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Je suis pro-euthanasie, alors que quelqu'un m'abatte

02 mai 2006

Les lectures de QCTX

J'avais écrit un article BEAUCOUP TROP LONG qui était une énorme analogie entre la psp et la DS, expliquant qu'en-dehors de la qualité d'une logithèque, le nombre de bons jeux était également primordial dans le choix d'une console. Article motivé après l'aveu de mon sony-fanboy préféré actuel dans les commentaires de cet article que même lui ne trouvait pas grand chose de passionnant dans les titres proposés sur la portable de sony. Je dis "sony-fanboy préféré actuel" même si ce n'est pas très français, parce que le précédent a fini par mettre la clé de son magasin sous la porte - et la dernière fois que je l'ai vu, il m'a demandé "vous voulez des frites avec ?" Bref. Je comparais donc la dizaine de jeux DS en ma possession aux deux ou trois que j'ai sur psp, expliquant que même si Ridge Racer ou Lumines sont excellents, bien peu d'autres titres me font de l'oeil, alors que je suis bien loin de posséder tout ce qui m'intéresse sur DS. Bref, l'analogie comparait mes deux logithèques à des doigts utilisés pour se masturber, expliquant que même si le peu de prise offert par les jeux-doigts psp était fort plaisant, la dizaine de Knackis proposés par la DS s'avérait grandement préférable.
Cette métaphore s'étalait sur PLUSIEURS PAGES, poussant le vice jusqu'à expliquer que les moins bons jeux DS, Sonic Rush et Another Code, étaient ainsi des auriculaires, puisqu'ils n'étaient pas très utiles lors de l'acte onaniste, procurant peu de plaisir. La conclusion était évidente : "aimez-vous vous tripoter avec deux ou trois doigts ?" Puis la méthadone a cessé de faire effet et j'ai réalisé que la meilleure place de ce texte était dans le néant. Alors je vous laisse avec les recommandations de mon copain QCTX en matière de mangas, parce qu'il a eu la gentillesse de me les confier dans le creux de l'email. Merci à lui, et merci à vous pour ne pas avoir lu le machin abordé plus haut.




On commence par le meilleur. Toujours, c'est que je préfère. Ca s'appelle (prenez votre respiration) : "HIROSUKE KIZAKI MEMORIAL EDITION Les dessins de la vie" par Hirosuke Kanzaki et Marley Caribu. Comment ? Ce nom fait un peu canadien sur les bords ? Et encore vous n'êtes pas au bout de vos surprises...
La couverture d'un vert et jaune pisseux est très peu engageante. On y distingue un croquis sur un cahier d'écolier et c'est tout. C'est édité par Soleil, une boite qui se distingue plutôt par ses productions héroïc-fantasy en BD franco-belges ou en shojo barbapapesque affreux. Mais à l'intérieur, c'est vraiment surprenant. Et pourtant, vous allez me dire qu'il n'y a pas de quoi. Un monde de furrys, des graphismes simples et déliés, peu de personnages, des grands yeux, une couche de WAFFy tellement légère qu'on voit à travers, ... bref, oui, c'est du Shojo. Mais du BON shojo. De celui qu'on relit plusieurs fois d'affilés avec un petit pincement au coeur sans pouvoir vraiment se l'expliquer. L'ambiance est à mi-chemin entre "+Anima" et "Yokohama Kaidashi Kikou". C'est calme et ça détent. Pourtant le scénar peut sembler ultra connu : une jeune collégienne inconnue mais aussi diserte que Rei dans NGE, réalise des dessins qui forcent l'admiration de ses amies. Elle est loin de savoir s'affirmer et encore moins de pouvoir montrer ses dessins. Sa rencontre avec un dessinateur taciturne sur le retour, revenu dans cette petite ville de campagne ne va pas "révolutionner" sa vie, mais introduire quelques changements. Légers, très légers. Ha oui, et autant vous le dire tout de suite, l'histoire n'est pas et ne sera jamais terminée. Les idiots se contenteront du titre et les autres iront lire les explications en fin du livre. Alors quoi ? Et bien, y'a pas à dire, cette petite, on s'y attache. Et ce grand dadais qui dès leur seconde rencontre ne peut s'empêcher de lancer "Tu es venue chez un homme en pleine nuit. Tu ne te plaindras pas si je te viole..." et l'autre d'enchaîner, le regard perdu dans le vague sur leur première rencontre houleuse au café lors de la présentation des dessins... Bref, c'est plus que recommandé pour tout ceux qui se targuent d'avoir un minimum d'âme sensible. Et les autres.

"Angry" est un de ces shonen qui vous semble surfer sur des thèmes connus mais qui surprend quand même. Bon, après tout, un manga sur le judo, bof. C'est un sport qui est quand même ouvertement moqué même en France pour son peu d'efficacité apparente dans les films ou la rue (pour ceux qui ont essayé). Et pourtant, on reste surpris. Tout d'abord, il y a les filles. Non, pas toutes des HiME en puissance, non, non. Des filles standard, telles qu'on en trouve dans tous les lycées du monde. Une battante, une rebelle, une pédante (non, non, relisez-vous, c'est tout à fait possible)... qui s'y connaissent en judo. Des beaux mecs qui se battent ensemblent sans tous savoir que c'est pour la même infirmière, un cycliste tricheur aux dreadlocks surprenant, un coach branleur aidé/secondé/remplacé par un capitaine balaise. Une ambiance bon enfant mais pas trop (problème de fric, de famille...) Et surtout, pour ceux qui comme moi ont eu la chance de pratiquer, on n'est plus dans un de ces manga avec un combat "pseudo-martial" où les duels se résument à trois cases (case un : face à face, case deux : croisement, case tois : chute de l'un des deux adversaires, entre les cases : rien). Exemple type : Kenshin, que je hais profondément pour ne pas montrer un seul geste technique de combat au sabre. Oui, j'ai regardé un grand nombre d'épisodes, j'ai lu une bonne partie du manga et j'ai même les OAV à la maison si ça peut vous faire plaisir. Revennns au sujet. Les gestes sont assez bien mis en plan pour être compréhensibles et visibles du commun des mortels et là est l'intérêt de ce titre. En plus de celui d'être mixte sans être macho/pervers/hentai. Déjà trois tomes de sortis.

Bon, vous connaisez tous "Battle Royale" (ou au moins son concept grâce au script IRC de l'ami Keul - tiens ça fait longtemps qu'on s'en est pas fait une). Certain connaissent peut-être aussi la série "Alien 9" sortie au format papier ou video depuis peu. Bien, maintenant, imaginez un mix des deux. Ca y est ? Bon et bien vous avez dans vos mains "Blitz Royale". Un mélange assez détonnant de gore (ramassage de cadavres sur les plages) et d'humour standard (l'héroine est une porte-poisse professionelle). Mlle "Je-porte-la-poisse-à-mes-amis" craint que sa classe ne soit choisie cette année pour "le Programme". Heureusement, trois jours avant le départ pour son voyage scolaire, les résultats de la loterie infernale sont annoncés et la classe est sauvée... Jusqu'à ce qu'on aprenne que le Ministère de la Défense est tiraillé entre plusieurs partis. Notamment, celui de la Marine Nationale qui trouve que l'Armée de Terre et son fameux "programme" lui fait de plus en plus d'ombre sur le tableau national. Elle décide elle aussi de lancer son propre "Programme". Et devinez qui vont être les petits veinards cette année ? Bref, on est reparti pour les gazs soporifiques, les petits colliers GPS piégés à la télécommande et un prof (piégé lui-aussi) qui possède une tête qui ferait rire un âne. Les avancées ? Les élèves ne sont plus obligés de se tuer entre eux et n'ont plus un random-bag. Non, ils doivent tout simplement suivre un entrainement des forces armées. Comme "Aller ramasser des cadavres sur la plage", ou "Traverser des habitations et y déloger un sniper drogué". Les armes sont lourdes, massives et chargées. Les uniformes sont aux tailles des enfants, mais pas les mentalités. Bref, on navigue souvent entre deux eaux, sans trop savoir si l'on doit en rire ou en pleurer... à suivre.
(NdRaton : J'ai rapidement lu le premier volume, et c'est quand même super malsain. Okay, Battle Royale l'est largement, le film BR2 est à chier, mais Blitz Royale donne dans davantage dans la connerie absurde de la "Défense de la Paix" plutôt que le conflit des générations, thème principal de l'oeuvre originale. En tout cas, c'est une oeuvre assez typique de ce que peut enfanter un nationalisme limite parano-xénophobe accentué par le fait d'être situé à côté d'une dictature nucléaire aux instincts guerriers...)

Kalon
Juste parce que ce site mérite à être connu. Le très (trop ?) célèbre Pen of Chaos le cite allègrement comme l'une des sources d'inspiration de son Donjon de Naheulbeuk. Et (re)lire un code n'est pas forcément chiant quand c'est bien foutu. Kalon est un barbare dont la longue quête vous distillera de l'humour à petite doses. On y retrouve Melgo, le voleur (qui sait éviter les tas de cendres, lui), Sook, la sourcière rousse (au derrière si spécial) et un tas de monstres divers, de Dieux "de tout un tas de trucs marrants"... bref, de la pure Héroic Fantasy de bonne facture qui ne reprend pas à rebours tous les poncifs du genre, mais au contraire, les peaufine et nous rappelle régulièrement que certaines RD sont invariables (Règles Donjoniques : des câbles soutenant un lustre se doivent se supporter le poids d'un héros, de sa captive et d'une part non négligeable du butin)

Allez, il se fait tard et par conséquent, toutes les fautes d'ortho sont imputables à mon réveil qui a l'outrecuidance de m'afficher 2h58. 'Va finir par la fenêtre, le bougre.

30 avril 2006

Non, je suis pas mort

Ce ne sont que des rumeurs. Je n'étais pas non plus en prison... C'est simplement que le site a légèrement été chamboulé cette semaine et qu'entre les points Godwin, ceux qui se sont crus sur un chan IRC et ceux qui plus généralement du caca dans la tête, une bonne centaine de commentaires sont passés à la trappe sur ces deux articles. Au fond, on s'en fout un peu : c'est pour la bonne cause. Et une énorme merci à tous ceux qui y ont allés de leur petite news (jusqu'en territoire ennemi) pour bien montrer que les fans et les scantradeurs ne sont pas tous des voleurs/impatients gâtés-pourris/kikoololeurs. J'ai déjà été poignardé à l'Epitanime 2005, peut-être qu'on me retrouvera transpercé de kunais pour la 2006.

En plus, j'ai découvert des fans de poupées nippo-coréennes customisables (si j'ai bien compris, ça s'appelle des BJD - Ball Jointed Dolls - et des Pullips), un truc que je connaissais pas du tout. Et quand elles posent pour la photo, elles sont capables de faire (volontairement) le même regard vitreux que leurs jouets de collection. La première fois, ça surprend.



En ce dimanche soir et comme chaque dimanche soir depuis un an et demi, session IRC commencée à 21 heures sur #editotaku@irc.worldnet.net (ou entrez votre pseudo dans la case à gauche). Et comme c'est minuit, les images cochonnes commencent à remplir le chan - et personne ne s'en plaint, mine de rien.

29 avril 2006

Air Gear (anime)

Les habitués de cette colonne le savent déjà : je suis un fan d'Ito Ogure, alias Oh! Great. Mangaka complètement barré et au style génialement exagéré, il est parvenu à détrôner Satoshi Urushihara dans mon petit coeur tout perverti, catégorie "dessinateurs de femmes toutes nues". Exploit en soi, vu que l'auteur de Lemnear ou Plastic Little était en haut de mon classement depuis presque quinze ans...
Faut dire qu'Oh! Great assume sérieusement : ses premiers titres cochons s'offraient le luxe d'avoir une histoire qui tenait debout, et Naked Star, son ouvrage hentai le plus récent, fait cotoyer quelques histoires sans scènes licencieuses à côté de one-shots hallucinants de perversion. N'allez pas croire que tout cela est réservé au domaine de l'import ! Entre Tenjou Tenge (too hot for America) que nous avons ici en manga à la traduction française basée sur l'édition italienne et Air Gear qui avait commencé sa parution dans le Shonen Collection des éditions Pika (en attendant les volumes reliés), ses titres les plus récents sont disponibles. En cherchant un peu, on trouve également sous nos latitudes le manga Himiko Den (1999, édité chez Génération Comics), qui raconte une histoire médiévale-fantastique dans un univers partagé avec le jeu vidéo playstation et l'anime éponymes - le projet dotHack n'a rien inventé -, et Majin Devil (qui contient une ragoûtante scène d'accouchement d'araignée géante sortant d'une étudiante alitée à l'infirmerie scolaire).

D'une certaine façon, les mangas d'Oh! Great sont l'archétype du manga selon le stéréotype des familles de France remontées contre le Club Dorothée : bourrés de violence et de sexe (pas si) insensés, femmes trop sculpturales pour être honnêtes (chez cet auteur, elles mènent toujours le jeu), histoires à la narration désordonnée, et le tout exagéré dans des proportions délirantes. Mais c'est précisément ce que recherche et aime mon moi otakiste au niveau le plus primaire, viscéral, éhonté. La démagogie, c'est s'adresser à l'instinct le plus primitif de l'homme pour s'adresser au plus grand nombre : la violence et le sexe, c'est la meilleure façon d'y arriver. La télévision l'a bien compris et applique à la lettre la philosophie de Cléon en gavant les ondes de reality-shows. Oh! Great est-il un démagogue, en me faisant tomber sous son charme par la plus vieille méthode du monde ? Peut-être pas : au fond, il ne suffit pas de mettre culs et nichons pour me faire tomber (?), encore faut-il bien s'y prendre. Or, Oh! Great s'y prend à la perfection. Démagogue, peut-être, mais alors démagogue de choc.

Sauf qu'à sa décharge, ses mangas ont un gros défaut. Ils sont si soignés, si beaux (toujours), si complexes (parfois), si pervers et dénués de tabous (souvent) qu'ils ne semblent supporter aucune adaptation dans un autre format. En anime, par exemple. La série télé TenTen avait pas trop mal commencé, mais le budget semble avoir été englouti par les premiers épisodes tant la qualité s'est vite dégradée - avant de finir dans le mur, bien incapable de communiquer le trop vaste univers original.
Là, c'est Air Gear qui s'y colle. Air Gear, c'est une équation simplissime : Jet Set Radio + Oh! Great = raton-love. Toujours ce soin maniaque du détail, le monde énorme, les personnages que rien ne retient, les scènes hallucinantes que le lecteur gobe sans ciller. Dans mon article sur l'anime de Tenjou Tenge, j'avais dit qu'Oh! Great était bien le seul à dessiner une héroïne qui porte un kimono sur une page, du cuir sur la suivante et rien sur la troisième - et que le lecteur trouve ça normal. Ou qu'un type arrête d'un seul coup de poing une Benz-Benz-Benz qui zoome-zoome sur lui, que ladite voiture fasse un salto, et que le lecteur (encore lui) reste zen-zen-zen. Dans Air Gear, on arrête un camion de 30 tonnes d'un coup de boule et on escalade des immeubles avec des rollers boostés.
Et comme prévu, la transition en anime du manga à rollers glisse comme du Brian Joubert aux JO de Turin : gamelle monumentale. Sauf qu'ils n'ont rien fait pour qu'il en soit autrement, quand même. Le style Air Gear, avec ses graffitis déjantés suivant chaque personnage dans ses tricks ? Son côté légèrement ecchi ? Son rythme ultra-rapide ? Inutile d'espérer tout ça quand cet anime n'est même pas foutu d'avoir un générique correct, tout en glissements de cellulos et en personnages statiques. Vous savez déjà que les intros d'animes sont toujours chiadées : comme le téléspectateur va devoir se les taper 13 ou 26 fois, y'a intérêt à soigner la minute trente d'ouverture. L'anime Himiko Den, tiens ; son générique d'ouverture est un chef d'oeuvre, carrément réalisé par Keiji Gotoh. C'est presque une règle, lectorat adoré : si l'intro, un morceau d'animation de 90 secondes qui doit supporter les rediffusions multiples dans l'esprit du spectateur, si les producteurs ne sont même pas capables de faire ça correctement, c'est très mauvais signe pour la suite. Avec Air Gear, je crois qu'on a tout simplement le pire opening que j'ai jamais vu. Okay, on voit tout de suite qu'ils n'ont rien compris au style, okay, la chanson choisie est naze, mais ils auraient au moins pu faire quelque chose de dynamique. J'ai vu mieux en Flash sur le Web.
Pour le reste, que dire ? Les seiyuus n'y croient pas une seconde, les animateurs non plus, les couleurs sont baveuses, les décors sont minimalistes... seul point positif, ça a le mérite de ne pas traîner - au point que des trucs aussi inutiles que le "développement de personnages" part aux oubliettes. Je dirais de l'anime d'Air Gear que c'est un gâchis s'ils avaient vraiment tenté d'en faire quelque chose... Mais il n'en est rien : il s'agit d'un programme télévisuel pour occuper 26 minutes d'antenne qui n'a strictement aucun intérêt et qui n'a aucune motivation pour avoir le moindre intérêt. Sans doute que ça sortira en DVD chez nous - et là, nous pourrons vraiment parler d'un gaspillage de ressources qui auraient pu servir à localiser n'importe quel autre anime un tantinet plus intéressant (comme Himiko Den, tiens). Nullissime.

27 avril 2006

Wii

...

Démo Loco Roco

Il y a quelque chose d'antinomique dans la promotion de la psp par ses fanboys ; d'un côté, ils n'hésitent pas à mettre en avant des tableaux comparatifs des capacités techniques de la DS et de la psp en hurlant bien fort que Nintendo est dépassé, et de l'autre, les titres originaux (comprenez, pas tirés d'une licence existante) les plus intéressants sur la machine sont des jeux conceptuels qui auraient pu tourner sur une 32-bits de salon. Lumines, Mercury, Karakuri (Tokobot chez nous)... Peut-être que c'est à cause de cette incapacité à faire des jeux nouveaux qui en mettent plein la vue que sony est passé de cette situation à son exact opposé en moins d'un an, je n'en sais rien. Cette console est l'impersonnalisation de l'adage "qui peut le plus peut le moins". Un monstre de puissance qui ne sait se montrer inventif qu'en se tournant les pouces.

Loco Roco ne risque pas de changer cet état de fait, mais il est attendu par pas mal de monde comme l'espoir inespéré (sic) de la console. Quand je dis "pas mal de monde", j'inclus également ses détracteurs. En témoigne le sieur Laveur Raton qui, lors d'un article censé pronostiquer le futur immédiat des jeux vidéo pour un magazine spécialisé, a brossé un portrait du marché des portables en large faveur de la DS ; il a cependant gardé un coin de phrase optimiste pour Loco Roco, "qui semble parti pour devenir le Katamari Damacy de la psp". Dont acte.
Bien que le titre soit une licence nouvelle, le concept n'est pas original pour autant : déplacer un personnage en faisant pencher le décor, c'est déjà vu. Dans Super Monkey Ball, c'est le monde et non pas le singe encapsulé que l'on dirige. Ou Kirby Tilt 'n' Tumble et le fort moyen Yoshi's Universal Gravitation, jeux avec un capteur de gravité monté dans la cartouche - la similarité entre Loco et Yoshi n'est d'ailleurs pas passée inaperçue. Comme quoi, un des jeux les plus attendus de la psp reste une repompe.
Mais bon, je maintiens ma position sur Yoshi's Universal Gravitation : ce n'est pas un très bon jeu que j'avais acheté pour sublimer les incessants retards de la version européenne de WarioWare Twisted. C'était en juin 2005 et Twisted était déjà sorti depuis plus de six mois au Japon, et à l'heure où j'écris ces lignes, IL N'EST TOUJOURS PAS LA ! Non, pas d'import pour celui-là, je le garde comme dernier espoir d'intéresser ma maman aux jeux vidéo et il faut bien qu'elle comprenne le verbe au début de chaque mini-jeu qui indique ce qu'il faut faire. "Dernier espoir" reste relatif, quand même. Vous devriez la voir en train de pivoter furieusement la PlayStation Mobile à la manière d'un volant pour piloter la voiture de Ridge Racer. En fait, je pourrais filmer la scène et la poster sur YouTube, mais il y a une bonne raison pour ne pas le faire : la vidéo serait si hilarante de pathétisme qu'elle ferait tellement le tour du Net qu'elle finirait par être citée dans quelque reportage présentant les jeux vidéo comme un loisir pour dégénérés, et serait finalement portée à l'attention de ma génitrice qui me laisserait déshérité. Or, ce n'est pas ce que nous voulons, n'est-ce pas ?

La démo de Loco Roco est la première de son genre sur la psp : on peut enfin caler le fichier sur MemoryStick et jouer à un jeu sans le moindre temps de chargement. Officiellement, s'entend - tas de hackers désoeuvrés que vous êtes. Surtout qu'elle sert surtout à faire passer la pilule de la mise à jour vers le firmware 2.7 de la console, qui la verrouille bien évidemment de la faille GTA Liberty City Stories, dernière porte de sortie vers les émulateurs et autres bidouilles. Perso, je n'en avais pas grand-chose à cirer, vu que chaque GTA sans visée à la souris a le don de me gonfler immensément après seulement quelques heures. La stratégie "je te verrouille ta console mais je te file quand même un truc cool à la place" est quand même en train de se généraliser : Halo 2 qui scanne la Xbox et vire les dashboards modifiés, Mario Kart DS qui désactive les DS avec la moindre soudure non-officielle, GTA LCS qui force la psp en 2.5...Enfin bon.
Si vous hésitez entre vos émus SNES et la mise à jour, voilà de quoi vous faire une idée du contenu : comptez moins de 15 minutes pour boucler la démo la première fois, mais attendez-vous également à vous la refaire plein de fois tellement il y a des trucs cachés un peu partout. Faux murs, plafonds qu'on casse à coups de boule, interrupteurs un peu partout, la lune endormie qui ouvre un passage secret après qu'on l'ait réveillée... Tout dans ce jeu me fait très fortement penser à du Nintendo, jusqu'à dire que Loco Roco est l'exact remix de Yoshi's Island version sony. Vous vous souvenez de l'écran de la carte, où un instrument s'ajoutait à la mélodie à chaque fois qu'on terminait un monde ? Les Yoshis multicolores ? Et les Cotonou Prout Prout ? Les oeufs qui vous suivaient dans une queue-leu-leu un peu anarchique ? La notation à la fin du niveau sur la récupération de fleurs ou votre capacité à finir le niveau sans vous être fait toucher ? Vous vous souvenez de Super Mario World qui ajoutait un tam-tam à la mélodie quand on grimpait sur Yoshi ? Tout ça, on le retrouve dans Loco Roco. Le thème musical est carrément chanté par le Barbapapa-like qu'on déplace, à la façon de Luigi dans Luigi's Mansion. Quand elle se sépare en petits groupes, chaque boulette continue à chanter dans son coin, donnant un résultat proche d'une chorale d'école maternelle sous acides - allez l'écouter sur le site officiel, c'est fendard. Les ennemis - des visages de rastas avec des dreadlocks, style réduction de têtes par une tribu pigmée - se déplacent en flottant, comme les flocons hallucinogènes de chez bébé Mario. De grosses fleurs cachées un peu partout dans le niveau sont très importantes pour avoir un bon score. Je ne serais pas étonné d'apprendre que quelques anciens membres de Nintendo auraient été débauchés par sony pour pondre ce jeu, tellement on se retrouve transporté dix ans plus tôt.

Techniquement, c'est tout pareil de comme on a dit au commencement du début de l'article : pas un gramme de troisième dimension ou de débauche graphique, tout est en vectoriel. Le firmware 2.7 ajoutant la prise en charge du Flash (officiellement tout du moins - il n'a pas voulu lire le moindre épisode des Happy Tree Friends), le jeu pourrait tourner avec qu'on ne ferait pas la différence - et si ça se trouve, peut-être qu'il tourne réellement en Flash. Problème inhérent à ce design épuré et aux couleurs pastel chatoyantes, le contraste lumineux du jeu fait ressortir la sale rémanence de l'écran. Quand on fait pencher l'écran et que le sol vert laisse place au ciel blanc, la ligne d'horizon est accompagnée d'un jaune baveux qui fait penser que le petit-mais-deviendra-grand Loco Roco laisserait une traînée de slime comme un vulgaire escargot...
Mais à l'instar de ses confrères originaux mais austères, Loco Roco est amusant. Si amusant, en fait, qu'on peut tomber sur un truc mauve et turgescent qui ressemble à une érection canine sans même faire de rapprochement déplacé avec l'acteur italien de films pour adultes.
Cependant, n'est pas Nintendo qui veut. Cette démo est un quasi-sans-faute, le jury émettant toutefois des réserves sur la maniabilité. Pas la jouabilité hein, l'ensemble tourne avec trois touches et pas de croix ou stick directionnel. On penche l'écran avec L ou R, on sépare et on reforme Loco Roco avec Rond qu'on enfonce plus ou moins longtemps. D'ailleurs, ce n'est pas l'utilisation intensive des deux flippers qui m'a rassuré sur leur solidité... L'inertie particulière de la boule demande un temps d'adaptation, mais il reste très difficile de lui faire faire des sauts précis. Et lorsqu'on se retrouve dans certains passages secrets qui demandent des acrobaties qui seraient déjà pimentées avec un personnage bipède, c'est la catastrophe. La démo est facilement finissable, mais attendez-vous à une sacrée frustration dans les lieux cachés - je pense à la série de sauts qu'on atteint depuis le trampoline-berceau, derrière le faux plafond. On sait ce qu'on veut faire, on sait comment le faire, on s'est bien entraîné, mais boule-de-gras ne suit pas dès que ça commence à devenir ardu. Donc, maniabilité douteuse dès qu'on a besoin de précision. En clair :



Je sais où est la dernière fleur, je sais comment l'atteindre, mais la mise en pratique m'est impossible sans que le cerveau reptilien ne prenne la priorité sur le corps pour lui faire pousser quelques cris de rage dignes de Cro-Magnon 1er. C'est bon de voir que certains us et coutumes sont si intégrés à l'être humain que même la mémoire génétique s'en souvient.

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