'ils vont sortir un film le mois prochain. Le troisième ou le sixième, je sais plus.
Alors c'est bien marrant, on éclate tout sur son chemin, le moteur graphique fait bien son boulot (l'effet de vision nocturne, woaw) et la Xbox ne rame pas, nos clones bougent super bien, sont bavards comme des pies et se débrouillent sans qu'on ait à leur gueuler dessus toutes les 10 secondes. C'est bien dosé, presque facile même. Pour la musique, j'ai remarqué que tous les tests de tous les jeux Star Wars disent "on dirait du John Williams". Ben là c'est pareil, donc faut croire que c'est super facile de faire du John Williams, du grand pompeux avec des choeurs qu'on dirait qu'ils chantent en latin alors qu'en fait c'est du japonais ou du javanais vachement stylisé mais ça veut toujours rien dire les paroles. L'ambiance est là (à part sur Kashyyyk où on a pas trop l'impression d'être sans lumière, au pied d'arbres géants comme dans KOTOR), pourvu qu'on garde en tête que ce petit commando n'est pas là pour être sur des champs de bataille gigantesques, mais juste dégrossir le travail avant que le gros des troupes d'infanterie finisse le job. La première mission se situant à la fin de l'épisode 2 sur Geonosys, vous verrez ce que les commandos faisaient pendant que les Jedis s'amusaient avec un remake de Ben-Hur. Mais comme on reste dans un FPS, on ne passe pas non plus son temps à jouer les tacticiens.
Enfin, le gros défaut du titre: il n'y a vraiment pas assez à faire dans le disque. On torche l'aventure solo en un week-end, et on reste sur sa faim. Ils promettent qu'on pourra buter du Jedi dans le prochain? Ca me fait une belle jambe! Avec Halo 2, c'est le mode multijoueur qui avait retenu les joueurs de se rendre chez Microsoft avec des torches après la fin de la campagne. Là, c'est le contraire: le multi est une insulte. Deathmatch, capture du drapeau... Et c'est tout. Sacrilège impardonnable, on ne peut pas faire les missions du jeu en coopératif! Alors qu'avec le XboxLive, le casque-micro aurait émulé à merveille les conversations enregistrées du jeu, rien, rien, rien. Il n'y a qu'une carte téléchargeable, et la taille ridicule du fichier (8 blocs!) prouve qu'on ne fait que déverouiller quelque chose qui était déjà sur le disque (comme à l'époque de Sonic Adventure 2 sur Dreamcast); quant aux autres, ce ne sont que des extraits de lieux déjà explorés en solo. Enfin, les armes autres que le fusil d'assaut standard (et qu'on ne voit déjà pas beaucoup dans le mode Histoire) ne sont pas du tout équilibrées, la plus longue des escarmouches faisant 2 secondes - et faire trois morts avec une seule grenade est monnaie courante. Honteux.
Conclusion: ça change de l'horrible Star Wars Battlefront, l'histoire est très sympa, on s'amuse bien dans un jeu qui est techniquement à la hauteur, on ne se prend pas la tête, on a un bon jeu Star Wars, et... c'est déjà fini? Et le mode multijoueur se réduit à un mauvais strict minimum? Ohhhhh, chéri, comme c'est dommage; tu te débrouillais tellement bien.
On est dimanche? Alors à 21 heures, session IRC. #editotaku@irc.worldnet.net, ou un pseudo dans la case à gauche suffisent. Mon chat vient de me livrer à l'instant le thème de la discussion de ce soir, qui sera: "peut avoir des effets laxatifs". Ah non, il a juste mâché un emballage de Stimorol.
Par Raton-Laveur le 10 avril 2005, 16:51 - Jeux vidéo 2 commentaires
08 avril 2005
Alors en fait, ils sont pas méchants?
Par Raton-Laveur le 08 avril 2005, 21:35 - Japanime aucun commentaire
06 avril 2005
Sakura Mail
(Petit rappel: après une intoxication au Nutella, j'avais proposé à Gael et Julien de faire un crossover entre nos deux sites. Eux ont écrit ce texte sur Viewtiful Joe 2, et évidemment, je me suis pas retenu et j'ai pondu un papier sur un anime avec de la fesse. Il y a même des captures faites maison pour illustrer l'article et respecter leur charte graphique, la classe.)
Par Raton-Laveur le 06 avril 2005, 22:15 - Japanime 5 commentaires
Pineapple Army
D'après mon encyclopédie du manga (faudra que je vous en parle un de ces jours, de ce beau livre), Pineapple Army ne fait même pas partie des titres les plus connus d'Urasawa. Cependant, ça fait un bon bout de temps qu'il est édité chez nous par Glénat - comprenez: en lecture occidentale et avec une traduction sans doute basée sur la version US. Les nombres qui vont bien: sorti en 1990, arrivé en France en 1998, un seul volume de presque 300 pages pour 10 histoires. Ca raconte l'histoire de Jed Goshi, un américano-japonais vétéran de la guerre du Vietnam (ouais, comme John Rambo) et qui s'est recyclé dans la formation au combat chez les civils fortunés. Il donne des cours à des gens qui tiennent à régler eux-mêmes leurs histoires, à des gardes du corps, ou à l'US Army qui loue parfois ses services et ce partout dans le monde. En tant qu'instructeur, Jed rappelle souvent qu'il ne doit pas s'investir dans les combats (mais il enfreint souvent cette règle!).
On tient donc un fier manga d'action, et on est pas déçu du voyage. Naoki Urasawa a déjà acquis son désormais célèbre trait vif qui met des émotions sur un visage en trois coups de crayon, et les décors vont de plaines enneigées à des ruines Mayas en passant par le métro new-yorkais sans que l'ensemble ne sonne faux. Le scénario est officiellement signé de Kazuya Kudo (konépa), mais on ne peut s'empêcher de voir ça et là la patte d'Urasawa. Comme pour le reste de ses oeuvres, on sent qu'il s'est documenté; je m'appelle pas wellgert non plus, mais à part quelques morceaux de bravoure purement manga (lance-roquettes dans la rame de métro, yeah!), le matériel et son utilisation semblent fidèles à la réalité. Jed Goshi est un peu le stéréotype du gars qui en a beaucoup vu dans sa carrière, côté clair de la force sans une tache, mais pas énervant pour autant. Il a évidemment des flashbacks de ses précédents champs de bataille, mais à la sauce nipponne. Je m'explique. Quand un américain a des réminiscences, il devient psychotique à la vue d'une lame de rasoir ou d'une tache de ketchup: résultat, il fout le bordel dans un commissariat ou fait exploser un fast-food. Quand un japonais entend un nom ou a besoin d'aide pour résoudre une énigme, il se souvient d'expériences passées qui lui seront utiles. Vous vous souvenez de cette série débile qui passait le soir, juste après la Bande à Picsou sur FR3 dans l'émission qui ne montrait que des trucs Disney? C'était un petit asiatique qui avait appris les arts martiaux de son grand-père et il était recueilli par un flic qu'il aidait dans ses enquêtes. Quand il séchait, il lui suffisait de fermer les yeux et de joindre ses mains avec les indexs en l'air, et son papy lui donnait un conseil genre "ne mets pas ta tête dans la cuvette des toilettes quand tu tires la chasse". Les épisodes se terminaient généralement dans un entrepôt où il faisait quelques mawashi geris au ralenti à des trafiquants de Carambars puis son pote policier leur passait les menottes. Wow, ça c'était de la télé. Jed Goshi, c'est pareil mais sans les idées débiles et la pose de méditation stupide, et ça donne: "Un croissant gravé sur la grenade?! Au Vietnam, j'ai entendu parler d'un vrai génie en explosifs. Tous les experts disaient qu'on ne pourrait pas faire sauter le pont de Songtong au-dessus de la rivière Moutai. Mais quand j'étais basé à Danang, on m'a raconté que le pont avait été détruit par un seul homme... Pat Cornelius!" C'est cliché à souhait, quasiment en hommage au cinéma de guerre.
C'est justement l'esprit de Pineapple Army, cette armée d'un seul homme qui aide les gens à tenir un flingue quand on a plus trop le choix. Vous vous souvenez quand j'avais parlé de Dômu (purée, l'article date de septembre 2002, ça nous rajeunit pas) de Katsuhiro Otomo, en le présentant comme un extrait du morceau de génie à venir que serait Akira? Pineapple Army est dans le même trip pour la carrière de Naoki Urasawa: on devine déjà la majorité de son talent, à tenir un équilibre jouissif entre le réalisme documenté et les extravagances mangas, à faire des visages "gentils" ou "méchants" sans chercher un design de midi à 14 heures pour que le lecteur s'y retrouve immédiatement, à faire des femmes avec un brushing impressionnant (mais bon, c'est aussi un peu la faute aux années 80), et surtout, à scotcher son lecteur sans aucun mal. Excellent.
Par Raton-Laveur le 06 avril 2005, 22:02 - Japanime 5 commentaires
04 avril 2005
Sing Yesterday For Me
Machin vient de finir ses études et vit d'un petit boulot, il est amoureux d'une gonzesse qui pense encore à un mec décédé, mais une fille un peu décalée débarque dans sa vie. "Triangle amoureux droit devant", me hurle le capitaine dans les oreilles, et il a raison. Et oui Igo, je sais qu'on voit une Mega Drive II dans le premier volume (plus tard, on voit un perso qui y joue en tenant... un pad SNES!). C'est donc la recette classique du gars qui ne sait pas ce qu'il veut, de la femme qui ne dit rien, et de celle qui fait un peu tapisserie. Du Katsura en plus âgé, diront les langues de putes; c'est en effet orienté vers les grands garçons, à la différence qu'il n'y a pas la moindre allusion au sexe. C'est un ordre des choses vieux comme le monde, il ne se passe strictement rien, les personnages évoluent à peine en trois volumes, et Akata tente de le vendre en mettant le doigt sur la culture "freeter", exhalée dans ce manga - sauf que cet élément est survolé. Au moins, les persos de SYFM ne sont pas caricaturaux, ont un peu de jugeotte et ne tombent pas dans le stéréotype de l'histoire d'amour éculée. D'autres visages arrivent par la suite, et ils ont plus tendance à me taper sur les nerfs qu'autre chose - ils ne font que brouiller l'ordre établi des pérégrinations amoureuses du "héros" en tapant dans la fourmilière... Un défaut qu'on tournerait volontiers en avantage du scénario.
Le trait de Kei Toume surprend par son caractère un peu brut, comme si la planche avait été travaillée directement à l'encrage sans passer par un crayonné. On voit des retouches, un côté un peu sale qui n'est pas commun dans le monde assez bien léché des mangas (dans le même tyle, pensez à l'Habitant de l'Infini/Mugen no Jyuunin d'Hiroaki Samura, c'est super connu et trouvable chez Sakka), et c'est donc assez agréable (faut aimer, hein). Les tramages sont eux aussi appliqués sans trop de chichis, les phylactères sont parfois un peu confus tellement leur queue est discrète. Hélas, tout le monde se ressemble beaucoup. Tout ceci est (dés)servi par une version française qui va droit au but; serait-on en train de voir les premières traductions qui ne prennent plus le lecteur pour un novice? Des mots bien nippons comme "Kampai" sont laissés tels quels et sans la moindre astérisque se référant à un bas de page, c'est pas commun! Une impression trop sombre qui fout en l'air les détails, ça par contre, c'est malheureusement moins rare. En tout cas, c'est bien quand on voit arriver des mangas tout à fait communs dans ce genre qu'on se dit que l'édition française a déjà importé tous les gros titres... Nous n'avons après tout droit qu'à une part de ce que les japonais subissent, et je dis bien ça dans le sens que la sélection faite par les éditeurs nous épargne de nombreuses et authentiques bouses. SYFM n'en est pas une, c'est juste une petite histoire commune qui rentre bien dans le cadre "manga passe-temps", zéro prise de tête pour le lecteur et max prise de tête par les pauvres personnages perdus dans les méandres de l'amour. Ne vous attendez pas à hurler au génie, mais au minimum, feuilletez le premier volume.
Par Raton-Laveur le 04 avril 2005, 23:01 - Japanime 8 commentaires
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