John Woo, Jet Li, Johnny To, Yuen Wo Ping... A peu de choses près, on connaissait tous les dragons du cinéma hong-kongais. A peu de choses près. Il aura fallu un bon bout de temps avant que les occidentaux découvrent Stephen Chow, via les réseaux du VideoCD qui auront fait connaître Shaolin Soccer. Avec cette renommée mondiale arrivent tout un tas de merveilleux avantages : le film se fait massacrer sur la table de montage, une pression énorme pour sa carrière, un Shaolin Soccer 2 inévitable, et j'en passe. En attendant ce film de commande (pour voir ce que donne un "film de commande" fait par un cinéaste hong-kongais, regardez Hulk par Ang Lee ou Mission Impossible 2 par John Woo), voilà Crazy Kung Fu.
Joie : l'humour scato-morveux est toujours là, ce qui laisse penser que la version internationale du film n'a pas été modifiée (le dernier plan est d'ailleurs un enfant avec deux cavernes débordantes de richesses en guise de narines - on n'aurait pu rêver mieux comme fin). L'histoire ? Inracontable, parce qu'elle est complètement décousue : on passe d'une guerre entre des gangsters et un quartier rebelle à un duo à la Laurel & Hardy à des maîtres d'arts martiaux retraités à une guerre entre le bien et le mal, et tout ça sans aucun lien - ou si peu. Pour peu qu'on regarde ça sous forme de divertissement vide-cerveau pour épileptiques ayant oublié leur dose de Ritaline, c'est potable (ceci est également vrai pour Star Wars Episode 3). Cependant, si vous vous attendez à du cinéma hong-kongais avec ses acteurs élastiques, ses personnages géocentriques et sa pseudo-morale pour faire plaisir au gouvernement local, repassez dans la salle lors des rediffusions des productions Shaw Brothers.
Autre truc énervant : la surenchère d'effets spéciaux. Okay, le film se veut too much, mais ça dessert le cinéma HK, dont les talents naturels des acteurs ne sont plus à démontrer. vous vous souvenez de The One avec Jet Li ? Ce film US était tellement truqué qu'on ne savait plus si c'était Jet Li ou les ordinateurs qu'il fallait remercier pour le spectacle. Comme Jim Carrey, dont le visage aux zygomatiques dopées n'avait vraiment pas besoin d'un Mask digital pour qu'il soit spoookey. Ici, c'est pareil : les effets spéciaux cachent les performances des acteurs... et tout le spectacle se dégonfle.
On a vraiment affaire à un film qui ne tient pas ses promesses et se prend pour le boeuf américain - ou qui tente de vanter le plumage de ce dernier, on ne sait pas. Par exemple, on commence avec quelques plans d'un quartier taillé sur mesure pour accueillir les batailles les plus délirantes du cinéma, pour un film théâtral, à l'unité de lieu inébranlable puisqu'il n'y a même pas besoin d'aller voir ailleurs : des escaliers, des cordes à linge partout, une grande place au milieu, que demander de plus ? La meilleure scène de baston y a évidemment lieu, un combat entre deux musiciens-croquemorts d'un côté, un tailleur et un boulanger de l'autre. Avec le gag sur le lancer de couteaux qui est à hurler de rire, on tient l'apogée du film. Las ! Stephen Chow perd son temps en nous faisant sortir de ce décor de rêve pour nous traîner dans une prison, dans le quartier général des Triades (un lieu qui fait grincer les dents tant il pue le mauvais studio kitchissime), ou dans des rues absolument anonymes. A l'exception des deux proprios, il ne sait que faire de ses personnages et se contente de les laisser se bourrer le pif en saupoudrant le tout de quelques références à Shining, Dark Water ou Spider-Man pour amuser la gallerie. Un gros gâchis qui se termine sur un combat bâclé et DragonBallZédesque, galipette cinématographique que l'on savait déjà stupide depuis Matrix Revolutions... Seuls les américains arrivent à faire des films formatés pour l'international, et c'est exactement ce que Chow a tenté de faire : résultat sans surprise, c'est un échec.
"Des gars comme ça, je les fais éjaculer dans une éprouvette et je garde le tout dans un frigo pour les générations futures." -Raton-Laveur, à propos de l'équipe de Nolife.
Général
23 juin 2005
Joyeux anniversaire à l'éditotaku
Par Raton-Laveur le 23 juin 2005, 23:42
Yay, trois ans ! Trois ans que je respecte le plan d'au moins un article tous les deux jours - avec quelques rarissimes entorses, il est vrai. Keul est en train de me sortir quelques stats : il y a une moyenne d'1,2 article par jour à raison de 300 généralistes, 200 sur les animes et 370 sur les jeux vidéo ; on trouve un total de 330792 mots à raison d'une moyenne de 387 par article, ces derniers contenant une moyenne de 4,5 liens hypertexte pour un total de 3812 liens (yay) et 114 images affichées dans le site (je pensais pas qu'il y en avait autant). J'ai écrit "Sega" 167 fois, et "hentai" 71 fois (dire que je me surveillais sur ça), mon QI a perdu 24 points, vous avez écrit 3767 commentaires, et ma gratitude envers vous est infinie. Peut-être que je devrais vous faire un bisou ou un truc dans le genre, surtout qu'en seulement un an, vous êtes trois fois plus nombreux à revenir régulièrement.
Avant l'édito, r-l.net n'était qu'un tas de html mal rangé. Maintenant, c'est toujours un tas de html mal rangé, mais avec une extension .php et avec l'éditotaku pour ne pas donner l'impression que je suis resté coincé dans les années 90. Peut-être que d'ici l'an prochain, il y aura un vrai design, qui sait. Il s'est passé quoi en 12 mois ? Entre autres, j'ai fini par écrire dans un magazine de jeux vidéo hors de la rubrique courrier - c'est d'ailleurs grâce à GameFan que j'ai rencontré les gens bizarres de chez K!, il y a eu le passage sur Pouche, quelques petits mails reçus par des personnes que j'estime énormément et qui sont passées sur le site... Mais bon, tout ça n'a après tout qu'une seule finalité, qui est de vous faire passer un bon moment en lisant quelques articles que j'ai plaisir à écrire parce que je ne peux pas la fermer. Au milieu de la diarrhée orthographico-idéologico-digitale que représente une bonne tranche de l'Internet français, ça fait plaisir de savoir que vous existez. Merci encore à vous de fréquenter ce site, merci à vous pour vos idées et discussions, et je ne sais plus quoi vous dire à part merci. Merci !
Avant l'édito, r-l.net n'était qu'un tas de html mal rangé. Maintenant, c'est toujours un tas de html mal rangé, mais avec une extension .php et avec l'éditotaku pour ne pas donner l'impression que je suis resté coincé dans les années 90. Peut-être que d'ici l'an prochain, il y aura un vrai design, qui sait. Il s'est passé quoi en 12 mois ? Entre autres, j'ai fini par écrire dans un magazine de jeux vidéo hors de la rubrique courrier - c'est d'ailleurs grâce à GameFan que j'ai rencontré les gens bizarres de chez K!, il y a eu le passage sur Pouche, quelques petits mails reçus par des personnes que j'estime énormément et qui sont passées sur le site... Mais bon, tout ça n'a après tout qu'une seule finalité, qui est de vous faire passer un bon moment en lisant quelques articles que j'ai plaisir à écrire parce que je ne peux pas la fermer. Au milieu de la diarrhée orthographico-idéologico-digitale que représente une bonne tranche de l'Internet français, ça fait plaisir de savoir que vous existez. Merci encore à vous de fréquenter ce site, merci à vous pour vos idées et discussions, et je ne sais plus quoi vous dire à part merci. Merci !
19 juin 2005
Futile (suite)
Par Raton-Laveur le 19 juin 2005, 14:15
La scène se déroule dans le magasin de Raikoh. On continue la conversation de l'autre jour :
- Et toi raton, qu'est-ce que t'as ramené de la tanime ?
- Pas grand chose, j'étais trop occupé à être partout... Quelques mangas et DVD, dont celui de GunBuster qui était chez Beez. Depuis le temps qu'on l'attendait !
- Ah ? Pourtant les critiques de cette édition sont pas vraiment positi-
- GunBuster. En DVD. Zone 2 Euro.
- Oui mais le dévéd-
- GUNBUSTER... EN DVD !
- Okay, okay.
Je jette un regard paresseux sur ma gauche, et perds un mètre en quelques dixièmes de seconde. Je me suis accroupi plus vite que n'importe quel héros de jeu vidéo 8-bits (qui étaient pourtant capables de se baisser en une seule image, donc allez comprendre le sens de cette phrase. L'apparition d'une image supplémentaire dans l'animation pour s'accroupir dans Dick Tracy sur Mega Drive, où l'on voit le détective en jaune plier ses genoux, reste une étape importante du jeu vidéo). Un abruti profond qui me connaît vient de rentrer dans la boutique et je préfèrerais me faire pénétrer à sec par un taureau robotisé et programmé par un auteur de jeux hentai que de devoir répondre à ses interrogations profondes sur la meilleure configuration de touches pour jouer à Pong. Merde, il se dirige par ici, faut se déplacer dans un autre rayon. Imaginez un rhinocéros mimant la félinité de la panthère Dulux Valentine et se déplaçant comme un lapin, et vous avez une bonne image du raton-laveur fuyant un âne (ou une scène de l'Arche de Noé inconnue jusqu'alors, c'est à vous de voir). Je cours donc accroupi et traverse le rayon des CD audio. Il y a là deux femmes, dont une dans un fauteuil roulant. La dame valide me pointe du doigt en disant à son amie handicapée "regarde, regarde !", et je les entends se marrer. Arrivé au rayon des jeux vidéo pour console, je risque un regard en chien de prairire par-dessus l'étagère : mon lobotomisé est en train de loucher sur la boîte PC de 7 Sins. Si les gens étaient un logiciel, ce type serait le bug de l'an 2000. Tiens, dans la vitrine Mega Drive, il y a toujours ce Shining Force boîte-et-notice-très-bon-état qui me fait de l'oeil depuis des mois. Un regard sur l'étiquette : le prix correspond au chèque que m'a versé un magazine de jeux vidéo. Bon, soit je le dépense maintenant, soit je l'investis dans quelques mètres de ruban en soie à la mercerie du coin pour perfectionner mes techniques de bondage... A Dieu va : poussière, tu redeviendras poussière, et jeu vidéo, tu redeviendras jeu vidéo. J'attrape la boîte, et meeeerde, voilà l'autre con qui arrive. Inutile de moisir ici ; en chemin, un copain vendeur discute avec les deux femmes, qui rigolent à nouveau devant mon imitation de Sam Fisher. En me voyant passer, il leur dit : "il est en spectacle à la fin du mois, vous savez". Revenu au rayon PC, Raikoh est en train de changer la playlist des vidéos de démonstration qui tournent sur les ordinateurs : comme ça fait deux mois qu'il faisait tourner en boucle Indigen et la bande annonce de Killer 7, c'est franchement pas trop tôt. Il faut dire que le temps s'est un peu arrêté pour lui ; au moment où j'avais pondu mon article sur sa carrière, il venait d'acheter deux boîtes de World of Warcraft. Une pour sa copine camée à Final Fantasy XI, et une pour lui qui n'a jamais touché à un MMO avant celui-là. Alors qu'il est axé rétro, import, SNK, ps2, il n'a touché à aucun autre jeu depuis - et ça va quand même faire trois mois. Flippant. Enfin, pas pour lui : il est en train de raconter la faramineuse économie de fric que ça représente, payer pour l'abonnement d'un jeu au lieu d'en acheter plein tous les mois. Au fond, il a raison : le poison s'infiltre plus lentement et plus profondément, on le sent moins... Qui sait combien de temps ça durera.
"Au fait", dit-il, "j'ai un truc à te dire, téléphone-moi dimanche soir". Ah oui mais non, j'ai une session IRC hebdomadaire sur #editotaku@irc.worldnet.net, et ça commence à 21 heures (ou 21h30, on est pas sectaires). Tu peux aussi venir en mettant ton pseudo dans la case à gauche si t'as pas de client IRC. Derrière moi, l'erreur de la nature s'en va. Je passe à la caisse, vaguement convaincu que ce genre de tranche de vie n'a pas de place dans l'édito (z'avez qu'à passer ce soir pour donner votre avis). Si ça se trouve, je l'ai déjà, Shining Force.
- Et toi raton, qu'est-ce que t'as ramené de la tanime ?
- Pas grand chose, j'étais trop occupé à être partout... Quelques mangas et DVD, dont celui de GunBuster qui était chez Beez. Depuis le temps qu'on l'attendait !
- Ah ? Pourtant les critiques de cette édition sont pas vraiment positi-
- GunBuster. En DVD. Zone 2 Euro.
- Oui mais le dévéd-
- GUNBUSTER... EN DVD !
- Okay, okay.
Je jette un regard paresseux sur ma gauche, et perds un mètre en quelques dixièmes de seconde. Je me suis accroupi plus vite que n'importe quel héros de jeu vidéo 8-bits (qui étaient pourtant capables de se baisser en une seule image, donc allez comprendre le sens de cette phrase. L'apparition d'une image supplémentaire dans l'animation pour s'accroupir dans Dick Tracy sur Mega Drive, où l'on voit le détective en jaune plier ses genoux, reste une étape importante du jeu vidéo). Un abruti profond qui me connaît vient de rentrer dans la boutique et je préfèrerais me faire pénétrer à sec par un taureau robotisé et programmé par un auteur de jeux hentai que de devoir répondre à ses interrogations profondes sur la meilleure configuration de touches pour jouer à Pong. Merde, il se dirige par ici, faut se déplacer dans un autre rayon. Imaginez un rhinocéros mimant la félinité de la panthère Dulux Valentine et se déplaçant comme un lapin, et vous avez une bonne image du raton-laveur fuyant un âne (ou une scène de l'Arche de Noé inconnue jusqu'alors, c'est à vous de voir). Je cours donc accroupi et traverse le rayon des CD audio. Il y a là deux femmes, dont une dans un fauteuil roulant. La dame valide me pointe du doigt en disant à son amie handicapée "regarde, regarde !", et je les entends se marrer. Arrivé au rayon des jeux vidéo pour console, je risque un regard en chien de prairire par-dessus l'étagère : mon lobotomisé est en train de loucher sur la boîte PC de 7 Sins. Si les gens étaient un logiciel, ce type serait le bug de l'an 2000. Tiens, dans la vitrine Mega Drive, il y a toujours ce Shining Force boîte-et-notice-très-bon-état qui me fait de l'oeil depuis des mois. Un regard sur l'étiquette : le prix correspond au chèque que m'a versé un magazine de jeux vidéo. Bon, soit je le dépense maintenant, soit je l'investis dans quelques mètres de ruban en soie à la mercerie du coin pour perfectionner mes techniques de bondage... A Dieu va : poussière, tu redeviendras poussière, et jeu vidéo, tu redeviendras jeu vidéo. J'attrape la boîte, et meeeerde, voilà l'autre con qui arrive. Inutile de moisir ici ; en chemin, un copain vendeur discute avec les deux femmes, qui rigolent à nouveau devant mon imitation de Sam Fisher. En me voyant passer, il leur dit : "il est en spectacle à la fin du mois, vous savez". Revenu au rayon PC, Raikoh est en train de changer la playlist des vidéos de démonstration qui tournent sur les ordinateurs : comme ça fait deux mois qu'il faisait tourner en boucle Indigen et la bande annonce de Killer 7, c'est franchement pas trop tôt. Il faut dire que le temps s'est un peu arrêté pour lui ; au moment où j'avais pondu mon article sur sa carrière, il venait d'acheter deux boîtes de World of Warcraft. Une pour sa copine camée à Final Fantasy XI, et une pour lui qui n'a jamais touché à un MMO avant celui-là. Alors qu'il est axé rétro, import, SNK, ps2, il n'a touché à aucun autre jeu depuis - et ça va quand même faire trois mois. Flippant. Enfin, pas pour lui : il est en train de raconter la faramineuse économie de fric que ça représente, payer pour l'abonnement d'un jeu au lieu d'en acheter plein tous les mois. Au fond, il a raison : le poison s'infiltre plus lentement et plus profondément, on le sent moins... Qui sait combien de temps ça durera.
"Au fait", dit-il, "j'ai un truc à te dire, téléphone-moi dimanche soir". Ah oui mais non, j'ai une session IRC hebdomadaire sur #editotaku@irc.worldnet.net, et ça commence à 21 heures (ou 21h30, on est pas sectaires). Tu peux aussi venir en mettant ton pseudo dans la case à gauche si t'as pas de client IRC. Derrière moi, l'erreur de la nature s'en va. Je passe à la caisse, vaguement convaincu que ce genre de tranche de vie n'a pas de place dans l'édito (z'avez qu'à passer ce soir pour donner votre avis). Si ça se trouve, je l'ai déjà, Shining Force.
12 juin 2005
Juste pour la forme
Par Raton-Laveur le 12 juin 2005, 21:00
Session IRC hebdomadaire comme chaque dimanche sur #editotaku@irc.worldnet.net pour les l33ts et en entrant un pseudo à gauche pour les nb00bs - ça commence à 21h30. Pourquoi ? Parce que je vais pas vous prévenir 3 minutes avant quand même. Et en plus je suis en retard sur un article.
07 juin 2005
Sin City
Par Raton-Laveur le 07 juin 2005, 02:31
Je déteste aller au cinéma. Ou plutôt, je déteste les gens qui vont au cinéma. Cercle vicieux : d'aucuns me feront remarquer que c'est un peu moi que je hais par procuration, mais ça n'a rien de bien nouveau. Il a vraiment fallu que je regarde les photos qu'on a prises de moi la semaine dernière à Paris pour réaliser que ma calvitie ne s'arrange pas. Les gens qui vont au cinéma ne sont pas des cinéphiles, tout comme ceux qui jouent aux jeux vidéo ne sont pas des gamers et ceux qui votent n'ont pas une once de civisme le restant de l'année ( "année", parce que mine de rien, on vote beaucoup ces temps-ci). Ou comme partout, c'est une minorité qui est plus bruyante que la majorité... Et je dis "bruyante" au premier sens du terme. Bande de pauvres dégénérés du bulbe, éteignez vos portables, arrêtez de froisser ces sacs de bonbons et fermez votre boîte à tartes.
Le film commence. S'il vous plaît monsieur le projectionniste, mettez le son à fond. Assourdissez les rats qui vont grignoter pendant ce film, couvrez leurs paroles, activez le brouilleur. Et là, coup de génie : Bruce Willis parle doucement. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Les gens tendent l'oreille, écoutent le film. Dingue. Ca y est, il utilise son flingue, le malfrat fait un vol plané digne des mafiosis dans Hitman tellement le cadavre est léger et- blam, il se prend une balle. Pour citer Gendo Ikari, tout se passe comme prévu. Merde, en fait la conversion s'est faite au mot prêt et je me retrouve à réciter les dialogues de mémoire. Rodriguez prend son temps : c'est pointilleux, brut, fidèle. Le montage est lent, avec un plaisir très malin à gratuitement lier les histoires (dans les livres, Frank Miller ne s'autorisait que de très discrètes références d'une histoire à l'autre). Mon côté nerd s'insurge quand même devant les deux-trois modifications presque puritaines : à la fin, le Yellow Bastard porte un calebut alors qu'il était à poil dans la bédé ou Nancy jouée par une Jessica Alba qui ne voulait pas faire de nudité et se retrouve suffisamment vêtue pour ressembler à une bonne soeur à côté des autres filles de Sin City. En plus, j'ai rien à foutre de ce sous-GUNNM et série TV pour dorks qu'est Dark Angel, mais je me bats bien les noisettes sur l'air de la Traviata de votre Jessica Alba, qu'elle fait toute tache dans ce film et qu'elle joue mal. Que ses fans ne se sentent pas offensés (ils lisent ce site, paraît-il), hein... J'ai beau avoir un faible pour Laetitia Casta, okay, j'admets volontiers qu'elle joue si mal que je préfère avouer être un grand fan d'une illustre inconnue : Jessica Paré, une canadienne (et pas "québécoise", j'adore ce pays et ne soyons pas sectaires) qui a joué dans "Stardom" et "Lost and Delirious". Jessica, si tu lis ça, sache que je t'aime de toute la partie pure de mon coeur - d'accord, elle est pas énorme mais c'est déjà ça). Tant qu'on en est à parler de femmes, celles du film sont incroyablement proches de celles des livres ; j'ai eu une réaction tellement primale que j'ai dû perdre quelques points de QI lors des passages dans la vieille ville.
J'aperçois un carré blanc dans un coin de la salle de cinéma. Nom de Zeus, il y en a encore qui utilisent leurs portables ici. En regardant les ombres qui peuplent le cinoche, on voit que leurs visages sont aussi blêmes que dans ce film. Au générique de fin, les deux tiers du staff est réservé aux équipes d'effets spéciaux. Les images de synthèse sont un peu "toc" sur les voitures, mais à part ça, c'est surtout du gros travail sur la lumière et la couleur. Tout un tas de subtilités qui ont dû coûter bonbon... et pourtant, ce film garde un côté film noir de série B (pour peu que ce mélange de genres soit autorisé), bourré de références ou d'invités : lorsque Marv passe au confessionnal, bah le prêtre c'est Frank Miller, yay! Et on entend le cri de Wilhelm au début! c'est officiel, je suis un geek irrécupérable. Et à en juger les réactions non-chiantes de la salle, Sin City arrive aussi à séduire "les autres" ; en matière d'adaptation de comics "indépendants" (autrement dit, ne mettant pas en scène des gens qui mettent un slip par-dessus leur pantalon), même Hellboy n'avait pas fait aussi bien. Grandiose.
EDIT : Si je ne m'abuse, Sin City est le troisième film à se choper un zéro pointé sur CAPalert (on a déjà parlé d'eux ici - attention, leur critique contient des révélations sur l'histoire). Bien joué !
Le film commence. S'il vous plaît monsieur le projectionniste, mettez le son à fond. Assourdissez les rats qui vont grignoter pendant ce film, couvrez leurs paroles, activez le brouilleur. Et là, coup de génie : Bruce Willis parle doucement. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Les gens tendent l'oreille, écoutent le film. Dingue. Ca y est, il utilise son flingue, le malfrat fait un vol plané digne des mafiosis dans Hitman tellement le cadavre est léger et- blam, il se prend une balle. Pour citer Gendo Ikari, tout se passe comme prévu. Merde, en fait la conversion s'est faite au mot prêt et je me retrouve à réciter les dialogues de mémoire. Rodriguez prend son temps : c'est pointilleux, brut, fidèle. Le montage est lent, avec un plaisir très malin à gratuitement lier les histoires (dans les livres, Frank Miller ne s'autorisait que de très discrètes références d'une histoire à l'autre). Mon côté nerd s'insurge quand même devant les deux-trois modifications presque puritaines : à la fin, le Yellow Bastard porte un calebut alors qu'il était à poil dans la bédé ou Nancy jouée par une Jessica Alba qui ne voulait pas faire de nudité et se retrouve suffisamment vêtue pour ressembler à une bonne soeur à côté des autres filles de Sin City. En plus, j'ai rien à foutre de ce sous-GUNNM et série TV pour dorks qu'est Dark Angel, mais je me bats bien les noisettes sur l'air de la Traviata de votre Jessica Alba, qu'elle fait toute tache dans ce film et qu'elle joue mal. Que ses fans ne se sentent pas offensés (ils lisent ce site, paraît-il), hein... J'ai beau avoir un faible pour Laetitia Casta, okay, j'admets volontiers qu'elle joue si mal que je préfère avouer être un grand fan d'une illustre inconnue : Jessica Paré, une canadienne (et pas "québécoise", j'adore ce pays et ne soyons pas sectaires) qui a joué dans "Stardom" et "Lost and Delirious". Jessica, si tu lis ça, sache que je t'aime de toute la partie pure de mon coeur - d'accord, elle est pas énorme mais c'est déjà ça). Tant qu'on en est à parler de femmes, celles du film sont incroyablement proches de celles des livres ; j'ai eu une réaction tellement primale que j'ai dû perdre quelques points de QI lors des passages dans la vieille ville.
J'aperçois un carré blanc dans un coin de la salle de cinéma. Nom de Zeus, il y en a encore qui utilisent leurs portables ici. En regardant les ombres qui peuplent le cinoche, on voit que leurs visages sont aussi blêmes que dans ce film. Au générique de fin, les deux tiers du staff est réservé aux équipes d'effets spéciaux. Les images de synthèse sont un peu "toc" sur les voitures, mais à part ça, c'est surtout du gros travail sur la lumière et la couleur. Tout un tas de subtilités qui ont dû coûter bonbon... et pourtant, ce film garde un côté film noir de série B (pour peu que ce mélange de genres soit autorisé), bourré de références ou d'invités : lorsque Marv passe au confessionnal, bah le prêtre c'est Frank Miller, yay! Et on entend le cri de Wilhelm au début! c'est officiel, je suis un geek irrécupérable. Et à en juger les réactions non-chiantes de la salle, Sin City arrive aussi à séduire "les autres" ; en matière d'adaptation de comics "indépendants" (autrement dit, ne mettant pas en scène des gens qui mettent un slip par-dessus leur pantalon), même Hellboy n'avait pas fait aussi bien. Grandiose.
EDIT : Si je ne m'abuse, Sin City est le troisième film à se choper un zéro pointé sur CAPalert (on a déjà parlé d'eux ici - attention, leur critique contient des révélations sur l'histoire). Bien joué !
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