12 février 2004
“C'est pas pour moi m'sieur, c'est pour ma petite soeur”
Sérieusement, c'est déjà assez dur d'acheter des mangas pour filles. Au Japon, les mâles évitent le rayon shojo comme s'il s'agissait d'une zone biologiquement contaminée et on ne pourrait même pas y trouver un cadavre de sexe masculin. On a donc de la chance, en Europe, d'avoir nos vaccins à jour et de pouvoir partir avec du Furuba ou du Saikano sans mourir dans d'atroces souffrances. Tout du moins, tant qu'on fait ça dans une librairie; ça ne marche pas dans les maisons de presse.
Je dis ça, parce qu'au cas où vous ne le sauriez pas, les magazines de prépublication de mangas semblent refaire leur apparition. Ils avaient disparu il y a sept ans avec Manga Player et Kaméha, les revoilà avec Shonen Collection (éditions Pika) ou Magnolia (Tonkam); et les éditions Kana préparent le leur. Pika évite les ennuis de la presse à parution régulière et se trouve en librairie, alors que Magnolia est situé dans les kiosques, bien planqué entre OK Podium, Too Much et Popstaracadémimagazine. Pourquoi l'acheter alors? Parce qu'il y a Kareshi Kanojo no Jijou dedans.
Je vous l'accorde: KareKano est suffisamment génial pour qu'on fasse des sacrifices, par exemple acheter tout un mensuel rien que pour lui. Mais il y a des limites, et cette dernière vient d'être franchie avec la couverture du deuxième numéro de Magnolia. Ils ont changé la couverture, qui n'est pas celle qu'on voit sur le site. A la place, on a droit à la photo d'un couple de mannequins récupérée dans un catalogue de stock photos au-dessus du titre en rose bonbon “Dossier Spécial Saint Valentin!” A défaut de vous pousser à vous interroger sur votre sexualité, c'est vraiment le genre de moment qui pousse à partir en courant. Ce que j'ai fait.
Je sais pas où Tonkam veut en venir. Dans l'édito du premier numéro, il est bien indiqué que les séries publiées dans Magnolia n'auront pas droit à une version tankoubon (volume relié). Les articles parlent de maquillage et de shopping, mais pas de la starac'. A quel public ça s'adresse? Aucune des filles que je connais et qui sont dans la Japanime lisent des magazines sur les fringues, et celles qui sont dans ce rayon ne s'intéressent pas aux mangas. En fait, à part les fillettes qui ont découvert l'animation par CardCaptor Sakura sur M6, je vois pas qui lirait les articles de Magnolia... Mais reste à savoir comment elles interprèteraient les séries yaoi qu'on trouve dedans (ça sent les mauvaises fanfics tout ça!). Et franchement, Tonkam étant un éditeur de mangas à plein temps, c'est à dire peuplé de gens qui traduisent, envoient à l'imprimerie puis chez les libraires, on peut se demander si quelqu'un a été engagé pour écrire la vingtaine de pages qui m'ont informé du retour de Namie Amuro sur la scène J-Pop (elle doit bien avoir la trentaine et elle a toujours le front aussi dégarni en plus d'un gosse maintenant, j'imagine la gueule des fans, huhuhu). Si le besoin me prend d'être au courant de ce genre de choses, j'ouvre Japan Vibes aux pages appropriées puis je m'insère des fourmis rouges dans les oreilles pour ne pas trop souffrir (faites vous-même le comparatif: Ayumi Hamasaki, avec les fourmis, c'est mieux que sans).
Nan, rien à faire, j'arrive pas à trouver un lectorat à Magnolia. Reste à savoir si ça veut dire qu'il n'y en a pas...
Par Raton-Laveur le 12 février 2004, 17:46 - Japanime 9 commentaires
10 février 2004
Free bride le peer 2 peer
Comme c'est malin. Free, FAI aimé de tous pour ses tarifs discount qui ont boosté l'Internet français, commence à montrer ses limites. Non, c'est pas ma faute, r-l.net a beau être populaire, on en est pas à ce point. Leur bande passante est phagocytée - comme tout fournisseur d'accès - par le trafic du peer2peer; une situation où seulement un quart des connections servent à mater des pages web ou son mail, tout le reste passant dans eMule, BitTorrent et leurs copains.
Mais voilà, Free a une réputation à tenir. Ils viennent d'entrer en bourse, et la concurrence est dure puisqu'ils ne sont plus seuls sur leurs créneaux de prix. Bref, manquerait plus que la technique soit mise à genoux à cause des abus du p2p!
Alors hop, chez Free, ils ont pris leurs filtres et ont commencé à faire des économies. Ils n'ont pas fermé les ports, ça se serait vu; alors ils les ont bridés. Exemple? Le port par défaut de BitTorrent est le 6969, celui d'eMule le 4662, et pour Direct Connect, c'est le 411. Si on passe par l'un d'entre eux pour faire quoi que ce soit (essayez de mettre un serveur WWW ou FTP pour voir), ça rame. A régler sur un serveur, ça prend 10 secondes, ce genre de bidouille, mais ça doit monstrueusement faire respirer leur bande passante.
La solution? Changer le port par défaut, tout simplement. Les technos dans la salle vont me dire que le trafic d'un soft p2p peut toujours être identifié par sniffage puis analyse, mais c'est proprement impossible à mettre en pratique face à autant de connections à vérifier. En pratique, dans le client Azureus pour BitTorrent, changez ça dans Vue/Configuration/Serveur. Dans DC++, passez en mode Actif. Dans eMule, ça se passe dans l'onglet Connection des préférences. Si vous ne savez pas quel port choisir, mettez un nombre au hasard qui fasse 4 ou 5 chiffres et qui ne soit pas 7777 (réservé à Unreal Tournament). Ne m'envoyez pas de mails à ce sujet, cherchez un peu vous-même - surtout que cette histoire à l'air d'énerver du monde.
Faut dire qu'il y a de quoi. Brider les ports sans les fermer, ne pas communiquer sur le sujet, et continuer à encaisser tranquillement 30€ par abonné chaque mois: si ça rame, le clampin pas renseigné blâme son ordi ou le serveur en face, mais sûrement pas son FAI, puisque la connection s'établit. La technique qui tue pour faire des économies sans se faire choper... C'est d'autant plus vicieux que l'information n'est évidemment pas confirmée par Free, le bridage est apparemment aléatoire (en critères de temps ou d'abonné? On ne sait pas pour le moment), et trop technique pour être récupérée par les médias. Pourtant, c'est justement par là qu'il faudrait passer pour forcer Free à reculer: quand on vient d'arriver en bourse, on a les yeux rivés sur le résultat de l'action et on veut pas de scandale car on craint chaque baisse substantielle.
Alors ça me ressemble pas, mais sur ce coup-là, ce serait une bonne idée de répandre l'info aussi largement que possible. Parce que les FAI ont pris le pli d'imiter Free, alors je vois pas pourquoi ils feraient pas de même sur ce coup.
Mise à jour septembre 2006 : Ce sujet commence à pas mal revenir sur la table depuis deux mois, alors voici quelques nouvelles. Lors de la rédaction de l'article original, Free se contentait de brider les ports réputés pour le P2P, et il suffisait d'en changer dans son application. Maintenant, Free bride les trames P2P.
Explication : les paquets dédiés à la mule ou aux torrents commencent par un "en-tête" bien précis, indiquant à quel protocole ou application ils appartiennent. Ainsi, même si on n'utilise pas le port par défaut, l'ordi qui les reçoit sait à quel programme les distribuer. Donc quand Free voit du paquet qui commence par un en-tête (ou header en anglais) à mule ou à torrent, il l'envoie sur les petits chemins de campagne au lieu des autoroutes de l'information.
Sauf que voilà : ce n'est pas possible de faire ça au niveau du fournisseur d'accès. Ce filtrage se fait quand le paquet part de chez vous, avant d'aller chez Free... par la Freebox. Hé oui, c'est elle qui vous fait ramer ces flux. Free a donc mis à jour le firmware pour que les paquets arrivant chez lui soient déjà filtrés par la Freebox, leur économisant pas mal de bande passante. Si un autre fournisseur d'accès fait la même chose, il ne peut donc le faire que si vous utilisez "son" modem-routeur fait maison, genre AliceBox, NeufBox, LiveBox, AOLbox...
Deux solutions. Soit vous vous débarrassez de votre machinBox, et vous prenez un modem-routeur classique à la place, genre un bon LinkSys des familles qui fait un bon boulot. Comme ça, vous avez un VRAI firewall-routeur intégré, et vous gérez votre réseau. Désavantage : dites au revoir à la téléphonie IP et à la télé.
Autre solution : cryptez vos données. C'est la solution qui semble être à la mode, face à tous les cas de censure en tous genre - et ce filtrage du P2P en est un. Prenez un client P2P qui crypte vos données avant de les envoyer sur le Net, et votre *Box ne pourra pas les filtrer. Avantage secondaire : il sera bien plus difficile pour la Sacem et autres lobbies tordus de prouver que vous êtes en train de faire des choses pas catholiques - si c'est le cas, petits méchants. Et s'ils s'amusent à essayer de décrypter vos flux ? Ben, ils se mettent eux-mêmes en situation de piratage informatique puisqu'ils tenteront de cracker vos données, sans parler de l'intrusion dans la vie privée que cette action représente ! Désavantage : le cryptage, c'est quand même un peu lourd pour l'ordi. Donc l'utilisation de votre processeur risque de grimper si votre client est mal codé ou si votre bécane est un peu vieille.
Quand même, utiliser des réseaux cryptés n'est qu'une radicalisation du mouvement pro-P2P, qui prouve bien que les lois comme la DADVSI ne font qu'empirer les choses : au lieu de se ranger, les voleurs ne font que passer par des solutions plus extrêmes. Mais c'est un autre débat.
Mise à jour novembre 2006 : Apparemment, tout ça ne touche que les non dégroupés. Si vous laissez un commentaire, pensez à indiquer votre statut !
Par Raton-Laveur le 10 février 2004, 19:25 - Général 357 commentaires
Y'a de l'influence, non?
Par Raton-Laveur le 10 février 2004, 11:51 - Japanime aucun commentaire
09 février 2004
Phantasy Star Superstar
Sauf que ça confine au ridicule. Nintendo a retiré PSO de la vente et la côte du jeu s'est envolée sur le marché de l'occase. Payer plus de 100€ pour un quelques lignes de code qui finiront en CD de boot... Devenu rareté malgré lui, Phantasy Star Online est une énième représentation du syndrome Sega: un super jeu en avance sur son temps (premier RPG online sur console, sorti il y a trois ans), inconnu et qui fera le bonheur des collectionneurs blasés quand il sera tellement vieux que les serveurs auront été fermés. Malgré un léger sursis, c'est déjà le cas de la version Dreamcast; ceux pour le Cube ne vont pas tarder (plus de disques dans les magasins, plus de nouveaux joueurs, plus de sang neuf, plus de renouvellement, plus d'abonnements), alors il ne reste que la version Xbox, dont Microsoft coupera sûrement le sifflet quand True Fantasy Live Online débarquera. Et ça fera un diablo-like, RPG simple et rapide qui ne demande pas des règles de jeu à la pelle de moins sur le marché. Je m'en retourne de ce pas jouer à Priston Tale, moi...
Par Raton-Laveur le 09 février 2004, 23:13 - Jeux vidéo un commentaire
« billets précédents - page 214 de 319 - billets suivants »




Derniers commentaires